Trente et une mues
11 Octobre
Sombre
La Grande École de l'Art du Duel avait ce nom trompeur qui laissait comprendre à toute une frange de la population qu'il ne s'agissait que d'une sorte de club de sport d'élite où les jeunes gens avides de montrer qu'ils ont la plus grosse propension à gagner des duels cadrés et réglementés s'affrontent dans une ambiance qui n'aurait pas grand chose à envier à n'importe quelle compétition sportive.
C'était, certes, une des facettes de l'école, bien qu'elle fut plus présentée comme la manière d'élever le duel de simple sport à véritable art - ergo, le nom, donc, de l'école - et si Aliosus avait pu percevoir cette facette d'une manière presque condescendante, voir Alice travailler depuis la rentrée aux différentes méthodes aussi ingénieuses que performantes pour réussir à percer toutes sortes de défenses magiques avait eu quelque chose d'assez impressionnant. Ils prenaient le temps, souvent le soir, au dîner, pas tous les jours car ils avaient déjà tant à se dire depuis tout ce temps, d'échanger un peu sur leurs programmes, s'enrichissant mutuellement, se glissant un conseil ou une référence bibliographique avant le dessert ou, si l'on était samedi ou dimanche, avant un verre de vin.
Mais Aliosus n'avait pas choisi ce chemin destiné à la lumière, au spectacle, à la représentation, au public et à la gloire. Il ne comptait pas agir sous les yeux de milliers de spectateurs, ni impressionner qui que ce soit par une technique particulièrement flamboyante ou ingénieuse. Il était décidé à se dédier à une tâche laborieuse, discrète, ingrate sans doute, mais à ses yeux primordiale. L'enquête, la piste, la traque. La chasse.
Sombre
La Grande École de l'Art du Duel avait ce nom trompeur qui laissait comprendre à toute une frange de la population qu'il ne s'agissait que d'une sorte de club de sport d'élite où les jeunes gens avides de montrer qu'ils ont la plus grosse propension à gagner des duels cadrés et réglementés s'affrontent dans une ambiance qui n'aurait pas grand chose à envier à n'importe quelle compétition sportive.
C'était, certes, une des facettes de l'école, bien qu'elle fut plus présentée comme la manière d'élever le duel de simple sport à véritable art - ergo, le nom, donc, de l'école - et si Aliosus avait pu percevoir cette facette d'une manière presque condescendante, voir Alice travailler depuis la rentrée aux différentes méthodes aussi ingénieuses que performantes pour réussir à percer toutes sortes de défenses magiques avait eu quelque chose d'assez impressionnant. Ils prenaient le temps, souvent le soir, au dîner, pas tous les jours car ils avaient déjà tant à se dire depuis tout ce temps, d'échanger un peu sur leurs programmes, s'enrichissant mutuellement, se glissant un conseil ou une référence bibliographique avant le dessert ou, si l'on était samedi ou dimanche, avant un verre de vin.
Mais Aliosus n'avait pas choisi ce chemin destiné à la lumière, au spectacle, à la représentation, au public et à la gloire. Il ne comptait pas agir sous les yeux de milliers de spectateurs, ni impressionner qui que ce soit par une technique particulièrement flamboyante ou ingénieuse. Il était décidé à se dédier à une tâche laborieuse, discrète, ingrate sans doute, mais à ses yeux primordiale. L'enquête, la piste, la traque. La chasse.
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Trente et une mues
12 Octobre
Émeraude
Le Passage de Draíocht était gris, les étroites allées du quartier fort condensé de Galway n'étaient que ruelles pavées et façades noircies par les années, peu ou pas de verdure à moins de s'en aller pour une promenade au delà de l'horizon immédiat, en tout cas depuis les fenêtres de l'appartement, Aliosus ne voyait nul arbre qui vive. Il en avait été de même ou presque pour Godric's Hollow, le renouveau et l'étalement de la capitale sorcière était allée de pair avec sa minéralisation, schistes et tuffeaux, granits et marbres, tout était taillé dans la pierre et le végétal avait été repoussé dans des recoins épars, au grand dam de la mère et du fils de la famille Nerrah. Il semblait à Aliosus que c'était une faute morale, issues des visions de l'esprit tourmentée de Parkinson, la forteresse de Godric's Hollow avait été conçue pour se protéger des moldus et reprenait pourtant certains de ses codes, parmi lequel le pire de tous, la déconnexion avec la nature sauvage.
Depuis qu'il avait eu son permis de transplannage, il n'avait pas encore osé rentrer à Tipp, combien de temps cela faisait-il ? Six ans peut être, déjà ? Se pouvait il seulement que ce soit vrai ? Les tapis d'herbe émeraude à perte de vue, les chardons, les joncs, le liserons dans les vieilles clôtures, le soleil frappant bas sur les hauts fonds du Port Aveugle qui ne portait jamais aussi bien son nom que lorsque la réverbération de la lumière vous éblouissait au point de vous en faire détourner le regard. L'odeur de sel lui manquait. Ici, cela sentait la pluie, la pierre, le fer forgé, du moins, jusqu'à ce qu'il pousse la porte de l'appartement, et que l'odeur de lys ne l'accueille.
