A(b)ime moi, j'en (c)rêve

Quand je dis "je t'aime" à Lloyd, c'est différent de tout ce que j'ai connu jusqu'ici. Quand je disais "je t'aime" à Noah, il souriait, il m'embrassait, il me disait que j'étais magnifique. Mais il ne me le disait jamais. Il faisait glisser ses doigts sur mon visage, il corrigeait mon sourire, ma posture, il me transformait à sa manière. Quand je portais ses vêtements, j'avais la sensation de devenir une fille que j'étais pas. Ses présents ne me correspondaient pas, pas plus que ses surnoms. Avec lui je n'étais pas sa Miya comme je suis la Miya de Lloyd. J'étais sa Miya au sens très littéral de la chose. Sa copine, sa petite amie, son amoureuse. Sa fierté, son bijou à exposer. Et je pouvais pas être autre chose que ça, j'avais pas ma propre identité, il m'étouffait sous ce qu'il n'a jamais pu appeler de l'amour. Parce que ça n'en était pas. Je le sais maintenant que je suis tombée folle amoureuse de Lloyd, je le sais maintenant que l'amour me consume. C'était pas de l'amour. Alors que ça. J'observe Lloyd de mes iris noires comme mes cheveux, et tout l'amour que j'y lis est similaire à celle que j'espère qu'il voit dans mon regard. Si seulement je pouvais décrire cet amour.

Ouais, dire "je t'aime" à Lloyd, c'est pas suffisant. Quand je suis avec lui, je deviens qui je veux et qui j'ai vraiment envie d'être. Il fait ressortir le meilleur en moi, avec lui j'ai pas besoin de me cacher, j'ai pas besoin d'être quelqu'un que je suis pas. Je l'aime d'un amour indescriptible et magnifique, un amour qui a complété une partie de mon coeur dont j'connaissais même pas l'existence. Je lui dis que je l'aime parce que je veux qu'il sache que c'est vrai, que je le pense du plus profond de mon coeur, que je le ressens dans chacun de mes os, que cet amour vibre dans tout mon corps et que jamais il s'arrête. Je l'aime tellement que je pourrais le crier sur les toits et sentir que c'est pas encore assez, que je veux lui donner encore plus que tout ça. Je veux qu'il goûte cet amour.

Son pouce s'échoue sur ma joue, la caresse doucement. Un toucher familier, un toucher délicieux. Il va voguer vers mes lèvres, les effleure avec délicatesse, avec tendresse. Son souffle chaud fait frissonner ma peau, et ça n'a rien à voir avec l'air de cette nuit. Sa voix me fait de l'effet physiquement, c'est comme ça. Je lui réponds dans mon sourire, dans mon regard, dans mon buste qui se détend, mes épaules qui descendent, mes poings qui se desserrent.

« Alors faisons en sorte que ça soit notre quotidien de tous les jours », je souffle.

Silencieuse, je l'observe, je l'admire. Il s'éloigne un peu, juste assez pour attraper ses cigarettes et en glisser une entre ses lèvres. Je ne dis rien, je l'observe. Je me gorge de cette vision de lui, de ces gestes que j'ai vus tant de fois répétés et qui toujours me fascinent pour une raison qui me reste encore inconnue. Il l'allume, je vois la flamme faire rougeoyer ses traits, donner une lumière rouge et dorée à ses traits. Mon souffle se coupe, je rate un battement. Il est beau. Il est si beau que ç'en est injuste, que je comprends pas qu'il soit assis sur ce toit avec moi. Puis la flamme s'éteint, la lumière se coupe. Et son visage se dessine dans la nuit claire de mars. Le fond de l'air est frais mais je n'ai pas froid, entre ses bras je n'ai jamais froid. Il tire une taffe, lève la tête pour recracher la fumée loin de moi. Presque sans m'en rendre compte, je fais monter ma main droite jusqu'à sa mâchoire que je dessine légèrement. Je laisse courir mes doigts sur sa peau, jusqu'à ses cheveux dans lesquels ils viennent se perdre. Ses cheveux toujours colorés, toujours parfaits.

Puis il redescend ses yeux sur moi et je rate de nouveau une respiration. Le besoin pressant de lui murmurer un "je t'aime" au creux de l'oreille me prend, mais je me contente de le lui dire avec mes prunelles. Du moins pour l'instant, parce que je résiste mal à l'appel de son sourire.

Il prend ma main, je me laisse faire. Il l'embrasse sans me quitter du regard, et je suis incapable de m'empêcher de sourire. Ses mots me percutent en pleine face, mon coeur bat la chamade. Oh si seulement tu pouvais savoir tout ce que je pense de toi, tout ce que je pourrais faire pour toi. Je t'aime, je t'aime si fort que j'en ai mal, je t'aime si fort que parfois j'ai peur que ça soit trop, que ça soit beaucoup trop. « Je voudrais que toute la vie soit comme ça, je voudrais que notre vie dure pour toujours, je murmure, venant appuyer mon front contre le sien. Je voudrais ne plus jamais devoir te lâcher... » Je dépose un baiser sur son front. Puis sur sa joue. Sa mâchoire. Et je tire sur sa clope, j'inspire la fumée que je recrache en basculant la tête. La fumée se dissipe.

« Ta mère dirait que je t'ait ensorcelé, je le taquine. Que je t'ai jeté un sort, ou que je te manipule, que tu as besoin d'être sauvé... Dis-moi River, est-ce que t'as besoin que je te sauve ? »

Amusée, j'arque un sourcil et incline la tête tout près de ses lèvres, près de son sourire, et de son rire rauque. Je l'admire sous toutes les coutures. Sa mère ne m'apprécie pas trop, je crois, et si je m'entends bien avec Jude, je m'entends super bien avec son père. Je crois qu'il me voit déjà comme sa belle fille officielle, comme un membre à part entière de la maison. Ce que je dis n'est qu'une blague, j'ai tout de même du respect pour Gladys et je sais que Lloyd tient à elle, mais n'empêche que, si elle pouvait choisir elle-même, elle trouverait une fille plus sage à son fils.


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#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

A(b)ime moi, j'en (c)rêve
Ce sera notre quotidien, Miya. Je te le promets. Je ne m’imagine plus vivre avec quelqu’un d’autre que toi. Je veux que tu sois mon paysage du réveil au coucher. Je veux qu’il n’y ai plus que toi qui habite mon coeur. Toi aussi tu en as envie, hein ? Toi aussi, tu veux une éternité à mes côtés. Toi aussi, tu veux que je sois ton Lloyd pour toujours. Je ne dirai plus je t’aime à personne d’autre que toi. C’est comme si j’avais été créé pour t’aimer. C’est débile dis comme ça, hein ? C’est débile. C’est niais. Mais c’est la vérité. Maman m’a conçu pour que je vive l’amour véritable avec cette femme. Cette femme que j’aime et qui m’aime aussi.

Je veux vivre dans ses yeux pour toujours. Je m’y sens important, je m’y sens moi-même. J’ai aucun rôle à jouer avec elle. Je peux être le chien fou qu’elle a rencontré comme l’amoureux qu’elle mérite. Avec Miya, c’est simple de vivre. C’est simple d’être moi.
Je ne veux jamais que ça s’arrête. Et ça ne s’arrêtera jamais. Je nous le promets.

Son front rencontre le mien. Elle me susurre des mots rien qu’à nous, des mots d’amour, des promesse de “pour toujours”. La vie sera comme ça, mon amour. On la bouffera ensemble, ta main dans la mienne, tes yeux dans les miens. Pourquoi ça ne pourrait pas être comme ça, hein ? Tu m’aimes. Je t’aime. Rien ni personne ne pourra nous en empêcher. Si on veut l’éternité ensemble, on l’aura. De toutes façons, avec qui d’autres on pourrait la partager ? Tu es mon âme sœur, bébé. Si on y croit, à ces choses là. J’y croyais pas, avant toi. J’y croirais encore si tu me quittes. Mais tu me quitteras pas. Tu l’as dit, tu l’as dit avec la bouche, le coeur, les yeux : tu ne veux plus me lâcher.

« Alors ne me lâche pas », je murmure quand ses lèvres courent sur ma peau. Reste avec moi, pour toujours. On sait pas faire autrement, de toutes façons.

Miya parle de ma mère. Je ris, je ris franchement. Je lui ris au nez, à ce nez que j’adore venir mordre quand j’ai des pics d’énergie et qu’elle est trop près de moi.
Miya et ma mère… c’est pas quelque chose de beau. C’est la seule tâche sur notre tableau merveilleux. Maman ne la supporte pas. Elle dit que ce n’est pas une gentille fille, que ce n’est pas une fille pour moi, que je peux trouver beaucoup mieux, qu’elle finira par me faire mal, que c’est une fille de mauvais genre, qu’elle parle trop fort, qu’elle rit trop fort, qu’elle est pas assez maline, qu’elle est trop masculine, qu’elle me quittera pour une fille, que c’est toujours comme ça avec elles, que je fais une énorme connerie en la ramenant à la maison, blablabla.
Comme si aimer, c’était une connerie, t’sais.
Quand je ramène Miya à la maison, moi, tu sais ce que je vois ? Je vois qu’elle nous a rassemblé. Jude revient à la maison quand Miya est là. Papa se libère complètement avec elle. Et moi, je traine plus dans la rue depuis Miya. Elle nous a rassemblé, je te dis. Elle a redonné à ma famille les airs qu’elle avait avant. Avant la rue, avant que Jude et Maman s’entrechoquent. C’est la plus belle chose qui me soit arrivé, ma Miya. Maman comprend pas. Maman ne voit qu’une fille de mauvais genre là où moi je vois la femme avec qui je veux passer le reste de ma vie.

Je souris en coin, mes dents se découvrent un peu.

« Ça dépend… tu vas enfiler le costume de Catwoman pour me sauver ? Parce que si c’est ça, ouais, ouais ouais ouais. Je signe pour un sauvetage. » Je m’approche pour venir lui croquer le bout du nez. Ouais, il me tentait, et elle était à proximité de mes dents.

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin