Je te montrerai la peur dans une poignée de poussière
Christopher surveille un instant le visage d’Alice avant de s’éloigner vers la fenêtre. Il l’ouvre et s’y accoude pour allumer sa cigarette après avoir lancé le sortilège qui empêchera la fumée d’entrer dans le salon et d’incommoder la jeune femme. Évidemment, il ne compte pas sur la riche population de Godric’s Hollow pour s’élever contre l’existence d’un tel tournoi. Non, il compte sur les autres. Les populations plus modestes, les marginaux, ceux qui s’opposent au Conseil des Sorciers et au règne Sang-pur, ceux qui sauteraient sur la moindre occasion pour cracher sur ce genre d’événement insultants. Quant à Atterbury ? À cette heure-là, l’homme a déjà compris qu’il lui était arrivé quelque chose et que ce n’était pas un vilain coup du destin. Peut-être fera-t-il le lien avec Alice Sangblanc. Dans ce cas, il apprendra rapidement que la femme n’a pas été vue dans le monde sorcier depuis des semaines et qu’elle n’a pas pu agir contre de lui — de toute manière, il ne la croirait tout simplement pas capable d’une telle chose. Peut-être pensera-t-il seulement qu’un autre participant du tournoi a voulu s’en prendre à lui. Qu’importe ? Sa réputation est plus qu’entachée, désormais, et c’est tout ce que désirait Christopher. Avec la certitude qu’il a souffert et qu’il s’est tordu de douleur en vomissant ses tripes, bien sûr. Cassia lui a raconté qu'il a tempêté sur scène qu'il voulait continuer sa manche mais que plus il parlait, plus l'odeur de ses excréments devenait incommodante. Christopher pourra se souvenir de ça pour illuminer son humeur la prochaine fois qu'il devra dîner chez ses parents.
Il recrache une colonne de fumée en ramenant ses yeux vers Alice. Si tant est qu’elle soit curieuse et parcourt la gazette dans son entièreté, elle pourra voir ce petit encart dans un coin au titre accrocheur : « La célèbre œuvre, L’Obole aux Yeux Clos, dérobée chez Guo Wang ! ». Peut-être qu’un jour, lorsqu’elle aura eu la triste occasion de rencontrer tous les membres de la famille de Christopher, se rappellera-t-elle de cet article et comprendra-t-elle que l’homme chez qui une œuvre a été dérobée, sans qu’aucun lien ne puisse être fait entre cet événement et l’humiliation d’Atterbury, est l’un des cousins de Christopher. Mais sans doute ne se rappellera-t-elle jamais de ce détail précisément.
Christopher se tourne vers le ciel bleu qui s’étire au-dessus des immeubles londoniens. Guo se faisait un tel plaisir de rappeler à chaque rassemblement familial qu’il détenait une œuvre unique en son genre que beaucoup viennent visiter dans son salon. Sûrement n’osera-t-il pas ouvrir la bouche au prochain rassemblement. Peut-être même que celui-ci sera le mariage de Christopher et d’Alice.
Il recrache une colonne de fumée en ramenant ses yeux vers Alice. Si tant est qu’elle soit curieuse et parcourt la gazette dans son entièreté, elle pourra voir ce petit encart dans un coin au titre accrocheur : « La célèbre œuvre, L’Obole aux Yeux Clos, dérobée chez Guo Wang ! ». Peut-être qu’un jour, lorsqu’elle aura eu la triste occasion de rencontrer tous les membres de la famille de Christopher, se rappellera-t-elle de cet article et comprendra-t-elle que l’homme chez qui une œuvre a été dérobée, sans qu’aucun lien ne puisse être fait entre cet événement et l’humiliation d’Atterbury, est l’un des cousins de Christopher. Mais sans doute ne se rappellera-t-elle jamais de ce détail précisément.
Christopher se tourne vers le ciel bleu qui s’étire au-dessus des immeubles londoniens. Guo se faisait un tel plaisir de rappeler à chaque rassemblement familial qu’il détenait une œuvre unique en son genre que beaucoup viennent visiter dans son salon. Sûrement n’osera-t-il pas ouvrir la bouche au prochain rassemblement. Peut-être même que celui-ci sera le mariage de Christopher et d’Alice.
FIN
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER