Libre Petites affiches 2.0

Lonely avait entendu parler des affiches bien avant d’en voir une elle-même. Dans les couloirs, les murmures avaient commencé tôt.
Quand elle finit par en trouver une, collée de travers sur un mur de pierre près d’un escalier, elle ralentit sans s’en rendre compte. Le papier avait l’air abîmé, comme si quelqu’un avait essayé de l’arracher ou de l’attaquer. Les coins étaient froissés, et l’encre rouge qui avait été ajoutée par-dessus jurait avec le reste de l’affiche. Lonely resta immobile quelques secondes. Elle lut les mots, puis les relut. Ses doigts se serrèrent un peu sur la lanière de son sac.

Elle connaissait déjà l’expression mais toujours pas sa signification exacte elle en avait une idée. Elle l’avait entendue parfois, murmurée à voix basse, un mot sale que certains élèves utilisaient quand ils pensaient que personne ne les entendait. Mais la voir écrite comme ça, en grand, au milieu d’un couloir de Poudlard… c’était différent, beaucoup plus réel. Un petit frisson désagréable remonta le long de l'échine.

Elle pensa à sa mère. Puis à son père. À leur maison à Londres, à la cuisine souvent couverte de farine, aux plantes magiques posées sur les rebords de fenêtre, aux livres moldus empilés sur la table. À la radio qui jouait parfois pendant que sa mère préparait des gâteaux. À la façon dont son père regardait encore certains petits sorts avec émerveillement. Chez elle, les deux mondes existaient simplement côte à côte. Personne n’avait jamais trouvé ça étrange.

Lonely fronça légèrement les sourcils en regardant l’affiche. Elle ne comprenait pas pourquoi certaines personnes semblaient avoir tellement besoin de décider qui avait le droit d’exister et qui ne l’avait pas. Une partie d’elle se demanda qui avait fabriqué ces affiches. L’élève qui avait pris le temps d’écrire tout ça, de dessiner, puis de les coller dans le château pendant que tout le monde dormait. C’était courageux… ou peut-être dangereux. Et puis quelqu’un d’autre était passé après, pour écrire ces mots rouges par-dessus et déchiré l'affiche avec colère.

Elle leva légèrement la main vers l’affiche mais elle s’arrêta avant de toucher le papier. Le sort de glu devait encore tenir. Alors elle resta là un moment, immobile dans le couloir presque vide, à réfléchir.
Peut-être que les adultes avaient déjà décidé de tout ça depuis longtemps. Peut-être que les élèves répétaient seulement ce qu’ils avaient entendu chez eux. Mais Lonely se dit qu’une chose était sûre : si des gens pouvaient écrire des mots aussi violents sur un mur, alors il fallait sûrement aussi des gens pour écrire autre chose, des mots un peu plus doux, plus agréable et chaleureux.

Finalement, elle reprit son chemin dans le couloir, le pas un peu plus lent que d’habitude, l’esprit rempli de questions qui ne trouveraient probablement pas de réponse tout de suite.

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Petit OS pour moi aussi, merci de l'opportunité ^^

Couleur : #cf005a
PR 1A
L'autre moitié d'Elizabeth Johnson