La goutte de trop

Les premières paroles de la plus jeune causèrent à William une colère telle… Il serra baguette rangée dans la poche enchantée de son pantalon, se retenant de toute ses forces de ne pas l’utiliser contre son amie. De moins, celle qu’il pensait l’être.

"Retire ce que tu viens de dire. Maintenant!"

Il n’aurait jamais dû venir à ce dîner. S’il avait su, il ne lui aurait même pas envoyé un hibou d’excuse et lui aurait simplement posé un lapin. De toute façon, son frère James se serait sans doute fait le plaisir de tout lui expliquer dans les moindres détails après cout, sans omettre de le ridiculiser un peu plus au passage. Ô qu’il avait été heureux lorsque son frère aîné, le premier héritier de l’immense fortune des Shell, s’était fait mettre à la porte. Cela lui ferait plus d’argent dans le futur…

"Si je dois sacrifier l’estime de ma famille envers moi pour vivre heureux, qu’il en soit ainsi. Je refuse de passer ma vie à obéir au doigt et à l’œil de mon géniteur."

Son géniteur… Il n’avait rien d’un père et ne méritait en aucun cas cette appellation. Jamais l’homme n’avait-il été présent dans l’enfance du rouquin, sauf lorsqu’il s’agissait d’argent et de statut social, l’appeler comme étant un père serait bien trop mélioratif, bien plus que ce que Phillips Shell ne méritait.

"Et tu devrais en faire autant. Tu n’aime pas Hartley, je me trompe? Va trouver quelqu’un qui en vaut la peine et avec qui on ne t’obligera pas de faire des enfants."

C’était là une des raisons principales pour laquelle il avait avoué si tôt sa relation avec Dianne. Il savait que sa famille, particulièrement ses grands-parents, voudrait le voir se marier très tôt et il était hors de question pour William qu’il ne passe ne serait-ce une nuit de noce en compagnie d’une personne aussi détestable que Eva.

Hébergeuse d’araignées à plein temps
Colonelle du régiment PAC

La goutte de trop
Yoshiko vit la main fourrée dans la poche de William, et posa lentement la sienne sur la manche droite de sa robe qui renfermait la baguette enveloppée de soie. Si leur entrevue dégénérait, elle aurait du mal à s'en remettre, et sa réputation ainsi que celle de sa famille, et des Hartley en prendrait un coup. Préférant ne prendre aucun risque, elle revint à sa position initiale.
William la dégoutait de la plus vive des manières. Elle répondit alors, la voix emprunte de dégoût :

- Je ne retire jamais ce que je dis. Et ce n'est pas seulement leur estime que tu sacrifies, c'est leur avenir.

Elle secoua rageusement la tête, passer sa vie à obéir? Ils étaient nés pour ça, élevés dans ce même but, et mourraient en ayant obéi. Une soudaine envie de révolte ne changeait et ne changerait rien. Leur existence ne reposait que sur ce principe, et pour avoir la chance un jour d'être celui à qui on obéissait, il fallait avoir obéi.

- Tu es définitivement plus idiot que ce que je pensais...

Il passa aux Hartley, au fait qu'elle devrait se trouver quelqu'un d'autre, quelqu'un qui en valait la peine et avec qui elle ne serait pas obligée de faire des enfants. De quoi se mêlait-il?

- Toi et moi sommes définitivement différents. Pour être la personne qui commande, il faut d'abord être celle qui obéit, je ne peux pas finir comme toi.

Si la tension montait, la japonaise ne perdait pas son ton calme, malgré sa mâchoire crispée à en devenir douloureuse. Sa rentrée à Mahoutokoro, pour sa dernière année, l'enchantait désormais plus maintenant que l'une des personnes qu'elle avait le plus hâte de revoir avait été rayée de sa vie.

La goutte de trop
Chaque mots prononcés par la japonaise lui donnait un peu plus envie de lui jeter sa chaise à la figure…

"C’est moi que tu traites d’idiot? Non mais regarde toi, bon sang! Tu ne fais que reproduire le comportement de tes parents alors que tu déteste ta mère! Tu agis comme si ton racisme était normal et justifié alors qu’il ne l’est pas et tout ça dans l’espoir d’à ton tour pouvoir dominer des enfants qui n’auront rien demandé, et tu t’étonne que je ne veille pas reproduire ce schéma là?! C’est à cause de gens comme toi qu’il y a eu la guerre dans les années 90, que les mangemorts ont eu le pouvoir. Et je m’en moque de l’avenir de ma famille, j’espère même que les choses pourront changer grâce à moi et que Eléonore s’enfuira également avant que mes géniteurs ne lui trouvent un époux aussi horrible que toi!"

Si seulement il n’y avait pas de moldus autours d’eux… Il se serait bien défoulé sur la plus jeune en la provocant en duel.

"Le fait d’obéir si docilement fait de toi quelqu’un de faible, rien de plus. Tout ça pour que plus tard tu ne rejette ta rage sur les enfants que tu seras forcée d’avoir qui eux-mêmes reproduiront ton comportement… Tu me dégoûte."

Il n’y avait pas d’autre mots pour la décrire. L’ancien Serdaigle ne voyait désormais en Yoshiko que l’ombre de Phillips et Enora Shell…

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La goutte de trop
Chaque mot du plus âgés faisait plus mal que le précédent. Yoshiko ne savait d'ailleurs pas pourquoi, puisqu'elle semblait au début se ficher complètement de ce que William lui disait. C'est alors les yeux anormalement brillants qu'elle répondit, furieuse:

- Si les choses venaient à changer à cause de toi, je te tuerai pour eux. Tu ne mérites pas de vivre.

Elle se leva se sa chaise, inspira un coup et appela un serveur pour qu'il aille chercher sa veste. Pendant ce temps, la japonaise pu continuer à parler, plus doucement, mais toujours avec les yeux trop brillants.

- Jamais ne n'aurais pensé que tu franchirais cette ligne à vrai dire. Que tu abandonnerais Eva, que tu abandonnerais ta famille, et que tu abandonnerais certains de tes amis. Tu sais que tu viens de te mettre une partie de la population sorcière à dos, et cela ne te fait rien? C'est vraiment décevant. Tu aurais pu avoir un avenir brillant.

Elle vit le serveur approcher, et elle prit la veste une nouvelle fois sans remerciement à cause de son statut de moldu, et rangea sa chaise. Lilibeth ne laisserait rien puisqu'elle n'avait rien consommé.

- Bonne continuation William, nos chemins ne se recroiseront plus.

Puis elle sortit du restaurant, essuyant rapidement une larme qui avait finalement quitté ses yeux pour enfin transplaner dans une ruelle plus loin.
C'est une fin pour moi. ^^
Ce fut un plaisir, j'ai adoré écrire ce RP!