Une nuit de Novembre
Un homme approche. Il s'approche tellement qu'il en vient à poser son menton sur l'épaule de Morgan Rosenwald et sa main dans son dos. Et alors, c'est plus moi qu'elle qu'il prend par surprise. Je m'en retrouve toute décontenancée, et bien peu à l'aise. Moi qui commençais doucement à chasser ma gêne ! Elle revient se jeter sur mes épaules comme un énorme drap, décidé à entraver mes mouvements et mes mots. Surtout, je dois rester concentrée, ne pas perdre mon sang-froid, ne pas paraître étonnée, ni mal à l'aise, ni même embarrassée. Ne pas réagir, si ce n'est par un sourire. Mais ce sorcier, Merlin ! Qui est-il ? Est-ce un ami de Morgan, un membre de sa famille, ou plus ? Est-ce son fiancé ? Par Circé ! Mon ignorance me pèse. Je déteste le voile trouble qu'elle place sur mes yeux. Je ne vois pas clair, et crains de commettre quelque maladresse inconfortable.
Les échanges qui se jouent devant moi ne m'aident pas à me sentir à ma place. Je fais preuve de patience et de compréhension, mais je suis tentée de partir. Ne serait-ce pas mieux de les laisser à deux ? N'est-ce pas étrange que j'assiste à tout cela ? L'usage de ces langues que je reconnais sans comprendre me range à l'écart. Ce qui est normal, après tout, car ces marques d'affection et d'intimité auxquelles j'assiste installent les deux sorciers dans un cercle fermé. Je n'y appartiens pas, et ne le souhaite pas. Mais tout de même ! Je reste là, avec mon sourire combatif et mon regard qui s'échappe pour ne pas avoir l'air trop malvenu. Je me fais discrète et silencieuse, offrant à mes deux compagnons l'espace qu'ils réclament.
Cependant, avec ce « toute jeune » qui dégringole de ses lèvres, le sorcier finit tout à fait par me faire rougir. De honte, de colère ou d'embarras ? Je ne sais pas. Mes joues prennent de légères teintes rosées, qui ne se dissolvent pas bien rapidement dans le clair de mon visage.
Jeune ? Oui, c'est vrai, j'ai la vie devant moi. Cela ne m'empêche pas de m'inquiéter au présent. Pourquoi faut-il toujours attendre ? Pourquoi ne puis-je pas me sentir à ma place dès maintenant ? Ou même dans quelques années ? Pourquoi dois-je patienter jusqu'à ce que le monde me ressemble ? Ne dois-je pas, au contraire, apprendre à m'y fondre, à lui ressembler, à rentrer dans ses cases pour mieux les transformer ? Et n'est-ce pas douloureux d'évoluer dans un environnement dans lequel je ne me sens pas à l'aise ? Je me mords les lèvres. Pourtant, en réalité, je reste d'accord avec le sorcier. Je pourrai créer quelque chose de nouveau. Mais avec qui, et pour aller où ? Si je me sens déjà perdue, comment trouver mon chemin ? C'est une forêt entière dans laquelle je dois tracer ma route. Seule ? En me détachant des miens ? Merlin, voilà que cette question revient dans mon crâne ! M'éloigner de mes parents, de ma famille ! Pour créer quelque chose de nouveau ? Est-ce ce qu'ils ont fait, eux ? J'en doute. Et j'ai tellement peur de les décevoir, si je pars sur cette voie ! Chercher à changer ce qu'ils ont mis des années à atteindre... En ai-je seulement la force, en plus de l'envie ?
Les présentations de Morgan m'apaisent, m'aident à retrouver mon sourire et m'offrent le temps de réfléchir davantage aux paroles du sorcier, à qui j'adresse d'abord quelques mots polis.
« Enchantée. Vous... » Une hésitation me secoue avant que mon courage ne la balaye. « Tu travailles dans la nouvelle boutique, celle qui a remplacé Au Pot Cassé ? Je suis passée devant il y a peu, elle est très intrigante. »
C'est vrai ! Je ne mens pas avec ces paroles courtoises. Je ne suis jamais entrée dans une boutique d'artisanat du bois, mais la manière dont on peut transformer les arbres me fascine. Certaines créations leur rendent la beauté qu'ils dégagent naturellement. Pourtant, moi qui ai l'habitude de les voir sous leur forme originale, je ne m'attendais pas à les découvrir aussi puissants après une transformation aussi radicale.
Je souris au sorcier avant de poursuivre, cette fois-ci en réponse à ses paroles :
« Tu as sans doute raison, pour cette histoire de société... »
Je n'en dis pas plus, peut-être parce que je ne sais pas quoi ajouter. J'ai tant de questions qui se balancent dans mon crâne ! Les années m'aideront peut-être à comprendre, mais pour l'instant je me sens juste terriblement perdue. Je ne sais pas si je pourrai trouver seule mon chemin. Alors j'attends, je réfléchis, je pense trop, je m'inquiète un peu, et je laisse le temps me porter, m'emporter. Qui sait où il me mènera ? Pourvu que je m'y sente bien.
Les échanges qui se jouent devant moi ne m'aident pas à me sentir à ma place. Je fais preuve de patience et de compréhension, mais je suis tentée de partir. Ne serait-ce pas mieux de les laisser à deux ? N'est-ce pas étrange que j'assiste à tout cela ? L'usage de ces langues que je reconnais sans comprendre me range à l'écart. Ce qui est normal, après tout, car ces marques d'affection et d'intimité auxquelles j'assiste installent les deux sorciers dans un cercle fermé. Je n'y appartiens pas, et ne le souhaite pas. Mais tout de même ! Je reste là, avec mon sourire combatif et mon regard qui s'échappe pour ne pas avoir l'air trop malvenu. Je me fais discrète et silencieuse, offrant à mes deux compagnons l'espace qu'ils réclament.
Cependant, avec ce « toute jeune » qui dégringole de ses lèvres, le sorcier finit tout à fait par me faire rougir. De honte, de colère ou d'embarras ? Je ne sais pas. Mes joues prennent de légères teintes rosées, qui ne se dissolvent pas bien rapidement dans le clair de mon visage.
Jeune ? Oui, c'est vrai, j'ai la vie devant moi. Cela ne m'empêche pas de m'inquiéter au présent. Pourquoi faut-il toujours attendre ? Pourquoi ne puis-je pas me sentir à ma place dès maintenant ? Ou même dans quelques années ? Pourquoi dois-je patienter jusqu'à ce que le monde me ressemble ? Ne dois-je pas, au contraire, apprendre à m'y fondre, à lui ressembler, à rentrer dans ses cases pour mieux les transformer ? Et n'est-ce pas douloureux d'évoluer dans un environnement dans lequel je ne me sens pas à l'aise ? Je me mords les lèvres. Pourtant, en réalité, je reste d'accord avec le sorcier. Je pourrai créer quelque chose de nouveau. Mais avec qui, et pour aller où ? Si je me sens déjà perdue, comment trouver mon chemin ? C'est une forêt entière dans laquelle je dois tracer ma route. Seule ? En me détachant des miens ? Merlin, voilà que cette question revient dans mon crâne ! M'éloigner de mes parents, de ma famille ! Pour créer quelque chose de nouveau ? Est-ce ce qu'ils ont fait, eux ? J'en doute. Et j'ai tellement peur de les décevoir, si je pars sur cette voie ! Chercher à changer ce qu'ils ont mis des années à atteindre... En ai-je seulement la force, en plus de l'envie ?
Les présentations de Morgan m'apaisent, m'aident à retrouver mon sourire et m'offrent le temps de réfléchir davantage aux paroles du sorcier, à qui j'adresse d'abord quelques mots polis.
« Enchantée. Vous... » Une hésitation me secoue avant que mon courage ne la balaye. « Tu travailles dans la nouvelle boutique, celle qui a remplacé Au Pot Cassé ? Je suis passée devant il y a peu, elle est très intrigante. »
C'est vrai ! Je ne mens pas avec ces paroles courtoises. Je ne suis jamais entrée dans une boutique d'artisanat du bois, mais la manière dont on peut transformer les arbres me fascine. Certaines créations leur rendent la beauté qu'ils dégagent naturellement. Pourtant, moi qui ai l'habitude de les voir sous leur forme originale, je ne m'attendais pas à les découvrir aussi puissants après une transformation aussi radicale.
Je souris au sorcier avant de poursuivre, cette fois-ci en réponse à ses paroles :
« Tu as sans doute raison, pour cette histoire de société... »
Je n'en dis pas plus, peut-être parce que je ne sais pas quoi ajouter. J'ai tant de questions qui se balancent dans mon crâne ! Les années m'aideront peut-être à comprendre, mais pour l'instant je me sens juste terriblement perdue. Je ne sais pas si je pourrai trouver seule mon chemin. Alors j'attends, je réfléchis, je pense trop, je m'inquiète un peu, et je laisse le temps me porter, m'emporter. Qui sait où il me mènera ? Pourvu que je m'y sente bien.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Une nuit de Novembre
Morgan - tout comme Adélaïde - était un peu comme un diable enfermé dans une boite. On pouvait s'en approcher sans qu'il ne nous arrive rien, ou faire un pas en sa direction et qu'il décide de sortir pour rebondir sur son ressort en vous foutant une frousse légendaire. Cinaed ne savait jamais sur quelle version de son amie il allait tomber : serait-elle la boite calme, ou le diablotin qui se dandinait ? D'une façon plus claire : allait-elle le laisser s'approcher ou menacer de le découper en rondelles pour le donner à manger à ses convives sous forme de jolis amuse-gueules ?
En sentant le dos de Morgan se raidir contre son torse, il eut l'impression d'être tombé sur un moment où le diable s'apprêtait à surgir mais, heureusement pour lui, le ressort fut replié tout doucement pour que la petite marionnette ne saute pas hors de la boite mystère. En sentant la sorcière se détendre, il lui fit un petit ronron d'appréciation et appuya sa joue contre la sienne quelques secondes comme pour la remercier de le laisser approcher. Parfois, il avait l'impression d'être un chat autour de Morgan, ou qu'elle même en était un. Et, s'ils étaient tous les deux félins, ils l'étaient de deux manières totalement différentes. Cinaed avait l'énergie d'un chat roux qui venait frotter son petit visage sur celui de son maître en ronronnant pour lui montrer son amour pour lui tandis que Morgan avait, au choix, l'énergie d'un chat siamois qui vous toisait du regard du haut de son coussin de velours, ou celle d'un chat errant qui feulait à s'en arracher les cordes vocales à chaque fois qu'on avait le malheur de l'apprécier de trop près. Deux personnalités qui dansaient l'une autour de l'autre dans une valse si rapide qu'elles finissaient par se mélanger aux yeux des autres.
Les yeux pétillants, il fit semblant de défaillir face à la remarque de l'autre avant de se redresser correctement, une main sur la bouche dans une expression particulièrement caricaturale du choc comme l'affichaient les sorciers de bonne famille. Mais voyons, chère demoiselle, ce n'est pas digne d'une femme de votre rang ! De telles menaces ne devraient pas sortir de vos belles lèvres, milady. dit-il avant de tourner sur lui-même comme pour se remettre dans le bon sens et quitter son imitation ridicule. Il lui tira la langue et ajouta : Je préfèrerais que tu me fasses rosir les joues d'une autre façon, en plus ! Avec un petit bisou sur la pommette, par exemple. Nul doute que le geste serait suffisamment choquant pour lui laisser le visage rouge pendant une heure entière. Bien plus efficace qu'un revers de la main, même si ce serait probablement moins défoulant pour Morgan. Et probablement moins satisfaisant, aussi, parce que l'ébéniste était une véritable tête à claques.
Cinaed fit une petite moue en voyant que Morgan ne comptait pas répondre à sa question, mais il décida de ne pas insister. Elle devait avoir ses raisons et, pour une fois, il ne trouvait pas amusant de la pousser dans ses retranchements. Toute cette fête semblait l'avoir déjà fait à merveilles et c'était moins amusant quand Morgan était gênée par quelque chose d'autre que lui.
L'ébéniste se tourna vers la jeune fille, les yeux tout pétillants. D'un même mouvement, il serra doucement le bras de Morgan comme pour la remercier des présentations et de la petite pub, mais aussi pour la rassurer sur le fait qu'il n'avait pas envie de faire fuir l'autre femme avant de tendre la main à Alyona. Enchanté miss. Tout comme Morgan a dit, je suis un rustre inoffensif mais je t'assure que je sais travailler le bois avec beaucoup plus de délicatesse que celle dont je fais preuve pour manier les mots ! Le fait que l'autre se mette directement à le tutoyer le met très à l'aise et Cinaed fini par se décaler suffisamment de Morgan pour ne pas donner l'impression qu'il se cache derrière elle. C'est exactement ça ! Elle s'appelle l'Atelier des Sylves, maintenant. fredonne t-il de contentement. Je serais ravi de t'y voir si tu décides d'y faire un tour !
Et puis, la conversation repars sur la société et la vision qu'il en a mais sans vraiment dépasser la simple acceptation de ses paroles alors Cinaed décide de ne pas repartir dans un grand débat et conclu simplement avec un : De toute façon, on a encore bien 80 piges devant tout, peut-être même 100 pour toi alors on a le temps d'y réfléchir. Il tourne à nouveau son visage vers Morgan et ajoute : Et heureusement pour toi, je suis prêt à t'enquiquiner avec ma vision toute rustre de la vie jusqu'à ce que tu n'en aies plus besoin, et même après encore ! Si ça, ce n'était pas chouette. Il était un super copain, franchement.
@Alyona Farrow, @Morgan Rosenwald
En sentant le dos de Morgan se raidir contre son torse, il eut l'impression d'être tombé sur un moment où le diable s'apprêtait à surgir mais, heureusement pour lui, le ressort fut replié tout doucement pour que la petite marionnette ne saute pas hors de la boite mystère. En sentant la sorcière se détendre, il lui fit un petit ronron d'appréciation et appuya sa joue contre la sienne quelques secondes comme pour la remercier de le laisser approcher. Parfois, il avait l'impression d'être un chat autour de Morgan, ou qu'elle même en était un. Et, s'ils étaient tous les deux félins, ils l'étaient de deux manières totalement différentes. Cinaed avait l'énergie d'un chat roux qui venait frotter son petit visage sur celui de son maître en ronronnant pour lui montrer son amour pour lui tandis que Morgan avait, au choix, l'énergie d'un chat siamois qui vous toisait du regard du haut de son coussin de velours, ou celle d'un chat errant qui feulait à s'en arracher les cordes vocales à chaque fois qu'on avait le malheur de l'apprécier de trop près. Deux personnalités qui dansaient l'une autour de l'autre dans une valse si rapide qu'elles finissaient par se mélanger aux yeux des autres.
Les yeux pétillants, il fit semblant de défaillir face à la remarque de l'autre avant de se redresser correctement, une main sur la bouche dans une expression particulièrement caricaturale du choc comme l'affichaient les sorciers de bonne famille. Mais voyons, chère demoiselle, ce n'est pas digne d'une femme de votre rang ! De telles menaces ne devraient pas sortir de vos belles lèvres, milady. dit-il avant de tourner sur lui-même comme pour se remettre dans le bon sens et quitter son imitation ridicule. Il lui tira la langue et ajouta : Je préfèrerais que tu me fasses rosir les joues d'une autre façon, en plus ! Avec un petit bisou sur la pommette, par exemple. Nul doute que le geste serait suffisamment choquant pour lui laisser le visage rouge pendant une heure entière. Bien plus efficace qu'un revers de la main, même si ce serait probablement moins défoulant pour Morgan. Et probablement moins satisfaisant, aussi, parce que l'ébéniste était une véritable tête à claques.
Cinaed fit une petite moue en voyant que Morgan ne comptait pas répondre à sa question, mais il décida de ne pas insister. Elle devait avoir ses raisons et, pour une fois, il ne trouvait pas amusant de la pousser dans ses retranchements. Toute cette fête semblait l'avoir déjà fait à merveilles et c'était moins amusant quand Morgan était gênée par quelque chose d'autre que lui.
L'ébéniste se tourna vers la jeune fille, les yeux tout pétillants. D'un même mouvement, il serra doucement le bras de Morgan comme pour la remercier des présentations et de la petite pub, mais aussi pour la rassurer sur le fait qu'il n'avait pas envie de faire fuir l'autre femme avant de tendre la main à Alyona. Enchanté miss. Tout comme Morgan a dit, je suis un rustre inoffensif mais je t'assure que je sais travailler le bois avec beaucoup plus de délicatesse que celle dont je fais preuve pour manier les mots ! Le fait que l'autre se mette directement à le tutoyer le met très à l'aise et Cinaed fini par se décaler suffisamment de Morgan pour ne pas donner l'impression qu'il se cache derrière elle. C'est exactement ça ! Elle s'appelle l'Atelier des Sylves, maintenant. fredonne t-il de contentement. Je serais ravi de t'y voir si tu décides d'y faire un tour !
Et puis, la conversation repars sur la société et la vision qu'il en a mais sans vraiment dépasser la simple acceptation de ses paroles alors Cinaed décide de ne pas repartir dans un grand débat et conclu simplement avec un : De toute façon, on a encore bien 80 piges devant tout, peut-être même 100 pour toi alors on a le temps d'y réfléchir. Il tourne à nouveau son visage vers Morgan et ajoute : Et heureusement pour toi, je suis prêt à t'enquiquiner avec ma vision toute rustre de la vie jusqu'à ce que tu n'en aies plus besoin, et même après encore ! Si ça, ce n'était pas chouette. Il était un super copain, franchement.
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@Alyona Farrow, @Morgan Rosenwald
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon