Coucou Rapeltout L'honneur d'être gardienne du temple du savoir

La réponse que la bibliothécaire lui fit fut plus apaisée que ce qu'elle avait craint. L'irlandaise apprécia ce fait. Le fait que la discussion soit crispée depuis le début n'était vraiment pas pour lui plaire.

Elle tenta de comprendre là encore. Eileen mettait derrière le terme de "délation" tout un pan fort péjoratif emprunt de l'Histoire qu'on lui avait raconté. Ce terme ne lui plaisait vraiment pas même si elle reconnaissait qu'il était nécessaire d'éviter les actes graves et donc de les remonter quand ils se produisaient. Mais dans ce cas, elle préférait utiliser un autre terme, sans savoir exactement lequel pour autant.

L'esprit de l'adolescente était en ébullition, perdue dans les émotions : entre une sorte de révolte quant à ce mot emprunt d'un douloureux passé et une sensation d'être perdue quant à la réalité de ce qu'il impliquait, qu'au fond elle était un peu d'accord avec l'idée. Mais dans certains cas, et en aucun cas pour mettre en danger la vie de quelqu'un...

[TW guerre, délation, déportation]

Lorsque l'adulte lui expliqua que les livres étaient importants, elle hocha la tête sans s'en rendre compte. Bien sûr ! Elle en était d'accord. Elle plussoyait l'idée.
- "Je crois..." expliqua-t-elle son malaise "qu'au fond, on est d'accord sur l'idée : il faut prendre soin des livres, il faut qu'ils perdurent dans le temps bien après nous et les malmener n'est pas admissible." Elle prit un temps avant de reprendre : "En fait, j'ai un problème avec le terme de "délation"... Dans l'Histoire, il n'a jamais été associé à des épisodes joyeux et il a amené à la déportation ou à la mort. A ces périodes de l'Histoire d'ailleurs, certains livres ont été brûlés, enfermés, cadenassés... Les gens n'avaient plus accès au savoir qu'ils renfermaient..."

[Fin du TW]

Elle soupira avant de reprendre d'une voix tremblante.
- "C'est cette image qui me choque en lien avec l'infraction plus que l'action que vous réclamez... Je ne sais pas si je suis claire... " poursuivit-t-elle avant de reprendre : "Je sais que c'est moi qui met une charge émotionnelle dans le terme mais c'est plus fort que moi... " termina-t-elle penaude.

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Coucou Rapeltout L'honneur d'être gardienne du temple du savoir
Sans osciller un seul instant, toujours aussi imperturbable qu'à l'accoutumée, la vieille bibliothécaire attendait la réflexion de l'élève qui, de toute évidence, ne saurait tarder. Après tout, c'était bien pour une raison qu'elle l'avait approché, n'est-il pas ? Toujours persuadée d'avoir raison et que l'intérêt de la Serdaigle ne faisait dissimuler son intérêt manifeste, elle demeurait fermée à toute alternative. Et elles y arrivaient, petit à petit, elle pouvait observer le cheminement chez l'adolescente, celui de sa pensée, de ses hésitations.

Ah, la fameuse technique de la flatterie, à nouveau. Souligner un point positif, avec lequel nous sommes d'accord, pour ensuite amener son désaccord. La naïveté même, pensait-elle sincèrement, une seule seconde, qu'Eglantine pourrait être sensible à la flatterie déguisée ? Sans compter que ce dont elle parlait avait de quoi faire hausser un sourcil, et la bibliothécaire ne se fit pas prier pour afficher son mépris avec les siens. La pauvre petite louloute était choquée... choquée de quoi ? D'une période qu'elle n'avait connu, même en rêve ? D'un monde qui n'était même pas le sien, d'il y plus d'un siècle, commis par les moldus, ces singes, ces primates ?

Aussi, la réponse de la bibliothécaire fut bien naturellement à la hauteur de ses pensées, habillée d'un masque de pierre, cruellement dépourvue de la moindre empathie mal placée.

« Il semblerait, en effet. Mais vous avez conscience de votre faiblesse émotionnelle, c'est une bonne chose, à tout le moins. »

Après tout, si même la petite Serdaigle soulignait qu'il ne s'agissait là d'un caprice d'enfant immature, incapable de séparer les faits d'un émotionnel imaginaire, en quoi cela la concernait-elle ? Eglantine se doutait parfaitement de l'implicite reproche qu'était en train de faire cette gamine. Mais elle n'allait en aucun cas lui faciliter la tâche. Elle avait, encore une fois, tourné autour du pot, tant pis pour elle, cela lui apprendrait à ne pas aller directement à l'essentiel.

La vieille bibliothécaire reprit sa plume, et arrêta ensuite sa main un instant, pour interroger.

« Je vous remercie de votre observation, mais à l'avenir, ne comparez pas ma bibliothèque à un régime putrescible et moyenâgeux, nous ne sommes pas les chez les moldus, mademoiselle. Est-ce tout ce dont vous désiriez me faire part ? »

Et pas un mot plus haut que l'autre, pas une seule émotion autre que son haussement de sourcil discret, que sa posture droite et silencieuse. Eglantine trouvait qu'elle se montrait bien magnanime. Après tout, elle venait de voir une parabole tracée entre sa bibliothèque, et les nazis. Quel manque de respect, quel extraordinaire absence de discernement, mais Eglantine était bien plus généreuse que cela, et après tout, cette pauvre enfant croyait certainement bien faire.

Elle croyait bien faire, mais ce n'était pas pour autant qu'elle devait en avoir quelque chose à carrer. Sa bibliothèque, ses règles, point à la ligne.

Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »

Coucou Rapeltout L'honneur d'être gardienne du temple du savoir
La réponse de l'adulte fut comme une sorte d'électrochoc sur la jeune fille. C'était elle où se fichait de ce qu'elle racontait, de ses pensées, de ses sentiments, de ce que ses actions pouvaient engendrer sur les autres ? Etait-elle comme certains de ces Serpentard, si certains de leur droit supérieur sur les autres pour cause de sang soi-disant pur qu'elle prenait tout le monde de haut ? Dans ce cas, ce n'était pas ce jour-là que l'adolescente pourrait lui faire comprendre son point de vue. En réalité, face à une telle personnalité, il n'y avait bien qu'une personne qu'elle respectait qui pourrait lui faire entendre raison... et étonnamment, Eileen ne se sentait pas respectée. Comment la bibliothécaire la voyait-elle exactement ? Etait-elle seulement un être pensant pour elle ?

Elle commençait à entrevoir une réponse qui ne lui plaisait pas. Or, elle pensait que Poudlard était protecteur envers les élèves. Engager une telle personne aussi... fermée n'était clairement pas signe d'ouverture. Qu'était-il donc passé dans la tête de la direction de Poudlard ?

Et la remarque suivante fit comprendre à la jeune fille que l'autre avait compris ce qu'elle voulait faire passer comme message. C'était-elle seulement penché sur les livres d'Histoire ? Savait-elle comment justement le régime totalitaire allemand avait-il vu le jour ? Pernicieusement, avec une personne élu démocratiquement qui avait peu à peu supprimé les libertés aux gens. Eileen s'en était émue en l'apprenant auprès de son père... et justement, n'était-ce pas le début de quelque chose de voir Mrs Pinehead en faire autant ?

Les mots qu'elles pouvaient prononcer - elle s'en rendait compte à présent - ne pourraient que lui porter préjudice. Elle n'était rien face à celle qui se croyait tout permis. Et elle n'avait pas tout à fait tord... La Serdaigle n'avait aucun pouvoir en cet instant. Mais la lutte ne faisait que commencer. Elle ne savait pas comment, mais elle se battrait pour ses droits. Elle savait à présent que le faire frontalement n'amènerait rien de bon. Elle allait devoir se faire discrète et futée. Et peut-être ne l'avait-elle pas été en allant au devant des ennuis pour cette discussion.

Elle ne gagnait donc rien à poursuivre l'échange. Au moins elle avait-elle pu cerner la bibliothécaire un peu mieux. Une personne obtuse qui ne croyait qu'en l'autorité... la sienne. Or, Eileen ne voyait pas à Poudlard quelqu'un qui puisse lui faire entendre raison... alors même que la direction pouvait la destituer. C'était... étrange comme conclusion.

Pour clore l'entretien, elle lâcha quelques mots, histoire de ne pas froisser davantage celle qui serait à jamais cette mademoiselle qui n'avait pas su lui expliquer de facon pédagogique qu'elle attendait simplement un "bonjour madame". Une vieille mademoiselle enracinée dans ses vieux principes de dictatrice. Elle sourit cependant, ne laissant rien filtrer sur son visage des pensées qui se faisaient jour dans son esprit.
- "Oui, merci de m'avoir écouté madame. Bonne journée à vous."

Elle salua et partit. Rien n'empêchait la politesse. Mais au fond d'elle-même, cette colère qui bouillonnait à propos du gouvernement croissait à cause d'une vielle dame impossible.

Il ne fallait pas se mettre à dos ce dragon... sous peine de se voir interdire l'entrée de la bibliothèque. Or, elle avait désespérément besoin de venir là pour ses recherches Animagus... Quoiqu'elle pourrait peut-être trouver son bonheur dans la bibliothèque de la salle commune... Elle devrait en toucher deux mots à sa DDM. Mrs McNeil était elle une personne qui écoutait réellement ses élèves. Elle pourrait comprendre.

Fin pour moi.
Merci pour ce RP.

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