On tourne et on abaisse
La jeune fille posait un regard attentif sur son aîné, réalisant que toutes ses histoires étaient bien plus complexes qu'elle ne l'avait cru. Elle avait bien du mal à croire que, derrière le sourire nonchalant du jeune homme, se cachait des épreuves. Aussi dures que ça, en plus. Peut-être qu'elle allait devoir faire des efforts pour voir au delà des apparences, elle qui se fait souvent aux premières impressions qu'elle avait. Si son instinct était juste, la plupart du temps, ça ne l'empêchait pas de faire des erreurs. Accorder sa confiance à la mauvaise personne. Être désagréable avec quelqu'un de gentil. Une image de son frère apparut dans son cerveau à cette pensée, qu'elle chassa le plus vite possible. Lui avoir fait confiance avait été une erreur, sans aucun doute.
- Je vois, se contenta-t-elle de répondre.
Elle n'était pas forte pour rassurer les autres, encore moins quand elle ne les connaissait pas. Et puis, elle n'était pas bien sûre que ce soit ce que le brun voulait. Il semblait plutôt en paix avec ça, à en parler avec autant de facilité. Et puis, qui voudrait qu'une gamine de 12 ans le rassure ? Probablement pas un sorcier qui avait quatre ans de plus qu'elle. C'était assez impressionnant, la facilité avec laquelle il avait raconté son histoire. Comme si ça ne comptait pas. Comme s'il était parvenu à passer au dessus de tout ça. Enola ne pouvait pas en dire de même pour elle, mais espérait un jour en être capable. Ça avait l'air sympa.
La conversation sur la famille de brun ne semblait pas prête d'être terminée, le sujet de sa mère sur le tapis. Ou plutôt de la raison pourquoi elle détestait la magie. Enola avait bien du mal à s'imaginer comment son aîné avait pu tenir si sa propre mère ne voulait pas d'un sorcier sous son toit. Ça avait dû être tellement dur... Surtout si le secret magique n'avait rien arrangé. La brunette ne voulait pas prendre de partie, mais elle ne pouvait s'empêcher de comprendre la mère du garçon. Pas sa réaction, évidemment, mais sa manière de penser. Les sorciers avaient leur part de responsabilité dans ce qui s'était passé, tout comme les moldus. Rien n'était ni tout blanc ni tout noir dans les deux camps, ce qui l'avait forcément mise dans une position difficile. Ce qui n'excusait tout de même pas son comportement, de ce qu'elle savait.
- J'imagine, fit-elle plus pour elle-même que pour le garçon, à moitié plongée dans ses pensées, comme souvent, avant de se reconcentrer pour lâcher, sans mâcher ses mots: Mais bon, c'est pas de ta faute non plus hein ! T'y étais pour rien, dans toute cette histoire.
La brune lâcha échapper un petit rire devant la comparaison de son aîné, plus pour détendre l'atmosphère que pour autre chose. Ça ne la mettait pas vraiment à l'aise, ce genre de conversation. Le Serpentard quant à lui semblait parfaitement dans son élément, prêt à en parler pendant des heures. L'âge, sans doute. Quoique... Enola doutait d'être aussi ouverte à son âge. Il devait avoir quoi... 15 ans ? Peut-être 16 ? Ça paraissait loin mais en même temps si proche à la Poufsouffle.
La fillette avait bien du mal à ingurgiter les paroles du garçon, même si elle savait qu'il avait raison. C'était bête d'éloigner tout le monde, par peur de souffrir. Mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé de se protéger. De ne pas souffrir. De ne pas sentir son petit coeur se briser en elle. Elle ne sait pas vraiment comment, ni quand, mais entre les quelques mois qui avaient suivis le départ de son père et le moment où elle avait reçu sa lettre pour Poudlard, une barrière s'était érigée en elle. Une barrière devenue encore plus grande maintenant que son frère ne lui parlait plus. C'était la dernière personne qu'elle aurait pensé qui puisse la faire souffrir, et pourtant il l'avait fait. Plus que quiconque avant lui. Même plus que son père. À présent, la brune n'était plus sûre de rien.
- J'aime bien la comparaison, déclara-t-elle d'une voix timide, tout à coup. Mais... T'as raison.
Si le garçon était capable de le croire, alors elle aussi ! Celui-ci refermait d'ailleurs sa prise sur sa main, la prenant en coupe. Enola ne réagit pas, ne bougeant pas d'un millimètre. Il était bien tactile, pour quelqu'un qui ne la connaissait pas seulement quelques minutes auparavant. Si la brune n'était pas super à l'aise avec ce contact, il n'en était pas moins réconfortant. Son aîné voulait se montrer rassurant, c'était évident.
Décidément, le Serpentard était adept des comparaisons. Même si ça adoucissait ce qu'il disait, la fillette n'était pas dupe. Ça avait dû être atrocement dur pour lui de se séparer de sa mère. Il était sans doute bien plus heureux à présent, mais ça restait sa famille. Celle qui l'avait élevé. Qui l'avais mis au monde. La brune, elle, se contenta de hocher de la tête avant de répéter:
- T'as raison
Des dizaines de pensées voletaient dans son esprit et pourtant, c'était la seule phrase qu'elle avait réussi à prononcer. Les autres étaient trop durs. Comment avouer qu'elle aurait voulu pouvoir en penser de même ? Que, même du haut de ses douze ans, elle se sentait incapable de se rouvrir un jour. Elle n'était qu'une gamine et pourtant, elle avait l'impression d'avoir déjà quarante ans. Comment était-ce même possible ?
