Une rose flétrie en aide une autre

Je refuse d'affronter le regard de l'adulte. Trop peur et surtout trop honteuse. Mais étrangement, je me sens presque plus légère. J'entoure la tasse de lait à la cannelle de mes doigts et m'imprègne de cette chaleur rassurante qui s'en échappe. Je frissonne presque à son contact. J'hoche la tête laissant Mister O'Belt voir comment va Noémie. J'espère qu'elle va bien... elle n'a pas parlé, elle est restée... muette. Ce silence... c'est devenu tellement pesant...

Je porte la tasse à mes lèvres et laisse le liquide chaud descendre jusque dans mon estomac. C'est mieux qu'une couverture tricotée par mamie. C'est chaud et ça atteint une part de moi qu'un simple bout de tissu ne pourrait atteindre. Je tourne la tête vers le carnet et réalise que le pédiatromage n'en a fait aucune mention. Il m'a juste écouté, m'a dit que n'importe qui aurait pu réagir comme moi et m'a donné cette tasse de lait chaud. Il n'a pas posé de question. Rien. Pas même une seule.

Je crois que c'est mieux comme ça. Je veux pas en reparler de toute façon. S'il veut lire le carnet, il peut, s'il veut que j'aille dormir, j'essaierai. Tout mais plus reparler de ça. Ça fait trop mal. Comme pour exprimer cette douleur, j'éloigne le carnet de moi pour le laisser reposer dans un coin. Je visse mon regard sur la tasse de lait et prend une nouvelle gorgée. Je sens mes muscles se détendre. J'étais en constante tension, peur que cette voix revienne, que quelqu'un me reparle de tout ça. Mais aujourd'hui, c'est comme si elle avait passé un contrat avec l'adulte pour me permettre de rester loin d'elle.

276 mots

#3E0576 | 4A RP | 3A devoir | rédactrice | capitaine de la fanfare | soliste | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre ! — —