Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Je l'aperçois dès son arrivée. Elle se distingue parmi les autres voyageurs qui grouillent autour de moi avec son chapeau à larges bords. Je remarque instantanément qu'au moment où ses yeux se posent sur moi aucun sentiment d'aucune sorte ne vient troubler son visage — je ne suis pas assez douée dans le décryptage des expressions pour voir une quelconque mauvaise humeur l'envahir à ma vue, mais je remarque aisément qu'elle ne sourit pas plus que je le fais. Sans la quitter du regard, je me redresse, m'éloigne du mur et décroise bon gré mal gré mes bras.
Pas de bonjour. Je ne suis pas habituée à m'encombrer de salutations non plus, pourtant ce coup-ci ce manquement aux règles de politesse me crispe et me fait serrer les mâchoires. Je ne sais pas pourquoi je réagis comme cela alors que, comme elle, je préfère aller droit au but. Je crois que c'est elle, le problème. Je ne lui ai pas pardonné notre entrevue de la veille.
Je désigne l'aire de portoloin derrière moi au centre de laquelle trône religieusement un pot de chambre miteux et abîmé par le temps et les intempéries. Je pointe la chose du pouce.
« Juste là. »
Ces deux mots suffiront. Je récupère mon sac et passe les lanières sur mes épaules. Sans attendre qu'elle m'ouvre la voie, je m'approche des agents du Conseil et dégaine le papier que Howard m'a donné la veille, mon autorisation de voyager.
Mon épaule me semble étrangement légère. Je ressens avec une force accrue l'absence de Zikomo et commence à regretter mon choix de le laisser derrière moi. Je peux aisément deviner quels commentaires il aurait fait concernant cette situation.
Pas de bonjour. Je ne suis pas habituée à m'encombrer de salutations non plus, pourtant ce coup-ci ce manquement aux règles de politesse me crispe et me fait serrer les mâchoires. Je ne sais pas pourquoi je réagis comme cela alors que, comme elle, je préfère aller droit au but. Je crois que c'est elle, le problème. Je ne lui ai pas pardonné notre entrevue de la veille.
Je désigne l'aire de portoloin derrière moi au centre de laquelle trône religieusement un pot de chambre miteux et abîmé par le temps et les intempéries. Je pointe la chose du pouce.
« Juste là. »
Ces deux mots suffiront. Je récupère mon sac et passe les lanières sur mes épaules. Sans attendre qu'elle m'ouvre la voie, je m'approche des agents du Conseil et dégaine le papier que Howard m'a donné la veille, mon autorisation de voyager.
Mon épaule me semble étrangement légère. Je ressens avec une force accrue l'absence de Zikomo et commence à regretter mon choix de le laisser derrière moi. Je peux aisément deviner quels commentaires il aurait fait concernant cette situation.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Ah, ce départ aurait dû être aussi parfait que tous les autres. Quelques semaines loin de tout, loin des gens, loin du monde, loin de sa famille. Mais non, il a fallut qu'on lui gâche l'une de ses plus grande joie, la solitude du travail. Arlene rumine tandis qu'elle fait vérifier ses papiers pour quitter le territoire.
Ce magnifique jour de juin aurait pu être idyllique.
Les papiers vérifiés, la sorcière se place autour du Portoloin avec les autres voyageurs. La majorité d'entre eux semblent être des touristes. Leur air joyeux le confirme. Les deux sorcières à la mine sombre se détachent clairement de la petite troupe allègre.
La main sur l'objet magique, Arlene patiente. L'heure du départ arrive à grand pas mais elle ne prend pas la peine de l'annoncer à Aelle. Avec un peu de chance, cette dernière loupera le départ. Arlene se surprit cette pensée. Maudire ainsi n'était pas son genre. Enfin, pas tout à fait. Maudire à ce point une seule personne n'était pas son genre. Maudire le monde en général c'était plutôt habituel...
Le pot de chambre empêcha l'élaboration de la suite de ses pensées en les catapultant en l'air, droit vers l'Islande.
Une nausée légère prit la sorcière. Malgré ses nombreux voyages, le mal des portoloins ne l'avait jamais vraiment quitté. Mal qu'elle avait d'ailleurs transmit à son fil aîné dont, comme elle, la peau passe toujours au vert pâle à chaque fois qu'il voyage en Portoloin ou transplane.
Reykjavik. La ville aux toits colorés se dessine non loin de la colline d'arrivée des voyageurs. La grosse flèche de l'église à l'architecture étrange transperce la ligne d'horizon, fendant les horizontal des toits, puis de la mer, des montagnes et enfin du ciel. Ce qu'elle était laide cette église, pensa Arlene en maitrisant la descente pour rejoindre le plancher des vaches.
@Aelle Bristyle J'ai avancé un peu, mais hésite pas si tu veux écrire avant ou pendant le déplacement du portoloin.
Ce magnifique jour de juin aurait pu être idyllique.
Les papiers vérifiés, la sorcière se place autour du Portoloin avec les autres voyageurs. La majorité d'entre eux semblent être des touristes. Leur air joyeux le confirme. Les deux sorcières à la mine sombre se détachent clairement de la petite troupe allègre.
La main sur l'objet magique, Arlene patiente. L'heure du départ arrive à grand pas mais elle ne prend pas la peine de l'annoncer à Aelle. Avec un peu de chance, cette dernière loupera le départ. Arlene se surprit cette pensée. Maudire ainsi n'était pas son genre. Enfin, pas tout à fait. Maudire à ce point une seule personne n'était pas son genre. Maudire le monde en général c'était plutôt habituel...
* * *
Le pot de chambre empêcha l'élaboration de la suite de ses pensées en les catapultant en l'air, droit vers l'Islande.
Une nausée légère prit la sorcière. Malgré ses nombreux voyages, le mal des portoloins ne l'avait jamais vraiment quitté. Mal qu'elle avait d'ailleurs transmit à son fil aîné dont, comme elle, la peau passe toujours au vert pâle à chaque fois qu'il voyage en Portoloin ou transplane.
