Inktober Le tour du monde en 31 jours

25/09/2049 - Inexploré

Le froid des cachots ne me laisse pas indifférente. Il glisse sur mon corps comme une plume, me fait profondément frissonner et repasse comme si de rien n'était, laissant derrière lui une vague de fraîcheur aussi vivifiante que pétrifiante. D'un mouvement sec, je remets en place mon pull, frottant mes bras l'un contre l'autre pour tenter vainement de me réchauffer. Face à la sombre entrée des souterrains, je n'ose bouger d'un pouce et me contente de la fixer, tentant d'en percer la noirceur rien qu'avec mon regard.

Je n'ai pas peur. Je n'ai jamais eu peur du noir. Ce qui me dérange, en réalité, c'est d'être seule. La solitude dans cette partie-là du Château se fait particulièrement ressentir. Et, je ne sais pas pourquoi, elle me dérange. Comme si tout le poids de mon isolement était rassemblé dans cet endroit abandonné, miteux et repoussant.

Peut-être que pour une première exploration, je n'aurais pas dû venir seule. J'aurais dû demander à Ander de m'accompagner, quitte à lui forcer un peu la main. La vérité est que je ne voulais pas qu'il vienne avec moi. Je voulais être seule avec moi-même, justement. Mais face à l'hostilité du lieu, je commence à regretter mon choix et à me dire que c'était une mauvaise idée. Ma curiosité, bien que puissante, ne l'est pas assez pour un endroit comme celui-ci. Ne l'est pas assez aujourd'hui, en tout cas. Mais peut-être le sera-t-elle demain, ou un autre jour plus ou moins lointain.

Résignée, je tourne vivement sur mes talons pour faire face à la lumière dégagée par l'escalier. Soulagée de laisser derrière moi ce monde de misère et d'inquiétude, il s'en faut de peu pour que je ne coure vers lui et en gravisse les marches deux à deux.

Ces souterrains resteront inexplorés encore un bon bout de temps.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

Inktober Le tour du monde en 31 jours
30/08/2049
Rhinocéros


Elena ferma sa valise avec un ouf de soulagement. Ça: c'était fait. Le lendemain, ce serait le départ pour Londres. La serpentarde avait hate de partir. Elle adorait être à Edimbourg, mais... Le monde moldu était si différent du monde sorcier! De son monde ! Ou plutôt, d'un de ses mondes. Lola et Nalie entrèrent sans frapper, à la plus grande fureur de l'écossaise. Cela faisait une bonne cinquantaine de fois qu'elle leur soulignait qu'elle devaient demander avant d'entrer. Mais il n'y avait rien à faire, sous prétexte que la chambre jaune avait auparavant été celle de Nalie, elles n'imprimaient pas. D'habitude, Elena leur précisait fermement qu'elles devaient ressortir, mais pas ce soir. Peut être était ce à cause du léger frisson de nostalgie causé par la fin des vacances. Ou la fatigue par avance du long voyage en train qui s'annonçait jusqu'à Londres. Ou la perspective de devoir attraper Captaine pour le mettre dans sa cage de transport. Ou un mélange de tout cela. Toujours est il qu'Elena entra dans une fureur noire:

-Mais vous êtes débile ou quoi ? Je vous ai déjà dit de FRAPPER avant d'entrer ! DE FRAPPER ! C'est pas si difficile à imprimer quand même ! Ou alors vous avez vraiment un petit pois sauteur dans le crâne !

En voyant ses soeurs se recroqueviller sur elles mêmes, Elena comprit qu'elle était allée trop loin. Mais s'excuser était hors de question pour autant. Laissant les petites seules dans la pièce, elle sortit en claquant la porte. Merde à la fin ! La serpentarde était comme ça. Elle fonçait dans le tas pour arriver à ses fins, sans se préoccuper des conséquences. Conséquence qui arriva d'ailleurs très vite en la personne de son père, qu'elle entendait se diriger vers sa chambre. Bouse. Tout ça allait encore lui retomber dessus.

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26/09/2049 - Camp

Assise par terre dans le parc, je fais face au Château. Ses tours se perdent dans le ciel, traversent les nuages inhabituellement bas et disparaissent dans leur blanc cotonneux. Les mains dans l'herbe, je les laisse glisser le long des brins et en savoure la douceur. Pour une journée de fin septembre, il fait plutôt chaud – malgré l'absence de soleil. Je cligne des yeux, les sourcils froncés, aveuglée à force de rester la tête en l'air à fixer le ciel. Malgré leur abondance, les nuages sont aussi clair que de la neige en plein jour et je suis obligée de détourner le regard.
C'est là que je remarque quelqu'un à quelques mètres de moi.

Je me redresse, détaillant la personne. Je reconnais facilement une fille de ma promotion, avec qui je partage quelques cours. Pas assez, cependant, pour être proche d'elle et lui faire la conversation. Mais quelque chose au fond de moi me pousse à aller vers elle, un élan de sociabilité me force à me lever pour me rapprocher d'elle avec lenteur pour ne pas la surprendre. C'est nouveau pour moi d'aller à la rencontre d'inconnus aussi spontanément. C'est étrange et désagréable, et je ne suis pas sûre d'aimer cette sensation. Mais maintenant que je suis plongée en plein dedans, je dois aller jusqu'au bout pour remonter à la surface.

Je m'arrête à quelques pas d'elle, cherchant bêtement un sujet de conversation. De ce que je sais (même si je ne sais pas grand chose), nous n'avons rien en commun, ou alors je n'en ai pas connaissance. Je m'enfonce dans ma mémoire pour essayer de trouver quelque chose à dire, cette envie de l'aborder et de lui parler se faisant de plus en plus présente et puissante.

« Tu étais au camp pédagogique, non ? » lâché-brusquement sans même penser à dire bonjour.

Cela me revient, désormais. Je me rappelle l'avoir vue lors des repas, des ateliers et des activités proposées. Je n'avais jusque là jamais fait attention à elle. Elle était comme un fantôme, quoique les fantômes aient pour moi plus d'importance que les gens au sein du Château – et leur mystérieuse disparition crée un étrange vide et sentiment de solitude.
Aujourd'hui, cependant, je la vois d'un œil différent. Un œil nouveau, peut-être un peu méfiant. Un œil qui ne cherche qu'à s'occuper le temps d'un instant.

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27/09/2049
Rouillé


Les cours de potion ennuyaient Elena. C'était une matière qu'elle avait pris en aversion en première année, et rien n'avaient changé depuis. Les résultats suivaient. Cette année, la serpentarde s'était jurée de faire des efforts. Sous la menace parentale, d'accord, mais tout de même ! La petite avait donc entreprit de relire ses cours des années précédentes, faisant ressortir des tréfonds de sa mémoire des souvenirs rouillés de recettes apprises jusqu'à l'écœurement. L'exercice d'apprendre par coeur avait, selon le ressenti de l'écossaise, disparu de ses habitudes pendant l'été, et se réhabituer à l'exercer la fatiguant d'avance songeait la jeune fille en sortant de ce cours de
Potions.

Elena passa devant la Poufsouffle qui l'avait interpellé la veille alors qu'elle était dans le Parc. Ashley. Ou Ash. Ou Asher. Non, elle était presque persuadée que c'était Ashley. Elle lui adressa un signe de tête appuyé, et poursuivi son chemin. Elle avait discuté avec elle la veille, mais est ce que c'était pour autant une raison de l'aborder tout les jours ? Bien sur que non. Même si elle avait apprécié leur breve conversation de la veille.

Elena avait faim. Cet épisode s'effaça presque aussitôt de sa mémoire, et la serpentarde se dirigea vers la grande salle, son déjeuner déjà en tête. Les potions attendaient, et ne valaient pas la peine qu'elle leur accorde une pensée de plus pour le moment. Cette matière gâchent déjà suffisamment ses week-ends.

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Inktober Le tour du monde en 31 jours
29/09/2049 - Expédition

Tout juste sortie de ma douche après le club de duel, je file dans le parc pour savourer les derniers rayons de soleil. Les beaux jours se font de plus en plus rares et je compte bien en profiter jusqu'au bout. Je descends rapidement les marches des escaliers, franchis les portes du Château et arrive dans le parc où je prends sans hésiter la direction du lac, endroit que je fréquente peu mais qui a tout son charme (bien trop inexploité à mon goût).

J'arrive sur la rive où le clapotis de l'eau résonne comme une douce chanson à mes oreilles. Je ramasse un galet, le lance et le regarde rebondir deux ou trois fois – pas plus – avant de tristement tomber dans l'eau et de sombrer au fond du lac, vers des peuples et contrées inconnus. Lassée de ce jeu à peine commencé (il est plus drôle à plusieurs, « Qui peut faire le plus de ricochets ? »), je me redresse pour chercher je ne sais quoi dans le paysage du parc ou les profondeurs du Lac Noir.

C'est là que je la remarque.

Debout sur un rocher s'avançant légèrement dans l'eau, Links se tient droite comme un piquet, la tête haute, le regard plongé dans l'horizon devant elle, les yeux se perdant dans la forêt interdite toute proche et les montagnes un peu plus loin. Les mains sur les hanches, elle semble vouloir conquérir les terres s'étendant à perte de vue. Sa posture me rappelle immédiatement les héros de romans, ces conquérants qui n'attendent qu'une chose : partir à la conquête du monde. Lancer des expéditions, s'aventurer dans l'inconnu, voguer sur les océans et se faufiler dans les jungles. La légère brise balance ses cheveux derrière elle dans un mouvement irrégulier rappelant le tangage des bateaux sous le roulis des vagues. Et cette image me fascine.

« Tu ressembles à une pirate. »

Secrètement, j'espère que cette phrase lancée au gré des vents n'atteindra pas sa destination. Elle m'a échappée, a fui le contrôle de mes pensées en suivant ses envies et est partie avant que je ne puisse la retenir. Mais je sais que ma voix a porté. Que ce que je voulais n'être qu'un murmure s'est avéré être une affirmation résonnant autour de moi et de la Serpentard. Je recule d'un pas pour mettre encore plus de distance entre elle et moi, avant de me tourner vers les eaux du lac et les scruter pour prétendre ne pas être à l'origine de cette phrase. Links n'est pas dupe et ne croira sans doute pas une seconde à mon mauvais jeu d'acteur. Mais qui sait, avec un peu d'espoir, peut-être pensera-t-elle avoir rêvé ?

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Inktober Le tour du monde en 31 jours
30/09/2049
Epouvantail


On était jeudi, et en théorie, Elena avait du temps. Pourquoi en théorie seulement alors qu'elle commençait les cours à dix heures ? Parce que elle, dont l'habituel mot d'ordre était "se lever tot" dormait encore alors qu'elle commençait les cours dans un quart d'heure. Il fallait dire que relire un tome entier de Aventures en mers du Sud avant de dormir n'était peut être pas une excellente idée. Mais bon, qui en voudrait aux pirates d'avoir embarqués Elena plus loin que ce qui était prévu à la base ?

Ce fut Captaine qui la réveilla. La serpentarde avait maudit de nombreuses fis cette manie qu'il avait de lui sauter dessus pendant son sommeil, mais cette fois, elle l'en remercia. La sorcière enfila ses vêtements en quatrième vitesse, négligeant au passage de rentrer sa chemise dans son pantalon, de nouer sa cravate correctement, et qu'elle avait fait une tache de sauce tomate sur son blazer la veille. En sortant, elle balança une chaussette orpheline à Captaine. Pour une fois qu'il lui servait à quelque chose. Elle eut une bouffée d'affection pour le félin.

Elena monta quatre à quatre les escaliers, arrivant devant la salle pile au moment ou la cloche sonnait. Son reflet lui parvint alors depuis une des vitres du couloir, et elle ne pu retenir un ricanement. Avec ses cheveux en bataille et ses vêtements ou sales ou mal ajustés, elle ressemblait à un épouvantail. En tournant la tête, elle aperçu Ashley (cette fois elle était certaine que c'était Ashley), ce qui lui causa un léger doute. Elle n'avait jamais plus remarqué cette fille que ça durant les deux années précédentes, et voilà qu'elle la croisait partout, ou presque. Souvent en tout cas. Ou alors c'était juste parce qu'elle était sure du nom de la poufsouffle qu'elle la remarquait, maintenant ? Ou alors Ashley la suivait, surement missionnée par un équipage ennemi ! Ce bref accès de paranoïa fut éteint par un élan d'orgueil, celui qu'elle avait ressenti la veille quand Ashley l'avait qualifiée de pirate. Peu importait si elle la suivait ou non finalement, tant qu'elle la reconnaissait à sa juste valeur. Celle d'une pirate. Bon, d'un épouvantail pirate, mais quand même.

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04/10/2049 - Caméra

Postée en haut des marches menant aux portes du Château, je contemple le parc perdre ses couleurs de l'été pour laisser tendrement place à l'automne. Un vent frais accompagne la chute des feuilles enflammées et je les vois tourbillonner quelques secondes, comme si elles avaient l'espoir de pouvoir atteindre le ciel sans jamais retomber, avant de se poser délicatement sur le sol humide. Emmitouflée dans ma cape, je ne crains pas ce vent. Il ne m'atteint pas, ne me refroidis pas et me laisse indifférente. Je suis plus puissante que ces feuilles malmenées et incapables de se défendre. Moi qui surplombe le parc de toute sa hauteur, je le domine de toute ma splendeur.

Comme pour capturer ce moment, ce tableau de vie (ou de fin de vie), je tends mes bras devant moi et positionne mon index et mon pouce de chaque main perpendiculaires l'un à l'autre, avant de coller le bout de mes doigts pour former un rectangle en face de mon champ de vision. Je ferme un œil, imitant la position que prend Ander lorsqu'il met sa caméra devant ses yeux pour prendre une photo. En faisant comme lui, j'imprime l'image dans ma tête, la grave pour ne pas l'oublier. Ce tableau restera gravé comme une photo dans mon esprit, aussi longtemps que le temps le voudra.

Et à la différence des clichés pris par l'appareil du Serdaigle, le mien est mouvant. Les feuilles bougent, l'herbe s'agitent, les nuages défilent. La nature est vivante. Soudain, une ombre verte semble passer dans la caméra de mes doigts, fugitive, discrète et presque invisible. Je rouvre mon oeil et plisse les yeux pour tenter de mieux l'apercevoir ; éclair humain dans la nature ! Il me semble, un court instant, reconnaitre Links de ma promotion, que j'ai beaucoup croisée ces derniers temps. Mais rien ne saurait me confirmer que c'est elle, alors je préfère en déduire que j'ai rêvé.

Sur ces pensées, et surtout sur ce tableau peint dans mon esprit, je fais demi-tour, retourne dans le Château et prend la direction de la bibliothèque. Même avec toutes les caméras du monde, mes devoirs ne vont pas se faire tout seuls.

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05/10/2049
Route


Captaine avait disparu dans le parc, surement à la recherche d'une feuille morte, ou autre. Elena, le soleil sur le visage, profitait de ces précieux instants d'automne où l'été est encore tapis. Bientôt, ce serait la pluie, l'obscurité, et le froid. Mais mieux valait ne pas y penser. La serpentarde ne faisait rien de particulier, et cela lui convenait à merveille. Captaine revint de dessous un buisson, se dirigeant en trottinant vers elle, et Elena lui fit l'aumône d'une caresse. Déjà, le félin repartait. Une feuille tomba d'un arbre tout proche, et Elena la suivit du regard. Il faudrait qu'elle se remette à dessiner, tiens. Dans un carnet et pas dans la marge de ses copies. Des dessins pour lesquels elle prendrait du temps, et qu'elle ne ferait pas uniquement pour s'occuper pendant les heures les plus sombres de l'apprentissage théorique.

La jeune Links se leva, des fourmis dans les jambes. Elle avait envie de profiter de cette belle fin d'apres midi d'octobre pour faire le tour du parc. Elena jeta un oeil rapide vers le buisson ou Captaine s'était réfugié. Si seulement il avait été un chien, elle aurait pu siffler pour qu'il la suive ! Mais le chat n'obéissait à personne, et surtout pas à sa propriétaire. Elena se mit en chemin, partant du principe qu'il la suivrait. Elle ne se trompait pas: à peine quelques secondes plus tard, le chat se faudrait entre ses jambes, et filait devant. Un mouvement vers la droite attira l'œil d'Elena. Elle salua d'un signe de tête Ashley Houston, et hésita à s'arrêter pour discuter. Mais le soleil, les couleurs des arbres, ou peut être son chat qui gambadait dans l'herbe, quelque chose la fit renoncer.

Elena poursuivit sa route.

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08/10/2049 - Géant

Je n’aime pas l’astronomie. Par conséquent, je n’aime pas la tour d’astronomie, et encore moins m’y rendre. Mais je dois avouer que la vue de tout là haut est magnifique. L’impression de pouvoir toucher les étoiles rien qu’en tendant le bras et de pouvoir escalader la Lune en sautant est enivrante et à chaque fois que je m’y rends, le dégoût ressenti se transforme rapidement en fascination face à l’univers qui s’étend au dessus de moi et les mystères qui le parcourent.

À cela s’ajoute la vue. Le paysage s’étend à perte de vue, ça parfois au delà des montagnes, traverse champs, lacs et forêts pour se perdre dans le lointain et se diriger vers des contrées inconnues. Ce paysage, je le domine. Je suis plus grande que lui, suis un géant contemplant le petit monde, prêt à marcher dessus pour atteindre l’horizon en quelques secondes. J’aime ce sentiment. J’aime le fait d’être aussi grande que le ciel, de pouvoir atteindre sans difficultés le bout du monde, de pouvoir m’envoler vers les étoiles et de pouvoir courir au dessus des montagnes et des forêts.

C’est peut-être la seule chose qui me motive à assister aux cours d’astronomie. Mon aversion pour cette matière grandie de jours en jours, mais ma fascination pour l’univers aussi. Je suis donc partagée entre deux désirs opposés : celui de fuir cet endroit rempli de connaissances qui ne m’intéressent pas, et celui de pouvoir me perdre dans l’admiration de tableaux féeriques et mystérieux. La morale, la raison et l’envie d’accomplir ce second désir l’emportent cependant sur l’inconscience et la faute, et je me retrouve donc chaque vendredi tout en haut de la tour d’astronomie, sujette au vent, au froid et à la beauté glaciale de l’espace.
Ce n’est pas pour me déplaire.

Au fur et à mesure que les élèves arrivent pour le cours, je remarque l’absence d’une élève. Jusque là, je n’y avais jamais fait attention. Mais les événements des derniers jours me le font désormais apparaître aussi clairement que la Lune dans le ciel : Elena Links n’a pas astronomie. La veinarde. Mais cela veut dire qu’elle ne peut pas se sentir géante face au tout petit monde sur Terre, à moins qu’elle ne vienne ici de son plein gré (chose étrange !).

Je me demande quand même si elle ressent la même chose face à cette immensité.

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09/10/2049
Navigateur


Debout sur un rocher, Elena regardait le lac. Dommage qu'on en voit le bout. Sinon, il aurait pu être un bras de mer imbriqué dans la terre. Depuis le début de l'année, la serpentarde avait encore plus envie que d'habitude d'être une pirate. Peut être à cause de cette foutue punition qui lui interdisait de pratiquer les clubs et le Quidditch, tout en l'obligeant à faire le boulot du concierge ? Toujours était il que, scrutant l'horizon, Elena se rêvait navigatrice.

Elle rêvait que, à bord de son navire, avec son équipage à ses ordres, elle explorait les Océans, se battait contre les monstres cachés, et pillait des bateaux. Elle rêvait de combats acharnés, d'épées, de trésors cachés. Elle rêvait d'iles désertes, de feux de camps, de bieraubeurre qui coulait à flot (elle avait déjà gouté du rhum en cachette de ses parents à l'age de huit ans, et en gardait un très mauvais souvenir). Elena pouvait presque toucher du doigt cet avenir lui paraissant si brillant et lumineux. Ou alors était ce le reflet des pieces d'or qu'elle voyait dans ses coffres ? Captaine était à ses cotés sur le vaisseau, se battant de toute ses forces. Dans la tete d'Elena, il lui manquait un bout d'oreille. Etait ce un vestige d'un combat ? Bon, evidemment, elle savait que son chat ne se battait que pour les chaussettes, mais qui sait ? Il pouvait peut être changer !

Un bruit derrière elle la fit sursauter, et elle se retourna, manquant de glisser de son caillou. Elle reconnu aussitôt Ashley Houston, la poufsouffle qui la suivait. Ou alors c'était juste du hasard. Possible aussi. Néanmoins, Elena, peut être encore plongée dans sa rêverie pirate ne pu s'empêcher de demander en plissant les yeux:

-T'es une corsaire ?

Les corsaires étaient dangereux. Toujours prêt à donner les VRAIS pirates à leur pays à cause d'une histoire d'allégeance débile. Il ne gardaient rien pour eux et donnaient tout à la couronne ! Quels lâches ! Bon, d'accord, peut être qu'ils ne risquaient pas de se faire pendre, mais c'était tout l'interet de la piraterie d'essayer d'échapper aux forces des pays ! Avec l'argent, bien sur.

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