Mon ego entre tes serres
Christopher regarde fixement Sulien. Il essaie de comprendre ce qu'il vient d'entendre. C'est plus ce que ton destin te réservait à la naissance. En fait, il a très bien compris mais il ne sait pas comment assimiler. Ce qu'il lui dit là, c'est plutôt... Sympa, en fait. Ça le rassure, alors que ça ne devrait pas : Christopher n'a jamais attendu qu'on le valide pour s'aimer tel qu'il est. Avant Poudlard, personne ne l'aurait fait de toute manière. Mais là, fragilisé comme il l'était par les mots de Sulien, par son destin qui l'a brutalement rattrapé avec ce fichu mariage... Il avait besoin de les entendre, ces mots. Il avait besoin qu'on lui dise : non, tu n'es pas comme ton frère. Mais tout de même, ça fait réfléchir... Sulien lui dit tout le contraire de ce qu'il lui a balancé dans la gueule la dernière fois. Pourquoi ? Pourquoi s'était-il montré si subitement désagréable ? Parce qu'il s'est braqué que Christopher soit dubitatif à propos de son métier ?
« Ouah. »
Un rire un peu nerveux le secoue. Il jette un regard à Sulien qui vient de le questionner, remarque le jeu stressé de ses mains et n'en pense pas grand chose. Christopher est bloqué sur le reste. Sa main vole jusqu'à sa nuque qu'il masse doucement. La caresse du soleil sur sa peau est agréable même s'il commence à avoir chaud, planté en plein milieu de la rue comme ça.
« J'ai vraiment cru que t'avais vu un truc horrible dans ma main, avoue-t-il dans un rire. T'as lu le portrait de mon frère en fait et putain ça m'a fait flipper. »
Il l'avoue sans honte. Ce sont des semaines de questionnement qui s'envolent soudainement, tout à coup. Comme si on lui récupérait un sac très lourd qu'il portait inconsciemment depuis trop longtemps. C'est bête, hein ? Il se sent un peu bête de ne pas avoir réussi à gérer ça tout seul, d'avoir dû attendre ces tardives excuses pour se sentir mieux et arrêter de se questionner.
« C'est un vrai abruti, » précise-il alors que ce n'était pas nécessaire de le faire.
Mais il n'a pas envie de parler de son frère, là. Christopher secoue la tête. Sa main remonte le long de son crane. Il se recoiffe rapidement pour ne laisser aucun épi, ses yeux repartant en quête de ceux de Sulien.
« Du coup ouais, j'ai une question, » reprend-il en s'éclaircissant la gorge.
Maintenant qu'ils sont là, autant en profiter, hein ? Ça le turlupine, tout ça. Il a besoin de savoir. De comprendre pourquoi Sulien a agi comme ça. Sinon, il ne pourra plus repartir sur une relation plus neutre avec lui et il déteste ça. Garder des rancœurs, très peu pour lui. C'est bête et ça fait mal au cœur. Autant régler les soucis quand c'est possible de le faire — sauf quand il est trop blessé dans son ego comme la dernière fois, bien sûr.
« Tu savais très bien que tu lisais ma... Main non-dominante ? hésite-t-il. La dernière fois. Tu le savais bien. Pourtant t'as réagi comme ça ? Je veux dire... C'était un vrai comportement de con, désolé hein, mais c'est vra... Attends, attends, je m'emballe, je mélange tout : déjà, excuse-moi. »
Il lève les mains pour bien montrer qu'il se repentit, le visage froissé dans une grimace désolée. Il aurait peut-être dû commencer par là...
« La dernière fois, j'ai pas été très cool avec ta profession et j'ai pu être vexant. Excuse-moi, j'ai vraiment manqué de tact. C'est pour ça que tu as lu ma main de cette façon ? »
Il ne voit pas ce que ça pourrait être d'autre, en fait. Parfois, il sait qu'il réagit comme un boullu. Une décennie suffit pour façonner et éduquer un enfant qui mettra parfois toute sa vie à essayer d'aller contre ce qu'on lui a inculqué. Si souvent, Chris se dit qu'il s'en est bien sorti, il lui arrive encore de douter et d'avoir l'impression de trop ressembler à sa famille.
« Ouah. »
Un rire un peu nerveux le secoue. Il jette un regard à Sulien qui vient de le questionner, remarque le jeu stressé de ses mains et n'en pense pas grand chose. Christopher est bloqué sur le reste. Sa main vole jusqu'à sa nuque qu'il masse doucement. La caresse du soleil sur sa peau est agréable même s'il commence à avoir chaud, planté en plein milieu de la rue comme ça.
« J'ai vraiment cru que t'avais vu un truc horrible dans ma main, avoue-t-il dans un rire. T'as lu le portrait de mon frère en fait et putain ça m'a fait flipper. »
Il l'avoue sans honte. Ce sont des semaines de questionnement qui s'envolent soudainement, tout à coup. Comme si on lui récupérait un sac très lourd qu'il portait inconsciemment depuis trop longtemps. C'est bête, hein ? Il se sent un peu bête de ne pas avoir réussi à gérer ça tout seul, d'avoir dû attendre ces tardives excuses pour se sentir mieux et arrêter de se questionner.
« C'est un vrai abruti, » précise-il alors que ce n'était pas nécessaire de le faire.
Mais il n'a pas envie de parler de son frère, là. Christopher secoue la tête. Sa main remonte le long de son crane. Il se recoiffe rapidement pour ne laisser aucun épi, ses yeux repartant en quête de ceux de Sulien.
« Du coup ouais, j'ai une question, » reprend-il en s'éclaircissant la gorge.
Maintenant qu'ils sont là, autant en profiter, hein ? Ça le turlupine, tout ça. Il a besoin de savoir. De comprendre pourquoi Sulien a agi comme ça. Sinon, il ne pourra plus repartir sur une relation plus neutre avec lui et il déteste ça. Garder des rancœurs, très peu pour lui. C'est bête et ça fait mal au cœur. Autant régler les soucis quand c'est possible de le faire — sauf quand il est trop blessé dans son ego comme la dernière fois, bien sûr.
« Tu savais très bien que tu lisais ma... Main non-dominante ? hésite-t-il. La dernière fois. Tu le savais bien. Pourtant t'as réagi comme ça ? Je veux dire... C'était un vrai comportement de con, désolé hein, mais c'est vra... Attends, attends, je m'emballe, je mélange tout : déjà, excuse-moi. »
Il lève les mains pour bien montrer qu'il se repentit, le visage froissé dans une grimace désolée. Il aurait peut-être dû commencer par là...
« La dernière fois, j'ai pas été très cool avec ta profession et j'ai pu être vexant. Excuse-moi, j'ai vraiment manqué de tact. C'est pour ça que tu as lu ma main de cette façon ? »
Il ne voit pas ce que ça pourrait être d'autre, en fait. Parfois, il sait qu'il réagit comme un boullu. Une décennie suffit pour façonner et éduquer un enfant qui mettra parfois toute sa vie à essayer d'aller contre ce qu'on lui a inculqué. Si souvent, Chris se dit qu'il s'en est bien sorti, il lui arrive encore de douter et d'avoir l'impression de trop ressembler à sa famille.
Dernière modification par Christopher Hangoover le 5 oct. 2026, 14:13, modifié 1 fois.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Mon ego entre tes serres
Il y a un silence avant qu'il ne dise juste un "Ouaah", avant de rire. Enfin rire, pas comme si je lui avais fait la blague du siècle ou que je lui avais sorti Mimbulus Mimbletonia de nulle part... Ça marche que sur les bambins ça. Je pense, si on me dit ça, là maintenant, je reste dans le silence et je regarde bizarrement la personne. Et peut-être que je ne devrais pas penser à ça et plutôt me concentrer sur ce qu'il dit
J'ai lu le portrait de son frère. Oh, ok, je vois pourquoi ça l'a autant affecté. Surtout qu'il rajoute juste après que c'est un abruti. Je vois, pas avec ma fratrie, Alys c'est un ange... Un ange enragé, mais plutôt avec, je sais pas... Mon grand-père maternel par exemple. Je ne veux jamais être comparé à lui. Un monstre c'est tout ce qu'il était et continue d'être dans mes souvenirs. Donc, je comprends la peur, les doutes et tout ce qui a pu suivre. On ne m'a jamais comparé à mon grand-père mais juste imaginer me donne un frisson. En-tout-cas, je retiens que son frère est un abruti de première.
Il veut me poser une question. Bon, je ne pensais pas qu'il allait prendre cette opportunité mais tant pis. Je ne sais même pas ce qu'il y a de demander de plus et ça à le don de me rendre plus anxieux. Je n'aime pas ne rien savoir mais en même temps si ce savoir du futur me concerne, ça m'angoisse. La parfaite boucle, n'est-ce pas ? J'ai arrêté de me lire l'avenir depuis longtemps, depuis... Lui. Je préfère ne pas savoir que de revoir mon jeu de cartes, ou de rune, ou autre me dire que mon avenir est condamné, que la voie que j'ai choisi d'entreprendre me guide jusqu'à ma misère. Parfois, être ignorant est beaucoup mieux.
J'écoute et je comprends ce qui le tracasse. J'avais déjà répondu, non ? L'alcool et puis c'est tout. Je ne veux pas croire à autre chose. Ma profession ? Oh pfff.
"C'est rien et non c'est pas pour ça, enfin, j'ai grandi dans une famille un quart intolérable sur ma passion pour la divination, vraiment, ce que t'as dit c'est passé au-dessus de ma tête. La divination est si mal vue que bon... Je fais même plus gaffe."
C'est vrai. Qu'est-ce que je m'en fou qu'il critique mon poste de professeur de divination. Vraiment, il a pas vu la tête que ma grand-mère a faite quand elle l'a su, on aurait dit que j'avais tué quelqu'un. Et dire que toute cette magie, cette passion qui me fait vivre vient de sa mère... J'aurais aimé rencontrer mon arrière-grand-mère, je suis sûr qu'elle aurait été douce. Maman me raconte tout le temps que c'était une femme extraordinaire et je la crois.
Bref, il veut savoir pourquoi et ce n'est pas grave je le répéterai.
"Je te l'ai déjà dit, c'est sûrement l'alcool... Je vois pas ce que ça pourrait être... d'autres...", je réfléchis, je doute. Même avec l'alcool, je ne suis pas agressif comme j'ai pu l'être, je me connais. Je ris et je souris souvent bêtement puis, je n'étais pas encore trop dans les vapes. Qu'est-ce qui... Un mont, sur une main. Mon déni, mon propre mensonge pour me voiler la face. Son sourire, son rire, son foutu rire. Non, je ne veux pas y penser. Je ne veux pas penser à lui. Mais il veut une réponse et je l'ai. Je ne veux plus mentir, j'en ai marre de me terrer dans le mensonge.
"C'est... compliqué.", je n'arrive pas à en parler, c'est trop dur et il n'a pas à savoir. "C'est un peu comme si... Tu voyais les traits de ton frère dans la main de quelqu'un avec qui tu penses t'amuser et que, qu'il y a tout ce qui est désagréable qui revient et que ton cerveau te hurle de te défendre et de fuir... Ouais, voilà, c'est ça."
664 mots
Mots soulignés pour l'anim prof
J'ai lu le portrait de son frère. Oh, ok, je vois pourquoi ça l'a autant affecté. Surtout qu'il rajoute juste après que c'est un abruti. Je vois, pas avec ma fratrie, Alys c'est un ange... Un ange enragé, mais plutôt avec, je sais pas... Mon grand-père maternel par exemple. Je ne veux jamais être comparé à lui. Un monstre c'est tout ce qu'il était et continue d'être dans mes souvenirs. Donc, je comprends la peur, les doutes et tout ce qui a pu suivre. On ne m'a jamais comparé à mon grand-père mais juste imaginer me donne un frisson. En-tout-cas, je retiens que son frère est un abruti de première.
Il veut me poser une question. Bon, je ne pensais pas qu'il allait prendre cette opportunité mais tant pis. Je ne sais même pas ce qu'il y a de demander de plus et ça à le don de me rendre plus anxieux. Je n'aime pas ne rien savoir mais en même temps si ce savoir du futur me concerne, ça m'angoisse. La parfaite boucle, n'est-ce pas ? J'ai arrêté de me lire l'avenir depuis longtemps, depuis... Lui. Je préfère ne pas savoir que de revoir mon jeu de cartes, ou de rune, ou autre me dire que mon avenir est condamné, que la voie que j'ai choisi d'entreprendre me guide jusqu'à ma misère. Parfois, être ignorant est beaucoup mieux.
J'écoute et je comprends ce qui le tracasse. J'avais déjà répondu, non ? L'alcool et puis c'est tout. Je ne veux pas croire à autre chose. Ma profession ? Oh pfff.
"C'est rien et non c'est pas pour ça, enfin, j'ai grandi dans une famille un quart intolérable sur ma passion pour la divination, vraiment, ce que t'as dit c'est passé au-dessus de ma tête. La divination est si mal vue que bon... Je fais même plus gaffe."
C'est vrai. Qu'est-ce que je m'en fou qu'il critique mon poste de professeur de divination. Vraiment, il a pas vu la tête que ma grand-mère a faite quand elle l'a su, on aurait dit que j'avais tué quelqu'un. Et dire que toute cette magie, cette passion qui me fait vivre vient de sa mère... J'aurais aimé rencontrer mon arrière-grand-mère, je suis sûr qu'elle aurait été douce. Maman me raconte tout le temps que c'était une femme extraordinaire et je la crois.
Bref, il veut savoir pourquoi et ce n'est pas grave je le répéterai.
"Je te l'ai déjà dit, c'est sûrement l'alcool... Je vois pas ce que ça pourrait être... d'autres...", je réfléchis, je doute. Même avec l'alcool, je ne suis pas agressif comme j'ai pu l'être, je me connais. Je ris et je souris souvent bêtement puis, je n'étais pas encore trop dans les vapes. Qu'est-ce qui... Un mont, sur une main. Mon déni, mon propre mensonge pour me voiler la face. Son sourire, son rire, son foutu rire. Non, je ne veux pas y penser. Je ne veux pas penser à lui. Mais il veut une réponse et je l'ai. Je ne veux plus mentir, j'en ai marre de me terrer dans le mensonge.
"C'est... compliqué.", je n'arrive pas à en parler, c'est trop dur et il n'a pas à savoir. "C'est un peu comme si... Tu voyais les traits de ton frère dans la main de quelqu'un avec qui tu penses t'amuser et que, qu'il y a tout ce qui est désagréable qui revient et que ton cerveau te hurle de te défendre et de fuir... Ouais, voilà, c'est ça."
664 mots
Mots soulignés pour l'anim prof
Couleur : #9a3d1d IT'S PRIDE MY GALS ! - Fumeur pour éloigner la plèbe - Professeur de Divination depuis novembre 2050 inRP - Team tutoiement - Sulienonichou - être de nuisance _ Paige 2026
Mon ego entre tes serres
Sulien essuie les excuses de Christopher sans la moindre rancœur. Un bon point pour lui : les gens rancuniers l'agacent. Bon, Sulien est juste très habitué à ce qu'on crache sur sa profession ou le juge pour ça, ce qui est bien triste, mais c'est toujours mieux qu'une rancœur mal placée. Chris affiche un sourire rassuré, content que ses excuses aient été acceptée si simplement.
Et en ce qui concerne la suite... La suite, c'est l'alcool qui expliquerait sa réaction. L'alcool et rien d'autre ? Il l'a déjà dit tout à l'heure mais il a aussi parlé de son mont alors Christopher pensait... De toute manière, tout le monde sait que ceux qui ont l'alcool violent ou méchant ont des problèmes non réglés. C'est peut-être juste ça, alors. Il est prêt à l'accepter. Ce n'est pas lui qui lui fera une séance de psychomagie en pleine rue pour l'aider à comprendre pourquoi il agit comme un sale boullu quand il boit.
Christopher hoche vaguement la tête, une moue sur les lèvres, prêt à s'en tenir là. Il ne s'attendait pas à l'aveu qui suit et lui fait arrondir les yeux. Alors il y avait autre chose que l'alcool, finalement. Autre chose de très important.
« Oh..., » fait Christopher en regardant la paume de sa main. Puis il fronce les sourcils, semble comprendre quelque chose : « Oh. Ton frère ? »
Son frère ? Il rejoue le fil de la phrase de Sulien. Non, pas son frère ! C'est comme si lui avait vu le caractère de son frère chez quelqu'un d'autre et que ça l'avait fait vriller. Oh ! D'accord ! Alors ce qu'il a lu sur sa main, ça lui a rappelé quelqu'un, c'est ça ? Et lui, il vient de le forcer à avouer ça tout haut. En même temps, il ne pouvait pas savoir. Donc, l'alcool n'aidant pas, après avoir lu sa main Sulien a cru qu'il était comme une crevure qu'il a connue par le passé. Ah bah là, les choses sont plus claires. Beaucoup plus claires : sa réaction soudaine, la lecture de sa main, sa froideur soudaine, les vilains mots qu'il lui a balancé au visage et la fin catastrophique de leur speed-dating. Sulien n'a jamais voulu être horrible avec lui : c'était une réaction instinctive. Ça libère Christopher d'un poids énorme — la compréhension est la meilleure guérison.
« Bah non, pas ton frère ! reprend-il soudainement avec un petit rire. C'est bon, j'ai capté. Merde alors... Et bien... Je comprends. Ouais, je comprends, affirme-t-il en haussant les épaules. T'as cru te retrouver face à une grosse crevure, normal que tu te sois défendu malgré les preuves un peu fragiles. »
Plus que fragiles, même : une lecture de main. Mais on ne juge plus son métier, on a dit. Pas après s'être excusé de l'avoir fait déjà une fois. Son regard s'égare sur la foule qui les entoure. Le flux constant des passants semble ne jamais se tarir. Christopher ramène ses yeux sur Sulien qui n'a pas l'air à l'aise d'évoquer le sujet.
« Je suis content qu'on se soit expliqué, ajoute-t-il alors avec un sourire qui creuse sa joue. Pour tout te dire... »
Il enfonce les mains dans sa poche et lève brièvement la tête pour observer la clarté du ciel bleu estival. Une moue amusée apparait sur son visage. Il baisse les yeux sans bouger la tête, serre les bras contre son torse et s'étire sur ses pieds, amusé.
« Avant cet épisode catastrophique, notre speed-dating était plutôt sympa. »
Que Lloyd n'apprenne jamais ça ou il lui fera tout une scène. Et bien sûr, Christopher n'oublie pas le coup du vautour et du couteau : il appréciera toujours davantage la compagnie d'hommes qui le préviennent avant de métamorphoser une veste qu'il porte en piaf énorme et qui ne le menacent pas. Il pourrait aussi le questionner sur ça, d'ailleurs, mais non. Pas maintenant. Chaque chose en son temps.
Et en ce qui concerne la suite... La suite, c'est l'alcool qui expliquerait sa réaction. L'alcool et rien d'autre ? Il l'a déjà dit tout à l'heure mais il a aussi parlé de son mont alors Christopher pensait... De toute manière, tout le monde sait que ceux qui ont l'alcool violent ou méchant ont des problèmes non réglés. C'est peut-être juste ça, alors. Il est prêt à l'accepter. Ce n'est pas lui qui lui fera une séance de psychomagie en pleine rue pour l'aider à comprendre pourquoi il agit comme un sale boullu quand il boit.
Christopher hoche vaguement la tête, une moue sur les lèvres, prêt à s'en tenir là. Il ne s'attendait pas à l'aveu qui suit et lui fait arrondir les yeux. Alors il y avait autre chose que l'alcool, finalement. Autre chose de très important.
« Oh..., » fait Christopher en regardant la paume de sa main. Puis il fronce les sourcils, semble comprendre quelque chose : « Oh. Ton frère ? »
Son frère ? Il rejoue le fil de la phrase de Sulien. Non, pas son frère ! C'est comme si lui avait vu le caractère de son frère chez quelqu'un d'autre et que ça l'avait fait vriller. Oh ! D'accord ! Alors ce qu'il a lu sur sa main, ça lui a rappelé quelqu'un, c'est ça ? Et lui, il vient de le forcer à avouer ça tout haut. En même temps, il ne pouvait pas savoir. Donc, l'alcool n'aidant pas, après avoir lu sa main Sulien a cru qu'il était comme une crevure qu'il a connue par le passé. Ah bah là, les choses sont plus claires. Beaucoup plus claires : sa réaction soudaine, la lecture de sa main, sa froideur soudaine, les vilains mots qu'il lui a balancé au visage et la fin catastrophique de leur speed-dating. Sulien n'a jamais voulu être horrible avec lui : c'était une réaction instinctive. Ça libère Christopher d'un poids énorme — la compréhension est la meilleure guérison.
« Bah non, pas ton frère ! reprend-il soudainement avec un petit rire. C'est bon, j'ai capté. Merde alors... Et bien... Je comprends. Ouais, je comprends, affirme-t-il en haussant les épaules. T'as cru te retrouver face à une grosse crevure, normal que tu te sois défendu malgré les preuves un peu fragiles. »
Plus que fragiles, même : une lecture de main. Mais on ne juge plus son métier, on a dit. Pas après s'être excusé de l'avoir fait déjà une fois. Son regard s'égare sur la foule qui les entoure. Le flux constant des passants semble ne jamais se tarir. Christopher ramène ses yeux sur Sulien qui n'a pas l'air à l'aise d'évoquer le sujet.
« Je suis content qu'on se soit expliqué, ajoute-t-il alors avec un sourire qui creuse sa joue. Pour tout te dire... »
Il enfonce les mains dans sa poche et lève brièvement la tête pour observer la clarté du ciel bleu estival. Une moue amusée apparait sur son visage. Il baisse les yeux sans bouger la tête, serre les bras contre son torse et s'étire sur ses pieds, amusé.
« Avant cet épisode catastrophique, notre speed-dating était plutôt sympa. »
Que Lloyd n'apprenne jamais ça ou il lui fera tout une scène. Et bien sûr, Christopher n'oublie pas le coup du vautour et du couteau : il appréciera toujours davantage la compagnie d'hommes qui le préviennent avant de métamorphoser une veste qu'il porte en piaf énorme et qui ne le menacent pas. Il pourrait aussi le questionner sur ça, d'ailleurs, mais non. Pas maintenant. Chaque chose en son temps.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER