Un cocktail à deux étages
Seulement après une interaction, Erwan revit son jugement. Christopher n’était finalement pas si “cool” que ça. Charismatique avec une belle gueule, ça, Erwan ne pouvait pas lui retirer. Mais ses réflexions étaient tout à fait déplacées ! Qui était-il pour lui dire de ne pas se plier en quatre pour sa « gonzesse » ? Cet homme n’y connaissait rien voilà tout ; enfin… il s’y connaissait en affaires. Ces deux verres avaient délesté la bourse d’Erwan de plus du double de ce qu’il avait mis pour les deux premiers cocktails. Mais bon… Erwan avait agité ses pièces devant lui pour obtenir à coup sûr ce qu’il souhaitait et chacun y avait trouvé son compte. Et si Erwan repartait de là satisfait, il se serait quand même passé des commentaires du barman. En passant l’embrasure de porte qui ramenait à la cour extérieure, ses yeux purent à nouveau se poser sur la chevelure d’Alice. Elle tourna la tête, sûrement pour voir où en était Erwan. Sa beauté éblouissait plus Erwan que ne le faisait le soleil. Quel nul ce Christopher ! Il pourrait se plier en huit pour donner à Alice une raison de sourire. Il se hâta de revenir au niveau du banc pour ne pas la faire attendre plus qu’il ne l’avait déjà fait. Le sourire qu’elle affichait plus tôt avait disparu, mais le jeune homme ne s’en formalisa pas. Ce qu’elle lui avait laissé comme informations quand ils étaient sur les bords de la Manche étaient encore dans sa mémoire. Elle s’était retrouvée seule, au milieu de cette cour de ce pub où elle ne devait pas se sentir à sa place. Elle aurait cherché à s’enfuir d’ici que ça n’aurait pas étonné Erwan. Ça lui aurait fait mal, mais ça ne l’aurait pas étonné. Il était prêt à donner un nouveau gallion à Christopher si Alice n’était pas en train de penser aux responsabilités qui étaient les siennes, si elle n’était pas en train de se demander si ce jeu en valait la chandelle.
Erwan savait tout ça, ou en tout cas il commençait à en prendre la mesure, mais ça ne l’empêcherait pas de sourire. Il avait réussi. D’ici quelques instants, le cocktail qu’Alice avait bu un jour à Paris arriverait devant eux, sans que la moindre pièce n’ait été en contact avec ! «J’ai pas été trop long ? C’est que le barman est dur en affaires. Mais ça arrive et ça s’appelle un… Goniva… Godiva amaretto martini, ou quelque chose comme ça. une petite poignée de secondes s’écoulèrent avant qu’il ose mettre les pieds dans le chaudron. Ça va toujours ?». Il avait pris le parti de quitter le jeu, au moins un instant. Sa question était l’expression de sa plus profonde nature. L’empathie. Il était parfois capable de déceler une émotion avant même qu’elle ne se manifeste physiquement ou verbalement. Et si elle lui avait adressé un sourire quand il avait pris la parole, il avait bien assez contemplé les précédents pour savoir que celui-ci était un masque. Il était prêt à tout entendre, il avait senti le changement à la seconde où il était revenu près d’elle, mais il ne savait pas encore ce qu’Alice était prête à lui donner. Il avait bien compris qu’en termes de relation, elle n’était prête pour le moment qu’à lui offrir ce magnifique jeu de séduction auquel ils avaient rejoué aujourd’hui, mais en termes d’honnêteté ? De transparence ? Était-elle capable de lui offrir ça ? Sûrement pas… Il n’était encore probablement qu’un Christopher pour elle. Un garçon qui pense qu’il a le droit à plus que ce à quoi il devrait espérer. Mais Erwan savait au fond de lui qu’il pouvait mériter son honnêteté.
Il est cependant plus difficile d’être honnête quand on doute de la personne à qui on a affaire. Et Alice et Erwan ne faisaient qu’entamer une relation que ce dernier espérait longue. C’est pour cela qu’il ajouta ce qui devait être dit. «Si jamais notre… Il s’arrêta pour corriger le mot qu’il allait employer. …ce moment tous les deux te dérange, tu peux me le dire tu sais. J’ai les épaules pour. De mon côté, je me sens bien, je suis apaisé quand je suis avec toi.». Il avait fallu le dire pour qu’il se rende effectivement compte à quel point il se sentait apaisé. D’autant plus maintenant en sachant qu’il pouvait nourrir son espoir amoureux. Il afficha une nouvelle fois, sans aucune lassitude, son sourire le plus rassurant pour Alice. Il lui donnait le vrai, l’honnêteté qu’il espérait recevoir en retour, la compassion totale et l’assurance de pouvoir entendre tout ce qu’elle aurait envie de lui dire. Il n’avait même plus peur de tout gâcher ; cette peur-là l’aurait peut-être retenu plus tôt dans sa franchise, mais il n’avait plus peur. Tout son corps était en attente de la réponse qu’allait lui faire Alice. Et, dans le pire des timings, les deux verres qu’il avait commandés passèrent entre eux pour venir finir leur course magique sur la table devant eux.
Erwan savait tout ça, ou en tout cas il commençait à en prendre la mesure, mais ça ne l’empêcherait pas de sourire. Il avait réussi. D’ici quelques instants, le cocktail qu’Alice avait bu un jour à Paris arriverait devant eux, sans que la moindre pièce n’ait été en contact avec ! «J’ai pas été trop long ? C’est que le barman est dur en affaires. Mais ça arrive et ça s’appelle un… Goniva… Godiva amaretto martini, ou quelque chose comme ça. une petite poignée de secondes s’écoulèrent avant qu’il ose mettre les pieds dans le chaudron. Ça va toujours ?». Il avait pris le parti de quitter le jeu, au moins un instant. Sa question était l’expression de sa plus profonde nature. L’empathie. Il était parfois capable de déceler une émotion avant même qu’elle ne se manifeste physiquement ou verbalement. Et si elle lui avait adressé un sourire quand il avait pris la parole, il avait bien assez contemplé les précédents pour savoir que celui-ci était un masque. Il était prêt à tout entendre, il avait senti le changement à la seconde où il était revenu près d’elle, mais il ne savait pas encore ce qu’Alice était prête à lui donner. Il avait bien compris qu’en termes de relation, elle n’était prête pour le moment qu’à lui offrir ce magnifique jeu de séduction auquel ils avaient rejoué aujourd’hui, mais en termes d’honnêteté ? De transparence ? Était-elle capable de lui offrir ça ? Sûrement pas… Il n’était encore probablement qu’un Christopher pour elle. Un garçon qui pense qu’il a le droit à plus que ce à quoi il devrait espérer. Mais Erwan savait au fond de lui qu’il pouvait mériter son honnêteté.
Il est cependant plus difficile d’être honnête quand on doute de la personne à qui on a affaire. Et Alice et Erwan ne faisaient qu’entamer une relation que ce dernier espérait longue. C’est pour cela qu’il ajouta ce qui devait être dit. «Si jamais notre… Il s’arrêta pour corriger le mot qu’il allait employer. …ce moment tous les deux te dérange, tu peux me le dire tu sais. J’ai les épaules pour. De mon côté, je me sens bien, je suis apaisé quand je suis avec toi.». Il avait fallu le dire pour qu’il se rende effectivement compte à quel point il se sentait apaisé. D’autant plus maintenant en sachant qu’il pouvait nourrir son espoir amoureux. Il afficha une nouvelle fois, sans aucune lassitude, son sourire le plus rassurant pour Alice. Il lui donnait le vrai, l’honnêteté qu’il espérait recevoir en retour, la compassion totale et l’assurance de pouvoir entendre tout ce qu’elle aurait envie de lui dire. Il n’avait même plus peur de tout gâcher ; cette peur-là l’aurait peut-être retenu plus tôt dans sa franchise, mais il n’avait plus peur. Tout son corps était en attente de la réponse qu’allait lui faire Alice. Et, dans le pire des timings, les deux verres qu’il avait commandés passèrent entre eux pour venir finir leur course magique sur la table devant eux.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Tout cela n’avait pas le moindre sens.
Alice avait convenu avec elle même que pour aujourd’hui, pour ce moment, elle laisserait de côté ses responsabilités. Elle avait choisi de revoir Erwan pour faire une pause entre deux combats, l’un pour sa famille, l’autre pour son pays. Prendre un verre avec ce parangon de douceur aurait dû la réjouir jusqu’à ce que ce moment ne prenne fin. C’est ce qu’Alice avait décidé. C’est ce qui aurait dû être.
D’une main sur son épaule, il avait réveiller son sang et l’héritage qui sillonnait dans ses veines.
Une Sangblanc ne se repose pas.
Une Sangblanc ne frémit pas sous la caresse d’un homme.
Une Sangblanc ne ressent pas.
Parjure. Vilaine parjure. Ridicule petite…
Alice se redressa en entendant la voix d’Erwan. Elle tourna la tête vers lui dans un sourire, les joues empourprée par la chaleur. Faible petite chose, tu te dresses pour lui donner l’impression que tu l’avais attendu, comme un croup docile..
Avait-il été long ? Alice n’en savait rien. Elle l’écouta, ses yeux dans les siens. Godiva Amaretto Martini. Peut-être. Sans doute. Thomas se chargeait toujours de commander pour eux. Elle saurait si le cocktail était le bon lorsqu’elle y goûterait.
Erwan s’enquit de son état. « Ça va toujours ?». Oui, bien sûr. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, du moins celui qu’elle s’efforçait de peindre aux autres.
Son sourire s’élargit pour renforcer son mensonge. Elle y glissa toute la douceur d’une femme qui se sent bien, apaisée, honnête avec ses émotions, ses ressentis. Elle y ajouta un soupçon de grâce étudiée, la perfection glacée d’une Sangblanc qui sait sourire même en se noyant. Tu ne devrais pas être ici, et tu le sais, Alice, alors cesse de te comporter comme une jolie bécasse, tout cela ne ménera à rien d’autre qu’à ta propre chute… et tu le sais.
Erwan poursuivit, et Alice ne cessait de sourire. Il recommençait. Comme face à la mer, des jours plus tôt. Il lui offrait sa sincérité, il lui ouvrait son coeur… Referme le à coup de pied, dépêche toi.
Ce moment tous les deux ne la dérangeait pas. Bien sûr que non. Alice avait choisi d’être ici. C’était elle qui l’avait invité à passer ce moment avec elle. Il n’avait pas le droit de lui voler ça, de faire comme si c’était lui qui menait la barque depuis le début. Elle avait choisi. Elle. Alice était celle qui invitait les hommes, et non l’inverse.
Il était apaisé, disait-il ! Avec ce sourire, ce même sourire qu’il lui offrait sans lassitude. Apaisé. Que savait-il de ce qu’était l’apaisement ? Quel visage portaient ses tensions, ses angoisses, ses troubles ? Et ses épaules ? Pour quoi avait-il les épaules ? Pour la vérité ? Quelle vérité ? Qu’il s’accroche à son sourire, et qu’il cesse de lui jeter son honnêteté au visage. Alice n’était pas là pour cela.
Elle était là pour le mensonge, pour poursuivre un jeu dont elle ne respecterait pas les règles. Pour remporter un prix qu’elle ne voudrait pas.
Elle voulait qu’il se taise, qu’il continue à jouer avec elle, lui faire oublier que elle, elle n’avait pas les épaules. Qu’à l’ombre de cet arbre, elle sentait le regard inquisiteur de ses glorieux ancêtres, là, dans chaque feuille. Qu’elle entendait Tante Élise et ses maximes.
Alice regrettait qu’Erwan ait parlé. Elle lui en voulait pour son honnêteté, pour sa douceur, pour sa volonté à toujours voir les autres heureux.
Alice ? Alice était heureuse. Elle ne voulait pas qu’il en doute. Si il en doutait… alors cela signifiait qu’elle renvoyait une image d’elle méprisable.
« Tout va bien », répondit-elle, son visage levé vers lui. « Est-ce que tu as réussi à nous éviter de commander en mettant nos pièces dans nos verres ? »
Alice ne pouvait oublier son honnêteté, mais ferait le choix de ne pas leur donner l’importance qu’elle méritait.
Pas pour le moment.
Alice avait convenu avec elle même que pour aujourd’hui, pour ce moment, elle laisserait de côté ses responsabilités. Elle avait choisi de revoir Erwan pour faire une pause entre deux combats, l’un pour sa famille, l’autre pour son pays. Prendre un verre avec ce parangon de douceur aurait dû la réjouir jusqu’à ce que ce moment ne prenne fin. C’est ce qu’Alice avait décidé. C’est ce qui aurait dû être.
D’une main sur son épaule, il avait réveiller son sang et l’héritage qui sillonnait dans ses veines.
Une Sangblanc ne se repose pas.
Une Sangblanc ne frémit pas sous la caresse d’un homme.
Une Sangblanc ne ressent pas.
Parjure. Vilaine parjure. Ridicule petite…
Alice se redressa en entendant la voix d’Erwan. Elle tourna la tête vers lui dans un sourire, les joues empourprée par la chaleur. Faible petite chose, tu te dresses pour lui donner l’impression que tu l’avais attendu, comme un croup docile..
Avait-il été long ? Alice n’en savait rien. Elle l’écouta, ses yeux dans les siens. Godiva Amaretto Martini. Peut-être. Sans doute. Thomas se chargeait toujours de commander pour eux. Elle saurait si le cocktail était le bon lorsqu’elle y goûterait.
Erwan s’enquit de son état. « Ça va toujours ?». Oui, bien sûr. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, du moins celui qu’elle s’efforçait de peindre aux autres.
Son sourire s’élargit pour renforcer son mensonge. Elle y glissa toute la douceur d’une femme qui se sent bien, apaisée, honnête avec ses émotions, ses ressentis. Elle y ajouta un soupçon de grâce étudiée, la perfection glacée d’une Sangblanc qui sait sourire même en se noyant. Tu ne devrais pas être ici, et tu le sais, Alice, alors cesse de te comporter comme une jolie bécasse, tout cela ne ménera à rien d’autre qu’à ta propre chute… et tu le sais.
Erwan poursuivit, et Alice ne cessait de sourire. Il recommençait. Comme face à la mer, des jours plus tôt. Il lui offrait sa sincérité, il lui ouvrait son coeur… Referme le à coup de pied, dépêche toi.
Ce moment tous les deux ne la dérangeait pas. Bien sûr que non. Alice avait choisi d’être ici. C’était elle qui l’avait invité à passer ce moment avec elle. Il n’avait pas le droit de lui voler ça, de faire comme si c’était lui qui menait la barque depuis le début. Elle avait choisi. Elle. Alice était celle qui invitait les hommes, et non l’inverse.
Il était apaisé, disait-il ! Avec ce sourire, ce même sourire qu’il lui offrait sans lassitude. Apaisé. Que savait-il de ce qu’était l’apaisement ? Quel visage portaient ses tensions, ses angoisses, ses troubles ? Et ses épaules ? Pour quoi avait-il les épaules ? Pour la vérité ? Quelle vérité ? Qu’il s’accroche à son sourire, et qu’il cesse de lui jeter son honnêteté au visage. Alice n’était pas là pour cela.
Elle était là pour le mensonge, pour poursuivre un jeu dont elle ne respecterait pas les règles. Pour remporter un prix qu’elle ne voudrait pas.
Elle voulait qu’il se taise, qu’il continue à jouer avec elle, lui faire oublier que elle, elle n’avait pas les épaules. Qu’à l’ombre de cet arbre, elle sentait le regard inquisiteur de ses glorieux ancêtres, là, dans chaque feuille. Qu’elle entendait Tante Élise et ses maximes.
Alice regrettait qu’Erwan ait parlé. Elle lui en voulait pour son honnêteté, pour sa douceur, pour sa volonté à toujours voir les autres heureux.
Alice ? Alice était heureuse. Elle ne voulait pas qu’il en doute. Si il en doutait… alors cela signifiait qu’elle renvoyait une image d’elle méprisable.
« Tout va bien », répondit-elle, son visage levé vers lui. « Est-ce que tu as réussi à nous éviter de commander en mettant nos pièces dans nos verres ? »
Alice ne pouvait oublier son honnêteté, mais ferait le choix de ne pas leur donner l’importance qu’elle méritait.
Pas pour le moment.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Un cocktail à deux étages
Le jeu avait donc repris. Un autre jeu certes, mais le jeu tout de même. Erwan l’avait peut-être bien cherché… Malgré sa tentative d’instaurer entre eux un climat de discussion sincère, Alice avait parfaitement réinstallé sur son visage le masque de la convenance. Ce visage lisse et bien fait où plus rien de ce qui animait son âme ne s’y inscrivait. Cette fois Erwan le voyait en plein jour… Il était si bien maîtrisé que cela arracha une légère larme à son cœur empathique. Puis il la sentit monter à nouveau, cette saine et désormais familière colère qu’il avait ressentie la semaine passée quand l’héritière Sangblanc était partie se terrer… Erwan n’avait aucune idée de l’endroit où elle pouvait bien se cacher, mais c’était un lieu terriblement loin de la vérité ! Était-ce une sorte de traitement ? Fallait-il qu’Alice vienne le voir, qu’elle se laisse emporter par le flot de leur tacite complicité pour finalement réaliser qu’elle devait se comporter autrement ? Il y avait de quoi exploser de colère ! Se croyait-elle si importante pour considérer Erwan comme un vulgaire médicament moldu ? Influencé par les chemins de pensée qui l’avaient accompagné toute la semaine, Erwan reprenait les mêmes sentiers balisés… Il se refaisait le film à la recherche du moindre faux pas qui pourrait expliquer la fin médiocre qui se profilait. Elle était venue le tirer de son travail, elle avait proposé de passer un moment ensemble, elle avait proposé de passer chez lui, elle avait proposé un nouveau cocktail, elle… elle… elle… Toutes ces phrases qui commençaient par “elle” et qui menaient encore une fois Erwan à se demander ce que lui avait mal fait !
Jamais il n’avait ressenti ça… Ce sentiment de colère légitime lui était totalement étranger. Il lui préférait toujours l’indifférence, c’était plus raisonnable, plus logique et plus efficace. Oui, mais voilà… L’indifférence était l’apanage d’une réflexion du cerveau et il semblait, en cette fin de journée, que son cœur l’ait privé de ces réflexions-là. Et son cœur n’était pas si fiable que ça… C’était un organe fougueux en proie à des humeurs changeantes, têtu si ce n’est borné, qui n’écoutait que lui-même. Pourtant, après la réponse masquée d’Alice qui lui avait arraché une larme, le croquis de ce que semblait vraiment vouloir le cœur d’Erwan prit forme. Erwan avait accusé le coup ; il n’était pas surpris de retrouver cette Alice-là, mais il ne pouvait pas faire autrement qu’en être triste. Il avait fermé les yeux une seconde, pris une inspiration et une expiration. C’est sûrement ça qui avait permis de calmer le fougueux cœur du jeune homme pour qu’apparaisse enfin ce qu’il voulait vraiment et que la colère soit chassée. Une inspiration et une expiration, c’est tout ce qu’il avait fallu à Erwan pour s’en débarrasser. C’est dire à quel point savoir Alice à ses côtés l’apaisait. Ce que son cœur voulait, c’était revoir Alice. Encore et toujours. Un cœur amoureux ne connaît que l’optimisme, c’était en tout cas le cas de celui d’Erwan, et jamais il ne douterait qu’il parviendrait un jour à toucher celui d’Alice.
Et encore une fois il devait ramer. Ramer pour ne pas qu’elle s’éloigne trop de lui. Il ne se ferait pas surprendre comme la première fois. La dernière fois, quand Alice avait joué à ce même jeu des faux-semblants masqués, il avait tenté la sincérité. Cela n’avait fait qu’accélérer sa fuite. Non cette fois il tenterait autre chose ! Cette fois il tenterait… la sincérité ! Mince… Pourquoi diable ne savait-il pas lui aussi jouer à ce jeu des faux-semblants ? La colère, qu’il n’avait en fait qu’apaisée, semblait toujours là tapie quelque part, lui soufflait de rentrer dans son jeu, de feindre la distance et le détachement. Ou pire, d’exploser et de lui balancer au visage que non, il n’avait pas mis de pièces dans les verres, que lui était capable de prendre en compte ce qu’elle était, que ça sautait aux yeux qu’il faisait tout pour l’ériger en reine pendant qu’elle le considérait comme une imperfection qui tâchait son magnifique trône… Mais il était trop sincère pour ça. Ça l’agaçait même d’être assez empathique pour comprendre la surface de son comportement. Il attrapa les deux verres sur la table et tendit le sien à Alice en ajoutant d’une voix faible, dont il ne parvint pas à dissimuler la déception qu’elle contenait, les mots les plus sincères que sa colère lui permettait. «Si tu dis que tout va bien, alors c’est que tout va bien. Tiens. Et non, t’inquiète, il n’y a eu aucune pièce à l’intérieur. J’ai payé directement le barman. Il trouvait que j’en faisais trop…». Ah… Ce n’était pas tout à fait sincère. Il n’avait pas tout dit. L’influence d’Alice peut-être… Il ne savait pas, en tout cas, porter de masque. Ce visage de doute était bel et bien le sien. Il avait déjà lâché une larme pour elle, il luttait cette fois pour que ses yeux ne trahissent ce qu’il traversait intérieurement.
Jamais il n’avait ressenti ça… Ce sentiment de colère légitime lui était totalement étranger. Il lui préférait toujours l’indifférence, c’était plus raisonnable, plus logique et plus efficace. Oui, mais voilà… L’indifférence était l’apanage d’une réflexion du cerveau et il semblait, en cette fin de journée, que son cœur l’ait privé de ces réflexions-là. Et son cœur n’était pas si fiable que ça… C’était un organe fougueux en proie à des humeurs changeantes, têtu si ce n’est borné, qui n’écoutait que lui-même. Pourtant, après la réponse masquée d’Alice qui lui avait arraché une larme, le croquis de ce que semblait vraiment vouloir le cœur d’Erwan prit forme. Erwan avait accusé le coup ; il n’était pas surpris de retrouver cette Alice-là, mais il ne pouvait pas faire autrement qu’en être triste. Il avait fermé les yeux une seconde, pris une inspiration et une expiration. C’est sûrement ça qui avait permis de calmer le fougueux cœur du jeune homme pour qu’apparaisse enfin ce qu’il voulait vraiment et que la colère soit chassée. Une inspiration et une expiration, c’est tout ce qu’il avait fallu à Erwan pour s’en débarrasser. C’est dire à quel point savoir Alice à ses côtés l’apaisait. Ce que son cœur voulait, c’était revoir Alice. Encore et toujours. Un cœur amoureux ne connaît que l’optimisme, c’était en tout cas le cas de celui d’Erwan, et jamais il ne douterait qu’il parviendrait un jour à toucher celui d’Alice.
Et encore une fois il devait ramer. Ramer pour ne pas qu’elle s’éloigne trop de lui. Il ne se ferait pas surprendre comme la première fois. La dernière fois, quand Alice avait joué à ce même jeu des faux-semblants masqués, il avait tenté la sincérité. Cela n’avait fait qu’accélérer sa fuite. Non cette fois il tenterait autre chose ! Cette fois il tenterait… la sincérité ! Mince… Pourquoi diable ne savait-il pas lui aussi jouer à ce jeu des faux-semblants ? La colère, qu’il n’avait en fait qu’apaisée, semblait toujours là tapie quelque part, lui soufflait de rentrer dans son jeu, de feindre la distance et le détachement. Ou pire, d’exploser et de lui balancer au visage que non, il n’avait pas mis de pièces dans les verres, que lui était capable de prendre en compte ce qu’elle était, que ça sautait aux yeux qu’il faisait tout pour l’ériger en reine pendant qu’elle le considérait comme une imperfection qui tâchait son magnifique trône… Mais il était trop sincère pour ça. Ça l’agaçait même d’être assez empathique pour comprendre la surface de son comportement. Il attrapa les deux verres sur la table et tendit le sien à Alice en ajoutant d’une voix faible, dont il ne parvint pas à dissimuler la déception qu’elle contenait, les mots les plus sincères que sa colère lui permettait. «Si tu dis que tout va bien, alors c’est que tout va bien. Tiens. Et non, t’inquiète, il n’y a eu aucune pièce à l’intérieur. J’ai payé directement le barman. Il trouvait que j’en faisais trop…». Ah… Ce n’était pas tout à fait sincère. Il n’avait pas tout dit. L’influence d’Alice peut-être… Il ne savait pas, en tout cas, porter de masque. Ce visage de doute était bel et bien le sien. Il avait déjà lâché une larme pour elle, il luttait cette fois pour que ses yeux ne trahissent ce qu’il traversait intérieurement.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Non… pas encore.
Pas encore ces yeux brillants. Les mêmes qui avaient précédé la larme qu’il avait versé sur la côte bretonne.
. Celle qu’elle n’arrivait pas à expliquer.
Là, le visage levé lui, son sourire bien bien accroché, Alice ne pouvait pas faire comme si elle ne l’avait pas vu. Elle souriait pourtant. Encore.
Lui ? Non. Non. Il ne souriait pas. Comme quelques jours plus tôt. Comme lorsqu’il….
Alice déglutit, et affirma son sourire. Que faire, sinon ? C’était ce qu’il attendait-elle, non ? C’était ce que tout le monde attendait d’elle. Sourire. Donner aux autres l’image qu’ils voulaient voir. Celle d’une jeune femme confiante que rien ne saurait ébranler.
Alors pourquoi ces yeux ! Ne pouvait-il pas se contenter de cela ? Pourquoi n’étaient-ils jamais satisfait ? Pourquoi lui, son second souffle, refusait de lui sourire, de mentir avec elle ? Pourquoi…
Erwan ferma les yeux et inspira. Ce geste lui donna des fragments de vérité.
Il savait qu’elle avait enfilé un masque.
Il ne voulait pas jouer avec elle.
Elle le décevait.
Mais qu’il s’étrangle avec sa déception ! Alors quoi ? Alice aurait-elle dû se plier à ses exigences et lui livrer ses vérités sur un tableau d’argent ? Et qu’en ferait-il ? Il lui expédierait au visage car il ne pourrait pas comprendre. Personne ne le pouvait.
Il ne pouvait pas savoir qu’elle se parjurait en se tenant ici, avec lui. Est-ce qu’être ici avec lui la dérangeait ? Non. Est-ce que cela rendait les choses plus simple ? Absolument pas. Etait-ce qu’il voulait entendre ? Bien sûr que non. La vérité qu’il semblait tant adorer ne lui apporterait rien. Ni satisfaction, ni douleur. Rien.
La vérité, il n’en avait pas besoin. Personne n’en avait besoin. Qu’il se contente de se mensonge, et continue à jouer avec lui.
Et surtout, qu’il lui rende ce sourire dont elle avait besoin.
Alice baissa les yeux sur les mains d’Erwan, se saisissant des verres dont elle découvrait la présence. Circée, pourquoi ne les avait-elle pas vu ?
Elle tendit la main pour récupérer son verre, s’apprêta a le remercier et… s’immobilisa en entendant la voix d’Erwan, plus que les mots.
La déception. Oui. C’était bien cela.
Il avait voulu la vérité. Il l’avait exigé. Il ne l’avait pas eu.
Alors il la punissait d’un jeu morne et d’une voix faible.
Le sourire d’Alice, jusqu’à présent figé, dégoulina le long de son visage. Ses doigts restaient ouverts autour du verre sans qu’elle ne s’en empare, trop occupée à dévorer l’expression de visage que lui jetait Erwan.
Il l’insultait, n’est-ce pas ?
Elle n’avait pas voulu lui dire la vérité, avait enfilé un masque. Il ne savait pas comment faire.
Alice, elle, savait. Alors comment avait-il décidé qu’elle ne lui disait pas la vérité ? Qu’est-ce qui l’avait trahi ? Rien. Ses masques étaient solides et lui ? Il ne la connaissait pas. Il ne savait pas voir les fêlures.
Non. Non. Non.
Il avait voulu qu’elle lui avoue quelque chose que lui même avait conscience : Alice n’avait rien à faire ici, avec lui, ou avec qui que ce soit.
Oh, alors il lui en voulait pour… ah, Grands Ancêtres ! Ce n’était pas juste ! Tout aurait dû être simple ! Un verre avec un ancien camarade, des échanges de sourire, pourquoi pas quelques rires, pas cela !
Alice détourna le regard pour se planter dans le tronc de l’arbre de la cour. Elle fronça les sourcils.
Erwan aurait voulu qu’elle lui dise qu’elle détestait frémir sous ses doigts, aimer se sentir belle dans ses yeux, attendre ses souries avec impatience.
Il avait voulu la sincérité. Il n’aurait pas supporté de la recevoir.
Alors qu’il se contente du mensonge. Comme elle. Lui n’aurait pas à s’endormir ce soir avec un poids écrasant sa poitrine. Il ne rêverait pas de ses ancêtres la dépouillant de son nom pour avoir pensé un instant être autre chose qu’une Sangblanc.
Enfin, Alice referma ses doigts autour de son cocktail. Elle tourna la tête vers Erwan. Il ne voulait pas de masque ? Très bien. Alice lui ferait l’honneur de voir son visage sans sourire. Peut-être la trouverait-il moins jolie, et perdrait de son intérêt pour elle.
Et, finalement…
Elle soupira.
Ses yeux se baissèrent sur son verre où flottait une douce odeur chocolatée qui, étonnement, ne lui apporta aucune satisfaction.
« Tu sais… » Un murmure qui, peut-être, finirait étouffer par les bruits environnant.
Elle déglutit, et inspira. Ses doigts caressèrent le verre, traçant des sillons sans formes.
«… Personne n’a jamais été aussi… sensibles que toi à ce que je pouvais… ressentir ». Elle tapota son index contre son cocktail, l’ombre d’un sourire prenant vie sur ses lèvres. « Un autre aurait pu envoyer paître mes traditions… mais pas toi. Alors… ». Elle leva à nouveau les yeux vers lui. « Merci, Erwan. Merci, pour tout. »
Pas encore ces yeux brillants. Les mêmes qui avaient précédé la larme qu’il avait versé sur la côte bretonne.
. Celle qu’elle n’arrivait pas à expliquer.
Là, le visage levé lui, son sourire bien bien accroché, Alice ne pouvait pas faire comme si elle ne l’avait pas vu. Elle souriait pourtant. Encore.
Lui ? Non. Non. Il ne souriait pas. Comme quelques jours plus tôt. Comme lorsqu’il….
Alice déglutit, et affirma son sourire. Que faire, sinon ? C’était ce qu’il attendait-elle, non ? C’était ce que tout le monde attendait d’elle. Sourire. Donner aux autres l’image qu’ils voulaient voir. Celle d’une jeune femme confiante que rien ne saurait ébranler.
Alors pourquoi ces yeux ! Ne pouvait-il pas se contenter de cela ? Pourquoi n’étaient-ils jamais satisfait ? Pourquoi lui, son second souffle, refusait de lui sourire, de mentir avec elle ? Pourquoi…
Erwan ferma les yeux et inspira. Ce geste lui donna des fragments de vérité.
Il savait qu’elle avait enfilé un masque.
Il ne voulait pas jouer avec elle.
Elle le décevait.
Mais qu’il s’étrangle avec sa déception ! Alors quoi ? Alice aurait-elle dû se plier à ses exigences et lui livrer ses vérités sur un tableau d’argent ? Et qu’en ferait-il ? Il lui expédierait au visage car il ne pourrait pas comprendre. Personne ne le pouvait.
Il ne pouvait pas savoir qu’elle se parjurait en se tenant ici, avec lui. Est-ce qu’être ici avec lui la dérangeait ? Non. Est-ce que cela rendait les choses plus simple ? Absolument pas. Etait-ce qu’il voulait entendre ? Bien sûr que non. La vérité qu’il semblait tant adorer ne lui apporterait rien. Ni satisfaction, ni douleur. Rien.
La vérité, il n’en avait pas besoin. Personne n’en avait besoin. Qu’il se contente de se mensonge, et continue à jouer avec lui.
Et surtout, qu’il lui rende ce sourire dont elle avait besoin.
Alice baissa les yeux sur les mains d’Erwan, se saisissant des verres dont elle découvrait la présence. Circée, pourquoi ne les avait-elle pas vu ?
Elle tendit la main pour récupérer son verre, s’apprêta a le remercier et… s’immobilisa en entendant la voix d’Erwan, plus que les mots.
La déception. Oui. C’était bien cela.
Il avait voulu la vérité. Il l’avait exigé. Il ne l’avait pas eu.
Alors il la punissait d’un jeu morne et d’une voix faible.
Le sourire d’Alice, jusqu’à présent figé, dégoulina le long de son visage. Ses doigts restaient ouverts autour du verre sans qu’elle ne s’en empare, trop occupée à dévorer l’expression de visage que lui jetait Erwan.
Il l’insultait, n’est-ce pas ?
Elle n’avait pas voulu lui dire la vérité, avait enfilé un masque. Il ne savait pas comment faire.
Alice, elle, savait. Alors comment avait-il décidé qu’elle ne lui disait pas la vérité ? Qu’est-ce qui l’avait trahi ? Rien. Ses masques étaient solides et lui ? Il ne la connaissait pas. Il ne savait pas voir les fêlures.
Non. Non. Non.
Il avait voulu qu’elle lui avoue quelque chose que lui même avait conscience : Alice n’avait rien à faire ici, avec lui, ou avec qui que ce soit.
Oh, alors il lui en voulait pour… ah, Grands Ancêtres ! Ce n’était pas juste ! Tout aurait dû être simple ! Un verre avec un ancien camarade, des échanges de sourire, pourquoi pas quelques rires, pas cela !
Alice détourna le regard pour se planter dans le tronc de l’arbre de la cour. Elle fronça les sourcils.
Erwan aurait voulu qu’elle lui dise qu’elle détestait frémir sous ses doigts, aimer se sentir belle dans ses yeux, attendre ses souries avec impatience.
Il avait voulu la sincérité. Il n’aurait pas supporté de la recevoir.
Alors qu’il se contente du mensonge. Comme elle. Lui n’aurait pas à s’endormir ce soir avec un poids écrasant sa poitrine. Il ne rêverait pas de ses ancêtres la dépouillant de son nom pour avoir pensé un instant être autre chose qu’une Sangblanc.
Enfin, Alice referma ses doigts autour de son cocktail. Elle tourna la tête vers Erwan. Il ne voulait pas de masque ? Très bien. Alice lui ferait l’honneur de voir son visage sans sourire. Peut-être la trouverait-il moins jolie, et perdrait de son intérêt pour elle.
Et, finalement…
Elle soupira.
Ses yeux se baissèrent sur son verre où flottait une douce odeur chocolatée qui, étonnement, ne lui apporta aucune satisfaction.
« Tu sais… » Un murmure qui, peut-être, finirait étouffer par les bruits environnant.
Elle déglutit, et inspira. Ses doigts caressèrent le verre, traçant des sillons sans formes.
«… Personne n’a jamais été aussi… sensibles que toi à ce que je pouvais… ressentir ». Elle tapota son index contre son cocktail, l’ombre d’un sourire prenant vie sur ses lèvres. « Un autre aurait pu envoyer paître mes traditions… mais pas toi. Alors… ». Elle leva à nouveau les yeux vers lui. « Merci, Erwan. Merci, pour tout. »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Un cocktail à deux étages
Tout en donnant son verre à Alice, Erwan regrettait déjà de s’être laissé aller à sa propre déception. Ça ne lui ressemblait pas. Pour sa défense, rien de tout ce qui se passait ici ne lui ressemblait. À part le décor du Pitiponk qu’il commençait à appréhender, tout ce qu’il vivait depuis qu’Alice était entrée au magasin sortait de sa zone de confort. Il n’avait pas cherché à comprendre une femme comme il cherchait à comprendre Alice depuis… trop d’années. Ressentir son cœur battre de cette façon était une musique dont il ne maîtrisait plus le rythme. Et, il fallait le dire, Alice ne lui facilitait pas la tâche, pour ne pas dire qu’elle la lui rendait difficile, voire impossible… Elle était en train de faire ce qu’Erwan pensait qu’elle n’oserait pas… Elle niait l’évidence ! Son masque, ses sourcils froncés, son soupir… Pire que nier, elle essayait de se convaincre elle-même que ce qu’elle avait ressenti à son contact n’était rien. Mais elle, au moins, restait fidèle à elle-même. Elle avait beau se mentir honteusement à elle-même, Erwan ne pouvait que se montrer admiratif de la pugnacité avec laquelle elle se refusait à ressentir la moindre émotion romantique, sensuelle ou même charnelle. Erwan lui avait vacillé. Il avait cédé à ses émotions, laissant à voir à Alice sa faiblesse, son empathie et ses failles. Était-ce tricher que d’être aussi forte à ce jeu ? Elle maîtrisait son sujet et le jeune homme avait beau constater la force de ce qu’il ressentait, cela ne semblait pas l’aider à approcher madame Sangblanc…
Et soudain sa voix. Ses mots qui touchent Erwan et qui caressent, de leur semblant de sincérité, son ego. Il n’est personne pour elle. Un homme parmi d’autres rencontré au bord d’une plage et dont elle ne sait rien, ou presque. Il s’est sûrement plus livré à elle, autant consciemment qu’inconsciemment, qu’à n’importe quelle femme qui avait croisé son chemin ces dernières années… En deux rendez-vous improvisés. Mais que peut-elle savoir de sa sincérité ? De ses intentions ? De ses aspirations ? De quel droit pouvait-il attendre d’elle qu’elle se livre ? Parce qu’il était tombé sous son charme et que tout chez lui tendait vers le juste, la bonté d’âme et la loyauté ? Ça ne lui donnait aucun droit et il se rendait compte trop tard qu’il était un imbécile heureux. Et malgré ce triste constat, Alice arrivait toujours à lui dire qu’il était comme personne. Était-ce la voix qui accompagnait le masque qui lui disait ça ? Ou bien celle d’une femme prise en pitié par un homme trop bête et intègre pour se satisfaire d’un masque ? Ou encore celle de la sincérité ? Erwan ne chercherait pas à savoir. C’était une main tendue. Peu importait au jeune homme de savoir à quel bras elle appartenait, il ne laisserait pas passer la chance de la saisir. Il n’y voyait qu’une volonté de ne pas s’attarder sur ce qu’impliquait le masque d’Alice et il comptait bien lui offrir ça. Après tout, peut-être avait-il dépassé la ligne de trop, celle qui rendrait impossible qu’ils repartagent un tel moment. Et s’il devait vivre un tel supplice, autant continuer d’en faire un délicieux moment.
Si c’était le masque qui parlait, alors elle était encore plus douée que ce qu’Erwan voulait bien lui concéder. Mais si c’était vrai, il plaignait Alice. Il feinta une petite toux pour pouvoir se racler la gorge et que sa voix reprenne sa consistance. «Alors tu disais vrai…? L’autre soir ? Sont-ils si nombreux à ne se soucier que de ton corps ou de ton nom ? Quels goujats… Je… J’n’ai pas fait grand-chose. C’est toi qui m’as confié ce que tu voulais, je n’ai fait que respecter ça. Alors merci à toi… Il accrocha une nouvelle fois son regard au sien, elle lui tendait et il y plongea sans hésiter. Le sourire revint à sa place. Naturel et généreux. Merci de m’avoir offert cette facette de toi.». C’est elle qui gagnait. Elle avait déjà gagné et gagnerait toujours. Ainsi Erwan se condamnait à jouer selon ses règles, mais il pouvait très bien décider d’y prendre du plaisir. Il avait été jusqu’à présent, depuis qu’il avait embrassé le constat de son cœur amoureux, le prisonnier de cet état. Peut-être, rien n’était sûr, pouvait-il vivre cette peine dans la joie qui le caractérisait ? Qu’est-ce qui l’en empêchait ? Après tout… Ne “voulait-il pas vivre sans hâte ? Vivre intensément ? Affronter seulement les faits essentiels de la vie et voir s’il ne pouvait pas apprendre ce qu’elle avait à lui enseigner, afin de ne pas découvrir, à l’heure de sa mort, qu’il n’avait pas vécu. Il ne voulait pas vivre ce qui n’était pas la vie, car la vie est si précieuse. Il ne voulait pas non plus se résigner, sauf en cas d’absolue nécessité. Il voulait vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie, vivre avec force et simplicité, comme un Spartiate, pour réduire à néant tout ce qui n’était pas la vie.” Thoreau le disait mieux que lui. Il amena son verre jusqu’au sien et fit tinter les deux ensemble. «Je trinque au moment présent en ta compagnie et à ce nouveau cocktail !». Le sucre de la première gorgée était aussi doux en bouche qu’Alice l’était redevenue aux yeux d’Erwan.
Merci à Henry D. Thoreau d’avoir écrit le dernier paragraphe avec moi… Alice aurait beaucoup à apprendre de lui !
Et soudain sa voix. Ses mots qui touchent Erwan et qui caressent, de leur semblant de sincérité, son ego. Il n’est personne pour elle. Un homme parmi d’autres rencontré au bord d’une plage et dont elle ne sait rien, ou presque. Il s’est sûrement plus livré à elle, autant consciemment qu’inconsciemment, qu’à n’importe quelle femme qui avait croisé son chemin ces dernières années… En deux rendez-vous improvisés. Mais que peut-elle savoir de sa sincérité ? De ses intentions ? De ses aspirations ? De quel droit pouvait-il attendre d’elle qu’elle se livre ? Parce qu’il était tombé sous son charme et que tout chez lui tendait vers le juste, la bonté d’âme et la loyauté ? Ça ne lui donnait aucun droit et il se rendait compte trop tard qu’il était un imbécile heureux. Et malgré ce triste constat, Alice arrivait toujours à lui dire qu’il était comme personne. Était-ce la voix qui accompagnait le masque qui lui disait ça ? Ou bien celle d’une femme prise en pitié par un homme trop bête et intègre pour se satisfaire d’un masque ? Ou encore celle de la sincérité ? Erwan ne chercherait pas à savoir. C’était une main tendue. Peu importait au jeune homme de savoir à quel bras elle appartenait, il ne laisserait pas passer la chance de la saisir. Il n’y voyait qu’une volonté de ne pas s’attarder sur ce qu’impliquait le masque d’Alice et il comptait bien lui offrir ça. Après tout, peut-être avait-il dépassé la ligne de trop, celle qui rendrait impossible qu’ils repartagent un tel moment. Et s’il devait vivre un tel supplice, autant continuer d’en faire un délicieux moment.
Si c’était le masque qui parlait, alors elle était encore plus douée que ce qu’Erwan voulait bien lui concéder. Mais si c’était vrai, il plaignait Alice. Il feinta une petite toux pour pouvoir se racler la gorge et que sa voix reprenne sa consistance. «Alors tu disais vrai…? L’autre soir ? Sont-ils si nombreux à ne se soucier que de ton corps ou de ton nom ? Quels goujats… Je… J’n’ai pas fait grand-chose. C’est toi qui m’as confié ce que tu voulais, je n’ai fait que respecter ça. Alors merci à toi… Il accrocha une nouvelle fois son regard au sien, elle lui tendait et il y plongea sans hésiter. Le sourire revint à sa place. Naturel et généreux. Merci de m’avoir offert cette facette de toi.». C’est elle qui gagnait. Elle avait déjà gagné et gagnerait toujours. Ainsi Erwan se condamnait à jouer selon ses règles, mais il pouvait très bien décider d’y prendre du plaisir. Il avait été jusqu’à présent, depuis qu’il avait embrassé le constat de son cœur amoureux, le prisonnier de cet état. Peut-être, rien n’était sûr, pouvait-il vivre cette peine dans la joie qui le caractérisait ? Qu’est-ce qui l’en empêchait ? Après tout… Ne “voulait-il pas vivre sans hâte ? Vivre intensément ? Affronter seulement les faits essentiels de la vie et voir s’il ne pouvait pas apprendre ce qu’elle avait à lui enseigner, afin de ne pas découvrir, à l’heure de sa mort, qu’il n’avait pas vécu. Il ne voulait pas vivre ce qui n’était pas la vie, car la vie est si précieuse. Il ne voulait pas non plus se résigner, sauf en cas d’absolue nécessité. Il voulait vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie, vivre avec force et simplicité, comme un Spartiate, pour réduire à néant tout ce qui n’était pas la vie.” Thoreau le disait mieux que lui. Il amena son verre jusqu’au sien et fit tinter les deux ensemble. «Je trinque au moment présent en ta compagnie et à ce nouveau cocktail !». Le sucre de la première gorgée était aussi doux en bouche qu’Alice l’était redevenue aux yeux d’Erwan.
Merci à Henry D. Thoreau d’avoir écrit le dernier paragraphe avec moi… Alice aurait beaucoup à apprendre de lui !
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Alice et la sincérité n’étaient pas de bonnes amies. La vérité qui pouvait se dissimuler sous ses masques et armures la terrifiait. Elle n’était pas belle, sans la moindre élégance. Elle était toujours trop brute. La plupart du temps, elle se manifestait dans la colère d’Alice ou, comme dans ce cas précis, dans la reconnaissance.
Erwan accepta sa main tendue. D’une bien étrange manière, puisqu’il profita de sa fugace sincérité pour plonger Alice dans l’embarra. Circée, Erwan Martin était-il incapable de contrôler ses mots ?
Ses lèvres s’entrouvrirent, ses sourcils se haussèrent, ses pommettes s’empourprèrent. Elle ne voulait pas entendre cela. Entendre dans sa bouche une vérité qu’Alice dont elle ne voulait plus parler. Pourquoi ? Pourquoi diable fallait-il remettre cela sur le tapis ? Pourquoi parler des autres alors qu’ils étaient là ? Alice lui avait fait part de sa reconnaissance, bien. Inutile de l’utiliser pour s’aventurer sur ce terrain là !
Il fallait s’accrocher aux autres mots. A ce merci, à cette naïveté, et surtout à ce sourire qui, enfin, revenait, balayait tout le reste. Toutes les angoisses, toutes les questions, tout les doutes. Il gardait les Ancêtres loin d’Alice, aveuglés par son éclat. Il réanimait le sourire d’Alice, qui se sentit sourire un peu plus fort.
Qu’Erwan ne cesse jamais de sourire. Sinon, il ne serait jamais plus tout à fait lui.
Ne voulant pas répondre à… cela, Alice s’accrocha à son merci pour… quoi, finalement ? “Cette facette” ? Parlait-il de ses traditions et croyances ? Des trop nombreuses superstitions qu’elle avait hérité de ses nombreux ancêtres ? Oh, si il suffisait de lui en parler pour ne plus jamais le voir s’empêtrer dans un rôle qui ne lui allait point, Alice s’y emploierait jusqu’à la fin de la nuit. Elle avait de la matière.
Dans une œillade amusée, la jeune femme se pencha un peu en avant, comme si elle s’apprêtait à confier un secret à Erwan.
« Si cette facette là ne t’a pas rebuté, j’attends de voir ce qu’il en sera pour les autres… »
Elle laissa ses yeux argentés s’accrocher aux siens, l’éclat taquin mais l’ombre d’un défi brillant à l’intérieur.
On lui avait suffisamment dit : Alice n’était pas quelqu’un avec qui il faisait bon vivre. Oui, on lui avait dit cela sans détour. Ce sentiment ne reposait pas tant sur son héritage familial que sur… beaucoup d’autres choses.
Qu’importe. Il était l’heure de trinquer. A la bonne compagnie qu’il fantasmait, et à ce cocktail qu’Alice avait hâte de goûter à nouveau.
« A toi, Erwan », rétorqua t-elle d’un coup de menton qu’elle dressa dans un rictus taquin. « Et à ce sourire qui pourrait faire choir des armées entières. »
Sans perdre l’étincelle joueuse qui brillait dans ses yeux vif-argent, Alice trempa ses lèvres dans son cocktail pour en prendre une savoureuse gorgée. Le velouté profond du chocolat explosa sur sa langue. Elle ferma les yeux de bonheur, et s’autorisa une autre gorgée, un tantinet plus grande que la précédente. C’était à se demander si il y avait de l’alcool tant le sucre était présent. Il caressait sa gorge, réchauffait son corps un peu plus encore.
Alice poussa un soupir d’aise en consentant à éloigner son verre de ses lèvres gourmandes. Ce cocktail n’était que tentation liquide.
« J’avais oublié à quel point ce breuvage est une bénédiction des Dieux. »
Erwan accepta sa main tendue. D’une bien étrange manière, puisqu’il profita de sa fugace sincérité pour plonger Alice dans l’embarra. Circée, Erwan Martin était-il incapable de contrôler ses mots ?
Ses lèvres s’entrouvrirent, ses sourcils se haussèrent, ses pommettes s’empourprèrent. Elle ne voulait pas entendre cela. Entendre dans sa bouche une vérité qu’Alice dont elle ne voulait plus parler. Pourquoi ? Pourquoi diable fallait-il remettre cela sur le tapis ? Pourquoi parler des autres alors qu’ils étaient là ? Alice lui avait fait part de sa reconnaissance, bien. Inutile de l’utiliser pour s’aventurer sur ce terrain là !
Il fallait s’accrocher aux autres mots. A ce merci, à cette naïveté, et surtout à ce sourire qui, enfin, revenait, balayait tout le reste. Toutes les angoisses, toutes les questions, tout les doutes. Il gardait les Ancêtres loin d’Alice, aveuglés par son éclat. Il réanimait le sourire d’Alice, qui se sentit sourire un peu plus fort.
Qu’Erwan ne cesse jamais de sourire. Sinon, il ne serait jamais plus tout à fait lui.
Ne voulant pas répondre à… cela, Alice s’accrocha à son merci pour… quoi, finalement ? “Cette facette” ? Parlait-il de ses traditions et croyances ? Des trop nombreuses superstitions qu’elle avait hérité de ses nombreux ancêtres ? Oh, si il suffisait de lui en parler pour ne plus jamais le voir s’empêtrer dans un rôle qui ne lui allait point, Alice s’y emploierait jusqu’à la fin de la nuit. Elle avait de la matière.
Dans une œillade amusée, la jeune femme se pencha un peu en avant, comme si elle s’apprêtait à confier un secret à Erwan.
« Si cette facette là ne t’a pas rebuté, j’attends de voir ce qu’il en sera pour les autres… »
Elle laissa ses yeux argentés s’accrocher aux siens, l’éclat taquin mais l’ombre d’un défi brillant à l’intérieur.
On lui avait suffisamment dit : Alice n’était pas quelqu’un avec qui il faisait bon vivre. Oui, on lui avait dit cela sans détour. Ce sentiment ne reposait pas tant sur son héritage familial que sur… beaucoup d’autres choses.
Qu’importe. Il était l’heure de trinquer. A la bonne compagnie qu’il fantasmait, et à ce cocktail qu’Alice avait hâte de goûter à nouveau.
« A toi, Erwan », rétorqua t-elle d’un coup de menton qu’elle dressa dans un rictus taquin. « Et à ce sourire qui pourrait faire choir des armées entières. »
Sans perdre l’étincelle joueuse qui brillait dans ses yeux vif-argent, Alice trempa ses lèvres dans son cocktail pour en prendre une savoureuse gorgée. Le velouté profond du chocolat explosa sur sa langue. Elle ferma les yeux de bonheur, et s’autorisa une autre gorgée, un tantinet plus grande que la précédente. C’était à se demander si il y avait de l’alcool tant le sucre était présent. Il caressait sa gorge, réchauffait son corps un peu plus encore.
Alice poussa un soupir d’aise en consentant à éloigner son verre de ses lèvres gourmandes. Ce cocktail n’était que tentation liquide.
« J’avais oublié à quel point ce breuvage est une bénédiction des Dieux. »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Un cocktail à deux étages
Un instant leur avait suffi pour retrouver le chemin du jeu qui consistait visiblement à plaire à l’autre sans pour autant attendre que l’autre en fasse quelque chose. Erwan commençait à comprendre la supercherie et dans quelle mesure c’était faux, mais il comprenait aussi que malgré leur fausseté, ces moments n’étaient pas creux pour autant. Lui qui était amoureux de la franchise, de la vérité, avait pourtant décidé de suivre aveuglément Alice. Il ne savait pas où elle le menait, mais elle y allait coûte que coûte et l’épiphanie qui avait suivi sa déception le poussait à la suivre. Il savait que tout n’était que faux-semblant et poudre aux yeux, mais il lui en fallait plus pour venir à bout de son optimisme. Il se refusait surtout d’admettre à son cœur que ce qui l’attendait n’était pas agréable… Erwan, lui, restait et resterait vrai quoi qu’il arrive. Alors certes la forme n’était pas honnête, mais ce qui animait ce changement de posture était la vérité pure. Ses sentiments pour cette femme qui n’en voulait pas étaient vrais. Sans pouvoir l’expliquer, contre toute forme de logique, de raison, il se sentait amoureux de tout ce qu’elle était ; que ce soit ses failles, ses masques qu’elle portait pour se protéger, ses hésitations, ses changements d’attitude, ses contradictions… Elle n’était pas parfaite. Elle avait des défauts, des imperfections et Erwan en était amoureux. La plupart des hommes craquent pour ce qui est beau. Ils ne voient que ça, ne veulent que ça. Erwan n’était pas comme ça. Il aimait le tout, dans sa parfaite imperfection.
Il accompagna Alice dans une deuxième gorgée. Pour avoir vu derrière le comptoir où se trouvait Christopher, il savait que les résultats n’avaient rien à voir avec les dieux, mais il fallait reconnaître que ce cocktail n’était rien d’autre qu’un excellent gâteau liquide ! Il ne remplacerait pas l’efficacité du cocktail à base de jus de fruits lors des chaudes journées comme celle-ci, pourtant il charmait les papilles d’Erwan. La légende qui racontait que l’estomac et les papilles des Poufsouffle étaient reliés à leur cœur était peut-être vraie… Il mettait ça sur le goût, mais son approbation gustative était grandement influencée par le fait qu’Alice avait proposé ça. «Je comprends pourquoi ça t’a marqué ! C’est vraiment très bon. On en oublierait presque que c’est une boisson alcoolisée…». La température extérieure ne semblait décliner que de très peu, mais Erwan, lui, commençait à avoir chaud. Entre la moite atmosphère de juillet, l’alcool et l’ardeur avec laquelle brûlait son cœur, il ne pouvait plus nier qu’il avait chaud. Il déboutonna le bouton le plus haut de sa chemise afin que l’air circule plus facilement. Il n’avait pas déboutonné sa chemise pour Alice, non… C’était vraiment pour lutter contre la chaleur qui semblait l’encercler. Par contre… C’était possible que la façon avec laquelle il avait écarté son col pour dévoiler ses épaules et un peu plus son cou soit destinée à attirer le regard d’Alice… Il n’avait pas d’excuse pour tout ! Si elle était la beauté incarnée, il pensait ne pas être trop mal non plus. Il ne lui imposait rien, ne lui demandait rien, mais il ne serait pas contre qu’à son tour, elle puisse le trouver beau. Son tatouage de voyage attirerait même peut-être son œil, même si Erwan était persuadé qu’elle préférait l’ignorer plutôt que d’admettre qu’elle avait regardé si loin sous sa chemise…
Vraisemblablement, le jeu d’Alice avait ses avantages. Le jeune homme n’en oubliait pas pour autant sa montagne de défauts, mais cette légèreté qu’il se permettait d’arborer n’aurait pas eu sa place si la jeune femme n’avait pas évité la tentative sincère d’Erwan de la connaître plus profondément. Quitte à ce qu’aucune solution ne soit bonne, il préférait mille fois celle où il pouvait jouer de son corps pour espérer voir roser ses joues que celle où elle le laissait en plan à réfléchir à ce qu’il avait mal fait. Son sourire, qu’elle semblait tant apprécier, restait quoi qu’il arrive le même. Il lui en avait promis un tas et il n’avait pas menti. Il posa le verre devant lui, à côté de celui d’Alice, conscient que cette soudaine chaleur était probablement l’œuvre de l’alcool qu’ils avaient si vite bu. «Quels sont tes plans pour après ?». S’il avait été sobre, probablement qu’il aurait mieux exprimé son interrogation. Il voulait savoir ce qu’Alice avait prévu ces prochaines semaines. Elle n’avait pas encore dû recevoir la réponse de l’école qu’elle visait mais était pourtant revenue en Angleterre. Elle devait avoir un programme, une direction, des plans, pour être revenue ici et avoir le temps de s’offrir des fins de journée en compagnie d’Erwan…? Il était vraiment intéressé par ce que réservait l’avenir proche à la jeune femme, mais il voulait aussi savoir s’il était possible qu’une telle opportunité se représente. Sans le dire, en posant la question à demi-mots, pour ne surtout pas avoir à assumer une nouvelle fois sa vraie sincérité. Enfin là… C’était plus à quart-mot qu’à demi… Il ne s’était même pas rendu compte que sa question vide de précisions pouvait prêter à confusion. Tant pis. De toute façon, si Alice continuait à esquiver avec autant de talent ses appels du pied, elle choisirait d’elle-même de considérer sa question comme une demande de ce qu’elle allait faire ces prochains mois.
Il accompagna Alice dans une deuxième gorgée. Pour avoir vu derrière le comptoir où se trouvait Christopher, il savait que les résultats n’avaient rien à voir avec les dieux, mais il fallait reconnaître que ce cocktail n’était rien d’autre qu’un excellent gâteau liquide ! Il ne remplacerait pas l’efficacité du cocktail à base de jus de fruits lors des chaudes journées comme celle-ci, pourtant il charmait les papilles d’Erwan. La légende qui racontait que l’estomac et les papilles des Poufsouffle étaient reliés à leur cœur était peut-être vraie… Il mettait ça sur le goût, mais son approbation gustative était grandement influencée par le fait qu’Alice avait proposé ça. «Je comprends pourquoi ça t’a marqué ! C’est vraiment très bon. On en oublierait presque que c’est une boisson alcoolisée…». La température extérieure ne semblait décliner que de très peu, mais Erwan, lui, commençait à avoir chaud. Entre la moite atmosphère de juillet, l’alcool et l’ardeur avec laquelle brûlait son cœur, il ne pouvait plus nier qu’il avait chaud. Il déboutonna le bouton le plus haut de sa chemise afin que l’air circule plus facilement. Il n’avait pas déboutonné sa chemise pour Alice, non… C’était vraiment pour lutter contre la chaleur qui semblait l’encercler. Par contre… C’était possible que la façon avec laquelle il avait écarté son col pour dévoiler ses épaules et un peu plus son cou soit destinée à attirer le regard d’Alice… Il n’avait pas d’excuse pour tout ! Si elle était la beauté incarnée, il pensait ne pas être trop mal non plus. Il ne lui imposait rien, ne lui demandait rien, mais il ne serait pas contre qu’à son tour, elle puisse le trouver beau. Son tatouage de voyage attirerait même peut-être son œil, même si Erwan était persuadé qu’elle préférait l’ignorer plutôt que d’admettre qu’elle avait regardé si loin sous sa chemise…
Vraisemblablement, le jeu d’Alice avait ses avantages. Le jeune homme n’en oubliait pas pour autant sa montagne de défauts, mais cette légèreté qu’il se permettait d’arborer n’aurait pas eu sa place si la jeune femme n’avait pas évité la tentative sincère d’Erwan de la connaître plus profondément. Quitte à ce qu’aucune solution ne soit bonne, il préférait mille fois celle où il pouvait jouer de son corps pour espérer voir roser ses joues que celle où elle le laissait en plan à réfléchir à ce qu’il avait mal fait. Son sourire, qu’elle semblait tant apprécier, restait quoi qu’il arrive le même. Il lui en avait promis un tas et il n’avait pas menti. Il posa le verre devant lui, à côté de celui d’Alice, conscient que cette soudaine chaleur était probablement l’œuvre de l’alcool qu’ils avaient si vite bu. «Quels sont tes plans pour après ?». S’il avait été sobre, probablement qu’il aurait mieux exprimé son interrogation. Il voulait savoir ce qu’Alice avait prévu ces prochaines semaines. Elle n’avait pas encore dû recevoir la réponse de l’école qu’elle visait mais était pourtant revenue en Angleterre. Elle devait avoir un programme, une direction, des plans, pour être revenue ici et avoir le temps de s’offrir des fins de journée en compagnie d’Erwan…? Il était vraiment intéressé par ce que réservait l’avenir proche à la jeune femme, mais il voulait aussi savoir s’il était possible qu’une telle opportunité se représente. Sans le dire, en posant la question à demi-mots, pour ne surtout pas avoir à assumer une nouvelle fois sa vraie sincérité. Enfin là… C’était plus à quart-mot qu’à demi… Il ne s’était même pas rendu compte que sa question vide de précisions pouvait prêter à confusion. Tant pis. De toute façon, si Alice continuait à esquiver avec autant de talent ses appels du pied, elle choisirait d’elle-même de considérer sa question comme une demande de ce qu’elle allait faire ces prochains mois.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Le sucre, il n’y avait bien que cela pour museler un esprit ruminant. Gorgée de chocolat et d’amande, Alice oubliait momentanément les troubles qui l’avaient ébranlées plus tôt. Les saveurs dansaient sur sa langue, caressaient ses lèvres, embrassaient sa gorge. Elle s’autorisa une nouvelle gorgée, ses yeux braqués sur Erwan dans l’espoir de lire dans les siens la même plénitude que la sienne.
Vraiment très bon ? Erwan… il ne goûterait jamais rien de plus parfait que cette association gustative. C’était comme boire un fondant au chocolat nappé de sirop d’amande. Qu’il parvienne à lui faire ingurgiter quelque chose de plus intense que cela et Alice s’engageait à dresser un autel à son nom !
« Peut-être est-ce parce que l’alcool y est presque infime ? » supposa t-elle, ses yeux tombant sur son cocktail. Alice ne se souvenait que de la chaleur après l’avoir terminé. Elle fut bienvenue au moment d’arpenter les rues enneigées de Paris.
Celle qu’elle ressentait à présent, Alice la devait à la température, elle le savait. Sa robe, bien qu’étudiée pour supporter la saison estivale, n’en demeurait pas moins près du corps.
Encore quelques années auparavant, Alice n’aurait pas supporter sentir son corps aussi mis en avant par sa tenue. Elle aurait drapé ses épaules d’une cape en cachemire pour cacher ses hanches sculptées par la dentelle et la nudité de ses épaules. Aujourd’hui ? Alice n’y faisait presque plus attention. Presque. Elle n’aimait toujours pas sentir les regards sur elle, mais savait corriger les malappris. Erwan avait la politesse de ne point la dévorer des yeux, et en cela Alice le remerciait.
Ses lèvres trempées dans son verre, elle l’observa avec douceur, reconnaissante pour tout ce qu’il était, et…
Les doigts d’Erwan déboutonnèrent sa chemise. Un bouton. Juste un. Elle suivit leur mouvement, le tissu s’écartant, la peau se dévoilant. Encrée. Alice sentit ses lèvres s’entrouvrirent à mesure que ses yeux suivaient les tracés d’un tatouage qu’elle n’avait point imaginé se cacher derrière cette chemise. Sa curiosité était piquée alors qu’elle comprenait qu’elle ne pourrait pas en voir plus tant que Erwan garderait sa chemise. Quelle frustration. Elle aurait aimé voir le tissu glisser le long de son bras pour…
Non. Suffit.
Ce genre de pensé n’avait nullement sa place dans l’esprit d’Alice. Son corps lui rappela en rougissant ses joues.
Une nouvelle gorgée, et Alice détourna enfin les yeux de cette clavicule exposée, non sans envie d’y retourner.
La soudaine question d’Erwan permit à Alice de se concentrer sur quelque chose de bien moins répréhensible que ses pensés actuelles.
Ses plans pour après. Sans doute voulait-il parler des projets de vie d’une Alice de retour sur la terre qui l’avait vu grandir.
Elle baissa les yeux sur le verre qu’il posa à côté du sien. Aux vues de la ligne chocolatée qui bordait son verre, Erwan appréciait lui aussi le cocktail à sa juste valeur. Peut-être pas autant qu’Alice, qui bu une nouvelle gorgée avant de répondre.
« J’ai envoyé ma candidature pour rejoindre la Grande École de l’Art du Duel, donc dés septembre je serai de nouveau étudiante. Ensuite… eh bien… »
Alice se tut un instant, réfléchissant à la meilleure formulation pour parler de ses projets.
Ah… ses grands projets.
Devrait-elle lui dire qu’elle comptait sur sa victoire au Tournoi d’Excellence pour prendre place au Conseil des Sorciers et ainsi les détruire de l’intérieur ?
Qu’elle avait décidé d’annihiler ses rêves pour redonner sa gloire d’antan à son pays ?
Qu’elle…
Alice haussa une épaule dans un sourire, ses yeux plongés dans les siens. Son regard glissa sur les lèvres d’Erwan pour admirer son sourire. Elle souffla un rire en revenant à ses yeux verts.
« Ensuite, nous verrons bien, n’est-ce-pas ? Une fois diplômée, je pourrai devenir duelliste professionnelle et parcourir le monde. »
Elle appuya son coude sur la table, son menton se posant dans le creux de sa paume. Un sourire au bord de lèvres encore nappée de saveur chocolatée, elle battit des cils avec une lenteur outrageuse.
« Peut-être te prendrais-je avec moi comme guide, lorsqu’il me faudra gagner l’Inde pour un grand tournoi. »
Ce sourire, Alice voulait le voir vaciller. Juste pour une seconde ou deux, avant qu'il ne revienne plus beau encore.
Vraiment très bon ? Erwan… il ne goûterait jamais rien de plus parfait que cette association gustative. C’était comme boire un fondant au chocolat nappé de sirop d’amande. Qu’il parvienne à lui faire ingurgiter quelque chose de plus intense que cela et Alice s’engageait à dresser un autel à son nom !
« Peut-être est-ce parce que l’alcool y est presque infime ? » supposa t-elle, ses yeux tombant sur son cocktail. Alice ne se souvenait que de la chaleur après l’avoir terminé. Elle fut bienvenue au moment d’arpenter les rues enneigées de Paris.
Celle qu’elle ressentait à présent, Alice la devait à la température, elle le savait. Sa robe, bien qu’étudiée pour supporter la saison estivale, n’en demeurait pas moins près du corps.
Encore quelques années auparavant, Alice n’aurait pas supporter sentir son corps aussi mis en avant par sa tenue. Elle aurait drapé ses épaules d’une cape en cachemire pour cacher ses hanches sculptées par la dentelle et la nudité de ses épaules. Aujourd’hui ? Alice n’y faisait presque plus attention. Presque. Elle n’aimait toujours pas sentir les regards sur elle, mais savait corriger les malappris. Erwan avait la politesse de ne point la dévorer des yeux, et en cela Alice le remerciait.
Ses lèvres trempées dans son verre, elle l’observa avec douceur, reconnaissante pour tout ce qu’il était, et…
Les doigts d’Erwan déboutonnèrent sa chemise. Un bouton. Juste un. Elle suivit leur mouvement, le tissu s’écartant, la peau se dévoilant. Encrée. Alice sentit ses lèvres s’entrouvrirent à mesure que ses yeux suivaient les tracés d’un tatouage qu’elle n’avait point imaginé se cacher derrière cette chemise. Sa curiosité était piquée alors qu’elle comprenait qu’elle ne pourrait pas en voir plus tant que Erwan garderait sa chemise. Quelle frustration. Elle aurait aimé voir le tissu glisser le long de son bras pour…
Non. Suffit.
Ce genre de pensé n’avait nullement sa place dans l’esprit d’Alice. Son corps lui rappela en rougissant ses joues.
Une nouvelle gorgée, et Alice détourna enfin les yeux de cette clavicule exposée, non sans envie d’y retourner.
La soudaine question d’Erwan permit à Alice de se concentrer sur quelque chose de bien moins répréhensible que ses pensés actuelles.
Ses plans pour après. Sans doute voulait-il parler des projets de vie d’une Alice de retour sur la terre qui l’avait vu grandir.
Elle baissa les yeux sur le verre qu’il posa à côté du sien. Aux vues de la ligne chocolatée qui bordait son verre, Erwan appréciait lui aussi le cocktail à sa juste valeur. Peut-être pas autant qu’Alice, qui bu une nouvelle gorgée avant de répondre.
« J’ai envoyé ma candidature pour rejoindre la Grande École de l’Art du Duel, donc dés septembre je serai de nouveau étudiante. Ensuite… eh bien… »
Alice se tut un instant, réfléchissant à la meilleure formulation pour parler de ses projets.
Ah… ses grands projets.
Devrait-elle lui dire qu’elle comptait sur sa victoire au Tournoi d’Excellence pour prendre place au Conseil des Sorciers et ainsi les détruire de l’intérieur ?
Qu’elle avait décidé d’annihiler ses rêves pour redonner sa gloire d’antan à son pays ?
Qu’elle…
Alice haussa une épaule dans un sourire, ses yeux plongés dans les siens. Son regard glissa sur les lèvres d’Erwan pour admirer son sourire. Elle souffla un rire en revenant à ses yeux verts.
« Ensuite, nous verrons bien, n’est-ce-pas ? Une fois diplômée, je pourrai devenir duelliste professionnelle et parcourir le monde. »
Elle appuya son coude sur la table, son menton se posant dans le creux de sa paume. Un sourire au bord de lèvres encore nappée de saveur chocolatée, elle battit des cils avec une lenteur outrageuse.
« Peut-être te prendrais-je avec moi comme guide, lorsqu’il me faudra gagner l’Inde pour un grand tournoi. »
Ce sourire, Alice voulait le voir vaciller. Juste pour une seconde ou deux, avant qu'il ne revienne plus beau encore.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Un cocktail à deux étages
Résister à l’envie de dire tout haut à Alice ce qu’il pensait tout bas lui demandait tout de même un effort. Mais si cela lui permettait une nouvelle fois de voir sa peau se colorer sans même cette fois que leurs peaux ne se touchent… Peut-être que ça en valait la peine. C’était toujours mieux que de voir ses talons quitter leur rendez-vous par peur d’avoir à être trop honnête avec Erwan. Alice lui avait déjà parlé de la GEAD la semaine passée, peut-être lui était-ce sorti de la tête, et, comme la semaine passée, le visage d’Eileen s’invita dans son esprit. Ainsi, les deux seules femmes qui avaient trouvé la brèche qui menait à son cœur seraient dans la même école à la rentrée… Imaginer les deux femmes ensemble laissait un sentiment mitigé à Erwan. Il n’y avait plus aucune rancœur de son côté depuis longtemps, le temps et les efforts avaient fait leur œuvre. Ils avaient très bien joué leurs rôles ces deux dernières années, feignant une amitié qui était bien plus agréable que la rancœur ou l’oubli. Erwan avait finalement accepté l’idée qu’il resterait toujours les résidus d’une tendresse qu’ils avaient partagée dans la plus grande sincérité. Ce n’était ni bien ni mal ; cela pouvait parfois pousser Erwan à la nostalgie quand il y pensait, mais sans jamais pour autant nourrir de regrets ou de remords. Avec le peu de recul qu’il avait, Erwan trouvait que c’était une façon assez saine de cultiver l’image de ce qu’avait été son premier amour. Mais il réalisait maintenant, alors que l’image d’Alice et Eileen discutant dans les couloirs de la Grande École de l’Art du Duel prenait plus de consistance dans son esprit, que c’était sûrement ça qui rendait la chose troublante. Et si, par un curieux hasard, elles venaient à discuter un jour d’Erwan ? Que dirait l’Irlandaise à Alice ?
Autant ne pas y penser finit par se dire Erwan dans sa tête. Quelles étaient les chances qu’elles se croisent, sympathisent et échangent des banalités ? Et quand bien même ce peu probable scénario arrivait, pourquoi discuteraient-elles d’Erwan ?? Ce dernier reprit son verre pour accompagner Alice dans ses gorgées. Plus il buvait le cocktail, plus il se devait d’avouer que c’était excellent. Il le reposa tout de même assez vite. Il avait toujours chaud, autant pour les mêmes raisons qui lui avaient fait ouvrir d’un bouton sa chemise que pour la réaction d’Alice qui en avait ouvert un deuxième avec ses yeux. Heureusement pour elle, malheureusement pour lui, elle sut saisir la perche que lui avait tendue Erwan sans y voir, il en fut soulagé, la moindre ambiguïté. C’était donc un chemin déjà bien balisé, comme l’avait imaginé le jeune homme après qu’elle lui ait parlé de son futur sur les bords de la Manche. GEAD, carrière de duelliste autour du monde. Mais le silence qu’elle posa au milieu du chemin balisé que devait être sa vie alluma une torche qui faisait la lumière sur tout un espace de possibilités. Que n’avait-elle pas dit ? Juste avant qu’elle évoque sa carrière, il y avait eu un espace vide, un sentier qui déviait du chemin balisé, mais dont elle ne voulait pas parler… Fort de son expérience désormais, il se garderait bien de vouloir chercher ce qu’elle dissimulait sous ce silence. Peut-être l’apprendrait-il un jour ou peut-être pas. Alors qu’il se gratifiait moralement d’avoir cette présence d’esprit de taire sa curiosité, il fut rapidement ramené à la conversation. Avait-elle évoqué la possibilité qu’ils partent ensemble à l’autre bout du monde ? Il lui semblait bien… Par Merlin, comment faisait-elle ça ? Comment arrivait-elle à rendre fou Erwan avec tant de flegme et de calme ? Elle avait déjà gagné le jeu… Pourquoi fallait-il qu’elle soit cette joueuse qui, une fois la partie remportée, se vantait de sa victoire et t’expliquait pourquoi tu avais perdu… ?
Il n’était pas mauvais perdant. Erwan avait toujours su reconnaître la valeur des valeureux adversaires qui le surpassaient. En bon joueur qu’il était, encore meilleur depuis qu’il avait abdiqué et jouait le jeu léger et désinvolte que lui avait imposé Alice, il ne lui offrit qu’un sourire béat comme première réponse. Puis, cherchant la phrase qu’elle voulait entendre, il s’adossa à nouveau sur le banc, posant ses bras sur le dossier. «Il y a des tas d’endroits où je pourrais te guider. Mais tu me flattes pour obtenir mon sourire ! Tu ne penseras plus à moi quand tu en seras là… Si j’me trompe, je te suivrai partout où tu me demanderas de te guider.». Son sourire s’affirma tellement qu’il fit plisser ses yeux. Lui, ne faisait pas des promesses en l’air. Il était fier d’avoir réussi, tout d’abord, à glisser autant de malice dans sa réponse sincère, mais également d’avoir évité le sujet de l’Inde. Il avait beau se refaire le film de leur rendez-vous breton, il n’avait pas souvenir de lui avoir tant parlé de l’Inde que ça. Pour sûr, il avait évoqué qu’Anjali venait de là-bas, que c’était un beau pays, mais jamais il n’avait dit connaître assez bien le pays pour en être un guide légitime. Alice cherchait-elle à en savoir plus sur ce qu’il avait vécu là-bas ? Se pouvait-il que l’existence de son fils l’intrigue ou la dérange au point de passer par un chemin de traverse pour en apprendre plus ? Le soleil avait désormais assez entamé sa descente pour que l’ombre ait gagné la cour du Pitiponk. La chaleur aurait dû redescendre, mais rien n’y faisait… Erwan commençait à accepter l’idée que tant qu’il serait ici, à boire des cocktails en aussi bonne compagnie, l’atmosphère ne se rafraîchirait pas.
Autant ne pas y penser finit par se dire Erwan dans sa tête. Quelles étaient les chances qu’elles se croisent, sympathisent et échangent des banalités ? Et quand bien même ce peu probable scénario arrivait, pourquoi discuteraient-elles d’Erwan ?? Ce dernier reprit son verre pour accompagner Alice dans ses gorgées. Plus il buvait le cocktail, plus il se devait d’avouer que c’était excellent. Il le reposa tout de même assez vite. Il avait toujours chaud, autant pour les mêmes raisons qui lui avaient fait ouvrir d’un bouton sa chemise que pour la réaction d’Alice qui en avait ouvert un deuxième avec ses yeux. Heureusement pour elle, malheureusement pour lui, elle sut saisir la perche que lui avait tendue Erwan sans y voir, il en fut soulagé, la moindre ambiguïté. C’était donc un chemin déjà bien balisé, comme l’avait imaginé le jeune homme après qu’elle lui ait parlé de son futur sur les bords de la Manche. GEAD, carrière de duelliste autour du monde. Mais le silence qu’elle posa au milieu du chemin balisé que devait être sa vie alluma une torche qui faisait la lumière sur tout un espace de possibilités. Que n’avait-elle pas dit ? Juste avant qu’elle évoque sa carrière, il y avait eu un espace vide, un sentier qui déviait du chemin balisé, mais dont elle ne voulait pas parler… Fort de son expérience désormais, il se garderait bien de vouloir chercher ce qu’elle dissimulait sous ce silence. Peut-être l’apprendrait-il un jour ou peut-être pas. Alors qu’il se gratifiait moralement d’avoir cette présence d’esprit de taire sa curiosité, il fut rapidement ramené à la conversation. Avait-elle évoqué la possibilité qu’ils partent ensemble à l’autre bout du monde ? Il lui semblait bien… Par Merlin, comment faisait-elle ça ? Comment arrivait-elle à rendre fou Erwan avec tant de flegme et de calme ? Elle avait déjà gagné le jeu… Pourquoi fallait-il qu’elle soit cette joueuse qui, une fois la partie remportée, se vantait de sa victoire et t’expliquait pourquoi tu avais perdu… ?
Il n’était pas mauvais perdant. Erwan avait toujours su reconnaître la valeur des valeureux adversaires qui le surpassaient. En bon joueur qu’il était, encore meilleur depuis qu’il avait abdiqué et jouait le jeu léger et désinvolte que lui avait imposé Alice, il ne lui offrit qu’un sourire béat comme première réponse. Puis, cherchant la phrase qu’elle voulait entendre, il s’adossa à nouveau sur le banc, posant ses bras sur le dossier. «Il y a des tas d’endroits où je pourrais te guider. Mais tu me flattes pour obtenir mon sourire ! Tu ne penseras plus à moi quand tu en seras là… Si j’me trompe, je te suivrai partout où tu me demanderas de te guider.». Son sourire s’affirma tellement qu’il fit plisser ses yeux. Lui, ne faisait pas des promesses en l’air. Il était fier d’avoir réussi, tout d’abord, à glisser autant de malice dans sa réponse sincère, mais également d’avoir évité le sujet de l’Inde. Il avait beau se refaire le film de leur rendez-vous breton, il n’avait pas souvenir de lui avoir tant parlé de l’Inde que ça. Pour sûr, il avait évoqué qu’Anjali venait de là-bas, que c’était un beau pays, mais jamais il n’avait dit connaître assez bien le pays pour en être un guide légitime. Alice cherchait-elle à en savoir plus sur ce qu’il avait vécu là-bas ? Se pouvait-il que l’existence de son fils l’intrigue ou la dérange au point de passer par un chemin de traverse pour en apprendre plus ? Le soleil avait désormais assez entamé sa descente pour que l’ombre ait gagné la cour du Pitiponk. La chaleur aurait dû redescendre, mais rien n’y faisait… Erwan commençait à accepter l’idée que tant qu’il serait ici, à boire des cocktails en aussi bonne compagnie, l’atmosphère ne se rafraîchirait pas.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Le sourire avait vacillé ! Il s’était mué en béatitude, arrachant à Alice un léger sursaut de satisfaction. Ce fut infime, presque invisible, mais ses yeux s’étaient ouvert un peu plus grand.
… Pourquoi avait-elle cherché à voir son sourire se métamorphoser ? Ah, qu’importait. Elle l’avait voulu, et l’avait eu. Il s’agissait d’une victoire, et Alice l’acceptait.
En vérité, la française n’avait que peu d’intérêt pour l’Inde en particulier, ou pour l’Asie dans sa globalité. Elle avait bien plus d’attrait pour les pays scandinaves, ou ceux du bassin méditerranéen. Mais il fallait bien complimenter Erwan, s’assurer qu’il ne reparte point dans un sentimentalisme dont elle ne saurait quoi faire. Et… non, Alice ne cherchait point à le flatter. Si tel avait-été son souhait, elle se serait accroché à ce qui pouvait faire sa fierté, ou ce qu’il mettait naturellement en valeur, peut-être même sans s’en rendre compte.
Pour le moment, Alice n’était pas encore parvenu à trouver ce petit quelque qu’Erwan pourrait vouloir montrer plus qu’autre chose. Elle n’avait que des suppositions qu’il faudrait transformer en vérité. Et, non, Erwan ne faisait pas exception à la règle : chaque être vivant sur cette planète est capable de définir ce qui attire l’oeil de la proie.
Par exemple, Thomas savait que ses sourires ne laissaient pas indifférents. Alice l’avait suffisamment observé pour reconnaître ses techniques de chasse.
Tante Elise, elle, mettait en avant la courbure de son corps svelte, taillé par la course. Mais la belle dame n’avait qu’à tendre un coude pour que se jettent à ses pieds des prétendants par centaine… puisqu’il s’agissait d’hommes. De faibles choses régies par leurs émotions et pulsions n’avaient nullement besoin de grandes subterfuges pour tomber en pâmoison. Un morceau de peau ou, parfois, un sourire suffisait pour qu’ils pensent que la femme est prête à se donner à eux. Misérables pourceaux.
Erwan, donc ! Erwan… Alice songerait plus tard à ce qu’il pouvait mettre en avant pour tenter de l’attirer dans ses filets. Il venait de lui tendre un bâton pour se faire battre, ou une main qu’il voulait la voir attraper.
Ce qu’elle attrapa en premier fut son verre. Elle le porta à ses lèvres en plongeant son regard d’argent dans le sien, avalant une longue gorgée du breuvage sucré, de quoi lui laisser le temps de préparer sa réponse tout en contemplant la manière dont des yeux s’étaient plissés tant son sourire s’était agrandit. Erwan était vraiment beau garçon… et il le savait. Bien sûr. Alice le voyait à la manière dont il dépliait ses membres. Lorsqu’il marchait, il le faisait avec confiance. Il n’y avait pas la moindre trace d’hésitation chez ce garçon. Alice ne l’intimidait pas. C’était pourtant ce qu’elle cherchait à faire. Intimider. Pour laisser les hommes loin d’elle.
D’une certaine manière, savoir que cela ne marchait pas pour Erwan était frustrant. Cela signifiait qu’Alice avait échouer quelque part, ou qu’il était sincèrement intéressé par elle.
Alice fit rouler ses lèvres l’une contre l’autre en déposant son verre sur la table, non loin de celui d’Erwan.
« Comme si il était aisé d’oublier ton existence… » Elle leva les yeux au ciel dans un sourire, puis les fit retomber dans ceux d’Erwan. Ce qu’ils pouvaient être beaux. Les yeux verts étaient fascinants. « Mais soit. Je te prends au mot. Une fois diplômée, je viendrai te récupérer auprès de ton patron, lui disant que tu m’as promit de me servir de guide où que j’aille». Son sourire s’aiguisa, désormais plus joueur.
Quels jolis mensonges. Alice aurait pu finir par se convaincre qu’elle serait un jour amené à vivre cette vie de voyage éternel, acclamée par un public enfiévré par ses prodigieuses démonstration de duelliste.
Mais l’avenir serait tout autre, puisqu’elle se l’était promis.
Alice se mit un peu plus de profil, son épaule nue effleurant le bras qu’Erwan avait posé sur le banc. Ce geste ne lui arracha aucun frémissement cette fois : c’était elle qui en etait instauratrice. Son corps ne la trahirait pas. Il lui obéirait. Oh, oui, il allait lui obéir.
Il ne flancherait pas sous le contact d’un homme. Son visage ne s’empourprait plus. Il ne la trahirait pas. Alice ne lui permettrait plus. Et pour lui prouver, elle osa. Oui, elle osa se pencher un peu. Elle osa laisser ses yeux glisser sur la clavicule nue d’Erwan. Elle osa tendre ses doigts vers sa chemise déboutonnée, sentir la chaleur exsudant de sa peau. Elle osa faire mine qu’elle allait tirer un peu sur le tissu… mais, finalement, leva ses yeux vers le visage d’Erwan pour lui sourire.
Et ce corps ? Ce traitre ? Il resta docile. C’était de que l’on attendait de lui, le tout etait de lui rappeler.
« Je ne t’imaginais pas tatoué. »
Le corps, c’était une chose. Mais l’esprit aurait-il consenti à agir ainsi, un jour sans cette chaleur félonne ?
… Pourquoi avait-elle cherché à voir son sourire se métamorphoser ? Ah, qu’importait. Elle l’avait voulu, et l’avait eu. Il s’agissait d’une victoire, et Alice l’acceptait.
En vérité, la française n’avait que peu d’intérêt pour l’Inde en particulier, ou pour l’Asie dans sa globalité. Elle avait bien plus d’attrait pour les pays scandinaves, ou ceux du bassin méditerranéen. Mais il fallait bien complimenter Erwan, s’assurer qu’il ne reparte point dans un sentimentalisme dont elle ne saurait quoi faire. Et… non, Alice ne cherchait point à le flatter. Si tel avait-été son souhait, elle se serait accroché à ce qui pouvait faire sa fierté, ou ce qu’il mettait naturellement en valeur, peut-être même sans s’en rendre compte.
Pour le moment, Alice n’était pas encore parvenu à trouver ce petit quelque qu’Erwan pourrait vouloir montrer plus qu’autre chose. Elle n’avait que des suppositions qu’il faudrait transformer en vérité. Et, non, Erwan ne faisait pas exception à la règle : chaque être vivant sur cette planète est capable de définir ce qui attire l’oeil de la proie.
Par exemple, Thomas savait que ses sourires ne laissaient pas indifférents. Alice l’avait suffisamment observé pour reconnaître ses techniques de chasse.
Tante Elise, elle, mettait en avant la courbure de son corps svelte, taillé par la course. Mais la belle dame n’avait qu’à tendre un coude pour que se jettent à ses pieds des prétendants par centaine… puisqu’il s’agissait d’hommes. De faibles choses régies par leurs émotions et pulsions n’avaient nullement besoin de grandes subterfuges pour tomber en pâmoison. Un morceau de peau ou, parfois, un sourire suffisait pour qu’ils pensent que la femme est prête à se donner à eux. Misérables pourceaux.
Erwan, donc ! Erwan… Alice songerait plus tard à ce qu’il pouvait mettre en avant pour tenter de l’attirer dans ses filets. Il venait de lui tendre un bâton pour se faire battre, ou une main qu’il voulait la voir attraper.
Ce qu’elle attrapa en premier fut son verre. Elle le porta à ses lèvres en plongeant son regard d’argent dans le sien, avalant une longue gorgée du breuvage sucré, de quoi lui laisser le temps de préparer sa réponse tout en contemplant la manière dont des yeux s’étaient plissés tant son sourire s’était agrandit. Erwan était vraiment beau garçon… et il le savait. Bien sûr. Alice le voyait à la manière dont il dépliait ses membres. Lorsqu’il marchait, il le faisait avec confiance. Il n’y avait pas la moindre trace d’hésitation chez ce garçon. Alice ne l’intimidait pas. C’était pourtant ce qu’elle cherchait à faire. Intimider. Pour laisser les hommes loin d’elle.
D’une certaine manière, savoir que cela ne marchait pas pour Erwan était frustrant. Cela signifiait qu’Alice avait échouer quelque part, ou qu’il était sincèrement intéressé par elle.
Alice fit rouler ses lèvres l’une contre l’autre en déposant son verre sur la table, non loin de celui d’Erwan.
« Comme si il était aisé d’oublier ton existence… » Elle leva les yeux au ciel dans un sourire, puis les fit retomber dans ceux d’Erwan. Ce qu’ils pouvaient être beaux. Les yeux verts étaient fascinants. « Mais soit. Je te prends au mot. Une fois diplômée, je viendrai te récupérer auprès de ton patron, lui disant que tu m’as promit de me servir de guide où que j’aille». Son sourire s’aiguisa, désormais plus joueur.
Quels jolis mensonges. Alice aurait pu finir par se convaincre qu’elle serait un jour amené à vivre cette vie de voyage éternel, acclamée par un public enfiévré par ses prodigieuses démonstration de duelliste.
Mais l’avenir serait tout autre, puisqu’elle se l’était promis.
Alice se mit un peu plus de profil, son épaule nue effleurant le bras qu’Erwan avait posé sur le banc. Ce geste ne lui arracha aucun frémissement cette fois : c’était elle qui en etait instauratrice. Son corps ne la trahirait pas. Il lui obéirait. Oh, oui, il allait lui obéir.
Il ne flancherait pas sous le contact d’un homme. Son visage ne s’empourprait plus. Il ne la trahirait pas. Alice ne lui permettrait plus. Et pour lui prouver, elle osa. Oui, elle osa se pencher un peu. Elle osa laisser ses yeux glisser sur la clavicule nue d’Erwan. Elle osa tendre ses doigts vers sa chemise déboutonnée, sentir la chaleur exsudant de sa peau. Elle osa faire mine qu’elle allait tirer un peu sur le tissu… mais, finalement, leva ses yeux vers le visage d’Erwan pour lui sourire.
Et ce corps ? Ce traitre ? Il resta docile. C’était de que l’on attendait de lui, le tout etait de lui rappeler.
« Je ne t’imaginais pas tatoué. »
Le corps, c’était une chose. Mais l’esprit aurait-il consenti à agir ainsi, un jour sans cette chaleur félonne ?
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050