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Naïf comme un nouveau-né, Sigmund hocha la tête avec satisfaction. Si la petite Hallie avait déjà réussi à lancer quelques sorts et ce deux mois seulement après la rentrée, alors elle ne s'en sortait pas aussi mal qu'elle l'imaginait. « Une démonstration de Diffindo ? » l'interrompit-il sans toutefois poser son veto sur la pratique. Puisqu'il était dans les parages, c'était d'accord pour qu'elle s'exerce ; mais elle savait sans doute que si jeune, l'usage de la magie n'était recommandé qu'en salle de classe. Avec lenteur car il terminait d'assimiler les dernières informations - et qu'il n'était, malheureusement pour lui, pas très vif d'esprit, le regard de l'enseignant suivit la baguette de la jeune fille, jusqu'à se poser sur son sac de classe. Avant qu'il ne puisse exprimer un doute sur son choix douteux de cible, le sortilège était déjà parti.

« Mais... mais pourquoi ? » s'étonna sincèrement le moustachu en clignant des yeux. Il attrapa vivement le sac de l'enfant à la recherche d'une coupure et à son grand soulagement, ne trouva aucune usure douteuse. S'il avait été un tantinet moins occupé à inspecter le sac sous toutes ses coutures, peut-être aurait-il remarqué le malaise de sa jeune élève. Mais sur l'instant, bien plus intéressé par l'objet que par l'enfant, l'essentiel lui avait échappé et il pointait simplement de sa propre baguette le sac, penaud. « Tu ne l'aimes pas ton sac à dos, ma grande ? Est-ce que tu veux que je regarde pour t'en dénicher un autre pour ta fête d'anniversaire ? » Il était peu conventionnel et pas forcément recommandé d'offrir des cadeaux onéreux à ses élèves, mais si Sigmund se montrait aussi discret qu'à son habitude, qu'il avait une bonne raison et qu'en plus, il dénichait ledit sac dans son grenier, alors il n'y aurait aucun problème, se disait-il.

« Tu sais, pour que ça marche, il faut en avoir vraiment envie, » ajouta-t-il malgré tout. « Tant pour ton Diffindo que pour n'importe quel sortilège que tu pourrais être amenée à lancer. Si une toute petite partie de toi ne voulait vraiment pas couper ton sac, alors c'est normal que le sortilège ait été sans effet. Quand on est jeune comme toi, on a tendance à oublier l'impact de nos émotions sur les sortilèges. Or, tu es à un âge où on vit tout intensément. Ce que tu ressens dans ton petit cœur, ma grande, c'est un carburant pour tes sorts au même titre que la magie qui circule dans tes veines. »

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Immobile, et le visage caché dans sa veste, Hallie écouta attentivement les propos de l'enseignant. S'il avait été possible de disparaître dans le monde merveilleux des chandails, la petite s'en serait donné à coeur joie : quelle honte avait-elle ressentie, et que de peines cette dernière avait-elle endurée pour en arriver là, encore devant un échec. Son sac moldu chéri se tenait dans les mains de celui qui l'avait amenée à l'école, se faisant inspecter sous toutes ses coutures. Il était clair que Sigmund, conforme à sa bêtise, s'était d'abord précipité vers l'objet pour vérifier le décor, plutôt que de prêter attention à l'enfant dans une détresse émotionnelle.
Hallie avait maintenu la pose, et ne discernait Sigmund que du coin de l'oeil. Nul ne lui importait. Elle ne manquait pas grand-chose du spectacle. Ce dernier avait imaginé qu'elle s'apprêtait à déchaîner sur son sac délabré des forces aussi anciennes que puissantes. Mais visiblement, un pet d'hyppogriffe aurait été tout aussi efficace puisque c'est avec gêne qu'elle se tenait encore là.

Est-ce qu'il est toujours comme ça ? s'interrogea Hallie silencieusement. Quoi que pu faire Sigmund, malgré toutes les bonnes intentions du monde, n'était jamais parvenu à gagner en crédibilité aux yeux de la petite : chacun de ses passages se soldait par une tempête d'incrédulité, laissant derrière lui un nuage persistant de perplexité. Pourtant d'un point de vue extérieur, les deux énergumènes avaient plus en commun que ce que l'un.e pouvait penser. Bien que leurs caractères ne soient pas complémentaires, il et elle agissait spontanément et ne cherchaient pas à cacher leurs sentiments, aussi complexes soient-ils.