Émeraude
Le Passage de Draíocht était gris, les étroites allées du quartier fort condensé de Galway n'étaient que ruelles pavées et façades noircies par les années, peu ou pas de verdure à moins de s'en aller pour une promenade au delà de l'horizon immédiat, en tout cas depuis les fenêtres de l'appartement, Aliosus ne voyait nul arbre qui vive. Il en avait été de même ou presque pour Godric's Hollow, le renouveau et l'étalement de la capitale sorcière était allée de pair avec sa minéralisation, schistes et tuffeaux, granits et marbres, tout était taillé dans la pierre et le végétal avait été repoussé dans des recoins épars, au grand dam de la mère et du fils de la famille Nerrah. Il semblait à Aliosus que c'était une faute morale, issues des visions de l'esprit tourmentée de Parkinson, la forteresse de Godric's Hollow avait été conçue pour se protéger des moldus et reprenait pourtant certains de ses codes, parmi lequel le pire de tous, la déconnexion avec la nature sauvage.
Depuis qu'il avait eu son permis de transplannage, il n'avait pas encore osé rentrer à Tipp, combien de temps cela faisait-il ? Six ans peut être, déjà ? Se pouvait il seulement que ce soit vrai ? Les tapis d'herbe émeraude à perte de vue, les chardons, les joncs, le liserons dans les vieilles clôtures, le soleil frappant bas sur les hauts fonds du Port Aveugle qui ne portait jamais aussi bien son nom que lorsque la réverbération de la lumière vous éblouissait au point de vous en faire détourner le regard. L'odeur de sel lui manquait. Ici, cela sentait la pluie, la pierre, le fer forgé, du moins, jusqu'à ce qu'il pousse la porte de l'appartement, et que l'odeur de lys ne l'accueille.
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Trente et une mues
13 Octobre
Peur
Lorsque je me réveillais, je réalisais que je m'étais échoué sur un rivage inconnu. Autour de moi les restes macabres qu'une tempête qui déjà s'éloignait fiévreusement de ma mémoire s'étalaient en quelques varechs hideux. Les cadavres poissonneux étaient mêlés aux cordages et aux membres mutilés de quelque équipage moins chanceux que moi.
La plage était plane, sans fin, si ce n'était était une curieuse montagne qui semblait se dessiner à l’horizon flou de ma vision altérée par les longues heures baigné dans l'eau salée. Déjà,le sentiment de malaise s'installait sans que je ne sache le décrire correctement, il me nouait la gorge et empêchait toute satisfaction d'être en vie de s'exprimer.
Plus tard je réussi à saisir l'une des étrangetés qui obscurcissait mon humeur. Aussi obscène et écœurant qu'il fût, le festin étalé sur la plage aurait dû faire se noircir le ciel d oiseaux de mer avide d'un repas si copieux et si facile, pourtant je n'en avais pas vu un seul goéland, ni même entendu une seule mouette.
Les heures, jours ou bien minutes passèrent et mes pieds m'emmenait vers la montagne, à travers les lointaines dunes, puis l'epaisse et virginale forêt avant qu'enfin je me trouvais devant l'escalier. De part et d'autre de cet escalier, taillé dans la roche noire stilteuse, les restes alignés de choses dont je fit l'effort de ne pas imaginer la forme. Chacun des ossements démesuré était couvert de phrases dont le sens m échappait sans que je n'arrive à savoir si c'était du aux symboles graphologiques utilisés. J'approchais encore, et grimpait, inlassablement attiré par l'hideuse vision au sommet de la montagne. Cela me semblait prendre des jours et lorsque je réalisais enfin cet objectif, l'horreur me futsi grande que je du hurler, au point que lorsque je me réveillais encore, des mains blanches se promenaient sur mes tempes en en arrachant symboliquement les peurs cosmiques.
Peur
Lorsque je me réveillais, je réalisais que je m'étais échoué sur un rivage inconnu. Autour de moi les restes macabres qu'une tempête qui déjà s'éloignait fiévreusement de ma mémoire s'étalaient en quelques varechs hideux. Les cadavres poissonneux étaient mêlés aux cordages et aux membres mutilés de quelque équipage moins chanceux que moi.
La plage était plane, sans fin, si ce n'était était une curieuse montagne qui semblait se dessiner à l’horizon flou de ma vision altérée par les longues heures baigné dans l'eau salée. Déjà,le sentiment de malaise s'installait sans que je ne sache le décrire correctement, il me nouait la gorge et empêchait toute satisfaction d'être en vie de s'exprimer.
Plus tard je réussi à saisir l'une des étrangetés qui obscurcissait mon humeur. Aussi obscène et écœurant qu'il fût, le festin étalé sur la plage aurait dû faire se noircir le ciel d oiseaux de mer avide d'un repas si copieux et si facile, pourtant je n'en avais pas vu un seul goéland, ni même entendu une seule mouette.
Les heures, jours ou bien minutes passèrent et mes pieds m'emmenait vers la montagne, à travers les lointaines dunes, puis l'epaisse et virginale forêt avant qu'enfin je me trouvais devant l'escalier. De part et d'autre de cet escalier, taillé dans la roche noire stilteuse, les restes alignés de choses dont je fit l'effort de ne pas imaginer la forme. Chacun des ossements démesuré était couvert de phrases dont le sens m échappait sans que je n'arrive à savoir si c'était du aux symboles graphologiques utilisés. J'approchais encore, et grimpait, inlassablement attiré par l'hideuse vision au sommet de la montagne. Cela me semblait prendre des jours et lorsque je réalisais enfin cet objectif, l'horreur me futsi grande que je du hurler, au point que lorsque je me réveillais encore, des mains blanches se promenaient sur mes tempes en en arrachant symboliquement les peurs cosmiques.
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Trente et une mues
14 Octobre
Relique
Après la nuit précédent et ce cauchemar si vif qu'il était resté comme une impression rétinienne dérangeante, Aliosus craignait un peu l'arrivée de la torpeur du soir dans sa modeste chambre. Alice avait été assez douce pour ne pas faire référence à la nuit passée afin de ne pas le mettre mal à l'aise, mais après l'instant des voeux de bonne nuit réciproques, l'angoisse était monté irrépressiblement, comprimant d'abord sa poitrine avant de remonter dans sa gorge dans une sensation d'étouffement alarmante. Il était allé se servir un verre d'eau mais ce ne fit qu'empirer les choses, c'était comme si sa gorge n'arrivait plus à laisser passer quoi que ce soit, il sentit des muscles se contracter et le passage de quelques gorgées le mis au plus mal.
Alors il ouvrit le tiroir de sa table de chevet. L'attrape-rêve l'y attendait, il était resté à cette place depuis bientôt cinq ans déjà. Le coeur d'Aliosus se serra à cette pensée qui lui fit oublier le reste de son malaise pour le remplacer par une immense sensation de tristesse mélancolique et de regrets amers. Il savait pourtant qu'il n'en avait pas le droit, et pourtant, même si l'objet avait été un cadeau d'Irisia, elle le lui avait fait bien avant qu'ils ne se mettent en couple, aussi conservait il une certaine innocence à ses yeux. C'était lors de leur seconde rentrée à Poudlard, il lui avait offert une figurine animée de Noir des Hébrides et elle lui avait offert cet attrape-rêve enchanté venant du Pérou. Ils s'étaient revus à minuit, la première nuit, comme la première fois, la nuit de leur arrivée au château.

Elle gloussa, amusé, avant de se redresser, le regard pétillant de surprise tandis qu’elle attrapa avec délicatesse la petite boîte sombre.
« Oh Aliosus... »
Touchée, Irisia se pencha pour embrasser tendrement sa gorge, se blottissant de nouveau contre lui en l’admirant en silence. Elle se demandait bien ce qu’il se trouvait à l’intérieur…
« J’ai laissé… Cet été je suis allée au Pérou. Tu sais je t’ai écris des lettres et puis j’ai vu Rufus aussi mais ça on s’en fiche un peu. Mais moi aussi j’ai un cadeau pour toi : il est dans ma valise. C’est un attrape-rêve péruvien, avec des perles en bois et des plumes, de couleur orange. Il attire les beaux rêves et la grosse perle centrale mange les cauchemars. Il faut le mettre au-dessus de ton lit ou sous ton oreiller… C’est… C’est comme si j’étais là pour veiller sur ton sommeil... Je te le descendrai demain matin d’accord ? »
Elle lui sourit en rougissant furieusement avant de se mordiller les lèvres. La rousse se redressa et inspira profondément avant de finir par ouvrir tout doucement la boîte pour regarder à l’intérieur, son cœur se réchauffant tendrement.[/justify]

Aliosus prit délicatement son cadeau entre ses mains et le glissa sous son oreiller, l'esprit déjà un peu apaisé par le baume d'une nostalgie diffuse et cotonneuse.
Relique
Après la nuit précédent et ce cauchemar si vif qu'il était resté comme une impression rétinienne dérangeante, Aliosus craignait un peu l'arrivée de la torpeur du soir dans sa modeste chambre. Alice avait été assez douce pour ne pas faire référence à la nuit passée afin de ne pas le mettre mal à l'aise, mais après l'instant des voeux de bonne nuit réciproques, l'angoisse était monté irrépressiblement, comprimant d'abord sa poitrine avant de remonter dans sa gorge dans une sensation d'étouffement alarmante. Il était allé se servir un verre d'eau mais ce ne fit qu'empirer les choses, c'était comme si sa gorge n'arrivait plus à laisser passer quoi que ce soit, il sentit des muscles se contracter et le passage de quelques gorgées le mis au plus mal.
Alors il ouvrit le tiroir de sa table de chevet. L'attrape-rêve l'y attendait, il était resté à cette place depuis bientôt cinq ans déjà. Le coeur d'Aliosus se serra à cette pensée qui lui fit oublier le reste de son malaise pour le remplacer par une immense sensation de tristesse mélancolique et de regrets amers. Il savait pourtant qu'il n'en avait pas le droit, et pourtant, même si l'objet avait été un cadeau d'Irisia, elle le lui avait fait bien avant qu'ils ne se mettent en couple, aussi conservait il une certaine innocence à ses yeux. C'était lors de leur seconde rentrée à Poudlard, il lui avait offert une figurine animée de Noir des Hébrides et elle lui avait offert cet attrape-rêve enchanté venant du Pérou. Ils s'étaient revus à minuit, la première nuit, comme la première fois, la nuit de leur arrivée au château.

Elle gloussa, amusé, avant de se redresser, le regard pétillant de surprise tandis qu’elle attrapa avec délicatesse la petite boîte sombre.
« Oh Aliosus... »
Touchée, Irisia se pencha pour embrasser tendrement sa gorge, se blottissant de nouveau contre lui en l’admirant en silence. Elle se demandait bien ce qu’il se trouvait à l’intérieur…
« J’ai laissé… Cet été je suis allée au Pérou. Tu sais je t’ai écris des lettres et puis j’ai vu Rufus aussi mais ça on s’en fiche un peu. Mais moi aussi j’ai un cadeau pour toi : il est dans ma valise. C’est un attrape-rêve péruvien, avec des perles en bois et des plumes, de couleur orange. Il attire les beaux rêves et la grosse perle centrale mange les cauchemars. Il faut le mettre au-dessus de ton lit ou sous ton oreiller… C’est… C’est comme si j’étais là pour veiller sur ton sommeil... Je te le descendrai demain matin d’accord ? »
Elle lui sourit en rougissant furieusement avant de se mordiller les lèvres. La rousse se redressa et inspira profondément avant de finir par ouvrir tout doucement la boîte pour regarder à l’intérieur, son cœur se réchauffant tendrement.[/justify]

Aliosus prit délicatement son cadeau entre ses mains et le glissa sous son oreiller, l'esprit déjà un peu apaisé par le baume d'une nostalgie diffuse et cotonneuse.
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Trente et une mues
15 Octobre
Argenté
Elle était si belle, sa cousine.
Une silhouette frêle qui vous impressionnait pourtant par la puissance de chacun de ses gestes, une peau immaculée, que le terme de pâle salirait d'une péjoration morbide, blanche tout simplement, dont la douceur pouvait être perçue du premier regard. Des yeux comme deux lunes à la couleur et à la force de l'acier, et des cheveux, oh, des cheveux. Épaisse cascade d'écume pure, se déroulant dans une chute infinie et si souvent sculptée de torsades dont la diversité et l'élégance semblait sans cesse renouvelées. Au milieu de ce paysage d'hiver, seules touches de couleurs, des pommettes harmonieuses et des lèvres dessinées qui se partageaient le même rose pâle.
Elle était si forte aussi.
Dieux savaient comment elle parvenait sans cesse à la perfection. Pas un matin n'avait elle franchi la porte de leur appartement sans être certaine de l'image qu'elle renvoyait, et cette image était parfaite, travaillée dans les moindres détails. Aliosus qui tenait le terme de discipline en haute estime ne pouvait que constater qu'Alice l'avait élevé au rang d'un ascétisme de tous les instants. Elle ne pouvait jamais être prise au dépourvu, ni dans ses études, ni dans son travail, ni en privé, la chose était devenue impossible.
Elle n'allait pourtant pas bien, sa cousine.
Si la perfection avait toujours été son langage, elle la trahissait aussi. Le fait qu'elle ne puisse s'accorder le moindre écart, même en sa présence, était le plus cruel et le plus bel appel de détresse. Plus elle se contrôlait, et plus elle se révélait.
Il était plus que temps pour lui de trouver un moyen plus radical que les anecdotes au diner, qu'un bouquet de lys inopiné, qu'un morceau de musique française passé au grammomagique pour rétablir un contact qu'ils s'étaient promis et qui commençait à étouffer sous le vernis des apparences qu'ils n'étaient pas sensés revêtir l'un devant l'autre. Aussi il sacrifia son parchemin à rendre pour le lendemain, et en sorti un nouveau.
Argenté
Elle était si belle, sa cousine.
Une silhouette frêle qui vous impressionnait pourtant par la puissance de chacun de ses gestes, une peau immaculée, que le terme de pâle salirait d'une péjoration morbide, blanche tout simplement, dont la douceur pouvait être perçue du premier regard. Des yeux comme deux lunes à la couleur et à la force de l'acier, et des cheveux, oh, des cheveux. Épaisse cascade d'écume pure, se déroulant dans une chute infinie et si souvent sculptée de torsades dont la diversité et l'élégance semblait sans cesse renouvelées. Au milieu de ce paysage d'hiver, seules touches de couleurs, des pommettes harmonieuses et des lèvres dessinées qui se partageaient le même rose pâle.
Elle était si forte aussi.
Dieux savaient comment elle parvenait sans cesse à la perfection. Pas un matin n'avait elle franchi la porte de leur appartement sans être certaine de l'image qu'elle renvoyait, et cette image était parfaite, travaillée dans les moindres détails. Aliosus qui tenait le terme de discipline en haute estime ne pouvait que constater qu'Alice l'avait élevé au rang d'un ascétisme de tous les instants. Elle ne pouvait jamais être prise au dépourvu, ni dans ses études, ni dans son travail, ni en privé, la chose était devenue impossible.
Elle n'allait pourtant pas bien, sa cousine.
Si la perfection avait toujours été son langage, elle la trahissait aussi. Le fait qu'elle ne puisse s'accorder le moindre écart, même en sa présence, était le plus cruel et le plus bel appel de détresse. Plus elle se contrôlait, et plus elle se révélait.
Il était plus que temps pour lui de trouver un moyen plus radical que les anecdotes au diner, qu'un bouquet de lys inopiné, qu'un morceau de musique française passé au grammomagique pour rétablir un contact qu'ils s'étaient promis et qui commençait à étouffer sous le vernis des apparences qu'ils n'étaient pas sensés revêtir l'un devant l'autre. Aussi il sacrifia son parchemin à rendre pour le lendemain, et en sorti un nouveau.
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Trente et une mues
16 Octobre
Lac Noir
La rivière du Passage n'avait pas grand chose à voir pour Aliosus aux étendues d'eau qu'il avait pu fréquenter. Elle n'était pas aussi imposante que la Towy de Godric's Hollow, ni terrible comme l'océan battant les flancs des falaises de Tipp, ni omniprésente comme le Lac Noir. Somptueux Lac Noir, placide Lac Noir. Jamais plus haute vagues que le léger ressac éolien faisant mouiller éternellement les mêmes galets, les mêmes berges, les mêmes marches des pontons d'embarquement.
La première expérience du jeune Nerrah avec le Lac Noir avait été le soir de sa cérémonie de répartition, lors de la traversée en barque. On ne peut rêver mieux pour illustrer le nom de ce lac. Noir, pas d'un noir de jais, ni un noir d'ébène ni même un noir corbeau, simplement noir, totalement noir. Les jointures des mains d'Aliosus avaient blanchi lors du trajet tant il s'était accroché fort à la barque, rassuré par deux choses, l'intangible confiance naissante qu'il possédait en la magie et les enchantements qui devaient assurer sa sécurité, et la très tangible présence d'un colosse de presque deux mètres cinquante de haut pour autant de large qui avait pris place au milieu d'eux.
Aliosus avait toujours apprécié Hagrid, dès ce moment où il avait représente, face aux horreurs profondes, innombrables et innommables du Lac, une réalité terrestre, rassurante, concrète. Il parlait peu, ça tombait bien, Aliosus aimait la discrétion. Il regrettait de ne pas l'avoir remercié pour tout son travail durant ces années, peut être était le temps de lui adresser une lettre ?
Lac Noir
La rivière du Passage n'avait pas grand chose à voir pour Aliosus aux étendues d'eau qu'il avait pu fréquenter. Elle n'était pas aussi imposante que la Towy de Godric's Hollow, ni terrible comme l'océan battant les flancs des falaises de Tipp, ni omniprésente comme le Lac Noir. Somptueux Lac Noir, placide Lac Noir. Jamais plus haute vagues que le léger ressac éolien faisant mouiller éternellement les mêmes galets, les mêmes berges, les mêmes marches des pontons d'embarquement.
La première expérience du jeune Nerrah avec le Lac Noir avait été le soir de sa cérémonie de répartition, lors de la traversée en barque. On ne peut rêver mieux pour illustrer le nom de ce lac. Noir, pas d'un noir de jais, ni un noir d'ébène ni même un noir corbeau, simplement noir, totalement noir. Les jointures des mains d'Aliosus avaient blanchi lors du trajet tant il s'était accroché fort à la barque, rassuré par deux choses, l'intangible confiance naissante qu'il possédait en la magie et les enchantements qui devaient assurer sa sécurité, et la très tangible présence d'un colosse de presque deux mètres cinquante de haut pour autant de large qui avait pris place au milieu d'eux.
Aliosus avait toujours apprécié Hagrid, dès ce moment où il avait représente, face aux horreurs profondes, innombrables et innommables du Lac, une réalité terrestre, rassurante, concrète. Il parlait peu, ça tombait bien, Aliosus aimait la discrétion. Il regrettait de ne pas l'avoir remercié pour tout son travail durant ces années, peut être était le temps de lui adresser une lettre ?
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Trente et une mues
17 Octobre
Moldu
11 Juillet
Magnus avait convié son fils dans son bureau. Aliosus l'avait trouvé debout, droit, face à sa bibliothèque personnelle, comme en train de réfléchir à des choses anciennes. Aliosus ne le voyait plus beaucoup ainsi depuis qu'il entré au Conseil, encore moins depuis qu'il était devenu Patriarche. Auparavant, c'était sa principale activité, et il pouvait rester des jours durant à fouiller des parchemins anciens et des grimoires immémoriaux. Il l'avait invité et s'approcher, et lui avait confié un héritage des plus surprenant.
Seine Magie niederlegen und die Muskete nehmen.
Littéralement, déposer sa magie et prendre le mousquet.
L'ancêtre primordial de la famille Nerrah, Fulkes, avait participé avec enthousiasme aux combats de la Guerre de Trente Ans au XVIIème siècle. Nul n'était bien certain de connaître ses raisons, mais les faits étaient avérés et largement documentés. Quelques générations plus tard, lorsque la famille fut largement implanté au sein de la société sorcière et s'était élevée à un niveau de respectabilité remarquable, certains des hommes de la famille décidèrent d'un retour aux sources des plus radical.
Ils déposèrent leurs baguettes, se saisirent de mousquet moldus et s'engagèrent dans les Guerres de Successions d'Autriche dans une démarche quasi mystique de marcher sur les pas de leur ancêtre.
Avec les générations, cette tradition a pris le sens d'une repentance pour des faits particulièrement grave. Faillite, parjure, crime, les Nerrah laissaient alors un choix au fautif qui avait déshonoré la famille, rendu sa baguette et pris le mousquet. Se donner la mort avec, ou suivre les pas de Fulkes. Le nombre de Nerrah concerné a varié selon les époques et est bien incertain, tous ces bannissements ne furent pas non plus définitifs, mais bien peu furent ceux qui reprirent leur place dans la famille germanique. Magnus donna quelques exemples des martyrs déchus aux patronymes modifiés.
Félix Langmeier, dont on retrouva la trace jusqu'à sa mort à Camerone, au Mexique, avait été accusé d'adultère en 1860, trois ans auparavant.
Joseph Atalaphe, lui aussi ayant rejoint des rangs disparates d'un corps d'armée moldues après avoir cumulé des dettes abyssales de jeu, mort en 1954 au Viet Nam.
Konrad Handerstun, engagé mercenaire en Orient en 2007, le dernier en date, dont la raison n'était pas explicité, du moins, Magnus ne la lui communiqua pas.
A présent qu'il avait dix huit ans, Magnus lui avait remis un coffre, comme ceux que tous les Nerrah mâle recevaient à cet âge. Un coffre où il pourrait, si son honneur le lui dictait un jour, déposer sa magie, prendre le mousquet, et disparaitre. Aujourd'hui, ce coffre était dissimulé dans le fin fond d'un double fond de son bureau agrandi magiquement.
Moldu
11 Juillet
Magnus avait convié son fils dans son bureau. Aliosus l'avait trouvé debout, droit, face à sa bibliothèque personnelle, comme en train de réfléchir à des choses anciennes. Aliosus ne le voyait plus beaucoup ainsi depuis qu'il entré au Conseil, encore moins depuis qu'il était devenu Patriarche. Auparavant, c'était sa principale activité, et il pouvait rester des jours durant à fouiller des parchemins anciens et des grimoires immémoriaux. Il l'avait invité et s'approcher, et lui avait confié un héritage des plus surprenant.
Seine Magie niederlegen und die Muskete nehmen.
Littéralement, déposer sa magie et prendre le mousquet.
L'ancêtre primordial de la famille Nerrah, Fulkes, avait participé avec enthousiasme aux combats de la Guerre de Trente Ans au XVIIème siècle. Nul n'était bien certain de connaître ses raisons, mais les faits étaient avérés et largement documentés. Quelques générations plus tard, lorsque la famille fut largement implanté au sein de la société sorcière et s'était élevée à un niveau de respectabilité remarquable, certains des hommes de la famille décidèrent d'un retour aux sources des plus radical.
Ils déposèrent leurs baguettes, se saisirent de mousquet moldus et s'engagèrent dans les Guerres de Successions d'Autriche dans une démarche quasi mystique de marcher sur les pas de leur ancêtre.
Avec les générations, cette tradition a pris le sens d'une repentance pour des faits particulièrement grave. Faillite, parjure, crime, les Nerrah laissaient alors un choix au fautif qui avait déshonoré la famille, rendu sa baguette et pris le mousquet. Se donner la mort avec, ou suivre les pas de Fulkes. Le nombre de Nerrah concerné a varié selon les époques et est bien incertain, tous ces bannissements ne furent pas non plus définitifs, mais bien peu furent ceux qui reprirent leur place dans la famille germanique. Magnus donna quelques exemples des martyrs déchus aux patronymes modifiés.
Félix Langmeier, dont on retrouva la trace jusqu'à sa mort à Camerone, au Mexique, avait été accusé d'adultère en 1860, trois ans auparavant.
Joseph Atalaphe, lui aussi ayant rejoint des rangs disparates d'un corps d'armée moldues après avoir cumulé des dettes abyssales de jeu, mort en 1954 au Viet Nam.
Konrad Handerstun, engagé mercenaire en Orient en 2007, le dernier en date, dont la raison n'était pas explicité, du moins, Magnus ne la lui communiqua pas.
A présent qu'il avait dix huit ans, Magnus lui avait remis un coffre, comme ceux que tous les Nerrah mâle recevaient à cet âge. Un coffre où il pourrait, si son honneur le lui dictait un jour, déposer sa magie, prendre le mousquet, et disparaitre. Aujourd'hui, ce coffre était dissimulé dans le fin fond d'un double fond de son bureau agrandi magiquement.
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Trente et une mues
19 Octobre
Fourchelang
Aliosus, au fur et à mesure des années, avait accumulé en sus de ses connaissances académiques classiques, un nombre considérables de savoirs périphériques glanés de ci de là au gré des intérêts passagers, des lectures opportunistes et des travaux conjoints avec sa complice d'étude Macbeth. Ainsi les grandes figures sorcières de l'Irlande des années 1860-1920 ne lui étaient guères inconnues, tout comme quelques coutumes ésotériques du peuple Kalash dans les recoins des vallées de Bumboret, Rumbur et Birir. Il s'agissaient en général de connaissances partielles, de fragments conséquents et documentés, mais difficilement remobilisable lors d'études, de devoirs, et ne parlons pas des conversations quotidiennes...
Parmi les sujets d'études passagers qui avaient animé le jeune homme, le Fourchelangue était en bonne place. Pas qu'il s'intéresse à la capacité en elle même, elle ne semblait pas plus fantastique que cela, mais son origine et sa diffusion étaient un mystère qui lui, valait d'être étudié. Il avait passé un temps fou à chercher, présomptueusement, s'il ne pouvait pas trouver d'autres pratiquants connus qui l'aideraient à comprendre le fonctionnement de ce don. D'un côté Salazar Serpentard avait légué ce don par son sang, de l'autre, Herpo l'infâme semblait être l'unique mention de pratiquant de cette langue pendant des siècles. Et que dire des références troublantes aux traditions mythologiques mondiales, qu'elles soient indiennes, nordiques, grecques, chinoise ou sumérienne concernant le serpent primordial...
Un jour il reprendrait ce sujet d'étude, sans doute, pour l'approfondir, avant de repasser à un suivant.
Fourchelang
Aliosus, au fur et à mesure des années, avait accumulé en sus de ses connaissances académiques classiques, un nombre considérables de savoirs périphériques glanés de ci de là au gré des intérêts passagers, des lectures opportunistes et des travaux conjoints avec sa complice d'étude Macbeth. Ainsi les grandes figures sorcières de l'Irlande des années 1860-1920 ne lui étaient guères inconnues, tout comme quelques coutumes ésotériques du peuple Kalash dans les recoins des vallées de Bumboret, Rumbur et Birir. Il s'agissaient en général de connaissances partielles, de fragments conséquents et documentés, mais difficilement remobilisable lors d'études, de devoirs, et ne parlons pas des conversations quotidiennes...
Parmi les sujets d'études passagers qui avaient animé le jeune homme, le Fourchelangue était en bonne place. Pas qu'il s'intéresse à la capacité en elle même, elle ne semblait pas plus fantastique que cela, mais son origine et sa diffusion étaient un mystère qui lui, valait d'être étudié. Il avait passé un temps fou à chercher, présomptueusement, s'il ne pouvait pas trouver d'autres pratiquants connus qui l'aideraient à comprendre le fonctionnement de ce don. D'un côté Salazar Serpentard avait légué ce don par son sang, de l'autre, Herpo l'infâme semblait être l'unique mention de pratiquant de cette langue pendant des siècles. Et que dire des références troublantes aux traditions mythologiques mondiales, qu'elles soient indiennes, nordiques, grecques, chinoise ou sumérienne concernant le serpent primordial...
Un jour il reprendrait ce sujet d'étude, sans doute, pour l'approfondir, avant de repasser à un suivant.
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Trente et une mues
20 Octobre
Immortel
L'homme qui plante un chêne sait qu'il mourra avant son arbre. La vanité était un dangereux défaut autant qu'une qualité possible de sublimer dans un panache qui faisait l'étoffe de figures sorcières aussi talentueuses qu'iconoclastes, mais savoir vivre sur ce fil tendu n'était pas donné à tout le monde. L'incroyable majorité de ces personnalités n'étaient des que des flammes brèves, intenses comme des allumettes qui s'embrasaient avant de vivoter et de disparaitre. Laisser une trace n'était pas donné à tous et c'était pourtant une course à laquelle pratiquement tous les sorciers songeaient un jour ou l'autre, avec plus ou moins de force, plus ou moins d'obsession, mais par Merlin, même un moldu simiesque devait un jour songer à ce qu'il léguerait dans les âges futurs.
Tous ou presque voyait ce but par le mauvais prisme en considérant dans leur égo qu'eux seul étaient concerné, leur propre corps, leurs propres idées, leurs propres actes. En réalité, il fallait réussir à prendre de la distance et avoir suffisamment d'humilité et d'impersonnalité active pour comprendre que ces corps, ces idées et ces actes n'étaient que les vaisseaux temporaires d'un autre élément qui ne disparaissait pas, lui. Le sang. Aliosus portait le sang Nerrah, le sang Robiquet, le sang Craobaigh et tant d'autres, toutes ces lignées, tous ces noms, continuaient à vivre en lui. Il transmettrait ce sang à ses enfants, tout comme leur mère, et ils poursuivront de le porter plus loin, spatialement et temporellement. C'était le sang qui durait.
Immortel
L'homme qui plante un chêne sait qu'il mourra avant son arbre. La vanité était un dangereux défaut autant qu'une qualité possible de sublimer dans un panache qui faisait l'étoffe de figures sorcières aussi talentueuses qu'iconoclastes, mais savoir vivre sur ce fil tendu n'était pas donné à tout le monde. L'incroyable majorité de ces personnalités n'étaient des que des flammes brèves, intenses comme des allumettes qui s'embrasaient avant de vivoter et de disparaitre. Laisser une trace n'était pas donné à tous et c'était pourtant une course à laquelle pratiquement tous les sorciers songeaient un jour ou l'autre, avec plus ou moins de force, plus ou moins d'obsession, mais par Merlin, même un moldu simiesque devait un jour songer à ce qu'il léguerait dans les âges futurs.
Tous ou presque voyait ce but par le mauvais prisme en considérant dans leur égo qu'eux seul étaient concerné, leur propre corps, leurs propres idées, leurs propres actes. En réalité, il fallait réussir à prendre de la distance et avoir suffisamment d'humilité et d'impersonnalité active pour comprendre que ces corps, ces idées et ces actes n'étaient que les vaisseaux temporaires d'un autre élément qui ne disparaissait pas, lui. Le sang. Aliosus portait le sang Nerrah, le sang Robiquet, le sang Craobaigh et tant d'autres, toutes ces lignées, tous ces noms, continuaient à vivre en lui. Il transmettrait ce sang à ses enfants, tout comme leur mère, et ils poursuivront de le porter plus loin, spatialement et temporellement. C'était le sang qui durait.
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Trente et une mues
21 Octobre
Chroniques
Enfin.
Aliosus passait ses doigts fébriles sur la beauté qui trônait sur son bureau. Une Tenson & Son compact, une machine a écrire sorcière de voyage, une splendeur à ses yeux, un rebut pour d'autre, assurément, vu le prix qu'il l'avait payé dans la boutique de seconde main où il l'avait déniché. Elle devait bien avoir une trentaine d'année et accusait son âge, ses touches étaient raides, l'enrouleur grippé, mais quel bonheur il éprouvait. Il glissa une nouvelle feuille, régla la molette afin de choisir la police d'écriture qui se métamorphoserait sur les touches et commença sans trop réfléchir.
Le cliquetis mécaniques ponctuant chacun des mouvements de ses doigts était une musique bien hésitante, le clac-clac-clac semblait encore bien poussif à ces mains habituées à manier une plume et non à taper. Il commença à écrire une lettre à sa Yesenia, mais, étrangement, quelque chose n'allait pas. Était-ce justement ce bruit si métallique qui se substituait au bruit fin du grattement de la plume sur le papier ? L'absence du mouvement de la main qui accompagnait chaque lettre ? L'aspect terriblement bureaucratique que revêtait ses mots doux ? Il débloqua le chariot, décoinça la feuille et l'envoya dans une corbeille non loin.
Il contempla l'instrument. Perplexe.
Il s'y repencha, installa une nouvelle feuille sur le rouleau et se remis à écrire.
Chroniques
Enfin.
Aliosus passait ses doigts fébriles sur la beauté qui trônait sur son bureau. Une Tenson & Son compact, une machine a écrire sorcière de voyage, une splendeur à ses yeux, un rebut pour d'autre, assurément, vu le prix qu'il l'avait payé dans la boutique de seconde main où il l'avait déniché. Elle devait bien avoir une trentaine d'année et accusait son âge, ses touches étaient raides, l'enrouleur grippé, mais quel bonheur il éprouvait. Il glissa une nouvelle feuille, régla la molette afin de choisir la police d'écriture qui se métamorphoserait sur les touches et commença sans trop réfléchir.
Le cliquetis mécaniques ponctuant chacun des mouvements de ses doigts était une musique bien hésitante, le clac-clac-clac semblait encore bien poussif à ces mains habituées à manier une plume et non à taper. Il commença à écrire une lettre à sa Yesenia, mais, étrangement, quelque chose n'allait pas. Était-ce justement ce bruit si métallique qui se substituait au bruit fin du grattement de la plume sur le papier ? L'absence du mouvement de la main qui accompagnait chaque lettre ? L'aspect terriblement bureaucratique que revêtait ses mots doux ? Il débloqua le chariot, décoinça la feuille et l'envoya dans une corbeille non loin.
Il contempla l'instrument. Perplexe.
Il s'y repencha, installa une nouvelle feuille sur le rouleau et se remis à écrire.
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