Rose Noire et Epine Blanche
Les yeux d'Alice s'étaient braqués sur lui, tels ceux d'un dragon sur sa proie. Visiblement, le sujet de papa Sangblanc et toute l'histoire judiciaire autour de cela était encore trop présente dans sa mémoire pour évoquer le sujet. Pourtant, Malone voulait en savoir plus sur cela. Après tout, ça en dirait sûrement beaucoup sur la façon dont elle percevait le système actuel.
- Tant mieux. Terrible histoire, n'est-ce pas ? Je suppose que ça a été dur pour votre famille...
Il était sincère, ses yeux reflétaient sa pensée. Mais dans un contexte comme celui-ci, si la jeune femme se méfiait de ses dires, il le comprendrait sans mal. Après tout, les espions du conseil pouvaient être partout. Fouinant, écoutant, rapportant leurs moindres faits et gestes.
D'ailleurs, si Malone avait voulu la paix et la sécurité, il ne se serait assurément pas affiché en public au côté de celle qui avait fui le pays. Mais il s'en fichait, c'était un risque à prendre. S'il avait choisi la discrétion en l'emmenant avec lui dans un lieu caché, elle l'aurait sans nul doute pris pour le fou du magicobus, cherchant à lui faire du mal. Alors, en s'aventurant ainsi en public à ses côtés, c'était une façon pour lui de montrer que son soutien était réel. Restait maintenant à savoir si elle le percevrait ainsi elle aussi.
- La Sibérie orientale, rien que ça. C'est épatant. Avez-vous eu l'occasion de visiter ces contrées ? Il parait que c'est un endroit magnifique. Dit-il, évitant sciemment de développer plus que ça ses intentions. Il se permit cependant de lui donner une information sur sa famille en retour de celle qu'elle lui avait accordée. J'ai également de la famille dans d'autres pays. La France comme vous. Mais aussi l'Égypte, même si je n'ai jamais eu l'opportunité de m'y rendre.
Il sourit, songeant au jour où il pourrait visiter les lieux dans lesquels évoluait le reste de sa famille. Peut-être pourrait-il visiter cela en bonne compagnie ? Qui sait. L'avenir, qui s'avérait dur, lui révélait peut-être de beaux moments dont jamais il n'aurait cru rêver un jour.
- Je ne peux qu'appuyer vos dires sur cette école. Le contraire reviendrait à lancer un incendio sur le foyer qui m'accueille. Dit-il, faisant clairement comprendre qu'il était étudiant là-bas.
Son sourire se fit plus malicieux. Comment Alice allait-elle bien pouvoir réagir à cette annonce ? Quelle qu'elle soit, sa réaction serait forcément divertissement.
D'ailleurs, sa tentative de minauderie était très amusante à voir. Malone était suffisamment renseigné pour se douter qu'il y avait plus qu'une simple union dans la tête de la jeune sorcière.
- Mais où sont mes bonnes manières, je ne vous ai même pas félicité pour votre récent diplôme. Quelle indignité. Répondit-il. Je ne doute pas qu'une union avec un fils de patriarche pourrait vous offrir une position intéressante. Mais je doute qu'il n'y ait aucun aspect stratégique derrière cette ambition.
Il sourit de plus belle, passant son regard sur l'ensemble de la jeune femme avant de revenir planter ses yeux azur dans le mercure de ceux de la belle.
- Vous ne me décevez en rien. Vous le dites vous-même, vous souhaitez bâtir un avenir qui vous sied. Et je suis certain que cet avenir ne ressemble pas à notre présent.
Ou du moins, il espérait ne pas se tromper et que le présent, à elle comme à lui, ne lui convenait pas. Et qu'elle aurait l'ambition et la motivation nécessaires pour faire bouger les choses.
- Tant mieux. Terrible histoire, n'est-ce pas ? Je suppose que ça a été dur pour votre famille...
Il était sincère, ses yeux reflétaient sa pensée. Mais dans un contexte comme celui-ci, si la jeune femme se méfiait de ses dires, il le comprendrait sans mal. Après tout, les espions du conseil pouvaient être partout. Fouinant, écoutant, rapportant leurs moindres faits et gestes.
D'ailleurs, si Malone avait voulu la paix et la sécurité, il ne se serait assurément pas affiché en public au côté de celle qui avait fui le pays. Mais il s'en fichait, c'était un risque à prendre. S'il avait choisi la discrétion en l'emmenant avec lui dans un lieu caché, elle l'aurait sans nul doute pris pour le fou du magicobus, cherchant à lui faire du mal. Alors, en s'aventurant ainsi en public à ses côtés, c'était une façon pour lui de montrer que son soutien était réel. Restait maintenant à savoir si elle le percevrait ainsi elle aussi.
- La Sibérie orientale, rien que ça. C'est épatant. Avez-vous eu l'occasion de visiter ces contrées ? Il parait que c'est un endroit magnifique. Dit-il, évitant sciemment de développer plus que ça ses intentions. Il se permit cependant de lui donner une information sur sa famille en retour de celle qu'elle lui avait accordée. J'ai également de la famille dans d'autres pays. La France comme vous. Mais aussi l'Égypte, même si je n'ai jamais eu l'opportunité de m'y rendre.
Il sourit, songeant au jour où il pourrait visiter les lieux dans lesquels évoluait le reste de sa famille. Peut-être pourrait-il visiter cela en bonne compagnie ? Qui sait. L'avenir, qui s'avérait dur, lui révélait peut-être de beaux moments dont jamais il n'aurait cru rêver un jour.
- Je ne peux qu'appuyer vos dires sur cette école. Le contraire reviendrait à lancer un incendio sur le foyer qui m'accueille. Dit-il, faisant clairement comprendre qu'il était étudiant là-bas.
Son sourire se fit plus malicieux. Comment Alice allait-elle bien pouvoir réagir à cette annonce ? Quelle qu'elle soit, sa réaction serait forcément divertissement.
D'ailleurs, sa tentative de minauderie était très amusante à voir. Malone était suffisamment renseigné pour se douter qu'il y avait plus qu'une simple union dans la tête de la jeune sorcière.
- Mais où sont mes bonnes manières, je ne vous ai même pas félicité pour votre récent diplôme. Quelle indignité. Répondit-il. Je ne doute pas qu'une union avec un fils de patriarche pourrait vous offrir une position intéressante. Mais je doute qu'il n'y ait aucun aspect stratégique derrière cette ambition.
Il sourit de plus belle, passant son regard sur l'ensemble de la jeune femme avant de revenir planter ses yeux azur dans le mercure de ceux de la belle.
- Vous ne me décevez en rien. Vous le dites vous-même, vous souhaitez bâtir un avenir qui vous sied. Et je suis certain que cet avenir ne ressemble pas à notre présent.
Ou du moins, il espérait ne pas se tromper et que le présent, à elle comme à lui, ne lui convenait pas. Et qu'elle aurait l'ambition et la motivation nécessaires pour faire bouger les choses.
Rose Noire et Epine Blanche
Quand bien même Malone avait eu l’air sincère quant aux propos qu’il avait tenu à propos de son père, Alice n’aimait pas que l’on se serve de sa situation pour tenter quoi que ce soit la concernant. Aussi ne répondit-elle pas à sa volonté d’apaiser la situation. Alice n’avait nullement besoin qu’un inconnu lui rappelle sa nécessité de s’entourer d’allié. Elle n’était pas idiote.
Ainsi donc, monsieur Melrose avait lui aussi de la famille disséminée dans plusieurs pays. Alice ne s’était donc pas fourvoyé en lui prêtant des liens de parentés avec Ambroise Melrose. Rien de bien surprenant. Nombreux étaient les sorciers aux origines multiples. Cependant, Alice ne s’était pas attendu à ce Malone et sa soeur aient de la famille en Egypte. Ce pays semblait si loin.
« Lorsque je suis en déplacement, je n’ai pas le loisir de visiter, monsieur Melrose », répondit-elle. « J’ai eu l’occasion de survoler la Sibérie et d’en fouler la terre. Mais la visiter ? Non. » Alice passerait les détails de ce voyage tout en douleur physique, et préféra confirmer sa propre connaissance de la famille Melrose. « Oui… la France. Vous y avez un cousin, n’est-ce pas ? Ambroise. J’ose espérer que son infect caractère n’est pas un trait que les autres Melrose partagent. »
Alice ponctua ses mots d’un sourire entendu, un brin taquin. Moi aussi je sais des choses de vous, chantaient ses lèvres rosées.
Son sourire se figea lorsque Malone annonça à demi-mot être étudiant à la Grande Ecole de l’Art du Duel. Cela, Alice ne l’avait point vu venir.
Par Circée… elle ne savait que faire de cette information, si bien qu’elle demeura muette quelques secondes sans savoir quoi dire ni penser.
Au moins savait-elle désormais que l’homme qui se tenait devant-elle avait un goût pour l’Art du Duel.
Alice enregistra l’information pour en user plus tard. Lorsqu’elle trouverait quelque chose à dire.
