Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers

TW : pensées suicidaires, idées noires à tout le moins.


Une suite de bourrasques en opposition à son éducation. En théorie elle n’apprécie pas être si vite embrassée par un tutoiement de façade. C’est une question difficile, une tradition contre laquelle il faut lutter. Affaire de temps qui coule, on doit parfois s’y faire et les études supérieures y contribuent. Un tant soit peu. Elle a pris l’habitude de ces gens qui passent au tu facilement. Et il faut bien dire que tout cela est artificiel car dans leur langue, il n’existe aucune différence. Pour qu’on la comprenne un peu mieux, encore faudrait-il qu’on écoute l’intonation, et seulement elle. Dans tous les cas, sa camarade de promotion ne la choque pas, plus. Le vrai gouffre se situe dans des mots qu’elle a elle-même suscités. Le silence est toujours préférable mais elle serait muette s’il ne fallait parler ni de Gordon ni de l’école, ni de rien. Elle doit, donner une goutte, d’eau, de sang, de bile nul ne sait. Et une certaine envie de dégonfler l’abcès l’y pousse. Mais alors, que dire, que décrire, que confier… Elles ne sont pas dans une chambre de bonne, recluses dans un espace restreint mais intime. Elle commence par révéler qu’elle étudie à l’Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. Qu’elle a fait une année de filière Botanique, sans préciser que le but était de suivre Mère. Ensuite elle ajoute qu’elle a bifurqué en filière Hybride mais elle ne dit pas que c’est à cause de sa sœur, de l'agonie de Circéia dans des souffrances qu’elle-même refuse de creuser. Cette partie-là de sa… confession est facile, on lirait presque un sourire sur son visage tant elle adore ses études. Mais ensuite….

- J’ai…

Elle soupire, ne trouvant pas les mots appropriés à ses yeux.

-...Des raisons familiales m’ont empêchées de suivre le parcours classique de Poudlard. Mes études ont été interrompues après les BUSEs et c’est en candidate libre que j’ai passé les ASPICs. Il est un peu normal que vous n’ayez aucun souvenir de moi...

Elle oublie sciemment son séjour en Russie, ces autres années de Poudlard qui lui manquent… Un vrai parcours de dissidente, d’enfant… privilégiée par la vie ou juste malmenée. Ce n’est pas très juste de mettre sur le compte des morts l’impossibilité de continuer Poudlard. Des hauts, des bas, très hauts, très bas. Réussir dans ces conditions est inexplicable, merveilleux, impensable et pour tout dire miraculeux. Etrangement, elle n’en est pas fière, ce qui devrait constituer une immense joie en elle est insignifiant face à la douleur qui la traverse ce jour. Si elle était faible, elle aurait mis fin à ses jours avant d’entrer dans le café du Rosier. Mais elle n’est pas faite de ce bois-là. D’une certaine manière, elle résiste car elle a déjà vécu ce vide insondable, dans la forteresse de Kara, quand il faut s’oublier pour ne pas sentir la douleur, physique ou psychologique.
Le niveau d’eau est élevé, son corps est en état d’alerte, Ivanovna ne veut pas pleurer, il faut se contenir, ne jamais déborder, ce n’est pas... professionnel… Alors accepter le tu devient accessoire, même si à ses yeux c’est une proximité que l’on accorde pour la vie. Il n’est pas sûr que la serveuse en mesure le sens aux yeux d’Ivanovna. Et peut-être que sous certaines conditions il en va de même pour Herminie.

-… je veux dire… que tu n’aies aucun souvenir…

Son vécu des ASPICs… , elle n’en parlera pas. Seul moment de partage avec une troupe dont elle a compris ces jours-là qu’elle n’en était pas. Après coup, elle a choisi d’oublier, les gens perdent leur humanité quand ils passent des examens. Sans doute a-t-elle une part de responsabilité dans le souvenir qu’elle a des ces heures « estivales ». En tout cas Herminie ne faisait pas partie de la meute. En l’instant, Ivanovna ne voit qu’une chose, une inconnue manifeste un intérêt à son endroit. C’est suffisamment rare pour qu’elle soit reconnaissante. Le léger sourire apparaissant alors vient des lambeaux de son coeur. Et ses yeux laissent voir une douceur qui ne lui est pas commune.


Les poupées de notre enfance sont toutes jolies à souhait, charmantes. Pour tout dire décérébrées. Nous ne voyons en elles que le fantasme d’une vie de princesse. La beauté vide.

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Malgré sa nervosité, Herminie sent une certaine réticence, une sorte de pudeur chez la sorcière. Elle se mort la joue, papillonne des yeux, cherche plus de réponses dans les micros variations de ce visage délicat, la position de ses mains délicates et les ombres dans son regard. A-t-elle commis un impair en utilisant un langage plus direct, plus familier ? Ou est-ce le sujet plus que la manière dont elle l’a abordé ? Sa cliente semblait pourtant si curieuse à son propos. Peut-on faire preuve d’un intérêt sincère, tout en refusant de donner un peu de soi ?

Avant qu’elle ne puisse s’excuser et se rétracter, la jeune femme lui répond finalement, avec une ombre de sourire toujours délicat, mais plus chaud et entier sous la glace. En retour, elle ne peut que sourire, hocher la tête - elle se retient de demander tout de suite ce qu’est une filière hybride, n’ayant jamais étudié en détail la brochure de l’IMSM. Dans son esprit la fantaisie se corrige. Des longs cheveux blonds sur des parchemins ouvragés de délicates représentations botaniques. Des doigts blancs sur un couteau d'argent mettant au jour la stèle d'un échantillon.

A son soupir, elle a envie de s’asseoir en face d’elle, ne plus être une serveuse, mais quelqu’un avec qui on s’assoit ensemble devant une boisson et une gourmandise. Ça ne serait que justice — que c’est étrange de rester là debout devant ce qui s’avère être une confession certes policée, mais sans gloire, triste. Elle ne peut pas lui donner tort, elle ne se souvient pas d’une candidate libre pendant ses ASPICs, tout absorbée qu’elle était par les examens. Une moue désolée sur le visage, elle cligne des yeux en captant le changement de ton de la sorcière. Oh. Elle est touchée, parce que la jeune femme semble perdue dans des souvenirs douloureux, mais elle a quand même pris le temps de lui rendre la politesse. Et d'ourler ses lèvres d'un nouveau sentiment auquel elle ne peut que répondre.

"Sois assurée que je ne t'oublierai pas cette fois", lui dit-elle doucement, inclinant légèrement la tête. Elle doit retourner à son travail – ce qu'elle lui avoue, mais elle l'espère, elles auraient tout le temps de continuer cette conversation lors d'une prochaine rencontre.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

Saigne et s'ouvre PV Herminie Peers
Certaines paroles portent en elles bien plus que leur sens. Ivanovna, malgré l’immense douleur d’amour propre qu’elle subit avec la nouvelle de la situation matrimoniale de Gordon, est totalement incapable de mesurer le sens pour le moment, sent la vie en elle au travers des mots d’Herminie. Du fond de son désespoir une infime lueur jaillit. Un brin de gentillesse, une attention à laquelle elle n‘est pas très habituée.
La sorcière ne porte pas son nom ou son sang comme on porte un étendard. Plus encore, sa beauté ne lui a rapporté que des ennuis. Il est cruel dans ces conditions de devoir exister malgré tout. Elle a tenté de ne rien montrer, espérait y arriver. Mais venir ici en pensant tout oublier était une erreur. Ce fut pire, à une exception près, Herminie. Ivanovna lui sourit, du genre de ceux que l’on donne à voir quand on est très malade et que l’on craint voir l’autre pour la dernière fois. Cette rencontre renferme des possibilités mais à ce moment-là elle ne s’en rend pas compte. Ivanovna n’a qu’une chose en tête, trouver un moyen de rendre la pareille. Car une invitation en appelle toujours une autre. Elle ne se souvient déjà plus des études qu’Herminie poursuit mais cela, c’est facile à trouver. Herminie Peers, Herminie Peers, oui cette jeune sorcière qui va en tous sens dans ce café qui commence à se remplir de clients. Sécher ses larmes intérieures, ne plus rien montrer d’autre qu’une apparence agréable. Oui, elle a rougi sévèrement aux derniers mots de la serveuse. Comme un compliment du genre « vous êtes de ceux qu’on n’oublie pas ». Au bon sens qu’on peut y lire, le ton était sincère. Cette sincérité, Ivanovna l’apprécie, elle aime les gens vrais, même s’ils sont parfois rugueux. Il faut aussi accepter de se laisser décalaminer.

- C’est gentil.

Tout cela s’est passé en quelques secondes, la reconnaissance, le rougissement, l’acceptation et surtout la compréhension. Alors qu’Herminie s’en retourne déjà vers une autre table à servir, Ivanovna décide qu’il faudra faire quelque chose. Laisser un pourboire, peut-être un petit signe  en guise de sort embellisseur mais ce serait trop, peut-être. Et puis, elle ne maîtrise pas bien certains enchantements… Enchantements, ce doit être cela, l’AESM, académie des enchantements, sortilèges et métamorphose… En laisser un sur la table serait peanuts, un geste maladroit, forcément moins bien fait que ce qu’Herminie maîtrise... non, elle doit trouver autre chose.

Rentrée chez elle, Ivanovna décide d'écrire. Elle voudrait en savoir plus sur cette condisciple d'ASPICs mais elle préfère ne rien faire, sans trop savoir pourquoi. La nouvelle concernant Gordon est encore une déflagration. C'est ridicule, personne ne doit rien à personne mais il est des choses de la vie qu'Ivanovna ne peut inventer. Une enfant dans un corps d'adulte...Une orpheline. Elle ne sait comment écrire ce qu'elle voudrait. Mais ne veut pas laisser Herminie sans ... explication. Ce serait mal. Et puis, que risque-t-elle au fond ? Puisque le pire est déjà avéré.
Au moment d'envoyer le parchemin, elle hésite. non à cause d'elle mais parce que le hibou transportant ses mots est dans un état bizarre... Mais non, finalement, les petits sorts habituels, que le support s'imprègne du jasmin et puis advienne que pourra.


Image postée par le membre



Fin du RP,
ce fut un vrai plaisir, merci @Herminie Peers