Elle mit délibérement de côté les commentaires de Sigmund sur son sac à dos. Comment il fait pour être aussi stupide parfois, il'le fait exprès ou quoi..? Son sac moldu, tout comme son bagage de transport, portait les marques d'usures du temps, ainsi que plusieurs petits écussons cousus à la main, deçà delà, aux quatre coins. Il n'avait rien de particulièrement spécial, c'est en tout cas ce que dirait une personne aurait dit au vu du faux cuir qui revêtait la pochette fermante, ainsi que l'ordinaire du tissu en toile. De toute évidence, ce sac avait eu plusieurs vies antérieures avant d'attérir dans les mains de la rouquine qui, durant ses sorties en forêt, avait été amenée à le vieillir plus rapidement. Pourtant, de ce dernier se dégageait une aura presque réconfortante que seule Hallie pouvait percevoir. C'était comme si de délicieuses odeurs des épices s'y élevaient, se projetant dans l'air pour éteindre tendrement la jeune fille dans un acte de complaisance. Elle ne l'aurait échangé pour rien au monde : les écussons délicatement cousus étaient un cadeau de sa maman pour ses onze ans qu'elle avait pu récolter durant sa propre jeunesse.

Gentillement, Sigmund lui expliqua que ses émotions avaient potentiellement mis en cause la réussite de son sort. A force d'échecs, la petite craignait chaque sort qu'elle devait lancer, et devinrent associés à la peur. Ces émotions, mélangés à l'espoir, étaient prédominantes dans le coeur d'Hallie. Sigmund était-il sur le point de mettre le doigt sur le problème de la pré-adolescente ?

« Ben euh, en fait », commença doucement la jeune fille. Celle-ci avait relevé la tête, et avait ajusté sa posture, en se tenant debout avec son poids majoritairement sur une jambe. Son visage était légèrement tourné de trois-quart et ne faisait pas face au moustachu. « C'est... c'est possible. J'ai - J'galère tellement depuis le début d'année. Vous m'avez demandé ce que je ressens quand j'ai ma baguette en main, et la réponse est : pas grand-chose ! » Le ton de la discussion montait au fur et à mesure que la rouquine explicitait ses sentiments et ses pensées. « Et puis - » Elle s'interrompit elle-même dans sa lancée lorsqu'elle entendit une voix émaner de ses pensées, celle d'Hisham. Cet homme, resté à Aviemore, était celui qui la réprimandait la plus en traitant Hallie de la même manière qu'un adulte. C'était quelque chose qu'elle appréciait beaucoup d'une certaine manière, en particulier son franc parler.
Elle prit une grande inspiration, baguette en main, et ferma les yeux. Maîtriser ses émotions, qu'est-ce que l'on cherche à transmettre, un mouvement précis... La petite fille réfléchit à ces questions, auparavant floues à ses yeux. Plus elle réfléchissait à ces questions, plus elle se sentait liée avec elle-même. Ses questionnements agissaient comme une séance de méditation où son esprit était plus grand que son corps, et Hallie se calmait petit à petit. Sa respiration était lente et régulière ; son petit buste se levait fébrilement à chaque inspiration. Il n'y avait plus qu'elle, dans son univers.

Aux yeux de Sigmund, la situation devait paraître étrange, au mieux d'un léger comique. Cependant, cette excentricité ne détourna en rien la concentration d'Hallie, dont les efforts commençaient à porter leurs fruits. Elle éprouvait une connexion particulière avec sa baguette, une sorte de communication symbiotique qui s'établissait entre elles. Une douce sensation de chaleur l'enveloppa, confirmant ainsi son ressenti.

« Je crois qu'c'est bon » déclara-t-elle avec le sourire. Elle demanda à Sigmund de s'éloigner un peu du sac, et répéta les mêmes gestes, les mêmes mots que prononcés précédemment. « Diffindo ! » L'anxiété s'était muée en concentration, et Hallie était maintenant beaucoup plus assurée que ce qu'elle avait fait était bon. Le sort était parti, et avait atterri sur la lanière du sac. Quant à sa réussite, Hallie s'en remit aux bons soins de Merlin.

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Elle était contrariée, la petite ? Pourquoi ? Ça arrivait à tout le monde, de rater des sortilèges. Même aux grandes personnes. Lui qui n'était pas bien doué, Sigmund, il ne se faisait jamais de souci quand il ratait ses tours de magie, ni quand ses élèves rencontraient également des difficultés. « Chacun ses points forts et ses faiblesses, » lui disait parfois sa maman, quand elle était encore de ce monde. Avec compassion, elle tapotait ensuite gentiment son épaule et soupirait, exhalant ainsi tout l'amour qu'elle éprouvait pour son fils unique. Beth Charleston Sr lui manquait toujours autant.

Hallie avait relevé la tête, et avec elle, Sigmund s'était doucement reconnecté à leur conversation. Il l'écouta parler ; elle disait ne rien ressentir, et il entendait. Avant tout, il était surtout heureux qu'elle parvienne à verbaliser ses difficultés. C'était, selon lui, un grand pas en avant. Deux pensées se heurtant, peut-être, elle interrompit sa tirade. Étonnamment silencieux, Sigmund ne rebondit pas immédiatement sur ce qu'elle avançait : il se contenta, curieux, d'attendre. Quoi exactement ; ben, il avait beau réfléchir, rien ne lui venait en tête. Mais elle avait fini par se réveiller, la petite, et encore une fois, elle pointa sa baguette magique vers son sac.

« C'est très bien, la persévérance, ma grande. Une belle qualité. Mais je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à vouloir couper ton sac à dos, » remarqua-t-il, interrogateur. Merlin ne lui avait pas apporté son aide cette fois non plus : si le sort avait paru correctement réalisé, le sac ne présentait aucune entaille à l'endroit visé. Patient, il tapota juste le petit bout d'herbe à côté de lui, invitant la petite fille à se rapprocher mais surtout à interrompre un instant ses tentatives.

« À quoi penses-tu, quand tu essaies de couper ton sac ? Tu visualises sans aucun doute l'entaille faite dedans mais ; la vois-tu dans un sens en particulier ? Plus ou moins profonde ? Si l'entaille est profonde, ça ne te fait pas un petit pincement au cœur, d'abîmer tes affaires ? Quand tu réalises tes cinq étapes pour lancer un sort, tu as sans doute remarqué que la visualisation amenait souvent à peaufiner les émotions derrière. Ne te focalise pas sur tes émotions, si c'est trop difficile ou que tu ne parviens pas à les identifier. Mais questionne toi sur le fond quand même. Hallie. Il ne faut pas couper ton sac à dos. » Si le ton était d'abord celui du conseil, il se mua ensuite vers le gentil sermon. Mais enfin, que pouvait-il faire, cette enfant semblait simplement bornée. Elle ne réussirait cependant pas sans une véritable envie de casser ses affaires. C'était peut-être, ceci dit, réellement le cas. « Tu ne veux pas tenter ta chance sur un brin d'herbe... au cas où ? » tenta-t-il malgré tout.

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Une fois prête, le sort avait été lancé. Mais au dernier moment, une image d'un gros bonhomme lui apparut dans l'esprit. Il était grand, excentrique, et doté d'une grande pilosité. Le chapeau légèrement relevé, les sourcils arqués, l'homme lui adressa la parole avec étonnement. Pourquoi il n'y a pas ces fantastiques appareils, ces machines à laver à Poudlard ?! Oh là là mais rien ne va ! Déconcertée par son imagination, une émotion troubla sa vision, et elle ne parvint pas à visualiser la bretelle nettement coupée.

À sa grande déception, son sort avait de nouveau échoué. Sa respiration s'amplifia, et les traits de son visage se tirèrent. Les yeux globuleux fixaient le professeur, auteur de son échec en chef, et roi des questions idiotes. Pourquoi est-ce qu'elle essayait de casser son sac ? N'y avait-il pas un autre problème plus pressant à adresser ?
Tous les poils d'Hallie s'hérissèrent. La frustration montait en elle, alimentée par le regret et la rage de voir ses efforts sabotés par ces distractions. Ses poings se crispaient tandis que chaque fibre de son être vibrait d'une énergie brûlante, prête à exploser à tout moment. Elle se retourna brusquement, ses yeux lançant des éclairs de colère à travers le parc, et pointa un doigt accusateur vers Sigmund.
« C'est d'vôt faute ! » rugit-elle, sa voix vibrait d'une intensité inquiétante, transperçant l'air de sa colère contenue depuis trop longtemps. « Vous m'avez déconcentré !!! On s'en fout pourquoi je veux couper mon sac ! » s'exclama la jeune fille, furieuse. De par son statut, Sigmund était censé figurer comme une figure d'autorité et d'intelligence aux yeux d'Hallie. Pourtant, ce dernier n'avait même pas remarqué qu'il s'agissait du seul objet assez gros qui l'entourait, et par conséquent le choix logique pour Hallie.

Elle sentit sa mâchoire se raidir, ses dents grincèrent sous la tension. On pouvait aisément discerner les yeux de la petite fille, presque incandescents, dans l'obscurité de la nuit ; ceux-ci étaient perçants, et remplis de rancoeur.

« J'vais pas essayer sur de l'herbe enfin, ou sinon j'sais même pas où je dois viser. Parfois j'ai l'impression qu'vous êtes complétement à côté de la plaque sérieux. Vous êtes relou, et chelou ! »

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Il tentait de l'aider, lui offrait volontiers des pistes. C'était son idée à elle de lui montrer ses premiers sorts appris, et Sigmund était absolument ravi qu'elle se prête à une petite démonstration. Désormais, il prenait en pleine figure les conséquences de deux malheureux échecs successifs ; rien pour une sorcière, et encore moins pour une enfant de onze ans qui se prête à ses premiers sortilèges. Si on lui avait demandé son avis sur le sujet, il aurait assuré avec confiance que Hallie était une petite fille parfaitement studieuse et tout à fait douée dans ce qu'elle entreprenait. C'était d'ailleurs ce qu'il confirmait fermement sur les quelques courriers échangés parfois avec ses parents.

Pourtant, Hallie semblait frustrée et quelque chose dans son attitude indiquait, si Sigmund ne se trompait pas, un certain manque de confiance. C'était donc pour cela qu'elle souhaitait organiser son anniversaire avec plein d'autres enfants ! Pour gagner en confiance ! Le professeur de Botanique se sentit très stupide de ne pas avoir compris plus tôt, et plus encore quand la fillette lui confirma par de nouvelles insultes.

« Mais dis donc... ! » rétorqua-t-il, ses épais sourcils tout froncés. Ne lui manquait-elle pas un petit peu de respect ? Ça lui fit mal au fond de son petit cœur. « J'essayais simplement de te donner des conseils, Hallie. Tu n'as pas à me parler sur ce ton. Sinon... sinon, j'arrêterai de te donner des bonbons à la fin des cours, voilà. » Ce fut, sur l'instant, tout ce qu'il trouva à dire face à l'attaque de la fillette. Il se sentait désarçonné, presque blessé. Ça passerait vite : il savait bien qu'à onze ou douze ans, les enfants racontaient n'importe quoi et n'avaient encore aucun filtre. Il ne lui en tiendrait pas rigueur, ça non. Mais ça le peinait un peu, après avoir essayé de si bien faire, que leurs échanges tournent ainsi au vinaigre.

« On approche de l'heure du dîner. Tu as fait beaucoup d'efforts magiques déjà aujourd'hui, repose-toi pour l'instant. Tu t'entraîneras un autre jour. Tu as déjà été très courageuse en venant à Poudlard, Hallie. Tu surmonteras ces quelques petits obstacles, je te promets» Il esquissait un geste pour se relever ; il y avait de toute façon à faire avant le dîner et il lui restait une petite balader à terminer. Noël approchait et, il lui fallait encore dénicher quelques dernières idées de cadeaux. Cela lui changerait les idées. Laissée seule, Hallie réfléchirait peut-être un peu à son comportement : Sigmund n'avait de toute façon rien de plus à dire que : ce n'est pas gentil.

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Les remontrances du professeur furent aussi violentes que les plumes manipulées en cours de sortilège. Après leur excursion, Hallie avait conscience que l'autorité n'était pas le point fort de Sigmund. Pour autant, elle ne s'attendait pas à se faire disputer par un adulte qui, visiblement, ne se convainquait pas lui-même pour un sou. La petite semblait elle-même désarçonnée devant la situation, remarquant la tristesse dans les yeux du gros moustachu. Il n'allait pas lui arracher d'excuses, Hallie se contentait de regarder le sol, gênée vis-à-vis de la situation qu'elle avait provoquée. Duncan lui avait enseigné à ne pas répondre aux adultes lors de plusieurs disputes, car c'était selon lui la meilleure solution si elle voulait empirer son dossier. Elle avait appris à ses dépens que son père avait malheureusement raison.

Après des secondes qui lui parurent une éternité, Sigmund décida d'écourter la rencontre fortuite et de la laisser réfléchir à ses actions, adoptant un ton bienveillant envers l'enfant qui s'était montrée insolente. Lui pensait qu'après avoir lancé deux sorts, la petite était épuisée, ce qui était loin d'être le cas. De son côté, Hallie le perçut comme un moyen de s'esquiver de la conversation, et se sentit sous-estimée ne serait-ce que l'espace d'un instant. Pourtant, Sigmund ne pensait pas en mal, et n'était certainement pas celui qui se montrait condescendant envers elle. Ce dernier avait déjà pris congé, laissant Hallie seule, devant le lac noirâtre hivernal. La rouquine se tourna les pouces, son regard ne parvenant pas à se poser sur un point unique. Mal à l'aise, sa respiration était lente mais fébrile, signe d'une grande réflexion en progression.

Elle retint un soupir, ses dents s'enfonçant dans la chair de ses lèvres, une réaction involontaire à sa frustration grandissante. Sans admettre la nécessité d'une excuse, elle se lança dans une course effrénée pour rattraper M. Charleston qui était maintenant à une centaine de mètres du lac, sa main se tendant instinctivement pour agripper le tissu de sa manche dans un geste désespéré.
« M'sieur ! Par- euh... » La voix entrecoupée d'Hallie trahissait son essoufflement, chaque phrase brisée par des respirations laborieuses. « Merci. Pour les encourag'ments en tout cas. J'vais réessayer, et vous zallez voir, j'vais y arriver. Vous s'rez fier de moi », déclara la petite, les yeux verrouillés dans ceux de l'enseignant. On pouvait y lire une détermination forte, que l'on retrouvait uniquement dans la candeur enfantine. Son aura renvoyait une énergie indescriptible, sans pour autant prononcer de parole. Après un moment, elle se décida tout de même à ajouter : « Euh... Pour tout à l'heure... Vou-vous trouverez quelque chose dans le casier de votre bureau demain ! Lisez. » Elle lui lâcha le bras et s'enfuit en courant à nouveau en direction de ses affaires qu'elle avait laissées plus loin. A mi-chemin, elle s'écria de tous ses poumons, la main tendue en l'air, le saluant :
« Au fait, passez une bonne soirée M'sieur ! до побачення ! ».

Son sac, abandonné, fut vite retrouvé par son possesseur et n'attendait plus que d'être endommagé. Tête de mule, elle prouverait au professeur qu'elle en serait capable. La question étant, à qui essayait-elle de prouver quoi que ce soir ?


@Sigmund Charleston tu peux faire un post pour conclure si tu le veux. Si tu as pas envie, je prolonge mon post pour conclure.
до побачення = salut ! aur'voir !

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Sigmund se relevait tranquillement. Davantage contrarié que fâché, il réfléchissait encore à la meilleure manière de clore cet échange tumultueux avec Hallie. Loin de lui l'idée de l'abandonner sur une conclusion aussi peu satisfaisante - surtout après l'irrespect dont elle avait fait preuve, mais les mots commençaient à lui manquer alors qu'il lui tardait de reprendre sa balade et ainsi, retrouver un peu de calme pour éclaircir ses pensées. À sa grande surprise, sitôt relevé, la petite main de Hallie s'enroula autour du tissu de la manche de sa veste. Elle parla comme si elle se hâtait, qu'on la pressait pour formuler quelque chose qui ressemblait tantôt au mieux à des excuses, sinon surtout à des remerciements. La contrariété du bonhomme moustachu s'effaça tout aussi sec, emportant avec elle une part de malaise. Finalement, cette enfant n'était pas une si mauvaise graine.

Que lui ferait-elle parvenir le lendemain ? Une lanière de son sac brisé ? Que diraient ses collègues si une enfant venait déposer un tel présent pour lui à la salle des professeurs ? Et après, il lui faudrait sans doute revenir vers elle pour l'aider à faire ses réparations... Dans un sens, c'était passer davantage de temps avec une élève, et il adorait les enfants. Le programme était bizarre - l'idée tout autant, mais il se réjouissait presque de savoir qu'il aurait des nouvelles de Hallie, en dehors de sa salle de classe. Pourvu simplement qu'elle ne lui crie plus dessus - contrairement à d'autres botanistes, lui avait une très bonne audition.

« Allez crapule, ne te bile pas. C'est certain que tu vas y arriver : prends confiance en toi. Tu es pleine de talent, crevette. » Puisqu'elle n'avait pas été très gentille avec lui, il ne la gratifia pas d'une tape sur la tête. Ni d'un bonbon. Il l'observa simplement avec un sourire conciliant sous sa moustache et annonça un bref : « Bon allez hop, zou roudoudou ! » qui marquait la fin de leur échange. Malgré la tournure compliquée qu'avait prise la conversation, Sigmund n'oublierait pas la promesse qu'il avait faite à l'enfant. Pour Hallie et les autres enfants de l'été, un anniversaire serait organisé afin de réparer le préjudice d'une naissance à la mauvaise date. Voilà qui annonçait beaucoup de cadeaux à préparer !

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