PNJ Rose Noire et Epine Blanche

Toujours dans le défi. C'était ce que Malone ressentait en voyant Alice. Elle ne voulait pas être une femme que l'on gagne facilement. Elle valait mieux que cela. Et ça, ça plaisait au jeune homme. Il ne pouvait pas compter sur les gens ordinaires, sur les femmes ordinaires. Alors, il valait mieux quelqu'un d'extrêmement sûr de soi et lucide sur le reste du monde que quoi que ce soit d'autre.

- Je ne cherchais nullement à vous amadouer, ma chère. Simplement à vous faire plaisir, apporter une touche de joie à votre journée. Il soupira de manière théâtrale. Mais si vous ne voulez pas de ma petite boîte, je vais devoir les manger seul... Quelle tragédie. Et si en plus vous ne voulez pas gouter ma cuisine, je n'ai plus de raison d'être. Que vais-je bien pouvoir faire de mes talents culinaires...

Quel piètre acteur il faisait là. Heureusement qu'il ne jouait pas aussi grossièrement en société, en présence des intéressés et de ses ennemis. Sinon, qui sait à quel point il pourrait mettre sa famille en danger.
Malone avait toujours eu un amour inconditionnel pour sa sœur, cherchant à la protéger par tous les moyens. Mais, il n'avait jamais eu une telle attache pour le reste de ses proches. Du moins jusqu'à ces derniers mois. Récemment, il avait découvert ce que c'était que d'appartenir à une lignée. À une famille. Et bien qu'Alizée resterait toujours sa priorité, il ferait tout pour protéger son nouveau foyer, son nouvel environnement et les personnes qui le composaient.
On dit souvent que la vraie famille est celle que l'on choisit. Malone n'avait jamais connu ça alors, il se contentait pour l'instant de celle avec laquelle il avait des liens de sang. Mais qui sait, peut-être que l'avenir lui apporterait ce qui lui manquait actuellement.

- Vous m'en voyez ravi, Alice. Je savais que je pourrais compter sur vos magnifiques épaules. Et sur vos ambitions, qui semblent même dépasser mes espérances.

Il marqua une pause, la petite boite de macaron rangée dans sa poche, il posa sa main sur celle avec laquelle Alice tenait, caressait, griffait, son bras.

- L'art d'être tantôt très prudent et tantôt très audacieux est l'art de réussir, ma dame. Dans ce pays, et plus particulièrement cette ville, nombreux sont ceux qui ne verraient pas notre petite discussion d'un bon œil. Dit-il en jetant un regard aux alentours.

Tant de gens souhaiteraient les voir respectivement échouer dans leurs entreprises. Et de plus, s'ils s'alliaient définitivement. Après tout, un jeune qui visait, l'or, le pouvoir, le sommet, ça pouvait être dangereux pour un système. Alors deux ? Ensemble ? Cela pouvait initier un mouvement, rapprocher les gens, fédérer certains qui partageaient les mêmes idéaux.
Et tous les moyens seraient bons pour les faire plier. Mais Malone ferait tout pour ne jamais abandonner ses idéaux, pour continuer à avancer tout en protégeant ses proches, sa famille. Et le sourire d'Alice lui laissait penser qu'il en serait de même pour elle. Décidément, il l'avait bien choisie.

- Avez-vous d'ores et déjà des projets ? Des envies précises ? Demanda-t-il. Même si les deux jeunes adultes semblaient sur la même longueur d'onde, il fallait tout de même qu'il arrive à en savoir plus pour évaluer jusqu'où allait leur entente.

#7d416e, PRs, Marraine
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Quel maudit petit impertinent.
Voilà qu’il utilisait le point faible d’Alice contre elle. Très maladroitement, d’ailleurs. Qu’il les mange, ces macarons ! Et qu’il s’étouffe avec. Comme si Alice était le genre de femme qui pouvait se laisser acheter…
Elle n’ajouta rien de plus, sinon une oeillade et un sourire amusé. Car, oui, Malone l’amusait. Il avait ce genre d’esprit qui plaisait à la jeune sorcière, ce goût pour la théâtralité qui n’était pas sans lui rappeler Thomas.
Juste ciel, trouvait-elle réellement qu’un trait de caractère partagé entre ces deux hommes insupportables était charmant ?
Certainement pas.
Elle appréciait seulement de pouvoir les observer se prendre pour des acteurs. L’un comme l’autre constituait pour Alice un petit spectacle divertissant.

Enfin, l’heure n’était point à la distraction.

Alice avait visé juste. Malone était de son côté. Qu’aurait-elle fait, si cela n’avait point été le cas ? Sans doute aurait-elle dû user de ses charmes pour voir Malone une dernière fois, dans le confort et l’intimité d’une pièce exigu, et lui aurait fait boire une potion d’Amnésie. Alice songeait qu’il serait peut-être nécessaire de se rendre à la boutique d’Apothic’herbes pour en acheter les composants. Pierre de lune, branche de houx et… baie de gui ?

Soudain, la main de Malone vint se poser sur la sienne, expédiant des décharges désagréables prenant vie dans le bout de ses ongles pour finir leur course dans sa nuque. Son épaule roula pour faire passer cette sensation. Son visage, lui, ne montrait rien. Ah, ce qu’elle pouvait exécrer leurs contacts, à tous…

« Si vous aviez fait preuve d’un tant soi peu de prudence, monsieur, nous n’aurions point perdu de temps en métaphore et en billevesée », déclara t-elle, son menton haut, son regard en biais. « Des anges, des archanges, des vautours… Êtes-vous bel et bien un futur diplômé de la Grande Ecole de l’Art du Duel, monsieur Melrose ? Je commence à en douter très sérieusement. »

Les muscles sous ses doigts lui rappelaient pourtant qu’il ne s’agissait pas là d’un bras de poète.

Alice avait donc trouvé un allié. Fort bien. Et qu’en faire, à présent ? Un allié, ce n’était rien dans sa grande entreprise. Absolument rien. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait concrètement lui apporter, si ce ne sont ses talents de cuisinier, et Alice ne comptait nullement renverser le gouvernement à grand renfort de pâtisserie.
Elle devait le questionner, en savoir plus sur lui. Tout savoir, absolument tout, avant de songer elle même à lui distiller ses projets. Alice ne lui faisait pas confiance. Pas encore, tout du moins.
Les murs ont des oreilles, n’est-ce pas ? D’autant plus dans le nid des vautours.

Alice se plaça alors devant lui pour arrêter sa course. Cette fois, elle consentait à lever la tête pour le regarder. Elle lui offrit son plus beau sourire, et même un regard amouraché. Un masque. Rien qu’un masque. Il n’était pas pour lui, mais pour tout les potentiels regards.

« Monsieur, je serai enchantée de vous faire part de mes envies pendant de longues heures », minauda t-elle. Sa voix s’égouttait comme du miel noir. Ses doigts s’emparèrent des siens avec une douceur traîtresse. Si qui que ce soit posait un regard Malone et Alice, ils ne verraient là qu’un prétendant et une jeune fille sous son charme. « Mais pas ici. Je désire vous avoir pour moi toute seule dans un lieu bien plus propice à cela… Je vous en conjure, monsieur. Consentiriez-vous à me dire où je puis vous contacter pour vous invitez à me rejoindre… au plus vite ? Je me languis de vous retrouver autour d’un délicieux plat de macarons qui auraient eu la chance de recevoir l’habile caresse de vos doigts. » Ah, quelle infâme palabre…

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Et voilà. Tous deux savaient désormais. L'un et l'autre étaient dans le même camp. Et malgré le fait que Malone aurait aimé rester, on ne peut plus avec la belle Alice, il le savait, cette entrevue touchait à sa fin. Elle était plantée devant lui, les yeux dans les siens.
Quand reverrait-il la jeune femme ? Il ne le savait pas. Mais il savait que cela arriverait prochainement. Ni l'un ni l'autre ne pouvait se résoudre à en rester là. Ça ne serait pas un adieu. Mais seulement un au revoir. Une partie remise.

- C'est vrai qu'il aurait été plus prudent de clamer haut et fort, à une presque inconnue, en plein milieu du café, des opinions plutôt controversées. Je prends note pour la prochaine fois. Rétorqua-t-il en rigolant. Vous savez, avant de rejoindre la grande école d'art du duel, j'ai été diplômé de la faculté de politique, je dois avoir ça dans le sang. Expliqua-t-il en réponse aux paroles de la Sangblanc sur les métaphores.

Il se demanda ensuite ce qu'il allait bien pouvoir faire après. Les vacances étaient longues. Il restait environ un mois et demi et qui sait s'il reverrait sa nouvelle alliée d'ici là.
Pour s'occuper, il irait surement se promener, lire, peut-être faire un peu de piano. Cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas fait. Alors, il profiterait avec grand plaisir de celui qui trônait dans le salon de sa nouvelle habitation.
Peut-être pourrait-il partir quelques semaines explorer un pays, une contrée qu'il n'avait jamais visitée. Pourquoi pas la Sibérie ? Cela pourrait être amusant de raconter son périple à Alice lors de leur prochaine entrevue. Quelle tête pourrait-elle bien faire en apprenant qu'il était allé visiter la terre qui abritait une partie de sa famille ? Il lui tarderait de le découvrir s'il entreprenait un tel voyage.
Partir si loin, loin de la politique de Grande-Bretagne, loin des faux-culs et des lèches bottes, loin des manigances des uns et des autres. Loin de tout. Ça serait là de vraies vacances. De quoi se ressourcer avant d'attaquer une nouvelle année. Remplit de rencontres, de nouvelles têtes et de l'incroyable personnalité d'Alice. Oui, ça sonnait bien.

Elle minauda. Ce n'était non sans plaire au beau jeune homme, mais il savait pertinemment que ce n'était pas sincère. Il ne s'empêcha tout de même pas de profiter de ce moment que peu d'étudiant comme lui aurait l'occasion de vivre. Alice Sangblanc, "LA" Alice Sangblanc dire des mots doux ? C'était tellement impensable. Il garderait cela bien en mémoire. Chérissant cet ironique souvenir.

- Ma chère, je serais plus qu'honoré de passer un moment, rien qu'avec vous. Cela me comblerait d'une joie immense. Répondit-il, rentrant dans son jeu. Il n'y a personne d'autre à qui je souhaiterais aussi ardemment me donner. Soyez sans crainte, je serai vôtre.

Il sortit la boite de macaron d'une main et prit sa baguette dans l'autre. D'un geste maitrisé et parfaitement réalisé, il effectua un Sponte Scripto. Ecrivant sur le couvercle de la boite ses coordonnées, rajoutant un petit cœur à la fin, pour taquiner la belle. Une fois fini, il tendit le présent à Alice.

- J'espère avoir de vos nouvelles au plus vite. Je me languis d'ors et déjà de votre présence à mes côtés. Sur ces belles paroles, il s'inclina, saisissant la main pale de la Sangblanc pour y déposer un délicat baiser. Sur ce, je pense qu'il est temps pour moi de me retirer. C'était un plaisir de vous revoir, Alice.

Puis, il se releva, lui adressa un signe de tête et tourna les talons pour partir. Il ne le montrait pas, mais son cœur battait fort. Était-ce de l'affection pour elle ? De l'excitation quant au fait d'avoir enfin trouvé quelqu'un qui lui ressemblait ? Ou bien un tout autre sentiment, bien plus fort que tout cela ? Il n'en avait pas la réponse. Mais il savait qu'il n'avait jamais rien ressenti de tel auparavant. Cette découverte l'animait tout entier. Et il espérait expérimenter cela de nouveau pour étudier ces nouvelles sensations.
C'est donc le cœur léger qu'il s'éloignait de sa partenaire du jour. Satisfait de la tournure que prenaient ces vacances d'été, qui, à l'origine, semblait prendre un tournant plutôt monotone.

Fin du RP pour Malone ! J'ai adoré écrire ça avec toi ^^

#7d416e, PRs, Marraine
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Malone Melrose.
L’irrévérencieux, l’élégant, le présomptueux Malone Melrose.
Alice ne savait finalement que peu de chose sur cet homme. Mais elle ne tarderait pas à tout savoir de lui, de sa famille, et même de sa jeune soeur. Alizée, était-ce bien cela ?

Alors qu’il s’éloignait d’elle, la chaleur de son souffle encore sur la peau de sa frêle main, Alice l’observait. Pas un Sang-Pur. Pas un Né-Moldu.
Quels étaient ses intérêts dans le combat qu’Alice s’apprêtait à mener ? Que pourrait-il tirer de tout cela ? Était-il un vautour aux ailes blanches… ou bel et bien un archange ?

Du bout de ses doigts, Alice caressait les coordonnées qu’il avait écrit dans le couvercle de la boîte. Elle ne le contacterait pas de suite. Pas avant d’avoir une potion d’Amnésie. Pas avant d’avoir compris ce qu’il gagnerait en s’associant à Alice. Il se pensait sans doute malin, et il l’était a bien des égards.
Mais il ignorait à quel point Alice l’était, elle aussi. Si il pensait qu’elle le laisserait l’utiliser pour ses propres plans, Malone allait être déçu. Très déçu.

Ses yeux fixés sur son dos de noir vêtu qui disparaissait au loin, Alice souriait. Jusqu’à preuve du contraire, elle le considérerait comme un allié, car elle avait besoin de cet optimisme. Savoir qu’elle n’était pas seule était important. Et puis…
L’idée qu’ils puissent parler de renversement gouvernementale devant un plat de macarons faits-maison n’était pas pour déplaire à Alice.

• FIN •


Plaisir partagé ma chère :kiss2:

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