Jeu à sessions Histoires brodées

Résultat session n°3

Merci pour vos participations. Vous avez eu de belles idées pour réunir ces 3 dates ! :D

Place au podium

🥇 Benjamin Graham
Remporte 8 points

🥈 Cinaed Wallace
Remporte 6 points

🥉 Eric Leroy Grimm
Remporte 4 points

Autres participants (par ordre de réception) : Taryn O'Criwght et Isabella Pifors


Pour ces trois dates, vous aviez le choix des événements :
- 1943 : ouverture de la chambre des secrets par Tom Jedusor / mort de Myrtle Warren / assassinat du père de Tom Jedusor de la main de son fils, etc.
- 1855 : Disparition de Violette Tillyman dans le réseau de cheminette / Priscilla Dupont devient Ministre de la magie.
- 1493 : Naissance de Paracelse

Je vous invite à découvrir toutes ces belles créations :

Benjamin Graham :
Reducio
Les trois propriétaires du livre vert

Le livre n’avait jamais eu de titre.
Sa couverture était faite d’un cuir vert sombre, presque noir, et ses pages sentaient les plantes séchées, le soufre et quelque chose de plus difficile à définir.
Sur la première page, une seule phrase avait été écrite à l’encre brune :
Celui qui comprend le langage des serpents découvre des vérités que nul autre n’ose écouter.
En dessous figurait un nom.
Paracelse.

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1493 - Le premier propriétaire

Lorsque Paracelse naquit, en 1493, personne ne pouvait encore savoir qu’il passerait une grande partie de son existence à contester ce que les autres tenaient pour sûr. Il remettait en cause les médecins, les savants, les alchimistes et, plus généralement, tous ceux qui lui expliquaient qu’une chose était impossible simplement parce qu’elle ne figurait dans aucun livre.

C’est peut-être pour cette raison qu’il fut le premier à prendre au sérieux les serpents. Durant plusieurs années, il nota leurs sons, leurs réactions, leurs silences. Il compara les espèces, remplit des dizaines de pages de signes étranges et finit par comprendre une chose extraordinaire : certains sifflements n’étaient pas de simples bruits. Ils formaient une langue. Il appela cette langue le Fourchelang.
Mais sa découverte ne s’arrêta pas là.
Un soir, alors qu’il interrogeait un très vieux serpent rapporté de Grande-Bretagne, Paracelse lui demanda :

"Existe-t-il un endroit où les tiens vivent parmi les hommes sans être vus ?"

Le serpent resta longtemps silencieux. Puis il répondit : "Oui."

Paracelse saisit sa plume, avide d'en savoir plus. Le serpent siffla une longue phrase. Paracelse le fit répéter trois fois. Il ne comprit pas tout. Certains mots appartenaient à une forme très ancienne du Fourchelang. Mais il nota ce qu’il put dans son livre vert :
Sous le toit aux multiples maisons, la connaissance. Sous la pierre, une porte. Derrière la porte, le Roi.
Paracelse consacra plusieurs pages à cette énigme. Il supposa que le « Roi » désignait un serpent d’une taille ou d’une puissance exceptionnelle. Il envisagea même une espèce inconnue.

Puis il mourut.
Le livre vert disparut.

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1855 - La deuxième propriétaire

Trois siècles plus tard, le livre reparut dans les réserves du Ministère de la Magie. Personne ne sut expliquer comment il était arrivé là.
Cette année-là, Priscilla Dupont venait de devenir ministre de la Magie. Elle reçut le manuscrit presque par hasard. Un archiviste avait découvert, au milieu de notes alchimiques sans grand intérêt administratif, les pages consacrées au Fourchelang. Il avait immédiatement reconnu le nom de Paracelse.
En feuilletant le livre, la Ministre tomba rapidement sur cette phrase, écrite et réécrite sur plusieurs pages.
Sous le toit aux multiples maisons, la connaissance. Sous la pierre, une porte. Derrière la porte, le Roi.
Elle relut la phrase une deuxième fois. Puis une troisième.

"La connaissance et plusieurs maisons..." murmura-t-elle.

L’archiviste, debout devant son bureau, évitait son regard.

"Oui, Madame la Ministre.

- Vous pensez à Poudlard ?

- Je pense que tout le monde pensera à Poudlard."

Priscilla Dupont referma lentement le livre.
Elle ordonna une enquête discrète. Pendant plusieurs mois, deux agents du ministère examinèrent les plans connus du château, interrogèrent d’anciens directeurs et cherchèrent la trace d’une salle souterraine inconnue.

Ils ne trouvèrent rien.
Aucune porte. Aucun serpent. Aucun « Roi ».

L’affaire devint embarrassante. La presse commença à évoquer, à mots couverts, les « lubies archéologiques » de la nouvelle ministre. Priscilla Dupont finit par interrompre les recherches.
Avant de rendre le manuscrit aux archives, elle ajouta néanmoins une note au crayon dans la marge :
Nous n’avons rien trouvé. Cela ne prouve pas qu’il n’y a rien.
Le livre vert fut classé.
Puis oublié.

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1943 - Le troisième propriétaire

En 1943, un jeune employé du ministère fut chargé de rechercher d’anciens documents concernant Poudlard.

Une élève venait de mourir. L’école était menacée de fermeture.

L’affaire était confuse. Plusieurs élèves avaient été attaqués avant elle. Certains parlaient de bruits étranges dans les couloirs. D’autres affirmaient avoir entendu une voix. Une voix que tout le monde ne pouvait pas percevoir.

L’employé passa deux jours dans les archives. Le troisième, il trouva le livre vert. Il lut Paracelse. Puis la note de Priscilla Dupont. Il resta longtemps immobile.
Sous le toit aux multiples maisons, la connaissance. Sous la pierre, une porte. Derrière la porte, le Roi.
Il demanda aussitôt à consulter les dossiers concernant les créatures serpentines. Quelques heures plus tard, il tomba sur un ouvrage de classification ancienne.
Une phrase y avait été soulignée : Basilic : parfois nommé Roi des Serpents.

L’employé referma le livre si brutalement qu’il se coupa un doigt avec le bord d’une page. Le sang tomba sur le bureau. Il ne le remarqua même pas. L’employé se leva, prit le livre vert et courut jusqu’au bureau de son supérieur.
Mais lorsqu’il arriva, la décision était déjà prise. Le coupable avait été trouvé. Un élève avait été accusé. Le monstre, disait-on, avait été neutralisé. L’école resterait ouverte.

Le dossier était clos.

L’employé tenta de protester. Personne ne voulut l’écouter. Après tout, les preuves semblaient suffisantes. Après tout, Paracelse était mort depuis des siècles. Après tout, Priscilla Dupont avait déjà fait chercher cette porte en 1855, et elle n’avait rien trouvé.
Le livre vert retourna donc aux archives.
Sur la dernière page, l’employé ajouta une phrase. Une seule.
Ils se trompent. La porte existe encore.
Puis il referma le manuscrit.
Quelque part, très loin sous les pierres de Poudlard, quelque chose ouvrit les yeux.

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Quiconque retrouverait aujourd'hui ce livre vert pourrait découvrir quelques lignes plus récentes écrites sur sa dernière page, d'un auteur inconnu.
Les humains appellent génie celui qui découvre une vérité trop tôt.
Ils appellent fou celui qui tente de les prévenir.
Puis, lorsque le monstre se réveille, ils demandent pourquoi personne ne les avait avertis.


Cinaed Wallace
Reducio
La table du salon avait été débarrassée de sa nappe de soie et même le joli vase à la forme alambiquée avait été déplacé jusqu'à la commode dans l'entrée. A la place se tenaient sur la surface de bois un plateau de jeu magique. Les pions s'y déplaçaient avec délicatesse, écoutant avec révérence les réponses données par leur propriétaire pour savoir quand ils pouvaient avancer d'une case ou quand, en cas de mauvais réponse, ils devaient reculer.

Sur 4 pions, seul un était proche de l'arrivée. Le plateau circulaire offrait quelques heures de jeu mais il était évident que la partie se terminerait bientôt. Thaddeus, le digne possesseur du pion rouge qui se rapprochait de la fin, se permettait même quelques blagues alors qu'il s'empiffrait d'amuse-bouches, sous les cris de colère des trois autres sorciers attablés. Il proposait toujours de jouer à Magicoculture durant les diners qu'ils organisaient, lui et sa femme. Il s'agissait d'un jeu de questions de culture générale et également de son jeu de plateau préféré car il était toujours celui qui remportait les parties. Il n'aimait pas perdre, Thaddeus, et tout le monde le savait.

Henry, le pion bleu, prit une carte. C'était à Jeanne de répondre à une question et la carte que le vieil homme venait de piocher indiquait "Question d'histoire".

- Quel est l'évènement marquant de l'année 1943, considérée comme une des années prémices de la première Guerre des Sorciers ? Ouh, difficile celle-ci !

Dans quelques heures, l'horloge sonnerait la nouvelle année et, en 2051, peu nombreux étaient les sorciers qui se souvenaient ou lisaient à propos des premières Guerres. On se concentrait plutôt sur la politique actuelle.

- Merlin, je n'en ai aucune idée Henry ! Est-ce que ce serait... Je sais pas moi, la création de Nurmengard ? Ou Azkaban, peut-être ?

Un soupir sonore s'échappa de Taddeus et fut bien vite ignoré par les deux autres. Elena, dernière joueuse, s'afférait en cuisine à quelques mètres de là et revenait jouer quand il était à son tour de répondre à une question. De là, où elle était, elle n'avait pas vu sur le plateau mais pouvait entendre les autres.

Ainsi, elle entendit parfaitement Thaddeus s'exclamer - après la troisième mauvaise réponse donnée par Jeanne - d'une voix presque énervée :

- Mais enfin ! Apprenez vos classiques, mes amis ! Il s'agit évidemment de l'année d'ouverture de la chambre des Secrets par le tristement célèbre Tom Jedusor. Je crois même me souvenir qu'il assassinat son père dans les mois qui suivirent. C'est un classique, vous savez !

- Comment tu peux savoir tout ça toi, déjà ? Ce n'est même pas amusant de jouer si tu triches, tu sais ! répliqua Henry histoire de protéger l'ego de sa femme, Jeanne, qui commençait à faire la tête. Le repas entre amis commençait à tourner au vinaigre à cause de leur hôte.

- En fait, c'est assez simple à retenir. Parce que vous savez, à l'époque, une des mes arrières-grands mères était très amie avec une autre fille, qui connaissait une fille qui elle-même s'amusait à harceler - rien de bien méchant, évidemment - une gamine nommée Mimi. Et devinez quoi ? Elle est morte cette année là, bam, après avoir vu le monstre libéré par Jedusor dans les yeux. Et puis, le reste, ce n'est qu'une histoire de bon sens : tout le monde sait que Jedusor a assassiné son père, voyons.

Jeanne roula des yeux vers son mari. Evidemment, Thaddeus connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui.... C'était toujours comme ça. D'ailleurs, le futur gagnant était toujours en train de papoter sur le côté, et quand Jeanne se remit à l'écouter, elle eut du mal à comprendre comment la conversation avait pu tourner sur une autre date sans qu'elle s'en soit rendue compte. Mais bon, Thaddeus adorait étaler son savoir, à croire qu'il ne vivait que pour ça.

- Mais tout ça n'est pas à confondre avec l'année 1493 ! Il est facile de faire l'amalgame, vous savez, puisque les deux datent se ressemblent mais l'année 1493 est aussi très importante pour l'histoire sorcière ! On parle quand même de la naissance de Phillipus von Hohenheim, enfin, vous ne devez le connaître que sous le nom Paracelse, mais c'était un très grand homme. Il a quand même inventé le Fourchelangue, et plein d'autres choses ! Après tout, il a vécu à la même époque que De Vinci, ce n'est pas rien, et si vous étudiez bien ses œuvres vous pouvez vous rendre que...

Elena était arrivée dans son dos et, quand elle posa ses deux mains sur les épaules de Thaddeus, celui-ci se tut enfin. Elle lui déposa un baiser sur la joue, suivit d'un :

- Laisse donc nos invités tranquilles. Et puis, c'est à ton tour de jouer, tu pourras suffisamment parler avec ta question, pas besoin de les enterrer sous un nouveau discours.

- Elena, bénie soi-tu, femme ! s'exclama Henry qui se pressa à passer le paquet de cartes à Jeanne. Son pion à elle n'avait pas avancé mais celui de Thaddeus vibrait déjà à l'idée d'avancer d'une nouvelle case.

Elle sorti une carte du baquet d'un geste sec mais gracieux et, après s'être raclée la gorge, posa :

- C'es encore une question d'histoire ! Qui était le ou la Ministre de la Magie en 1855 ?

Elle observa Thaddeus et, avant qu'il ne puisse parler, ajouta :

- Allez, tu vas nous raconter l'histoire d'une tante qui y était parce que bla, bla et bla ?

Fier, Thaddeus remonta le menton et Elena s'éloigna de lui en levant les bras de défaite afin de retourner à la cuisine. Si son intuition était bonne, le jeu se finirait bientôt et son rôti ne devait pas rester au four trop longtemps non plus.

- Alors, vous allez rire ! En fait c'est assez cocasse parce que, vous savez, à l'époque c'était en plein dans les élections. Et je me souviens bien qu'une grande tante, à cette époque, concourrait pour le championnat de potions des écoles de sorcellerie. La 65ème édition, si ma mémoire est bonne - mais elle l'est toujours - et, c'est drôle, parce qu'elle n'a pas gagné malheureusement mais elle avait raconté à ses fils, qui eux-mêmes en ont parlé à la famille, qu'à l'époque la politique se divisait entre deux femmes, et que les élections n'étaient pas loin du championnat, ce qui amenait les candidats à être un peu déconcentrés, vous voyez. Mais enfin, trêve de blablateries : Cette question manque de clarté car, en fait, en 1855 nous avons eu deux femmes Ministre de la Magie. Et oui, des femmes à la politique déjà à cette époque ! Je trouve ça chouette, pas vous ?

Mais, en voyant que plus personne ne l'écoutait, il termina avec un :

- Enfin bref, il s'agit évidemment Evangeline Orpington, la ministre sortante et de Priscilla Dupont qui a été élue après elle. D'ailleurs, Evangeline connaissait un de mes arrières grands pères et...

- Oh, j'en ai plus qu'assez de tes discours ! A t'entendre, ta famille connait tout le monde ! Tu es sûr que tu n'as pas de lien avec Emerald Wighters, tant qu'à faire ?

Thaddeus eut l'audace de réfléchir quelques secondes avant d'ajouter :

- En fait...

Mais Henry avait déjà commencé à remballer le plateau de jeu et Jeanne, quant à elle, avait fuit dans la cuisine pour aider Elena à apporter les plats.

- C'est toujours pareil quand on joue avec toi, il n'y a même pas un peu de surprise, c'est même pas la peine de finir de jouer ! Tiens, voilà le rôti : fais nous plaisir, mange et tais toi tu veux ?


Eric Leroy Grimm
Reducio
ᔕEᖇᑭEᑎT, ᗩᗰOᑌᖇ ET TᑌEᖇIE

ou comment fourchelangue et poudre de cheminette ne font pas bon ménage
XVe siècle, l'église impose sur le monde moldu un pouvoir absolu. Les sorciers sont traqués et persécutés. Le seul rempart contre cette tyrannie se dresse fièrement : la science. Des génies naissent les uns après les autres. Tous les sujets y passent. Léonard de Vinci révolutionne les arts, l'ingénierie et la biologie tandis que Copernic se dresse contre les idéologies cléricales avec ses découvertes astronomiques révolutionnaires. Tous aident à fonder les sciences moldu d'aujourd'hui. Mais qu'en est-il de ses autres sorciers de renoms qui se cachent derrière ces noms, qui, pour échapper à la chasse aux sorcières, font passer sous le cachet des recherches scientifiques leurs utilisations de la magie ? Image postée par le membre
1493 Dans ce tumulte historique naît Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim, ou Paracelse. Un homme, deux vies: une moldu et une sorcière, et un équilibre fragile. Entre ministère et surveillance ce potionniste de génie, ce médecin moldu, ce maître en magie se révolte. Il révolutionne. Si son nom résonne encore de nos jours dans les oreilles de toutes et tous c'est grâce à son génie qui offrit à la sorcellerie de nombreuses découvertes dont celle, majeur, du fourchelangue. Son héritage s'est alors transmis de génération de sorcier en génération de sorcier tandis que les moldus ne voyait en lui qu'un "médecin"
Image postée par le membre Grâce à sa découverte il rencontra sa femme Margaret Smith, qui ne fut attirée que par sa science, et pu avoir une descendance.
De génération en génération jusqu'en 1830. 400 ans sont passés. 400 ans de mélange génétique qui, depuis Paracelse, ont permis la naissance d'un descendant, Albert Tillyman. Ignorant tout de son affiliation avec ce sorcier de génie, Albert vit une existence commune.
Pas de talent particulier, pas de rêve irréalisable, un sorcier comme tant d'autre qui n'avait de spéciale que sa maîtrise du Fourchelangue. Mais un sorcier colérique et instable, un sorcier qui épousa une femme tendre et sensible. Une femme, Violette, sorcière d'une famille de sang-pur, qui marqua l'histoire à sa manière après avoir provoqué le plus bel incident de poudre cheminette de l'histoire.
Tout s'est déroulé en 1855 quand Violette quitte la maison en poudre de cheminette et ne prononce pas correctement sa destination. Se retrouvant dans une cheminée qui lui était complètement inconnue, elle ne s'attendait pas à tomber raide amoureuse de son propriétaire, un sorcier de sang-pur, Myron d'Outrechaume. Et qu'elle ne fut pas la surprise de tout le monde magique quand plus de vingt ans plus tard elle refit son apparition alors qu'elle ne s'était pas manifesté avant même à l'annonce de la mort de son premier mari. Enfin Violette et son nouvel époux eurent 7 beaux enfants, tous magiciens et presque tous répartit à Serdaigle lors de leurs études. En effet, leur dernière fille Carolina d'Outrechaume fut la seule répartie à Serpentard en 1872 où elle fit la rencontre d'un fier descendant de la famille Gaunt. Des années plus tard, elle se lia par la mariage à cet homme en qui elle épongeait sa soif de découverte avec le fourchelangue qu'il parlait et qu'elle avait découvert par sa mère.
Et c'est ainsi que put se développer la tristement célèbre famille des Gaunt. Entre 1888, année de mariage de Carolina et le Cuthbert Gaunt, et le XXe siècle, il y eut la naissance d'un être dont le monde magique dans son intégralité aurait voulu se passer: Tom Marvolo Riddle, plus connu sous le nom de Voldemort. Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcé-le-nom fit trembler, comme tous nos lecteurs savent, le Royaume-Uni dès son enfance. Il commença ses crimes et son ascension au pouvoir quand il était encore à Poudlard. Image postée par le membre
Sa toute première victime fut à déplorer en 1943. Il alla libérer des tréfonds du château le monstre serpentesque qu'y avait placé son ancêtre direct: le Basilic de Salazar Serpentard. Grâce à ses yeux meurtriers Tom M. R. réussis à assassiner Myrtle Elizabeth Warren, une née-moldue de Serdaigle qui plus tard sera surnommée Mimi Geignarde.
Ainsi, lorsqu'un historien voudra mettre Paris en bouteille avec ses "si", il pourra dire: Si Paracelse n'avait pas travaillé sur le Fourchelangue en l'an 1493 alors, 450 ans plus tard, Lord Voldemort n'aurait jamais pu faire sa première victime et ne serait même pas né. Ainsi, découverte scientifique de génie et simple accident de cheminette peuvent mener à l'une des plus importantes tueries qu'à connu le monde magique.

Erik L. Krimm


Taryn O'Criwght
Reducio
Journal d'un fou
A travers ces lignes, vous parcourez la folie de Finn Wulli. Persuadé d'avoir été Paracelse, Victoria et Tom à la fois, ce jeune homme consigne dans son journal les vies qu'il croit avoir menées.
17 février 2051 :
Un étrange bruit résonne dans ma tête depuis ce matin. Je suis hors de mon corps, et pourtant bien présent. Tu la connais, toi aussi, cette impression furieuse d'être l'imposteur de son propre corps ? Ma mère ne la connaît pas. J'en suis certain, parce que quand je lui en ai parlé, elle a dit "oh non, il recommence !". Je pense qu'elle est jalouse. Mais cela dit, elle avait l'air vraiment inquiète. M'enfin, c'est pas mon problème. Puisque ce n'est même pas ma mère. Ah ça, non ! Elle aura beau me le répéter, je sais bien que ma véritable mère est morte il y a des années. Elle est morte quelques heures après m'avoir donné naissance. En 1493, si mes souvenirs sont bons. Je me rappelle les dernières lueurs de son regard, avant qu'elle ne murmure "Je t'aime, Paracelse. Crois en toi, et le reste suivra." Puis, la lumière dans ses yeux c'est éteinte. Et... non, je ne me rappelle plus. D'ailleurs, voilà que mes pensées se voilent à nouveau d'un brouillard épais. Je vais arrêter d'écrire pour le moment, je crois.
5 mars 2051 :
Face à moi, se tiennent mes parents. Ils me regardent, tremblants. Depuis ma dernière "crise", comme ils l'appellent, ils n'arrêtent pas de me fixer de manière larmoyante. Allez savoir pourquoi. Peut être à cause de ces mots de sorciers qui ont dit "Nous sommes désolés, nous ne pouvons rien faire pour lui... il vous faudra vivre avec." Moi, je ne comprends pas pourquoi ils sont désolés. M'enfin, ils ne m'ont pas demandé mon avis. Aujourd'hui, mes parents m'ont promis de me faire découvrir un nouveau moyen de transport. La poudre de cheminette, qu'ils disent. Je me tiens donc devant une cheminée. Puis, mon père me donne un poudre verte. Et là, tout me revient ! Comment avais-je pu oublier tout ça ? Cette poudre, je l'ai déjà utilisée, il y a des années ! Elle m'avait permis de me rendre chez mon mari, lorsque j'étais encore Violette Tillyman. Mais oui, je me souviens ! Sourire aux lèvres, je me balance, avant de lancer la poudre dans la cheminée et de m'exclamer "je veux aller chez ma mère !". Puis, le feu vert m'avale, et tout disparaît.
22 avril 2051 :
Ils m'ont récupéré dans un sal état, la dernière fois. J'étais fatigué, couvert de poussière, dans la maison de mamie. Et comme elle est sourde, elle ne m'a pas entendu arriver par sa cheminée. Alors, j'ai décidé de jouer à cache cache avec elle. C'était si drôle ! Mais ils ont fini par me retrouver, elle et mes parents. Au bout de deux semaines. Ils étaient furieux, et m'ont fait promettre de ne pas recommencer. J'ai promis, mais je ne vois pas quoi. Je ne sais même pas ce que j'ai fait. Je ne m'en rappelle plus. Il y a comme un brouillard qui froisse mes pensées, les avale. D'ailleurs, il revient, il me semble. Vite, prendre un nouveau parchemin, celui ci n'a bientôt plus de place ! Et c'est bien quand le brouillard arrive que les aventures les plus folles me parviennent. Cela ne se fait d'ailleurs pas attendre, puisque d'un coup, je me retrouve propulsé dans un château que je n'ai jamais vu, mais qui m'est pourtant bien familier. Poudlard ! Et là, à côté de moi... les robinets. Mais oui ! Je sais exactement ce que j'ai à faire. Alors, je murmure, siffle, laisse mes derniers enchantements prendre place, et je pénètre enfin dans la Chambre des Secrets. Après tout ce temps d'attente, je vais enfin pouvoir l'activer ! Oui ! J'entre en son sein, un sourire victorieux sur les lèvres. Et puis, je réveille le Basilic que j'ai introduit il y a quelques jours. Enfin, je lui donne l'ordre ultime. "Commence". Alors que je voudrais le voir faire ses premières victimes, déjà, le brouillard revient, m'entraînant avec lui face à mes parents paniquant autour de moi. Alors que j'aimerai leur dire que tout va bien, ces quelques mots sortent de mes lèvres "J'irai la voir, oui. La Chambre des Secrets m'attend."
2 juin 2051 :
La chambre autour de moi est blanche. Les sorciers me fixent, avant de me demander si je suis prêt. Je réponds oui, mais je ne sais même pas de quoi on parle. Mes parents me tiennent la main, et je les regarde, la tête penchée par toutes mes questions. Ils me soufflent "Courage, c'est bientôt fini". Comment ça, c'est fini ? Qu'est ce qui est fini ? Je m'apprête à leur poser la question lorsque le brouillard revient, plus intense que jamais. J'entends les voix de mes parents et des sorciers, qu'ils appellent docteurs, m'intimer de le suivre tant que je peux. Suivre le brouillard ? Mais quelle idée ! Cependant, je peux essayer. Ca à l'air marrant. Alors, au lieu de m'arrêter sur les souvenirs qui me poursuivent, mes souvenirs, je suis le brouillard, courant toujours plus, afin qu'il ne s'efface pas. De violentes secousses me parcourent, et chacune me fait un peu plus mal que la précédente. Paracelse. Le nom résonne dans ma tête, me hurle de m'attarder. Mais... je dois courir, il me semble. Alors, je cours. Un nouveau déchirement se fait, et cette fois, c'est le feu vert de la cheminée, et cette voix "Violette, reviens !" qui me persuade presque de rester. Presque. Mais non, je vais, je dois continuer. Nouvelle douleur, puis, le Basilic, qui se dresse devant moi. Il va me manger. Moi, son créateur ! Non ! Saisi par la panique, je tente de m'enfuir, sans parvenir à bouger. Puis, alors que le serpent s'apprête à me dévorer, je reprends mes moyens, et me précipite à la suite du brouillard. Alors, une douleur terrible me parcoure, si forte que j'en pleure. Enfin, le calme. De nouvelles voix autour de moi. Celles de mes parents, des médecins qui s'agitent. J'ouvre les yeux. Pour la première fois. J'ouvre vraiment les yeux. Et tandis que je distingue les larmes coulant dans ceux de mes parents, je murmure. "C'est bon, je suis retour. Pour de vrai, cette fois. Je sais qui je suis". Je les vois se crisper, et je leur adresse un sourire amusé, avant de les délivrer de leur fardeau. "Je suis Albus Dumbledore".


Isabella Pifors
Reducio
"Voilà les cartons ! Et vous avez aussi ces armoires à trier !" avait lancé le responsable des archives.
Depuis trente minutes, je débutai un stage à La Gazette du Sorcier, qui durerait quinze jours. J'étais très enthousiaste, même si je savais que l'on ne me laisserai pas écrire d'article. Je pouvais espérer au mieux qu'on m'accorde l'immense faveur de rédiger la rubrique nécrologique. Non, c'étaient des tâches plutôt ingrates qui m'attendaient, celles réservées au personnel non qualifié : préparation du café, distribution du courrier et navette entre les différents services. Affectée au secrétariat, je répondrai au bon vouloir des stars du journalisme. Mais c'était quand même une chance incroyable qui m'était offerte, de passer quelques jours à les côtoyer, à respirer les vapeurs d'encre chaude et à savourer le brouhaha des conversations animées.

Les paroles de l'archiviste me ramenèrent à la réalité. C'était un travail solitaire qui m'avait été attribué, dans l'odeur de renfermé du sombre sous-sol et le tohu-bohu des rotatives. Même les rats avaient fui les lieux depuis longtemps ce qui, par chance, permettait d'y entreposer du papier. Une infiltration des abondantes eaux de pluie londoniennes, découverte tardivement, menaçait les précieuses archives et précipitait leur déplacement vers les étages. Un Impervius n'avait pas été suffisant. J'avais pour mission de sauver les anciennes gazettes, journaux du soir et hebdomadaires dominicaux. En effet, un exemplaire de chaque était conservé depuis 1743, date de la création du journal. Pour qu'ils soient à l'abri de l'humidité, les cartons avaient été empilés au centre de la pièce, les armoires déplacées à la hâte. L'une d'elles s'était renversée et un tas de journaux orphelins devait être trié.

Je commençai par une observation de l'ensemble du contenu des armoires, afin d'en comprendre le classement. Apparemment, des sortilèges d'Extension indétectable avaient permis d'en accroître la capacité de stockage. C'est vrai qu'en imaginant que toutes les éditions aient été conservées, cela faisait quinze feuilles de chou par semaine, multipliées par cinquante-deux semaines, fois trois-cent-huit années -bon, sans doute un peu moins car je ne pense pas qu'à l'origine l'édition du soir et du dimanche existaient- mais quand même, cela avoisinait les deux-cent-mille exemplaires ! Avec l'aide de la magie, je devrais avoir largement le temps de ranger tout ça. Je ne me priverais donc pas de pauses lecture.

Après avoir noté les époques relatives à chaque armoire, inventorié le contenu des cartons, à savoir les journaux les plus récents, je m'occupai de reclasser les papiers entassés. Ensuite, il me faudrait déplacer les rayonnages. À l'aide d'un Aleviari, ça ne devrait pas poser de problème. La première Gazette que j'attrapai était très ancienne, la présentation bien différente de celle d'aujourd'hui, la typographie désuète et le papier piqueté de taches brun-rougeâtre. Elle était daté de 1855. On pouvait voir à la Une un avis de recherche concernant une sorcière britannique disparue trois semaines auparavant. La tribune contenait le gros titre : "Volatilisation de Violette Tillyman". Le sous-titre accrocheur donnait envie de lire la suite : "Accident de poudre de cheminette ou disparition volontaire ?" J'appris ainsi que ladite sorcière avait quitté le domicile conjugal après s'être disputée avec son époux, en empruntant le réseau de cheminée, mais n'avait plus donné signe de vie depuis. Apparemment, le mari avait été soupçonné quelque temps, avant d'être mis hors de cause. Je repliai soigneusement le feuillet et le reclassai parmi les journaux des années 1940.

Le deuxième document, encore plus ancien puisqu'il datait du 10 novembre 1793, était une simple feuille ayant visiblement perdu sa moitié. Ses bords s'effritaient et je la manipulai à deux mains, avec la plus grande attention. La manchette titrait : "Quincentenaire de la naissance de Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim". Suivait un article consacré à l'alchimiste du XVe siècle plus connu sous le nom de Paracelse : ses origines, sa vie, son œuvre et les relations conflictuelles qu'il entretenait avec ses confrères. Le texte qui abordait ses années d'errance s'interrompit brutalement. Il faudrait trouver la seconde feuille pour connaître la suite.

Le temps s'écoulait trop vite pour que je lise tous les quotidiens. Bientôt, je parvins au bout de la pile. Le dernier journal attira cependant mon attention. C'était une publication du 15 juin 1943, avec un design bien plus proche de mon exemplaire matinal. Je reconnus la photographie en première page. Je l'avais déjà vue dans un manuel d'histoire, lorsque j'étais à Poudlard. Deux sorciers portaient un corps recouvert d'un drap sur un brancard. Nous avions parlé de l'événement lorsque la professeure avait traité le sujet des guerres sorcières. Il s'agissait de l'assassinat d'une élève lors de la première ouverture de la Chambre des Secrets. Son fantôme hante encore aujourd'hui les lieux de l'attaque. Lors de ma première année au collège, je me souvins d'une rencontre avec le spectre de Mimi Geignarde et de ses sanglots interminables. Cela me rappela que de l'eau continuait de couler le long des murs de l'édifice et que je devais me hâter de déplacer ces fragiles et inestimables vestiges. Ils n'avaient pas traversé les siècles pour finir ici détrempés, surtout sous ma responsabilité !

Merci encore et rendez-vous au mois de septembre pour une nouvelle session ! :)

Présence forte actuelle : aucune

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