Fort heureusement, Malone avait toujours quelque chose à dire. Et, par Circée, comme il parlait bien. Il maniait les mots à la manière d’un garçon de bonne famille. Quand bien même il ne s’agissait pas d’un Sang-Pur, il avait reçu une éducation pointue. Alice en mettrait sa main à couper. Il savait quand sourire, comment le faire. Cela n’était pas donné à tout le monde. User de son visage avec autant de facilité n’était pas à la portée du premier venu.
Alice avait prit l’habitude de dominer ses interlocuteurs. Elle avait été élevée dans le doux sentiment de supériorité intellectuelle et sociétal. En grandissant, Tante Élise lui avait donné les armes pour manier son corps et ses mots pour charmer, désarmée ou assujettir la gent masculine. Mère, aussi impitoyable soit-elle, lui avait enseigné que la femme surpassera toujours l’homme, bien trop soumis à ses émotions. Alice l’avait vu suffisamment de fois pour donner raison à sa mère, quand bien même elle exécrait ce constat.
Aussi était-elle tout à fait décontenancé lorsque l’interlocuteur masculin refusait de se laisser bercer par ses machinations.
Alice observait Malone en silence. Elle ne jouait plus, pour le moment.
Son sous-texte résonnait avec ces choses dont elle ne parlerait pas avec un inconnu.
Pourquoi avait-elle l’intime sentiment que Malone Melrose constituait un potentiel allié dans ses projets ?
« Pourriez-vous préciser vos pensés, Malone ? »
Ses yeux braqués dans les siens, Alice récupéra un macaron dont elle ne devinait ni la couleur ni le goût. A l’image de cet homme devant elle.
Ainsi donc, monsieur Melrose avait lui aussi de la famille disséminée dans plusieurs pays. Alice ne s’était donc pas fourvoyé en lui prêtant des liens de parentés avec Ambroise Melrose. Rien de bien surprenant. Nombreux étaient les sorciers aux origines multiples. Cependant, Alice ne s’était pas attendu à ce Malone et sa soeur aient de la famille en Egypte. Ce pays semblait si loin.
« Lorsque je suis en déplacement, je n’ai pas le loisir de visiter, monsieur Melrose », répondit-elle. « J’ai eu l’occasion de survoler la Sibérie et d’en fouler la terre. Mais la visiter ? Non. » Alice passerait les détails de ce voyage tout en douleur physique, et préféra confirmer sa propre connaissance de la famille Melrose. « Oui… la France. Vous y avez un cousin, n’est-ce pas ? Ambroise. J’ose espérer que son infect caractère n’est pas un trait que les autres Melrose partagent. »
Alice ponctua ses mots d’un sourire entendu, un brin taquin. Moi aussi je sais des choses de vous, chantaient ses lèvres rosées.
Son sourire se figea lorsque Malone annonça à demi-mot être étudiant à la Grande Ecole de l’Art du Duel. Cela, Alice ne l’avait point vu venir.
Par Circée… elle ne savait que faire de cette information, si bien qu’elle demeura muette quelques secondes sans savoir quoi dire ni penser.
Au moins savait-elle désormais que l’homme qui se tenait devant-elle avait un goût pour l’Art du Duel.
Alice enregistra l’information pour en user plus tard. Lorsqu’elle trouverait quelque chose à dire.
Fort heureusement, Malone avait toujours quelque chose à dire. Et, par Circée, comme il parlait bien. Il maniait les mots à la manière d’un garçon de bonne famille. Quand bien même il ne s’agissait pas d’un Sang-Pur, il avait reçu une éducation pointue. Alice en mettrait sa main à couper. Il savait quand sourire, comment le faire. Cela n’était pas donné à tout le monde. User de son visage avec autant de facilité n’était pas à la portée du premier venu.
Alice avait prit l’habitude de dominer ses interlocuteurs. Elle avait été élevée dans le doux sentiment de supériorité intellectuelle et sociétal. En grandissant, Tante Élise lui avait donné les armes pour manier son corps et ses mots pour charmer, désarmée ou assujettir la gent masculine. Mère, aussi impitoyable soit-elle, lui avait enseigné que la femme surpassera toujours l’homme, bien trop soumis à ses émotions. Alice l’avait vu suffisamment de fois pour donner raison à sa mère, quand bien même elle exécrait ce constat.
Aussi était-elle tout à fait décontenancé lorsque l’interlocuteur masculin refusait de se laisser bercer par ses machinations.
Alice observait Malone en silence. Elle ne jouait plus, pour le moment.
Son sous-texte résonnait avec ces choses dont elle ne parlerait pas avec un inconnu.
Pourquoi avait-elle l’intime sentiment que Malone Melrose constituait un potentiel allié dans ses projets ?
« Pourriez-vous préciser vos pensés, Malone ? »
Ses yeux braqués dans les siens, Alice récupéra un macaron dont elle ne devinait ni la couleur ni le goût. A l’image de cet homme devant elle.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Rose Noire et Epine Blanche
Elle ne répondit pas. Signe qu'elle était touchée par la situation dont son père avait été l'horrible victime. Mais cette douleur, il valait mieux la cacher. Heureusement, Malone n'était pas de ceux qui souhaitaient le malheur et la déchéance de la famille Sangblanc. Mais si Alice montrait si facilement que tout cela la touchait encore, beaucoup pourraient chercher à s'en servir contre elle.
Enfin. Elle changea bien vite de sujet. Piquante. Enchainant ses mots comme les coups de fleurons dans la danse de deux escrimeurs. Elle voulait montrer qu'elle savait. Qu'elle savait ce qu'elle disait. Qu'elle savait, elle aussi, des choses sur lui et sa famille. Qu'elle savait, ou du moins qu'elle saurait cerner qui était en réalité Malone Melrose.
Mais lui n'était pas tant dans l'adversité. D'ailleurs, il ne s'empêcha pas de rire à la réflexion de la jeune femme sur le sang et le mauvais caractère.
- Veuillez m'excuser, ma chère. "Visiter" n'était pas le terme approprié. Il marqua une pause. C'est déjà une très belle chose d'avoir pu fouler la terre qui accueille une partie de votre famille. Dit-il avant d'enchainer sur le cas de sa propre famille. Je ne saurai vous répondre malheureusement. Vous connaissez certainement Ambroise mieux que moi, vu que je n'ai, pour le moment, pas encore eu l'occasion de le rencontrer.
Malone savait pertinemment que cette information pouvait être majeure pour cerner l'entièreté de sa famille. Mais il s'en fichait. Cela ne l'atteignait pas personnellement, alors personne ne pourrait s'en servir à son encontre. De plus, ce genre d'information personnelle induisait naturellement une relation de confiance entre individus. Et c'était exactement ce que le sorcier souhaitait obtenir.
- Je vois. Vous êtes tellement heureuse de me savoir quotidiennement à vos côtés dès la rentrée que vous en restez bouche bée. Ne vous en faites pas, c'est tout à fait naturel. Taquina-t-il gentiment.
Le silence s'installa quelques instants. Quelques instants précieux, qui permettaient à chacun de jauger l'autre à ce point précis de la situation. C'était important. Cela permettait de savoir dans quel état d'esprit chacun était. Et d'essayer de deviner ce que chacun attendait à présent.
Alice semblait par ailleurs être passée de joueuse à sérieuse. Comme si, soit il avait piqué son intérêt, soit sa méfiance.
- Je le peux, oui. Dit-il avant que son petit sourire ne laisse place à une mine plus sérieuse. Comment le présent pourrait vous aller alors qu'il est dans la continuité du passé qui a tant fait souffrir votre famille, vous, votre père ? Commença-t-il. C'était injuste. Et pourtant, c'est arrivé. Vous en avez souffert, mais peu de gens s'en sont souciés. Vous avez dû fuir. Abandonnant tous ceux que vous connaissiez. Énuméra-t-il. Seriez-vous prête à laisser cela arriver à quelqu'un d'autre ?
Termina-t-il enfin, les yeux plantés dans les siens. Ses prunelles reflétant sans mal la gravité de la discussion et le sérieux du jeune homme. C'était une forme de test qu'il lui faisait passer. Et selon sa réponse, il resterait assis à cette table, ou, il se lèverait, tournant les talons pour ne plus jamais croiser le regard d'une femme qu'il considèrerait comme vendu. Devenant alors, en quelque sorte, ennemis. Servant des causes et des convictions bien différentes.
Enfin. Elle changea bien vite de sujet. Piquante. Enchainant ses mots comme les coups de fleurons dans la danse de deux escrimeurs. Elle voulait montrer qu'elle savait. Qu'elle savait ce qu'elle disait. Qu'elle savait, elle aussi, des choses sur lui et sa famille. Qu'elle savait, ou du moins qu'elle saurait cerner qui était en réalité Malone Melrose.
Mais lui n'était pas tant dans l'adversité. D'ailleurs, il ne s'empêcha pas de rire à la réflexion de la jeune femme sur le sang et le mauvais caractère.
