L’Andabate et la Stryge
Le mouvement fut trop rapide pour être vraiment analysé. Pas une surprise — plutôt une collision. Une avancée franche, sans détour, sans la moindre tentative d’adoucir l’impact. Une attaque frontale.
Et Morgan répondit immédiatement. Pas en reculant. Pas en se laissant faire. Ses doigts se crispèrent, son souffle se heurta au sien - elle tentait d'y opposer la même force. Sans douceur. Sans retenue. Avec le même désir de violence, la même colère qui cherchait une issue et trouvait là un terrain familier.
Puis elle rompit le contact. D’un geste sec — assez pour le repousser, pour rétablir l’espace entre eux, pour reprendre le contrôle avant que ça ne lui échappe complètement.
« Oui. Oui, j’ai merdé. Oui, je suis une égoïste. Mais arrête de parler comme si j’avais eu le temps de réfléchir à ça — c’était pas prévu que j’y reste huit putain de mois quand j’ai accepté d’y aller ! »
Elle le fixa, violemment.
« Jouer les exploratrices ? Tu crois que c'est ça que je faisais ? Et qui t’a dit que j’aurais pu sortir ? Parce que t’étais pas là. T’as rien vu. Tu sais pas ce que c’était. Tu sais pas comment cet endroit fonctionne, tu sais pas à quel moment t’as une ouverture et à quel moment t’en as plus, tu sais pas combien de secondes t’as pour décider si tu vis ou si tu restes coincé là-bas pour de bon, tu sais pas— »
Elle se coupa elle-même, et soupira.
« Oui, j’aurais pu partir. J’aurais pu courir plus vite, ne pas rester à l’arrière du groupe, j’aurais pu sauter en même temps que j’y poussais Ingham, ou par Hécate l’y laisser pourrir figé, peut-être que j’aurais pu me foutre de ce que j’y laissais — un bras, une jambe, j’en sais rien — et rentrer, juste rentrer et… »
Elle s’interrompit à nouveau, le regard vacillant.
« …et quoi ? On y avait laissé Elina. »
Le mot claqua.
« Et y’avait encore des trucs à comprendre, à faire, y avait encore— »
Elle se mordit presque les mots. Sa voix tremblait mais elle la força à tenir.
« Et tu crois vraiment que je pensais que je n’avais rien à perdre ici ? »
Un rire sec lui échappa.
« J’avais tout à perdre. J’avais ma famille, ma vie, ma... » Elle désigna brutalement l’espace entre eux. « J’avais nous, combien même je savais - on savait - que ça ne pourrait jamais durer. »
Elle se figea une fraction de seconde. Elle aurait dû s’arrêter là. Elle ne s’arrêta pas.
« Par Circé, j’étais déjà en train d’y mettre fin ! » La phrase éclata, sans filtre. « Avant même de disparaître, j’avais déjà promis que ça s’arrêterait - j’avais juré que je m’arracherai ce qui resterait de mon putain de coeur, par devoir. Pour me marier avec je ne sais qui, pour assumer la lignée. Parce que c’est ce qu’on est censé faire en tant qu'héritier, pour sa famille.»
Sa respiration se brisait mais elle continua quand même.
« Mais ça, je n'ai pas besoin de te l’expliquer, Sangblanc, ou peut-être que si - à ton avis, comment réagirait ta famille si elle apprenait que tu harcelais la directrice de Poudlard à propos d’une soi-disante fiancée ? »
Et Morgan répondit immédiatement. Pas en reculant. Pas en se laissant faire. Ses doigts se crispèrent, son souffle se heurta au sien - elle tentait d'y opposer la même force. Sans douceur. Sans retenue. Avec le même désir de violence, la même colère qui cherchait une issue et trouvait là un terrain familier.
Puis elle rompit le contact. D’un geste sec — assez pour le repousser, pour rétablir l’espace entre eux, pour reprendre le contrôle avant que ça ne lui échappe complètement.
« Oui. Oui, j’ai merdé. Oui, je suis une égoïste. Mais arrête de parler comme si j’avais eu le temps de réfléchir à ça — c’était pas prévu que j’y reste huit putain de mois quand j’ai accepté d’y aller ! »
Elle le fixa, violemment.
« Jouer les exploratrices ? Tu crois que c'est ça que je faisais ? Et qui t’a dit que j’aurais pu sortir ? Parce que t’étais pas là. T’as rien vu. Tu sais pas ce que c’était. Tu sais pas comment cet endroit fonctionne, tu sais pas à quel moment t’as une ouverture et à quel moment t’en as plus, tu sais pas combien de secondes t’as pour décider si tu vis ou si tu restes coincé là-bas pour de bon, tu sais pas— »
Elle se coupa elle-même, et soupira.
« Oui, j’aurais pu partir. J’aurais pu courir plus vite, ne pas rester à l’arrière du groupe, j’aurais pu sauter en même temps que j’y poussais Ingham, ou par Hécate l’y laisser pourrir figé, peut-être que j’aurais pu me foutre de ce que j’y laissais — un bras, une jambe, j’en sais rien — et rentrer, juste rentrer et… »
Elle s’interrompit à nouveau, le regard vacillant.
« …et quoi ? On y avait laissé Elina. »
Le mot claqua.
« Et y’avait encore des trucs à comprendre, à faire, y avait encore— »
Elle se mordit presque les mots. Sa voix tremblait mais elle la força à tenir.
« Et tu crois vraiment que je pensais que je n’avais rien à perdre ici ? »
Un rire sec lui échappa.
« J’avais tout à perdre. J’avais ma famille, ma vie, ma... » Elle désigna brutalement l’espace entre eux. « J’avais nous, combien même je savais - on savait - que ça ne pourrait jamais durer. »
Elle se figea une fraction de seconde. Elle aurait dû s’arrêter là. Elle ne s’arrêta pas.
« Par Circé, j’étais déjà en train d’y mettre fin ! » La phrase éclata, sans filtre. « Avant même de disparaître, j’avais déjà promis que ça s’arrêterait - j’avais juré que je m’arracherai ce qui resterait de mon putain de coeur, par devoir. Pour me marier avec je ne sais qui, pour assumer la lignée. Parce que c’est ce qu’on est censé faire en tant qu'héritier, pour sa famille.»
Sa respiration se brisait mais elle continua quand même.
« Mais ça, je n'ai pas besoin de te l’expliquer, Sangblanc, ou peut-être que si - à ton avis, comment réagirait ta famille si elle apprenait que tu harcelais la directrice de Poudlard à propos d’une soi-disante fiancée ? »
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
L’Andabate et la Stryge
Morgan désarma Thomas.
Elle le fit sans quitter sa place, sans lever sa baguette, sans même hurler. Elle l’avait désarmé avec des vérités.
Chacune se planta profondément dans ce cœur qu’il venait de lui tendre avec confiance. Elle avait voulu qu’il soit honnête. Il l’avait été. Elle avait retourner sa franchise contre lui. Non, pire que cela : Morgan l’avait poignardé avec elle. Là. Juste dans cette infime partie qui n’avait pas été donné aux combats. Celle qui battait plus fort à chaque fois qu’il s’agissait de Morgan. Celle qu’il rêvait de s’arracher pour ne plus rien ressentir d’autre que son armure.
Tu m’aimes ? Je voulais que ça s’arrête avant même de rentrer dans le Dominion. Voila ce qu’il entendait.
T’étais pas là, parce que je t’ai pas dit où j’étais, c’est de ta faute si tu savais pas comment c’est à l’intérieur. C’était ça qu’elle lui reprochait. De ne pas avoir été là, de ne rien savoir de cet endroit qu’elle avait préféré a lui. A eux, comme si ce petit nominatif avait eu un jour un sens.
Il n’en avait jamais eu, n’est-ce pas ?
Thomas n’avait été qu’une distraction. C’est donc ça, l’effet que ça fait.
Ses yeux vif-argent s’étaient ouverts en grand. Un souffle, une dernière expiration choquée s’extirpera d’entre ses lèvres entrouvertes. Le son que pouvait donner un cœur meurt à tout jamais.
Thomas baissa les yeux sur ce dossier de canapé. Sa main était déjà retombée depuis longtemps. Ne restait plus là que les vestiges d’une lutte qui n’avait servi à rien. Thomas n’entendait plus. Il était sonné. Véritablement sonné. Dans son esprit retentissaient encore la cruauté de la femme qu’il aimait.
Lui n’avait jamais abandonné. Jamais.
Il s’était battu à chaque instant. Contre sa famille. Contre sa raison. Contre son devoir. Il avait décidé que Morgan serait son nouveau combat. Qu’il l’épouserait. Qu’il la chérirait. Qu’il la rendrait heureuse. Qu’il ferait d’elle ce qu’elle voulait être à ses yeux. La femme fatale. La guerrière implacable. L’épouse qui ne plie jamais. La mère, si elle le désirait.
Thomas aurait tout abandonné pour elle. Son rang d’héritier, si il le fallait. Il n’avait plus rien à perdre, s’étant déjà perdu des années plus tôt pour un combat perdu d’avance.
Morgan était sa nouvelle bannière.
Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Elle ne voulait pas de lui. C’était clair. Elle ne voulait pas se battre.
Morgan préférait ne voir en lui qu’une passade. Elle l’avait dit.
Elle l’avait dit, Merlin.
Thomas s’éloigna du fauteuil. Il recula de quelques pas. Ses doigts vinrent lisser le col de sa chemise.
« Tu ne sais pas où j’étais, il y a huit mois », dit-il d’une voix morne. Dans un rire sans joie, rien de moins qu’un souffle, une épaule se haussa. Le regard, lui, restait bas, ses yeux grands ouverts sur le rien, le tout, il ne savait plus. « J’étais chez Garwen. A me battre pour une chose que t’avais envie de voir s’effacer. Nous. Je lui demandais de te laisser choisir ton époux, que ça soit moi ou un autre… mais qu’elle te foute la paix. Qu’elle te laisse le temps. Et c’est seulement après que je lui ai dit que je t’épouserai, après avoir compris qu’ils te laisseraient jamais le temps. Même si cela venait à me faire perdre mon titre d’héritier, c’est toi que j’aurai choisi. » Dire ces mots lui faisaient mal. Beaucoup de mal. Son cœur pulsait encore péniblement, se battant pour quelque chose qui n’avait plus aucun sens. Certains combats se mènent à deux ou sont perdus d’avance. « Moi, j’ai jamais abandonné. Parce que tu mérites qu’on se batte pour toi. Putain… pourquoi je suis le seul à en avoir conscience ? »
Thomas leva vivement la tête vers Morgan, les dents serrées.
« T’as envie qu’on parle de la famille ? Ouais, je comprends. C’est plus simple que de parler de nous, hein ? »
Il désigna la porte d’un geste vif.
« Noémie, ta filleule, elle m’a contacté moi », son doigt vint taper frénétiquement sur sa poitrine, ses yeux brûlant planté sur Morgan, « peut-être parce que tu as gardé des choses de ça, de nous chez toi - que de sentimentalisme pour quelqu'un qui veut me dégager de sa vie ! C’est elle qui m’a donné toutes les infos que t’as pas voulu me donner. Oh, bordel, elle s’est battu pour récolter toutes ces informations. Tu te rends compte d’à quel point t’es aimé ? A quel point ta filleule est cent fois plus courageuse que toi ? A elle non plus t’as rien dit. Parce que t’adore penser que t’es seule. Désolé de te décevoir, Rosenwald, mais t’es loin d’être seule. C'est peut-être ça qui t'essaye de fuir. »
Thomas jeta ces mots avec un dédain qu'il ne retint pas. Il en avait assez de prendre des gants.
Elle le fit sans quitter sa place, sans lever sa baguette, sans même hurler. Elle l’avait désarmé avec des vérités.
Chacune se planta profondément dans ce cœur qu’il venait de lui tendre avec confiance. Elle avait voulu qu’il soit honnête. Il l’avait été. Elle avait retourner sa franchise contre lui. Non, pire que cela : Morgan l’avait poignardé avec elle. Là. Juste dans cette infime partie qui n’avait pas été donné aux combats. Celle qui battait plus fort à chaque fois qu’il s’agissait de Morgan. Celle qu’il rêvait de s’arracher pour ne plus rien ressentir d’autre que son armure.
Tu m’aimes ? Je voulais que ça s’arrête avant même de rentrer dans le Dominion. Voila ce qu’il entendait.
T’étais pas là, parce que je t’ai pas dit où j’étais, c’est de ta faute si tu savais pas comment c’est à l’intérieur. C’était ça qu’elle lui reprochait. De ne pas avoir été là, de ne rien savoir de cet endroit qu’elle avait préféré a lui. A eux, comme si ce petit nominatif avait eu un jour un sens.
Il n’en avait jamais eu, n’est-ce pas ?
Thomas n’avait été qu’une distraction. C’est donc ça, l’effet que ça fait.
Ses yeux vif-argent s’étaient ouverts en grand. Un souffle, une dernière expiration choquée s’extirpera d’entre ses lèvres entrouvertes. Le son que pouvait donner un cœur meurt à tout jamais.
Thomas baissa les yeux sur ce dossier de canapé. Sa main était déjà retombée depuis longtemps. Ne restait plus là que les vestiges d’une lutte qui n’avait servi à rien. Thomas n’entendait plus. Il était sonné. Véritablement sonné. Dans son esprit retentissaient encore la cruauté de la femme qu’il aimait.
Lui n’avait jamais abandonné. Jamais.
Il s’était battu à chaque instant. Contre sa famille. Contre sa raison. Contre son devoir. Il avait décidé que Morgan serait son nouveau combat. Qu’il l’épouserait. Qu’il la chérirait. Qu’il la rendrait heureuse. Qu’il ferait d’elle ce qu’elle voulait être à ses yeux. La femme fatale. La guerrière implacable. L’épouse qui ne plie jamais. La mère, si elle le désirait.
Thomas aurait tout abandonné pour elle. Son rang d’héritier, si il le fallait. Il n’avait plus rien à perdre, s’étant déjà perdu des années plus tôt pour un combat perdu d’avance.
Morgan était sa nouvelle bannière.
Du moins, c’est ce qu’il croyait.
Elle ne voulait pas de lui. C’était clair. Elle ne voulait pas se battre.
Morgan préférait ne voir en lui qu’une passade. Elle l’avait dit.
Elle l’avait dit, Merlin.
Thomas s’éloigna du fauteuil. Il recula de quelques pas. Ses doigts vinrent lisser le col de sa chemise.
« Tu ne sais pas où j’étais, il y a huit mois », dit-il d’une voix morne. Dans un rire sans joie, rien de moins qu’un souffle, une épaule se haussa. Le regard, lui, restait bas, ses yeux grands ouverts sur le rien, le tout, il ne savait plus. « J’étais chez Garwen. A me battre pour une chose que t’avais envie de voir s’effacer. Nous. Je lui demandais de te laisser choisir ton époux, que ça soit moi ou un autre… mais qu’elle te foute la paix. Qu’elle te laisse le temps. Et c’est seulement après que je lui ai dit que je t’épouserai, après avoir compris qu’ils te laisseraient jamais le temps. Même si cela venait à me faire perdre mon titre d’héritier, c’est toi que j’aurai choisi. » Dire ces mots lui faisaient mal. Beaucoup de mal. Son cœur pulsait encore péniblement, se battant pour quelque chose qui n’avait plus aucun sens. Certains combats se mènent à deux ou sont perdus d’avance. « Moi, j’ai jamais abandonné. Parce que tu mérites qu’on se batte pour toi. Putain… pourquoi je suis le seul à en avoir conscience ? »
Thomas leva vivement la tête vers Morgan, les dents serrées.
« T’as envie qu’on parle de la famille ? Ouais, je comprends. C’est plus simple que de parler de nous, hein ? »
Il désigna la porte d’un geste vif.
« Noémie, ta filleule, elle m’a contacté moi », son doigt vint taper frénétiquement sur sa poitrine, ses yeux brûlant planté sur Morgan, « peut-être parce que tu as gardé des choses de ça, de nous chez toi - que de sentimentalisme pour quelqu'un qui veut me dégager de sa vie ! C’est elle qui m’a donné toutes les infos que t’as pas voulu me donner. Oh, bordel, elle s’est battu pour récolter toutes ces informations. Tu te rends compte d’à quel point t’es aimé ? A quel point ta filleule est cent fois plus courageuse que toi ? A elle non plus t’as rien dit. Parce que t’adore penser que t’es seule. Désolé de te décevoir, Rosenwald, mais t’es loin d’être seule. C'est peut-être ça qui t'essaye de fuir. »
Thomas jeta ces mots avec un dédain qu'il ne retint pas. Il en avait assez de prendre des gants.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
L’Andabate et la Stryge
« Garwen est le seul rempart que j’ai pour — » Son cœur s’emballait à nouveau, brutalement. Son souffle se désorganisait, heurté, paniqué. « …et toi tu as — » Elle secoua la tête, comme si ça pouvait remettre les choses en place. « C'est pas vrai... »
Sa main passa brièvement sur son visage, incapable de contenir complètement ce qui remontait. Et il avait dit à Garwen qu’il épouserait. Il y a huit mois.
« Tu n’as pas la moindre idée du genre de catastrophes que tu aurais pu provoquer. » Sa voix trembla de nouveau. L'épouser, elle, quitte à renoncer au reste. « Mais c’est de ma faute. Évidemment. Je t’ai caché qui j’étais, ainsi que tout un tas de choses. Alors oui — c’est logique, n’est-ce pas ? Que tout me revienne en pleine figure. Que la vie et le bonheur de ma propre sœur puissent être mise en péril parce que je n’ai pas été capable de te dire de ne jamais t’approcher de Garwen ou de ma famille ; parce que même ce qui compte le plus pour moi je ne sais pas le protéger correctement. »
Elle inspira, difficilement. Non que cela importait désormais - elle avait elle-même mis en péril cela en disparaissant. Ils auraient pu rapatrier Arden, et ils l’auraient fait, si Garwen n’avait pas élaboré son histoire sur son départ pour l’Allemagne. Si elle n'avait pas gagné du temps - sans même savoir si Morgan était… allait revenir.
« Toutes les personnes que j'ai aimé par le passé ou presque sont soit mortes soit blessées par ma faute, alors tu m'excuseras mais oui je préfère agir en lâche et fuir si ça m'évite d'allonger cette fichue liste. »
Sa mère, Arden, Krimrok, Reg, James. Et maintenant Noémie. Thomas.
« Et je sais que Noémie est bien plus courageuse que moi… », ajouta-t-elle d’une voix momentanément plus calme. « Plus que n’importe qui sur cette Terre. »
Sa main passa brièvement sur son visage, incapable de contenir complètement ce qui remontait. Et il avait dit à Garwen qu’il épouserait. Il y a huit mois.
« Tu n’as pas la moindre idée du genre de catastrophes que tu aurais pu provoquer. » Sa voix trembla de nouveau. L'épouser, elle, quitte à renoncer au reste. « Mais c’est de ma faute. Évidemment. Je t’ai caché qui j’étais, ainsi que tout un tas de choses. Alors oui — c’est logique, n’est-ce pas ? Que tout me revienne en pleine figure. Que la vie et le bonheur de ma propre sœur puissent être mise en péril parce que je n’ai pas été capable de te dire de ne jamais t’approcher de Garwen ou de ma famille ; parce que même ce qui compte le plus pour moi je ne sais pas le protéger correctement. »
Elle inspira, difficilement. Non que cela importait désormais - elle avait elle-même mis en péril cela en disparaissant. Ils auraient pu rapatrier Arden, et ils l’auraient fait, si Garwen n’avait pas élaboré son histoire sur son départ pour l’Allemagne. Si elle n'avait pas gagné du temps - sans même savoir si Morgan était… allait revenir.
« Toutes les personnes que j'ai aimé par le passé ou presque sont soit mortes soit blessées par ma faute, alors tu m'excuseras mais oui je préfère agir en lâche et fuir si ça m'évite d'allonger cette fichue liste. »
Sa mère, Arden, Krimrok, Reg, James. Et maintenant Noémie. Thomas.
« Et je sais que Noémie est bien plus courageuse que moi… », ajouta-t-elle d’une voix momentanément plus calme. « Plus que n’importe qui sur cette Terre. »
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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L’Andabate et la Stryge
Jamais il n’aurait pu envisager de telles retrouvailles. Lui qui n’avait espéré que retrouver sa Morgan en venait à regretter d’avoir été si prompt à lui montrer. Ce n’était pas juste. Thomas avait fait tout comme il le fallait. Oui, parfois, il s’était peut-être laissé aller à des émotions qu’il ne maîtrisait plus.
La peur.
Un guide dangereux, ô combien insidieux. Elle se faufilait sous ses ongles, serpentait à travers tout son corps, commandait sa raison, contrôlait ses gestes. Elle prenait possession de sa langue, la forçant à cracher tout le venin qu’il gardait en lui.
Je l’aime plus que vous ne l’aimerez jamais. Je la protégerai de vous et d’elle. Je la sortirai des ténèbres dans lesquels elle s’est jetée bien volontiers. Je lui offrirai le Monde qu’elle mérite. Je lui offrirai tout ce qui pourra la rendre enfin heureuse.
Ce qui l’effrayait, c’est de ne pas en être capable, malgré toute sa bonne volonté, malgré ses sacrifices, malgré tout, absolument tout.
Il le réalisait alors qu’il l’écoutait déverser toute une sincérité qu’elle ne contrôlait pas.
Ce fut sans doute cela qui apaisa la bête qui grondait en lui, acculée par tant et tant de douleur et de désillusion.
Morgan souffrait.
Morgan était épuisé.
Morgan avait peur.
Thomas ne l’avait pas quitté des yeux. Pas un seul instant. Il avait avalé sa respiration acculée, embrassé ses gestes parasites, caressé les terreurs qu’elle nommait enfin. Son cœur, ce maudit, brûlait encore pour elle. Thomas savait qu’il ne guérirait jamais. Elle pourrait lui hurler qu’elle ne voulait plus de lui, il n’y croirait pas. Il partirait, bien sûr, car la parole de Morgan fait loi, mais il n’y croirait pas. Comme il n’y avait pas cru dans cette bicoque malodorante du Pays de Galles.
Les mots flottaient encore tout autour d’eux, tout poisseux de douleur. Thomas aurait dû envisager de telles retrouvailles.
Drapé dans un mutisme respectueux, il fit un pas vers Morgan, prudent, comme un fauve s’avance à la rencontre d’un autre. Il s’attend à un nouveau coup de patte. Cela ne l’effraie pas.
« On peut la protéger ensemble », osa t-il dire enfin. « Toutes ces personnes, on peut la protéger ensemble. Toi et moi. Ta sœur, Noémie, tout les autres, Morgan, tout ceux auxquels tu tiens… on peut les protéger. » Thomas déglutit. Ses yeux se fermèrent avec lenteur, accablé par un poids qu’il avait assez de porter. « Je t’ai promis que je resterai, même si tout venait à éclater autour de nous. Et aujourd’hui, je te promets encore une fois que je resterai, dans ton ombre ou dans la lumière. Si tu veux qu’on s’en aille, qu’on prenne ta sœur et Noémie, on le fait. On s’en va. Je te jure qu’on le fait, là, maintenant, si c’est ce que tu désires. »
Thomas ouvrit les yeux à nouveau. Son menton se dressa.
Avec lenteur, son long corps s’affaissa, là, devant elle. Il ployait genoux. Du bout des doigts, il récupéra la chevalière de sa famille passée à son pouce. Cette belle tête de cerf en or blanc, symbole de son rang, promesse de ses devoirs.
Ses yeux se levèrent sur Morgan alors qu’il se relevait. D’un pas, il s’écarta, ses mains hautes. Cette chevalière, il ne la ramasserait pas. Ce n’était que son Destin, après tout. Et force était de constater qu’il était entre les mains de Morgan depuis quelques temps, désormais.
« Entre toi et moi, nous l’avons toujours su : ça ne sera jamais facile. Mais c’est réel. Toutes les promesses que je t’ai faites, je les pense encore aujourd’hui. Tu veux me repousser ? Bien. Fais le. Fais le une bonne fois pour toute. Ça ne m’empêchera pas de toujours désirer le meilleur pour toi, même si cela signifie que je disparaisse de ta vie. »
La peur.
Un guide dangereux, ô combien insidieux. Elle se faufilait sous ses ongles, serpentait à travers tout son corps, commandait sa raison, contrôlait ses gestes. Elle prenait possession de sa langue, la forçant à cracher tout le venin qu’il gardait en lui.
Je l’aime plus que vous ne l’aimerez jamais. Je la protégerai de vous et d’elle. Je la sortirai des ténèbres dans lesquels elle s’est jetée bien volontiers. Je lui offrirai le Monde qu’elle mérite. Je lui offrirai tout ce qui pourra la rendre enfin heureuse.
Ce qui l’effrayait, c’est de ne pas en être capable, malgré toute sa bonne volonté, malgré ses sacrifices, malgré tout, absolument tout.
Il le réalisait alors qu’il l’écoutait déverser toute une sincérité qu’elle ne contrôlait pas.
Ce fut sans doute cela qui apaisa la bête qui grondait en lui, acculée par tant et tant de douleur et de désillusion.
Morgan souffrait.
Morgan était épuisé.
Morgan avait peur.
Thomas ne l’avait pas quitté des yeux. Pas un seul instant. Il avait avalé sa respiration acculée, embrassé ses gestes parasites, caressé les terreurs qu’elle nommait enfin. Son cœur, ce maudit, brûlait encore pour elle. Thomas savait qu’il ne guérirait jamais. Elle pourrait lui hurler qu’elle ne voulait plus de lui, il n’y croirait pas. Il partirait, bien sûr, car la parole de Morgan fait loi, mais il n’y croirait pas. Comme il n’y avait pas cru dans cette bicoque malodorante du Pays de Galles.
Les mots flottaient encore tout autour d’eux, tout poisseux de douleur. Thomas aurait dû envisager de telles retrouvailles.
Drapé dans un mutisme respectueux, il fit un pas vers Morgan, prudent, comme un fauve s’avance à la rencontre d’un autre. Il s’attend à un nouveau coup de patte. Cela ne l’effraie pas.
« On peut la protéger ensemble », osa t-il dire enfin. « Toutes ces personnes, on peut la protéger ensemble. Toi et moi. Ta sœur, Noémie, tout les autres, Morgan, tout ceux auxquels tu tiens… on peut les protéger. » Thomas déglutit. Ses yeux se fermèrent avec lenteur, accablé par un poids qu’il avait assez de porter. « Je t’ai promis que je resterai, même si tout venait à éclater autour de nous. Et aujourd’hui, je te promets encore une fois que je resterai, dans ton ombre ou dans la lumière. Si tu veux qu’on s’en aille, qu’on prenne ta sœur et Noémie, on le fait. On s’en va. Je te jure qu’on le fait, là, maintenant, si c’est ce que tu désires. »
Thomas ouvrit les yeux à nouveau. Son menton se dressa.
Avec lenteur, son long corps s’affaissa, là, devant elle. Il ployait genoux. Du bout des doigts, il récupéra la chevalière de sa famille passée à son pouce. Cette belle tête de cerf en or blanc, symbole de son rang, promesse de ses devoirs.
Ses yeux se levèrent sur Morgan alors qu’il se relevait. D’un pas, il s’écarta, ses mains hautes. Cette chevalière, il ne la ramasserait pas. Ce n’était que son Destin, après tout. Et force était de constater qu’il était entre les mains de Morgan depuis quelques temps, désormais.
« Entre toi et moi, nous l’avons toujours su : ça ne sera jamais facile. Mais c’est réel. Toutes les promesses que je t’ai faites, je les pense encore aujourd’hui. Tu veux me repousser ? Bien. Fais le. Fais le une bonne fois pour toute. Ça ne m’empêchera pas de toujours désirer le meilleur pour toi, même si cela signifie que je disparaisse de ta vie. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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L’Andabate et la Stryge
Son regard s’accrocha à la chevalière posée au sol, et, l’espace d’un instant, tout le reste sembla perdre de sa consistance. Le salon, la distance entre eux, même la présence de Thomas — tout s’effaçait derrière cet objet trop chargé de sens, trop lourd pour n’être qu’un simple symbole. Une chevalière de famille. Des Sangblanc. Alice. Le nom s’imposa sans prévenir. Puis Jacob. Par Hécate… Jacob. Une tension brutale lui serra le ventre, remontant jusqu’à sa poitrine.
« Je… »
Le mot resta suspendu, inutile.
Qu’aurait-elle dû dire ? Que l’hypothétique idée même de partir avec lui était impossible, même si une part d’elle le voulait avec une violence qu’elle refusait d’admettre ? Que ce nous auquel il s’accrochait ne pouvait qu’être voué à se briser ? Pas parce qu’il n’était pas réel — mais précisément parce qu’il l’était trop. Qu’elle ne pouvait pas abandonner ce qu’elle était, ni ce qu’on attendait d’elle, parce que c’était encore le seul moyen qu’elle avait de protéger sa sœur, de s'accrocher égoïstement à ce rôle où elles étaient interchangeables, au prix de concessions ? Qu’elle était prête à vivre avec ça — avec les compromis, avec le reste — si cela permettait au moins à Arden de vivre comme elle l’entendait, après une décennie à payer le prix du départ de Morgan ?
Qu’un mariage sans amour n’était, au fond, qu’un prix parmi d’autres. Un prix qu’elle saurait payer. Parce que c’était plus simple que de croire… De croire à quoi ? En ses propres sentiments - ces choses qu'elle savait bien trop dangereuses à écouter ? Aux promesses de cet homme qu’elle n’arrivait même pas à comprendre - car comment pouvait-il lui dire tout cela ? A elle ? Elle n’avait fait que lui mentir, l'éloigner, le rejeter.
Et pourtant—
« Je refuse que tu renonces à quoi que ce soit pour moi. »
« Je… »
Le mot resta suspendu, inutile.
Qu’aurait-elle dû dire ? Que l’hypothétique idée même de partir avec lui était impossible, même si une part d’elle le voulait avec une violence qu’elle refusait d’admettre ? Que ce nous auquel il s’accrochait ne pouvait qu’être voué à se briser ? Pas parce qu’il n’était pas réel — mais précisément parce qu’il l’était trop. Qu’elle ne pouvait pas abandonner ce qu’elle était, ni ce qu’on attendait d’elle, parce que c’était encore le seul moyen qu’elle avait de protéger sa sœur, de s'accrocher égoïstement à ce rôle où elles étaient interchangeables, au prix de concessions ? Qu’elle était prête à vivre avec ça — avec les compromis, avec le reste — si cela permettait au moins à Arden de vivre comme elle l’entendait, après une décennie à payer le prix du départ de Morgan ?
Qu’un mariage sans amour n’était, au fond, qu’un prix parmi d’autres. Un prix qu’elle saurait payer. Parce que c’était plus simple que de croire… De croire à quoi ? En ses propres sentiments - ces choses qu'elle savait bien trop dangereuses à écouter ? Aux promesses de cet homme qu’elle n’arrivait même pas à comprendre - car comment pouvait-il lui dire tout cela ? A elle ? Elle n’avait fait que lui mentir, l'éloigner, le rejeter.
Et pourtant—
« Je refuse que tu renonces à quoi que ce soit pour moi. »
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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L’Andabate et la Stryge
Thomas se souvenait de la première fois que ses yeux avaient rencontrés ceux de Morgan. Il ne s’agissait que d’une jolie femme assise dans les caves méconnues du Café du Rosier. Une jolie femme aux prises avec un homme concupiscent qu’elle n’aurait eu aucun mal à repousser. Il s’était pourtant avancé pour l’aider, d’abord pour faire fuir l’homme (il doutait encore avoir été bien utile), ensuite pour s’assurer qu’elle n’avait point été blessée. Ce qu’elle avait été. Et jamais elle n’avait acceptée son aide.
Jamais Morgan n’avait un jour acceptée son aide.
Le Destin s’était employé à les renvoyer sur le chemin de l’autre, comme une danse qui s’étirait sur des mois. Thomas cherchait à atteindre Morgan. Morgan le repoussait. Thomas lui ouvrait son cœur. Morgan lui renvoyait en plein visage.
Et puis, il y eut ce baiser sous les lumières ardentes d’une salle de bal, et toutes les tentatives de Thomas d’oublier Morgan volèrent en morceaux. Dés lors, il ne ressentait plus quel. Ô Grands Astres, ce que cela faisait mal. Jour après jour, nuit après nuit, Thomas avait souffert d’un amour dont il ne savait plus que faire sinon se noyer à l’intérieur. Il n’avait qu’à inspirer le parfum de Morgan pour oublier, le temps de quelques secondes, qu’il était destiné à de bien plus grands desseins que de passer sa vie avec cette femme.
Épouser une française.
Lui faire des enfants.
Devenir le chef de sa noble et puissante famille.
Se faire supplanter par son futur petit frère un jour venu.
Protéger sa famille.
Protéger sa famille.
Protéger sa famille.
Toute sa vie, Thomas s’était préparé à devenir chef de famille. Il était né pour cela. A la mort de Grand-Père Henri, Père deviendra Patriarche, léguant son rôle de chef à son fils héritier. Thomas savait qu’il le deviendrait tôt ou tard. Ce n’était plus qu’une question d’année.
Mais tout cela, c’était avant que Père n’épouse une jeune, jolie et fertile française juste là pour lui donner un héritier parfait. Pas un malheureux demi allemand né de l’autre côté de la Manche. Non. Un enfant bien français, tout beau, tout joufflu qui le supplanterait lui, le chevalier en armure cabossée qui s’était toujours plié en quatre pour protéger les siens.
Protéger sa famille.
Ses mains étaient couvertes de sang, ses songes habités par des fantômes. Pour protéger sa famille.
Et lui ? Qui l’avait protégé, lui ?
Personne.
Parce que personne ne se soucie jamais du chevalier.
Il obéit et se sacrifie jour après jour, jusqu’à ce qu’il ne soit plus utile. Et ensuite ? On le jette dans un “merci” dépourvu de sincérité mais, comprenez, nous sommes des gens bien élevés, il faut rester poli.
