3 oct. 2025, 16:47
Leta de Ruby
Note : l'effet miroir : [texte] (reprise des mots utilisés dans le post de Ruby), est ici volontaire et a reçu l'accord son auteure. Un vrai pile ou face a réellement décidé du sort de ce rp. Belle lecture.

IH

[Je suis tétanisée parce que j'ai la sourde impression que chaque mot prononcé pourrait changer à tout jamais le cours des choses, et je ne suis pas prête à cela.] Alors que je bois ses paroles, mon esprit semble juste arrêter de fonctionner. [[...], je ne dis rien, assommée par ses paroles qui sonnent comme un aveu.] Est-elle en train de dire que nous ne serons qu'amies ? Je me tiens debout dans ce qui semble être un no man's land où les deux camps viennent de s'anéantir à coup de bombes sonores.
Mon âme vacille,

clic_pause


La scène parait irréelle : Leta et Ruby sont assises près de la fenêtre de la chambre de Leta. Elles se font face. La main de Ruby est en mouvement, figée, en direction de celle de Leta. Ruby semble abattue, tandis que Leta a les yeux éteints.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le narrateur que je suis, trouve cette scène pleine de mélancolie ; comme si, revenant quelques secondes plus tôt, avant ce fameux "Dis, encore désolée, mais...", nous aurions pu rester innocemment dans un moment magique et de jeu. Il a évidemment fallu que la langue de Leta dépasse de sa poche. Je ne lui en veut point mais comme je dois transcrire cette scène, autant le faire afin d'exposer tous les éléments nécessaires à sa compréhension.
De fait, la temporalité ayant été stoppé, l'on pouvait voir de nombreux éléments qui auraient échappé à un œil averti :
  • La main gauche de Leta était tendue, crispée autour de sa cuisse.
  • La main droite de Ruby est un peu rouge, elle s'est frotté les mains (non, pas de satisfaction voyons) pour évacuer son malaise.
  • Il faisait bon, pourtant des gouttes de sueur perlaient sur le front de Leta.
  • Les sourcils froncés de Ruby témoignent de son incapacité à gérer totalement la situation.
  • La canine gauche de Leta s'enfonce dans sa lèvre inférieure.
  • Alors que Leta est en train de fixer Ruby, le regard de cette dernière semble vraiment plus intéressé par le sol et ses multiples variations.
La liste est bien plus longue et en réalité, le plus intéressant se déroule non pas dans ce monde physique mais bel et bien dans la psyché de ces deux jeunes filles.

clic_play

flanche, ne semblant pas vouloir croire au surréalisme de la situation. Qu'ai-je fait ? Pourtant ma relation avec Ruby allait très bien, étais-je obligé d'ouvrir ma bouche et poser calmement mes quatre vérités ? Spoiler : non. Conclusion : je suis stupide.

Voilà donc à quoi ressemble cette fameuse friendzone, ce lieu froid ; où rien ne pousse à part l'amertume et les regrets dont je m'apprête à faire un bouquet. Qui aurait cru que moi, Leta Morphée Blackbirds, puisse un jour tomber si bas.

Je cherche du réconfort dans les yeux de celle qui vient de me transpercer le cœur et n'y trouve rien qu'une fuite. Elle fuit quoi ? Moi ? Elle-même ? Je ne crois pas une seule seconde à cette improbabilité : Ruby ne fuirait pas ses propres sentiments n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? Je ne sais ni quoi faire, ni que dire. Sa main qui tente de ma rassurer me semble être un moyen de recréer un contact, mais pourquoi ? Ne vient-elle pas à l'instant de dire "J'ai toujours été très proche de mes amies" ? Pourquoi fallait-il qu'au dessus de ma complexité, elle rajoute la sienne ? Suis-je vraiment en train de rejeter la faute sur elle ? C'est inconcevable ahah, c'est moi qui ai flanché la première. Merde alors, j'en peux plus de cette situation. Je n'ai pas le choix, je dois réagir. Mais comment ? Bon et puis zut, j'en ai marre de réfléchir, de me poser des questions, évidemment sans réponse. Je vais faire un pile ou face ça sera plus simple. Je la veux. Je veux que Ruby tienne ma main, non pas pour me rassurer mais pour me montrer que oui, son cœur aussi palpite lorsqu'elle me voit. Sa réponse était-elle claire ? Je n'en ai aucune idée, je m'en fiche, moi je vais éclaircir les choses. Ou plutôt le destin le fera à ma place, je n'en ai pas la force.

[pile] - Je lui pose clairement la question qui brûle mes lèvres : "J'ai des sentiments pour toi. Être amies, oui, mais je veux qu'on soit plus que des meilleures amies. Parce que moi j'ai jamais ressenti ça pour une amie. Est-ce que c'est quelque chose que tu ressens et que tu aurais envie aussi ?"
[face] - Elle qui semble si loin des contacts physiques, je lui offre un câlin (de réconfort ?).
[face] - Je l'embrasse sur la joue.
[face] - Je l'embrasse ? Non évidemment. Elle n'a jamais donné le moindre signe d'intérêt, c'est une barrière que je ne peux pas franchir. En fait mon pile est vraiment bien, pourquoi donc m'embêterai-je à choisir une autre option.
[face] - Et si je la laissais trouver l'alternative ? Sadique mais tellement efficace. Je vais lui donner un pile ou face à elle aussi. Toujours aussi stupide. C'est à moi de nous sortir de cette situation, la pauvre Ruby n'a rien demandé.
[face] - Et si, justement, elle ne voulait vraiment pas de moi ? Dois-je abandonner ? Lui dire "Si c'est vraiment ce que tu veux…"

Je réfléchis. Oui je vais faire ça.

Je me lève, repose la main de Ruby sur ses jambes, et vais chercher dans mon bureau une pièce. Evidemment, un pile ou face ne se fera que comme ça. Ruby doit vraiment se demander ce que je fous, tant pis, elle s'en rendra sûrement compte.

La pièce tournoie dans les airs. Le temps semble s'alléger et inexorablement s'écouler pour atteindre cet instant où la petite pièce touche enfin le sol. Elle rebondit, roule, tergiverse, et enfin, dans le plus grand des suspenses, tombe sur le côté face. Je vois donc le pile. Quel était-ce déjà ? Je rougis (encore).

[Tant pis s'il me reste une infinité de possibilités, et tant pis si je dois user jusqu'à la toute dernière de mes questions ; très chère [...], je finirai bien par t'arracher les mots que tu as enfouis en secret au plus profond de toi.] Je vais donc le faire, poser clairement la question qui brûle mes lèvres.

Ruby, je ne sais pas si j'ai été claire, je suis désolée. Je veux pas avoir de non-dits entre nous alors voilà, laisse moi être franche : j'ai des sentiments pour toi. Je prends une grande inspiration. Pourquoi la pièce a-t-elle décidé de tomber sur pile ? Le destin est donc très joueur, à croire que ce pile a été choisi par une puissance divine. Être amies, oui, mais je veux qu'on soit plus que des meilleures amies. Parce que moi j'ai jamais ressenti ça pour une amie. Est-ce que c'est quelque chose que tu ressens et que tu aurais envie aussi ?

C''était de la honte que je ressentais précédemment. Maintenant je suis soulagée. Le poids sur mes épaules semble plus supportable et la poigne dans ma poitrine s'est quelque peu desserrée.
clic_record


Leta a de nouveau porté son regard sur Ruby. Il dit tout. Son espoir, son amour, sa détresse, sa peur, sa joie, son admiration. Trop de choses qui n'ont même plus besoin d'être énumérées ici-bas. Passons au prochain plan.
[Très bien, s'il me faut jouer encore un peu plus longtemps, alors je joue, je continue la partie.] La continueras-tu à mes côtés ?

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

5 oct. 2025, 00:40
Leta de Ruby
24 août 2048

I'm a loser, baby ♫

•••

Ai-je dit quelque chose de mal ?

La chape de plomb qui pèse sur ma poitrine ne veut pas partir. J'aimerais revenir quelques instants en arrière mais même si je le pouvais, je ne saurais pas quoi changer ; je ne ferais que revivre ces secondes de torture qui m'ont semblé des siècles. Je ne parviens pas à démêler ce que je voulais lui dire de ce que je lui ai vraiment dit de ce qu'elle a compris. Je ne sais plus rien. Je ne réponds plus. C'est le noir total. Leta, qu'as-tu donc fait de moi ?

Mon propre comportement m'échappe complètement. Mon cœur enregistre tout ce qu'elle me dit et mon cerveau fait tout ce qu'il peut pour ne pas s'en soucier. Bien sûr que non, je n'ai pas envie de voir ce sentiment qu'elle m'agite sous le nez. Voilà mon problème : je fais comme si tout cela ne m'atteignait pas et je risque fort de m'y brûler les ailes.
Tu dois bien ressentir la même chose non ? Quand tu as prononcé ces mots Leta, j'ai cessé de faire battre mon cœur. C'est là que tu aurais dû t'arrêter, ou même avant ; tu convoques des forces qui nous dépassent, des forces bien trop puissantes pour nous deux, tu ne sais même pas dans quoi tu t'embarques et je suis trop ignorante pour savoir comment te suivre.
À chaque fois que je te vois... À ce moment là, tout allait déjà trop vite, moi je pensais « Arrête Leta, je t'en supplie arrête, je ne sais pas ce que je suis censée te dire, ce que je devrais te dire, alors je te dirai autre chose et alors tu me détesteras. » Est-ce ce qui s'est passé ? Est-il trop tard ? Si je croise ton regard je pourrai voir qu'il a changé, je ne sais pas bien ce que j'ai fait mourir en toi mais je suis désolée, je ne voulais pas. Je ne pensais pas que mes paroles innocentes avaient elles aussi le pouvoir de tout faire basculer. Je suis prise à mon propre piège. J'ai seulement voulu être sincère sans me mettre à nu mais j'ai failli à ma mission ; tout ce qui est sorti de ma bouche a sonné faux, mais moi je ne m'en rends pas compte et toi tu l'as pris pour parole d'évangile.

Leta ne dit rien, je suis pétrifiée dans l'attente d'un signe de vie de sa part. La suite s'enchaîne pourtant bien rapidement : elle sépare avec douceur nos mains que j'avais entrelacées, et la voilà partie vers son bureau. Mon cœur loupe un battement, surpris par cette séparation soudaine et ce silence, ce silence de mort qui plane sur nos têtes comme si le fait d'avoir trop parlé nous condamnait désormais à ne plus dire un mot. C'est finalement une pièce de monnaie qu'elle sort de son tiroir. Je hausse les sourcils, déstabilisée, alors que je laisse le fer rouillé voltiger sous nos yeux.

Que s'apprête-t-elle à faire ?

[face]

Son silence est de plus en plus inquiétant. Mon cerveau, en pause jusque là, se ranime lorsqu'elle se met en mouvement, lorsqu'il comprend qu'elle s'approche, s'approche, jusqu'à m'entourer de ses bras et me serrer dans une étreinte que je ne m'explique pas. Hein, à quoi cela nous avance-t-il, Leta ? De l'incompréhension, je passe à l'agacement : tu m'as presque percée à jour, tu en as profité pour tout chambouler en moi et, si près du but, tu bats désormais en retraite. Mais au moins, nous n'avons plus besoin d'échanger des mots trop compliqués pour parler du futur qui nous attend. Le sujet est évité et je vais me persuader que tout ceci, le cœur compressé, la petite souris, tout ceci n'était qu'un drôle de songe dans lequel tu tenais sûrement l'un de tes plus mauvais rôles.

[face]

Ses lèvres quittent ma joue tandis que je retiens ma respiration, paralysée. Elle insiste, alors. Elle ne me croit pas ; j'ai eu beau lui dire que tout ceci ne mènerait à rien, j'ai eu beau m'en convaincre splendidement au passage, je ne l'ai pas persuadée elle. Je peux sentir qu'elle veut plus, sinon elle n'aurait jamais fait un pas de plus, un mouvement de plus, ce baiser de trop (oh vraiment ?), et toutes ces additions me donnent le vertige. Lorsqu'elle recule, elle peut voir dans mes yeux toute la confusion qui me traverse ; ce besoin de crier Recommence ! et cette envie impérieuse de disparaître parce que je ne suis pas censée avoir aimé cette caresse si furtive mais tant désirée. Je crois que j'ai besoin de lui tenir les mains de nouveau. C'est le seul contact que je m'autorise.

[face]

« Si c'est vraiment ce que tu veux… »

La pièce, et puis maintenant ça. J'ai du mal à la comprendre, surtout que je fonctionne déjà au ralenti. Ses paroles me libèrent un peu de cet étrange poids que je traîne et je prends une lente inspiration. C'est presque terminé.
Je me relève, m'approche doucement et persiste à glisser ses deux mains dans les miennes.

« Je tiens à toi tu sais Leta. Je t'aime... vraiment beaucoup. »


•••

Que s'apprête-t-elle à faire ?

[pile]

Lorsque sa voix résonne enfin, je retrouve la familiarité de son timbre, celui qui d'ordinaire me rassérène tant ; ses inflexions me ramènent à la vie et dégèlent toute la glace qui me remplissait lentement de l'intérieur. Mais mes entrailles se tordent de nouveau bien trop fort quand je l'entends m'avertir et me préparer à ce qu'elle va dire. Peut-on faire plus redoutable que ce qu'elle m'a déjà avoué ? Et les devinettes (le gage !), comme elles me semblent loin. À des années-lumière de la fatidique discussion dans laquelle nous sommes empêtrées.

Oui, elle va le dire, c'est inéluctable. Elle me l'annonce candidement, elle fait simple et franc : elle veut plus. L'entendre ainsi clamé de but en blanc me coupe le peu de souffle qu'il me restait. Elle se déclare sans détour, comme si cela lui était facile — plus facile certainement que de le garder pour elle. Face à elle, il y a moi, pour qui rien n'est plus difficile que de parler à cet instant. J'avale ma salive une fois, deux fois. Je ne savais pas qu'un cœur pouvait battre aussi vite, surtout pas le mien. Elle m'a posé une question, ça me revient, c'est vrai, c'est vrai, je dois lui répliquer quelque chose ; je ne peux pas juste m'enfuir très loin sous prétexte que je n'ai pas la réponse, parce que je ne sais pas ce que je ressens, je ne sais pas ce dont j'ai envie, je ne sais pas du tout, je ne sais pas. J'ai tout oublié.

« Je ne sais pas, je réponds enfin d'une voix tremblante que je ne reconnais absolument pas. Je ne sais pas, je... Donne-moi du temps, c'est tout, je ne sais pas là mais je... Je veux juste du temps. S'il t.. »

Je ne finis pas ma phrase. Ma voix me lâche, détraquée comme tout le reste de mon être, les cordes vocales enserrées par une gorge trop nouée. Je suis à bout de forces, le cœur au bord des lèvres à l'idée que mes mots si incertains puissent me causer sa perte. Je fais un dernier pas qui avale la distance qui nous sépare et puis je m'effondre en silence, la tête sur son épaule, les bras passés autour de son cou, des pleurs enfouis au creux de sa chevelure.

belle, romantique, rouge (Paige 2026)

5 oct. 2025, 12:42
Leta de Ruby
Je veux juste du temps.


Alors tu en auras.

Musique pour les cœurs meurtris

Elle en aura.
Elle aura du temps. Du temps.
Du temps ?

Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Qu'est-ce que je fais de ça moi ? Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas moi non plus.

Je me vois comme de loin. Très loin. Est-ce moi ? Je suis sur un balcon. Elle est en face de moi. Elle veut avoir une semaine, du temps. Elle veut mais ne sait pas. Ne sait pas quoi faire de tout ce que je dis, tout ce que je raconte, tout ce que je ressens. A quoi sert le temps ? Qu'est-ce que vient faire le temps dans tout ça ? Quelle était la bonne direction ? La bonne action ?

Légèreté


Il faut apprendre à s'écouter.
Soi.
Moi ?
Je me suis entendu.
Mais l'ai-je écouté ?

Pas encore


Alors je tends l'oreille.

Son souffle entrecoupé résonne contre ma poitrine.
Je sens une goutte couler dans mon dos. Je ne sue pas. Je ne pleure pas. Alors c'est elle. Elle pleure dans mon cou.


J'accuse le coup. Qui suis-je pour lui imposer tout ça. Qui suis-je pour lui infliger cette tristesse qui la parcourt ?

Mes bras pendent le long de mon corps. Je me dis que je vais l'écouter entièrement. L'alléger de ce poids qui l'accable.

Mon bras gauche vient se loger dans le creux de son cou.
Et j'enfouis mon nez dans ses cheveux (en réalisant l'instant d'après que c'est sûrement très étrange d'être surprise à renifler les cheveux de Ruby).
Mon bras droit se pose doucement dans son dos.

Je ne veux lui proposer que douceur. Elle veut du temps.

Je lui donne l'inverse.
Je le suspends. Ce temps.



Il n'a qu'à plus exister. Je n'en ai de toute façon plus besoin. Je ne fais que profiter, suspendue ici-bas dans les bras de celle qui me fait palpiter. Quel égoïsme.

Je m'en fous. Je pense à moi.

Et je tends l'oreille. Pour t'entendre respirer. Pour le caler avec le mien. Que nos poitrines se soulèvent à l'unisson. Niaiseries

Qu'attends-je ?

Toi.
Le temps.
Qu'est-ce que vient faire le temps dans tout ça ?
? direction bonne la était Quelle


Peut-être n'y avait-il juste pas de direction. Pas de route. Qu'il faut pour une fois sortir des sentiers battus, ou au contraire, il n'y en a jamais eu pour nous. Et le temps nous laissera le temps de marcher et marcher et marcher et marcher pour tracer et retracer ce putain de chemin. Qui nous dira enfin où l'on va.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

8 oct. 2025, 00:30
Leta de Ruby
24 août 2048
•••

Je perds toute notion du temps et je trouve refuge dans ses bras pendant une, deux, cinq, dix minutes, peut-être plus. Elle place ses bras là où mon corps est fait pour les accueillir, comme s'il les attendait depuis une éternité. Sûrement n'ai-je pas enlacé quiconque de cette manière depuis une éternité, à vrai dire. Rien ne compte davantage que ses bras pour me maintenir intacte et m'empêcher de tomber là en mille morceaux. Je sens la dislocation me guetter, je sens toutes mes fêlures prêtes à se fracturer plus grand si elle ne me serre pas plus fort. Mais elle répond à mon étreinte et mon cœur se calme. Le rythme saccadé de ma poitrine secouée par mes sanglots s'apaise peu à peu. De complètement fou, il devient plus paisible. Le bruit sifflant de ma respiration se tait progressivement. Les larmes cessent de rouler sur mes joues et de dégringoler sur sa peau. Tout s'efface, sauf elle, tout contre moi.

Est-ce sa façon de me dire oui ? De m'accorder ce temps que je lui réclame, de céder à ma cruelle requête qui n'accepte ni ne rejette ses avances ?

Large sujet que ma cruauté. En vérité, je ne pense pas à l'implacabilité dont je fais preuve ; je suis seulement soulagée qu'elle accepte mes conditions sans broncher. Une part de moi est encore fébrile : et si elle choisissait de me délaisser, dans un mois, une semaine, demain peut-être, parce que cet arrangement tacite scellé en une étreinte ne lui convient tout simplement plus ? Je suis prête à suffoquer de nouveau, mais son contact m'empêche de retomber dans mes travers et mes crises de confiance. Tout pourrait disparaître, sauf moi, tout contre elle.

Je ne sais pas combien de temps nous restons là, frêles face au monde qui vient de s'ouvrir tout entier devant nous. Je sais seulement que je me sens bien au creux de ses bras et pour l'instant, c'est suffisant.

La fin n'est qu'un début.

belle, romantique, rouge (Paige 2026)

10 oct. 2025, 11:34
Leta de Ruby
INT. CHAMBRE DE LETA - JOUR

Lumière douce de fin d'après-midi. La chambre est bien rangée. Une fenêtre est ouverte, laissant entrer une brise légère et le son lointain d'une petite fontaine.

PLAN PLONGEANT

LETA (16 ans) et RUBY (15 ans) sont au centre de la pièce. Enlacées. Les doigts de Ruby sont légèrement crispés dans le tissu de la robe de Leta. Leta, les yeux fermés, le visage caché dans le cou de son amie.

Avec une lenteur infinie, elles se séparent.

PLAN RAPPROCHÉ sur leurs visages.

Leurs regards se croisent. Un éclair. Intense. Fuyant. Leta baisse immédiatement les yeux vers ses pieds, sur le parquet. Ruby se mordille la lèvre et triture nerveusement ses doigts.

Un silence épais s'installe, seulement meublé par les bruits de l'été au-dehors. Aucun mot ne peut sortir.

EILEEN (H.C.)

- C'est l'heure !

La voix, claire et enjouée, tranche l'air et brise le sortilège. Leta sursaute, comme tirée d'un rêve. Ruby fait un pas en arrière, créant une distance physique définitive.

INT. ESCALIER / ENTRÉE - CONTINU

La caméra en PLAN SÉQUENCE les suit de dos.

Leta dévale les escaliers sans un regard en arrière, une fuite pour échapper à la gêne. Ruby la suit à quelques pas, comme une ombre hésitante.

Dans l'entrée, LOUKA (40 ans, mère de Leta), sirote un café, souriante. EILEEN (40 ans, mère de Ruby), est déjà sur le seuil, sac à main sur l'épaule. L'ambiance est à la normalité la plus totale.

Louka ouvre la porte en grand. Le soleil de fin de journée inonde le vestibule. Les adieux sont pour les mères : une accolade amicale.

Ruby lance un dernier regard à Leta. Un minuscule signe de la main, presque une excuse. Leta hoche à peine la tête, incapable de soutenir son regard.

Ruby et Eileen sortent. La porte se referme. Le CLIC lourd de la serrure résonne dans la maison soudainement silencieuse.

Louka se tourne vers sa fille. Son sourire s'estompe, remplacé par un pli de curiosité et d'inquiétude maternelle. Elle voit bien que quelque chose cloche.

LOUKA

- Ça a été ?

Leta lève les yeux. Elle force un sourire qui ne trompe personne.

LETA

- Oui. Super.

Louka hésite, sentant qu'il ne faut pas insister. Elle lui caresse la joue.

LOUKA

- D'accord, ma chérie.

Elle retourne au salon.

Leta reste seule dans l'entrée. Figée. La lumière dessine un long rectangle sur le sol devant elle. On n'entend plus que le tic-tac d'une horloge dans le salon.

Puis, une inspiration tremblante. Elle pivote et fuit à l'étage. Le plancher grince sous la pression de ses pas.

INT. CHAMBRE DE LETA - CONTINU

Un CLAQUEMENT sec quand Leta referme la porte de sa chambre. Elle s'appuie contre le bois, le souffle court.

Elle traverse la pièce, s'effondre sur son lit. Son corps est lourd, sans énergie. Elle se roule sur le ventre, attrape son oreiller et le presse violemment contre son visage.

Pour étouffer le premier cri qui s'échappe de sa gorge.

Un flot de larmes silencieuses s'en suit, puis des spasmes qui secouent son corps tout entier.

FONDU AU NOIR.

Post et actions validées par l'auteure de Ruby.
Assisté par IA uniquement pour le vocabulaire et structures spécifiques du cinéma.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.