Comme attraper de la fumée... avec les mains
Je penche ma tête sur le côté, contemplant ma liste, pas plus avancée au niveau de ce dilemme sans fin. Je ne sursaute même pas lorsqu'il recommence à parler en parlant de... deux mois. Relevant à quel point cette durée est longue. Il peut en effet s'en passer, des choses, en deux mois. Une vie entière peut passer en deux mois. Il a peut-être le temps... d'oublier. Oublier à quel point je suis une mauvaise amie. Oublier que cela fait un petit moment que je ne le côtoie que par intérêt. Oublier que je suis encore plus folle qu'il ne le laisse entendre, par moment. Oublier que... j'ai osé lui dire que je l'aimais. Peut-être.
Je relève les yeux de ma liste pour croiser son regard. Il n'y avait aucune intonation particulière dans sa voix donc je ne sais pas si c'était... de l'ironie ? du soulagement ? du dépit ? Mais, pour une fois, son visage ne laisse rien transparaître. Pas de sourire. Pas de... cœur. D'émotions. C'est ce qu'il manque terriblement dans son expression. Il n'arrive pas à se donner de masque donc il ne se munit pas d'une expression particulière. Et moi... je suis simplement là. Impuissante, face à ses deux prunelles vertes. J'aurais dû m'offusquer lorsqu'il a osé lire ce que j'avais écrit sans ma permission. J'aurais dû sursauter quand j'ai entendu sa voix s'élever. J'aurais dû rebondir en le taquinant, comme d'habitude, puisqu'il a vraiment des réactions de Serdaigle beaucoup trop drôles. Mais... il ne rigole pas du tout, lui. Il se contente de me percer de son regard profond et de me maintenir en place ainsi. Sans sourire. Sans chercher à désamorcer la situation. Juste... comme ça. Le plus pur possible. Sans ironie. Et ce serait mentir de dire que ça me dérange.
« — Oui. Deux mois, c'est long. »
Tout peut se passer en deux mois. Absolument tout.
Et cette idée absolument insensée qui a commencé à germer dans mon esprit ne fait qu'empirer. Au fur et à mesure de ses paroles. Son flot de paroles ininterrompues qui reste... bien trop sincère. Bien trop brut. Sans filtre. Sans cette douce ironie qui enrobe pourtant habituellement chacun de nos dialogues. Sans... ce bouclier forgé au fil des années. Cette armure, cette carapace. Cette possibilité de pouvoir faire passer n'importe quelle idée, aussi bête et sincère puisse-t-elle paraître, en ajoutant un sourire malicieux et un air condescendant afin de prétendre que ce n'était qu'une plaisanterie. Qu'on ne serait tout de même pas assez bête ou assez sincère pour le penser réellement. Alors que c'est le cas, dans le fond. Et le fait de voir qu'il a retiré sa carapace d'ironie avant de parler... cela n'aide absolument pas cette bête idée à faner. Bien au contraire.
Donc... je reste pantoise. Je ne comprends pas ce qu'il me dit en russe. Enfin, je l'ai suffisamment entendu parler la langue pour comprendre que "ya" signifie "je" et "tibia" signifie "toi" mais je ne comprends pas le reste, même si j'ai l'impression que j'aurais dû le comprendre. Que c'est quelque chose de bien trop personnel, à l'instar du reste du dialogue, et que je vais globalement regretter de ne pas m'être plus investie dans la langue pour la comprendre. Parce que je sais déjà qu'il n'assumera ses dires. Qu'il va m'inventer un mensonge ou une blague ironique pour esquiver la question. Que s'il ne l'a pas dit en anglais, aussi personnelle et dirigée vers moi soit cette phrase, je n'en connaîtrai jamais son sens. Et, étonnamment, cela n'aide toujours pas l'idée à faner. Non, toujours pas.
Je vais le faire. Je vais vraiment faire la pire connerie de ma vie. Là, tout de suite. Sur une idée qui a été plantée dans ma tête il y a quelques minutes seulement mais qui ne veut pas me lâcher depuis. Et puisque je suis réputée pour fonctionner de coup de tête en coup de tête, je vais le faire. Je vais vraiment me retrouver à l'annoncer. Je vais vraiment passer le pas. Et je vais le regretter toute ma vie... ou pendant moins de deux mois, seulement. Deux mois, c'est long... j'ai tout le temps de me rattraper. J'ai tout le temps de faire en sorte que notre amitié ne soit pas trop gâchée par la bombe que je m'apprête à la lâcher. Enfin... j'espère. Toujours.
Donc avec cet air toujours aussi sérieux, sans une once d'ironie dans ma voix, en cherchant activement son regard, j'ose. J'ose prononcer ces mots : « Même si je te dis que je t'aime, tu resteras près de moi pour deux mois ? ».
Qu'est-ce que je viens de faire.
Je relève les yeux de ma liste pour croiser son regard. Il n'y avait aucune intonation particulière dans sa voix donc je ne sais pas si c'était... de l'ironie ? du soulagement ? du dépit ? Mais, pour une fois, son visage ne laisse rien transparaître. Pas de sourire. Pas de... cœur. D'émotions. C'est ce qu'il manque terriblement dans son expression. Il n'arrive pas à se donner de masque donc il ne se munit pas d'une expression particulière. Et moi... je suis simplement là. Impuissante, face à ses deux prunelles vertes. J'aurais dû m'offusquer lorsqu'il a osé lire ce que j'avais écrit sans ma permission. J'aurais dû sursauter quand j'ai entendu sa voix s'élever. J'aurais dû rebondir en le taquinant, comme d'habitude, puisqu'il a vraiment des réactions de Serdaigle beaucoup trop drôles. Mais... il ne rigole pas du tout, lui. Il se contente de me percer de son regard profond et de me maintenir en place ainsi. Sans sourire. Sans chercher à désamorcer la situation. Juste... comme ça. Le plus pur possible. Sans ironie. Et ce serait mentir de dire que ça me dérange.
« — Oui. Deux mois, c'est long. »
Tout peut se passer en deux mois. Absolument tout.
Et cette idée absolument insensée qui a commencé à germer dans mon esprit ne fait qu'empirer. Au fur et à mesure de ses paroles. Son flot de paroles ininterrompues qui reste... bien trop sincère. Bien trop brut. Sans filtre. Sans cette douce ironie qui enrobe pourtant habituellement chacun de nos dialogues. Sans... ce bouclier forgé au fil des années. Cette armure, cette carapace. Cette possibilité de pouvoir faire passer n'importe quelle idée, aussi bête et sincère puisse-t-elle paraître, en ajoutant un sourire malicieux et un air condescendant afin de prétendre que ce n'était qu'une plaisanterie. Qu'on ne serait tout de même pas assez bête ou assez sincère pour le penser réellement. Alors que c'est le cas, dans le fond. Et le fait de voir qu'il a retiré sa carapace d'ironie avant de parler... cela n'aide absolument pas cette bête idée à faner. Bien au contraire.
Donc... je reste pantoise. Je ne comprends pas ce qu'il me dit en russe. Enfin, je l'ai suffisamment entendu parler la langue pour comprendre que "ya" signifie "je" et "tibia" signifie "toi" mais je ne comprends pas le reste, même si j'ai l'impression que j'aurais dû le comprendre. Que c'est quelque chose de bien trop personnel, à l'instar du reste du dialogue, et que je vais globalement regretter de ne pas m'être plus investie dans la langue pour la comprendre. Parce que je sais déjà qu'il n'assumera ses dires. Qu'il va m'inventer un mensonge ou une blague ironique pour esquiver la question. Que s'il ne l'a pas dit en anglais, aussi personnelle et dirigée vers moi soit cette phrase, je n'en connaîtrai jamais son sens. Et, étonnamment, cela n'aide toujours pas l'idée à faner. Non, toujours pas.
Je vais le faire. Je vais vraiment faire la pire connerie de ma vie. Là, tout de suite. Sur une idée qui a été plantée dans ma tête il y a quelques minutes seulement mais qui ne veut pas me lâcher depuis. Et puisque je suis réputée pour fonctionner de coup de tête en coup de tête, je vais le faire. Je vais vraiment me retrouver à l'annoncer. Je vais vraiment passer le pas. Et je vais le regretter toute ma vie... ou pendant moins de deux mois, seulement. Deux mois, c'est long... j'ai tout le temps de me rattraper. J'ai tout le temps de faire en sorte que notre amitié ne soit pas trop gâchée par la bombe que je m'apprête à la lâcher. Enfin... j'espère. Toujours.
Donc avec cet air toujours aussi sérieux, sans une once d'ironie dans ma voix, en cherchant activement son regard, j'ose. J'ose prononcer ces mots : « Même si je te dis que je t'aime, tu resteras près de moi pour deux mois ? ».
Qu'est-ce que je viens de faire.
Arbitre depuis le 01/09/50, en arrêt maladie à partir du 06/09/51 — Avatar par le ronchon Damon Nikonov
Tutoyez-moi — Des soupçons sur mon compte élève ? 1 chocogrenouille si vous visez juste !
#b5675d — #945149
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