Le jour où l'augurey a chanté
Le professeur Charleston, il était toujours tellement sûr de lui quand il parlait. Même quand il se trompait. Ce qui arrivait parfois mais jamais de la vie l’adolescent ne se serait permis de le lui faire remarquer. Ou peut-être que c’était simplement les autres qui se trompaient et lui qui avait raison. Quoi qu’il en soit, l’adulte avait incontestablement plus de réponses à ses questions que les livres dans lesquels il était allé fouillé. Il faut dire aussi qu’il n’avait pas osé demander au bibliothécaire de l’aiguiller vers un ouvrage ou un autre. Et quand il voyait la tournure que prenait cette discussion avec son professeur, il se disait qu’il avait bien fait.
“Ah voilà…”
Ernest était légèrement rassuré. Il ne pouvait rien attraper en faisant de la magie. L’argument du professeur se tenait. Forcément avec autant d’élèves, il devait forcément y avoir des flux qui se croisaient et ce serait rudement dangereux. Ça faisait sens. Mais dans le doute, il préférait tout de même clarifier les choses.
“Donc on risquerait rien si on se mettait… euh… par exemple à plusieurs pour jeter un Leviosa sur une armoire… ou… ”
Les rouages de son cerveau s’étaient mis à tourner à toute allure pour faire le tour de tous les sortilèges qu’il connaissait - il n’y en avait pas tellement - et qui pourrait se combiner. Ramollir une superficie plus importante que son lit à coup d’Elasticus. Ou… se mettre à deux pour faire un parapluie plus grand. Enfin… est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux un parapluie plus petit ?
Cette réflexion avait chassé momentanément ces histoires de magie transmissible. Même si du coup, il n’avait aucune idée de ce qu’était une MST, pas plus qu’une IST et que ces questions reviendrait probablement le hanter dans un futur pas si lointain. La taille du parapluie occupait toutes ses pensées.
Le professeur Charleston le rappela à la réalité de son embarras et de la question qui brûlait ses lèvres et qu’il avait fini par laisser échapper. Le petit brun releva son regard clair vers l’adulte, le visage légèrement crispé par le genre de grimace qui accompagnerait un after soirée cassoulet dans la Grande Salle. L’air circonspect, il tentait de déchiffrer le codex de la vie qu’établissait le colosse. Un pont ? Un periculum ? Oh… C’était une métaphore. Comme un feu vert… Au rouge, c’est l’arrêt. Au vert, on peut passer. Mais alors… quand c’était orange ?
“Ah… ?”
Charleston en vint ensuite à parler de ballet. Est-ce que s'embrasser, ce n’était pas déjà assez périlleux pour ajouter de la danse en plus ? Non… c’était encore une métaphore. Pas très évidente pour le coup. Pourtant, danser ça il savait. Sa mère lui avait appris depuis qu’il était petit. Pas le genre de truc dont il se ventait cela dit. Quand l’adulte brandit finalement sa baguette magique, le gamin se dit qu’il parlait enfin le même langage et aquieça vivement alors qui lui demandait toute son attention. La magie, il n’en perdait jamais une miette. Il la sentait au creux de sa main, parfois aussi dans la plante de ses pieds quand ils foulaient le sol.
Et la dernière suggestion du professeur ouvrit dans son esprit de nouvelles perspectives. La gestuelle des sortilèges, là il marchait en terrain connu. La bouche légèrement entre-ouverte, Ernest s’entraînait déjà à former des Diffindo, Alohomora et autres Flambios avec sa langue. Ça ne paraissait pas si compliqué. Et en plus, ça le ferait réviser en même temps ! Le petit brun était particulièrement friand des pierres qui faisaient plusieurs coups.
Alors qui tentait de former la boucle d’un Lumos à l’intérieur de sa bouche, le garçon fut interrompu par une plainte lascive qui s’éleva du fond de la volière. Un cri qu’il reconnaissait bien à présent, pour avoir passé de longs moments à observer le phénix irlandais mais aussi parce que dans le panthéon de ses héros, à côté d’un Charleston, d’un Featherstone ou encore d’un Marjoribanks, se tenait également un certain Gulliver Pokeby, grand expert des Augureys et dont Ernest dévorait toutes la littérature sur laquelle il arrivait à mettre la main.
Le garçon sauta prestement sur ses deux pieds, tel un cabri agile. Ou plutôt un vaudelune un peu maladroit. Il allait pleuvoir, il en était certain. Et l’intuition de cette averse légère avait arrosé une idée qui avait déjà commencé à germer dans son esprit quelques minutes plus tôt, une idée de parapluie et de taille. Pratiquer le sortilège d’Umbrella était le prétexte idéal. Pour discuter. Pour se rapprocher aussi peut-être. Tester toutes les théories. Voir comment prenait la pâte. Et si les œufs montaient en neige. Ou un truc du genre.
Le petit Serpentard saisit avec fermeté les manches du professeur et planta dans les yeux de l’adulte un regard aussi sérieux que peut l’être celui d’un gamin de treize ans qui croit être sur le point de jouer son existence.