Père gardera Thomas comme héritier, parce que Grand-Père trépassera bien avant que le futur bébé Sangblanc n’atteigne l’âge adulte. Thomas devra épouser une française, lui faire des enfants avant d’être jeté. Joséphine ne donnerait peut-être que des morts nés, mais cela, qui peut le savoir ? Voilà pourquoi Thomas demeurait l’héritier, parce que ce peut-être, ce misérable peut-être l’attachait à un rôle qui ne lui correspondait plus tout à fait. Et Thomas devra vivre avec ça : avec la putain de conviction qu’il avait peut-être épousé une autre que celle qu’il aimait pour rien.
Le chevalier demeurait et demeurera toujours le seul que l’on consent à sacrifier. Ainsi est son devoir. Ainsi est son honneur.
Thomas contemplait le visage de Morgan comme on chérie une dernière fois un paysage adoré. Il en rêverait jusqu’à sa mort. Il aimerait ses boucles noires jusqu’à son dernier souffle. Ses yeux bleus ne seraient que sur lui durant ses heures les plus sombres. Il n’oublierait jamais le goût de ses lèvres sur les siennes, ni le poids familier de ses mains sur lui.
Ses yeux se refermèrent. Une inspiration tremblante rempli ses poumons.
Je refuse que tu renonces à quoi que ce soit pour moi.
Renoncer n’avait jamais été un choix à sa portée.
La seule chose à laquelle il pouvait renoncer aujourd’hui, le seul choix qui ne lui fut jamais donné était là, juste devant lui.
Thomas serra le poing. Ses ongles s’enfoncèrent dans sa paume, lentement.
Je refuse que tu renonces à quoi que ce soit pour moi.
Thomas était un chevalier. Et en bon chevalier, on ne réfléchit pas. On obéit.
Renoncer à la femme qu’on aime et épouser une autre.
Tirer un trait sur ses rêves de voir le ventre de son bel oiseau noir s’arrondir, et remplir celui d’une autre.
Abandonner Morgan, et rejoindre le champ des braves petits soldats.
Son cœur battait sourdement dans sa poitrine. Il lui faisait mal. Si mal. Ce que cela faisait mal.
On ne réfléchit pas. On obéit. Tu es né pour cela. Obéir.
Thomas serrait les paupières, essayait d’effacer la silhouette de Morgan qui ne parvenait plus à disparaître. Huit mois à traquer son nom dans toute la Grande-Bretagne. Huit mois à chercher ses traits dans les visages de chaque femme du pays. Huit mois à espérer lui dire ô combien il l’aimait une fois qu’il la retrouverait.
Je refuse que tu renonces à quoi que ce soit pour moi.
Thomas avait renoncé à sa raison à la seconde même où ses lèvres avaient rencontrés les siennes.
D’un geste vif, l’homme brandit sa baguette et réduisit sa chevalière en poussière.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
L’Andabate et la Stryge
Morgan bougea avant même d’y penser. Elle franchit la distance d’un pas et sa main se referma fermement sur le poignet du sorcier, celui qui tenait encore la baguette. Comme si ce contact pouvait encore arrêter le geste qui venait déjà d’être commis.
La chevalière était réduite à l’état du rien.
Mais elle ne lâcha pas pour autant.
« Non— »
Le mot se brisa dans sa gorge. Ses doigts se resserrèrent.
Elle fixait sa main.
Pas lui.
Sa main.
« Pourquoi—… »
Rien ne suivait. Elle secoua la tête. Une fois. Encore. Plus sec. Rien.
Le geste. La poussière. Lui.
Lui.
Et cette phrase — encore là — qu’elle venait de dire, et qu’il avait défié en détruisant sa propre chevalière. Son regard remonta d’un coup et accrocha le sien. Colère.
« Pourquoi tu as fait ça ? »
Trop vite. Trop tard.
« J’viens de te dire— » elle s’interrompit, le souffle accroché. Sa main serra plus fort. « J’viens de te dire de pas— »
Sa mâchoire se crispa.
« Tu es impossible, Thomas ! Pourquoi tu ne peux pas voir que je ne vaux pas la peine ? Même en mettant de côté ma disparition, je t’ai menti sur tout. Tout. Je t’ai caché jusqu’à mon vrai nom. Jusqu’à qui je suis. Et par tous les dieux tu as rencontré Garwen, cela ne t’a pas suffit ? Tu devrais me repousser, tu devrais reprendre tes esprits et comprendre que tout cela, que cette conversation même, n’a absolument aucun sens ! »
La chevalière était réduite à l’état du rien.
Mais elle ne lâcha pas pour autant.
« Non— »
Le mot se brisa dans sa gorge. Ses doigts se resserrèrent.
Elle fixait sa main.
Pas lui.
Sa main.
« Pourquoi—… »
Rien ne suivait. Elle secoua la tête. Une fois. Encore. Plus sec. Rien.
Le geste. La poussière. Lui.
Lui.
Et cette phrase — encore là — qu’elle venait de dire, et qu’il avait défié en détruisant sa propre chevalière. Son regard remonta d’un coup et accrocha le sien. Colère.
« Pourquoi tu as fait ça ? »
Trop vite. Trop tard.
« J’viens de te dire— » elle s’interrompit, le souffle accroché. Sa main serra plus fort. « J’viens de te dire de pas— »
Sa mâchoire se crispa.
« Tu es impossible, Thomas ! Pourquoi tu ne peux pas voir que je ne vaux pas la peine ? Même en mettant de côté ma disparition, je t’ai menti sur tout. Tout. Je t’ai caché jusqu’à mon vrai nom. Jusqu’à qui je suis. Et par tous les dieux tu as rencontré Garwen, cela ne t’a pas suffit ? Tu devrais me repousser, tu devrais reprendre tes esprits et comprendre que tout cela, que cette conversation même, n’a absolument aucun sens ! »
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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L’Andabate et la Stryge
Le cœur de Thomas battait frénétiquement dans sa poitrine. Les doigts de Morgan s’enroulant autour de son poignet ne l’arrachèrent pas à sa funeste contemplation.
Ses choix d’allégeances s’étalaient lentement sur le sol comme pour se faufiler à travers les lames du parquet. Rejoindraient-ils la terre ? Partaient-ils prévenir ses Ancêtres ?
Qu’ils y aillent.
Thomas était habitué à décevoir sa famille.
Ses yeux finirent par retrouver le chemin des billes d’azur de Morgan. Elle était là, si près de lui comme il l’avait tant espérer pendant huit mois. Elle l’observait comme on admire un accident mortel : avec l’effroi colérique de ceux qui comprennent que quelque chose aurait pu être évité.
Thomas l’admirait sans un mot, sans même rien penser. Il n’y parvenait pas. Quelque chose s’était brisé en lui. Une promesse qu’il n’avait jamais faite. Un choix qu’on ne lui avait pas laissé. Un rempart. Une dingue. Un monde.
A moins qu’il ne s’agisse des derniers assemblages de son armure.
Les mots pleuvaient. Thomas les entendait mais ne les écoutait pas tout à fait.
Non.
Il préférait la ressentir.
Emplir ses poumons du parfum de sa peau.
Mémoriser la chaleur de ses doigts sur lui.
Ne ressentir plus qu’elle.
Rien qu’elle.
Car il n’y avait plus qu’elle dont il voulait se soucier.
Et pourtant, même si son regard restait accroché à sa Morgan, son esprit restait à terre, à côté de ce petit tas de poussière.
Pourquoi tu as fait ça ?
Elle avait beau lui crier dessus, Thomas continuait à la regarder comme si il s’agissait du plus beau des oiseaux.
Une phrase pourtant ébranla cette petite partie de son cœur qui brûlait encore.
Pourquoi tu ne peux pas voir que je ne vaux pas la peine ?
Le visage de Thomas se durcit aussitôt.
Nous y voilà.
Enfin, Morgan parlait. Enfin, Morgan était sincère. Enfin, par Merlin. Morgan ne mentait plus.
Sa main libre se leva entre eux. Elle crevait d’envie d’épouser la courbe du visage du Morgan pour se perdre dans ses boucles noires. L’attirer à ses lèvres pour la faire taire d’un baiser. Lui livrer ses vérités sans prononcer le moindre mot.
Elle restait là, prête à caresser sa joue, prête à sentir sa peau vibrer contre la sienne. La gorge de Thomas se serrait. Ses lèvres s’entrouvrirent pour expulser un soupir tremblant.
Il se dégagea sèchement de la prise de Morgan et se recula d’un bond. Sa baguette reparti à sa place alors que la main qui réclamait la peau de la galloise s’agita dans un geste agacé désignant autant Morgan que tout ce qui voletaient autour d’elle. Ses mensonges, sa famille, ses décisions.
« Et toi tu devrais sérieusement arrêter de penser que tu ne vaux rien. Tu crois que je serai ici si tu ne valais rien ? Que je prends autant de temps et d’énergie pour des clous ? Ta grand-mère et toute son armée de vieux débris, je les prends un par un ! T’entends, ça ? Un par un, si ça peut te faire prendre conscience que tu vaux plus que toutes les foutues manigances de ce pays ! J’incendierais tout ton arbre généalogique si ça pouvait te faire ouvrir les yeux sur ton importance à toi ! » Un rire, ou bien un grognement, lui échappa alors que ses bras retombaient. Un temps de pause. Les yeux grands ouverts, ses mains le désignèrent nonchalamment. Sa voix s’éleva, plus calme, presque en une plainte de bête poussée à bout. « Regarde moi. Regarde ce que t’as fait de moi. Et tu oses me dire que tu ne vaux rien…? Je ne ressens que toi, Morgan. »
Ses bras retombèrent le long de son corps, vides de conscience.
« Si tu n’es pas capable de t’aimer, laisse moi le faire à ta place. »
Ses choix d’allégeances s’étalaient lentement sur le sol comme pour se faufiler à travers les lames du parquet. Rejoindraient-ils la terre ? Partaient-ils prévenir ses Ancêtres ?
Qu’ils y aillent.
Thomas était habitué à décevoir sa famille.
Ses yeux finirent par retrouver le chemin des billes d’azur de Morgan. Elle était là, si près de lui comme il l’avait tant espérer pendant huit mois. Elle l’observait comme on admire un accident mortel : avec l’effroi colérique de ceux qui comprennent que quelque chose aurait pu être évité.
Thomas l’admirait sans un mot, sans même rien penser. Il n’y parvenait pas. Quelque chose s’était brisé en lui. Une promesse qu’il n’avait jamais faite. Un choix qu’on ne lui avait pas laissé. Un rempart. Une dingue. Un monde.
A moins qu’il ne s’agisse des derniers assemblages de son armure.
Les mots pleuvaient. Thomas les entendait mais ne les écoutait pas tout à fait.
Non.
Il préférait la ressentir.
Emplir ses poumons du parfum de sa peau.
Mémoriser la chaleur de ses doigts sur lui.
Ne ressentir plus qu’elle.
Rien qu’elle.
Car il n’y avait plus qu’elle dont il voulait se soucier.
Et pourtant, même si son regard restait accroché à sa Morgan, son esprit restait à terre, à côté de ce petit tas de poussière.
Pourquoi tu as fait ça ?
Elle avait beau lui crier dessus, Thomas continuait à la regarder comme si il s’agissait du plus beau des oiseaux.
Une phrase pourtant ébranla cette petite partie de son cœur qui brûlait encore.
Pourquoi tu ne peux pas voir que je ne vaux pas la peine ?
Le visage de Thomas se durcit aussitôt.
Nous y voilà.
Enfin, Morgan parlait. Enfin, Morgan était sincère. Enfin, par Merlin. Morgan ne mentait plus.
Sa main libre se leva entre eux. Elle crevait d’envie d’épouser la courbe du visage du Morgan pour se perdre dans ses boucles noires. L’attirer à ses lèvres pour la faire taire d’un baiser. Lui livrer ses vérités sans prononcer le moindre mot.
Elle restait là, prête à caresser sa joue, prête à sentir sa peau vibrer contre la sienne. La gorge de Thomas se serrait. Ses lèvres s’entrouvrirent pour expulser un soupir tremblant.
Il se dégagea sèchement de la prise de Morgan et se recula d’un bond. Sa baguette reparti à sa place alors que la main qui réclamait la peau de la galloise s’agita dans un geste agacé désignant autant Morgan que tout ce qui voletaient autour d’elle. Ses mensonges, sa famille, ses décisions.
« Et toi tu devrais sérieusement arrêter de penser que tu ne vaux rien. Tu crois que je serai ici si tu ne valais rien ? Que je prends autant de temps et d’énergie pour des clous ? Ta grand-mère et toute son armée de vieux débris, je les prends un par un ! T’entends, ça ? Un par un, si ça peut te faire prendre conscience que tu vaux plus que toutes les foutues manigances de ce pays ! J’incendierais tout ton arbre généalogique si ça pouvait te faire ouvrir les yeux sur ton importance à toi ! » Un rire, ou bien un grognement, lui échappa alors que ses bras retombaient. Un temps de pause. Les yeux grands ouverts, ses mains le désignèrent nonchalamment. Sa voix s’éleva, plus calme, presque en une plainte de bête poussée à bout. « Regarde moi. Regarde ce que t’as fait de moi. Et tu oses me dire que tu ne vaux rien…? Je ne ressens que toi, Morgan. »
Ses bras retombèrent le long de son corps, vides de conscience.
« Si tu n’es pas capable de t’aimer, laisse moi le faire à ta place. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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L’Andabate et la Stryge
Elle avait senti le détachement comme une brûlure sur sa paume de main, et le reste n’avait été qu’incendie.
La galloise ne s’était pas rendu compte qu’elle s’était de nouveau déplacée. Pas jusqu’à ce qu’elle finisse par s’asseoir. Comme si son corps avait décidé à sa place.
Une pensée absurde lui traversa l’esprit alors qu’elle fixa son regard à l’endroit où reposait le fantôme de la chevalière — elle était une hôtesse de maison catastrophique. Peeney avait disparu depuis longtemps, l’autre elfe aussi. Cela n’avait aucun sens que ça lui revienne maintenant, et pourtant ça restait là, coincé au bord de tout le reste.
