24 févr. 2025, 17:46
Mascarade PV
Rapidement, ma curiosité est comblée. Même dans l'état dans lequel je suis, je suis consciente que la réponse qui m'est offerte est complexe. Les jeunes personnes que j'ai côtoyées, celles de mon âge comme semble l'être, où à peu près, ce jeune homme, ne s'expriment pas de cette manière-là. C'est une réponse explicite et bien sérieuse, peut-être un peu trop, pour un sujet aussi frivole. Le fait que la phrase ait été formulée de façon si complexe me pousse à me questionner : le fait-il exprès ? Le ton et les quelques échantillons de paroles que j'ai eus depuis que nous discutons prouvent que non. Cela ne m'empêche pas de tiquer ; une phrase aussi complexe pour un sujet aussi banal... Sommes-nous réellement en train de parler de l'intensité de certaines saveurs, tout simplement ?

Mes yeux partent en quête du bouquet qu'il abandonné sur une table, comme s'il s'agissait du don le plus naturel du monde ; déposer un bouquet de fleurs dans une soirée comme celle-ci, voilà qui coule de source, n'est-ce pas ?

Le sujet évoqué semble légèrement se modifier. Étrangement, alors que sa réponse à ma curiosité précédente ne m'a inspirée qu'une moue un peu dubitative — je me fiche comme de mon premier chaudron de cette histoire de saveur et d'intensité — sa question éveille en moi un intérêt différent. Quand il parle de goût, je pense à certaines tendances qui me sont familières et qui seraient condamnées par beaucoup de mes proches, je pense à cette cigarette que je suis sortie fumer un peu plus tôt et à la prochaine qui suivra, je pense à ce verre que je tiens entre les mains et dont je remue inconsciemment le contenu. Je pense à mon lointain plateau. Je pense à cette femme qui hante ma mémoire et mes pensées, les passées comme les présentes, qui vit dans mes souvenirs et que je n'arrive pas à détacher de mes espoirs pour le futur. Oui, il est des goûts qui sont entêtants.

« Qu'en est-il de ceux-là ? » répété-je d'une voix traînante en croisant les jambes, l'avant-bras toujours posé sur le dossier de la chaise.

Sans que je ne l'y autorise, mon regard s'enfuit vers la piste de danse et fouille les danseurs mouvants. Je ne vois aucune trace de Rockfield. J'en reviens donc à l'homme papillon dont les ailes bougent sur un rythme qui n'a rien à voir avec celui de la musique.

« Ceux-là, on peut avoir un peu de mal à les doser, commenté-je avec un sourire de travers avant de faire couler un long filet de ma boisson dans ma gorge, la tête renversée en arrière. C'est ce qui les rend si attrayant. »

Cette fois-ci, je ne parle plus de boisson ni de cigarette, mais cet inconnu ne pourra pas le deviner. Impossible de ne pas faire le lien avec la magie noire, l'idée qu'on en a en Grande-Bretagne, l'idée que moi je m'en fais. Malgré quelques recherches (pas très poussées, je dois dire, parce que je n'ai pas eu la motivation nécessaire pour pousser la moindre réflexion jusqu'à son terme depuis de très longs mois, une éternité, donc), je n'ai jamais réussi à comprendre exactement pourquoi il m'arrivait de me réveiller parfois la nuit, harassée par le besoin ardent de transplaner sur mon plateau pour m'adonner à l'apprentissage de cette magie. Je ne sais pas pourquoi c'est la seule chose que je continue d'apprendre alors même qu'elle me laisse toujours dans des états déplorables. Mais au fond de moi, je crois bien que je me fiche de la raison.

24 févr. 2025, 18:50
Mascarade PV
Il s’en doutait, ce n’était pas pareil pour les goûts. Surtout si l’on y entend également affinité ou appétence, et pas seulement saveur, terme qui aurait été trop restrictif. Cette nonchalance ou légèreté, feinte ou non, avec laquelle elle avoue ne pas tellement se soucier des dosages, le fascine. Elle trouve l’attrait là où se trouve son horreur. Hjúki se demande si elle connaît ses limites. Si elle enregistre jusqu’où elle s’aventure, à chaque fois. Pour déterminer le point avant de sombrer. Anaël, qui était eurasien, lui avait expliqué que son père moldu n’avait pas la capacité d’absorber plus de deux verres avant de sentir complètement vaseux, une histoire compliquée de métabolisme dont il n’a pas tous les tenants, ce n’est pas lui qui a fait des études de médicomagie. Ce qu’il a retenu, c’est que son cousin, se demandant s’il avait hérité de cette condition au point d’avoir un seuil aussi bas que celui d’un elfe de maison, s’était persuadé qu’il ne pouvait pas boire plus d’une bieraubeurre et en était arrivé à se restreindre à une seule dose, en s’autorisant néanmoins à peu près tout. La louve, en revanche, ne peut pas craindre l’expérimentation, si tâtonner à la rencontre de l’excès paraît l’amuser, ou plutôt même l’attrayer.

« Ne pas savoir s’arrêter, cela ne vous dérange pas ? À moins que vous ne vous en sachiez capable à chaque instant. »

25 févr. 2025, 15:41
Mascarade PV
La question du sorcier-papillon m'arrache un sourire. Je baisse les yeux sur le fond de mon verre et me rappelle que je n'ai pas compté ce que j'ai bu et que je n'ai pas non plus tenu la liste de ce que contenait chaque gobelet. Fut un temps, j'aurais soutenu qu'effectivement, je me savais capable de savoir m'arrêter, peu importe la tentation en question. Mais pour celle de l'alcool, j'avoue sans honte ne pas en être capable : à chaque fois que j'ai bu avec excès, c'était dans le but d'atteindre l'excès. Je n'avais pas, à ces moments là, l'idée ou même l'envie de compter les verres et de questionner mes limites afin d'être capable de décider de les dépasser ou non à l'avenir. Je me contentais de boire. Pareil avec la cigarette. Je ne fume pas par envie. Je fume parce qu'il y a plusieurs années, une femme m'a dit que cela lui faisait du bien et que je me persuade que cela finira par marcher pour moi également.

Pendant une fraction de seconde, je me fais horreur. Suis-je vraiment ce genre d'idiote qui dépasse les limites sans savoir qu'elle les dépasse ? C'est un truc d'idiot d'agir ainsi, d'imbécile sans le moindre intérêt. Puis la fraction passe, j'éloigne ces pensées de moi : pas envie de réfléchir maintenant. Pas envie de penser.

« Non, j'en suis pas capable à chaque instant, » avoué-je en observant encore le fond de mon verre.

L'idée de mentir ne m'est même pas passé à l'esprit. Je me fiche de ce qu'il peut bien penser ou apprendre sur moi, ce soir. Ce qui est une preuve suffisante que j'ai déjà dépassé mes propres limites.

« Mais je sais m'arrêter, si c'est ce que je désire. Si c'est ce que je veux, j'arrête n'importe quand. »

Je l'affirme avec force, en plantant mes yeux dans les siens. Je suis peut-être une imbécile sans le moindre intérêt depuis quelques mois, j'agis peut-être de façon un peu étrange à enchaîner les verres d'alcool alors que j'ai toujours soutenu que jamais je ne laisserai quoi que ce soit m'embrouiller les pensées, mais je suis sûre de moi et de ce que je veux. Je ne me laisserai jamais contrôler, je ne deviendrai jamais dépendante, je ne perdrai jamais le contrôle. Je suis maîtresse de ma vie. Évidemment que je sais m'arrêter ! Quand je veux, je m'arrête. Je suis mon seul contrôle.

« Question de volonté. »

Cet avatar ! Magnifique.

25 févr. 2025, 16:27
Mascarade PV
Reducio
Merci ! Il était temps que ses traits mûrissent un peu.

Avec aplomb, elle attrape sa perche, pour autant il demeure prudent avant de la croire aveuglément. Si c’était si facile, ça se saurait. Il tomberait, par hasard, sur une personne certaine d’en être capable. Bien sûr qu’il était curieux de voir comment elle se positionnerait. La sorcière-louve n’a pas parlé d’excitation à l’idée de frôler le point tangent, mais a préféré se ruer sur une justification qui s’étire presque trop pour être crédible. Hjúki ne compte pas lui lâcher son scepticisme de but en blanc. Après tout, il n’est pas d’emblée tout à fait exclu qu’elle soit véritablement raisonnable et qu’elle puisse stopper net dès qu’elle le déciderait. Ce serait mesquin de sa part, de la mettre au défi d’arrêter, là, maintenant, tout de suite. Le jeune adulte ne va pas le faire, que ses affirmations soient justes ou non, c’est en somme un problème d’elle à elle-même. Les paroles sages d’Opa lui reviennent dans l’esprit. La formulation exacte ne lui revient pas tout à fait, mais la substance suffit, lui a suffi à se montrer extrêmement prudent. Alors, plutôt que de la tester par le défi, il partage le témoignage de celui qui l’a élevé, et lui a fait comprendre à quel point il fallait prendre au sérieux toute tentation trop séduisante.

« L’on pense goûter un peu de raisonnable, un peu d’excès, en ignorant être le festin, celui que l’excès goûte et apprécie. C’est en fin de compte l’insatiable excès qui, ayant commencé, ne s’arrêtera pas jusqu’à nous dévorer. »

Peu ou prou, c’est l’image qu’il lui avait été racontée et que le mage ne prend guère à la légère. Cela ne concernait pas uniquement une mise en garde pour éviter l’ébriété, la pointe de l’iceberg, mais cela s’appliquait à diverses appétences voire comportements destructeurs.

« Une telle volonté est admirable, nombre vous l’envieraient. »

25 févr. 2025, 16:50
Mascarade PV
Doute-t-il de moi ? Je coule un regard dans sa direction, incapable de deviner à sa voix plutôt neutre ou aux quelques centimètres carré de son visage que je peux voir ce qui se déroule actuellement dans son esprit. De toute façon, que cela soit du doute ou non, j'en ai cure. Sa façon de parler me plait, même s'il m'apparaît soudainement que nous sommes du genre totalement opposé, lui et moi. Depuis le début, il n'y a eu qu'une raison étriquée chez lui : je le vois à sa façon de couper sa boisson pour en contrôler la saveur ou encore à sa réaction première lorsque je parle d'excès qui a été de signifier que celui-ci est dangereux même quand on pense le contrôler — ce qui ressemble à la fois à une réprimande et à un avis sans guère de nuance. Tout comme j'ai considéré que son choix de sortilège et sa manière de les maîtriser, un peu plus tôt, en disaient long sur lui, je me fais la même réflexion en questionnant sa façon de me répondre.

« Belles paroles, » commenté-je avec un sourire torve.

Pour moi, ce n'est ni plus ni moins qu'une parole répétée. Bien répétée, certes, mais répétée tout de même. Je me demande à quel point cet homme correspond à ce qu'il raconte.

« Est-ce que vous êtes très, très raisonnable... » Mais je pense trop, car à trop vouloir être raisonnable, on en devient bien souvent coincé. « ou bien c'est seulement votre peur bleue de l'excès qui parle ? »

S'il entend dans ma voix un soupçon de moquerie, c'est très certainement parce qu'il y a bel et bien une nuance de moquerie dans cette phrase prononcée sans y avoir trop réfléchi.

25 févr. 2025, 17:18
Mascarade PV
Ça a l’air de ne lui faire ni chaud ni froid, et Hjúki a conscience que ce n’est sans doute pas comparable d’entendre ces paroles d’un vieil homme qui décrit l’expérience de vie ou d’un jeunot qui a décidé qu’il n’allait pas devenir capable d’en parler par l’expérience. Ça le tente tellement, depuis tellement d’années. De trouver un baume, et de ne pas se poser de questions, d’y sombrer. Cette potion rend plus alerte ? Ce breuvage allège ? Cet autre truc miracle apaise ? Ceci vous fera oublier ? Évidemment qu’il n’en était pas insensible. Ce serait facile de céder. Refuser cette facilité, est-ce vraiment être „raisonnable“ ? S’il avait été raisonnable, il aurait docilement rempli son dossier en dernière année et postulé au lieu de tout balancer. Il aurait sagement suivi les cours, peu importe leur nombre, peu importent les heures. Il n’aurait pas manqué une heure de ces plannings. Il aurait fait le nécessaire pour avoir ce joli diplôme. Puis, suivant le sens du courant, il aurait accepté n’importe quel poste recherchant ses qualifications. Il se serait levé chaque matin pour s’y présenter, s’y serait acquitté de ses tâches, pour recommencer à l’infini ; se serait laissé anesthésier par une routine bien dessinée, bien raisonnable. C’est parce qu’il sait que ce n’est pas dans sa nature qu’il lutte. Il n’a pas eu la discipline de Phœbe, qu’il avait vu passer toutes ces étapes brillamment. En plus, il sait qu’elle aurait aimé qu’ils étudient ensemble. Sans Hjúki, elle aurait probablement visité l’Académie des sortilèges, et elle serait devenue une sublime inventrice de sorts. S’il avait été raisonnable, elle n’aurait pas été la seule à aller à l’IMSM, son choix, qu’elle avait accompli par procuration. Que la louve parle de peur bleue, l’amuse. Il ne s’est jamais revendiqué Gryffondor. Avec amertume, il réplique.

« Parce que vous pensez qu’il vaut mieux l’embrasser jusqu’à ne devenir que l’ombre de soi-même ? »

26 févr. 2025, 09:20
Mascarade PV
Je me redresse sur ma chaise et récupère mon bras nonchalamment abandonné sur le dossier pour mieux le déposer sur mes genoux. Je pose un regard neuf sur l'homme-papillon qui vient de me répondre avec une drôle d'émotion dans la voix. Je ne saurais dire s'il est en colère à cause de ce que j'ai dit ou s'il désapprouve seulement mes tendances, voire ma façon d'être, tout simplement. Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un, même inconnu, se montre froid avec moi tout simplement parce qu'il ou elle n'aime pas ce que je suis.

En réponse, un sourcil vient se dresser sur mon front, bien caché à l'abri de mon masque. Et bien, et bien, que penser de cette affirmation qui se cache dans une question ?

« J'en conclus que vous avez peur, puisque vous répondez à une question par une question. »

Je le dis de la même voix que celle utilisée un peu plus tôt, avec cette légère moquerie qui se cache dans le ton mais qui est au final plus un amusement qu'une sincère méchanceté. Je comprends qu'il puisse avoir peur de l'excès, je ne le juge pas pour cela. J'en viens juste à croire qu'il est assez semblable à bien des sorciers britanniques : il est raisonnable et il a certainement très peur des mots pas jolis, comme magie noire. Je ne me risquerais pas à l'utiliser devant lui s'il réagit comme ça à la simple évocation des effets de l'alcool.

« J'ai pas dit que c'était mieux d'en abuser, » corrigé-je finalement.

Poussant un petit soupir d'effort encouragé par la fatigue qui cogne contre mon crâne, je décroise les jambes pour m'installer normalement sur ma chaise, le buste tourné vers le reste de la pièce.

« Si on abuse de l'excès, y'aura par définition plus d'excès. Ce serait dommage, » conclus-je avec un sourire un tantinet insolent.

Dans la salle, la musique continue de résonner, parfois entraînante, d'autres fois plus calme, languissante. Cela fait un moment que je n'ai plus vu ni Johnson ni Rockfield, mais je sais qu'ils finiront bien trop rapidement par me rejoindre.

26 févr. 2025, 10:27
Mascarade PV
Peut-être, pense-t-il. Ce n’est pas forcément le lieu où il se sent le plus lâche, où la terreur l’étouffe, mais il ne va pas véhément nier. Quand il pense à l’âge d’Opa et au fait de ne plus vivre auprès de lui, il y a matière à se plonger dans un vent d’effroi à l’idée que cela se termine un jour. Il porte un doigt pour frôler une aile de son masque avant de le rebaisser, comme pour vérifier que son papillon est demeuré tranquille. Son blêmissement quand Anaël avait suggéré qu’il pourrait même le raccrocher encore plus intimement à lui pour refléter ses palpitations avait suffi à exprimer son refus, et il est bien content que le mouvement soit décorrélé de ses réactions. Hjúki avait-t-il toujours été mesuré ? Il se souvient de l’euphorie, à juste sentir les embruns atlantiques dans lesquels il a grandi. Il se souvient également ces émotions débordantes. Il ne les reconnaissait pas, il ne les saisissait pas, elles gonflaient hors de son contrôle et refusant d’exploser ou d’éructer sur son tuteur, il les sentait s’échapper en coulant tel un goudron asphyxiant. Une vaine contenance, l’ayant conduit à porter les coulées de sa frustration semblables aux lignes de larmes qui tiraillent en séchant. C’est probablement ce qui l’avait longtemps empêché de correctement utiliser sa baguette, ayant en guise de sentiment où puiser une accumulation tant retenue qu’elle est devenue visqueuse, au lieu de proprement sortir, d’un coup, par un violent excès. Sa crainte, c’est que l’excès soit pire encore, véritablement incontrôlable. Le jeune adulte boit une gorgée en essayant inconsciemment de trouver des plumes argentées. Même si sa sœur-de-cœur l’avait invité à une insoutenable raison, il ne pouvait s’empêcher de lui souhaiter d’avoir trouvé une charmante sorcière avec qui valser.

« Je ne dois pas me sentir capable de demi-mesure. Dans la tempête de l’excès les courants ont plus de chance d’avoir raison de moi que l’inverse si je n’ai pas appris à les dompter. »

26 févr. 2025, 11:31
Mascarade PV
Je ne dois pas me sentir coupable ? Je me tords la nuque pour lui lancer un regard. Dans sa façon toujours aussi complexe de s'exprimer, il dit finalement des choses simples qui ne sont pas exactement le reflet de ce que j'ai voulu dire ou partager. Puisqu'il parle si bien, je ne peux que me persuader qu'il a soigneusement choisi ses mots et donc que son "je ne dois pas" est une défense contre une attaque que je n'ai pas mené — bien qu'il soit persuadé du contraire.

« Parce que vous croyez que je vous condamne pour ça ? » Un bref petit rire ; je secoue la tête et tourne de nouveau les yeux vers la piste de danse où s'entremêlent les danseurs. « Question rhétorique : évidemment que vous le croyez. »

Je ne cherche pas à prouver le contraire. Qu'importe qu'il pense cela de moi ? Je suis habituée à ce que l'on se méprenne sur mes intentions. Je n'ai pas le temps, ni l'envie, de contredire tout le monde et d'expliquer que mon opinion n'est pas un jugement, que mes explications ne sont pas des condamnations. J'espère cependant qu'il ne va pas s'agacer ou se vexer de façon trop véhémente : j'ai eu mon quota de sorciers masqués énervés pour la soirée.

« De toute façon, poursuis-je d'une voix qui m'apparait légèrement pâteuse, quelqu'un de sensé se jetterait pas dans les "courants de l'excès" sans avoir appris à les maîtriser. C'est la différence entre agir avec raison et son contraire. »

Au choix de chacun de choisir son rapport à l'excès. Malheureusement, je ne peux plus affirmer que je choisis toujours la raison, songé-je en avalant une énième gorgée de ma boisson. La Aelle que j'ai été doit se retourner dans la tombe fictive dans laquelle on l'a poussée. Ce soir, c'est de l'excès sans raison dont j'abuse, mais puisque c'est un choix qui m'est propre je n'ai aucune raison de m'en vouloir ou de me trouver idiote. J'assume mes choix, comme le prouve le fait que je supporte la surveillance discrète des agents de sécurité dont j'aperçois parfois le regard tourné vers moi.

26 févr. 2025, 12:37
Mascarade PV
C’est vrai qu’elle ne se retrouve pas dans ses mots, et cette conversation manquerait sans doute de saveur, si c’était le cas. Il a besoin d’être en contact avec des gens en lesquels il ne se retrouve pas non plus, ce à quoi il ne s’est pas adonné ces derniers temps. Phœbe l’avait aidé à mettre le doigt sur bien des incompréhensibles mais il ne se voyaient que ponctuellement, depuis Poudlard. Quant à Opa, il en vient à le trouver trop bienveillant, trop doux. C’était aussi une relation de l’instinct, du contact, primitive ; pas en laquelle se trouvait du défi ou même de la conflictualité. Non qu’il la cherche, mais ce titillement en somme ne lui est pas si désagréable. Il se sent sourire. Sans être un parangon de maturité, il ne va pas s’offenser parce qu’elle a jeté l’accent sur ce qu’elle voit comme ses pusillanimités. Ses réserves sont, après tout, peut-être bien là où réside son excès.

« Vous pointiez une divergence, de là à condamner… on ne s’en sortirait pas, à réprouver autrui pour une façon différente de percevoir. Je ne prêterais pas ce trait hâtivement »

Son souci, c’est qu’il y croit, que l’excès vous tient plus que l’inverse. Il a aimé, ou cru aimé, un jour. Sans prudence ni digue. Si on lui avait dit comment cela finirait, il n’y aurait pas cru, se croyant modéré. Malgré tout ses efforts pour tenter d’oublier son Astarté, cette noirceur d’encre le hante et lui rappelle que, quand il cède, ce n’est pas lui qui décide quand il refera surface. Tout ce qu’il peut faire, c’est prétendre ne pas sentir les martèlements de son cœur quand ils veulent le traîner vers un horizon qui le plongera à la déraison.