29 mars 2021, 20:05
Le sourire de l'abîme  PV 
Très naturellement, un sourire, très léger sourire étire mes lèvres. Je hoche la tête de bas en haut, les yeux braqués sur les lèvres sifflantes de Dwight, pleine d’approbation — la petite a réussi, très facilement je dois dire, à reproduire les sons que j’attendais. C’est bien. Cela m’aurait dérangé qu’elle bousille encore la musique. J’aime quand les choses sont ce qu’elles doivent être, quand tout est à sa place et que tout est ordonné. C’est comme ça que doit être la vie, après tout : normale et logique. Et j’apprécie que Dwight ait fait l’effort de s’améliorer. D’habitude, les Autres se contentent toujours de ce qu’ils peuvent faire sans ne jamais chercher à faire mieux. Être bons leur suffit alors qu’il est si facile d’être meilleur, d’être mieux que simplement “acceptable”. Au moins, cette fille-là fait l’effort de recommencer et je commence à me dire qu’au lieu d’essayer, elle fera vraiment. Mais je ne me fais pas l’affront d’y croire réellement ; je ne crois jamais rien avant d’en avoir vu la preuve et il sera difficile pour Dwight de me prouver qu’elle n'est pas aussi pitoyable que tous les autres. Cette pensée me questionne : depuis quand est-ce que j'attends que cette fille me prouve quoi que ce soit ? Après tout, je me fous de son niveau et de tout ce qu’elle est, moi.

Ce petit échange musical fait du bien à la folie de mes pensées. Il apaise légèrement tout ce que je ressentais précédemment, cette grande perte qui me torturait de l’intérieur. Je ressens encore le besoin de me décharger de tous ces lourds et sombres sentiments qui se cachent dans mon coeur, le besoin de hurler, de déchirer toutes les couches qui parsèment mon coeur pour en faire ressortir quelques violences bestiales que je n’arrive ni à comprendre ni même à appréhender. Je sais juste que c’est là, à l’intérieur de moi, et que j’ai envie de quelque chose pour me sentir mieux. Mais maintenant que Dwight s’est tue, que la conversation s’est apaisée et que n’existent plus que les notes de musiques, je sens que je peux commencer à me détourner de tout cela — je le fais déjà naturellement, je m’en rends compte à présent. Je regarde le lac et sens le vent caresser mes joues, je profite de la vue qui, bien que magnifique, ne me touche pas tant que cela, et de la présence de Dwight. Et si je ne ressens pas de joie particulière à être ici, je n’en ressens pas pour autant le besoin d’être ailleurs.

Le son que produit la gamine change mais je ne le reconnais pas. Il n’a plus rien à voir avec la mélodie de l’Autre blonde mais il n’est pas désagréable. Au contraire, même. *C’est joli*. La musique occupe une partie de mon esprit qui reste tournée vers elle et alors c’est plus facile pour moi de ne pas penser à tout le reste. J’ai l’impression que les sons me rattachent à l’instant présent et qu’ils me font du bien. Quand la musique résonne, plus besoin de parole. Le silence n’est plus dérangeant — la présence de Dwight est naturelle. Elle est là, près de moi, et elle siffle. Comme quand Thalia était près de moi à travailler silencieusement et que le crissement de sa plume m’aidait à me concentrer. Sauf que je n’aime pas Charlotte Dwight, évidemment. *Et qu’j’aime pas Thalia non plus* — me persuadé-je.

Un léger soupir passe la barrière de mes lèvres. Il n’a rien à voir avec les précédents qui parlaient de mon agacement intérieur et de la folie qui secouait mes entrailles. Ce soupir est un soupir de bien-être. Et l’accompagne un mouvement tout simple : je me laisse tomber en arrière, passe le bras derrière ma tête et repose mon crâne dans la paume de ma main. Ainsi, le regard braqué sur le pâle ciel d’hiver, les oreilles habitées des notes créées par Dwight, je pourrais m’endormir sans même y faire attention. D’ailleurs, mes yeux se ferment même si je reste consciente de tout ce qu’il se passe près de moi, au cas où.

3 avr. 2021, 15:48
Le sourire de l'abîme  PV 
L'atmosphère était devenue vraiment calme et seuls les sifflements de la petite résonnaient dans l'air. Elle songea que la grande ne disait plus rien. De son côté, elle aimerait bien continuer la discussion mais les notes emplissaient ses lèvres et elle était désormais incapable de relancer la conversation. Un mouvement à ses côtés lui fit tourner la tête sans jamais arrêter de siffler. La plus grande était désormais allongée, les yeux fermés. Est-ce qu'elle se sentait bien ? Est-ce qu'elle aimait sa musique ?

Charlotte hésita à arrêter de siffloter pour demander mais les yeux de son ainée semblaient être fermés alors elle continua doucement pendant quelques minutes en baladant son regard sur le parc. Comme elle n'aimait pas rester inactive, elle tournait sa baguette dans tous les sens entre ses mains et dodelinait de la tête. La musique était faite pour rassembler et elle adorait ça. Peut-être qu'elle devait demander à son frère de jouer de la musique avec elle ? De toute façon, il allait falloir que les deux enfants se parlent parce qu'il était hors de question qu'ils restent séparés de cette manière. La rentrée commençait à dater de quelques jours maintenant et elle n'avait toujours pas réussi à le voir.

Sans s'arrêter de siffler, elle replia ses genoux contre son corps et les attrapa en laissant choir sa baguette à ses côtés. Elle resta ensuite quelques instants de cette manière en pensant à ce qu'elle devait faire. Elle savait qu'après cette discussion, elle aurait envie d'aller s'amuser un peu, c'était un peu trop de réflexion pour elle. Seulement elle ne savait pas vraiment ce qu'elle avait envie de faire. De la trompette peut-être ? Cela irait certainement vers là. Après ces pauvres mots qui avaient été si forts, elle avait envie de faire du bruit. De faire résonner son son quelque part. Elle se demandais seulement où elle pourrait aller pour ne déranger personne avec sa musique.

Elle était restée là de longues minutes en réfléchissant mais des fourmis commençaient à lui courir dans les jambes. Elle avait de plus épuisé son répertoire de musiques du Studio Ghibli et elle n'avait pas envie de partir sur autre chose.

La fillette cessa doucement la musique puis se tourna vers sa camarade qui ne bougeait pas. Dormait-elle vraiment ? Charlotte savait qu'elle ne pouvait pas partir sans rien dire alors elle attrapa un mini papier arraché d'une feuille de cours au fond de sa poche et le stylo de sa grand-mère. Elle y griffonna quelques mots maladroitement, sans support c'était franchement casse-tête même si ses genoux étaient suffisamment durs ce n'était pas très plat.

Sur son mot, elle avait écrit :

Tu m'diras ton prénom un jour ?
Désolée, j'ai pas de Fondant.


Une fois cela fait, elle se releva doucement, ramassa sa baguette et s'approcha de sa camarade à pas de loup. Elle s'en voudrait de la réveiller alors qu'elle avait une expression si sereine sur le visage. C'était tellement inhabituel qu'elle pris un temps de pause devant la plus grande. Puis, elle fourra sa main dans sa poche à la recherche de son paquet de caramels. Dès qu'il fut repéré, elle en attrapa un et le déposa avec le petit papier un peu froissé près de la plus grande. Normalement elle ne pourrait pas le louper. En essayant de ne pas faire une maladresse habituelle, elle chuchota, que l'autre l'entende ou pas était sans importance.

- Merci pour c'que t'as dit. Belle journée Bristyle !

Puis, elle s'en fut tranquillement sans manquer de trébucher en se relevant. Dans sa tête, les mots restaient là et les notes recommencèrent à sortir de sa bouche pour voler dans le vent.

C'est très certainement la fin chère plume. À moins qu'Aelle vienne la chercher, je pense que Charlotte s'est enfuie.
Merci pour ce RP c'était vraiment riche en émotions pour moi comme pour ma petite ! Merci à toi aussi Plume de Charlie pour l'intervention musicale et la présence inquiétante ? de Nejma.

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily

8 avr. 2021, 16:15
Le sourire de l'abîme  PV 
Les mouvements de Dwight m’arrachent instantanément à mes rêveries. J’ouvre un œil et la regarde se lever ; *elle s’en va ?*. La pensée passe fugacement dans mon esprit avant de s’en aller, remplacée par d’autres beaucoup plus importantes. Que la fille soit là ou non, ça ne change pas grand chose à ce que je ressens. Mais les notes qui sortaient de sa bouche me faisaient du bien. Peut-être finirais-je par me lever, moi aussi, pour aller faire quelque chose de plus concret que me peler dans le parc — être oisive ne me convient absolument pas.

Contrairement à ce que je pensais, la Poufsouffle ne s’en va pas. Au contraire, elle s’approche et je la regarde faire, les sourcils froncés, hésitant à me relever, à attraper ma baguette, à faire quelque chose, n’importe quoi. Quand les Autres s’approchent, je frissonne toujours. Je crains qu’ils fassent quelque chose de répréhensible, qu’il profite de mon inaction pour agir, peut-être, ou qu’ils me prennent par surprise. Je me tends mais décide finalement de ne rien faire. À raison, puisque Dwight se contente de déposer une chose près de moi ; et elle s’en va. Je ne réponds pas à sa salutation mais celle-ci me surprend agréablement — c’est rare que les Autres me remercient pour ce que je dis ; la plupart du temps, ils refusent mes paroles parce qu’ils sont incapables de comprendre combien j’ai raison.

Je me redresse difficilement et me tord la nuque pour la regarder s’éloigner. Je me demande vaguement ce qu’elle va faire, maintenant. Comment s’occupe une emmerdeuse heureuse quand elle n’a pas cours ? La question tombe dans le gouffre de l’oubli lorsque mes yeux se déposent sur le présent qu’elle m’a fait. Si tant est que l’on puisse appeler cela un présent. Après un dernier regard vers l'enfant, j’attrape la sucrerie et le papier qui l’accompagne. Je mets de côté le premier et ouvre le second.

« Elle est sérieuse ? » chuchoté-je pour moi-même en déchiffrant l’écriture maladroite de l’enfant.

Malgré moi, un sourire m’étire les lèvres. Je ne sais pas tellement d’où il provient. Est-ce le plaisir de découvrir qu’elle se souvient de ma friandise préférée ou est-ce seulement une grimace d’ironie ? Parce que si elle croit que je lui dirai mon prénom un jour, elle peut toujours attendre. La première raison pour laquelle je ne donne pas mon prénom, c’est bien parce qu’on me le demande. Si je dois le dire à quelqu’un, c’est parce que je l’aurais décidé, pas parce qu’on me l’aura demandé. Et puis si cette gamine est un tantinet débrouillarde, elle le trouvera facilement. Après tout, Aelle Bristyle n’est pas une inconnue au château. Mon nom et mon prénom sont connus de suffisamment de personne pour qu’elle puisse le découvrir par elle-même. Par contre, si elle ose l’utiliser sans mon autorisation, elle entendra parler de moi.

Je jette un dernier regard vers le château, pousse un profond soupir et range le mot dans la poche de ma cape. Et après un moment d’hésitation, je glisse le caramel sous ma langue et me laisse de nouveau tomber en arrière. Je vais profiter encore un moment. Si mes pensées reviennent m’emmerder, il sera toujours temps d’aller m’occuper. M’occuper pour ne pas penser, ça, je sais faire.

Merci de m'avoir accompagné ! J'aime écrire avec toi, Charlotte est une bouffée d'air frais et j'aime beaucoup découvrir Aelle face à elle.
Si Nejma est encore dans le coin, je lui prierais de ne pas venir embêter Aelle : je n'aimerais pas que cette dernière découvre ses fréquentations les plus proches.