Mais évidemment, elle ne pensait qu’à lui.
Sa voix.
Toujours sa voix.
Celle qui osait prononcer l’infamie sur sa famille, celle qui lui faisait aussi mal — celle qu’elle n’avait entendue autrement qu’à travers ses souvenirs ces interminables mois.
La colère, elle, n’avait plus besoin de monter. Elle était là depuis un moment déjà. Elle en avait assez. Non. Elle voulait continuer à se battre — contre tout, contre rien, contre Thomas. Contre l’absurdité de ses mots. Contre une absurdité plus grande encore : le fait qu’ils l’atteignaient profondément. Il avait toujours été doué avec les mots.
Elle voulait lui répondre. Elle voulait le pousser. Lui répéter encore que tout cela n’avait aucun sens. Encore, et encore, jusqu’à ce qu’il l’entende. Le contredire. N’importe quoi qui tienne debout. Elle voulait stopper l’incendie. Et force était de constater que le seul moyen que son corps venait de trouver pour cela était de la trahir par les larmes.
Pathétique... A nouveau.
« Tu es impossible... »
La galloise ne s’était pas rendu compte qu’elle s’était de nouveau déplacée. Pas jusqu’à ce qu’elle finisse par s’asseoir. Comme si son corps avait décidé à sa place.
Une pensée absurde lui traversa l’esprit alors qu’elle fixa son regard à l’endroit où reposait le fantôme de la chevalière — elle était une hôtesse de maison catastrophique. Peeney avait disparu depuis longtemps, l’autre elfe aussi. Cela n’avait aucun sens que ça lui revienne maintenant, et pourtant ça restait là, coincé au bord de tout le reste.
Mais évidemment, elle ne pensait qu’à lui.
Sa voix.
Toujours sa voix.
Celle qui osait prononcer l’infamie sur sa famille, celle qui lui faisait aussi mal — celle qu’elle n’avait entendue autrement qu’à travers ses souvenirs ces interminables mois.
La colère, elle, n’avait plus besoin de monter. Elle était là depuis un moment déjà. Elle en avait assez. Non. Elle voulait continuer à se battre — contre tout, contre rien, contre Thomas. Contre l’absurdité de ses mots. Contre une absurdité plus grande encore : le fait qu’ils l’atteignaient profondément. Il avait toujours été doué avec les mots.
Elle voulait lui répondre. Elle voulait le pousser. Lui répéter encore que tout cela n’avait aucun sens. Encore, et encore, jusqu’à ce qu’il l’entende. Le contredire. N’importe quoi qui tienne debout. Elle voulait stopper l’incendie. Et force était de constater que le seul moyen que son corps venait de trouver pour cela était de la trahir par les larmes.
Pathétique... A nouveau.
« Tu es impossible... »
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
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#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
Je vais l’épouser, avait-il dit à Garwen Rosenwald lors d’une invitation à prendre le thé qu’il ne bu jamais. Dus-je abandonner mon titre d’héritier, je le ferai. Si cela peut m'assurer de la voir sourire encore un jour, je le ferai.
Thomas connaissait le poids des mots autant que le sens de ses promesses.
Celle ci, Thomas la tiendrait, même si il devait le faire à genoux, même si il lui fallait ramper dans un champ jonché de lames. Il le ferait, ses yeux fixés sur un avenir dans lequel Morgan ne souffrirait pas. Thomas ne tremblerait jamais. Thomas ne faillirait pas.
Pour elle, il condamnerait son âme autant que sa raison.
Thomas observa Morgan s’effondrer dans son fauteuil. Il la laissa faire. Il savait que son corps devait réclamer ce que l’esprit ne parvenait jamais à trouver : l’accalmie.
Il aurait dû s’en vouloir de la voir ainsi, affaiblie, si affaiblie. Sa Morgan. Son bel oiseau noir. Sa déesse crachée des Enfers les plus froids, arpentant le monde des mortels, le menton bien haut, le regard bien droit.
Mais Thomas ne s’en voulait pas.
Pour une fois, Morgan ne mentait pas.
Pour une fois, Morgan était sincère, face à lui.
Il s’avança vers la reine et son trône. Sans un mot, sans un regard, Thomas s’assied contre lui, à même le sol. Ses jambes se rassemblèrent devant lui, ses genoux comme réceptacle pour ses bras tremblants. Il voulait rester aux côtés de Morgan.
Il en avait besoin.
Sa tête bascula en arrière, entraînant ses boucles blanches sur l’accoudoir. Ses yeux clos sur le plafond, il laissa le silence s’étirer entre eux. Thomas ne commenterait ni les larmes, ni les mots, ni la situation. Il n’aspirait qu’à rester à ses côtés.
C’était bien plus qu’il n’avait eu ces huit derniers mois.
Je vais l’épouser, avait-il dit à une vieille chouette acariâtre, lors d’une vaine tentative de le faire abandonner les armes. Dus-je abandonner mon titre d’héritier, je le ferai. Si cela peut m'assurer de la voir sourire encore un jour, je le ferai.
Et au Diable les Ancêtres bafoués.
Thomas connaissait le poids des mots autant que le sens de ses promesses.
Celle ci, Thomas la tiendrait, même si il devait le faire à genoux, même si il lui fallait ramper dans un champ jonché de lames. Il le ferait, ses yeux fixés sur un avenir dans lequel Morgan ne souffrirait pas. Thomas ne tremblerait jamais. Thomas ne faillirait pas.
Pour elle, il condamnerait son âme autant que sa raison.
Thomas observa Morgan s’effondrer dans son fauteuil. Il la laissa faire. Il savait que son corps devait réclamer ce que l’esprit ne parvenait jamais à trouver : l’accalmie.
Il aurait dû s’en vouloir de la voir ainsi, affaiblie, si affaiblie. Sa Morgan. Son bel oiseau noir. Sa déesse crachée des Enfers les plus froids, arpentant le monde des mortels, le menton bien haut, le regard bien droit.
Mais Thomas ne s’en voulait pas.
Pour une fois, Morgan ne mentait pas.
Pour une fois, Morgan était sincère, face à lui.
Il s’avança vers la reine et son trône. Sans un mot, sans un regard, Thomas s’assied contre lui, à même le sol. Ses jambes se rassemblèrent devant lui, ses genoux comme réceptacle pour ses bras tremblants. Il voulait rester aux côtés de Morgan.
Il en avait besoin.
Sa tête bascula en arrière, entraînant ses boucles blanches sur l’accoudoir. Ses yeux clos sur le plafond, il laissa le silence s’étirer entre eux. Thomas ne commenterait ni les larmes, ni les mots, ni la situation. Il n’aspirait qu’à rester à ses côtés.
C’était bien plus qu’il n’avait eu ces huit derniers mois.
Je vais l’épouser, avait-il dit à une vieille chouette acariâtre, lors d’une vaine tentative de le faire abandonner les armes. Dus-je abandonner mon titre d’héritier, je le ferai. Si cela peut m'assurer de la voir sourire encore un jour, je le ferai.
Et au Diable les Ancêtres bafoués.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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