L’Andabate et la Stryge
Les larmes étaient venues sans prévenir — traîtresses, immédiates — et elle les haïssait déjà.
Sa main remonta sur son propre visage. Elle essuya, une fois, plusieurs fois, comme si ça suffisait. Comme si ça pouvait s’arrêter là. Mais ça revenait déjà, plus chaud, plus tenace, brouillant en partie sa vision. La galloise serra les dents, inspira par le nez, chercha quelque chose à quoi s’accrocher — une pensée, un détail, n’importe quoi qui tiendrait debout.
Son regard resta fixé devant elle quelques instants de trop, avant de glisser — malgré elle — vers lui. Au sol. Là où il venait de s'asseoir. À côté.
Juste là.
Sa gorge se serra.
Elle détourna les yeux aussitôt, comme si l’avoir vu ainsi relevait déjà de l’erreur.
Et rien n'avait suivi.
Pas un bruit.
Un silence, protecteur. Insupportable.
Il pourrait continuer. Encore. La pousser. La forcer à répondre. À céder à son absurde.
Mais il ne faisait rien. Rien du tout.
Non, il le lui accordait, ce silence.
Et le temps passa. Elle ne sut pas combien. Quelques secondes. Minutes. Peut-être plus. Assez pour que sa respiration se dérègle, puis se recale, lentement. Assez pour que la brûlure dans sa poitrine cesse d’augmenter — sans disparaître pour autant. Et quand ses doigts passèrent sur sa peau une dernière fois, ils suivirent les sillons encore humides pour en effacer méthodiquement autant de traces possibles.
« Je ne sais pas si j’arriverai un jour à te comprendre », finit-elle par dire.
Sa main remonta sur son propre visage. Elle essuya, une fois, plusieurs fois, comme si ça suffisait. Comme si ça pouvait s’arrêter là. Mais ça revenait déjà, plus chaud, plus tenace, brouillant en partie sa vision. La galloise serra les dents, inspira par le nez, chercha quelque chose à quoi s’accrocher — une pensée, un détail, n’importe quoi qui tiendrait debout.
Son regard resta fixé devant elle quelques instants de trop, avant de glisser — malgré elle — vers lui. Au sol. Là où il venait de s'asseoir. À côté.
Juste là.
Sa gorge se serra.
Elle détourna les yeux aussitôt, comme si l’avoir vu ainsi relevait déjà de l’erreur.
Et rien n'avait suivi.
Pas un bruit.
Un silence, protecteur. Insupportable.
Il pourrait continuer. Encore. La pousser. La forcer à répondre. À céder à son absurde.
Mais il ne faisait rien. Rien du tout.
Non, il le lui accordait, ce silence.
Et le temps passa. Elle ne sut pas combien. Quelques secondes. Minutes. Peut-être plus. Assez pour que sa respiration se dérègle, puis se recale, lentement. Assez pour que la brûlure dans sa poitrine cesse d’augmenter — sans disparaître pour autant. Et quand ses doigts passèrent sur sa peau une dernière fois, ils suivirent les sillons encore humides pour en effacer méthodiquement autant de traces possibles.
« Je ne sais pas si j’arriverai un jour à te comprendre », finit-elle par dire.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
Ce silence était confortable. Thomas n’avait pas à cœur de le briser, quand bien même il désirait des réponses, tout un tas de réponse, toutes celles que Morgan ne lui avaient jamais donné. Il voulait poser des questions pour en obtenir encore plus. Mais Thomas ne fit rien de plus qu’écouter la femme qu’il aimait larmoyer douloureusement.
Et lorsqu’elle eu terminé, lorsqu’elle reprit la parole, un sourire s’étira sur le visage de Thomas. Sans joie réelle. Comme on apprécie une pause après une traversée dans un désert.
Ses yeux s’ouvrirent sur le plafond. Non, Morgan ne pleurait plus désormais. Il ne l’avait pas vu faire. Morgan n’aurait sans nul doute pas supporté qu’il lui fasse remarquer qu’il avait été témoin d’un effondrement. Pourtant, il aurait aimé qu’elle réclame son cou pour y pleurer, que ses bras s’enroulent derrière sa nuque, qu’elle le tire contre lui et le sacre gardien de ses sentiments.
Mais il comprenait. Hélas, il le comprenait.
A trop convaincre son cœur qu’il ne ressent plus, on finit par s’étonner de le sentir battre encore.
Voilà peut-être pourquoi Thomas offrit à Morgan ce silence autant que sa proximité. Il savait.
Thomas bascula sa tête en arrière pour tenter d’attraper le regard de sa Morgan, un sourire aux lèvres, un de ceux qu’elle lui connaissait. Les boucles blanches qui parsemaient son front retombèrent, suspendues entre son crâne et l’accoudoir.
« Cela me plaît assez », deux secondes passèrent avant que son sourire ne disparaisse. Une troisième seconde d’hésitation et Thomas repris : « Est-ce que tu souhaites me parler de ces huit mois ? »
Et lorsqu’elle eu terminé, lorsqu’elle reprit la parole, un sourire s’étira sur le visage de Thomas. Sans joie réelle. Comme on apprécie une pause après une traversée dans un désert.
Ses yeux s’ouvrirent sur le plafond. Non, Morgan ne pleurait plus désormais. Il ne l’avait pas vu faire. Morgan n’aurait sans nul doute pas supporté qu’il lui fasse remarquer qu’il avait été témoin d’un effondrement. Pourtant, il aurait aimé qu’elle réclame son cou pour y pleurer, que ses bras s’enroulent derrière sa nuque, qu’elle le tire contre lui et le sacre gardien de ses sentiments.
Mais il comprenait. Hélas, il le comprenait.
A trop convaincre son cœur qu’il ne ressent plus, on finit par s’étonner de le sentir battre encore.
Voilà peut-être pourquoi Thomas offrit à Morgan ce silence autant que sa proximité. Il savait.
Thomas bascula sa tête en arrière pour tenter d’attraper le regard de sa Morgan, un sourire aux lèvres, un de ceux qu’elle lui connaissait. Les boucles blanches qui parsemaient son front retombèrent, suspendues entre son crâne et l’accoudoir.
« Cela me plaît assez », deux secondes passèrent avant que son sourire ne disparaisse. Une troisième seconde d’hésitation et Thomas repris : « Est-ce que tu souhaites me parler de ces huit mois ? »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
L’Andabate et la Stryge
Elle eut un pincement de lèvre presque réflexe, et serra également les dents en réponse. Non, elle ne pouvait pas se permettre d’être de nouveau trahie par son propre visage - encore moins pour un étirement de lèvres plus que inapproprié et aberrant. La colère Morgan, rappelle-toi - ta colère. Comment pouvait-il tirer d’elle ce genre de réaction, même dans ce genre de moment... Mais quoi qu’il en soit, cela fut aussi fugace que les quelques secondes qui suffirent à Thomas pour mentionner de nouveau l’un des nombreux éruptifs de la pièce.
Son passage dans le Dominion.
Il avait mentionné bien assez de choses auparavant pour sûrement avoir une idée de ce qu’il s’était passé il y a huit mois - l’expédition, Kohler et les autres… et surtout, il avait eu contact avec Noémie.
Mais le pendant…
La galloise soupira. Voulait-elle vraiment en parler ? Car c’était bien ce qu’il lui avait demandé — si elle le souhaitait. Pas si elle le pouvait, ni même qu’elle le lui devait.
Elle ne devait rien à personne. Un mantra qui l’avait portée pendant des années, et qui s’était, depuis, ridiculement érodé. Depuis que Cora l’avait ramenée au pays. Depuis cette première fissure, qui avait entraîné tout le reste — la cascade qui l’avait menée jusqu’ici.
La sorcière se redressa dans le fauteuil, posant ses mains sur ses genoux. Ses doigts se crispèrent légèrement contre le tissu, comme pour s’ancrer.
« Que sais-tu, au juste ? »
Son passage dans le Dominion.
Il avait mentionné bien assez de choses auparavant pour sûrement avoir une idée de ce qu’il s’était passé il y a huit mois - l’expédition, Kohler et les autres… et surtout, il avait eu contact avec Noémie.
Mais le pendant…
La galloise soupira. Voulait-elle vraiment en parler ? Car c’était bien ce qu’il lui avait demandé — si elle le souhaitait. Pas si elle le pouvait, ni même qu’elle le lui devait.
Elle ne devait rien à personne. Un mantra qui l’avait portée pendant des années, et qui s’était, depuis, ridiculement érodé. Depuis que Cora l’avait ramenée au pays. Depuis cette première fissure, qui avait entraîné tout le reste — la cascade qui l’avait menée jusqu’ici.
La sorcière se redressa dans le fauteuil, posant ses mains sur ses genoux. Ses doigts se crispèrent légèrement contre le tissu, comme pour s’ancrer.
« Que sais-tu, au juste ? »
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
Morgan soupira. Thomas savait à cet instant précis qu’il allait découvrir la vérité sur ces huit mois passés dans le Dominion. Il allait savoir si ses cauchemars avaient effleurés la vérité sur la condition de Morgan, ou si tout avait été bien pire que cela. Peut-être regretterait-il. Peut-être Morgan créerait de nouveaux cauchemars. Qu’importe. Thomas devait savoir. Thomas devait aider Morgan. Il n’avait pas pu la tirer du Dominion, mais il s’était promis d’être là lorsqu’elle en sortirait - si elle en sortait un jour. Pauvre bête dressée.
Elle ne lui donna qu’un fragment de la vérité qu’il réclamait. Thomas garda le silence un instant, la gorge nouée.
Que savait-il ?
Bien trop peu de chose.
Il détenait des information que Suileabhan Kholer avait bien voulu lui transmettre. Beaucoup de choses, n’est-ce pas ? Mais pas assez.
Thomas se sentir soudain accablé par le poids de la futilité. Une grande frustration s’abattit sur ses épaules qui retombèrent. A lui de soupirer.
Son menton retomba en avant, ses yeux accrochèrent une latte du plancher. Il aurait aimé savoir bien plus de choses que ce qu’il détenait aujourd’hui. Cela aurait évité à Morgan de devoir plonger dans des souvenirs qu’elle désirait sans doute oublier. D’aucun dirait que la parole est libératrice.
Thomas n’était pas de cet avis.
Parler, c’était assumer la vérité. C’était donner une forme à des cauchemars. C’était rendre puissants les démons perchés sur ses épaules.
Parler, c’était mourir un petit peu.
Thomas récupéra sa baguette. Une oscillation du poignet, il fit apparaître son carnet en reliure de cuir qu’il ouvrit sans un bruit. Chaque pages étaient recouvertes d’encre. Des dates. Des croquis. Des schémas mentaux. Des noms. Beaucoup de noms. Des citations. Des hypothèses. Pas un morceau de page ne demeurait vierge.
Son pouce caressa une page en particulier, là où demeurait un regard qu’il avait tenté de dessiner.
Celui de Morgan.
« Je sais que je n’aurai jamais pu te sortir de là », murmura t-il, plus pour lui même que Morgan. Son pouce s’arrêta à la courbe du sourcil gauche, froncé. Il sourit douloureusement. « Kohler m’a bien fait comprendre que je n’étais pas assez fort pour entrer dans le Dominion pour venir te chercher. Je n’ai jamais eu autant envie d’arracher un oeil à quelqu’un pour lui faire manger. » Thomas expulsa un soupir tremblant. Sa main se leva pour défroisser son visage. « Il m’a parlé de l’expédition, de ce qui s’est passé à l’intérieur… mais je doute qu’il m’est tout dit. Je sais que la menace était bien trop grande, que vous avez failli y rester, et qu’il a veillé à t’offrir toutes les chances de survie. » Il garda le silence un instant, son regard plongé dans celui d’encre de sa bien aimée et tortionnaire affective.
« Je t’épargne mes recherches infructueuses sur ce qui peut bien se trouver dans le Dominion. Je suis partie du postulat qu’en tant que lieu magique, me fier aux souvenirs des élèves ayant pénétrés à l’intérieur avant vous ne m’aurait nullement aidé à trouver ce que tu pouvais trouver et affronter à l’intérieur dans le présent. En somme… je ne sais rien de plus que ce que Kohler a bien voulu me donner. »
C’est à dire : pas assez.
Thomas aurait aimé qu’on lui dise comment pénétrer dans ce fichu Dominion pour récupérer sa Morgan. La Montmort ? A voir.
« J'ai besoin d'un verre», lâcha t-il prestement, la gorge nouée.
Elle ne lui donna qu’un fragment de la vérité qu’il réclamait. Thomas garda le silence un instant, la gorge nouée.
Que savait-il ?
Bien trop peu de chose.
Il détenait des information que Suileabhan Kholer avait bien voulu lui transmettre. Beaucoup de choses, n’est-ce pas ? Mais pas assez.
Thomas se sentir soudain accablé par le poids de la futilité. Une grande frustration s’abattit sur ses épaules qui retombèrent. A lui de soupirer.
Son menton retomba en avant, ses yeux accrochèrent une latte du plancher. Il aurait aimé savoir bien plus de choses que ce qu’il détenait aujourd’hui. Cela aurait évité à Morgan de devoir plonger dans des souvenirs qu’elle désirait sans doute oublier. D’aucun dirait que la parole est libératrice.
Thomas n’était pas de cet avis.
Parler, c’était assumer la vérité. C’était donner une forme à des cauchemars. C’était rendre puissants les démons perchés sur ses épaules.
Parler, c’était mourir un petit peu.
Thomas récupéra sa baguette. Une oscillation du poignet, il fit apparaître son carnet en reliure de cuir qu’il ouvrit sans un bruit. Chaque pages étaient recouvertes d’encre. Des dates. Des croquis. Des schémas mentaux. Des noms. Beaucoup de noms. Des citations. Des hypothèses. Pas un morceau de page ne demeurait vierge.
Son pouce caressa une page en particulier, là où demeurait un regard qu’il avait tenté de dessiner.
Celui de Morgan.
« Je sais que je n’aurai jamais pu te sortir de là », murmura t-il, plus pour lui même que Morgan. Son pouce s’arrêta à la courbe du sourcil gauche, froncé. Il sourit douloureusement. « Kohler m’a bien fait comprendre que je n’étais pas assez fort pour entrer dans le Dominion pour venir te chercher. Je n’ai jamais eu autant envie d’arracher un oeil à quelqu’un pour lui faire manger. » Thomas expulsa un soupir tremblant. Sa main se leva pour défroisser son visage. « Il m’a parlé de l’expédition, de ce qui s’est passé à l’intérieur… mais je doute qu’il m’est tout dit. Je sais que la menace était bien trop grande, que vous avez failli y rester, et qu’il a veillé à t’offrir toutes les chances de survie. » Il garda le silence un instant, son regard plongé dans celui d’encre de sa bien aimée et tortionnaire affective.
« Je t’épargne mes recherches infructueuses sur ce qui peut bien se trouver dans le Dominion. Je suis partie du postulat qu’en tant que lieu magique, me fier aux souvenirs des élèves ayant pénétrés à l’intérieur avant vous ne m’aurait nullement aidé à trouver ce que tu pouvais trouver et affronter à l’intérieur dans le présent. En somme… je ne sais rien de plus que ce que Kohler a bien voulu me donner. »
C’est à dire : pas assez.
Thomas aurait aimé qu’on lui dise comment pénétrer dans ce fichu Dominion pour récupérer sa Morgan. La Montmort ? A voir.
« J'ai besoin d'un verre», lâcha t-il prestement, la gorge nouée.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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L’Andabate et la Stryge
Le mouvement de baguette de Thomas attira malgré elle son attention, et Morgan suivit l’apparition du carnet des yeux, sans un mot. L’objet avait quelque chose d’usé. De vivant. Les pages gondolées par les manipulations répétées, l’encre omniprésente, les annotations serrées jusque dans les marges... Une tension discrète passa dans sa mâchoire.
Thomas parlait, et Morgan resta silencieuse. Je t’ai cherché partout, avait-il dit bien des instants avant. Peut-être lui avait-il fallu du temps pour réellement mesurer le sens de ces mots. Ou bien était-ce tout simplement parce que les objets parlaient à la sorcière, d’une manière que les mots n’avaient jamais su faire. Il avait cherché. Sans relâche, probablement. Cherché des réponses, des failles, des moyens d’entrer. Cherché elle.
Et l’idée lui était presque insupportable.
Parce qu’elle le connaissait assez pour savoir qu’au fond, s’il avait trouvé une porte… il l’aurait prise. Tout comme il l’aurait fait pour Jacob.
« Non, tu n’aurais pas pu. »
Les mots tombèrent avant même qu’elle ne réfléchisse à la manière de les dire. La galloise se redressa encore davantage dans le fauteuil, comme poussée par une agitation qu’elle ne parvenait plus tout à fait à contenir. Ses mains quittèrent finalement ses genoux ; l’une d’elles vint frotter distraitement sa paume opposée avant qu’elle ne croise les bras, dans une tentative maladroite de reprendre contenance.
Son regard glissa ailleurs.
Pas sur lui.
Nulle part vraiment.
« Ce qui se trouve à l’intérieur… ce sont des êtres. Des êtres qui ne mangent pas, ne dorment pas... ne vieillissent pas. Figés dans le temps depuis le jour où ils y ont été écroués. Parce que le Dominion est une prison, Thomas. Une prison qui était en train de se transformer lentement en une saleté de siphon d’âmes sorcières sans génie pour le contrôler. »
Elle marqua une pause et baissa brièvement les yeux vers ses propres mains. Le mot génie laissa derrière lui un goût métallique dans sa bouche.
« La menace dont t’a parlé Kohler, c'était l’un d’entre eux… que nous avons libéré de sa cellule par erreur. »
Le souvenir lui revint immédiatement. La poignée sous sa main. Le cliquetis du verrou. Puis cette seconde suspendue — celle où la porte avait explosé.
Et ce regard.
La sorcière garda le silence une fraction de seconde de trop.
« Mais ce qu’il n’a pas dû pouvoir te dire, c’est que pendant que nous nous fuyions, lui a ouvert plusieurs cellules sur son sillage, libérant au passage toutes sortes de prisonniers et de créatures dans le Dominion, avant de… »
Sa voix s’éteignit, et elle serra l’emprise qu’elle avait sur ses propres bras, plantant ses ongles dans le tissu de ses manches.
« Si Elina n’avait pas pris la place du génie pour prendre le contrôle du Dominion et en condamner les accès… Bien des prisonniers auraient pu emprunter les portails des écoles. Mais en empêchant toute personne d’y entrer, elle a aussi et surtout fait en sorte qu’aucun ne puisse s’en échapper, alors qu'elle et moi faisions en sorte de tous les remettre en cellules. »
Puis Morgan se leva brusquement du fauteuil, incapable de rester assise davantage. Le mouvement fut plus nerveux qu’elle ne l’aurait voulu.
« Voilà ce que j’ai fait pendant ces huit mois Thomas, essayer de réparer les pots cassés parce que - qu’est-ce que tu avais dit tout à l’heure ? Ah oui, parce que j’ai voulu jouer aux exploratrices. Tu avais raison, en fin de compte. »
Son rire fut à peine plus qu’un souffle. Amer. Et enfin, elle lui fit de nouveau face, et planta son regard dans ses yeux. Elle cherchait… Elle attendait… Par Hécate, elle n’en savait rien. Elle craignait.
Et surtout, elle aussi avait besoin d’un verre.
Thomas parlait, et Morgan resta silencieuse. Je t’ai cherché partout, avait-il dit bien des instants avant. Peut-être lui avait-il fallu du temps pour réellement mesurer le sens de ces mots. Ou bien était-ce tout simplement parce que les objets parlaient à la sorcière, d’une manière que les mots n’avaient jamais su faire. Il avait cherché. Sans relâche, probablement. Cherché des réponses, des failles, des moyens d’entrer. Cherché elle.
Et l’idée lui était presque insupportable.
Parce qu’elle le connaissait assez pour savoir qu’au fond, s’il avait trouvé une porte… il l’aurait prise. Tout comme il l’aurait fait pour Jacob.
« Non, tu n’aurais pas pu. »
Les mots tombèrent avant même qu’elle ne réfléchisse à la manière de les dire. La galloise se redressa encore davantage dans le fauteuil, comme poussée par une agitation qu’elle ne parvenait plus tout à fait à contenir. Ses mains quittèrent finalement ses genoux ; l’une d’elles vint frotter distraitement sa paume opposée avant qu’elle ne croise les bras, dans une tentative maladroite de reprendre contenance.
Son regard glissa ailleurs.
Pas sur lui.
Nulle part vraiment.
« Ce qui se trouve à l’intérieur… ce sont des êtres. Des êtres qui ne mangent pas, ne dorment pas... ne vieillissent pas. Figés dans le temps depuis le jour où ils y ont été écroués. Parce que le Dominion est une prison, Thomas. Une prison qui était en train de se transformer lentement en une saleté de siphon d’âmes sorcières sans génie pour le contrôler. »
Elle marqua une pause et baissa brièvement les yeux vers ses propres mains. Le mot génie laissa derrière lui un goût métallique dans sa bouche.
« La menace dont t’a parlé Kohler, c'était l’un d’entre eux… que nous avons libéré de sa cellule par erreur. »
Le souvenir lui revint immédiatement. La poignée sous sa main. Le cliquetis du verrou. Puis cette seconde suspendue — celle où la porte avait explosé.
Et ce regard.
La sorcière garda le silence une fraction de seconde de trop.
« Mais ce qu’il n’a pas dû pouvoir te dire, c’est que pendant que nous nous fuyions, lui a ouvert plusieurs cellules sur son sillage, libérant au passage toutes sortes de prisonniers et de créatures dans le Dominion, avant de… »
Sa voix s’éteignit, et elle serra l’emprise qu’elle avait sur ses propres bras, plantant ses ongles dans le tissu de ses manches.
« Si Elina n’avait pas pris la place du génie pour prendre le contrôle du Dominion et en condamner les accès… Bien des prisonniers auraient pu emprunter les portails des écoles. Mais en empêchant toute personne d’y entrer, elle a aussi et surtout fait en sorte qu’aucun ne puisse s’en échapper, alors qu'elle et moi faisions en sorte de tous les remettre en cellules. »
Puis Morgan se leva brusquement du fauteuil, incapable de rester assise davantage. Le mouvement fut plus nerveux qu’elle ne l’aurait voulu.
« Voilà ce que j’ai fait pendant ces huit mois Thomas, essayer de réparer les pots cassés parce que - qu’est-ce que tu avais dit tout à l’heure ? Ah oui, parce que j’ai voulu jouer aux exploratrices. Tu avais raison, en fin de compte. »
Son rire fut à peine plus qu’un souffle. Amer. Et enfin, elle lui fit de nouveau face, et planta son regard dans ses yeux. Elle cherchait… Elle attendait… Par Hécate, elle n’en savait rien. Elle craignait.
Et surtout, elle aussi avait besoin d’un verre.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
Non, tu n’aurais pas pu.
L’entendre de la bouche d’un homme comme Kohler était une chose. L’entendre de celle qu’il aimerait sentir contre la sienne, là, maintenant, avait un tout autre poids.
Machinalement, Thomas se sentit attraper le stylo qui demeurait toujours au côté de son carnet, prêt à prendre des notes. Son geste fut avorté par la raison : il n’y avait plus besoin de chercher Morgan, désormais. Elle était là. Elle était revenue.
Alors Thomas laissa sa main retomber sur le sol et écouta. Il écouta avec attention, ses yeux bas.
Et ce qu’il entendait lui serra les entrailles. La culpabilité piétina tout ce qui lui restait de véhémence. Ses yeux s’ouvrirent un peu plus grands à l’écoute de certains détails. Voila donc la vérité sur tout cette histoire. Voilà pourquoi il fut dépouiller de sa Morgan, pourquoi une Née-Moldue contrôlait à présent Poudlard.
Je n’aurai rien pu faire.
Aucun poids n’était plus lourd que celui de l’impuissance. La culpabilité ? Une bagatelle. Thomas y était coutumier. Mais l’impuissance ? Jamais il ne supporterait. Voilà pourquoi il se jetait toujours à corps perdu dans ses combats.
Morgan se leva brusquement, et retourna les mots de Thomas contre leur lanceur. Sa gorge se serra. Ses doigts se mirent à serrer cahier et stylo. Il ne détourna pas le regard, quand bien même il en avait cruellement besoin. Il avait dit cela. Oui. Jouer à l’exploratrice. Il ne regrettait pas ses termes. Il avait été prononcé par une bouche qui avait réclamé la sienne pendant des longs mois, sans savoir si elle retrouverait un jour la chaleur qui le tenait en vie.
Lentement, Thomas se releva. Le carnet et son stylo furent abandonné sur l’accoudoir du fauteuil que Morgan avait abandonné pour se dresser devant lui. Sans un mot, il l’observa avec douleur. Il ne voulait pas détourner le regard. Il assumait les termes.
Ou bien pas tout à fait.
Thomas n’était pas un homme de regret ou de remord. Si il agissait, il assumait, toujours. Ce qu’il prononçait, il le pensait.
Et pourtant…
« Je suis désolé », murmura t-il avec la sincérité du cœur. Il déglutit. Sa main se leva pour venir masser sa nuque. Dans un inspiration, il poursuivit : « Je… je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, Morgan. »
Arrête toi là.
« Si tu étais restée coincée dans le Dominion… si tu y avais perdu la vie… j’aurai préféré mourir que de continuer sans toi. »
L’entendre de la bouche d’un homme comme Kohler était une chose. L’entendre de celle qu’il aimerait sentir contre la sienne, là, maintenant, avait un tout autre poids.
Machinalement, Thomas se sentit attraper le stylo qui demeurait toujours au côté de son carnet, prêt à prendre des notes. Son geste fut avorté par la raison : il n’y avait plus besoin de chercher Morgan, désormais. Elle était là. Elle était revenue.
Alors Thomas laissa sa main retomber sur le sol et écouta. Il écouta avec attention, ses yeux bas.
Et ce qu’il entendait lui serra les entrailles. La culpabilité piétina tout ce qui lui restait de véhémence. Ses yeux s’ouvrirent un peu plus grands à l’écoute de certains détails. Voila donc la vérité sur tout cette histoire. Voilà pourquoi il fut dépouiller de sa Morgan, pourquoi une Née-Moldue contrôlait à présent Poudlard.
Je n’aurai rien pu faire.
Aucun poids n’était plus lourd que celui de l’impuissance. La culpabilité ? Une bagatelle. Thomas y était coutumier. Mais l’impuissance ? Jamais il ne supporterait. Voilà pourquoi il se jetait toujours à corps perdu dans ses combats.
Morgan se leva brusquement, et retourna les mots de Thomas contre leur lanceur. Sa gorge se serra. Ses doigts se mirent à serrer cahier et stylo. Il ne détourna pas le regard, quand bien même il en avait cruellement besoin. Il avait dit cela. Oui. Jouer à l’exploratrice. Il ne regrettait pas ses termes. Il avait été prononcé par une bouche qui avait réclamé la sienne pendant des longs mois, sans savoir si elle retrouverait un jour la chaleur qui le tenait en vie.
Lentement, Thomas se releva. Le carnet et son stylo furent abandonné sur l’accoudoir du fauteuil que Morgan avait abandonné pour se dresser devant lui. Sans un mot, il l’observa avec douleur. Il ne voulait pas détourner le regard. Il assumait les termes.
Ou bien pas tout à fait.
Thomas n’était pas un homme de regret ou de remord. Si il agissait, il assumait, toujours. Ce qu’il prononçait, il le pensait.
Et pourtant…
« Je suis désolé », murmura t-il avec la sincérité du cœur. Il déglutit. Sa main se leva pour venir masser sa nuque. Dans un inspiration, il poursuivit : « Je… je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, Morgan. »
Arrête toi là.
« Si tu étais restée coincée dans le Dominion… si tu y avais perdu la vie… j’aurai préféré mourir que de continuer sans toi. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
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L’Andabate et la Stryge
Morgan ne bougea pas lorsqu’il se releva. Pourtant, tout en elle semblait soudain incapable de demeurer parfaitement immobile. Ses bras, ses mains, lui paraissaient lourds, maladroits, comme des choses dont elle ne savait plus quoi faire. Son regard resta fixé sur Thomas tandis qu’il abandonnait carnet et stylo sur le fauteuil — ce même carnet qui avait porté sa disparition pendant des mois entiers.
Puis il s’excusa.
Et…
J’aurais préféré mourir plutôt que de continuer sans toi.
Quelque chose vacilla aussitôt en elle.
Morgan sentit sa gorge se nouer de nouveau. Elle avait affronté des êtres plus anciens qu’elle, des mois d’enfermement, la peur constante, la culpabilité, la colère — et pourtant, cet homme debout devant elle parvenait encore à la désarmer plus sûrement que tout le reste.
Elle fit un pas vers lui.
Hésitant.
Comme si son propre corps doutait encore d’avoir le droit d’être là.
« C’est moi qui suis désolée, Thomas. Si je pouvais effacer tout le mal que j’ai causé… Que je t’ai causé à toi, à Noémie, à… »
Ses doigts vinrent se poser maladroitement contre le torse de Thomas, accrochant d’abord un pan de vêtement du bout des doigts — geste infime, presque inconscient — avant de s’y retenir véritablement, comme pour empêcher quelque chose de lui échapper. « Mais si tu étais mort pendant que j’étais là-dedans… Je t’aurais ressuscité juste pour pouvoir te tuer moi-même. »
Elle savait à quel point c’était ridicule de sa part, de dire cela. Elle l’avait abandonné aux incertitudes, au doute, au silence pendant des mois entiers. Penser à sa propre mort avait toujours été facile. Elle l’avait envisagée tant de fois au cours de sa vie qu’elle avait fini par vivre avec cette possibilité tapie quelque part en elle. Mais celle de Thomas… non. Rien qu’effleurer cette pensée, tout comme celle de le voir la rejoindre dans le Dominion, lui donnait l’impression que quelque chose se déchirait dans sa poitrine.
« Je suis tellement désolée… »
Elle avait cru qu’il finirait par se lasser - bien avant tout cela. Qu’un jour, il arrêterait enfin de chercher quelque chose en une femme aussi compliquée qu’elle. Qu’il tournerait la page. Qu’il aurait capable de faire ce qu’elle n’arrivait pas à faire malgré l’appel de ses propres promesses envers sa famille.
Mais il était encore là.
Toujours là.
Puis il s’excusa.
Et…
J’aurais préféré mourir plutôt que de continuer sans toi.
Quelque chose vacilla aussitôt en elle.
Morgan sentit sa gorge se nouer de nouveau. Elle avait affronté des êtres plus anciens qu’elle, des mois d’enfermement, la peur constante, la culpabilité, la colère — et pourtant, cet homme debout devant elle parvenait encore à la désarmer plus sûrement que tout le reste.
Elle fit un pas vers lui.
Hésitant.
Comme si son propre corps doutait encore d’avoir le droit d’être là.
« C’est moi qui suis désolée, Thomas. Si je pouvais effacer tout le mal que j’ai causé… Que je t’ai causé à toi, à Noémie, à… »
Ses doigts vinrent se poser maladroitement contre le torse de Thomas, accrochant d’abord un pan de vêtement du bout des doigts — geste infime, presque inconscient — avant de s’y retenir véritablement, comme pour empêcher quelque chose de lui échapper. « Mais si tu étais mort pendant que j’étais là-dedans… Je t’aurais ressuscité juste pour pouvoir te tuer moi-même. »
Elle savait à quel point c’était ridicule de sa part, de dire cela. Elle l’avait abandonné aux incertitudes, au doute, au silence pendant des mois entiers. Penser à sa propre mort avait toujours été facile. Elle l’avait envisagée tant de fois au cours de sa vie qu’elle avait fini par vivre avec cette possibilité tapie quelque part en elle. Mais celle de Thomas… non. Rien qu’effleurer cette pensée, tout comme celle de le voir la rejoindre dans le Dominion, lui donnait l’impression que quelque chose se déchirait dans sa poitrine.
« Je suis tellement désolée… »
Elle avait cru qu’il finirait par se lasser - bien avant tout cela. Qu’un jour, il arrêterait enfin de chercher quelque chose en une femme aussi compliquée qu’elle. Qu’il tournerait la page. Qu’il aurait capable de faire ce qu’elle n’arrivait pas à faire malgré l’appel de ses propres promesses envers sa famille.
Mais il était encore là.