“Professeur Charleston… Merci…”
D’avoir éclairé sa lanterne, un peu. D’avoir rendu un peu moins opaque le brouillard dans lequel il se mouvait. De l’avoir écouté, surtout.
Ernest plongea son bras dans son sac à dos sans fond pour en sortir un parapluie vert en forme de grenouille qu’il avait “emprunté” lors du cours de Miss Priddy. Évidemment, il le rendrait. Quand il aurait terminé de s’entraîner et qu’il maîtriserait parfaitement le sortilège Umbrella. En attendant, il pouvait bien le prêter à son professeur de botanique. Avant qu’il n’ait le temps de s’expliquer, quelques gouttes avaient déjà fondus sur leurs crânes. Il tendit le pépin à l’adulte, jeta sa capuche sur sa tête et son sac sur son épaule.
“Faites gaffe à l’averse… et passez un bon week-end !”
Le gamin adressa un petit signe de la main au géant qui lui faisait fasse et s’en alla en direction du château d’un pas trottinant. Sigmund Charleston ne lui avait peut-être pas donné toutes les réponses mais probablement un élan de courage. Enfin au moins jusqu’à la table des Serdaigle.
@Sigmund Charleston, mes sincères excuses pour ce délai
“Ah voilà…”
Ernest était légèrement rassuré. Il ne pouvait rien attraper en faisant de la magie. L’argument du professeur se tenait. Forcément avec autant d’élèves, il devait forcément y avoir des flux qui se croisaient et ce serait rudement dangereux. Ça faisait sens. Mais dans le doute, il préférait tout de même clarifier les choses.
“Donc on risquerait rien si on se mettait… euh… par exemple à plusieurs pour jeter un Leviosa sur une armoire… ou… ”
Les rouages de son cerveau s’étaient mis à tourner à toute allure pour faire le tour de tous les sortilèges qu’il connaissait - il n’y en avait pas tellement - et qui pourrait se combiner. Ramollir une superficie plus importante que son lit à coup d’Elasticus. Ou… se mettre à deux pour faire un parapluie plus grand. Enfin… est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux un parapluie plus petit ?
Cette réflexion avait chassé momentanément ces histoires de magie transmissible. Même si du coup, il n’avait aucune idée de ce qu’était une MST, pas plus qu’une IST et que ces questions reviendrait probablement le hanter dans un futur pas si lointain. La taille du parapluie occupait toutes ses pensées.
Le professeur Charleston le rappela à la réalité de son embarras et de la question qui brûlait ses lèvres et qu’il avait fini par laisser échapper. Le petit brun releva son regard clair vers l’adulte, le visage légèrement crispé par le genre de grimace qui accompagnerait un after soirée cassoulet dans la Grande Salle. L’air circonspect, il tentait de déchiffrer le codex de la vie qu’établissait le colosse. Un pont ? Un periculum ? Oh… C’était une métaphore. Comme un feu vert… Au rouge, c’est l’arrêt. Au vert, on peut passer. Mais alors… quand c’était orange ?
“Ah… ?”
Charleston en vint ensuite à parler de ballet. Est-ce que s'embrasser, ce n’était pas déjà assez périlleux pour ajouter de la danse en plus ? Non… c’était encore une métaphore. Pas très évidente pour le coup. Pourtant, danser ça il savait. Sa mère lui avait appris depuis qu’il était petit. Pas le genre de truc dont il se ventait cela dit. Quand l’adulte brandit finalement sa baguette magique, le gamin se dit qu’il parlait enfin le même langage et aquieça vivement alors qui lui demandait toute son attention. La magie, il n’en perdait jamais une miette. Il la sentait au creux de sa main, parfois aussi dans la plante de ses pieds quand ils foulaient le sol.
Et la dernière suggestion du professeur ouvrit dans son esprit de nouvelles perspectives. La gestuelle des sortilèges, là il marchait en terrain connu. La bouche légèrement entre-ouverte, Ernest s’entraînait déjà à former des Diffindo, Alohomora et autres Flambios avec sa langue. Ça ne paraissait pas si compliqué. Et en plus, ça le ferait réviser en même temps ! Le petit brun était particulièrement friand des pierres qui faisaient plusieurs coups.
Alors qui tentait de former la boucle d’un Lumos à l’intérieur de sa bouche, le garçon fut interrompu par une plainte lascive qui s’éleva du fond de la volière. Un cri qu’il reconnaissait bien à présent, pour avoir passé de longs moments à observer le phénix irlandais mais aussi parce que dans le panthéon de ses héros, à côté d’un Charleston, d’un Featherstone ou encore d’un Marjoribanks, se tenait également un certain Gulliver Pokeby, grand expert des Augureys et dont Ernest dévorait toutes la littérature sur laquelle il arrivait à mettre la main.
Le garçon sauta prestement sur ses deux pieds, tel un cabri agile. Ou plutôt un vaudelune un peu maladroit. Il allait pleuvoir, il en était certain. Et l’intuition de cette averse légère avait arrosé une idée qui avait déjà commencé à germer dans son esprit quelques minutes plus tôt, une idée de parapluie et de taille. Pratiquer le sortilège d’Umbrella était le prétexte idéal. Pour discuter. Pour se rapprocher aussi peut-être. Tester toutes les théories. Voir comment prenait la pâte. Et si les œufs montaient en neige. Ou un truc du genre.
Le petit Serpentard saisit avec fermeté les manches du professeur et planta dans les yeux de l’adulte un regard aussi sérieux que peut l’être celui d’un gamin de treize ans qui croit être sur le point de jouer son existence.
“Professeur Charleston… Merci…”
D’avoir éclairé sa lanterne, un peu. D’avoir rendu un peu moins opaque le brouillard dans lequel il se mouvait. De l’avoir écouté, surtout.
Ernest plongea son bras dans son sac à dos sans fond pour en sortir un parapluie vert en forme de grenouille qu’il avait “emprunté” lors du cours de Miss Priddy. Évidemment, il le rendrait. Quand il aurait terminé de s’entraîner et qu’il maîtriserait parfaitement le sortilège Umbrella. En attendant, il pouvait bien le prêter à son professeur de botanique. Avant qu’il n’ait le temps de s’expliquer, quelques gouttes avaient déjà fondus sur leurs crânes. Il tendit le pépin à l’adulte, jeta sa capuche sur sa tête et son sac sur son épaule.
“Faites gaffe à l’averse… et passez un bon week-end !”
Le gamin adressa un petit signe de la main au géant qui lui faisait fasse et s’en alla en direction du château d’un pas trottinant. Sigmund Charleston ne lui avait peut-être pas donné toutes les réponses mais probablement un élan de courage. Enfin au moins jusqu’à la table des Serdaigle.
@Sigmund Charleston, mes sincères excuses pour ce délai
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
- COMPTE EN HIATUS -
Le jour où l'augurey a chanté
Bien, c'était une bonne chose d'avoir éclairé la baguette du marmot. Celui-ci se coucherait moins bête, pour sûr. C'était bien pour apprendre que les élèves allaient à Poudlard, et les apprentissages de la vie, ce n'était pas que les cours d'histoire de la magie et les sortilèges de défense ! C'était aussi les premiers amours, les amis, et les premiers pas vers les épinards souvent boudés pendant l'enfance.
« T'embêtes pas garçon. Respire un grand coup, là avec le bide, » tenta de rassurer l'adulte en guidant la main de l'adolescent vers son ventre. « Tu remplis le bide comme un Ballongomme bien gonflé et tu relâches tout doucement. Ça va aller. »
Ah, il allait pleuvoir ? Ernest se préparait déjà à quitter les lieux, rapidement suivi d'un Sigmund qui, bien que déçu de ne pas avoir croisé Jae, se réconfortait dans le fait qu'il était très utile puisqu'il aidait les élèves. Un petit bâillement lui échappa alors qu'il marmonna la formule Umbrella. Règle importante quand on dispose d'une moustache parfaitement lustrée : elle ne doit pas être touchée par la pluie.
L'enseignant veilla à ce que le garçon ne soit pas trempé. Toujours sortir couvert, mh. Il avait bien retenu la leçon, celui-là. Et puis, son parapluie était très mignon. Ne l'avait-il pas déjà vu quelque part ?
« Tu n'oublieras pas d'attendre le Periculum vert hein, petit. Bon courage à toi, petite grenouille. » dit-il gentiment alors que l'enfant lui retournait déjà la politesse. Il ne craignait pas les averses, Sigmund. Elles faisaient partie de la vie à Poudlard, comme beaucoup de choses. Et après les averses souvent, c'était le beau temps. Il guetterait le beau temps pour Ernest.
« T'embêtes pas garçon. Respire un grand coup, là avec le bide, » tenta de rassurer l'adulte en guidant la main de l'adolescent vers son ventre. « Tu remplis le bide comme un Ballongomme bien gonflé et tu relâches tout doucement. Ça va aller. »
Ah, il allait pleuvoir ? Ernest se préparait déjà à quitter les lieux, rapidement suivi d'un Sigmund qui, bien que déçu de ne pas avoir croisé Jae, se réconfortait dans le fait qu'il était très utile puisqu'il aidait les élèves. Un petit bâillement lui échappa alors qu'il marmonna la formule Umbrella. Règle importante quand on dispose d'une moustache parfaitement lustrée : elle ne doit pas être touchée par la pluie.
L'enseignant veilla à ce que le garçon ne soit pas trempé. Toujours sortir couvert, mh. Il avait bien retenu la leçon, celui-là. Et puis, son parapluie était très mignon. Ne l'avait-il pas déjà vu quelque part ?
« Tu n'oublieras pas d'attendre le Periculum vert hein, petit. Bon courage à toi, petite grenouille. » dit-il gentiment alors que l'enfant lui retournait déjà la politesse. Il ne craignait pas les averses, Sigmund. Elles faisaient partie de la vie à Poudlard, comme beaucoup de choses. Et après les averses souvent, c'était le beau temps. Il guetterait le beau temps pour Ernest.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen