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PARTIE 5 : Le type des ruines






L'homme se tenait là, devant le groupe, visiblement affolé. Il s'agissait d'un homme noir ébène aux sourcils épais, il n'avait ni poils sur le torse, ni sur le visage, ni sur le crâne. Pour seule vêtement une toge paresseusement enfilée pour couvrir le bas de son corps. L'homme était recouvert de tatouages asymétriques, des points blancs sur un côté de son visage, sur le même côté de son corps, et sur le bras opposé. Vous êtes des grands malades. Finit-il par déclarer.

Visiblement, même s'il n'est pas possible de lire la surface de ses pensées, lui non plus n'a pas accès à celle des membres du groupe. Ceux qui le pouvait discutaient à l'aide de leurs pensées de quoi faire de cet élément perturbateur, à priori, trois d'entre eux voulaient l'exploser sur place. T'es qui ? Se décide à demander Jack, mais avant même que l'homme n'ait eu l'occasion de répondre. Bouge, on va faire péter ces ruines. Déclare t-il en le pointant de sa baguette. Debora porta sa main sur l'épaule de Jack. Il est pas là par hasard, il s'est interposé en connaissant les risques. Lui adresse t-elle à l'aide de ses pensées. Dans ce cas il est responsable. Réplique Jack, totalement à l'ouest. C'est peut-être une victime qui en sait plus que nous ? Poursuit Debora.

Intrigué, l'homme qui s'était interposé avança de quelques pas timides avant que Jack ne renforce la tension dans son bras, arrêtant l'homme mystérieux. Vous discutez par la pensée ? Comprend t-il immédiatement, avec un léger sourire. Qu'est-ce que ça peut te faire, j't'ai déjà dit de dégager. Lance Jack avec un air sévère et mauvais, il n'a aucune intention d'abandonner même si le raisonnement de Debora fait parfaitement sens.

L'homme fit une sortes de révérence avec un large sourire, alors même que Jack le menace de l'exploser. Je suis un huldre. Déclare l'homme avec un sourire et une attitude chaleureuse. Mais cette réponse ne convient pas à Jack qui repousse Debora. Ç'en est trop. Pense t-il, et avant que les membres du groupe ayant compris ce que Jack comptait ne se jettent sur lui pour l'arrêter, le membre du culte lança un sortilège explosif sur l'homme.

Au même moment où les membres du groupe parvinrent à neutraliser Jack et à rester le plus proche possible du sol, une déflagration se fit entendre, sentir, puis sentir à nouveau. Un simple regard au niveau de l'emplacement de l'homme, ou plutôt, de son dernier emplacement laissait voir une trainée de fumée noire. L'explosion n'avait pas été si violente, mais largement suffisante pour faire exploser n'importe quel homme, et ces ruines probablement. Debora, qui était la plus proche de Jack au moment de l'explosion, se leva pour dégager la fumée à l'aide d'un simple sortilège de vent. Mais ce qu'elle vit lui glaça presque le sang, à elle et à tout les autres membres du groupe qui se levaient avec difficulté, sous le choc. Sauf Steven et Luther qui maintenaient ce déchaîné de Jack au sol. Lorsque la fumée eut totalement disparue, l'homme qui avait reçu de toute force la déflagration se tenait debout face au groupe, sans aucun vêtement, ni aucune égratignure. Pas la moindre. Tout va bien de votre côté ? Demande t-il avec un large sourire, et toujours aucune égratignure, ni vêtement. Ce qui gênait surtout c'est qu'il n'essayait pas de se couvrir le moins du monde, les poings sur les hanches comme un superhéro, ou un exhibitionniste.

Debora avança légèrement vers lui, avec une appréhension certaine. C'est à vous qu'il faudrait demander ça... Déclara la femme, baguette en main. Cet homme ne paraissait plus si innocent une fois sans vêtement, et sans une égratignure. Personne, personne de normalement constitué, pas même un géant, n'aurait pu s'en sortir sans égratignure face à une déflagration. De toutes les choses les plus démentes qu'elle avait pu voir au cours de leur voyage, celle-ci est sans équivoque la plus folle. Oh moi vous savez... Commence l'huldre tout en regardant sous ses ongles, se donnant un air nonchalant pas complètement assumé. Je suis juste comme ça. Admet t-il en contractant soudainement ses muscles comme un bodybuilder. Rendant particulièrement confus ceux qui jusque là n'étaient que mal à l'aise. Vraiment désolé, mais vous voulez quelque chose pour vous couvrir ? Parce qu... Debora s'arrêta d'elle-même, voyant cet "huldre" se vexer et faire la moue, visiblement déçu, il tourna le dos au group, laissant apparaître un dos parfaitement sculpté, et sur lequel sont tatoués en blanc deux oiseaux, un large ressemblant à une autruche, et un svelte ressemblant à un faucon.

Aussi beau ait été ce dos, ce qui coupe le souffle aux membres du groupe c'est la facilité avec laquelle l'homme s'est mit à soulever, d'une seule main un morceau de ruine sur lequel s'était assit Steven, avant de le retourner pour le poser au sol, puis il entra. Il entra dans ce morceau de ruine qui ne devrait pas pouvoir accueillir tout son corps. Veritas ? Se questionne Jack, au sol, mais confus par ce qu'il vient de se passer. Non... Elle est unique... Mais l'accès à son antre... Complète Debora, et en effet, la magie utilisée sur ce bloc de ruine n'est pas sans rappeler la magie utilisée sur la statue de Veritas au Canada. L'homme ne tarda pas à sortir, une nouvelle toge, encore plus paresseusement mise. Il souleva à nouveau ce bloc, le retourna et le reposa, comme s'il n'avait jamais bouger. Qu'une telle chose soit possible sans magie, ou sans technologie moldue, dépasse complètement le groupe. Contents ? Demande l'huldre en s'approchant à nouveau du groupe, et de Debora. On veut juste quitter cet endroit... Explique Debora, Rouge, ses camarades, jamais ils ne les retrouveront s'ils ne peuvent pas quitter cet endroit. Mais à cet instant, tout ce que les membres du groupe voient, c'est un homme capable de soulever un bloc de pierre comme on soulève une plume, capable de survivre à une déflagration sans la moindre égratignure, et même s'il semble drôle et gentil, s'il apparait être un ennemi, il est peu probable que le groupe de huit personnes ne gagne, qu'importe bien ce que Debora cache dans sa manche. Bah dégagez. Lance l'huldre en balayant l'air de sa main.

Debora regarda autour d'elle, mais rien ne semblait avoir changé. Et l'enchant- Commence Jack avant d'être éhontément coupé. C'était moi, vous vous êtes assit sur ma maison donc je vous ai égaré, c'est tout. Dit-il en regardant ailleurs et en croisant les bras, visiblement, il a honte de l'admettre. Il est seulement susceptible et vexé. Et vous pensez qu'on va vous le pard- Commence Jack avant d'être coupé, cette fois par Steven qui placarde ses mains sur la bouche de l'idiot qui était sur le point de menacer un type capable, encore une fois, de survivre à une déflagration sans la moindre égratignure, et capable de soulever un bloc de pierre comme si ce n'était qu'un caillou. Ouai bon... C'est vrai que... Commence l'huldre, visiblement gêné alors qu'il détourne le regard et s'étire très peu innocemment. C'est la faute de Prince, j'ai pourtant bien dit que je voulais pas que ma maison soit une zone d'arrivée pour les transplanés. Déclare l'huldre.

Il semble en pleine réflexion, les bras croisés, les yeux fermés, il finit par avoir une idée. Dans cette direction il y'a le chantier de la Forge, il y'a probablement un voir plusieurs Prince, c'est ce que vous cherchiez non ? Demande l'huldre. Oui, merci beaucoup. Déclare Debora avant de s'approcher vers l'huldre pour lui tendre la main. Je m'appelle Debora. Déclare la femme, soulagée. Guren. Déclare l'huldre avec un large sourire lorsqu'il saisit la main de la femme.

Sur ce, le groupe prit la direction du chantier de la Forge comme leur avait indiqué Guren.

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PARTIE 6 : Amie, ou ennemie






Cette rencontre avec ce "Guren" avait miner en partie le moral du groupe. Bien sûr, tous étaient satisfaits d'avoir finalement pu quitter ces ruines, mais avoir rencontré un individu pareil... Il n'avait pas l'air si mauvais, et il avait même aidé le groupe, l'huldre avait résisté à une déflagration comme s'il ne s'agissait que d'un pauvre, banal, et minable et courant d'air. Il n'a pas cherché à se venger ou quoique ce soit dans le genre, il leur a indiqué une direction. Mais ce qui mine le plus le moral de Debora, c'est qu'à nouveau, elle tombe sur quelqu'un dont elle ne peut sonder l'esprit. C'était le cas avec Redose, et ses raisons sont bien mystérieuses. Le point qu'avait abordé Luther plusieurs heures plus tôt tenait, si les membres du culte se sont réunis autour de Veritas, c'est car il s'agit de la déesse de la vérité. Pas celle des secrets, de l'hypocrisie ou des faux-semblants. Pourtant, la transparence de la déesse n'apparaît pas. Elle a permis le décès de Bellatrix, et malgré tout les efforts que Debora met à se convaincre du contraire, elle lui en veut profondément. Il était largement dans ses cordes de leur permettre d'éviter ce drame. Si Rouge est en liberté, au fond, c'est bien de sa faute. À quoi bon être une déesse si on ne fait rien pour aider notre cause. Pense la femme, perdue dans ses pensées. Rouge n'est peut-être pas tant un problème après tout, ils sont peut-être même de mèche. Veritas savait ce qu'il se passerait, elle savait que le groupe serait séparé ainsi, et avant tout ça elle savait que Rouge serait une menace, c'est elle-même qui a permis à Helga de voir cet avenir, celui dans lequel il érige une armée. Si Veritas n'avait pas octroyé ces visions à Helga, ils seraient tous toujours à Azkaban à l'heure qu'il est. C'est la volonté de Veritas si le groupe s'est retrouvé en Libye, et c'est la volonté de Veritas si Rouge peut toujours courir librement. Ces signaux contraires ne font que remettre en doute les volontés de la déesse.

Steven avançait à côté de Debora, il sondait la surface de son esprit, et voyant son manque de réaction à ses pensées, il comprenait qu'elle était plongée dans ses pensées. Seulement selon lui, il n'est pas sain de remettre en question la volonté de leur déesse et meneuse. Peut-être que Veritas nous a envoyé ici pour qu'on se la coule douce. Déclare l'homme, rompant le silence brutalement. C'est vrai quoi, Rouge c'était l'excuse parfaite pour nous lancer dans cette évasion, ça expliquerait tout non ? Demande Steven à Debora, bien trop tiraillée entre les mots de l'homme et ses propres pensées pour oser sonder son esprit de front. Je... Ne sais pas. Admet Debora timidement.

L'homme porta son bras autour de son dos jusqu'à son épaule pour se rapprocher. Ce serait plutôt sournois, mais peut-être que si on avait su la vérité sur ce coup-là, on aurait tout fait foiré. Le raisonnement de Steven se tient totalement. À ses yeux, il est tout à fait possible que Veritas ait échafaudé un plan aussi compliqué uniquement pour permettre aux membres de son culte de s'évader d'Azkaban et d'arriver sain et sauf en Libye, un pays longtemps abandonné et délaisser, où le Royaume-Uni et la CIS ne sont pas les bienvenus. Un pays qui semble être administré par l'équipe de Rouge, qui semble vouloir créer un État magique, autrement dit, une terre de liberté pour les créatures magiques. Peut-être même une terre sans secret magique si c'est bien ce que ça insinue. Si c'est bien le cas, alors cette terre pourrait bien être le meilleur endroit où s'installer pour un nouveau départ. Et un esprit aussi brillant que celui de Rouge, qui a accumulé le savoir de centaines, voire peut-être même de milliers de personnes, est probablement le plus à même de mener un tel projet.

Debora se laissa aller à un court et timide sourire. Peut-être bien... Admet à nouveau Debora. La vie de Bellatrix était peut-être le prix à payer pour le seul moyen permettant de faire sortir tout les membres du culte d'Azkaban et de les amener en Libye, cette théorie ferait sens.

Au loin, le groupe pouvait apercevoir ce qui semblait être un géant, assit à côté d'une sorte de lance de fer. Il est difficile pour les membres du groupe de voir avec clarté ce qui se dressait au loin, aux portes de ce qui semble être une ville en mouvement ? De leur position, ils avaient surtout l'impression que la terre bouge, et que le géant n'est qu'une statue. En s'avançant plus, le groupe pouvait voir désormais deux géants, dont un porte un glaive et semble s'acharner sur le sol. Il devient évident qu'il ne s'agit pas de statue. En avançant encore, les membres du groupe pouvait finalement reconnaître Bergelmir qui se bat contre le sol, et Otto, assit à côté de l'arme métamorphique de Bergelmir, Aefre.

Arrivé à proximité, le géant arrêté de tambouriner contre le sol. Bergelmir... Laissa s'échapper Debora, devant un Bergelmir visiblement furieux et fatigué, tant et si bien que la surface de son esprit est troublé comme une flaque dans laquelle un rocher serait tombé. Mon pauvre... Lui lance la femme alors qu'elle s'approche de lui dans une étreinte amicale, lorsqu'elle comprend ce qu'il s'est passé.

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CHAPITRE 17 : Dispersés : Bergelmir


PARTIE 1 : Changement de décor






À peine arrivés, le géant Arnold entra dans une violente colère, il frappait le sol de son pied lorsqu'il eût compris qu'il avait été transporté ailleurs, très loin de ses camarades, et de ses amis. Autour de lui il n'y avait plus que son Gurg, Bergelmir, la princesse Provato, et son ami Otto, ceci dit, aucun parmi eux n'étaient en aussi bonne forme que lui. Entre Provato qui tournait sur elle-même avant de s'écrouler, ou Otto qui vidait le contenu de ses tripes à ses pieds, il semblait soudainement évident que les géants ne supportent que très mal le transplanage et pour cause, c'est la première fois pour chacun d'entre eux. À travers l'histoire, les géants ayant été transplanés sont très peu, sans pratiquer la magie, il faut nécessairement que quelqu'un d'autre nous transporte, et les géants sont bien trop massifs pour qu'un sorcier se lance dans une telle entreprise.

Bergelmir de son côté était les quatre membres au sol, il tremblait en essayant de se relever, mais n'y arrive pas. Et Arnold observait ce lamentable spectacle avec un œil peiné, confus, et gêné, prenant presque l'ascendant sur la colère.

Le géant, en attendant que ses camarades ne se remettre de l'ignoble expérience, observait le paysage autour de lui. Les géants ne sont pas les plus intelligentes des créatures, les progrès au sein d'une société de géants sont traditionnellement rares. Les armes, les vêtements, les moyens de se nourrir, ainsi que les abris et les échanges sont des plus rustiques. Arnold n'est pas une tête, il n'est ni sage, ni mature, et est très attaché à l'héritage des géants : La colère et la violence. Se contenter d'observer ne lui suffirait pas. Pour cette raison, le géant s'approcha d'une sorte d'amas de constructions présente au loin, à quelques kilomètres qui, à pas de géants, ne représentaient qu'une vingtaine de minutes. Le géant avança en direction des bâtiments, suivi de Provato qui était toujours étourdie, mais curieuse de voir ce que pouvait bien cacher cette sortes de "ville". Bergelmir et Otto les rejoindrait bientôt, mais la géante n'avait pas l'intention de rester immobile à attendre, elle préférait marcher et de loin. Depuis qu'elle avait quitté sa tour, c'était ainsi, la moindre occasion de pouvoir marcher était une occasion à prendre pour le faire. Elle avait détester son expérience sur le bateau, mais l'air frais et les paysages en valait trente fois la peine.

Après quelques minutes, Bergelmir finit par se lever, et malgré son terrible mal de ventre, Otto qui voulait seulement rester encore une dizaine de minutes pour continuer à vomir, décida qu'il était temps de rejoindre les deux autres géants qui étaient déjà bien loins devant. Otto se saisit du bras de Bergelmir, et le guida en direction des deux autres géants. Que s'est t-il passé, Otto ? Demande Bergelmir dans la langue des géants. De sa perspective, l'ensemble des membres du groupe ont soudainement disparus. Il ne savait pas si c'était un rêve, ou si c'était réel. Étant aveugle, il a juste cessé de ressentir la présence de ses camarades. Et comme il n'avait jamais transplané, le géant n'avait aucune idée de ce à quoi la sensation qu'il ressentait dans son estomac était due. On a été porté ailleurs. Répond Otto. Les géants n'ont pas de mot pour parler de "transplanage", c'est tellement rare qu'il n'y en a pas besoin.

Bergelmir se contenta d'un court grognement en guise de réponse, après avoir laissé couler quelques secondes de blanc, il se décida à poser une autre question. Où sont Arnold et Provato ? Demande le Gurg à son ami. Lorsqu'ils ont été transplanés, les seules présences que le chef des géants avait réussi à percevoir étaient celles de Provato, Otto, et Arnold. Seulement, pendant qu'il était perdu dans ses pensées à retrouver ses marques, les deux géants étaient déjà partis. Ils sont devant, on va vers une ville. Se contente de dire Otto, celui-ci engageait Bergelmir dans une marche rapide pour rattraper les géants avant qu'ils n'atteignent la ville.

Habituellement, ce sont les sorciers qui se portent garants du Secret Magique, et qui empêche que des moldus ne tombent sur des géants par inadvertance. Bergelmir étant un géant particulièrement intelligent, cette préoccupation ne le quitte pas. Isolés, loin des sorciers, ils pourraient bien se retrouver à violer le Secret Magique. Pire, s'il s'agit d'une ville moldue, il est possible que leur seule présence attire l'attention d'une armée moldue et compromettent leur vie, et leur mission. Ce serait dramatique. Bergelmir devint celui qui engage Otto dans une marche rapide, plus rapide encore, pour rattraper les géants qui marchaient devant.

Ceux-ci ne ralentissaient pas, pire encore, Arnold, déterminé et en colère, avançait particulièrement vite en direction de la ville, et si les potentielles personnes qui s'y trouvent ne l'aident pas, alors il pourra au moins déverser sa violence et sa colère sur tout ces bâtiments et s'il trouve bien des personnes, toutes celles qu'il trouvera sur sa route. Provato de son côté admire le paysage avec un large sourire. Elle marchait plus lentement qu'Arnold, même si ses pas couvraient bien plus de distance que les siens. Le paysage était si beau et si différent de ce qu'elle avait toujours pu voir, qu'elle ne pouvait se résoudre à le quitter des yeux pour regarder devant elle. Elle aime sincèrement cet endroit, même si elle ne comprend pas la moitié du quart de ce qu'il se passe.

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PARTIE 2 : La Forge






Quelques minutes avant de finalement atteindre ce qui semblait être des murailles rustiques, très brouillonnes comme si l'architecte avait décidé de ne faire qu'empiler un amas de pierre, les géants s'étaient finalement rejoints, et se dirigeaient sans dire un mot en direction de ce qui semblait être la seule construction à peu près propre de du mur, une arche de briques abritant une grande porte de bois. Grande. C'est le mot. L'ensemble de la muraille devait mesurer entre sept et dix mètres de hauteur, un géant autre Bergelmir ou Provato pourrait facilement y grimper, mais pas voir par dessus. Bergelmir pour sa part était aveugle, et ne percevait plus que les formes à l'aide des vibrations qu'il ressent à la plante de ses pieds, ou des chuchotements que lui adressait Ymir et qu'il arrivait à entendre clairement lorsqu'il n'est pas distrait par autre chose. Provato quant à elle préfère regarder le ciel et les montagnes, elle est totalement ailleurs.

Arrivés devant la grande porte, Arnold ne savait trop quoi faire, le géant lança un regard succinct à son ami Otto, mais celui-ci se contenta de hausser les épaules. Que pouvait bien faire le géant à part défoncer la porte, toquer ? Arnold confia son glaive à Bergelmir qui portait désormais le glaive d'Arnold et Aefre, et sans trop savoir quoi faire dans leur situation, ni même quelle était exactement leur situation, il se dit que toquer devait être la meilleure chose à faire. C'est dans ces moments-là que l'influence de Bergelmir est visible. Traditionnellement, soumis au stress et à la colère, un autre géant aurait probablement simplement défoncer la porte et hurler à la mort. Mais Arnold décida de toquer. *POM* *POM* *POM* Il y était allé le plus doucement possible, mais même en faisant des efforts, ça restait brutal. Quelqu'un ? Demande t-il avec difficulté, en essayant de limiter au plus le volume de sa voix. Même s'il est attaché à son héritage, il a conscience qu'il n'est pas une bonne chose de l'exposer tout le temps à tout le monde.

Le manque de réponse devint flagrant au bout d'une vingtaine de secondes, pas le moindre bruit de l'autre côté de la porte et Bergelmir ne sentait rien de particulier dans la terre.
Les géants sont loins d'être connus pour leur patience, Otto s'avança en direction de la porte pour toquer légèrement plus fort. *POM* *POM* *POM* Fit-il, déformant un peu plus la porte. QU- Commence Arnold avant d'être coupé. Il y'a quelqu'un ? Demande Otto, commençant même à douter de la présence de quelqu'un, de qui que ce soit, derrière cette porte. Mais il ne faut pas être un génie pour se douter qu'une porte fermée et des murailles, ça cache quelque chose. Il y'a forcément quelque chose derrière, et s'il y'a quelque chose, à leurs yeux, il doit y avoir quelqu'un. Pourquoi quelqu'un construirait une si grande porte et construirait un si grand mur, si c'est pour les abandonner à la première occasion.

Arnold se dit qu'il était temps de toquer une troisième fois, toquer plus fort, parler plus fort. *POM* *POM* *PRACK* Fit la porte au troisième coup d'Arnold, celui-ci avait sa main à travers la porte et n'avait qu'une envie c'était de se déchaîner. Quel intérêt de toquer à une porte si personne ne répond, autant la détruire et chercher des gens ensuite. Otto aida le géant à retirer sa main, Arnold le regarda avec un léger sourire. Pas ma faute, c'est fragile. Déclare t-il avec un rictus dans la langue des géants. Otto répond avec un sourire complice. Haha, fragile, on devrait tout casser. Lui dit-il, le même rictus au visage, obtenant de Bergelmir un soupir désespéré.

Depuis le haut de l'arche, à quelques mètres au dessus de leur tête à tous, sauf de Bergelmir qui s'était assit entre temps et Provato qui était à une dizaine de mètres plus loin à admirer une pauvre créature terrifiée. NON MAIS ÇA VA PAS ? Hurle une petite créature, obtenant l'attention des trois géants. Arnold et Otto reculèrent, pour le bien de leur nuque, dans le silence et toujours en fixant la créature, Arnold pointa la porte du doigt. Fragile. Déclare t-il en anglais cette fois, obtenant d'Otto un léger rire, entraînant Arnold à rire aussi. C'est pas FRAGILE, c'est vous qui êtes des BRUTES ! Lance la créature sur un ton mauvais, Arnold ne connaissait pas ce mot et se retourna donc vers Otto pour qu'il lui offre une traduction. Brutes. Déclare t-il dans la langue des géants.

La créature était toute rouge, rouge de colère, ses quelques cheveux étaient hérissés sur son crâne dégarnis et il faisait des petits bons comme s'il frappait des pieds contre le sol.BRUTES BRUTES BRUTES. Répète t-il en criant, s'il avait un chapeau, il l'aurait sûrement déjà mangé.

Bergelmir se leva et se mit face au son, bien qu'en l'état, il était bien incapable de sentir la présence de la créature, ni même de dessiner ses contours, non, elle est trop loin pour lui. Mais à entendre le son de sa voix stridente et agaçante, le géant se dit qu'il devait s'agir d'une créature minuscule et misérable, ce en quoi il n'avait pas tellement tort. Nous cherchons juste nos camarades. Déclara le géant, essayant de tirer la créature de sa fureur. Sans déconner ! Vous êtes pas arrivés ici par hasard je m'en doute, comment j'suis censé savoir où ils sont moi vos "camarades". Lança la créature.
Bergelmir soupira un coup, il essayerait de négocier, mais clairement ce ne serait pas un plaisir, oh loin de là. Ne connaitriez vous pas quelqu'un qui puisse nous aider ? Demande le géant avec toute la bienveillance du monde dans un ton chaleureux et C'est pas parce que tu peux aligner trois mots que t'es pas un débile de géant pour autant. Lança le gobelin sur le ton le plus agaçant, le plus arrogant, et le plus méprisable qui soit. Bergelmir serra le poing, et alors qu'il s'apprêtait à nouveau à demander de l'aide, quite à supplier le gobelin. Oh oh, tu sers le poing sale BRUTE ? Fais pas le malin j'en ai rien à f... Il valait mieux ignorer ce que le gobelin avait à dire, maintenant qu'il était lancé, il était inarrêtable. Le gobelin débitait un tas d'insultes à l'encontre des géants, énervant tant et tellement Bergelmir que celui-ci finit par se saisir de Aefre, et lui donner la forme d'une massue. Ha ! Votre véritable nature se révèle, vous êtes témo- Commence le gobelin avant d'être interrompu par une frappe descendante ratant le gobelin de quelques mètres. Ha... Vous, vous avez vus ! Tous ! Vous avez vus ! Demande le gobelin, pétrifié du haut de son arche.

Dans la tête de Bergelmir, le prochain coup ne manquerait pas. Seulement, absorbé par le gobelin, le géant ne sentit pas arriver le coup qui lui fut asséné. Un coup de poing dur comme de la pierre en plein dans le ventre, repoussant d'une dizaine de mètres le géant aveugle, étalé sur le sol.

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PARTIE 3 : Les choses dans le mur






Le gobelin se mit à rire frénétiquement alors que Bergelmir venait de se faire allongé au sol par un poing qu'il croyait être de son côté, Arnold, sous le choc, se rendit immédiatement au corps de Bergelmir pour vérifier qu'il n'avait rien, pendant qu'Otto de son côté s'était jeté sur le glaive qu'avait fait tombé Bergelmir dans sa chute. VOILÀ CE QUI ARRIVE AUX SALES BRUTES DANS VOTRE GENRE ! Lança le gobelin dans un ton condescendant, donnant l'impression qu'il se sentait à l'abri de tout. Comme s'il était protégé par un véritable dieu. Seulement, un simple coup d'œil dans sa direction permettait de constater que ce n'était pas un dieu qui se dressait entre le gobelin et les géants, mais un tas de rocher étant sorti du mur. Pire encore, se disait Otto, qui restait sur ses gardes le glaive en main. Ce n'est pas que cette chose de pierre, bien plus grande que lui, était sortie du mur. C'était elle, le mur. Ou plutôt, le mur semblait composé de multitudes de ces géants de pierre puisque trois autres le suivirent et se détachèrent du mur.

Arnold aidait Bergelmir à se relever, Otto restait en garde, et Provato courait dans leur direction, et aucun d'entre eux n'arrivait à détacher ses yeux de ces créatures informes : On aurait dit des amas de roche disposés maladroitement, elles n'ont ni yeux, ni oreilles, ni aucun organe visible. Ce sont seulement des tas de rochers humanoïdes au vu de leurs quatre membres et de leur tête, mais la ressemblance avec un être humain s'arrête là. Aucun de leur membre n'est plus long qu'un autre, et ils n'ont pas de visage. Lorsque Bergelmir se sentait mieux, Arnold lança un regard plein de rage au golem qui l'avait frappé, et se rua vers lui.
Dans sa course, il arracha son glaive à Otto et prépara un coup ascendant dans lequel il mit la force de tout son corps. La lame file et tape la roche dans un bruit sourd, elle est repoussée sans effort du golem qui n'aura perdu que quelques cailloux et de la poussière. Bah oui TEUTEU, c'est de la PIERRE, pas du PAPIER. Lance le gobelin en sautillant et en enchaînant les insultes xénophobes. Alors que le géant Arnold s'acharnait sur le golem avec son glaive, frappant furieusement la pierre, le golem préparait un coup de poing, et lorsque celui-ci fut décocher, Arnold eût à peine le temps de l'esquiver. Il n'est pas particulièrement rapide, alors ce golem devait être encore plus lent.

Voyant que ses coups ne menaient à rien, le géant tenta d'enfoncer son glaive entre des rochers composant le corps du géant. S'il arrivait à l'enfoncer, le golem ne semblait pas le moins du monde affecté alors même qu'Arnold bougeait son glaive comme il le pouvait dans le corps du géant jusqu'à être bloqué. Il tentait de la retirer avec vigueur, mais rien n'y faisait, le golem prépara un second coup, mais Arnold l'évita de justesse en retirant son épée de la roche.

Il remarqua soudain des lourds bruits de pas se dirigeant vers lui, et en levant les yeux, tout ce qu'il pu voir fut un deuxième golem qui semblait bien plus réveillé que le premier, et prêt à en découdre. Celui-ci amorça un coup si puissant et si violent, que même s'il n'avait pas été à terre, il pourrait à coup sûr terrasser Arnold sous les cris euphoriques d'un gobelin qui passerait un sale quart d'heures si les géants survivaient. Heureusement pour Arnold, Otto le tira juste avant que le poing du golem qui tenait plus du monolithe que d'une main.

Debout, le géant le repoussa fougueusement. Tu me laisses seul ? L'accuse Arnold en pointant du doigt les golems, comme s'ils n'étaient soudainement plus là. C'est de la PIERRE. Réplique Otto, dépité que son camarade ne comprenne pas qu'Otto n'a aucune envie de frapper de la pierre, parce que 1. ça fait mal 2. ça ne sert à rien. T'es géant tu FRAP- Commence à hurler Arnold avant de se faire violemment plaqué au sol par un des golems, un épais golem d'environ six mètres qui a l'air d'un bodybuilder fait de pierres qui prend des compléments de silicone. Alors qu'Otto souriait en voyant son camarade se faire plaqué, il se prit un coup de poing en plein dans le ventre. Fort heureusement pour lui, il ne s'agissait pas du golem ayant un monolithe à la place du poing, ce n'est pas pour autant que la souffrance n'est pas affreuse.

Cependant, pour un géant, la souffrance est parfois vue comme un carburant. Elle ne fait qu'alimenter sa colère et exacerber sa violence, tant et si bien qu'un géant est au meilleur de sa forme lorsqu'il est aux portes de la mort.

Alors qu'Otto et Arnold faisaient de leur mieux pour combattre les golems, et surtout, survivre, Bergelmir essayait de comprendre ce qu'il se passait, il comprenait au vibration que les géants menaient un combat, mais il n'arrivait pas à discerner avec précision les contours des géants de pierre, lui donnant ainsi l'impression qu'Otto et Arnold sont en train de se battre contre d'autres géants. Seulement, les seuls géants qu'il connait, sont ceux d'Azkaban, ceux de Grande-Bretagne, et les cyclopes. Et il est peu probable qu'il s'agisse de cyclopes ou d'écossais.
Ce sont des géants de pierre. Déclare Provato à son attention alors que deux d'entre eux se dirigent vers Bergelmir et Provato. Ce ne sont pas les notres... Se dit Bergelmir à lui-même, serrant Aefre dans sa main. Vainquons ! Lance t-il en brandissant sa lance magique. C'EST VOUUS LES COOONS ! Hurle le gobelin du haut de son arche.

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PARTIE 4 : Force et liberté






À peine eût-il hurler ces mots qu'à son tour le géant fut plaqué au sol et ruer de coups par un golem aux bras courts, mais féroces. Bergelmir n'avait pas vraiment la place pour manier sa lance, c'est à peine s'il arrivait à poser ses mains sur le golem pour le repousser. Celui-ci ne dégageait pas le froid d'une pierre, mais la chaleur d'une pierre. Difficile à dire si c'était parce que le mur restait au soleil, ou parce que la chose que Bergelmir arrivait maintenant à discerner à l'intérieur était une créature vivante. La roche du golem au contact de la peau du géant, Bergelmir pouvait le sentir, cette créature n'était pas manipulée par le gobelin, elle avait une volonté, et un esprit. Si elle peut penser, alors qu'importe la barrière de la langue, ils devraient pouvoir réussir à communiquer pense Bergelmir. Ces géants de pierre pourraient même être de lointains cousins se dit-il, si le cadavre d'Ymir a servi à faire la terre et ses montagnes, alors les géants de pierre sont peut-être ce qui se rapprochent le plus de lui. Cette pensée fait lâcher Aefre à Bergelmir qui tente de repousser le petit golem, non sans difficulté. Malgré ses petits bras, il se trouvait que ce géant était particulièrement déterminé, caractéristique des géants et non une des moindres. On peut... Parler... Déclare Bergelmir avec difficulté, mais les géants de pierre n'ont ni oreilles, ni bouches. La manière dont ils localisent leurs adversaires n'est pas hasardeuse pourtant.
Bergelmir se mit en tête de réussir à leur faire comprendre qu'ils ne leur veulent pas de mal.

Provato était dépitée par ce spectacle, son peuple est érudit, pourtant même elle sait quand est-ce que la nature violente du géant doit se réveiller. Ce sont des... Commence la géante, alors qu'elle déploie des efforts considérables pour soulever le golem au poing de monolithe qui avait eu la brillante idée d'attaquer la géante à sept têtes et quatre bras. PIERRES ! Hurle Provato alors qu'elle parvient à faire voler le golem dans les airs sur quelques dizaines de mètres. La géante s'approcha du golem sur Bergelmir et lui saisit la tête par ses quatre bras. Des rochers, animés par un abruti perché sur une arche. C'est l'hôpital qui se fout de la ch- Déclare t-elle alors qu'à la seule force de ses quatre bras, elle broie la tête du golem, lançant à l'occasion un regard noir au gobelin à l'aide de tout ses yeux, parvenant à l'exploit de le faire taire.

La géante était née avec le don rare de la métamorphose, elle pouvait se métamorphoser en chacune des créatures dont elle possédait la tête. Seulement, ces métamorphoses coûtent en énergie, mais plus encore, elles entament sa santé mentale. Seulement, lorsque quatre autre golems se détachèrent du mur pour foncer sur les géants, il semblait évident qu'elle n'avait pas le choix. Malgré la haine qu'elle éprouve pour son apparence, et pour ce "don" qu'elle considère plutôt comme une malédiction, la géante prit la forme qui lui semblait la plus adaptée pour des géants de pierre, celle d'un ours. La métamorphose prenait quelques secondes, et était terrifiante, mais Provato verrait sa force décuplée, même si elle n'aurait plus que deux bras.
Faisant maintenant le double de sa taille initiale, elle fut prise pour cible par les golems. De simples coups de pattes, non sans être douloureux, lui permettait de faire valser les golems qui se multipliaient à vue d'œil. Bergelmir ne savait trop quoi faire, il se pouvait que le groupe avait pénétré sur leur territoire, qu'ils ne cherchent qu'à se défendre, ou seulement qu'ils ont peur. Et eux, à eux quatre seulement, des étrangers, les élimineraient sans pitié. Si c'est le premier contact inter-géants depuis longtemps, alors c'est mauvais, très mauvais, et il faudrait arrêter ce massacre. ARRÊTE ! Demande Bergelmir en hurlant à Provato, mais celle-ci n'arrêterait pas. Le géant a peur, une peur affreuse du pire scénario, ils ne savaient pas pour les cyclopes, pourquoi ils sauraient pour les géants de pierre.

Alors que Bergelmir s'apprêtait à se retourner contre Provato pour l'arrêter, il fut à nouveau plaqué au sol, cette fois par deux golems visiblement plus robustes. Celui qui le frappait était lent, mais puissant. L'autre se contentait de le retenir au sol, empêchant formellement Bergelmir de bouger. Il ne pouvait plus qu'observer impuissant le champ de bataille.

Il pouvait voir Provato hurler de douleur alors qu'elle frappe violemment dans les golems. Il voyait Otto, si agile qu'il arrivait à retourner la force et la bêtise des golems contre eux mêmes, les faisant s'entrechoquer. Mais dans ce champ de bataille, il pouvait également sentir Arnold en difficulté pas bien loin de lui, dont un golem était installé sur son cou alors qu'il se débattait. ARNOOOLD Hurle le géant à la mort, se débattant pour essayer de retirer ces golems de lui, mais rien n'y fait, ils restent accrochés. La peur prend le dessus, et Bergelmir donne tout ce qu'il a pour se dégager, mais ce n'est pas suffisant. Arnold est en train d'étouffer, Provato n'entend pas, et Otto fait ce qu'il peut pour ne pas se retrouver au sol, il ne peut pas le sauver. Bouge. Demande t-il à son corps avec toute la volonté en lui. BOUGE ! Exige t-il en se débattant, repensant à la dernière perte, Siegfried. Il ne peut pas laisser Arnold mourir, pas quand cette fois il peut l'empêcher. La colère, la peur, la haine, la peine, ses sentiments sont exacerbés et le géant parvient à faire perdre en contrôle les golems sur lui. Je t'en supplie... Bouge... Implore le géant, lorsqu'il sent qu'Arnold a totalement cessé de bouger, et son cœur de battre, et les golems le piétiner pour combattre Provato, à seulement quelques mètres de lui.

Le géant arrêta d'essayer de bouger, et se laissa faire. Il se laissait se faire frapper, car après tout, même s'il donnait tout ce n'était pas assez. Ce n'était pas assez pour Siegfried, ce n'était pas assez pour Arnold, ce ne sera pas assez pour Otto, ni pour Provato, ni pour tout les autres géants. Ymir... Interpelle le géant. Désolé. Déclare t-il simplement. Il avait laissé le peuple des géants de pierre se faire exterminé, et Arnold mourir.
Par chance, un golem affaiblit la prise des géants qui maintenaient Bergelmir au sol, celui-ci n'hésita pas à se libérer. Désolé. Déclare t-il à nouveau, cette fois pas pour ce qu'il s'était passé, mais pour ce qui arriverait. Le géant se saisit de Aefre, et à cet instant sa rage était telle, qu'il avait l'impression de se battre à nouveau contre Prince.
Le premier golem qui se jeta sur lui finit rapidement au sol, en des tas de pierres et de poussière. Aefre, sous la forme d'une massue, était plus que suffisante pour détruire ces golems. Bergelmir repense à tout ceux qu'il aurait pu sauver s'il avait été un peu moins lui, et un peu plus ce que les gens voyaient en lui. Le deuxième géant perdit ses jambes, le troisième sa tête, le quatrième obtint un trou en plein milieu de son corps, avant d'être brisé à deux endroits en même temps.

Malgré tout les efforts déployés par les géants, ce n'était jamais assez. Il y'avait toujours plus de golems, trop de golems. Bergelmir qui ne s'était lancé que bien plus tard dans la bataille n'était pas aussi épuisé qu'Otto qui avait voltigé ou Provato qui était retournée à sa forme d'origine tant elle était épuisée.

Mais soudainement et sans s'annoncer, les géants de pierre se sont arrêtés, et le gobelin, suivit d'un homme faisant le triple de sa taille s'approchaient du petit groupe de géants, fatigués, acculés, et faibles. L'humain claqua des doigts et prononça quelques mots en arabe, langue qu'aucun parmi les géants ne parlaient. Vous parlez anglais, non ? Demande l'homme, mais aucun géant ne répondit. Méfiants, ils le regardaient d'un œil mauvais et méprisant. Oui, c'est la langue de ces m- Commence le gobelin, avant de se prendre une gifle si violente que tout ce que les géants avaient pu voir et entendre, c'était un sifflement, un *clap* et un gobelin à terre. Je ne me suis pas adressé à toi. Déclare l'homme. Je me nomme Prince, Thānī, Prince. Déclare l'homme, obtenant de la géante une méfiance immédiate, et de Bergelmir, une colère sans borne. Je supervise ce chantier.

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PARTIE 5 : Les larmes de la terre






Prince se tenait à quelques mètres seulement des géants épuisés, mais loin d'être inoffensifs. Et les golems s'en étant allés, Prince n'avait plus aucune protection. Un sorcier, aussi doué et puissant soit-il, ne peut rien contre un géant en colère. Seulement, même si Otto et Provato étaient envahis par la rage et la peur, c'est la peine qui envahissait Bergelmir, une peine partagée par Ymir lui-même. Tout ces cadavres de pierre, et Arnold... Le géant n'était pas prêt à poursuivre le combat. Il voudrait bien tout détruire, mais à quoi bon, au fond, tant que Rouge demeure debout, jamais il ne se sentira libéré de cette douleur. Bergelmir, les jambes flagellants, tomba sur les genoux, ses bras ballants le long de son corps immense. Il était aveugle, pourtant son regard était dirigé vers le ciel. Il n'y avait pas de rite ou de cérémonie lorsqu'un géant meurt, il n'y a qu'une tradition consistant à enterrer le cadavre, et si ce n'est pas possible, à le dévorer.

Prince, qui n'avait pas reçu de réponse n'eût qu'à regarder autour de lui pour comprendre ce qu'il s'était passé. Un terrible combat avait eu lieu, des golems étaient tombés, et parmi les débris, le cadavre d'un géant gisait au sol.

À ses yeux, il pouvait difficilement y avoir de plus grande perte dans ce combat. Le gobelin est à ses yeux une pourriture qu'il se garderait bien de protéger ou de garder à ses côtés s'il le pouvait, et ces golems, ce ne sont que des corps. Des corps façonnés par les gobelins à l'aide de leur savoir millénaire pour pouvoir abriter des djinns de terre, des saadis. Lorsque le golem est hors d'usage ou brisé, le djinn n'a qu'à en sortir. En définitive, ce géant est mort en vain, ça aura été la seule victime de ce combat, et Prince n'était pas trop sûr de savoir si les autres géants en avait conscience. Il ne l'espérait pas, et il voudrait encore moins leur annoncer une telle nouvelle.

Devant cette terrible vérité, Prince versa des larmes sincères pour ce géant. Pourquoi faut-il que nous nous entretuions ? se questionne Prince, dont la seule préoccupation était ce pays, ce pays censé devenir une terre de liberté et de sécurité pour les créatures unies par la connaissance et l'utilisation de la magie. Pourtant, sur cette terre censée les accueillir, des géants sont venus, et l'un d'eux y restera. Tu étais censé m'avertir... Déclara Prince dans sa barbe, à l'attention du gobelin à côté de lui. Celui-ci ne savait trop quoi répondre, face à un superviseur en larmes et visiblement énervé. Ils nous ont attaqués en pre- Commence t-il avant d'être brutalement bâillonné. Prince avait lancé sur lui un sortilège pour couvrir la bouche du gobelin de sable, avant de transformer ce sable en un bloc de pierre. Je m'en tapes de tes excuses, à cause de toi... Prince serra les dents et les poings. J'ai juré de respecter la loi, tu seras jugée, mais si ça tenait qu'à moi... Poursuivi Prince, visiblement méprisant. Le sorcier utilisa un mouvement permettant de faire glisser le gobelin sur le sable jusqu'à l'intérieur du chantier.

Prince s'approcha de Bergelmir, et posa sa main sur lui. Mais le géant n'était pas vraiment d'humeur à se tenir tranquille, dans un geste rapide et étonnamment précis, le géant se saisit brutalement de Prince dans sa main. Celui-ci ne se débattait pas, et se contentait de regarder le géant d'un air peiné, ne manquant pas d'attirer l'attention de Provato et d'Otto, mais Bergelmir est aveugle, et il ne le lâche pas. Il ne le lâche pas, non parce que le géant veut le tuer, mais parce qu'il veut le libérer. La peau de Prince contre celle de Bergelmir, le géant peut sentir ce qu'il ressent au fond de lui, ou du moins, Ymir le lui chuchotte. Sans hésitation, il aurait probablement jeté à toute vitesse Prince dans le ciel. Je suis... Tellement déso... Je suis tellement désolé. Déclare t-il. Il ne ment pas. Se dit Bergelmir à lui-même, presque déçu que Prince ne soit pas l'égoïste tortionnaire qu'il a l'habitude d'être. Je veux vous aider, je ferais n'importe quoi. Déclare Prince, sincère, avant que Bergelmir ne le repose au sol, frustré, et déçu. Tu ne mens pas. Déclare le géant, peiné. Provato porta l'une de ses mains dans le bas du dos du géant, tandis qu'Otto portait l'une des siennes dans le haut du dos. Tous étaient affectés, c'est certain, mais personne ne tient plus aux géants et à ses amis que Bergelmir parmi le géant. On dit même de lui que son cœur est à la hauteur de sa taille. Seulement, ceux qui aiment le plus, souffrent le plus, ressentent une joie intense comme une colère intense. Un si grand cœur est une lame à double tranchant, une lame que les dieux utilisent en guise jeu de la bouteille.

Bergelmir, malgré son apparence maîtrisée, cachait en lui une rage et une peine folle qui grandissait en lui comme un brasier cannibale. Dans un tel état, la voix d'Ymir était si forte qu'il pourrait entendre une mouche voler à une dizaine de mètres. Rouge. Se contente de dire le géant.

Prince lui était fidèle, ce n'est pas une première nouvelle, seulement il a une parole. Il a dit qu'il ferait tout pour ces géants, et il le pensait. Cet accident s'est déroulé près de son chantier, sur son territoire, et à cause de l'un de gobelins dont il a la charge. Tout ça, c'est de sa propre et unique responsabilité, et il n'est pas prêt de l'oublier. Prince pouvait bien leur indiquer comment rejoindre Rouge si c'est ce qu'ils souhaitent, seulement, le rejoindre ne servira à rien.
À ses yeux, Rouge est intouchable, même par des géants. Le corps qu'il occupe, les membres de son conseil restreint, ou encore toutes les mesures qu'il a mit en œuvre pour se protéger... Les y envoyer serait une condamnation, mais il n'est pas celui qui doit juger de cela. Il y'a un portail à une... À trente minutes d'ici sur le chantier voisin, on en a pas encore ici, mais ce portail devrait mener au palais central. Déclara Prince en pointant dans une direction. Au final, il avait décidé d'indiquer comment rejoindre Rouge à ces géants, après tout, son maître n'est pas un monstre ayant soif de sang, au contraire, il fait ce qu'il peut pour protéger la vie. Tu peux mentir. Déclare Otto en le pointant du doigt. L'un de vous peut m'y accompagner, le trajet devrait prendre une heure au total. Propose Prince, mais les géants sont méfiants, il s'agit après tout de Prince. J'irais. Déclare Provato avant même que les géants ne puissent en discuter, seulement, en l'état des choses, aucun ne pouvait l'arrêter.
Aussi, même en pleine forme, Provato demeure la plus puissante de tout les géants, ses capacités la placent au-dessus, et c'est la mieux placée pour suivre Prince.

Après un court moment de silence, Prince finit finalement par se diriger en marchant vers le portail. À tout à l'heure. Crie t-il alors qu'il s'est déjà éloigné avec Provato. Très vite, le duo commença à prendre de la vitesse, et à mettre de la distance. Ce n'est qu'une fois qu'ils n'étaient plus à portée de vue, que le géant endeuillé pu se permettre de se laisser aller à sa colère, au moins en attendant d'atteindre Rouge. Bergelmir roua le sol de coups avec une violence inouïe.

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PARTIE 6 : Retrouvailles






Un moment de silence durant lequel ceux qui le pouvait avaient pu sonder ce qu'Otto et Bergelmir avaient en tête à ce moment-là, la peine d'avoir perdu leur compagnon Arnold, leur espèce estropiée d'un membre de plus. La colère et la haine contre ce gobelin, contre Rouge.
Le poing serré, Jack détourna le regard et pris de la distance avec le groupe, Marie le rejoint pour comprendre et pour le soutenir. Je suis tellement... Désolée... Assure Debora à Bergelmir, le relaxant de son étreinte, mais Bergelmir garde le silence.

Otto pour sa part regard le groupe de loin, ces sorciers, ils étaient plus nombreux qu'eux, pourtant ils ont subis aucune perte, à se demander qui est la véritable espèce représentant la force. Les cheveux du géant cachent son visage toujours trempé de sueur, tout ce que les sorciers peuvent voir de ses traits sont un œil les fixant avec nostalgie et lassitude. Quelques minutes avant la mort d'Arnold, ils riaient encore tout les deux. Puis il est mort. Pourquoi ? Se questionne le géant. Pourquoi Arnold devait mourir, pourquoi lui, et pourquoi Prince n'est-il pas arrivé plus tôt. S'ils avaient tous étaient plus forts, et plus géants, ce ne serait peut-être jamais arrivé.

Otto finit par se lever et se saisir des armes avant de se rapprocher du groupe. Creusez. Ordonne t-il, l'air mauvais. S'il vous plait... Complète le géant abattu.
Tourné vers Bergelmir, Otto balance les armes au sol. Le géant lui porte un regard plein de mépris et de peine, ce n'est pas tant qu'il en veut à son Gurg, seulement, qui d'autre pourrait porter le fardeau de la responsabilité, à part celui-là même qui a décidé de les amener à cette situation. Au fond, des occasions de se défiler ils en avaient eu plein, à Azkaban, au Canada, sur l'île aux fées, l'île des cyclopes, à leur arrivée en Libye, quand Prince leur a laissé le choix.
Malgré tout, Otto sait qu'à la place de Bergelmir, il aurait fait les mêmes choix, même si lui aurait probablement perdu face à Prince sur l'île des cyclopes. Il sait que son Gurg ne lui en aurait pas voulu de sauver sa peau, c'est le plus difficile à avaler. Ce qu'il méprise tant lorsqu'il regarde Bergelmir, c'est que lui est le plus faible des géants. Pourquoi... Pas moi ? Se demande t-il alors qu'il se tourne et se dirige vers le cadavre d'Arnold, suivi de Luther et de Steven qui creuseraient le trou, laissant du temps seul à Debora et Bergelmir, deux amis proches, et aux autres membres du groupe de se reposer un peu.

Seulement, le repos n'est que de courte durée, alors que Debora est assise à côté de Bergelmir et qu'ils parlent chacun pour faire sortir leur mal-être comme ils le peuvent, Debora voit une tâche noire ou grisâtre dans l'horizon se diriger vers eux, elle se leva pour se concentrer, mais constatant que la tâche s'approchait de plus en plus vite, elle se concentra surtout sur sa baguette et sur le sortilège qu'elle lancerait à cette chose, quoiqu'elle soit. Fatiguée, elle ne pouvait envisager un sortilège puissant, mais elle ne pouvait pas espérer que Bergelmir s'en occupe. Il y'a une bête qui s'approche. Déclare Debora alors qu'elle peut enfin discerner ce qui semble être un loup, ou un démon. Une créature extrêmement rapide à l'apparence d'un loup géant. Je la sens. Les sens de Bergelmir étaient exaltés, poussés à leur maximum.

La bête n'était maintenant plus qu'à une trentaine de mètres et mis à part Otto, Luther et Steven, tous étaient tournés vers elle, baguette en joue sur la créature. Une créature qui pourrait s'en prendre à n'importe quel humain ici, mais qui se dirige exclusivement vers Debora, alors même qu'elle se tient aux pieds d'un géant. DEBORA ! Hurle Jack, comme si elle ne le voyait pas, suffisamment proche, elle pu entendre une sortes de voix en elle Debora..., la femme abaissa sa garde, interdite. Bergelmir, qui était debout, le glaive en main s'approcha de la créature qui l'ignorait ostensiblement et amorça un mouvement du bras pour trancher la créature. A...ATTENDS ! Lança Debora au géant, mais le coup était déjà parti et en un instant la créature fut tranchée en deux par Bergelmir. Qu'y a t-il ? Demande le géant, content d'avoir pu se défouler sur quelque chose.

Au sol, deux morceaux d'un corps que Bergelmir et Debora ne connaissent que trop bien. Gisant dans une flaque de son propre sang, sans émettre un seul souffle, les poils de la créatures disparaissent, et son corps perd en volume, elle reprend sa forme d'origine, donnant une nausée infernale à tout les témoins de la scène, en particulier de Debora, qui se couvre la bouche, interdite. À ses pieds, le sang de Bellamy s'infiltre dans ses chaussures, alors que la main du lycanthrope repose sur l'un de ses pieds. Pourquoi tu dis rien ? Demande le géant qui ne comprenait pas grand chose à la situation, jusqu'à ce qu'il se tourne et ne s'approche du cadavre. Bel ? Demande t-il instinctivement lorsqu'il reconnait la forme de ce corps, et surtout, son étrange odeur de lavande. Bel... Poursuit-il, à son tour interdit, il lâcha instinctivement son glaive lorsqu'il comprit ce qu'il venait de se passer. Bellamy était mort, pour la deuxième fois de la journée. Cette fois son corps aussi avait été éliminé.

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CHAPITRE 18 : Dispersés : Élisabeth


PARTIE 1 : Les côtes princières






Le paysage passa du jaune au bleu en un instant. Devant Gilgamesh, Élisabeth, Hermann, Lucie et Charlotte s'étendait une étendue peut-être infinie de bleu, un bleu vivant, à la fois froid et scintillant, ondulant sur le paysage comme la flamme d'une bougie, pourtant, c'était le bleu de la mer. Celle la-même qu'avait longé le groupe pour atterrir en Lybie, la mer Méditerranée.
Au vue du discours qu'avait tenu Prince, Élisabeth s'était d'abord dit qu'ils avaient été renvoyés aux navires pour quitter le pays, après tout, Prince a seulement dit qu'elle ne pouvait pas les tuer, ni les emprisonner, ni leur permettre de rejoindre Rouge. Pourtant, Élisabeth a l'amer sentiment que ça ne colle pas. Leur permettre de retourner aux navires c'est s'exposer à ce qu'ils reviennent, et si ça n'avait été que ça, il aurait suffit à Prince de les disperser, ou de les mener dans une autre direction, n'importe quoi.

Élisabeth, après quelques secondes à admirer la mer, finit par remarquer le blanc sous leurs pieds, ce ne pouvait être un endroit près des navires, il n'y avait que du sable là-bas. Instinctivement, la femme se tourna rapidement pour découvrir une étendue de blanc, rien de comparable à la mer ceci dit, seulement, il suffisait à Élisabeth de regarder autour d'elle pour comprendre la structure dans laquelle elle et ses camarades avez atterris. Un amphithéâtre... Comprend Gilgamesh peu de temps avant la potionniste. Les membres du groupe avaient atterris dans un amphithéâtre, ils se trouvaient au niveau du bord de l'arc de cercle, et devant eux devait bien s'étendre cinquante à soixante mètres de pierres blanchâtres, interrompues par un mur d'au moins quatre ou cinq mètres et surplombés de gradins faits de la même pierre blanche.

Il ne fallut pas plus de quelques minutes d'observation et de questionnements avant qu'ils ne s'aperçoivent progressivement de la présence de plusieurs personnes dans les gradins, une quinzaine, peut-être même une vingtaine. Le sentiment de mal aise éprouvé par l'ensemble du groupe de se retrouver ainsi cernés entre les gradins et la mer leur donnait l'impression de n'être que pantins jouant sur une scène sans voir le marionnettiste. Quoique puissent en dire les membres du groupe, personne ne pourrait affirmer savoir contre qui il se bat. Redose lui-même l'a admis, en cinq ans Rouge a tellement dû changer qu'il doit maintenant être aussi différent qu'un œuf ne l'est d'un dragon. Pourtant, rien ne permet de l'affirmer. Rien ne permet même d'attester de son existence, ni même de sa présence. Élisabeth est certaine qu'il est là, plus près qu'on ne le pense, pourtant, elle se sent tellement loin de lui. Durant ce long voyage, elle ne s'est jamais vraiment approché de lui que géographiquement au final. Elle ne l'a jamais compris, elle ne l'a jamais cerné, et pire que tout, elle n'est même pas sûre de pouvoir le battre, en particulier maintenant qu'elle est presque seule et que la quasi-totalité de son armée se trouve entre les mains de son ennemi.

Charlotte prend la main d'Élisabeth avec faiblesse. Madame... W.... Charlotte n'est qu'une adolescente de quatorze ans qui est né et qui a grandi à Azkaban, son père semble avoir rejoint Rouge, quant à sa mère... Elle ne semble pas avoir été transportée avec le groupe. Élisabeth se saisit de la main de l'enfant pour la rassurer, mais elle n'avait pas pour autant de réponse à lui apporter. Que valait-il mieux faire, rester là et attendre, prendre la mer, avancer comme si de rien n'était, contourner l'amphithéâtre, transp- Il faut qu'on parte. Déclare Gilgamesh avec assurance, une assurance rare, plus encore, une assurance qu'on ne lui connaissait pas. Vaut mieux qu'on dégage avant que quelqu'un rapplique, on avisera plus tard. Déclare t-il alors que les yeux d'Élisabeth sont rivés sur lui comme les nuages sont rivés sur le sol lorsqu'un orage s'annonce.
S'il ne l'avait pas ouvert, pense la femme, ils ne seraient pas dans une telle situation. Cet idiot s'est amusé à démoraliser les troupes et à créer le débat à peine avaient-ils mit un pied à terre.
S'il s'était contenter de la fermer comme littéralement n'importe qui d'autre, Bellamy n'aurait pas eu à mentir, et Élisabeth n'aurait probablement pas perdu le débat.

Ce parasite ose donner des instructions alors qu'il est le responsable de leur situation ? Élisabeth voudrait juste l'écraser comme un misérable insecte. Pourtant, en lisant à la surface de ses pensées, la femme voit bien que le gobelin ne pense pas tant à mal, et elle voit surtout que l'assurance qu'il se donne n'est qu'une façade. C'est la panique à l'intérieur de lui.

Élisabeth commença à avancer d'un pas rapide et déterminé vers ce qui semble être un couloir permettant de traverser l'amphithéâtre, suivie par les autres membres du groupe, mais à peine avaient-ils fait vingt mètres que des silhouettes sortaient de ce couloir sombre, stoppant net l'avancée du groupe. Ils devaient réfléchir, Élisabeth ne pouvait dire que la vérité, Gilgamesh n'est qu'un charlatan, et tout les autres membres du groupe comptent sur elle. Ces individus avancent, ils sont au nombre de quatre. Quatre, un homme particulièrement grand et fin, deux femmes de taille à peu près égales, toutes deux à l'allure raffinée, l'une est légèrement brune tandis que l'autre l'est bien plus. Et enfin il y'a cette silhouette sertie d'un turban et habillé d'une robe bleue ne laissant aucun indice permettant de déterminer quoique ce soit, seulement deux yeux perçants et particulièrement intenses.

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PARTIE 2 : Méfiance et diplomatie






Immobiles devant le groupe des personnes, les membres du groupe d'Élisabeth demeuraient interdits. Que faire, ou que dire, et qui devrait engager le premier contact, si Élisabeth ne dit rien pour sonder efficacement la surface de l'esprit de ces personnes, alors elle laisserait l'occasion à Gilgamesh qui a plus d'une fois démontré qu'il avait une grande trop gueule pour qu'il la laisse fermée. Elle ne pouvait pas non plus lui ordonner de se taire, ce serait louche si ces individus le voyait, l'entendait, et surtout, ce n'est pas tout à fait un ordre qu'elle peut donné au vue de la manière dont Gilgamesh la voit et la considère, d'autant que c'est un gobelin, et que de toute façon elle ne pourrait pas le forcer à obéir à moins de risquer de se mettre à dos tout ceux qui l'accompagnent, et sa détermination est telle que même là elle ne saurait abandonner, elle s'obligerait à défaire les membres de son propre groupe, ceux du groupe qui s'avance, tout ces "spectateurs" dans les gradins, Redose, Rouge, tout les Prince, tous sans exception, et pourquoi ? La question se pose toujours et encore, pourquoi diable se lance t-elle contre Rouge, à force d'être remise en question et de vivre aussi intensément, en ne pensant surtout qu'à ses objectifs, elle en oublie parfois la raison.
Rouge envie, jamais sa famille ne pourra être en paix, quand bien même Rouge érigerait une véritable utopie, si selon Rouge il vaut mieux l'éliminer elle et ses enfants, cette utopie ne saurait voir le jour. C'est là toute l'étendue de l'égoïsme, de la volonté, et de l'amour d'une mère, d'une femme qui a dû se battre toute sa vie contre un monde contre les sorciers et une société contre ceux nés de parents moldus. Celle qui s'est hissé aux sommets d'une société qui la méprise ne saurait faillir. Pas contre Rouge. Pas contre ses sbires. Contre personne.

La femme fit s'avança en direction du groupe, d'un pas assuré et déterminé, suivie de près des membres de son groupe, bien moins assurés. Je m'appelle Elisabeth Omniak. Déclare la femme la main sur la poitrine comme pour se désigner.

À cette distance, elle pouvait lire la surface de leurs esprits, et visiblement, tout les membres du groupe la connaissait, mais quand deux d'entre eux semblaient pacifiques, l'un d'eux avaient une envie presque irrépressible de l'attaquer et de l'anéantir, il éprouvait à cette seule pensée une telle joie, c'est forcément un Prince. Un de ceux qui sont violents et terrifiants, ceux-là même qui l'ont attaqués elle et ses enfants. Mais ce n'est pas tant lui qui attira l'attention de la sorcière, mais la figure dissimulée, un peu en retrait des autres membres du groupe. Celui-là avait beau savoir qui était Élisabeth, il n'en avait rien à faire. Deux probables pacifiques, un danger, et un type qui ne s'intéresse pas à elle, ni aux autres membres du groupe qu'il semblait avoir sondé d'un seul regard, si bien qu'il finit par simplement tourner le dos aux membres du groupe d'Élisabeth, arrachant une grimace aux trois personnes qu'iel laissa derrière iel.


L'une des deux femmes s'approcha d'Élisabeth, une main tendue. Bonjour Elisabeth. Celle-ci qui avait pu lire les intentions bienveillantes de cette jeune femme, accepta de lui serrer la main. Comme quoi, ce don s'avérait utile, il permettait de ne pas être impolie par mesure de précaution. Bonjour... Thani Prince je présume ? Élisabeth ressentait la même chose à la présence de la jeune femme que lorsqu'elle avait rencontré Prince Thani, ça ne devait pas être anodin. Précisemment, oui ! Déclara sur un ton enchanté et enjoué la jeune femme. Sur la base de deux rencontres avec des Prince Thani, il semblait assez évident pour Élisabeth que ceux-ci devaient être pacifiques. Et pourtant... Ils demeurent les sbires de Rouge, comme tout les Prince, ils sont à ses ordres et n'agissent que pour lui. Aussi gentille ait été la première des Thani que la potionniste a rencontré, elle a quand même volé une grande partie de son armée, et c'est elle qui l'a envoyé ici. Et elle n'aurait pas pu se contenter de l'envoyer seule ou avec d'autres personnes, non, elle l'a envoyé ici avec ce nabot de Gilgamesh.

Bien qu'Élisabeth pouvait admettre éprouver de la sympathie voire même de l'affection pour cette jeune femme dont les pensées sont relativement pures, et qui est si semblable à Esmeralda dans son comportement, elle demeure Prince. Élisabeth retira rapidement sa main. J'imagine que vous savez pourquoi on est là. Accuse t-elle soudainement le groupe auquel elle fait face.
Elle a beau se trouver sur un territoire ennemie, elle garde l'avantage du nombre et l'effet de surprise tant qu'aucun d'eux ne lance la première pierre. Ceci dit, ces spectateurs demeurent préoccupants, s'il y'avait un combat, ils rejoindraient probablement Prince par solidarité.
Quoique... S'il y'avait un ordre établi, alors ce petit groupe agirait en qualité d'émissaires, ou dans le pire des cas, de policiers. S'ils sont des sortes de "gardes", alors lors d'un combat, il est peu probable que des civils viennent au contact, mais ces spectateusr sont-ils vraiment des civils ? Élisabeth ne saurait vraiment l'affirmer, certains semblent à l'affut, pendant que d'autres dorment, il y'en a même un sur le premier gradin qui s'amusent à mutuellement se lancer des noix dans la bouche. Oui, vous faisiez sans doute parti d'un plus grand groupe et vous étiez à la recherche de Rouge. Déclare Prince avec un sourire sincère et innocent, elle a visé juste, dans le mile, c'est exactement pour cette raison qu'Élisabeth s'est retrouvé ici. Elle se demande même s'il n'y a pas un système de communication interne entre les Prince. La raison de leur présence ici paraissait si évidente à Thani que la surface de ses pensées ne présentait aucune raison pour elle de savoir ça.

Soudainement l'homme, qui jusque là se tenait en arrière les bras croisés, avec un léger sourire assassin au visage, fit un pas en avant et déplia les bras. Roh ça va les niaiseries, on pourrait pas simplement les éliminer ? Demande l'homme avec une hostilité non dissimulée, comme si cette option était envisageable et acceptable, comme s'il ne s'agissait pas de mettre un terme à leur vie.
Mais il s'agit de Prince, et de Rouge, Prince qui, il y'a plusieurs mois, ont tentés de l'assassiner, et Rouge qui lui, a envoyé Redose à Azkaban pendant cinq ans et qui a tué Bellatrix. Le coeur d'une bonne personne, ne suffit pas à dissimuler la vermine. Ce n'est pas car le chien est bon, que son maître l'est aussi, l'histoire n'a eu de cesse de le répéter.

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha