En terrain miné PV

Je me force à faire quelques pas pour m'éloigner de la fille avant de me retourner brusquement. Rien derrière moi, ni boule de neige ni jeune Poufsouffle en position d'attaque. Juste une enfant les bras remplis de boules de neige qui me regarde comme si elle s'attendait à ce que je lui fasse la même chose que je crains qu'elle fasse : que je la mitraille sans état d'âme. Je la suis de mes yeux plissés tandis qu'elle se met en route. Elle prend un chemin détourné, si bien qu'elle s'éloigne de plus en plus : nous ne nous retrouverons près des arbres où est censé se cacher Zikomo.

Sa prudence me frustre. Je crispe les mâchoires et lui lance des regards noirs en biais en reprenant ma route. Merlin, mais pourquoi ne m'a-t-elle pas suivi ?! Elle aurait dû le faire, je l'aurais laissé passer devant. J'aurais alors pu la viser et elle se serait pris une rafale de neige incroyable dans le dos. Ce plan aurait été agréable à réaliser. Je suis bien obligée de l'abandonner, désormais. Même si je l'attaquais maintenant, je ne pourrais pas la toucher. Enfin... Évidemment, elle serait incapable d'éviter un réel sortilège d'attaque, un Stupefix ou un Expulso mais un Nivicare ou plusieurs Locomotor lancés à la suite sur des boules de neige ? À cette distance, je ne ferais que me ridiculiser : on est loin de la tempête de boules blanches que je voulais faire tomber sur elle.

Je me trouve parfaitement ridicule à traverser la petite plaine en levant exagérément les genoux pour ne pas me rétamer dans la neige. Et pourquoi ? Zikomo n'est même pas là-bas. Ou peut-être qu'il y est mais en tout cas moi je ne l'y ai pas vu. Au fil de ma marche, j'arrête de faire semblant. Je ne regarde plus autour de moi, je ne suis plus sur la défensive. Je me contente d'avancer en essayant de réfléchir à une nouvelle stratégie. Ce que je ne cesse pas de faire par contre c'est de surveiller la gamine dont le détour finira bientôt par la rapprocher de moi. On ne sait jamais.

J'arrive à l'arbre. Il n'y a rien du tout ici. Surtout pas de Mngwi calfeutré. Je fais le tour du tronc et observe même la base de ce dernier sans ne rien trouver.

« Oh mince, me moqué-je à voix haute en levant les mains. Pas de Zikomo ici. Il a dû se tirer pour nous laisser chercher comme des abruties. »

Le pire c'est qu'il en serait capable.

Je me poste près de l'arbre, les mains sur les hanches. J'ai les sourcils froncés et les yeux plissés pour mieux observer Nelson sans être éblouie par la réverbération du soleil sur la neige.

« Tu comptes les lâcher un jour tes boules de neige ou c'est tes nouveaux potes ? »

Elle m'angoisse à avoir un tel attirail à portée de main.

En terrain miné PV
Alors que nous arrivons finalement à l'orée des arbres, la distance que j'ai entre Aelle et moi est relativement rassurante à mes yeux. Au moins, sa puissance ou sa précision d'attaque sera amoindrie.
Bon, techniquement, la mienne aussi. Mais étais-je de toute façon réellement à la hauteur ? Est ce que moi, du haut de mes onze j'étais réellement capable de m'en tirer sans trop de mal d'un combat de boules de neige face à une sixième année qui montrait autant d'assurance qu'un grizzli ? Il faut être réaliste, Aelle a bien plus d'expérience que moi en magie et pis même de vie. Ca se trouve, ce n'est pas la première fois qu'elle se retrouve dans ce genre de situation et elle a déjà un plan d'attaque tout bien ficelé dans son esprit.
Frustrée à cette idée, je pousse un soupir excédé en lui jetant un coup d'oeil.
Et pourquoi qu'elle gagnerait à tout prix d'abord ? Ne connaissait-elle pas la légende de David contre Goliath ?
Cette pensée combative en tête, je tâche de respirer plus calmement tandis que je m'arrête, mes yeux scrutant les alentours. Pas de Zikomo en vue. Mais où pouvait-il bien être passé ?
Se serait-il enfuit, nous laissant là toutes les deux à le chercher ?
Il aurait quand même pas fait ça hein ?
Il m'aurait pas abandonné face à elle ?

A quelques mètres, Aelle s'approche d'un arbre et après vérification, lève les mains en l'air et sur un ton faussement désolé, moqueur, constate la situation.
Je ne répond pas. Elle a formulé tout haut l'une de mes craintes.
Après, ça se trouve... elle vient de le voir et avec un accord tacite du regard avec son compagnon, feint de ne pas l'avoir vu.
A moins que je sois parano.

« Tu comptes les lâcher un jour tes boules de neige ou c'est tes nouveaux potes ? »
Alors que je continuais de scanner du regard les arbres, entre eux etc... je me tourne vers Aelle qui me toise les mains sur les hanches.
Les sourcils froncés, elle attend une réponse.
Un léger sourire amusé et légèrement nerveux se dessine sur mes lèvres.

- Quoi, ça t'angoisse ?
Ouh. Pourquoi j'ai dis ça moi ?
- J'veux dire... c'est sûr que... toutes ces boules... ça m'fait un sacré paquet de munitions, tentais-je de meubler alors qu'intérieurement je maudissais ma spontanéité.
J'avais bien vu par le passé qu'Aelle pouvait se montrer un peu susceptible.
Sa baguette à proximité, pas d'adultes ou de témoins dans les environs... valait mieux pas que je joue trop avec le feu, moi.

Soudain, alors que je finissais par penser qu'il ne restait plus qu'elle et moi, une silhouette bleu se profila dans son dos. Par de amples et longues foulées, avec la grâce d'un félin, Zikomo arrivait tel un oiseau survolant la neige. Oui, c'est comme si ses pattes ne touchaient pas le sol.
L'espace d'un instant, j'eus l'impression que mon coeur s'arrêtait, enfin, plutôt le temps. Il fallait que je profite de la situation. Avant qu'Aelle ne se rende compte de celle-ci : Zikomo arrivant dans son dos à toute vitesse.

Reculant mon bras droit en arrière, je l'arme et lance ma précieuse boule de neige avec le plus de force que je peux. Priant qu'ainsi, elle franchisse les quelques mètres me séparant de ma cible.

559 - j'espère que ce post te convient :cute:

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En terrain miné PV
J'ouvre la bouche et la referme. Je suis en train de me demander pourquoi exactement je n'ai pas encore dégainé ma baguette magique pour faire fermer sa bouche à cette gamine. Pourquoi suis-je en train de faire semblant de chercher Zikomo alors que je sais qu'il n'est pas là ? Pourquoi est-ce que je cherche le bon moment le bon angle alors qu'il suffirait que je dégaine et que j'articule une formule, n'importe laquelle, pour la faire taire ? Parce que je m'amusais il y a quelques minutes de ça ? Peut-être, oui. Parce que j'avais une stratégie toute bien imaginée et que je voulais absolument la mettre exécution ? Peut-être bien. Finalement, je me retrouve à me faire moquer par une enfant qui se croit maligne avec ses boules de neige, qui se croit supérieure à moi avec ses munitions, et ça me donne envie de donner un coup dans son petit tas pour le faire dégringoler, comme une gamine, et lui dire : ahah ! tu l'as bien mérité celle-là !

La seule chose que je trouve à faire, c'est de mimer une grimace, les lèvres retroussées, dans une fabuleuse imitation d'un : bla bla, je suis une première année et je me la ramène. Ce qui fait que je me sens plus ridicule qu'autre chose. Je conclus par un regard noir que Nelson ne doit de toute façon pas voir parce que ses yeux sont occupés à observer autre chose.

Ce n'est qu'une seconde trop tard que je comprends qu'elle a dû apercevoir Zikomo. Une seconde trop tard que je comprends que c'est dernière moi qu'elle regarde. Une seconde pour oublier tout ce que je pense avoir compris pour me persuader d'une seule chose : elle fait semblant exprès pour que je me retourne ! D'ailleurs, la voilà déjà qui lève le bras, certaine que je vais me retourner !

Mon coeur manque un puissant battement, mes yeux s'arrondissent. Une demi-seconde, la boule de neige va partir et je vais la recevoir en plein dans la tête. Un réflexe sorti tout droit de mes heures d'entraînements avec Nyakane me fait sortir ma baguette et gueuler le premier sortilège qui me vient.

« Repulso ! »

Oui, gueuler. Gueuler comme une première année qui croit encore qu'elle doit crier pour faire de la magie. Comme une enfant qui a peur. Gueuler parce que j'ai besoin que ma magie s'exprime là, maintenant, tout de suite, qu'elle arrête ce qui est en train de se passer, qu'elle me protège d'un ultime affront.

Au moment même où le fuseau magique s'expulse de ma baguette magique, la boule de neige de Nelson me frappe en plein visage.

Oups ? Heureusement qu'il y a de la neige par terre. Pour une fois, ce n'était même pas voulu cette violence !
La scène me fait beaucoup rire.

En terrain miné PV
Bon, en y réfléchissant après coup, c'était p't'être pas une bonne idée de "lui tenir tête".
Alors que je venais d'apercevoir Zikomo arriver à toute allure dans son dos, j'ai eu cette idée - erm... fabuleuse ? - d'armer mon bras pour lui lancer une boule de neige.
Enfin, "idée" est un bien grand mot, soyons clair : j'ai pas vraiment réfléchi mais plutôt agit avant de réfléchir. Oui, on va dire ça.

A peine la boule glacée quitte mes doigts pour suivre une trajectoire "parfaite" vers Aelle, je n'ai pas le temps de voir si elle atteint son but que je me sens partir d'un coup, brusquement, en arrière.
Un son parvient à mes oreilles bien que je n'en réalise pas vraiment le sens.
J'atterris brutalement sur mes fesses - Ouuutch ! - le souffle coupé.
La gravité aidant, mon dos est parti en arrière et je peine à me redresser sur mes coudes, regardant avec des yeux ronds celle qui me fait face. Aelle. Et quoi d'autre ? De la poudreuse qui s'effrite sur le devant de son manteau. Gloups.

Dans un dérapage maîtrisé, tels que ceux qu'on voit dans les films, Zikomo arrive pour s'arrêter à mes côtés. Sûrement intrigué par tout ce remue-ménage le polisson.
Aïe ! J'ai mal aux fesses, moi !

Cahin caha, j'essaie de me relever alors qu'une douleur vive vrille mon postérieur. La poitrine en berne, les mains sur mes genoux, je réalise ce qu'il vient de se produire : Aelle m'a lancé un sortilège !
Je ne connais pas celui-là, pour moi je n'ai pas entendu d'Experlliamus, mais j'ai été quand même propulsé sur deux bons mètres.

De la buée sortant de ma bouche tandis que ma respiration reprend un rythme plus normal, je ne sais quoi dire alors que mes yeux font l'aller-retour entre Zikomo et Aelle.

Pour celle-ci, la neige… sur son manteau - ce qui induit que mon lancer a été un succès, enfin tout dépend de ce qu'on appelle un succès… Est ce qu'elle m'en veut... beaucoup ?

- Sacré lancer, commentais-je en référence à son sort.
350 :lol:

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Je crache de la neige. Je me secoue dans tous les sens pour me débarrasser de la substance glaciale qui me rougit le visage. Bordel, c'en est presque douloureux tant c'est froid ! Elle n'y est pas allée de main morte. Une légère douleur sur le nez me prouve qu'elle a visé, pour une fois, incroyablement bien.

Ce n'est qu'après m'être secouée que je relève la tête et me souviens du succès de mon sortilège. J'observe avec de gros yeux ébahis la petite Nelson tenter de se relever lentement. À ses côtés, Zikomo. L'envie de se foutre de nous lui est semble-t-il passée et le voilà maintenant qui me lance un regard accusateur, comme si j'avais fait exprès de faire ce que j'ai fait ! Et de toute façon elle méritait clairement de se prendre un sortilège. Et elle n'a pas l'air d'aller si mal, non ?

Je m'approche de quelques pas en prêtant que peu attention aux paroles de l'enfant. C'est vrai que mes sortilèges ont tendance à être puissants... Elle a été repoussée de deux bons mètres, le choc a dû être rude... Je m'inquiète autant des conséquences si je blesse une jeune élève que de sa propre santé. Abîmer une gosse qui ne m'a pas fait grand chose et que je ne connais pas n'a jamais été dans mes intentions. Pendant une terrible seconde, j'imagine le pire : et si je l'avais blessée ? Puis mon esprit pratique reprend le contrôle ; nul besoin de paniquer avant d'avoir une preuve des faits.

Je me penche sur l'enfant. Je ne cache pas mon air inquiet, ni le regard noir que je jette à Zikomo qui n'arrête pas de darder sur moi ses pupilles dorées et accusatrices.

« Arrête de me regarder comme ça ! le tancé-je. J'ai réagi à l'instinct !
Tu aurais pu lancer un autre sortilège !
Parce que toi tu réfléchis à une stratégie bien établie quand tu surprends soudainement une musaraigne ? Tu te demandes si tu vas l'achever avec un coup de dents dans la jugulaire ou bien comme ci ou bien comme ça ?! »

Je ne le laisse pas le temps de réagir. Je me tourne vers Nelson et lui demande sur un ton un peu brutal :

« Ça va ? »

Mon ton est accusateur, comme si je lui reprochais quelque chose. Ce qui est le cas : elle est malade de m'avoir visée de la sorte ! J'aurais pu lui faire bien pire !

« T'as mal quelque part ? Fais pas la fière : dis-moi si t'es mal retombée, » lui ordonné-je avec mes sourcils froncés et ma voix pressante.

Ne manquerait plus qu'elle se plaigne dans une semaine ou deux de douleurs à cause d'un truc déplacés. Si c'est le cas ça finira de toute manière par me retomber dessus. Si un jour on doit m'accuser d'une agression, autant que ce soit quelqu'un que j'ai blessé par choix, pas une erreur comme celle-ci.

En terrain miné PV
Les mains toujours sur les cuisses, mes yeux faisant des allers-retours entre les deux protagonistes à mes côtés, je sens mon coeur battre encore un peu fort même si son rythme se calme assez vite. Toutefois, j'ai toujours bien bien mal aux fesses. Avec appréhension, il faut l'avouer, je vois Aelle se rapprocher, franchissant les deux mètres qui nous séparaient, et se pencher un peu vers moi. Je sens mon corps se figer. Elle est fâchée ? Elle est vraiment beaucoup fâchée ? Je n'ai pas fait exprès. Enfin, je ne pensais pas que la boule de neige allait atteindre son visage.
Mes oreilles perçoivent alors la brève discussion entre Aelle et Zikomo. Presque un début de dispute. Apparemment, Zikomo ne cautionne pas du tout le coup du sortilège. Aux mots "achever" et "jugulaire", je ne me rends pas compte que je déglutis.
Le regard d'Aelle se pose alors sur moi tandis qu'elle me demande d'un ton bourru si ça va.
Il faut que je me redresse. Poussant sur mes cuisses, je me redresse en station pleinement debout et une grimace déforme ma bouche alors qu'une grosse aiguille "imaginaire" s'enfonce dans la chair de mon postérieur et que les muscles dans cette zone semblent raidis.
- Oui, oui, ça va.
Aelle semble deviner ce que je ressens car elle m'ordonne d'un ton sans appel de ne pas faire "la fière" et de lui indiquer où j'ai mal.
Me mordillant la lèvre avec embarras, mes yeux se posent sur Zikomo, toujours là, à nos pieds.
- Bah, j'avoues que j'ai... mal aux fesses. J'aurais sûrement un bon gros bleu.
J'ai le réflexe de poser une main sur le haut de mon postérieur et mes doigts appuyant à peine provoquent une nouvelle grimace que je tente tant bien que mal de masquer.
Je vais pas pleurer comme un bébé non plus. C'est pas ma première chute. Je vais m'en sortir. Si je devais m'écraser au sol de douleur à chaque fois que je suis tombée de poney, je n'aurais pas progresser comme je l'ai fait. "Quand on tombe, on se relève et on remonte", disait ma monitrice. Bon évidemment, dans le cas où on s'est pas blessée gravement et qu'on est en "état". Bon, là, comment j'ai mal aux fesses, je remonterais pas immédiatement, je prendrais quelques secondes supplémentaires à respirer.
D'ailleurs, ma bouche laisse s'échapper un petit soupir.
- Ca va aller, je... je n'ai rien de cassé. Bon, par contre, m'en veut pas, mais je pense que la bataille de boules de neige va s'arrêter pour moi... conclus-je avec un léger sourire d'excuse.
Tournant la tête vers Zikomo, sentant son regard dardé sur moi, je ne peux m'empêccher de tâcher de le rassurer.
- Je vais bien, 'fin je... ça va aller. Heureusement que j'ai pas cours de vol de suite, ha ha ! fis-je en feignant de rire.

Mon "ha ha" était d'ailleurs peut être un peu... non-naturel.
Reportant mon attention sur Aelle, je pense au sortilège qu'elle m'a lancé.
- Au fait, ton sortilège c'était quoi ? C'était pas Experlliamus hein ? On l'apprend en quelle année ?
Puis me rendant compte que je ne me suis pas excusée pour la boule de neige, je m'empresse de le faire :
- Ah et désolée pour la boule de neige. Vraiment, j'avais pas idée qu'elle t'atteindrait en plein visage. Déjà que j'étais pas sûre qu'elle te touche tout court... donc, voilà désolée. J'espère que je t'ai pas fait mal.

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Je la regarde se redresser, se palper, grimacer. Mes lèvres sont pincées. J'essaie de deviner l'étendue de sa douleur. Surtout, j'essaie de trouver une trace de mensonge dans ses paroles. Camoufle-t-elle une blessure ? Je plisse des yeux pour mieux l'observer mais ça ne sert pas à grand chose : je n'ai aucune idée de ce qui pourrait me mettre sur la voie d'un mensonge. Ses grimaces ? Ses yeux qui cheminent entre moi et Zikomo ? Ses drôles de sourire ? Mouais, je ne la connais pas, cette gamine, je ne sais pas comment elle est quand tout va bien. Je pars donc du principe qu'elle ne va pas si mal que cela, même si effectivement le bleu qu'elle se récoltera suite à cette vilaine chute rendra certainement son prochain cours de vol un peu douloureux. Mais qui n'a jamais eu un bon bleu à un endroit pas très commode ?

N'empêche que j'hésite quant à la marche à suivre. Ma prudence m'indique de l'emmener à l'infirmerie quoi qu'il arrive tandis que ma raison me tance de la laisser tranquille : ça va, ce n'est pas un bambin non plus, elle est capable de prendre ses propres décisions, laisse-la faire ce qu'elle veut ! Si elle dit qu'elle va bien, c'est qu'elle va bien. Malgré tout je ne peux m'empêcher de songer à ces quelques fois où mes sortilèges se sont montrés d'une telle puissance que j'ai eu peur de blesser mon entourage. Zikomo, surtout. Après tout, c'est le seul à être toujours présent ou presque à mes entraînements. Je l'ai quelques fois fait voltiger lorsque nous jouions au « Touche Zikomo ! » ; je dis jouer mais il s'agit toujours de vrais entraînements, avec de vrais sortilèges, de vrais conséquences. Une fois je lui ai lancé le même sortilège qu'à Nelson aujourd'hui. Nous étions dans la Salle sur demande. Le Mngwi a volé dans les airs. Le choc de l'atterrissage l'a secoué. Ni lui ni moi ne nous attendions à ce résultat : après tout, il est rare que je parvienne à le toucher tant il est vif et rapide. « On va peut-être en rester là, » m'a-t-il dit sur un ton taquin. Mais moi, je n'ai pas réussi à sourire. J'ai eu si peur de lui faire du mal.

Avec Delphillia c'était encore différent. C'était il y a moins d'un mois et cette fois-là, j'ai eu envie de la faire souffrir. je me souviens encore de la sensation du sortilège Acuo lorsque je l'ai lancé.

Aujourd'hui, ce n'est pas pareil. Je me fiche de Nelson. Pourtant, je n'ai aucune envie de la faire souffrir ou qu'elle se récolte de véritables blessures par ma faute. Lui faire manger de la neige, la ridiculiser, lui montrer qui est la plus forte, ça oui... Mais la blesser ? Non.

J'ai du mal à me dérider. Je regarde Zikomo et la jeune Poufsouffle échanger sans intervenir. Le Mngwi explique qu'il n'avait nullement l'intention de créer un tel chaos en courant dans notre direction, il voulait seulement nous faire peur, sauter dans les branches des arbres et nous recouvrir de neige. Il a l'air penaud, les oreilles plaquées sur le crâne ; je le connais suffisamment pour savoir que derrière ce comportement se cache malgré tout un certain amusement maintenant que l'on sait que rien de grave n'est arrivé : dû à la boule que je me suis prise en plein visage ou à la situation surprenante à laquelle nous venons d'assister ?

De mon côté, je retrouve ma posture habituelle : mains dans les poches, air un peu sombre, sourcils à demi-froncés. L'excitation de la bataille est retombée. D'un mouvement de la main je balaye les excuses de l'enfant pour la boule de neige — on s'en tape, on va pas revenir sur le sujet pendant mille ans ; si on pouvait oublier que je m'étais pris de la neige en pleine tête, ça m'arrangerait.

« C'était pas Expelliarmus, non. Le maléfice de désarmement demande une grande puissance pour repousser une cible en plus de la désarmer, expliqué-je sur un ton académique sans cesser d'observer la jeune fille, au cas où elle dévoile une quelconque douleur. Mon sortilège était pas très puissant. »

Je hausse les épaules. J'aurais pu l'envoyer bien plus loin, bien plus violemment. Une ombre me passe sur le visage. J'aurais pu le faire, j'ai contrôlé ma puissance sans y penser mais il aurait fallut que je me laisse aller et elle aurait voltigé dans les airs et l'atterrissage aurait été bien plus douloureux. Possiblement catastrophique.

« C'était Repulso, continué-je d'une voix maîtrisée. Sortilège d'expulsion. J'ai pas besoin de t'expliquer son effet. Tu l'apprendras en troisième année. »

En terrain miné PV
Je ne sais pas si Aelle me croit ou non, si elle croit que je fais la "fière". En même temps, je suis incapable de lire dans les pensées - sûrement que c'est une capacité magique - et là maintenant, je le regrette.
En tout cas, Aelle se redresse et plante ses mains dans ses poches, les sourcils un peu froncés, un air un peu sombre auquel je suis habituée - si j'ose dire.

Alors que je prononce mes excuses, elle balaie l'air d'un revers de main bref, en mode "c'est bon, y'a rien de grave !" mais elle ne sourit pas. Je déglutis une nouvelle fois et la regarde de mes grands yeux sincères, j'ai envie de réitérer mes excuses mais je sais que si je le fais, elle va vraiment m'envoyer paître. A sa façon, Aelle se soucie de moi, de ce qu'il vient de se produire. Ou bien, elle se soucie des conséquences si je vais cafter.
Cette idée qu'elle puisse se soucier de ça heurte mon esprit de plein fouet : mais oui, ça se trouve, elle a peur que j'aille cafter ! J'me demande la punition qu'elle pourrait se récolter pour avoir jeter un sort à une première année... Mais bon, en tout cas, je ne lui en veux pas, ça a été un réflexe de sa part, pas un super bon, mais un réflexe tout de même. Avec toute cette histoire de bataille de boules de neige et qu'on se fasse pas trop mutuellement confiance, les choses se sont emballées. Pis, j'suis pas une cafteuse - à moins bien sûr que ce soit à propos de quelque chose de grave et fait volontairement.
Je ne suis pas vraiment blessée, enfin je crois.

Aelle me sort de mes pensées en répondant alors à ma question : ce n'était effectivement pas Experlliamus et elle n'avait pas mis de puissance dans ce sort. En gros, sous-entendu "j'aurais pu te faire bien plus mal".
Je tique un peu mais essaie, tant que je peux, de faire comme si de rien n'était et hoche presque imperceptiblement la tête pour marquer que j'ai compris.

Mon aînée continue son explication en révélant le nom du sort qu'elle a utilisé : Repulso. Oui ! Effectivement, ce nom me disait quelque chose, j'ai dû le lire dans le manuel l'autre jour quand je le feuilletais.
- Je comprends, prononçais-je simplement avant de lui adresser un bref sourire timide puis de baisser les yeux vers mes chaussures.

C'est vrai qu'avec les années, on apprendra des sorts de plus en plus performants, de plus en plus techniques, de plus en plus puissants. Faudrait que je me renseigne sur le genre de sort qu'on apprend en... sixième année ? C'est bien ça, Aelle est en sixième année, non ?

Je relève la tête et croise son regard. Qu'est-elle en train de penser en ce moment ? Pense-t-elle vraiment que je vais aller cafter ou bien se soucie-t-elle vraiment de comment je me sens ?
La douleur irradie toujours mon postérieur mais j'imagine que c'est normal vu la chute additionnée à l'élan de deux mètres. Et heureusement qu'il y avait de la neige.

526 - je l'imagine aisément boiter quand elles vont repartir :lol: genre démarche de canard :lol:

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Je ne me dépars pas de mon air sombre et je ne quitte pas non plus l'enfant du regard. Sa réponse est brève, presque trop pour une fille comme elle. Ce n'est pas une enfant qui semble cacher ce qu'elle a en tête, même si elle a bien plus de retenue que certains autres de ma connaissance. Ma foi, me dis-je pour me rassurer, le choc de la chute a sûrement réduit à néant ses envies de me faire la conversation et je la comprends. Même si à sa place, si sa douleur est aussi tenue qu'elle le dit, j'aurais posé davantage de questions sur ce sortilège inconnu. Qu'importe, je n'avais de toute façon pas la tête à faire un cours, surtout pas maintenant.

Je secoue les pans de ma cape, moins pour les en débarrasser de quelques résidus de neige que pour me donner une contenance. Je range ma baguette magique dans ma poche et lance un regard à Zikomo qui comprend ma proposition sans que j'ai besoin de parler : d'un bond il rejoint mon épaule et prends son temps pour s'installer à son aise entre les différentes couches de mes vêtements, la queue enfouie sous ma cape.

« Bon, on y va, » ordonné-je à la gamine d'un ton qui ne laisse pas de place à un quelconque refus.

D'un geste du menton je lui désigne l'immense château qui se dessine contre le ciel pâle et hivernal. J'aperçois les grandes portes au loin, au-delà de la grande étendue de neige parsemée de quelques arbres. Des silhouettes bougent ci-et-là ; des élèves qui profitent de leur mercredi après-midi.

Je me mets en route mais contre toute attente je ne prends pas d'avance : je patiente le temps que Nelson rassemble ses affaires, sa motivation, que sais-je, et qu'elle se mette à mon niveau. Nous voilà donc à cheminer, elle et moi, au milieu de toute cette neige. Si je n'avais pas prévu la bataille de boules de neige, la raccompagner à la Salle commune n'était pas non plus dans mes projets. Je l'ai bien cherché, cela dit.

Je fouille au fond de mon coeur une part de culpabilité mais n'en trouve pas. Je ne m'en veux pas de ce qui est arrivé. Par contre je trouve dans ma recherche quelques résidus d'une peur que je pensais disparue à jamais : celle de blesser contre mon gré. C'est elle qui crispe si bien mes mâchoires, qui m'enferme dans ce silence accablé et qui dépose des ombres sur mon visage.

Heureusement, les ombres sont repoussées par une chose que j'aperçois du coin de l'oeil. Je ne l'aurais jamais vu en temps normal mais il faut dire que mon regard coule plus que nécessaire vers Nelson, au cas où. Et j'ai bien fait de la surveiller. Je tourne carrément ma tête vers elle et la regarde du haut de ma hauteur en pinçant des lèvres. Je la dévisage sans vergogne, mes yeux faisant la navette entre son visage et le bas de son corps.

« Tu te fous de moi ? »

Je me stoppe aussitôt, les sourcils froncés et un air revêche qui doit me rendre bien menaçante sur le visage.

« Tu boites ! » m'exclamé-je en désignant ses jambes d'un doigt accusateur.

Pourquoi m'a-t-elle menti ? Ma question n'était pourtant pas difficile à comprendre, je n'ai employé aucun mot compliqué, et elle m'a même répondu : « ça va aller », ce qui voulait forcément dire que c'était censé aller, n'est-ce pas ? Ma décision de la laisser se débrouiller parce qu'elle n'est plus une gamine et que je n'ai aucune envie de materner une première année s'envole. Puisqu'elle n'est pas capable de faire les choses comme il faut (elle n'avait qu'à pas boiter si elle voulait que je la laisse en paix ! quand on ment, on ment comme il faut), je vais prendre les choses en main. Je ne veux pas perdre mon temps avec une d'une petite menteuse. Autant m'assurer dès à présent que toute cette histoire trouve une conclusion acceptable.

« On va à l'infirmerie, m'emporté-je avec un mouvement d'humeur. La prochaine fois que tu veux dissimuler quelque chose, assure-toi de le faire correctement. »

Mon ton est froid et sec, mes yeux sombres et mes sourcils froncés. Je déteste perdre mon temps. Et ce que j'aime moins encore, c'est que l'on se foute de moi. Ou que l'on me mente sans une très bonne raison. Et cette fille n'avait pas une très bonne raison. Elle a menti par fierté, certainement. Affligeant.

Au fond de moi, je sens que c'est la bonne chose à faire. Assumer les conséquences. C'est une grande phrase, ça, une phrase que pourrait me dire sans ciller ma directrice. Elle soutiendrait que je dois régler l'affaire, ne pas laisser un bleu se balader sur le corps de cette enfant. Pas pour cacher mon méfait, non, mais pour assumer mes conséquences : je l'ai blessée alors que mon souhait était tout autre, je dois donc m'assurer que la douleur disparaisse.

Je me remets en route en jetant un coup d’œil aux fenêtres disséminées le long des épais murs en pierre du château sans pouvoir m'empêcher de me demander : peut-elle m'apercevoir de son grand bureau ?

« Allez ! pressé-je en regardant Nelson par-dessus mon épaule, sans lui avoir laissé le temps de répliquer ou même de faire un seul pas. Ou tu veux que je te porte, peut-être ? Je peux le faire, hein, mais ce sera pas agréable et ce sera à l'aide de ça. »

Je secoue ma baguette devant elle. Ce geste immature va très mal avec mon expression sévère et mon ton dur.

En terrain miné PV
Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, sûrement que ce n'est pas si étonnant qu'Aelle prenne les choses en main. D'un regard échangé avec Zikomo, celui-ci avec souplesse et agilité saute sur ses épaules et se roule en boule, comme un chat. Durant une courte seconde, je l'envie.

Puis elle me dit ces mots, d'un ton si froid, si... adulte en quelque sorte mais en même temps qui me fait prendre conscience que me prendre en charge est tout sauf agréable pour elle. Sûrement qu'elle craint les conséquences. Parce que, si elle prend la décision de me raccompagner c'est soit parce qu'elle se soucie de moi soit parce qu'elle est prête à faire face au conséquences. Bizarrement, vu le ton qu'elle prend et son attitude, je me dis d'un coup que c'est p't'être la seconde solution.
Ou bien... elle désire cacher son embarras... pensais-je en acquiesçant et me mettant en marche à sa suite.

Je lui suis grée de ralentir pour que je marche à sa hauteur. Mine de rien... pfiou... la douleur que je croyais uniquement dans mes muscles fessiers ne se loge pas que là. Dés lors que j'ai commencer à avancer, j'avais l'impression d'être une petite grand-mère très âgée. Je faisais des petits pas, me sentant raide et surtout si j'appuyais un peu plus sur mes pieds, c'était comme si une douleur lancinante partait de ma cuisse droite pour traverser ma fesse droite telle une aiguille épaisse comme un tisonnier qu'on m'enfoncerait dans la chair.
J'essaie d'avancer, de ne pas grimacer et surtout de faire comme si de rien n'était. Un pied devant l'autre. Regarde loin, l'objectif, le château.
Une bonne douche chaude et zou au lit dans un des canapés du salon près de la cheminée, enfouie sous un plaid.

Mais qu'est ce qui me prend moi ? A penser comme ça ? C'est qu'une petite chute de rien du tout. J'ai dû me froisser un muscle, et le fait que je me crispe...

Soudain, brusquement, on s'arrête. Enfin, Aelle s'arrête et sa voix résonne dans l'air.
Quelques mots marquant non pas son mécontentement mais vraiment de la colère : "Tu te fous de moi ?"
Quoi ? Qu'est ce que j'ai fait ?
Machinalement, j'ai le réflexe de la regarder, stupéfaite et réprime une envie de reculer.
Mais j'ai rien f...
"Tu boites !"

Hein ? Mais non. Mais non, j'boites pas.
Bon, je serais pas prête à sautiller comme un cabri mais elle doit faire une erreur. C'est qu'une petite chute de rien du tout. J'ai mal aux fesses. C'est rien, rien du tout...

Son air revêche me fait écarquiller un peu les yeux. Pas le temps de rétorquer quoi que ce soit car elle enchaîne immédiatement, toujours sur un ton réfrigérant comme quoi on part à l'infirmerie.
Hein ? Ah non non ! C'est pas nécessaire !
Je commence à secouer la tête, mon teint blanchissant à l'idée d'aller à l'infirmerie pour ça.
Ses dernières paroles me laisse pantoise : "dissimuler quelque chose" ? Elle est sérieuse là ?

Toujours sans me laisser le temps de répondre quoi que ce soit, Aelle reprends sa marche d'un air décidé avant de s'arrêter de nouveau. Un regard par-dessus son épaule, froid, renfermé, comme si j'avais fait une grosse bêtise. Nan mais elle exagère là ! Elle est fâchée après moi parce que... j'ai mal et qu'elle trouve que je boite ? Même si c'était le cas, si je boite... c'est pas intentionnel !
Pourquoi est ce qu'elle me sermonne de cette manière ? Je n'ai rien fait de mal.
Les pieds plantés dans la neige, tandis que mes pensées défilent sous mon crâne, mon coeur serré tout comme ma gorge, je vois ses lèvres s'ouvrir de nouveau : Elle me demande d'avancer et me préviens que si je ne le fais pas assez vite, qu'elle pourrait me porter - Pardon ?! - avec l'aide de sa baguette.
D'ailleurs, elle ressort sa baguette de sa poche et la secoue pour faire bonne mesure.
Mes yeux se pose sur le catalyseur et j'ai soudain froid, pas un tressaillement, pas de frissons courant le long de mon échine, non. Froid, mais de l'intérieur.
- Pourquoi tu te fâches comme ça ? lui demandais-je alors d'une voix plus assurée - à l'oreille, je trouve - que je ne pensais pouvoir faire. Je n'ai rien fait de mal. Et non, je ne t'ai rien dissimulé. Est ce que tu peux ranger ta baguette s'il-te-plaît ?
Je marque une seconde pour marquer ma détermination, mes yeux allant des siens à sa baguette, aller-retour. Hors de question qu'elle me relance de nouveau un sort sans que j'ai mon mot à dire. Non, ça... c'est non.
- Je t'ai dis que j'ai mal aux fesses. je t'ai dit aussi que ça allait aller. Ca va pas partir en un claquement de doigts hein. C'est de la douleur, Aelle.
Prononcer son prénom dans ces circonstances à une saveur bizarre, je trouve. Mais je continue, je veux pouvoir lui dire ce que je pense. Depuis qu'on s'est mis en marche - alors même qu'elle ne m'a pas demandé mon avis mais bon passons - elle n'a fait que me sermonner. Comme si j'avais fait quelque chose de mal. Ce serait le cas, très bien, j'obéirais mais ce n'est pas le cas. Je me suis pris un sortilège en pleine poire ! Alors si elle peut trouver en elle ne serait-ce qu'un soupçon de gentillesse et de compassion, ce serait sympa. Bien sûr, tout ça, je ne lui dit pas. Je ne suis pas aussi idiote qu'elle pourrait penser.
- J'ai plus mal que j'aurais pensé alors qu'on a commencé à marcher. Mais tu crois vraiment que c'est quoi ? de... de la fierté ? tu crois vraiment, là maintenant, que je suis en état de cacher ma douleur pour... je n'sais quelle raison ?
Tout en prononçant ces mots, je me rends compte que oui. C'est un peu le cas. Je n'ai pas arrêté Aelle de suite alors que je sentais cette douleur s'insinuer ardemment dans ma fesse droite parce que je n'avais pas envie de voir sa pitié, qu'elle me trouve pathétique, faible. Mais j'étais sûrement aussi un peu dans le... comment ils disent déjà les adultes ? Ah oui... dans le déni.
Mais encore une fois : hors de question d'admettre ça devant Aelle. Pourquoi ? Parce que là, j'ai mal et que je sais au fond de moi, ou en tout cas, j'en ai l'impression, qu'elle me trouvera pathétique si je lui avoue ça.

Alors, je redresse le menton et plante mon regard dans le sien :
- Si je suis un fardeau pour toi, alors c'est pas grave, vas y, continue sans moi.
Je sens ma gorge se serrer lorsque je prononce ces mots. Je ne veux pas qu'elle parte. je ne veux pas qu'elle me laisse seule. Mais je continue de parler, comme si de rien n'était, bien que ma voix est peut être quelque peu altérée :
- Je peux rentrer seule au terrier. A mon rythme. Et si ce qui t'inquiète tant c'est que j'aille cafter, commençais-je en montant un chouille le ton, ben t'as tort. C'est pas mon genre.

Sur ces mots, je reste là. A la regarder. Une grande partie de moi a qu'une envie : m'en aller, peut être claudiquant, mais je ne veux pas savoir qu'elle me regarde avec pitié. Si seulement elle pouvait me considérer.
Et puis, une petite partie de moi espère qu'elle va se rendre compte de ce que je ressens, qu'elle va se mettre à ma place l'espace d'une petite seconde. Qu'elle va accepter sans me juger de reprendre notre marche, à mon rythme. On est même pas obligées de parler. Ou alors, on parle d'autre chose.
Je veux rentrer au terrier, prendre une bonne douche et passer à autre chose. Et si j'ai encore mal dans ... quoi ? une heure ? ben j'irais à l'infirmerie pour demander de la pommade. Si j'avais vraiment quelque chose de casser, je le saurais. Et je pourrais même pas marcher.

Alors on fait quoi maintenant ? On part chacune de son côté ou ensemble ?

1365 - ouhlala ma plume s'est emballée :lol:

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