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Reykjavik. La ville aux toits colorés se dessine non loin de la colline d'arrivée des voyageurs. La grosse flèche de l'église à l'architecture étrange transperce la ligne d'horizon, fendant les horizontal des toits, puis de la mer, des montagnes et enfin du ciel. Ce qu'elle était laide cette église, pensa Arlene en maitrisant la descente pour rejoindre le plancher des vaches.
@Aelle Bristyle J'ai avancé un peu, mais hésite pas si tu veux écrire avant ou pendant le déplacement du portoloin.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Je resserre les anses de mon sac avant d'attraper le portoloin. Je pose un doigt sur le pot de chambre, captant le regard de Howard sur moi. Son visage sombre se détache de tous les autres qui nous entourent, et malgré mon excitation liée au voyage et à la découverte d'un nouveau pays, je me demande si c'était une bonne idée d'accepter de partir avec elle en Islande. Enfin, si tant est qu'accepter soit le bon mot : je n'ai pas eu le choix. Mais tout de même, même moi qui ne suis guère sensible à ce genre de choses, j'ai conscience que l'ambiance entre nous est tendue. J'ai la méchante envie de lui lancer des regards noirs à tout bout de champ et de lui reprocher tout ce que je pourrais lui reprocher. Je crois que je ne risque pas de lui pardonner de sitôt pour ce qu'elle m'a fait hier.
Le portoloin s'active alors que je suis au beau milieu de mes pensées. J'ai l'impression qu'un crochet s'accroche à mon estomac pour le déloger de mon corps. La tête me tourne et j'ai un moment d'angoisse en sentant mes pieds quitter terre. Je serre les paupières de toutes mes forces, me cachant dans un coin sombre de mon esprit le temps que dure le voyage, que je me fais malmener par les boyaux de l'espace et que la magie me recrache à des miles de mon point de départ.
Quand mes pieds touchent de nouveau le sol après une éternité insupportable, je m'affale dans l'herbe humide, le nez dans la terre. Autour de moi, certains ont parfaitement réussi leur atterrissage, dont Arlene Howard. Je me redresse tant bien que mal, le corps au bord des lèvres, la peau du visage verdâtre.
Courbée en deux, en appui sur les genoux, je respire profondément par le nez, habituée à ces sensations mais incapable de les contrôler pour autant. Je me concentre sur le paysage le temps que ça passe.
La cité moldue s'étire devant moi. Les façades colorées des bâtiments se détachent de la grisaille du ciel, explosion d'orange, de jaune, de rouge. Et là-bas, une montagne envahie l'horizon. Elle dévale jusqu'à une étendue d'eau. Je me redresse pour mieux observer Reykjavik, bercée par les exclamations de joie et de surprise des touristes qui nous entourent. Au milieu de cette foule, nous faisons tâche ; les deux chercheuses qui ne sont pas là pour la beauté des lieux mais bien pour arracher tous les secrets de cette vieille terre.
Sans un mot, je récupère mon sac que j'ai fait tomber pendant le processus et attends impatiemment que la femme qui est censée être ma tutrice de stage daigne se mettre en route. Je ne sais absolument pas ce qui est prévu, ni si devons dormir ici ce soir ou si nous allons nous mettre en route sans attendre. Je déteste ne rien savoir, je déteste laisser croire que j'aime ne rien savoir ; j'ai le droit d'être actrice de ce fichu stage également, même si cette femme semble croire le contraire.
« Je souhaite savoir dans le détail comment se déroulera le voyage, » me forcé-je donc à dire en me plantant à ses côtés, les mâchoires serrées et le regard déterminé.
Ma demande me semble suffisamment claire, aussi suis-je persuadée qu'elle me racontera par le menu où nous irons ce soir, ce qui est prévu pour demain et pour le surlendemain et pour tout le reste de notre séjour en Islande. Savoir que nous allons nous rendre sur Vatnajökull ou que nous allons descendre au centre du cratère Hveravellir ou encore que nous allons gravir une montagne n'est pas suffisant. Et entre temps, alors ?
Le portoloin s'active alors que je suis au beau milieu de mes pensées. J'ai l'impression qu'un crochet s'accroche à mon estomac pour le déloger de mon corps. La tête me tourne et j'ai un moment d'angoisse en sentant mes pieds quitter terre. Je serre les paupières de toutes mes forces, me cachant dans un coin sombre de mon esprit le temps que dure le voyage, que je me fais malmener par les boyaux de l'espace et que la magie me recrache à des miles de mon point de départ.
Quand mes pieds touchent de nouveau le sol après une éternité insupportable, je m'affale dans l'herbe humide, le nez dans la terre. Autour de moi, certains ont parfaitement réussi leur atterrissage, dont Arlene Howard. Je me redresse tant bien que mal, le corps au bord des lèvres, la peau du visage verdâtre.
Courbée en deux, en appui sur les genoux, je respire profondément par le nez, habituée à ces sensations mais incapable de les contrôler pour autant. Je me concentre sur le paysage le temps que ça passe.
La cité moldue s'étire devant moi. Les façades colorées des bâtiments se détachent de la grisaille du ciel, explosion d'orange, de jaune, de rouge. Et là-bas, une montagne envahie l'horizon. Elle dévale jusqu'à une étendue d'eau. Je me redresse pour mieux observer Reykjavik, bercée par les exclamations de joie et de surprise des touristes qui nous entourent. Au milieu de cette foule, nous faisons tâche ; les deux chercheuses qui ne sont pas là pour la beauté des lieux mais bien pour arracher tous les secrets de cette vieille terre.
Sans un mot, je récupère mon sac que j'ai fait tomber pendant le processus et attends impatiemment que la femme qui est censée être ma tutrice de stage daigne se mettre en route. Je ne sais absolument pas ce qui est prévu, ni si devons dormir ici ce soir ou si nous allons nous mettre en route sans attendre. Je déteste ne rien savoir, je déteste laisser croire que j'aime ne rien savoir ; j'ai le droit d'être actrice de ce fichu stage également, même si cette femme semble croire le contraire.
« Je souhaite savoir dans le détail comment se déroulera le voyage, » me forcé-je donc à dire en me plantant à ses côtés, les mâchoires serrées et le regard déterminé.
Ma demande me semble suffisamment claire, aussi suis-je persuadée qu'elle me racontera par le menu où nous irons ce soir, ce qui est prévu pour demain et pour le surlendemain et pour tout le reste de notre séjour en Islande. Savoir que nous allons nous rendre sur Vatnajökull ou que nous allons descendre au centre du cratère Hveravellir ou encore que nous allons gravir une montagne n'est pas suffisant. Et entre temps, alors ?
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Un sourcil se leva sur le visage de la sorcière. La vision de la miss Bristyle affalée dans l'herbe fait contraste avec l'image terrible qu'elle dégage. Arlene en oublie presque son mal du Portoloin. Elle se retient de faire une remarque très peu constructive et décide finalement de ne pas relever. On a tous nos mauvais jours.
La chercheuse fait de nouveau face à la ville, direction dans laquelle les quelques touristes qui les accompagnaient avaient décidé de se diriger. Ah, le vent cinglant de l'Islande. Voilà une destination qui n'avait pas encore subit les minutieuses recherches de la chercheuse. Tout cela était très excitant. La luminosité était forte et ne risquait pas de se calmer de sitôt. Consultant sa montre, Arlene note l'heure.
La question d'Aelle lui plait. Il faut dire, c'est bien la première fois. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? La même question que la jeune femme avait posé la veille, sauf que cette fois, la réponse était bien plus intéressante.
"Nous allons rejoindre un collègue qui va nous héberger pour la nuit. Au petit matin, nous louerons des balais qui nous mèneront vers l'Est au pied d'Hekla, le volcan. Ensuite, il faudra monter un peu et nous pourrons commencer les observations, puis les expérimentations et..." Ah, elle s'était presque emportée. Que c'était exaltant. Première destination, un volcan !
Arlene hésita avant de lister plus sobrement. "Nous passerons deux ou trois nuits là-bas, il y a un gîte à mi-hauteur. Ensuite nous rejoindrons le glacier, Vatnajökull plus dans les terres." Concentrée sur sa prononciation, elle se remémore les quelques essais qu'elle avait fait devant le miroir afin de s'assurer de son accent. "Puis enfin, sur le retour nous passerons par Hveravellir et ses sources géothermiques avant de retourner à Reykjavik. Nous avons dix jours devant nous."
Mais d'abord, il fallait traverser la ville afin de rejoindre le gîte qui les attendait. Arlene quitte son large chapeau qu'elle fait disparaitre et se couvre d'une cape. Sa dégaine n'était pas parfaite mais les moldus Islandais ne posaient généralement pas trop de question.
Sans attendre, la sorcière entama la descente de la petite colline pour rejoindre la ville aux masures colorées.
La chercheuse fait de nouveau face à la ville, direction dans laquelle les quelques touristes qui les accompagnaient avaient décidé de se diriger. Ah, le vent cinglant de l'Islande. Voilà une destination qui n'avait pas encore subit les minutieuses recherches de la chercheuse. Tout cela était très excitant. La luminosité était forte et ne risquait pas de se calmer de sitôt. Consultant sa montre, Arlene note l'heure.
La question d'Aelle lui plait. Il faut dire, c'est bien la première fois. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? La même question que la jeune femme avait posé la veille, sauf que cette fois, la réponse était bien plus intéressante.
"Nous allons rejoindre un collègue qui va nous héberger pour la nuit. Au petit matin, nous louerons des balais qui nous mèneront vers l'Est au pied d'Hekla, le volcan. Ensuite, il faudra monter un peu et nous pourrons commencer les observations, puis les expérimentations et..." Ah, elle s'était presque emportée. Que c'était exaltant. Première destination, un volcan !
Arlene hésita avant de lister plus sobrement. "Nous passerons deux ou trois nuits là-bas, il y a un gîte à mi-hauteur. Ensuite nous rejoindrons le glacier, Vatnajökull plus dans les terres." Concentrée sur sa prononciation, elle se remémore les quelques essais qu'elle avait fait devant le miroir afin de s'assurer de son accent. "Puis enfin, sur le retour nous passerons par Hveravellir et ses sources géothermiques avant de retourner à Reykjavik. Nous avons dix jours devant nous."
Mais d'abord, il fallait traverser la ville afin de rejoindre le gîte qui les attendait. Arlene quitte son large chapeau qu'elle fait disparaitre et se couvre d'une cape. Sa dégaine n'était pas parfaite mais les moldus Islandais ne posaient généralement pas trop de question.
Sans attendre, la sorcière entama la descente de la petite colline pour rejoindre la ville aux masures colorées.
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Miðsumar - Dans l'abîme du jour
L'impression de devoir me battre pour le moindre renseignement et la moindre réponse explose comme une bulle de savon quand elle me donne sans que j'insiste davantage les réponses et les renseignements que j'attendais. Mes épaules se relâchent et j'oublie pour un temps toutes mes rancœurs pour me concentrer sur ce qu'elle dit avec le même sérieux avec lequel j'ai toujours écouté mes professeurs. Pour la première fois depuis que je la connais, j'ai un aperçu (bref mais c'est tout de même là) de la chercheuse qui prend le pas sur la femme ; sa voix qui devient passionnée, ses yeux qui se perdent dans le vague quand elle parle de ses expérimentations. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine, parce que c'est exactement ça que je suis venue chercher près d'elle, la passion, celle qui dévore tout ! Puis le sentiment disparaît et je me retrouve de nouveau face à celle que je côtoie le début. Arlene Howard et ses paroles concises. Je me redresse et détourne les yeux, retrouvant moi aussi un état d'esprit plus sobre, me refusant d'oublier toutes les crasses qu'elle m'a déjà fait durant le peu de temps que nous avons passé ensemble.
Nous passerons donc la nuit ici, songé-je en observant le ville colorée qui s'étire sous un ciel pâle, presque blanc. Au loin, le sommet d'une église pointe fièrement vers la voute céleste. En plissant les yeux, je remarque sa forme étrange, presque décalée dans le paysage. Je n'y jette qu'un bref regard, bien vite rattrapée par les instructions de la femme. Enfin, j'ai une idée précise ce qui nous attend. Un frisson d'excitation dévale mon dos ; j'ai déjà envie d'être à demain, après-demain, d'être déjà en place sur Hekla, le volcan, et ne plus voir filer les heures tant nos observations nous alpaguent. Mon cœur s'agite contre ma cage thoracique et malgré ma fatigue, ma mauvaise humeur, mon inquiétude de ne pas avoir suffisamment d'intimité pour pouvoir lancer le sortilège noir qui tient sous scellé certains de mes souvenirs, un sourire grimpe sur mes lèvres.
« Bien, » dis-je sobrement sans pour autant chercher à cacher l'excitation qui anime mes traits
Je file derrière Howard qui s'en va sans m'attendre, détail que je ne remarque pas tant je suis excitée par ce qui nous attend.
J'arrange ma cape qui ressemble à un manteau moldu autour de moi, vérifiant que ma baguette ne dépasse pas et que rien de trop sorcier n'est visible — mais difficile pour une sorcière pure souche d'avoir conscience de ce qui fait réellement sorcier ou non, aussi ai-je assez peu conscience de ma drôle de dégaine.
Un petit soupir s'échappe de mes lèvres lorsque je me place à côté d'Howard et qu'ensemble nous dévalons la colline pour nous approcher de la ville, devancées par les touristes pressés.
« Dix jours semblent insuffisants pour mener de telles recherches, dis-je plus pour moi que pour elle. C'est un peu le lot de la recherche : on manque toujours de temps, même quand on a la vie devant nous. »
Puis j'enchaîne, parce qu'être ici, en territoire étranger, me donne envie de tout savoir, de tout découvrir, et de ne surtout rien manquer de ce que je pourrais apprendre.
« Puisque vous m'avez prévenue au dernier moment je n'ai pas pu me renseigner beaucoup, mais j'ai au moins pu m'enquérir de ce que le monde sorcier islandais a à offrir et il se trouve qu'il y aurait une librairie avec des ouvrages très spécifiques dans les alentours de Nordum... Nordury... Nor-ður-mý-ri, articulé-je lentement en fronçant les sourcils. Un quartier au centre de la ville. Laissez-moi l'adresse de votre collègue et je vous y rejoindrai. »
Nous passerons donc la nuit ici, songé-je en observant le ville colorée qui s'étire sous un ciel pâle, presque blanc. Au loin, le sommet d'une église pointe fièrement vers la voute céleste. En plissant les yeux, je remarque sa forme étrange, presque décalée dans le paysage. Je n'y jette qu'un bref regard, bien vite rattrapée par les instructions de la femme. Enfin, j'ai une idée précise ce qui nous attend. Un frisson d'excitation dévale mon dos ; j'ai déjà envie d'être à demain, après-demain, d'être déjà en place sur Hekla, le volcan, et ne plus voir filer les heures tant nos observations nous alpaguent. Mon cœur s'agite contre ma cage thoracique et malgré ma fatigue, ma mauvaise humeur, mon inquiétude de ne pas avoir suffisamment d'intimité pour pouvoir lancer le sortilège noir qui tient sous scellé certains de mes souvenirs, un sourire grimpe sur mes lèvres.
« Bien, » dis-je sobrement sans pour autant chercher à cacher l'excitation qui anime mes traits
Je file derrière Howard qui s'en va sans m'attendre, détail que je ne remarque pas tant je suis excitée par ce qui nous attend.
J'arrange ma cape qui ressemble à un manteau moldu autour de moi, vérifiant que ma baguette ne dépasse pas et que rien de trop sorcier n'est visible — mais difficile pour une sorcière pure souche d'avoir conscience de ce qui fait réellement sorcier ou non, aussi ai-je assez peu conscience de ma drôle de dégaine.
Un petit soupir s'échappe de mes lèvres lorsque je me place à côté d'Howard et qu'ensemble nous dévalons la colline pour nous approcher de la ville, devancées par les touristes pressés.
« Dix jours semblent insuffisants pour mener de telles recherches, dis-je plus pour moi que pour elle. C'est un peu le lot de la recherche : on manque toujours de temps, même quand on a la vie devant nous. »
Puis j'enchaîne, parce qu'être ici, en territoire étranger, me donne envie de tout savoir, de tout découvrir, et de ne surtout rien manquer de ce que je pourrais apprendre.
« Puisque vous m'avez prévenue au dernier moment je n'ai pas pu me renseigner beaucoup, mais j'ai au moins pu m'enquérir de ce que le monde sorcier islandais a à offrir et il se trouve qu'il y aurait une librairie avec des ouvrages très spécifiques dans les alentours de Nordum... Nordury... Nor-ður-mý-ri, articulé-je lentement en fronçant les sourcils. Un quartier au centre de la ville. Laissez-moi l'adresse de votre collègue et je vous y rejoindrai. »
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Une affirmation et non une question. C'était peut-être pour cela qu'elle avait accepté de répondre à sa nouvelle partenaire de voyage. Ou bien était-ce l'air de l'Islande qui rafraichissait son humeur. Arlene aurait pu remarquer que sa réponse avait ravi sa jeune stagiaire si seulement elle avait pris la peine de se retourner pour lui parler.
La sorcière enveloppée de son coupe-vent rejoignit les rues larges de la grande ville. Un bon quart de la population des Islandais habitent ici, dans la capitale. A Reykjavik, elles ne croiseront jamais autant de gens qu'ailleurs sur le territoire ce qui fait de ce moment, sûrement l'un des rares ou il faudrait faire particulièrement attention au secret magique.
Le paysage, malgré son côté urbain, est à couper le souffle. Les toits colorés contrastent avec la ligne d'horizon montagneuse et maritime qui sépare l'image en une composition presque artistique. Leur gîte de ce soir n'était qu'à une petite demi-heure de marche au nord, en périphérie. Ce trajet n'est qu'un avant-gout des kilomètres qu'elles devront parcourir les jours prochains.
La chercheuse ne s’embarrassa pas du ton accusateur qui initia la demande d'Aelle. Il n'y avait rien à ajouter, en effet, elle ne l'avait prévenu que la veille. Arlene mentirai si elle disait que cette librairie ne l'intéressait pas. Mais ce serai aussi mentir de dire que l'absence temporaire d'Aelle dans ses parages ne lui plairait pas. Alors, d'un hochement de tête, elle approuve la démarche non sans confier un parchemin avec l'adresse de leur gîte à la jeune fille.
"Ne tarde pas."
Ces trois mots lui échappèrent. Reykjavik était sûrement l'une des destinations les moins dangereuses qu'Arlene ait pu visiter. La criminalité est si basse que les seuls risques réels de ce pays sont surtout liés à la météo et l'environnement.
Reprenant sa marche, cette fois seule, Arlene put méditer et profiter du silence bruyant de la ville pour le reste de son trajet du jour. Entre les voitures et les passants, l'adulte ne se sentait pourtant pas réellement à son aise dans cette atmosphère grouillante. Elle ne pouvait qu'aspirer à la future solitude que lui procureraient ses recherches loin de la civilisation dans les jours à venir.
Leur hôte, un vieil homme jovial les attendait dans sa demeure tout aussi vive que ses voisines. Arlene fit l'effort, non sans mal, de le remercier de son hospitalité tout en expliquant l'imprévu. En effet, elles étaient deux et il n'y avait qu'une chambre d'ami. L'une d'entre elles devrait dormir sur le canapé...
La sorcière enveloppée de son coupe-vent rejoignit les rues larges de la grande ville. Un bon quart de la population des Islandais habitent ici, dans la capitale. A Reykjavik, elles ne croiseront jamais autant de gens qu'ailleurs sur le territoire ce qui fait de ce moment, sûrement l'un des rares ou il faudrait faire particulièrement attention au secret magique.
Le paysage, malgré son côté urbain, est à couper le souffle. Les toits colorés contrastent avec la ligne d'horizon montagneuse et maritime qui sépare l'image en une composition presque artistique. Leur gîte de ce soir n'était qu'à une petite demi-heure de marche au nord, en périphérie. Ce trajet n'est qu'un avant-gout des kilomètres qu'elles devront parcourir les jours prochains.
La chercheuse ne s’embarrassa pas du ton accusateur qui initia la demande d'Aelle. Il n'y avait rien à ajouter, en effet, elle ne l'avait prévenu que la veille. Arlene mentirai si elle disait que cette librairie ne l'intéressait pas. Mais ce serai aussi mentir de dire que l'absence temporaire d'Aelle dans ses parages ne lui plairait pas. Alors, d'un hochement de tête, elle approuve la démarche non sans confier un parchemin avec l'adresse de leur gîte à la jeune fille.
"Ne tarde pas."
Ces trois mots lui échappèrent. Reykjavik était sûrement l'une des destinations les moins dangereuses qu'Arlene ait pu visiter. La criminalité est si basse que les seuls risques réels de ce pays sont surtout liés à la météo et l'environnement.
Reprenant sa marche, cette fois seule, Arlene put méditer et profiter du silence bruyant de la ville pour le reste de son trajet du jour. Entre les voitures et les passants, l'adulte ne se sentait pourtant pas réellement à son aise dans cette atmosphère grouillante. Elle ne pouvait qu'aspirer à la future solitude que lui procureraient ses recherches loin de la civilisation dans les jours à venir.
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Leur hôte, un vieil homme jovial les attendait dans sa demeure tout aussi vive que ses voisines. Arlene fit l'effort, non sans mal, de le remercier de son hospitalité tout en expliquant l'imprévu. En effet, elles étaient deux et il n'y avait qu'une chambre d'ami. L'une d'entre elles devrait dormir sur le canapé...
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Un bref échange de regard, un parchemin plié en quatre dans le fond de ma poche et je tourne les talons, en me retenant de répliquer : « Et bien, nous verrons si je tarde ou non » dans une inutile tentative de faire preuve d'indépendance et de montrer que je le suis bel et bien, indépendante. Je m'empêche de prononcer ces mots mais, en m'éloignant dans les rues colorées et animées de Reykjavik, je me demande d'où me vient cette envie de prouver mon indépendance à une femme à laquelle je ne dois rien.
J'éloigne ces pensées au fur et à mesure que je m'enfonce dans les rues. J'observe autour de moi avec un plaisir non dissimulé et c'est alors que je tourne dans une rue pour mieux arriver sur une place où poussent vaillamment quelques arbres que je me fais la réflexion que c'est la première fois que je me balade seule dans une ville inconnue — sans même parler d'une ville étrangère. Je m'arrête pour observer les montagnes qui se dessinent au loin, au-dessus des immeubles qui sont, dans cette partie de la ville, de couleurs assez ternes. J'ai déjà visité Londres en compagnie de Zikomo et je suis allée dans quelques autres villes du pays, le plus souvent accompagnée de ma famille. Mais me perdre dans des rues comme je suis en train de le faire en étant entièrement seule ? Je n'ai que rarement connu cela et j'en ressens un sentiment de liberté grisant qui fait palpiter mon cœur.
Lorsque je me présente chez le collègue d'Arlene Howard, la journée est bien entamée. Le ciel est toujours aussi clair que lorsque nous sommes arrivées dans la matinée et le soleil n'a pas l'air prêt à aller se coucher. Il me nargue tout là-haut, sur la toile blanche du ciel. Je ne pensais pas être aussi perturbée par sa lente descente, mais je sais que ce que je ressens en pleine journée n'est pas comparable à ce que je ressentirai cette nuit en ayant la preuve concrète que le soleil ne se couche jamais véritablement ici à cette période de l'année.
Sans me poser plus de questions que cela, j'ai pris la décision de prendre mon déjeuner dehors. Aussi quand je pose le doigt sur la sonnette de l'endroit où je dormirai ce soir après une longue marche dans les rues de Reykjavik, la moitié de l'après-midi est déjà passée. Je me présente sobrement et suis accueillie chaleureusement, peut-être un peu trop si l'on songe à ma maigre envie de discuter de choses banales avec un inconnu. Dans le flot de parole de mon hôte que je comprends être un éminent chercheur Islandais, la seule chose que je retiens c'est qu'il faudra faire un choix entre le canapé et le lit — je n'ai aucune envie de débattre avec ma maîtresse de stage à ce propos, mais la problématique de mon besoin d'intimidé me pousse à m'approcher de la femme, installée dans un coin.
Je dépose mes sacs à côté d'un fauteuil sur lequel je me laisse tomber. Je n'ai pas pu rétrécir les livres que j'ai achetés, mais j'y vois après coup une aubaine car cela me permet de piocher dans l'un des sacs pour attraper un épais grimoire sans avoir à utiliser la magie. La librairie était une petite bicoque étroite dans laquelle s'entassaient des piles de livres tous plus intéressants les uns que les autres pour la simple et bonne raison que la plupart d'entre eux concernaient des sujets propre à l'Islande, écrit par des auteurs Islandais et, évidemment, en langue islandaise. J'ai bataillé pour dénicher des quelques exemplaires anglais et je ne suis pas mécontente de mes trouvailles.
Heureusement, lorsque je suis passée à la maison en catastrophe hier dans l'espoir de trouver l'un ou l'autre des éléments de la liste de Howard, mes parents m'ont confié de l'argent sorcier et des Livres Sterling moldus à échanger en Couronnes Islandaises. Ce qui m'a permis de me faire plaisir dans la librairie et également de me procurer, non sans difficulté puisque je ne connaissais pas la ville et que je n'ai jamais été à l'aise dans le monde moldu, de l'équipement qui me manquait — je n'ai évidemment pas tout trouvé mais ce sera un problème pour plus tard.
Je feuillette négligemment le grimoire dont le titre en surbrillance laisse voir : Étude des pratiques magiques en Islande.
« Savez-vous jouer aux échecs ? » demandé-je alors à Howard d'une voix désintéressée en poursuivant ma lecture.
J'éloigne ces pensées au fur et à mesure que je m'enfonce dans les rues. J'observe autour de moi avec un plaisir non dissimulé et c'est alors que je tourne dans une rue pour mieux arriver sur une place où poussent vaillamment quelques arbres que je me fais la réflexion que c'est la première fois que je me balade seule dans une ville inconnue — sans même parler d'une ville étrangère. Je m'arrête pour observer les montagnes qui se dessinent au loin, au-dessus des immeubles qui sont, dans cette partie de la ville, de couleurs assez ternes. J'ai déjà visité Londres en compagnie de Zikomo et je suis allée dans quelques autres villes du pays, le plus souvent accompagnée de ma famille. Mais me perdre dans des rues comme je suis en train de le faire en étant entièrement seule ? Je n'ai que rarement connu cela et j'en ressens un sentiment de liberté grisant qui fait palpiter mon cœur.
*
Lorsque je me présente chez le collègue d'Arlene Howard, la journée est bien entamée. Le ciel est toujours aussi clair que lorsque nous sommes arrivées dans la matinée et le soleil n'a pas l'air prêt à aller se coucher. Il me nargue tout là-haut, sur la toile blanche du ciel. Je ne pensais pas être aussi perturbée par sa lente descente, mais je sais que ce que je ressens en pleine journée n'est pas comparable à ce que je ressentirai cette nuit en ayant la preuve concrète que le soleil ne se couche jamais véritablement ici à cette période de l'année.
Sans me poser plus de questions que cela, j'ai pris la décision de prendre mon déjeuner dehors. Aussi quand je pose le doigt sur la sonnette de l'endroit où je dormirai ce soir après une longue marche dans les rues de Reykjavik, la moitié de l'après-midi est déjà passée. Je me présente sobrement et suis accueillie chaleureusement, peut-être un peu trop si l'on songe à ma maigre envie de discuter de choses banales avec un inconnu. Dans le flot de parole de mon hôte que je comprends être un éminent chercheur Islandais, la seule chose que je retiens c'est qu'il faudra faire un choix entre le canapé et le lit — je n'ai aucune envie de débattre avec ma maîtresse de stage à ce propos, mais la problématique de mon besoin d'intimidé me pousse à m'approcher de la femme, installée dans un coin.
Je dépose mes sacs à côté d'un fauteuil sur lequel je me laisse tomber. Je n'ai pas pu rétrécir les livres que j'ai achetés, mais j'y vois après coup une aubaine car cela me permet de piocher dans l'un des sacs pour attraper un épais grimoire sans avoir à utiliser la magie. La librairie était une petite bicoque étroite dans laquelle s'entassaient des piles de livres tous plus intéressants les uns que les autres pour la simple et bonne raison que la plupart d'entre eux concernaient des sujets propre à l'Islande, écrit par des auteurs Islandais et, évidemment, en langue islandaise. J'ai bataillé pour dénicher des quelques exemplaires anglais et je ne suis pas mécontente de mes trouvailles.
Heureusement, lorsque je suis passée à la maison en catastrophe hier dans l'espoir de trouver l'un ou l'autre des éléments de la liste de Howard, mes parents m'ont confié de l'argent sorcier et des Livres Sterling moldus à échanger en Couronnes Islandaises. Ce qui m'a permis de me faire plaisir dans la librairie et également de me procurer, non sans difficulté puisque je ne connaissais pas la ville et que je n'ai jamais été à l'aise dans le monde moldu, de l'équipement qui me manquait — je n'ai évidemment pas tout trouvé mais ce sera un problème pour plus tard.
Je feuillette négligemment le grimoire dont le titre en surbrillance laisse voir : Étude des pratiques magiques en Islande.
« Savez-vous jouer aux échecs ? » demandé-je alors à Howard d'une voix désintéressée en poursuivant ma lecture.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Arlene rumina la majorité du reste de la journée. Leur hôte bien trop bavard réussit à lui redonner un début de migraine que la luminosité ambiante n'arrangeait pas. Elle envia un instant Aelle et sa librairie probablement bien plus intéressante que l'étude des différents effets et symptômes provoqués par la recrudescence des ciseburines due à l'augmentation des appareils électroniques chez les moldus que le vieux chercheur ne pouvait s’empêcher de détailler.
Enfin Bristyle se décida à réapparaitre. Arlene hésita à la prévenir. Oui, la jeune fille dormirait sur le canapé. C'est un fait. Les adultes avaient le droit au confort tandis que les enfants et leur jeunes os pouvaient bien se contenter d'un lit de fortune pour quelques jours. Dans la tête de l'adulte, le monde tournait ainsi et pas autrement. Le débat n'avait pas lieu d'être. Le confort d'une chambre semblait d'autant plus significatif que la luminosité ne baisserai qu'une petite dizaine de minutes durant la nuit et les rideaux du salon offriraient bien piètre protection.
Arlene anticipa. Cette course originale de l'astre solaire perturberai certainement son rythme de sommeil. Rythme méticuleusement étudié pour optimiser son repos en un minimum de temps. L'adulte jeta un regard vilain au soleil comme si celui-ci pouvait changer d'avis et aller se coucher à l'heure comme tout le monde.
"Je ne joue pas." Elle appuya sur le mot "jouer"avant d'ajouter la suite. "Plus jeune, la logique m'intéressait. J'ai pu expérimenter jusqu'à me lasser." Afin de faire comprendre à la jeune fille que ce n'est pas la compétence qui lui manquait mais bien l'envie.
Mais la question ne pouvait pas être désintéressée. Arlene se douta qu'il y avait comme qui dirait snargalouf.
Enfin Bristyle se décida à réapparaitre. Arlene hésita à la prévenir. Oui, la jeune fille dormirait sur le canapé. C'est un fait. Les adultes avaient le droit au confort tandis que les enfants et leur jeunes os pouvaient bien se contenter d'un lit de fortune pour quelques jours. Dans la tête de l'adulte, le monde tournait ainsi et pas autrement. Le débat n'avait pas lieu d'être. Le confort d'une chambre semblait d'autant plus significatif que la luminosité ne baisserai qu'une petite dizaine de minutes durant la nuit et les rideaux du salon offriraient bien piètre protection.
Arlene anticipa. Cette course originale de l'astre solaire perturberai certainement son rythme de sommeil. Rythme méticuleusement étudié pour optimiser son repos en un minimum de temps. L'adulte jeta un regard vilain au soleil comme si celui-ci pouvait changer d'avis et aller se coucher à l'heure comme tout le monde.
"Je ne joue pas." Elle appuya sur le mot "jouer"avant d'ajouter la suite. "Plus jeune, la logique m'intéressait. J'ai pu expérimenter jusqu'à me lasser." Afin de faire comprendre à la jeune fille que ce n'est pas la compétence qui lui manquait mais bien l'envie.
Mais la question ne pouvait pas être désintéressée. Arlene se douta qu'il y avait comme qui dirait snargalouf.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Évidemment qu'elle ne joue pas. Le contraire m'aurait étonné. Je me permets un sourire un peu étrange, qui est clairement moqueur pour moi mais qui lui semblera, à elle, peut-être seulement amusé. Je crois que dans le cas contraire, j'aurais pu répondre la même chose. Moi non plus je ne joue pas. Et pour quoi faire ? Jouer, c'est pour les enfants. Petite, je jouais aux échecs pour faire une activité avec maman ou alors pour contenter mon père qui pensait que j'apprécierais davantage faire marcher ma logique que voler comme une idiote sur un balai magique pour enfant. Il avait raison. J'ai appris, j'ai compris, j'ai disputé quelques parties, j'ai pris plaisir à rétamer certains de mes frères, j'ai fait des crises de rage parce que Zakary m'a toujours mis la pâtée, même les très rares fois où nous avons joué lorsque j'ai grandi.
Ce soir, je n'ai pas la moindre envie de jouer. D'ailleurs, je doute que mon orgueil accepterait de se faire tordre le cou par une Arlene Howard et ses regards inintéressés.
« Je ne vous propose pas de jouer, répliqué-je en insistant moi aussi sur ce mot pour lui faire comprendre que je parle bien de jouer comme les enfants peuvent le faire et que je n'ai pas la moindre intention de m'abaisser à cela, surtout pas avec elle. Mais plutôt de mettre la chambre en jeu. »
Chambre que je désigne d'un mouvement du menton, jetant au passage un regard à son collègue parti s'affairer dans la cuisine et dont j'entends les sifflements joyeux. Des tas de documents s'amassent dans sa maison. Plus tard, je le questionnerai sur ses recherches, sur son travail. Mais pour le moment ce n'est pas lui qui m'intéresse et j'espère qu'il nous laissera un peu tranquilles.
« Une partie, ajouté-je en ramenant mes yeux sur Howard et en dressant le menton avec détermination. La gagnante prend la chambre. »
Sur ces mots, je me permets une chose que je ne m'autorise que parce que lorsque je suis arrivée, notre hôte m'a dit mot pour mot : « Je vous accueille avec plaisir, faites comme chez vous, Miss ! ». Et bien je fais comme chez moi : d'un sortilège, je fais léviter le plateau d'échec que j'ai aperçu plus tôt sous un tas de vieux dossiers. Je pose le tout sur la table passe et débarrasse le plateau des parchemins. Puis je lance un regard entendu à ma maîtresse de stage. Alors ?
Ce soir, je n'ai pas la moindre envie de jouer. D'ailleurs, je doute que mon orgueil accepterait de se faire tordre le cou par une Arlene Howard et ses regards inintéressés.
« Je ne vous propose pas de jouer, répliqué-je en insistant moi aussi sur ce mot pour lui faire comprendre que je parle bien de jouer comme les enfants peuvent le faire et que je n'ai pas la moindre intention de m'abaisser à cela, surtout pas avec elle. Mais plutôt de mettre la chambre en jeu. »
Chambre que je désigne d'un mouvement du menton, jetant au passage un regard à son collègue parti s'affairer dans la cuisine et dont j'entends les sifflements joyeux. Des tas de documents s'amassent dans sa maison. Plus tard, je le questionnerai sur ses recherches, sur son travail. Mais pour le moment ce n'est pas lui qui m'intéresse et j'espère qu'il nous laissera un peu tranquilles.
« Une partie, ajouté-je en ramenant mes yeux sur Howard et en dressant le menton avec détermination. La gagnante prend la chambre. »
Sur ces mots, je me permets une chose que je ne m'autorise que parce que lorsque je suis arrivée, notre hôte m'a dit mot pour mot : « Je vous accueille avec plaisir, faites comme chez vous, Miss ! ». Et bien je fais comme chez moi : d'un sortilège, je fais léviter le plateau d'échec que j'ai aperçu plus tôt sous un tas de vieux dossiers. Je pose le tout sur la table passe et débarrasse le plateau des parchemins. Puis je lance un regard entendu à ma maîtresse de stage. Alors ?
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Arlene hausse un sourcil. Le jeu n'est pas un jeu lorsqu'on n'y prend part sans plaisir. Et le jeu, bien que nécessaire au développement de l'humain, n'était certainement pas une activité à laquelle se livrai Arlene. Tout cela faisait d'elle une très mauvaise joueuse, obsédée par l'idée de victoire et d'optimisation de ses stratégies.
La proposition d'Aelle la fit d'abord doucement sourire. Cette réaction prétentieuse que peuvent avoir les adultes lorsqu'un enfant leur propose d'entrer dans son monde imaginaire et merveilleux. Mais même cachée derrière ce refus de participer à l'échange, un fil invisible tiraillait la chercheuse. Ce fil, qu'elle reconnaissait souvent comme celui qui la menait la plupart du temps droit vers les ennuis. Celui du défi.
Le goût du défi, c'est sûrement ce qui la mené là où elle est aujourd'hui. Celui qui la pousse à trouver la réponse là où personne ne l'a trouvée auparavant. Celui qui la pousse à gravir la montagne, franchir les obstacles et... accepter la partie.
Howard, impassible, tire une chaise pour s'asseoir devant Bristyle, face à la rangée de pions blancs tous prêts à se battre et décider de la nuit des deux sorcières. Puis elle déclare à l'adresse du plateau. "Pion en E4."
Glissant lentement vers l'avant, le courageux petit soldat s'avance et ouvre la partie.
Ainsi, Arlene entre dans le jeu de sa jeune stagiaire. Elle en est bien consciente. Mais un vilain orgueil lui chuchote à l'oreille de suffisantes phrases telles "Elle n'a aucun risque de gagner. Ça lui apprendra. La victoire est assurée."
La chercheuse ne les repousse pas, elle en est presque persuadée, la partie sera vite pliée.
L'ouverture d'Arlene est correcte. La chercheuse se remémore les lointains souvenirs de jeu et reproduit sur le plateau les stratégies les plus efficaces dont elle puisse se rappeler. Les petits soldats s'avancent, répondant sagement à tous les ordres qu'Arlene leur énonce, prêt à donner leur vie fictive au nom de la victoire et du sommeil tranquille de leur meneuse.
La proposition d'Aelle la fit d'abord doucement sourire. Cette réaction prétentieuse que peuvent avoir les adultes lorsqu'un enfant leur propose d'entrer dans son monde imaginaire et merveilleux. Mais même cachée derrière ce refus de participer à l'échange, un fil invisible tiraillait la chercheuse. Ce fil, qu'elle reconnaissait souvent comme celui qui la menait la plupart du temps droit vers les ennuis. Celui du défi.
Le goût du défi, c'est sûrement ce qui la mené là où elle est aujourd'hui. Celui qui la pousse à trouver la réponse là où personne ne l'a trouvée auparavant. Celui qui la pousse à gravir la montagne, franchir les obstacles et... accepter la partie.
Howard, impassible, tire une chaise pour s'asseoir devant Bristyle, face à la rangée de pions blancs tous prêts à se battre et décider de la nuit des deux sorcières. Puis elle déclare à l'adresse du plateau. "Pion en E4."
Glissant lentement vers l'avant, le courageux petit soldat s'avance et ouvre la partie.
Ainsi, Arlene entre dans le jeu de sa jeune stagiaire. Elle en est bien consciente. Mais un vilain orgueil lui chuchote à l'oreille de suffisantes phrases telles "Elle n'a aucun risque de gagner. Ça lui apprendra. La victoire est assurée."
La chercheuse ne les repousse pas, elle en est presque persuadée, la partie sera vite pliée.
L'ouverture d'Arlene est correcte. La chercheuse se remémore les lointains souvenirs de jeu et reproduit sur le plateau les stratégies les plus efficaces dont elle puisse se rappeler. Les petits soldats s'avancent, répondant sagement à tous les ordres qu'Arlene leur énonce, prêt à donner leur vie fictive au nom de la victoire et du sommeil tranquille de leur meneuse.
Reducio
Ainsi, comme nous en avions décidé par discord, la partie se déroule en trois phases.
L'ouverture
Le milieu de partie
La finale
A chaque phase, un dé sera lancé et évaluera la manière de jouer de nos personnages.
Étant la pire manière de jouer et la meilleure. La victoire sera décidée en additionnant le montant des trois dé lancés par les joueurs. Le montant le plus haut, gagner la partie.
L'ouverture
Le milieu de partie
La finale
A chaque phase, un dé sera lancé et évaluera la manière de jouer de nos personnages.
Étant la pire manière de jouer et la meilleure. La victoire sera décidée en additionnant le montant des trois dé lancés par les joueurs. Le montant le plus haut, gagner la partie.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232