- Veuillez m'excuser, ma chère. "Visiter" n'était pas le terme approprié. Il marqua une pause. C'est déjà une très belle chose d'avoir pu fouler la terre qui accueille une partie de votre famille. Dit-il avant d'enchainer sur le cas de sa propre famille. Je ne saurai vous répondre malheureusement. Vous connaissez certainement Ambroise mieux que moi, vu que je n'ai, pour le moment, pas encore eu l'occasion de le rencontrer.
Malone savait pertinemment que cette information pouvait être majeure pour cerner l'entièreté de sa famille. Mais il s'en fichait. Cela ne l'atteignait pas personnellement, alors personne ne pourrait s'en servir à son encontre. De plus, ce genre d'information personnelle induisait naturellement une relation de confiance entre individus. Et c'était exactement ce que le sorcier souhaitait obtenir.
- Je vois. Vous êtes tellement heureuse de me savoir quotidiennement à vos côtés dès la rentrée que vous en restez bouche bée. Ne vous en faites pas, c'est tout à fait naturel. Taquina-t-il gentiment.
Le silence s'installa quelques instants. Quelques instants précieux, qui permettaient à chacun de jauger l'autre à ce point précis de la situation. C'était important. Cela permettait de savoir dans quel état d'esprit chacun était. Et d'essayer de deviner ce que chacun attendait à présent.
Alice semblait par ailleurs être passée de joueuse à sérieuse. Comme si, soit il avait piqué son intérêt, soit sa méfiance.
- Je le peux, oui. Dit-il avant que son petit sourire ne laisse place à une mine plus sérieuse. Comment le présent pourrait vous aller alors qu'il est dans la continuité du passé qui a tant fait souffrir votre famille, vous, votre père ? Commença-t-il. C'était injuste. Et pourtant, c'est arrivé. Vous en avez souffert, mais peu de gens s'en sont souciés. Vous avez dû fuir. Abandonnant tous ceux que vous connaissiez. Énuméra-t-il. Seriez-vous prête à laisser cela arriver à quelqu'un d'autre ?
Termina-t-il enfin, les yeux plantés dans les siens. Ses prunelles reflétant sans mal la gravité de la discussion et le sérieux du jeune homme. C'était une forme de test qu'il lui faisait passer. Et selon sa réponse, il resterait assis à cette table, ou, il se lèverait, tournant les talons pour ne plus jamais croiser le regard d'une femme qu'il considèrerait comme vendu. Devenant alors, en quelque sorte, ennemis. Servant des causes et des convictions bien différentes.
Rose Noire et Epine Blanche
Cette interruption dans sa pause sucrerie prenait une tournure qu’Alice n’avait pas envisagée. Ce qu’elle avait tout d’abord prit pour une tentative de séduction détestable prenait des allures bien plus… intéressantes.
Quand bien même il décidait de la taquiner sur son absence de réaction quant à son appartenance à la Grande Ecole de l’Art du Duel. Malone avait cela pour lui : il était amusant. Il y avait fort à parier que sa jeune soeur ne devait jamais s’ennuyer à ses côtés. Ou bien maudissait-elle chaque jour de son existence d’avoir été affublé d’un aîné de la sorte. Alice et la jeune fille s’accorderaient sans doute pour dire qu’à leurs côtés, la vie était plus facile à affronter.
Son macaron contre ses lèvres, Alice ne lâchait plus Malone des yeux, sans jamais croquer. Elle écoutait. Elle analysait. Elle étudiait.
Allié… ou ennemi ?
Le sourire persistant de Malone avait décliné à la faveur d’un air bien plus sérieux. Alice comprenait à présent qu’il n’était pas là pour séduire. Pas uniquement. Il jouait à plusieurs niveaux. Et ce jeu là ? Alice le connaissait.
Elle l’observait, longuement.
Non, Malone Melrose n’était pas simplement l’un de ces garçons qui se plaisaient à briller dans les bals et à jouer aux hommes de goût dans les salons de thé. Il y avait, dans sa façon de parler, dans ce mélange savamment dosé d’humour, de tragédie, de désinvolture feinte et de révérence affectée, une construction. Un message. Il avait pensé chaque mot.
Alice, qui détestait l’improvisation et les surprises, respectait profondément ceux qui travaillaient aussi bien leur guerre .
Malone avait étudié Alice et les Sangblanc. Il lui avait bien fait comprendre cela dés le début. Il utilisait ses recherches pour arracher des vérités à Alice. Il jouait avec ses douleurs qu’il imaginait un peu trop bien. Et, à la manière dont il visait juste, Alice était presque certain qu’il partageait un brin de ce qu’elle avait traversé. Quel habile tacticien.
Mais il ignorait sans nul doute qu’Alice, prête à mettre un projet titanesque à exécution, flirtait déjà depuis bien longtemps avec la révolution.
Alice reposa son macaron. Pour le moment.
« Jamais. »
Sa voix était douce. Mais derrière se cachait une lame affûtée qui savait où elle devait se planter. Malone devait le savoir, lui aussi. Sinon… à quoi tout cela rimerait-il ?
Pourquoi venir la débusquer ici ?
Pourquoi tenir ces propos devant-elle ?
S’agissait-il d’un test ? Ou d’une invitation à danser sur les cendres fumantes de tout un pays ?
Alice se pencha un peu sur la table, juste assez plus attraper un macaron à la pistache.
« Je suis prête à bien des choses, monsieur Melrose. Mais cessons de parler de moi, s’il vous plait. J’ai hâte de vous entendre parler de votre propre vision du futur. »
Alice croqua son macaron.
Quand bien même il décidait de la taquiner sur son absence de réaction quant à son appartenance à la Grande Ecole de l’Art du Duel. Malone avait cela pour lui : il était amusant. Il y avait fort à parier que sa jeune soeur ne devait jamais s’ennuyer à ses côtés. Ou bien maudissait-elle chaque jour de son existence d’avoir été affublé d’un aîné de la sorte. Alice et la jeune fille s’accorderaient sans doute pour dire qu’à leurs côtés, la vie était plus facile à affronter.
Son macaron contre ses lèvres, Alice ne lâchait plus Malone des yeux, sans jamais croquer. Elle écoutait. Elle analysait. Elle étudiait.
Allié… ou ennemi ?
Le sourire persistant de Malone avait décliné à la faveur d’un air bien plus sérieux. Alice comprenait à présent qu’il n’était pas là pour séduire. Pas uniquement. Il jouait à plusieurs niveaux. Et ce jeu là ? Alice le connaissait.
Elle l’observait, longuement.
Non, Malone Melrose n’était pas simplement l’un de ces garçons qui se plaisaient à briller dans les bals et à jouer aux hommes de goût dans les salons de thé. Il y avait, dans sa façon de parler, dans ce mélange savamment dosé d’humour, de tragédie, de désinvolture feinte et de révérence affectée, une construction. Un message. Il avait pensé chaque mot.
Alice, qui détestait l’improvisation et les surprises, respectait profondément ceux qui travaillaient aussi bien leur guerre .
Malone avait étudié Alice et les Sangblanc. Il lui avait bien fait comprendre cela dés le début. Il utilisait ses recherches pour arracher des vérités à Alice. Il jouait avec ses douleurs qu’il imaginait un peu trop bien. Et, à la manière dont il visait juste, Alice était presque certain qu’il partageait un brin de ce qu’elle avait traversé. Quel habile tacticien.
Mais il ignorait sans nul doute qu’Alice, prête à mettre un projet titanesque à exécution, flirtait déjà depuis bien longtemps avec la révolution.
Alice reposa son macaron. Pour le moment.
« Jamais. »
Sa voix était douce. Mais derrière se cachait une lame affûtée qui savait où elle devait se planter. Malone devait le savoir, lui aussi. Sinon… à quoi tout cela rimerait-il ?
Pourquoi venir la débusquer ici ?
Pourquoi tenir ces propos devant-elle ?
S’agissait-il d’un test ? Ou d’une invitation à danser sur les cendres fumantes de tout un pays ?
Alice se pencha un peu sur la table, juste assez plus attraper un macaron à la pistache.
« Je suis prête à bien des choses, monsieur Melrose. Mais cessons de parler de moi, s’il vous plait. J’ai hâte de vous entendre parler de votre propre vision du futur. »
Alice croqua son macaron.
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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Rose Noire et Epine Blanche
Il étudiait, apprenait, retenait. Parlait, dirigeait la conversation. Tenant le fleuron de ses pensées collé à celui de la douce. Douce, mais tranchante. Ils utilisaient tous deux tout ce qui pouvait l'être pour prendre l'ascendant l'un sur l'autre. Jugeant ainsi du potentiel en face.
Si Malone s'attendait à voir une personne avec du caractère, il se serait attendu à la voir renoncer bien plus tôt. Ainsi, Alice dépassait même les espérances qu'il avait placées en elle.
Elle savait répondre, on lui avait appris, c'était certain. Elle aussi magnait les mots, les expressions, les sens. Elle alliait délicatesse et résistance. Une armure, légère, mais protectrice.
Malone la regarda, admirant sa grâce. Étudiant chaque mouvement. La façon dont elle avait attendu avant de reposer son macaron, la façon dont elle s'en était délesté de ce dernier. La façon dont elle s'était penchée. Tout. D'ailleurs, il remarqua rapidement à la couleur de la nouvelle sucrerie qu'elle avait saisie que la senteur ne correspondait pas aux gouts de ces précieuses papilles, qui se sentiraient surement agressées par la pistache.
- Si j'étais vous, je ne ferais pas ça. Dit-il en souriant.
Trop tard, elle avait croqué. Peut-être cela permettrait-il au garçon de découvrir une nouvelle expression sur le visage de cette jolie poupée au physique soigné ?
Il réfléchit un instant aux dernières paroles de son adversaire, ou de sa potentielle future alliée. Retrouvant son sérieux pour parler de ce sujet délicat. Devait-il se révéler ? Ne serait-ce qu'un peu ? C'était fort risqué. Mais s'il voulait gagner les grâces de la Sangblanc, il fallait prendre des risques. Alors, il allait le tenter. Miser là-dessus.
- Vous savez, Alice, on dit souvent que la voix des anges résonne moins que celle des vautours. Un futur dans lequel cette tendance s'inverserait, voilà le futur auquel j'aspire.
Il en disait beaucoup sans trop en révéler. Les vautours, les anges, ces allégories pouvaient se tourner dans le sens qui arrangeait le plus. Chacun pouvait en avoir sa définition. Et ça, Malone le savait. C'était une manière de répondre aux attentes d'Alice, sans trop se mouiller. Après tout, il valait mieux rester prudent. Qui sait si elle ne jouait pas un rôle ?
C'était très peu probable au vu de son passif avec le conseil. Mais quand même, beaucoup de gens retournaient facilement leurs vestes. Et le jeune homme ne se laisserait pas avoir par quelqu'un de ce genre. Quand bien même, la personne tentant de l'amadouer était la plus belle des créatures du pays avec un sourire à faire pâlir les peintures de n'importe quel endroit.
Arf, quel gâchis cela serait si Alice se révélait être du mauvais côté de la pièce. Une femme comme elle méritait mieux que le ramassait d'opportunistes pissant plus haut que ce que leur trône leur permettait. Enfin, s'il s'avérait qu'elle les soutenait, elle ne mériterait rien de plus que les restes qu'ils accepteraient de lui céder.
Enfin, cela était peu probable, il ne fallait pas s'enfermer dans une idée comme celle-ci. Alice était droite, était juste et était ambitieuse, dans le bon sens évidemment. Voilà ce qu'il fallait retenir. Voilà l'image qu'il voulait pouvoir dépeindre d'elle. Cette image qui, si elle s'avérait être réelle, pourrait lui permettre de l'aimer, la chérir, la soutenir. Si cette image s'avérait réelle, elle lui permettrait de pouvoir construire le futur du pays avec elle, et non seul.
- Ceci assouvit-il votre envie de réponse ? Dit-il en saisissant un macaron au chocolat pour lui tendre.
Comme pour soulager le palet d'Alice après le passage de la pistache. Peut-être qu'un jour Malone pourrait devenir le chocolat venant après le conseil illustré par cette saveur verte. Attendrissant, soulageant, réconfortant après un rude effort.
Si Malone s'attendait à voir une personne avec du caractère, il se serait attendu à la voir renoncer bien plus tôt. Ainsi, Alice dépassait même les espérances qu'il avait placées en elle.
Elle savait répondre, on lui avait appris, c'était certain. Elle aussi magnait les mots, les expressions, les sens. Elle alliait délicatesse et résistance. Une armure, légère, mais protectrice.
Malone la regarda, admirant sa grâce. Étudiant chaque mouvement. La façon dont elle avait attendu avant de reposer son macaron, la façon dont elle s'en était délesté de ce dernier. La façon dont elle s'était penchée. Tout. D'ailleurs, il remarqua rapidement à la couleur de la nouvelle sucrerie qu'elle avait saisie que la senteur ne correspondait pas aux gouts de ces précieuses papilles, qui se sentiraient surement agressées par la pistache.
- Si j'étais vous, je ne ferais pas ça. Dit-il en souriant.
Trop tard, elle avait croqué. Peut-être cela permettrait-il au garçon de découvrir une nouvelle expression sur le visage de cette jolie poupée au physique soigné ?
Il réfléchit un instant aux dernières paroles de son adversaire, ou de sa potentielle future alliée. Retrouvant son sérieux pour parler de ce sujet délicat. Devait-il se révéler ? Ne serait-ce qu'un peu ? C'était fort risqué. Mais s'il voulait gagner les grâces de la Sangblanc, il fallait prendre des risques. Alors, il allait le tenter. Miser là-dessus.
- Vous savez, Alice, on dit souvent que la voix des anges résonne moins que celle des vautours. Un futur dans lequel cette tendance s'inverserait, voilà le futur auquel j'aspire.
Il en disait beaucoup sans trop en révéler. Les vautours, les anges, ces allégories pouvaient se tourner dans le sens qui arrangeait le plus. Chacun pouvait en avoir sa définition. Et ça, Malone le savait. C'était une manière de répondre aux attentes d'Alice, sans trop se mouiller. Après tout, il valait mieux rester prudent. Qui sait si elle ne jouait pas un rôle ?
C'était très peu probable au vu de son passif avec le conseil. Mais quand même, beaucoup de gens retournaient facilement leurs vestes. Et le jeune homme ne se laisserait pas avoir par quelqu'un de ce genre. Quand bien même, la personne tentant de l'amadouer était la plus belle des créatures du pays avec un sourire à faire pâlir les peintures de n'importe quel endroit.
Arf, quel gâchis cela serait si Alice se révélait être du mauvais côté de la pièce. Une femme comme elle méritait mieux que le ramassait d'opportunistes pissant plus haut que ce que leur trône leur permettait. Enfin, s'il s'avérait qu'elle les soutenait, elle ne mériterait rien de plus que les restes qu'ils accepteraient de lui céder.
Enfin, cela était peu probable, il ne fallait pas s'enfermer dans une idée comme celle-ci. Alice était droite, était juste et était ambitieuse, dans le bon sens évidemment. Voilà ce qu'il fallait retenir. Voilà l'image qu'il voulait pouvoir dépeindre d'elle. Cette image qui, si elle s'avérait être réelle, pourrait lui permettre de l'aimer, la chérir, la soutenir. Si cette image s'avérait réelle, elle lui permettrait de pouvoir construire le futur du pays avec elle, et non seul.
- Ceci assouvit-il votre envie de réponse ? Dit-il en saisissant un macaron au chocolat pour lui tendre.
Comme pour soulager le palet d'Alice après le passage de la pistache. Peut-être qu'un jour Malone pourrait devenir le chocolat venant après le conseil illustré par cette saveur verte. Attendrissant, soulageant, réconfortant après un rude effort.
Rose Noire et Epine Blanche
Ah, la pistache ! Quelle indicible horreur. Qui avait aussi mauvais goût pour se plaire à manger cela ?
Tout cela pour que son message ne soit pas compris. Il était certes subtile mais tout de même. Par Circée… Alice avait manger un macaron à la pistache pour rien.
Alice se força à ne rien exprimer sur son visage mais l’irrépréhensible envie de tout recracher la frappa en pleine glotte. Elle récupéra sa serviette et, avec élégance, tapota la commissure de ses lèvres. Dés qu’elle serait de retour au domaine de Daniel et Bedelia, Alice se brosserait les dents trois fois.
Malone continuait à parler, avec toutes les mesures nécessaires. Ah, et lui, aussi ! Des dictons à présent, vraiment ? Alice n’avait-elle pas été suffisamment claire ? Mais pour qui se prenait-il ? Un professeur de philosophie en quête d’une jeune femme esseulée a torturer a grands renforts de métaphore, d’allégorie et de litote ?
Et puis, qui disait cela ?
Alice comprenait le sens de ses mots, bien sûr. Elle n’était pas idiote. Les vautours symbolisaient le Conseil. Quant aux anges…
« Absolument pas, non » répondit Alice en récupérant le macaron au chocolat que Malone lui tendit. Elle le mangea aussitôt, soucieuse de faire disparaître le goût infect de la pistache encore accrochée à sa langue.
Les anges pouvaient être n’importe qui. Les petites gens ? Non, c’était bien trop vaste. Les sangs jugés comme inférieurs, alors. Cela se tiendrait, mais comment Malone aurait pu faire le lien entre Alice et cette caste ? Le jeune homme ne pouvait pas être aussi informé que cela.
Personne ne l’était.
Cette discussion devait mener à quelque part, mais aucun d’entre eux ne voulait se dévoiler le premier. La frustration gagnerait bientôt Alice, et Malone ne le savait pas encore mais il n’avait aucun envie de vivre ce moment.
Alice récupéra son livre et le glissa dans son sac à main, l’échangeant contre ses lunettes de soleil qu’elle déploya.
« Vous vouliez m’inviter, je crois ? Alors faites. Je vous attends dehors. »
Sans un mot de plus, Alice récupéra un dernier macaron couleur framboise et se releva. Elle récupéra son Fedora puis le plaça sur sa tête. Ses lunettes de soleil glissées sur le bout du nez, Alice quitta le Café du Rosier sans un regard par dessus son épaule.
Elle savait qu’il la suivrait.
Tout cela pour que son message ne soit pas compris. Il était certes subtile mais tout de même. Par Circée… Alice avait manger un macaron à la pistache pour rien.
Alice se força à ne rien exprimer sur son visage mais l’irrépréhensible envie de tout recracher la frappa en pleine glotte. Elle récupéra sa serviette et, avec élégance, tapota la commissure de ses lèvres. Dés qu’elle serait de retour au domaine de Daniel et Bedelia, Alice se brosserait les dents trois fois.
Malone continuait à parler, avec toutes les mesures nécessaires. Ah, et lui, aussi ! Des dictons à présent, vraiment ? Alice n’avait-elle pas été suffisamment claire ? Mais pour qui se prenait-il ? Un professeur de philosophie en quête d’une jeune femme esseulée a torturer a grands renforts de métaphore, d’allégorie et de litote ?
Et puis, qui disait cela ?
Alice comprenait le sens de ses mots, bien sûr. Elle n’était pas idiote. Les vautours symbolisaient le Conseil. Quant aux anges…
« Absolument pas, non » répondit Alice en récupérant le macaron au chocolat que Malone lui tendit. Elle le mangea aussitôt, soucieuse de faire disparaître le goût infect de la pistache encore accrochée à sa langue.
Les anges pouvaient être n’importe qui. Les petites gens ? Non, c’était bien trop vaste. Les sangs jugés comme inférieurs, alors. Cela se tiendrait, mais comment Malone aurait pu faire le lien entre Alice et cette caste ? Le jeune homme ne pouvait pas être aussi informé que cela.
Personne ne l’était.
Cette discussion devait mener à quelque part, mais aucun d’entre eux ne voulait se dévoiler le premier. La frustration gagnerait bientôt Alice, et Malone ne le savait pas encore mais il n’avait aucun envie de vivre ce moment.
Alice récupéra son livre et le glissa dans son sac à main, l’échangeant contre ses lunettes de soleil qu’elle déploya.
« Vous vouliez m’inviter, je crois ? Alors faites. Je vous attends dehors. »
Sans un mot de plus, Alice récupéra un dernier macaron couleur framboise et se releva. Elle récupéra son Fedora puis le plaça sur sa tête. Ses lunettes de soleil glissées sur le bout du nez, Alice quitta le Café du Rosier sans un regard par dessus son épaule.
Elle savait qu’il la suivrait.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Rose Noire et Epine Blanche
Il la regarda mâcher, s'amusant de la façon dont elle tentait de garder la face en prenant sa serviette. Décidément, elle savait y faire. Peu de gens auraient eu la détermination d'agir comme cela. Croquer dans le fruit du dégout. Ça avait quelque chose d'à la fois admirable et un petit peu ridicule, elle n'avait pas besoin de ça pour qu'il sache qu'elle en avait à revendre.
Enfin. L'amusement fut de courte durée. Bien qu'elle acceptât l'attention du jeune homme, elle avoua, plus sèchement que précédemment la réponse de Malone avait obtenue son mécontentement. Et il la comprenait, lui aussi voulait en savoir plus et tout ce petit manège commençait à doucement tourner en rond. Et si ça n'était pas déjà le cas, il finirait par les enfermer dans une boucle de sous-entendus sans explications aucunes.
Heureusement pour l'aîné des Melrose, Alice ne semblait pas vouloir en rester là. Elle avait rangé l'ensemble de ses affaires avec élégance et l'invitait gentiment à régler l'addition sans subtilité aucune, avant de quitter les lieux.
Seul à table, il ne lui restait plus que deux choix. Rester là et compter sur une prochaine rencontre grâce au hasard. Ou bien la suivre pour découvrir les pensées et les intentions qu'elle lui cachait pour le moment. Cela allait de soi, il n'allait pas choisir la première option. Bien trop intrigué par la belle et la suite des évènements.
Alors il se leva, allant au comptoir pour régler les quelques galions qu'il devait à l'enseigne, prenant à emporter le peu de macarons qu'il restait dans l'assiette, en rajoutant quelques-uns. Il les offrirait, cela ferait peut-être plaisir à la Sangblanc. Calmant sa frustration naissante.
Il poussa la porte et sortit ensuite du commerce, cherchant brièvement des yeux la chevelure blanche de sa partenaire. Il la trouva rapidement et alla se placer aux côtés d'Alice pour lui murmurer quelque chose à l'oreille.
- Alors ? Dans quelle ruelle sombre comptez-vous m'emmener pour me dépouiller de tout ce que j'ai ?
Peu importe où en réalité. Ce qui comptait, ce n'était pas le lieu, mais la personne. Ainsi, tant qu'il serait avec Alice, il passerait sans nul doute un moment plus qu'exquis. Une rue dans la pénombre ? Ils l'illumineraient de leur présence. Un sentier houleux ? Ils le graviraient sans souci. Peu importe la situation, ils avanceraient ensemble. Rien que pour avoir le plaisir de continuer cette joute verbale, rien que pour finir cette conversation et percer à jour leurs carapaces mutuelles.
- Avez-vous une envie particulière ? Dit-il en lui tendant son bras pour l'inviter à marcher. Je vous suivrai où vous le souhaitez. Ou, si vous préférez, nous pouvons simplement déambuler dans cette ville. Finit-il.
Il l'avait suivie, maintenant il espérait qu'en retour elle accepterait la proposition qu'il lui faisait en lui tendant ainsi son bras. C'était comme une invitation à valser. Un moment proche, presque intime, un moment de proximité, de partages, d'informations, d'ambitions, de pensées et d'envies.
Un moment dont peu de gens pouvaient bénéficier comme eux le faisaient. C'était particulier quand ça arrivait entre gens éveillés. Cela devenait bien plus qu'une simple balade, qu'une simple danse ou qu'un simple moment à deux. Mais eux seuls pouvaient le comprendre.
Ou du moins, Malone espérait qu'Alice le percevrait comme lui. Qu'elle voyait cette situation avec un regard similaire à celui du jeune homme. Si cela n'était pas le cas, le temps risquait de devenir très vite, long, très long.
Enfin. L'amusement fut de courte durée. Bien qu'elle acceptât l'attention du jeune homme, elle avoua, plus sèchement que précédemment la réponse de Malone avait obtenue son mécontentement. Et il la comprenait, lui aussi voulait en savoir plus et tout ce petit manège commençait à doucement tourner en rond. Et si ça n'était pas déjà le cas, il finirait par les enfermer dans une boucle de sous-entendus sans explications aucunes.
Heureusement pour l'aîné des Melrose, Alice ne semblait pas vouloir en rester là. Elle avait rangé l'ensemble de ses affaires avec élégance et l'invitait gentiment à régler l'addition sans subtilité aucune, avant de quitter les lieux.
Seul à table, il ne lui restait plus que deux choix. Rester là et compter sur une prochaine rencontre grâce au hasard. Ou bien la suivre pour découvrir les pensées et les intentions qu'elle lui cachait pour le moment. Cela allait de soi, il n'allait pas choisir la première option. Bien trop intrigué par la belle et la suite des évènements.
Alors il se leva, allant au comptoir pour régler les quelques galions qu'il devait à l'enseigne, prenant à emporter le peu de macarons qu'il restait dans l'assiette, en rajoutant quelques-uns. Il les offrirait, cela ferait peut-être plaisir à la Sangblanc. Calmant sa frustration naissante.
Il poussa la porte et sortit ensuite du commerce, cherchant brièvement des yeux la chevelure blanche de sa partenaire. Il la trouva rapidement et alla se placer aux côtés d'Alice pour lui murmurer quelque chose à l'oreille.
- Alors ? Dans quelle ruelle sombre comptez-vous m'emmener pour me dépouiller de tout ce que j'ai ?
Peu importe où en réalité. Ce qui comptait, ce n'était pas le lieu, mais la personne. Ainsi, tant qu'il serait avec Alice, il passerait sans nul doute un moment plus qu'exquis. Une rue dans la pénombre ? Ils l'illumineraient de leur présence. Un sentier houleux ? Ils le graviraient sans souci. Peu importe la situation, ils avanceraient ensemble. Rien que pour avoir le plaisir de continuer cette joute verbale, rien que pour finir cette conversation et percer à jour leurs carapaces mutuelles.
- Avez-vous une envie particulière ? Dit-il en lui tendant son bras pour l'inviter à marcher. Je vous suivrai où vous le souhaitez. Ou, si vous préférez, nous pouvons simplement déambuler dans cette ville. Finit-il.
Il l'avait suivie, maintenant il espérait qu'en retour elle accepterait la proposition qu'il lui faisait en lui tendant ainsi son bras. C'était comme une invitation à valser. Un moment proche, presque intime, un moment de proximité, de partages, d'informations, d'ambitions, de pensées et d'envies.
Un moment dont peu de gens pouvaient bénéficier comme eux le faisaient. C'était particulier quand ça arrivait entre gens éveillés. Cela devenait bien plus qu'une simple balade, qu'une simple danse ou qu'un simple moment à deux. Mais eux seuls pouvaient le comprendre.
Ou du moins, Malone espérait qu'Alice le percevrait comme lui. Qu'elle voyait cette situation avec un regard similaire à celui du jeune homme. Si cela n'était pas le cas, le temps risquait de devenir très vite, long, très long.
Rose Noire et Epine Blanche
A nouveau dans la rue de Godric’s Hollow, Alice songeait à son comportement grossier mais ô combien mérité. La voix des anges résonne moins que celle des vautours… Alors, Alice, est-ce que vous êtes satisfaite de ma réponse ? Comment avait-il pu penser que qui que ce soit se contente d’une telle réponse ?
Alice aurait préféré que jamais ce personnage ne vienne la déranger. La voilà contrainte de se comporter comme une rustaude sans la moindre éducation pour obtenir les réponses qu’elle désirait.
Enfin. Au moins avait-elle eu des macarons. Celui ci était merveilleux.
Enfin, Malone Melrose quitta le Café du Rosier. Alice s’apprêtait à lui dire qu’il avait prit son temps, et voilà qu’il venait murmurer à son oreille. Son souffle effleura la peau si tendre de son cou. Le coeur de la française rata un battement alors que ses yeux se plantaient sur lui. Elle mima l’indignation, assez mal, il fallait le reconnaître, car les mots qu’il avait prononcé à son oreille provoqua en elle quelque chose se rapprochant de l’amusement.
« Et qu’avez-vous que je puisse désirer, monsieur Melrose ? Vous avez une bien trop haute estime de vous. »
Alice s’écarta d’un pas, son menton dressé pour le regarder, un sourcil moqueur levé. Malgré tout ses simagrées, Malone l’amusait d’une bien agréable manière.
Le regard d’Alice glissa jusqu’au bras tendu de l’insupportable gentleman. Sa chemise était relevée, sa peau pâle à nue mise en valeur par le tissu noir qui la bordait, révélant davantage la nervure des muscles saillants. Il avait le genre de bras qu’on imagine forgé non pas par le labeur, mais par l’habitude d’une posture assurée. Un bras de bretteur élégant, ou de danseur mondain habitué à guider.
Comme on le lui avait apprit, Alice l’accepta. D’un geste mesuré, elle vint enrouler ses doigts blancs autour de cette offrande de chair. Le contact de sa peau sur la sienne était indécent. Elle sentit sous la pulpe de ses doigts la fermeté du muscle, la tension tranquille d’un sorcier maître de lui même. Ses ongles caressèrent à peine le tendon et un frisson lui monta jusqu’à l’épaule.
Quand bien même Alice était parfaitement gênée par cette promiscuité inconvenante, elle avait suffisamment été impolie pour toute une vie aujourd’hui pour refuser. Cela ne lui ressemblait pas. Et cela l’indisposait.
Il y avait bien assez de manière de se comporter.
« Déambulons, très cher », dit elle en se mettant en mouvement.
Malone était grand. Il était de ces hommes qui vous font lever les yeux au ciel, au propre comme au figuré. Peut-être une trentaines de centimètres de plus qu’elle. Une trentaines de centimètres d’arrogance contenue dans une chemise noire.
Leurs pas résonnaient doucement sur les pavés de Godric’s Hollow. Alice n’y prêtait pas attention, préférant garder un oeil sur d’hypothétiques oreilles discrètes.
« Votre cousin, Ambroise Melrose, est de Sang-Pur », commença Alice sans le regarder. « Vous, non. Je le sais. Comme je vous l’ai dit lors de notre première rencontre, je connais le nom de chaque famille inscrite sur le registre de Grande-Bretagne. Comme je connais le noms des héritiers des familles du registre français. » Enfin, Alice leva les yeux vers Malone. « Si vous êtes un ange, Malone, que suis-je à vos yeux ? Un vautour… ou bien une échelle pour les atteindre ? »
Alice aurait préféré que jamais ce personnage ne vienne la déranger. La voilà contrainte de se comporter comme une rustaude sans la moindre éducation pour obtenir les réponses qu’elle désirait.
Enfin. Au moins avait-elle eu des macarons. Celui ci était merveilleux.
Enfin, Malone Melrose quitta le Café du Rosier. Alice s’apprêtait à lui dire qu’il avait prit son temps, et voilà qu’il venait murmurer à son oreille. Son souffle effleura la peau si tendre de son cou. Le coeur de la française rata un battement alors que ses yeux se plantaient sur lui. Elle mima l’indignation, assez mal, il fallait le reconnaître, car les mots qu’il avait prononcé à son oreille provoqua en elle quelque chose se rapprochant de l’amusement.
« Et qu’avez-vous que je puisse désirer, monsieur Melrose ? Vous avez une bien trop haute estime de vous. »
Alice s’écarta d’un pas, son menton dressé pour le regarder, un sourcil moqueur levé. Malgré tout ses simagrées, Malone l’amusait d’une bien agréable manière.
Le regard d’Alice glissa jusqu’au bras tendu de l’insupportable gentleman. Sa chemise était relevée, sa peau pâle à nue mise en valeur par le tissu noir qui la bordait, révélant davantage la nervure des muscles saillants. Il avait le genre de bras qu’on imagine forgé non pas par le labeur, mais par l’habitude d’une posture assurée. Un bras de bretteur élégant, ou de danseur mondain habitué à guider.
Comme on le lui avait apprit, Alice l’accepta. D’un geste mesuré, elle vint enrouler ses doigts blancs autour de cette offrande de chair. Le contact de sa peau sur la sienne était indécent. Elle sentit sous la pulpe de ses doigts la fermeté du muscle, la tension tranquille d’un sorcier maître de lui même. Ses ongles caressèrent à peine le tendon et un frisson lui monta jusqu’à l’épaule.
Quand bien même Alice était parfaitement gênée par cette promiscuité inconvenante, elle avait suffisamment été impolie pour toute une vie aujourd’hui pour refuser. Cela ne lui ressemblait pas. Et cela l’indisposait.
Il y avait bien assez de manière de se comporter.
« Déambulons, très cher », dit elle en se mettant en mouvement.
Malone était grand. Il était de ces hommes qui vous font lever les yeux au ciel, au propre comme au figuré. Peut-être une trentaines de centimètres de plus qu’elle. Une trentaines de centimètres d’arrogance contenue dans une chemise noire.
Leurs pas résonnaient doucement sur les pavés de Godric’s Hollow. Alice n’y prêtait pas attention, préférant garder un oeil sur d’hypothétiques oreilles discrètes.
« Votre cousin, Ambroise Melrose, est de Sang-Pur », commença Alice sans le regarder. « Vous, non. Je le sais. Comme je vous l’ai dit lors de notre première rencontre, je connais le nom de chaque famille inscrite sur le registre de Grande-Bretagne. Comme je connais le noms des héritiers des familles du registre français. » Enfin, Alice leva les yeux vers Malone. « Si vous êtes un ange, Malone, que suis-je à vos yeux ? Un vautour… ou bien une échelle pour les atteindre ? »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Rose Noire et Epine Blanche
La réaction d'Alice amusa Malone. C'était tout à fait satisfaisant de la voir faire semblant de s'indigner, cherchant à mettre comme une distance de sécurité entre eux. Distance qui serait vite rompue durant leur marche. Alors voir Alice si déterminée à tout faire pour ne rien laisser transparaitre, pour ne laisser aucune émotion trop personnelle s'échapper, était fort divertissant.
- Que vous puissiez désirer ? J'ai cette petite boite de macaron. Sans aucun à la pistache, je m'en suis personnellement assuré. Dit-il en levant la main qui portait la boite pour lui montrer. La prochaine fois, je vous en ferai maison, si vous le souhaitez. Ou bien peut-être ai-je ma personne en trop haute estime en pensant pouvoir en faire ? Continua-t-il en lui adressant un clin d'œil.
Une trop haute estime de lui ? Certainement pas. Malone était sûrement une des rares personnes qui connaissait parfaitement ses forces, ses faiblesses, ses peurs, ses joies et ses tristesses. Il maitrisait ses sentiments à la perfection. Il ne les affrontait pas, non, il les acceptait, les triait et jouait avec. Ce qui lui offrait un contrôle de lui quasiment parfait, et une lucidité rare sur sa propre situation. Cela pouvait lui causer bien des moments de lassitude, de doutes, de mélancolie ou autres sentiments freinant les évolutions auxquelles il aspirait. Enfin. Il trouverait le moyen d'en finir avec ça, de se débarrasser de ces sentiments limitants, comme il le faisait avec n'importe quels soucis qu'il pouvait rencontrer.
Les doigts de la belle vinrent bien rapidement trouver leur place au bras du jeune homme. Elle avait une peau d'une rare douceur. Des mains d'une incroyable finesse, surmontées de beaux ongles bien entretenus. Elle avait tout de la parfaite partenaire de marche, de la fille de bonne famille.
Et son charme naturel réveillait en Malone des sentiments auxquels il n'aurait pas songé. Elle était à la fois une source d'apaisement et de pétillement. Un peu à la façon d'une clairière calme ornée d'une cascade apportant mouvement et mystère. C'était un mélange auquel l'aîné des Melrose n'avait plus songé depuis son enfance. Il redécouvrait ainsi des émotions longtemps restées au loin, sans être accessibles.
C'est fou comme une unique personne pouvait à elle seule changer les choses, ouvrir à de nouveaux horizons, faire voir le monde sous un autre angle et réveiller des sentiments oubliés.
Enfin, Malone ne devait pas se laisser attendrir, se laisser distraire, se laisser amadouer par un joli minois. Derrière ces yeux doux et attendrissants se cachait une lionne blanche prête à planter ses crocs dans son cou pour en faire de la chair à pâté. D'ailleurs, elle attaquait. Au fil des pas sur les dalles de la ville, elle insérait dans cette conversation les informations qu'elle avait. Montrant qu'elle ne se laisserait pas faire. Qu'elle savait. Qu'elle pouvait encore suivre longtemps le rythme de la conversation.
Lui, il l'écoutait attentivement, calant le tempo de ses pas à celui de ceux d'Alice, pour ne pas aller trop vite pour elle. Il s'adaptait à cela, comme au reste de cette situation.
- Vous êtes bien renseigné quand il s'agit du sang. Rétorqua-t-il.
Mitigé entre l'admiration qu'il portait à la culture qu'elle détenait, et la déception vis-à-vis du fait qu'elle semblait accorder au sang une importance énorme. Bien sûr, cela comptait, d'ailleurs Malone aussi y faisait attention. Mais de là à le rabâcher ainsi à chaque conversation ? Cela devenait presque insistant.
Enfin, elle devait certainement avoir ses raisons. C'est ce que se dit le garçon, contenant sa déception pour qu'elle ne se transforme pas en dégoût. Car une fois dégouté de quelqu'un, il était clair qu'il était pratiquement impossible de le faire changer d'avis. C'était un sentiment si fort. Il en fallait beaucoup pour en arriver à ce stade avec lui, mais une fois ce cap franchi... Plus de retour en arrière, quoi qu'il arrive, il resterait une trace de cela à jamais. Peut-être était-ce là une forme de rancune ? Ou uniquement une simple protection quand on franchissait les limites, pour éviter que cela se reproduise.
Malgré ces sentiments partagés, le regard que la jeune femme posa sur lui, était si... Pur ? Il provoquait en lui un sentiment indescriptible. Malgré le fait qu'il cachait bien des choses, des souffrances, des joies, de grandes ambitions. Il apaisait Malone. Un peu comme s'il se retrouvait dans ces yeux, prêt à le réduire en cendres.
- Qui a dit que je me comptais parmi les anges ? Dit-il en la regardant, reprenant son sourire, si caractéristique de sa personne. Il regarda le ciel un instant avant de replonger ses yeux dans les siens. Selon moi, vous n'êtes pas un vautour, loin de là. Et il serait malvenu de ma part de vous considérer comme un vulgaire marchepied.
Il marqua un temps de pause. Continuant d'avancer pas par pas dans les rues de la ville. Profitant de la légère brise qui passait. Il pouvait se contenter de cette réponse. Cela serait surement le plus prudent. Mais... Il était certain que s'il le faisait, Alice ne lui laisserait pas une chance de plus et s'éclipserait. Frustré. Énervé. Le plaçant sur la liste de ceux à qui on ne peut se fier. Alors, il reprit.
- Un archange, des archanges. Voilà ce que vous êtes, voilà ce que nous sommes. Son sourire effacé laissait traduire qu'il ne s'agissait pas là de simples flatteries. Mais bien du reflet de ses pensées les plus profondes. À moins que vous n'ayez pas les épaules pour mademoiselle. Auquel cas, veuillez m'excuser de vous avoir importuné pour rien.
Il la regardait. Espérant que sa réponse saurait la satisfaire cette fois-ci.
Et surtout, espérant que la suite de cette discussion lui apporterait ce qu'il était venu chercher auprès d'elle. Voilà une chose qui le comblerait de joie. Et renforcerait la détermination qui brulait en lui.
Trouver des gens comme lui était si dur et si Alice n'en faisait pas partie, il se demanderait sûrement si de telles personnes existaient réellement quelque part. La frustration accompagnée du mécontentement de s'être trompé pourrait le miner, au moins pour quelque temps.
Alors que si elle lui apportait ce qu'il attendait, cela ouvrait la porte à un futur satisfaisant. Rempli de nombreuses possibilités. Et à un potentiel bonheur qu'il rêvait d'effleurer depuis bien trop longtemps maintenant.
- Que vous puissiez désirer ? J'ai cette petite boite de macaron. Sans aucun à la pistache, je m'en suis personnellement assuré. Dit-il en levant la main qui portait la boite pour lui montrer. La prochaine fois, je vous en ferai maison, si vous le souhaitez. Ou bien peut-être ai-je ma personne en trop haute estime en pensant pouvoir en faire ? Continua-t-il en lui adressant un clin d'œil.
Une trop haute estime de lui ? Certainement pas. Malone était sûrement une des rares personnes qui connaissait parfaitement ses forces, ses faiblesses, ses peurs, ses joies et ses tristesses. Il maitrisait ses sentiments à la perfection. Il ne les affrontait pas, non, il les acceptait, les triait et jouait avec. Ce qui lui offrait un contrôle de lui quasiment parfait, et une lucidité rare sur sa propre situation. Cela pouvait lui causer bien des moments de lassitude, de doutes, de mélancolie ou autres sentiments freinant les évolutions auxquelles il aspirait. Enfin. Il trouverait le moyen d'en finir avec ça, de se débarrasser de ces sentiments limitants, comme il le faisait avec n'importe quels soucis qu'il pouvait rencontrer.
Les doigts de la belle vinrent bien rapidement trouver leur place au bras du jeune homme. Elle avait une peau d'une rare douceur. Des mains d'une incroyable finesse, surmontées de beaux ongles bien entretenus. Elle avait tout de la parfaite partenaire de marche, de la fille de bonne famille.
Et son charme naturel réveillait en Malone des sentiments auxquels il n'aurait pas songé. Elle était à la fois une source d'apaisement et de pétillement. Un peu à la façon d'une clairière calme ornée d'une cascade apportant mouvement et mystère. C'était un mélange auquel l'aîné des Melrose n'avait plus songé depuis son enfance. Il redécouvrait ainsi des émotions longtemps restées au loin, sans être accessibles.
C'est fou comme une unique personne pouvait à elle seule changer les choses, ouvrir à de nouveaux horizons, faire voir le monde sous un autre angle et réveiller des sentiments oubliés.
Enfin, Malone ne devait pas se laisser attendrir, se laisser distraire, se laisser amadouer par un joli minois. Derrière ces yeux doux et attendrissants se cachait une lionne blanche prête à planter ses crocs dans son cou pour en faire de la chair à pâté. D'ailleurs, elle attaquait. Au fil des pas sur les dalles de la ville, elle insérait dans cette conversation les informations qu'elle avait. Montrant qu'elle ne se laisserait pas faire. Qu'elle savait. Qu'elle pouvait encore suivre longtemps le rythme de la conversation.
Lui, il l'écoutait attentivement, calant le tempo de ses pas à celui de ceux d'Alice, pour ne pas aller trop vite pour elle. Il s'adaptait à cela, comme au reste de cette situation.
- Vous êtes bien renseigné quand il s'agit du sang. Rétorqua-t-il.
Mitigé entre l'admiration qu'il portait à la culture qu'elle détenait, et la déception vis-à-vis du fait qu'elle semblait accorder au sang une importance énorme. Bien sûr, cela comptait, d'ailleurs Malone aussi y faisait attention. Mais de là à le rabâcher ainsi à chaque conversation ? Cela devenait presque insistant.
Enfin, elle devait certainement avoir ses raisons. C'est ce que se dit le garçon, contenant sa déception pour qu'elle ne se transforme pas en dégoût. Car une fois dégouté de quelqu'un, il était clair qu'il était pratiquement impossible de le faire changer d'avis. C'était un sentiment si fort. Il en fallait beaucoup pour en arriver à ce stade avec lui, mais une fois ce cap franchi... Plus de retour en arrière, quoi qu'il arrive, il resterait une trace de cela à jamais. Peut-être était-ce là une forme de rancune ? Ou uniquement une simple protection quand on franchissait les limites, pour éviter que cela se reproduise.
Malgré ces sentiments partagés, le regard que la jeune femme posa sur lui, était si... Pur ? Il provoquait en lui un sentiment indescriptible. Malgré le fait qu'il cachait bien des choses, des souffrances, des joies, de grandes ambitions. Il apaisait Malone. Un peu comme s'il se retrouvait dans ces yeux, prêt à le réduire en cendres.
- Qui a dit que je me comptais parmi les anges ? Dit-il en la regardant, reprenant son sourire, si caractéristique de sa personne. Il regarda le ciel un instant avant de replonger ses yeux dans les siens. Selon moi, vous n'êtes pas un vautour, loin de là. Et il serait malvenu de ma part de vous considérer comme un vulgaire marchepied.
Il marqua un temps de pause. Continuant d'avancer pas par pas dans les rues de la ville. Profitant de la légère brise qui passait. Il pouvait se contenter de cette réponse. Cela serait surement le plus prudent. Mais... Il était certain que s'il le faisait, Alice ne lui laisserait pas une chance de plus et s'éclipserait. Frustré. Énervé. Le plaçant sur la liste de ceux à qui on ne peut se fier. Alors, il reprit.
- Un archange, des archanges. Voilà ce que vous êtes, voilà ce que nous sommes. Son sourire effacé laissait traduire qu'il ne s'agissait pas là de simples flatteries. Mais bien du reflet de ses pensées les plus profondes. À moins que vous n'ayez pas les épaules pour mademoiselle. Auquel cas, veuillez m'excuser de vous avoir importuné pour rien.
Il la regardait. Espérant que sa réponse saurait la satisfaire cette fois-ci.
Et surtout, espérant que la suite de cette discussion lui apporterait ce qu'il était venu chercher auprès d'elle. Voilà une chose qui le comblerait de joie. Et renforcerait la détermination qui brulait en lui.
Trouver des gens comme lui était si dur et si Alice n'en faisait pas partie, il se demanderait sûrement si de telles personnes existaient réellement quelque part. La frustration accompagnée du mécontentement de s'être trompé pourrait le miner, au moins pour quelque temps.
Alors que si elle lui apportait ce qu'il attendait, cela ouvrait la porte à un futur satisfaisant. Rempli de nombreuses possibilités. Et à un potentiel bonheur qu'il rêvait d'effleurer depuis bien trop longtemps maintenant.
Rose Noire et Epine Blanche
Le regard d’argent de la jeune sorcière s’était accroché à la fameuse boîte emplie de macaron lorsque Malone l’avait levée. Cela n’avait duré qu’un bref instant, puisqu’il récupéra l’attention d’Alice sur lui à la mention de quelque talents de pâtisserie que jamais elle ne lui aurait imaginé.
Quel présomptueux personnage. Pensait-il réellement avoir impressionné Alice pour qu’elle daigne partager un nouveau moment en sa présence ? Croyait-il qu’il était aisé de s’attirer ses grâces ? Prenait-il Alice pour acquise ?
L’idée lui déplaisait fortement
« Je vous déconseille de vous imaginer qu’il suffit d’un plat de macarons pour m’amadouer, Malone. Vous en seriez fort déçu, et je doute que ce sentiment lamentable vous sied au teint. L’arrogance vous va bien mieux. »
Alice haïssait l’idée que qui que ce soit puisse penser qu’elle pouvait être envisagé comme une victoire ou une défaite. Si monseigneur Melrose croyait qu’il suffirait d’une boîte de macaron pour gagner tant son coeur que son estime, il tomberait bien bas, et très rapidement.
Mais Alice lui donnerait cela : il était malin.
Les mots de Malone concernant l’analyse d’Alice sur le sang Melrose ne permettaient point à cette dernière de parfaire ses connaissances. Elle n’aurait su dire si il était impressionné… ou agacé. Était-il envisageable que Malone Melrose ait honte de ne point voir son nom dans le registre des Sang-Pur de Grande-Bretagne ? Cette éventualité n’était pas à laisser de côté. Trop de fois Alice avait souffert de sorcier attiré par son sang et les promesses associées. Elle ne s’était jamais laissé avoir, et cela ne changerait pas aujourd’hui.
Pour le moment, Alice lui laisserait le bénéfice du doute.
Alors, elle écouta attentivement chaque mot qui franchissait les lèvres de Malone. Elle enregistrait chaque sourire, chaque disparition. Chaque détail dans son regard lorsqu’il le posait sur elle. Chaque tressaillement de ses muscles sous ses doigts pâles. Chaque terme. Chaque sous-texte.
Rien ne lui échappait.
Les rues défilaient autour d’eux. Alice n’y prêtait plus attention. Les desseins de Malone se dévoilaient petit à petit, au gré des mots, des allusions, des sourires envolés.
Un archange.
Alice s’était sincèrement intéressée à la place des anges dans l’histoire de l’art au cours de ces années d’études à Beauxbâtons, comme elle avait étudié bien d’autres sujets. La religion revenait souvent. Très souvent. Il ne s’agissait pas des sujets préférés de la jeune sorcière, loin de là. Elle avait une sincère affection pour le thème de la guerre, du sacrifice et du martyr. Il provoquait en elle un sentiment puissant qu’elle ne parvenait jamais à totalement saisir.
Les archanges. Ils étaient chefs d’armée, messagers, protecteurs et gardiens. Et Malone les imaginait être cela ?
Alice se sentit sourire, lentement. Il n’avait rien de doux, ce sourire. Il était rassuré, mais aussi victorieux. Comme celui d’une lionne qui reconnaît dans un autre fauve empiétant sur son territoire un potentiel partenaire de chasse.
« Mes épaules sont solides, monsieur. Vous auriez tort de les sous-estimer. »
Alice laissa ses ongles trainer sur la peau de Malone, entre caresses et griffures.
« J’ai à cœur de les voir porter les espérances d’une myriades de petits anges. Peut-être même celles d’un archange un brin trop… prudent. »
Elle lui jeta un regard par dessus ses lunettes, refusant de lever la tête pour le regarder. Son sourire n’avait pas disparu.
Elle était bien trop excitée à l’idée d’avoir potentiellement trouvé un partenaire.
Quel présomptueux personnage. Pensait-il réellement avoir impressionné Alice pour qu’elle daigne partager un nouveau moment en sa présence ? Croyait-il qu’il était aisé de s’attirer ses grâces ? Prenait-il Alice pour acquise ?
L’idée lui déplaisait fortement
« Je vous déconseille de vous imaginer qu’il suffit d’un plat de macarons pour m’amadouer, Malone. Vous en seriez fort déçu, et je doute que ce sentiment lamentable vous sied au teint. L’arrogance vous va bien mieux. »
Alice haïssait l’idée que qui que ce soit puisse penser qu’elle pouvait être envisagé comme une victoire ou une défaite. Si monseigneur Melrose croyait qu’il suffirait d’une boîte de macaron pour gagner tant son coeur que son estime, il tomberait bien bas, et très rapidement.
Mais Alice lui donnerait cela : il était malin.
Les mots de Malone concernant l’analyse d’Alice sur le sang Melrose ne permettaient point à cette dernière de parfaire ses connaissances. Elle n’aurait su dire si il était impressionné… ou agacé. Était-il envisageable que Malone Melrose ait honte de ne point voir son nom dans le registre des Sang-Pur de Grande-Bretagne ? Cette éventualité n’était pas à laisser de côté. Trop de fois Alice avait souffert de sorcier attiré par son sang et les promesses associées. Elle ne s’était jamais laissé avoir, et cela ne changerait pas aujourd’hui.
Pour le moment, Alice lui laisserait le bénéfice du doute.
Alors, elle écouta attentivement chaque mot qui franchissait les lèvres de Malone. Elle enregistrait chaque sourire, chaque disparition. Chaque détail dans son regard lorsqu’il le posait sur elle. Chaque tressaillement de ses muscles sous ses doigts pâles. Chaque terme. Chaque sous-texte.
Rien ne lui échappait.
Les rues défilaient autour d’eux. Alice n’y prêtait plus attention. Les desseins de Malone se dévoilaient petit à petit, au gré des mots, des allusions, des sourires envolés.
Un archange.
Alice s’était sincèrement intéressée à la place des anges dans l’histoire de l’art au cours de ces années d’études à Beauxbâtons, comme elle avait étudié bien d’autres sujets. La religion revenait souvent. Très souvent. Il ne s’agissait pas des sujets préférés de la jeune sorcière, loin de là. Elle avait une sincère affection pour le thème de la guerre, du sacrifice et du martyr. Il provoquait en elle un sentiment puissant qu’elle ne parvenait jamais à totalement saisir.
Les archanges. Ils étaient chefs d’armée, messagers, protecteurs et gardiens. Et Malone les imaginait être cela ?
Alice se sentit sourire, lentement. Il n’avait rien de doux, ce sourire. Il était rassuré, mais aussi victorieux. Comme celui d’une lionne qui reconnaît dans un autre fauve empiétant sur son territoire un potentiel partenaire de chasse.
« Mes épaules sont solides, monsieur. Vous auriez tort de les sous-estimer. »
Alice laissa ses ongles trainer sur la peau de Malone, entre caresses et griffures.
« J’ai à cœur de les voir porter les espérances d’une myriades de petits anges. Peut-être même celles d’un archange un brin trop… prudent. »
Elle lui jeta un regard par dessus ses lunettes, refusant de lever la tête pour le regarder. Son sourire n’avait pas disparu.
Elle était bien trop excitée à l’idée d’avoir potentiellement trouvé un partenaire.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050