Bal TW Aimer tue

"Je regrette." Qu'est-ce que je regrette le plus ? D'être partie comme une voleuse avec un secret plus grand que moi ? Un secret si grand qu'il m'a bouffée, il m'a consumée toute entière, je savais pas quoi en faire, je savais plus qui être. D'un coup j'ai eu la perspective d'un avenir avec toi et je...ça m'a fait peur. Une boule descend dans ma gorge, je sais pas quoi en faire. J'ai mal tu sais, et j'ai si mal que je le ressens physiquement. Ce départ, cette fuite, cette disparition...je sais pas comment j'y ait survécu. Et si moi j'y ait pas survécu, comment toi t'aurais pu ? Comment tu pouvais savoir ? Mille et uns sentiments se disputent à l'intérieur de moi, je sais pas quoi garder et quoi mettre de côté, mince Lloyd tu vois pas l'effet que tu me fais ? Je suffoque dans cette robe de bal stupide qui ne me ressemble pas, je souffre, je brûle, je m'étouffe. Pour toi.

Je prends une inspiration et l'observe, les yeux mouillés de larmes. Parce que je suis incapable de vivre sans Lloyd River, et cette réalisation s'enfonce un peu plus profondément dans mon coeur à l'instant où je verrouille mes bras derrière sa nuque. Là, perdue dans son regard, contre lui, mes mains contre sa peau, j'ai le coeur qui explose, la peau qui brûle. Je sais pas faire sans toi, je sais pas comment vivre avec ton absence. Elle me remplit, elle prend toute la place, je ne suis que ça.

Kallias l'a vu mieux que quiconque, je suis incapable d'aimer comme je t'ai aimé. Je t'aime.

Mon coeur fait un soubresaut, je pourrais presque le lâcher. Je m'affole, je prends peur. Comment est-ce possible ? Non, non, non. Non. Une rechute, maintenant ? T'es jamais sortie du gouffre Miya. J'ai jamais arrêté de t'aimer, et j'arrêterais sûrement jamais. Je suis désolée. Les excuses dansent sur ma langue, chatouillent mes lèvres. Mais je ne sais pas quoi en faire. Je veux être avec toi, je veux.. je... J'ai besoin de toi, j'ai besoin de lui. Et tout mon corps le hurle, toutes les cellules de mon être le réclament, elles se meurent sans lui, elles se flétrissent et disparaissent sans lui. T'avais promis. Nan, j'ai rien promis. Je suis partie parce que je le devais, parce qu'on était trop cons pour élever un gosse, parce que notre fille n'aurait pas pu vivre avec nous. Quelle fille ? La douleur explose dans mes côtes, dans mes os, dans tous mes muscles. La questions pourrait m'arracher un hurlement de douleur, un cri d'injustice, une vague de ressentiment, une montée de haine. Je pourrais aussi bien tourner les talons et tout ravager dans cette salle. Sortir ma baguette et faire exploser tous ces meubles, tout ce stupide mobilier, tout détruire.

Un sanglot s'arrache à ma poitrine. C'est douloureux, un peu comme un canif qu'on retirerait de mon corps. Et la blessure est dégueu, ça pisse le sang, ça s'arrête pas.

Prends moi dans tes bras, prends moi contre toi. Répare les parts de moi brisées. Serre moi jusqu'à ce que mes vêtements portent ton odeur, jusqu'à ce que nos peaux ne fassent qu'une, jusqu'à ce que nos âmes dansent et nos coeurs s'enlacent. Cette distance entre nous...elle me tue.

Je pourrais vivre neuf vies et ne jamais te mériter. Je pourrais faire toutes les guerres et ne jamais être à ta hauteur. Je pourrais être une guerrière invaincue et ne jamais être assez bien pour toi. Et je ferais toutes ces choses, oh si seulement tu savais toutes les choses que je ferais pour toi, les choses que je suis prête à faire pour un peu qu'elles m'assurent que tu ne fasses ne serait-ce que regarder dans ma direction. Je meurs, sans la douceur de ta peau sous mes doigts, je dépéris sans ta tendresse, sans tes yeux, sans tes tatouages, ta voix rauque, tes petites habitudes, sans toi. Ta guitare, tes Docs, ta veste en cuir, tes teintures, et ta foutue baguette que tu passes ta vie à perdre, tes chansons griffonnées partout, tes bouteilles qui trainent, tes stupides cacahuètes grillées que tu aimes, tes manies bien à toi, cette façon que t'as de plisser ton visage quand tu souris, ton odeur de tabac froid, tes clopes que tu roules et que t'allumes avec ton zippo, ta tronche abîmée mais ton regard éclairé, ton air ravi et tes murmures la nuit, tes mains autour de moi, ta chaleur, ton corps plus grand que le mien, tes boucles d'oreilles et tous ces tatouages, surtout celui dans ton cou — mes yeux passent brièvement dessus —, les problèmes dans lesquels toi seul est capable de te mettre, ta vie compliquée, ton père adorable et ta mère un peu moins, ta soeur fantastique et ton pote cool, ta passion pour les potions, toutes ces choses qui font que t'es toi et que j'te connais par coeur. J'ai jamais rien pu oublier de tout ça tu sais. Jamais.

Les frissons me secouent, je m'accroche à lui. Mon regard se floute, devient vitreux. J'ahane, je le regarde avec la force du désespoir. Je reste attachée à lui parce qu'il est tout ce que j'ai de plus vrai, tout ce que j'ai de plus réel. Il est tout ce que j'ai et je peux rien changer à ça. Je veux pas d'une vie sans toi, je veux t'embrasser encore une fois, je veux que tu prononces mon prénom encore une fois, je veux que tu me serres contre toi la nuit après un cauchemar encore une fois. Je veux que tu m'aimes encore une fois. Une larme roule de mon oeil. S'il te plait. Je te supplie.

Sa main glisse, retrouve sa place dans le creux de mon dos. La chaleur explose dans mes veines.

Une autre larme coule et moi je suis prête à tomber à genoux. Je te supplierais. Je l'ai déjà fait tellement de fois, je serais prête à me recroqueviller par terre et te prier de me garder contre toi encore un peu, juste pour que je me rappelle ce que c'est de pouvoir t'avoir.

Son front retourne contre le mien, nos souffles se mêlent. Je déglutis, la gorge sèche. Mon coeur bat à toute allure, tout mon être s'emballe. Oui. Oui s'il te plait, reste là et prends moi entre tes bras, fais-moi disparaitre du monde. Je veux me soustraire aux regards, je veux, je veux... Toi. Et l'alcool ? Où est l'alcool ? Un nouveau frisson coulent le long de ma colonne, je suis parcourue de tremblements. J'ai la fièvre, j'ai la rage, j'ai chaud. Je veux un verre, je veux qu'il me prenne dans ses bras et me laisse enfouir mon visage contre lui, je veux qu'il essuie mes larmes et me murmure que tout va bien se passer, que je ne suis pas seule et que les choses vont s'arranger. Il parle, il essaie. Rien ne sort et c'est tout mon corps qui explose. J'éclate en un milliard de petits morceaux, en une infinité de débris qui volent dans l'air. Je me dissous, je fonds.

Jusqu'à ce que sa poigne se resserre, il m'écarte de lui.

Et mes jambes me trahissent. Elles faiblissent, je m'affaisse une seconde contre son toucher. Je ne veux pas qu'il me lâche, je ne veux pas qu'il m'éloigne de lui. Reste. Reste comme je n'ai pas su faire, reste comme j'aurais dû le faire, reste. N'importe quoi mais reste, s'il te plait.

Ma respiration est saccadée, de la ressens dans chacun de mes os. Et cette chaleur. Et son regard.

Le temps s'arrête une seconde. Tout s'arrête, tout se stop. Les gens cessent de danser, à vrai dire ils n'existent même plus. Les aiguilles cessent de tourner, mon coeur de battre, nos corps de vieillir. Plus rien n'a d'importance excepté la manière dont il me regarde. Je reconnais cette rage, je reconnais ce besoin, je reconnais cette envie. Je veux lui crier de céder, de me céder. Je veux lui demander de lâcher prise, je veux qu'il m'écoute, je veux qu'il ignore tout le reste. Ce soir je veux être idiote, je veux faire une chose idiote. Ce soir je ne veux plus être Miya Ryuū, je veux être sa Miya. Ryuk, la pirate, bébé ou peu importe le nom, je veux redevenir cette jeune adulte dont il est tombé amoureux. Je veux me retrouver dans sa peau, je veux me rappeler comment c'était que d'être aimée par toi, par lui, par Lloyd. « S'il te plait. » La supplique m'échappe.

Je crois. Je saurais jamais.

Il m'embrasse.
Je l'embrasse.

Le monde retrouve son sens, mon monde retrouve son sens.

Et
_mon coeur
__s'emballe
___et s'emballe
____et perds
_____les
______pédales
_______...

Ses lèvres viennent trouver les miennes, sa bouche rejoint ma bouche, toute mon âme s'éveille. Il ne me lâche pas, il ne s'en va pas. Il m'embrasse. Il. M'embrasse. Lloyd. M'embrasse.

Je veux t'aimer et te chérir.
Je veux t'embrasser et te faire rire.
Je veux m'éveiller à tes côtés et voir ton sourire.

C'est un incendie, c'est un véritable feu, une fournaise, de la lave en fusion qui se déchaîne.

Embras(s)e-moi.
___Et je verrais le jour.
______Se lever sur mon coeur.

Mes mains remontent, se perdent dans ses cheveux que je caresse et dans lesquels j'emmêle mes doigts.

La flamme dans mon corps grandit et vient tout consumer. Je pourrais mourir à l'instant que je ne m'en rendrais pas compte. Parce que tout mon monde vient de retrouver son sens, le monde en entier vient de prendre sens. Je comprends tout. L'alcool. Le tabac. Les cris. Les coups. La fuite. Le Japon. Elle. Notre futur volant en éclats. Dix années. Oh j'avais honte, si tu savais comme j'avais honte, comme je me tuais de honte toutes ces années.

Je respire vite. Je respire bien. Tout a retrouvé son sens, mon monde est redevenu correct.

Et moi ? Je suis retombée amoureuse.

Alors que tes lèvres accrochent les miennes.
C'est mon âme que tu viens chercher.
Et c'est mon coeur que je t'offre.

Oh Lloyd River que venons-nous de faire ?


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1692 mots

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Bal TW Aimer tue
Ses lèvres épousent les miennes. Plus jamais je ne veux m’en détacher. Elles sont faites pour se retrouver envers et contre tout. Quand je t’ai écrit que je mourrai pour toi, Miya, je le pensais. Cette promesse m’éclate en pleine gueule, martèle mes tempes. Je crois n’avoir jamais cessé de t’aimer. Je pensais avoir réussi à t’oublier, je pensais avoir réussi à tirer un trait sur toi… mais c’est qu’un foutu mensonge que ma raison m’a murmuré pour me garder en vie.
Je mourrai pour toi, Miya. Et je meurs de te retrouver. Je meurs à l’idée que tout pourrait recommencer. Je meurs de t’imaginer redevenir mon paysage familier. Je meurs de sentir à nouveau tes doigts se resserrer dans mes cheveux pour que nos baisers durent pour toujours, comme nos je t’aime. Ils n’ont jamais cessé de battre. Jamais. Je le sais. Je le sens dans tes lèvres. Je le sens dans ton cœur qui bat contre le mien.
Je mourrai pour toi, Miya. Et j’ai bien failli le faire. Mais si il faut souffrir pour te ressentir à nouveau, je me promets aux Enfers. Rôtir dans les flammes vaut bien le coup si c’est pour t’avoir à nouveau contre moi, comme il y a dix ans.

Mes paupières se ferment avec force alors que mes lèvres s’offrent aux siennes avec plus de dévouement que jamais. Elles goûtent le parfum du whisky que je lui ai toujours associé. Whisky que je bois toujours en pensant à elle, que je buvais pour retrouver la sensation de ses lèvres contre les miennes. Si je n’ai pas sombré dans l’alcoolisme, c’est bien parce que j’étais déjà accro à elle. A elle, la femme qui m’a couronné roi, qui m’a offert un royaume qui portent son nom. Elle me l’a arraché. Et aujourd’hui, Miya me laisse retrouver le parfum que je n’ai jamais oublié. Ma Reine aux yeux noirs comme l’encre, aux cheveux sombres comme des rivières d’obsidienne… laisse moi retrouver mon royaume. Je t’en supplie. Que ce baiser ne s’arrête jamais. Qu’il soit le premier d’une armée que tu me laisses récupérer. Je t’en supplie, Miya. Tu ne sais pas combien j’ai essayé de t’oublier sans jamais y parvenir. Comment j’aurai pu, hein ? Ils auront eu beau tout faire pour éteindre ton souvenir, on ne détruit pas un Soleil.

Mes doigts ne la quittent plus. Ils la tiennent comme si ils savaient qu’elle pourrait s’échapper à tout moment. Ils la tiennent comme ils accrochaient encore les ombres lorsque mon âme cherchait la sienne dans ma chambre plongée dans le noir. Ils la tiennent comme une bouée au milieu d’un naufrage. Le notre, Miya. Celui qui a fait de moi une épave, sans que je ne sache jamais pourquoi je le suis devenue.
Pourquoi, Miya ?
Je voudrai que tu me le dises. Là. Maintenant. Contre mes lèvres. La curiosité bombarde mon cœur qui bat déjà bien trop fort. Pourquoi t’es partie, Miya ? Pourquoi t’es revenue ? Pourquoi tu m’embrasses comme si toi aussi tu voulais me retrouver alors que c’est toi qui m’a abandonné ? Pourquoi t’as condamné notre histoire ? Pourquoi tu as fait de nos "je t’aime" éternels des promesses branlantes ? Pourquoi tu m’as arrachée ton parfum devenu mon oxygène ?
Pourquoi, Miya ?
Dis le moi. Mets un terme à dix années de questions sans réponse. Fais le. Je n’ai plus la force de te le demander, pas plus que je n’ai le courage de le faire. J’ai peur que tu t’échappes si nous déterrons le passé. J’ai peur, Miya. J’ai peur de la vérité autant que j’en ai besoin.

Je te hais autant que je t’aime.

Je te quémande autant que je veux te repousser.

Je meurs dans tes bras autant que j’y revis.

Je m’accroche plus fort à elle. Ma main dans la chute de ses reins la pressent contre moi. Tout autour de nous meurt ce bal qui n’a jamais voulu de nous. N’existe plus que son corps contre le mien, son âme retrouvant le chemin de la mienne.
Je suis amoureux, Miya. Je n’ai jamais cessé de l’être. Il suffisait que tu souffles sur la poussière accumulé sur mon cœur, protégeant les cicatrices du regard extérieur. Là, tout contre toi, il bat à nouveau comme il n’aurait jamais dû cesser de battre. Arrache le moi. Reprends le. Il t’a toujours appartenu.
Et je crève qu’il ne se soit jamais arrêté de t’appeler malgré tout mes efforts.

744 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin