Péripéties à la Salle de Spectacle
NO'B - FD - NO'B - FD - NO'B - FD - NO'B - FD
A la réponse de Fabio, Niall inclina légèrement la tête à droite, fronçant les sourcils, comme pour l'aider à interpréter au mieux cette réponse. Interminable ? L'Irlandais savait bien - que Fabio savait également - que les deux ici parlaient de leur année. Mais interminable comment ? Lorsqu'il n'était pas là ou lorsqu'il l'avait été ? Ses réactions imprévisibles avaient-elles rendu le temps si long ?
Et puis son prénom. Dans la bouche de Fabio. Alors que leurs regards ne fixaient qu'eux, il n'avait pourtant pas eu besoin de réclamer son attention ; il l'avait déjà. Alors il conclut que ce temps avait été le même pour Niall, interminable. Il prit une grande inspiration pour énoncer ce qui, normalement, sortait difficilement. Son regard et sa voix l'obligeaient à répondre sincèrement.
– Est-ce que je pense que nos moments sont déjà écrits ? Il haussa les épaules. Peut-être. Puis, il sortit discrètement sa baguette, vérifia autour de lui, et souffla son sortilège en posant sa main sur celle de Fabio pour qu'il ne soit pas figé dans le temps, comme tous les autres. Mais est-ce que ça m'empêche de réclamer quelques secondes supplémentaires pour les tester ? Non.
Figées ou non, chaque seconde tendait le fil — et ses sentiments, perles fragiles, menaçaient d’en rompre l’équilibre.
A la réponse de Fabio, Niall inclina légèrement la tête à droite, fronçant les sourcils, comme pour l'aider à interpréter au mieux cette réponse. Interminable ? L'Irlandais savait bien - que Fabio savait également - que les deux ici parlaient de leur année. Mais interminable comment ? Lorsqu'il n'était pas là ou lorsqu'il l'avait été ? Ses réactions imprévisibles avaient-elles rendu le temps si long ?
Et puis son prénom. Dans la bouche de Fabio. Alors que leurs regards ne fixaient qu'eux, il n'avait pourtant pas eu besoin de réclamer son attention ; il l'avait déjà. Alors il conclut que ce temps avait été le même pour Niall, interminable. Il prit une grande inspiration pour énoncer ce qui, normalement, sortait difficilement. Son regard et sa voix l'obligeaient à répondre sincèrement.
– Est-ce que je pense que nos moments sont déjà écrits ? Il haussa les épaules. Peut-être. Puis, il sortit discrètement sa baguette, vérifia autour de lui, et souffla son sortilège en posant sa main sur celle de Fabio pour qu'il ne soit pas figé dans le temps, comme tous les autres. Mais est-ce que ça m'empêche de réclamer quelques secondes supplémentaires pour les tester ? Non.
Figées ou non, chaque seconde tendait le fil — et ses sentiments, perles fragiles, menaçaient d’en rompre l’équilibre.
Péripéties à la Salle de Spectacle
Une petite partie de sa conscience remarqua que Niall sortit sa baguette, mais le reste avait subi une prise d’otage complète par les mots du sorcier. Nos moments, il avait dit. Assumés à voix haute ; des moments au pluriel et dont la formulation laissait entendre qu’il en envisageait d’autres dans le futur. Pour Fabio, entendre nos moments dans la bouche de Niall suffisaient déjà à les couper du reste du monde. Alors lorsqu'il sentit sa main toucher à nouveau la sienne et ne résista pas. Lorsqu'il l'entendit évoquer les secondes supplémentaires, il se laissa submerger par la petite nuée de papillons qui s'envola de son ventre à son coeur, lui imposant une fréquence de battement plus élevée. Et se penchant légèrement dans la direction de Niall, il demanda :
– Et combien de ces secondes peux-tu nous permettre de réclamer ?
Tout en parlant, Fabio retourna lentement sa main pour que sa paume touche celle de Niall. Quelles étaient les limites qu'imposerait le sort lancé ? Et surtout, quelles étaient celles – y en avait-il ? – que Niall était prêt à faire tomber ici, dans leur petite bulle qui échappait au temps et à la Salle de spectacle les entourant ?
Fab’ulous
#583400
– Et combien de ces secondes peux-tu nous permettre de réclamer ?
Tout en parlant, Fabio retourna lentement sa main pour que sa paume touche celle de Niall. Quelles étaient les limites qu'imposerait le sort lancé ? Et surtout, quelles étaient celles – y en avait-il ? – que Niall était prêt à faire tomber ici, dans leur petite bulle qui échappait au temps et à la Salle de spectacle les entourant ?
Fab’ulous
#583400
Péripéties à la Salle de Spectacle
Nous permettre, il avait dit. Si depuis leur rencontre, Niall s'efforçait de combattre les comparaisons qui s'imposaient à lui, il devait bien admettre que Fabio n'était pas Fáelán. Ce dernier n'aurait sans doute jamais employé ce nous ; pas avec ce regard, pas avec ce ton, pas dans cette mélodie là.
Si son cœur semblait vouloir battre plus vite que les secondes qui continuaient sans eux, Niall ne manquait pas un seul des mouvements de Fabio : son corps s'était légèrement penché, son regard continuait de le transpercer et sa main... Sa main s'était retournée contre la sienne. Et ce fut précisément à cet instant que Niall sut qu'il n'y aurait plus aucun retour en arrière, bien que longue fut la lutte.
Alors il laissa échapper un rire timide comme un soupir, et fit glisser son pouce sur une des bagues de Fabio, puis sur sa peau, avant de plonger son regard* à nouveau dans le sien. Niall en réclamerait déjà des centaines, de ces secondes si l'évanouissement n'était pas la finalité de ce sortilège lancé à répétition.
– Pas assez, souffla-t-il. Pas assez à son goût. Pas assez pour dire tout ce qu'il avait à dire. Pas assez pour profiter du Niall qu'il était aux côtés de Fabio. Et alors que le sortilège prenait fin, il était bien tenté de le lancer une seconde fois. Mes compétences ne suivraient pas.. Et je crois que le spectacle s'apprêtait à commencer ?
Si son cœur semblait vouloir battre plus vite que les secondes qui continuaient sans eux, Niall ne manquait pas un seul des mouvements de Fabio : son corps s'était légèrement penché, son regard continuait de le transpercer et sa main... Sa main s'était retournée contre la sienne. Et ce fut précisément à cet instant que Niall sut qu'il n'y aurait plus aucun retour en arrière, bien que longue fut la lutte.
Alors il laissa échapper un rire timide comme un soupir, et fit glisser son pouce sur une des bagues de Fabio, puis sur sa peau, avant de plonger son regard* à nouveau dans le sien. Niall en réclamerait déjà des centaines, de ces secondes si l'évanouissement n'était pas la finalité de ce sortilège lancé à répétition.
– Pas assez, souffla-t-il. Pas assez à son goût. Pas assez pour dire tout ce qu'il avait à dire. Pas assez pour profiter du Niall qu'il était aux côtés de Fabio. Et alors que le sortilège prenait fin, il était bien tenté de le lancer une seconde fois. Mes compétences ne suivraient pas.. Et je crois que le spectacle s'apprêtait à commencer ?
Péripéties à la Salle de Spectacle
Parfois (et Fabio n’était pas en mesure d’en expliquer la raison), Niall le regardait d’une façon qui faisait passer tout le à l’arrière-plan. Même ce qui était déjà de nature à éclipser le reste, comme ce pouce qui se baladait sur sa peau ; un geste si petit mais qui lui semblait immensément signifiant. Fabio ne dit rien, prisonnier du regard de Niall, incapable de faire autre plus que de lui sourire.
Finalement, Niall évoqua le spectacle et Fabio fut capable de lancer un regard par-dessus le bord du kilim afin – pour la première fois depuis plusieurs minutes – gratifier la salle de son attention. À croire que le libraire avait lancé le signal ; ce fut à ce moment-là que le son de tambours commença doucement à s'élever. Les rideaux avaient beau ne pas être ouverts, Fabio savait que le spectacle avait commencé. Il se réorienta afin de faire entièrement face à la scène (peut-être s’était-il rapproché de quelques millimètres et des poussières de Niall dans le mouvement). Et en parfaitement mauvais – et l’assumant – exemple de comportent à adopter durant une représentation, il se pencha vers son voisin pour lui souffler à voix basse :
– Pas grave. Les secondes n’ont pas besoin d’être entre parenthèse pour qu’elles me donnent envie de les expérimenter pleinement.
Fab’ulous
#583400
Finalement, Niall évoqua le spectacle et Fabio fut capable de lancer un regard par-dessus le bord du kilim afin – pour la première fois depuis plusieurs minutes – gratifier la salle de son attention. À croire que le libraire avait lancé le signal ; ce fut à ce moment-là que le son de tambours commença doucement à s'élever. Les rideaux avaient beau ne pas être ouverts, Fabio savait que le spectacle avait commencé. Il se réorienta afin de faire entièrement face à la scène (peut-être s’était-il rapproché de quelques millimètres et des poussières de Niall dans le mouvement). Et en parfaitement mauvais – et l’assumant – exemple de comportent à adopter durant une représentation, il se pencha vers son voisin pour lui souffler à voix basse :
– Pas grave. Les secondes n’ont pas besoin d’être entre parenthèse pour qu’elles me donnent envie de les expérimenter pleinement.
Fab’ulous
#583400