Toujours là.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
L’Andabate et la Stryge
La sincérité la plus dure s’était échappée d’entre ses lèvres. C’était une vérité cruelle que les plus grands écrivains décriraient comme passionnée. Thomas connaissait le poids de cet amour. Il l’écrasait lui, son avenir et son armure. Il s’infiltrait dans chaque fissure de son corps. Il nourrissait ses doutes et ses peurs.
Thomas sentit Morgan s’approcher de lui. Il ne fit pas un seul geste, enraciné au parquet. Il attendait les reproches. Il attendait les refus. Il attendait la moquerie. Il était prêt. Prêt à tout entendre et à se battre encore et encore pour eux.
Car un “eux” existait. Fragile, dangereux, empoisonné, mais il était tout ce que Thomas désirait. Alors il se battrait pour lui, comme il se battrait pour Morgan. Encore et encore. Jusqu’à son dernier souffle si il fallait en arriver là.
Le coeur de Thomas trébucha dans sa poitrine.
C’est moi qui suis désolée.
Sa main se posa sur sa poitrine. Thomas baissa les yeux sur ces doigts accrochés à lui. Ce contact, il pensait qu’on lui avait arraché pour toujours. Huit mois que sa peau réclamait la sienne. Huit mois à lutter contre la douleur du manque.
Et voilà qu’enfin, sa main délicate retrouvait le chemin de son corps. Ce n’était pas une caresse, mais qu’importe.
Les doigts se serrèrent plus fort autour de sa chemise. Sentait-elle ô combien son coeur s’était agité à son contact ? Sentait-elle la chaleur de sa poitrine ? Et l’infime tremblement de ses doigts qui réclamaient leur poison ambré, le sentait-elle ?
Morgan cracha à son tour une vérité. Thomas ferma les yeux un instant pour apprécier leur saveur si particulière. Il déglutit difficilement, la gorge nouée par l’émotion soudaine.
Morgan n’avait pas dit qu’elle crèverait pour lui.
Elle avait dit qu’elle lui en voulait si il venait à mourir.
Thomas n’aurait pas pu espérer plus belle déclaration.
Ses yeux s’ouvrirent à nouveau sur sa Morgan. Sa Morgan qui demandait pardon, encore.
En réalité, Thomas ne lui en avait pas voulu un seul instant. Il avait été plus simple de la maudire pour ses décisions et ses silences. Cela l’avait aidé à avancer, à la traquer avec plus d’ardeur à travers le pays et les dédales de ses recherches. Si il avait agit avec le cœur, Thomas se serait perdu.
En silence, Thomas observa sa Morgan. Ses longues mèches ébènes. Ses épaules dont il connaissait la douceur. Ce visage qu’il pouvait dessiner les yeux fermés.
La grande main de Thomas se leva pour venir se poser sur la sienne. Il l’enveloppa pour la tenir contre lui. Ce fut le seul geste qu’il se permit, quand bien même il crevait d’envie de l’étreindre, de la presser tout contre lui pour déposer des baisers voraces dans son cou, d’inspirer l’odeur de sa peau comme un mort-de-faim.
Il n’en fit rien.
Parce qu’il l’aimait.
« C’est la chose la plus romantique qu’il m’est été donné d’entendre », murmura t-il dans un sourire.
Thomas ne voulait pas de je t’aime, ni de preuve d’amour enfiévré. Il n’attendait pas de Morgan des étreintes éternelles, pas plus que des baisers volés au détour d’un couloir. Il voulait cette fébrilité, cette hésitation qui marqueraient toujours l’expression de ce cœur qui se bat pour ne plus ressentir.
Rien n’était plus sincère que cela.
Thomas sentit Morgan s’approcher de lui. Il ne fit pas un seul geste, enraciné au parquet. Il attendait les reproches. Il attendait les refus. Il attendait la moquerie. Il était prêt. Prêt à tout entendre et à se battre encore et encore pour eux.
Car un “eux” existait. Fragile, dangereux, empoisonné, mais il était tout ce que Thomas désirait. Alors il se battrait pour lui, comme il se battrait pour Morgan. Encore et encore. Jusqu’à son dernier souffle si il fallait en arriver là.
Le coeur de Thomas trébucha dans sa poitrine.
C’est moi qui suis désolée.
Sa main se posa sur sa poitrine. Thomas baissa les yeux sur ces doigts accrochés à lui. Ce contact, il pensait qu’on lui avait arraché pour toujours. Huit mois que sa peau réclamait la sienne. Huit mois à lutter contre la douleur du manque.
Et voilà qu’enfin, sa main délicate retrouvait le chemin de son corps. Ce n’était pas une caresse, mais qu’importe.
Les doigts se serrèrent plus fort autour de sa chemise. Sentait-elle ô combien son coeur s’était agité à son contact ? Sentait-elle la chaleur de sa poitrine ? Et l’infime tremblement de ses doigts qui réclamaient leur poison ambré, le sentait-elle ?
Morgan cracha à son tour une vérité. Thomas ferma les yeux un instant pour apprécier leur saveur si particulière. Il déglutit difficilement, la gorge nouée par l’émotion soudaine.
Morgan n’avait pas dit qu’elle crèverait pour lui.
Elle avait dit qu’elle lui en voulait si il venait à mourir.
Thomas n’aurait pas pu espérer plus belle déclaration.
Ses yeux s’ouvrirent à nouveau sur sa Morgan. Sa Morgan qui demandait pardon, encore.
En réalité, Thomas ne lui en avait pas voulu un seul instant. Il avait été plus simple de la maudire pour ses décisions et ses silences. Cela l’avait aidé à avancer, à la traquer avec plus d’ardeur à travers le pays et les dédales de ses recherches. Si il avait agit avec le cœur, Thomas se serait perdu.
En silence, Thomas observa sa Morgan. Ses longues mèches ébènes. Ses épaules dont il connaissait la douceur. Ce visage qu’il pouvait dessiner les yeux fermés.
La grande main de Thomas se leva pour venir se poser sur la sienne. Il l’enveloppa pour la tenir contre lui. Ce fut le seul geste qu’il se permit, quand bien même il crevait d’envie de l’étreindre, de la presser tout contre lui pour déposer des baisers voraces dans son cou, d’inspirer l’odeur de sa peau comme un mort-de-faim.
Il n’en fit rien.
Parce qu’il l’aimait.
« C’est la chose la plus romantique qu’il m’est été donné d’entendre », murmura t-il dans un sourire.
Thomas ne voulait pas de je t’aime, ni de preuve d’amour enfiévré. Il n’attendait pas de Morgan des étreintes éternelles, pas plus que des baisers volés au détour d’un couloir. Il voulait cette fébrilité, cette hésitation qui marqueraient toujours l’expression de ce cœur qui se bat pour ne plus ressentir.
Rien n’était plus sincère que cela.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
L’Andabate et la Stryge
Morgan resta figée quelques secondes après ses mots, puis un rire lui échappa. Bref. Incrédule. Complètement déplacé. Elle baissa aussitôt la tête, vers leurs mains désormais liées l’une à l’autre.
« A d’autres. Y’a rien de romantique dans tout ce que je t’ai dit Thomas. »
C’était absurde. Comme tout le reste de leur conversation.
Pourtant, ses doigts ne quittèrent pas les siens.
« Rien du tout. »
Morgan fixait toujours leurs mains. La sienne avait presque disparu, contre celle de Thomas. Elle sentit ses doigts se mouver distraitement, essayant de se lier à ceux qui les maintenaient pourtant prisonniers, sans même réaliser immédiatement qu’elle était à l’origine du geste.
La chaleur le long de sa paume lui semblait irréelle. Huit mois… Sans ça, sans lui.
Son regard remonta à nouveau vers son visage. Les boucles blanches. Les traits tirés. Les yeux encore brûlants de tout ce qu’ils venaient de se jeter au visage. Il était là. Réel. Vivant.
Elle aussi, était bien vivante. Elle était enfin rentrée chez elle.
Mais quelque chose en elle continuait à se délier lentement, comme un fil resté trop tendu pendant trop longtemps.
Son corps semblait incapable de retrouver un rythme cohérent depuis son passage du portail — trop éveillé, trop vide, trop conscient par moments, puis soudainement lourd sans prévenir.
Et là, maintenant, il recommençait à lui échapper. Morgan inspira discrètement, cherchant à repousser cela à nouveau. C'etait bien plus facile avec l'adrénaline, avec la colère... mais là, tout avait déjà commencé à se dissiper, depuis le moment où elle s'était assise. Ses épaules se redressèrent presque par réflexe.
Non.
Pas maintenant.
Elle avait tenu face aux médicomages. Face à Garwen. Face au retour. Face à lui.
Elle pouvait bien tenir encore un peu.
Pourtant, quelque chose vacilla malgré elle. Sa vision décrocha brièvement et Thomas sembla perdre sa netteté une fraction de seconde avant de revenir brutalement en place. Sa prise se resserra inconsciemment.
« Je… »
Le mot resta suspendu.
Elle retenait son autre main de venir se presser contre sa tempe, réflexe qui ne lui avait été guère utile par le passé - comme si cela suffisait à corriger le mal de tête qui remontait déjà derrière ses yeux. Elle détourna immédiatement le regard, sourcils froncées, agacée d’elle-même.
Respirer. Reprendre.
Alors Morgan s’accrocha au premier sujet capable de remettre de la distance entre eux. N’importe lequel. Quelque chose de concret.
« Comment va… Jacob ? »
Son cœur battait trop lentement. Ou trop vite. Elle n’arrivait même plus à le déterminer correctement.
Et lorsqu’elle tenta de retirer sa main de celle de Thomas, ses doigts ne suivirent pas immédiatement.
« A d’autres. Y’a rien de romantique dans tout ce que je t’ai dit Thomas. »
C’était absurde. Comme tout le reste de leur conversation.
Pourtant, ses doigts ne quittèrent pas les siens.
« Rien du tout. »
Morgan fixait toujours leurs mains. La sienne avait presque disparu, contre celle de Thomas. Elle sentit ses doigts se mouver distraitement, essayant de se lier à ceux qui les maintenaient pourtant prisonniers, sans même réaliser immédiatement qu’elle était à l’origine du geste.
La chaleur le long de sa paume lui semblait irréelle. Huit mois… Sans ça, sans lui.
Son regard remonta à nouveau vers son visage. Les boucles blanches. Les traits tirés. Les yeux encore brûlants de tout ce qu’ils venaient de se jeter au visage. Il était là. Réel. Vivant.
Elle aussi, était bien vivante. Elle était enfin rentrée chez elle.
Mais quelque chose en elle continuait à se délier lentement, comme un fil resté trop tendu pendant trop longtemps.
Son corps semblait incapable de retrouver un rythme cohérent depuis son passage du portail — trop éveillé, trop vide, trop conscient par moments, puis soudainement lourd sans prévenir.
Et là, maintenant, il recommençait à lui échapper. Morgan inspira discrètement, cherchant à repousser cela à nouveau. C'etait bien plus facile avec l'adrénaline, avec la colère... mais là, tout avait déjà commencé à se dissiper, depuis le moment où elle s'était assise. Ses épaules se redressèrent presque par réflexe.
Non.
Pas maintenant.
Elle avait tenu face aux médicomages. Face à Garwen. Face au retour. Face à lui.
Elle pouvait bien tenir encore un peu.
Pourtant, quelque chose vacilla malgré elle. Sa vision décrocha brièvement et Thomas sembla perdre sa netteté une fraction de seconde avant de revenir brutalement en place. Sa prise se resserra inconsciemment.
« Je… »
Le mot resta suspendu.
Elle retenait son autre main de venir se presser contre sa tempe, réflexe qui ne lui avait été guère utile par le passé - comme si cela suffisait à corriger le mal de tête qui remontait déjà derrière ses yeux. Elle détourna immédiatement le regard, sourcils froncées, agacée d’elle-même.
Respirer. Reprendre.
Alors Morgan s’accrocha au premier sujet capable de remettre de la distance entre eux. N’importe lequel. Quelque chose de concret.
« Comment va… Jacob ? »
Son cœur battait trop lentement. Ou trop vite. Elle n’arrivait même plus à le déterminer correctement.
Et lorsqu’elle tenta de retirer sa main de celle de Thomas, ses doigts ne suivirent pas immédiatement.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
L’Andabate et la Stryge
Le rire de Morgan faucha soudain Thomas. Il aurait aimé sourire fièrement d’avoir réussi à arracher un rire à cette femme. Il aurait pu. Il l’aurait fait, si il n’était pas certain qu’il s’agissait là du premier signe d’un effondrement nerveux.
Thomas demeurait attentif. Malgré les tremblements de manque qui parcouraient ses mains, il se concentrait sur celle de Morgan. Elle ne le regardait plus, l’air ailleurs, ou l’air tout à fait concentrée sur leur peau liée l’une à l’autre. Thomas sentait les doigts se mouvoir. Il aimait cela. Si il n’était pas certain qu’elle s’échapperait si il relâchait sa prise, il la laisserait mêler ses doigts au sien. Mais il ne prendrait pas ce risque. Il avait trop besoin de sa chaleur.
Attentif, toujours attentif. Le chevalier reste fidèle, prudent, méfiant. Il sait qu’il ne s’agit là que d’une accalmie. Morgan n’était pas tendre, pas plus qu’elle n’appréciait les longs contacts amoureux.
Ou tout ce qui pouvait bien se rapprocher de l’amour conventionnel que Thomas connaissait.
Le voilà.
L’effondrement qu’il avait pressenti. Infime. Presque invisible. Il s’étonnait qu’il ne soit pas arrivé plus tôt.
Ce que Morgan avait raconté n’était pas anecdotique. En tant qu’ancien militaire et preux défenseur des intérêts de sa famille, Thomas savait que tout, absolument tout laisse des traces indélébiles sur le cœur et l’âme des plus vaillants.
Et, durant huit mois, Morgan n’avait point eu de repos.
Thomas restait droit, le regard baissé sur elle. Il ne voulait rien exprimer qui puisse laisser sous-entendre qu’il s’inquiétait. Ce n’était pas ce que Morgan attendait de lui. Alors il se contentait d’être ce qu’il était toujours avec elle : l’amoureux fripon.
Et l’amoureux fripon sentit un vilain sursaut faire vaciller son sourire.
Il n’avait pas envie de parler de Jacob, ni d’Alice, ni de sa famille. De tout, sauf d’eux. Mais, bien sûr, Morgan devait s’accrocher à quelque chose qui mettrait une certaine distance entre eux et… tout cela.
La main de Morgan cherchait à se séparer de la sienne. Thomas n’en avait pas envie. Pas envie du tout. Il voulait encore sentir sa peau contre la sienne. On lui avait arraché cela pendant huit mois. Pourquoi devrait-il consentir à laisser Morgan s’éloigner encore ?
Thomas relâcha un peu sa main, juste un peu. Il ne pouvait la contraindre, pas plus qu’il ne pouvait tout à fait se séparer d’elle.
« Parlons en autour d’un verre », dit-il, ses yeux baissés sur elle, sourire aux lèvres. Son pouce caressa machinalement le dos de sa main, avant de s’arrêter presque aussitôt. « Assis, même si l’idée de te garder là m’est particulièrement agréable. Ou bien… » Thomas hésita, juste une seconde. Il avait envie de prononcer ses mots, sa main sur sa nuque, ses lèvres effleurant les siennes. Il voulait que sa main épouse la courbe de son visage, que son nez inspire l’odeur de ses cheveux. Il voulait qu’il s’agisse d’une invitation à passer un moment ensemble, plus qu’une main tendue vers le repos de l’âme et du cœur. « Ou bien je nous fais transplaner jusqu’à chez moi. Je te fais couler un bain bien chaud, avec des bougies et un grand ballon de vin rouge. Peut-être même irais-je te chercher une pizza. » Son sourire se fit plus mutin. Une vaine tentative d’offrir un paysage familier à celle qui n’avait connu que le combat pendant des mois. « Un vrai gentleman, n’est-il pas ? »
Laisse-moi prendre soin de toi, murmurait pourtant son regard. Laisse-moi être utile, moi qui ai échoué à te sauver.
Thomas demeurait attentif. Malgré les tremblements de manque qui parcouraient ses mains, il se concentrait sur celle de Morgan. Elle ne le regardait plus, l’air ailleurs, ou l’air tout à fait concentrée sur leur peau liée l’une à l’autre. Thomas sentait les doigts se mouvoir. Il aimait cela. Si il n’était pas certain qu’elle s’échapperait si il relâchait sa prise, il la laisserait mêler ses doigts au sien. Mais il ne prendrait pas ce risque. Il avait trop besoin de sa chaleur.
Attentif, toujours attentif. Le chevalier reste fidèle, prudent, méfiant. Il sait qu’il ne s’agit là que d’une accalmie. Morgan n’était pas tendre, pas plus qu’elle n’appréciait les longs contacts amoureux.
Ou tout ce qui pouvait bien se rapprocher de l’amour conventionnel que Thomas connaissait.
Le voilà.
L’effondrement qu’il avait pressenti. Infime. Presque invisible. Il s’étonnait qu’il ne soit pas arrivé plus tôt.
Ce que Morgan avait raconté n’était pas anecdotique. En tant qu’ancien militaire et preux défenseur des intérêts de sa famille, Thomas savait que tout, absolument tout laisse des traces indélébiles sur le cœur et l’âme des plus vaillants.
Et, durant huit mois, Morgan n’avait point eu de repos.
Thomas restait droit, le regard baissé sur elle. Il ne voulait rien exprimer qui puisse laisser sous-entendre qu’il s’inquiétait. Ce n’était pas ce que Morgan attendait de lui. Alors il se contentait d’être ce qu’il était toujours avec elle : l’amoureux fripon.
Et l’amoureux fripon sentit un vilain sursaut faire vaciller son sourire.
Il n’avait pas envie de parler de Jacob, ni d’Alice, ni de sa famille. De tout, sauf d’eux. Mais, bien sûr, Morgan devait s’accrocher à quelque chose qui mettrait une certaine distance entre eux et… tout cela.
La main de Morgan cherchait à se séparer de la sienne. Thomas n’en avait pas envie. Pas envie du tout. Il voulait encore sentir sa peau contre la sienne. On lui avait arraché cela pendant huit mois. Pourquoi devrait-il consentir à laisser Morgan s’éloigner encore ?
Thomas relâcha un peu sa main, juste un peu. Il ne pouvait la contraindre, pas plus qu’il ne pouvait tout à fait se séparer d’elle.
« Parlons en autour d’un verre », dit-il, ses yeux baissés sur elle, sourire aux lèvres. Son pouce caressa machinalement le dos de sa main, avant de s’arrêter presque aussitôt. « Assis, même si l’idée de te garder là m’est particulièrement agréable. Ou bien… » Thomas hésita, juste une seconde. Il avait envie de prononcer ses mots, sa main sur sa nuque, ses lèvres effleurant les siennes. Il voulait que sa main épouse la courbe de son visage, que son nez inspire l’odeur de ses cheveux. Il voulait qu’il s’agisse d’une invitation à passer un moment ensemble, plus qu’une main tendue vers le repos de l’âme et du cœur. « Ou bien je nous fais transplaner jusqu’à chez moi. Je te fais couler un bain bien chaud, avec des bougies et un grand ballon de vin rouge. Peut-être même irais-je te chercher une pizza. » Son sourire se fit plus mutin. Une vaine tentative d’offrir un paysage familier à celle qui n’avait connu que le combat pendant des mois. « Un vrai gentleman, n’est-il pas ? »
Laisse-moi prendre soin de toi, murmurait pourtant son regard. Laisse-moi être utile, moi qui ai échoué à te sauver.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
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