Elle adressa ensuite un petit sourire à son aîné, comme pour illustrer son accord. Elle ne voulait pas paraître froide, pour une fois.
- Je vois, se contenta-t-elle de répondre.
Elle n'était pas forte pour rassurer les autres, encore moins quand elle ne les connaissait pas. Et puis, elle n'était pas bien sûre que ce soit ce que le brun voulait. Il semblait plutôt en paix avec ça, à en parler avec autant de facilité. Et puis, qui voudrait qu'une gamine de 12 ans le rassure ? Probablement pas un sorcier qui avait quatre ans de plus qu'elle. C'était assez impressionnant, la facilité avec laquelle il avait raconté son histoire. Comme si ça ne comptait pas. Comme s'il était parvenu à passer au dessus de tout ça. Enola ne pouvait pas en dire de même pour elle, mais espérait un jour en être capable. Ça avait l'air sympa.
La conversation sur la famille de brun ne semblait pas prête d'être terminée, le sujet de sa mère sur le tapis. Ou plutôt de la raison pourquoi elle détestait la magie. Enola avait bien du mal à s'imaginer comment son aîné avait pu tenir si sa propre mère ne voulait pas d'un sorcier sous son toit. Ça avait dû être tellement dur... Surtout si le secret magique n'avait rien arrangé. La brunette ne voulait pas prendre de partie, mais elle ne pouvait s'empêcher de comprendre la mère du garçon. Pas sa réaction, évidemment, mais sa manière de penser. Les sorciers avaient leur part de responsabilité dans ce qui s'était passé, tout comme les moldus. Rien n'était ni tout blanc ni tout noir dans les deux camps, ce qui l'avait forcément mise dans une position difficile. Ce qui n'excusait tout de même pas son comportement, de ce qu'elle savait.
- J'imagine, fit-elle plus pour elle-même que pour le garçon, à moitié plongée dans ses pensées, comme souvent, avant de se reconcentrer pour lâcher, sans mâcher ses mots: Mais bon, c'est pas de ta faute non plus hein ! T'y étais pour rien, dans toute cette histoire.
La brune lâcha échapper un petit rire devant la comparaison de son aîné, plus pour détendre l'atmosphère que pour autre chose. Ça ne la mettait pas vraiment à l'aise, ce genre de conversation. Le Serpentard quant à lui semblait parfaitement dans son élément, prêt à en parler pendant des heures. L'âge, sans doute. Quoique... Enola doutait d'être aussi ouverte à son âge. Il devait avoir quoi... 15 ans ? Peut-être 16 ? Ça paraissait loin mais en même temps si proche à la Poufsouffle.
La fillette avait bien du mal à ingurgiter les paroles du garçon, même si elle savait qu'il avait raison. C'était bête d'éloigner tout le monde, par peur de souffrir. Mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé de se protéger. De ne pas souffrir. De ne pas sentir son petit coeur se briser en elle. Elle ne sait pas vraiment comment, ni quand, mais entre les quelques mois qui avaient suivis le départ de son père et le moment où elle avait reçu sa lettre pour Poudlard, une barrière s'était érigée en elle. Une barrière devenue encore plus grande maintenant que son frère ne lui parlait plus. C'était la dernière personne qu'elle aurait pensé qui puisse la faire souffrir, et pourtant il l'avait fait. Plus que quiconque avant lui. Même plus que son père. À présent, la brune n'était plus sûre de rien.
- J'aime bien la comparaison, déclara-t-elle d'une voix timide, tout à coup. Mais... T'as raison.
Si le garçon était capable de le croire, alors elle aussi ! Celui-ci refermait d'ailleurs sa prise sur sa main, la prenant en coupe. Enola ne réagit pas, ne bougeant pas d'un millimètre. Il était bien tactile, pour quelqu'un qui ne la connaissait pas seulement quelques minutes auparavant. Si la brune n'était pas super à l'aise avec ce contact, il n'en était pas moins réconfortant. Son aîné voulait se montrer rassurant, c'était évident.
Décidément, le Serpentard était adept des comparaisons. Même si ça adoucissait ce qu'il disait, la fillette n'était pas dupe. Ça avait dû être atrocement dur pour lui de se séparer de sa mère. Il était sans doute bien plus heureux à présent, mais ça restait sa famille. Celle qui l'avait élevé. Qui l'avais mis au monde. La brune, elle, se contenta de hocher de la tête avant de répéter:
- T'as raison
Des dizaines de pensées voletaient dans son esprit et pourtant, c'était la seule phrase qu'elle avait réussi à prononcer. Les autres étaient trop durs. Comment avouer qu'elle aurait voulu pouvoir en penser de même ? Que, même du haut de ses douze ans, elle se sentait incapable de se rouvrir un jour. Elle n'était qu'une gamine et pourtant, elle avait l'impression d'avoir déjà quarante ans. Comment était-ce même possible ?
Elle adressa ensuite un petit sourire à son aîné, comme pour illustrer son accord. Elle ne voulait pas paraître froide, pour une fois.