30 juin 2026, 07:35
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 3 : Perdre la bataille (Partie 2)






J'entendais un cri sourd dans mes oreilles alors que je me réveillais, j'ai vraiment crier je crois. Je regarde à gauche, à droite, personne. Désolé. Je lance instinctivement, comme si Georges était à côté de moi, alors même que c'est pas le cas. Non.
Ce n'est pas mon lit, il n'y a personne à côté. Je suis seul, je suis seul et assit, je me suis endormi à mon bureau ? Non. Non non. Pas possible non. Qu'est-ce que je fais là ? Je suis tout en sueur, je sens un poids sur mes épaules, sur mon corps entier, j'ai tellement mal. J'ai du mal, du mal à bouger, à penser, je peux pas parler. Je sens toutes ces gouttes de sueur perler sur ma peau, si bien que je croirais en avoir le goût dans le sang. Mais rien, non, rien. Je comprends pas ce qu'il se passe, mes sens sont brouillons, brouillés, j'entends un rire, la lumière m'aveugle, la sueur perle, et je respire. Je respire, vite, vite et faiblement, pas assez fort, respire, respire.

Une grande inspiration par la bouche, ça va. Ça va ? Non. Vertige, nausée, sueur, sang ? Je sens le sang, oui, les secondes s'écoulent et j'entends rire, je sens des odeurs que je n'apprécie pas, je comprends rien, je suis coincé dans une confusion suraigüe. Je veux sortir, mes mains, mes mains ne bougent pas. Mes doigts peuvent se crisper, sans plus, je me sens faible, si faible. Trop faible. Je ne peux pas bouger les poignées, un coup d'oeil et j'observe une sangle, une sangle à droite, une à gauche.

Je regarde autour de moi dans la panique la plus totale. La confusion la plus totale. Cette pièce je la connais, c'est une salle d'interrogatoire. Et quand je me regarde, moi, je ne suis pas celui qui interroge, non. À bien y réfléchir, ces sangles, ces odeurs, et mon propre corps reflet d'une faiblesse évidente, violente, assommante. Je suis pas seulement interrogé, je suis torturé ? C'est pas possible. J'y crois pas. J'étais... J'étais où déjà... Qu'est-ce que je fais là ?

En regardant devant moi, je vois Georges. Georges... C'est lui qui rit, pourquoi il rit ? Qu'est-ce qu'il fait là ? C'est... C'est lui qui me torture ? Soudain je sens les larmes me monter aux yeux, je ne comprends pas ce qu'il passe, je ne comprends pas pourquoi il fait ça. Il m'aime, il m'aime il ne devrait pas me torturer... Il ne devrait pas rire. Pourquoi il fait ça, je comprends pas ce que je lui ai fait, je comprends pas ce qu'il fait, je comprends rien à rien, je veux comprendre. Je veux... Je veux juste comprendre ! Georges ! Je lui crie, ma voix se brisant dans la pièce. Elle est cassée, ça se s'entend.

Lentement, il s'arrête de rire pour me regarder. Redose... Me répond t-il, tout sourire, comme si tout ça n'était qu'un jeu. Derrière lui je remarque des objets, à ses mains des gants, tout ça me dit quelque chose. Mais quoi, je saurais dire...

C'est quoi tout ça ? Je lui demande, les sourcils froncés comme je le peux, même si je le peux pas tant que ça. Je suis trop épuisé, et la seule chose qui m'empêche de m'endormir là tout de suite c'est... C'est probablement la rage que je ressens à l'instant présent. Je sais qu'elle est faible, car si elle était plus forte je n'aurais pas la force de la supporter. Mais elle est là, et elle me tiendra éveillé tant que je n'aurais pas mes explications. Tant que je ne serais pas pourquoi... Pourquoi l'homme que j'aime, s'amuse à me faire subir tout ça.

Tu es... Incroyable. Me lance t-il, l'air ébahi, avant d'applaudir lentement. Il a l'air d'y croire, il sourit comme s'il était fier, c'est une sortes de test ? Une sortes de jeu ? Je n'aurais jamais accepté quoique ce soit de tel, je n'y crois absolument pas. Tu vois ? Je te l'avais dit, une véritable bête. Lance t-il à une ombre, qui se révèle être un grand gars dans le coin de la pièce, que j'avais pas vu. Il rigole, ils rigolent tout les deux. Haha, j'admets, désolé de pas vous avoir cru patron. Patron ? Le gran gaillard lui file un billet, c'est une blague ? Tout ça c'est une sortes de jeu avec de l'argent à gagner ? Georges ! Je lui hurle avec le peu de voix que j'ai dans les poumons. Et le voilà qu'il s'approche, son sourire sadique caractéristique en bouche.

Redose... T'es vraiment impressionnant. Me dit-il, comme si ça m'avançait à quoique ce soit. Il me le répète d'ailleurs, comme si j'avais fait, quoique ce soit.
Je sens les larmes coulées sur ma mine renfrognée, et la chaleur me monte à la tête. Pourquoi tu fais ça ? Je lui demande, la voix brisée par le chagrin.

Il recule de quelques pas et se met à tourner de manière dramatique sur lui-même. Je suis le conseiller Georges Hélius Bebbleregan. Ses mains viennent se joindre dans son dos. Anciennement auror, j'ai consacré la majeure partie de ma vie au mouvement de libération des sorciers, dont je suis le président. Poursuit-il, me laissant dans la confusion la plus totale. Je sens ma mâchoire se décrocher, et mes poils se raidir. Bien sûr tu me connais surtout comme ton cher et dévoué mari, ce que je suis... Me lance t-il, avant de tourner sa tête vers moi, me lançant un regard amusé par dessus son épaule. Pour toi. Conclue t-il.

Je surprend le grand gaillard du coin de l'oeil, ses épaules se haussent et s'abaissent, je crois comprendre qu'il s'amuse de tout ce cinéma. Mais mes yeux, mes yeux ne peuvent se détacher de Georges. Je le regarde, le regard grand ouvert, les yeux écarquillés au possible, je n'arrive même pas à les faire cligner, je sens que ça pique, mais... C'est juste plus fort que moi. Il m'annonce dans le plus grand des calmes que toute notre vie de couple n'était que du cirque ?
Que l'amour que nous éprouvons l'un envers l'autre n'a jamais été réciproque ? Je refuse d'y croire... Ça ne se peut pas... Il, ne le peut pas. Il ne peut pas m'avoir menti, s'être joué de moi, des enfants, ça fait des années qu'on est ensemble, je n'y crois pas.

Vois-tu, ça fait déjà trois semaines que tu as été arrêté, et en trois semaines, j'ai eu le temps de me faire élire. Mais je m'en fous de ça... Je m'en fous de son rôle de conseiller... Je veux retrouver mon mari... Mon nouveau rôle me permet de faire tellement de trucs c'est génial ! Il me lance ça à la figure, comme si j'en avais quelque chose à faire, il a l'air heureux et ébahi, mais j'en ai rien à faire. Je sens mon visage s'empourprer, je voudrais lui exploser à la gueule, mais les sangles me maintiennent en place, et je suis trop faible, je peux rien faire. Je suis obligé d'écouter impuissant, l'amour de ma vie, me dire que toute notre vie ensemble n'a jamais été qu'une mascarade, et passer immédiatement après à sa vie professionnelle. Bien sûr, tu dois pas comprendre grand chose à tout ça, tu es encore sous l'effet de tes drogues. T'es probablement confus à mort et tu comprends rien. Mes drogues ? Il parle de mes médicaments ou...

Ou de l'elixir de confusion, ça expliquerait pourquoi je comprends rien. Mais ça explique pas tout. Ça explique pas comment on en est arrivé là. Je te la fais courte, tu veux ? Il me demande, je le sais car il attend visiblement une réponse, c'est tellement humiliant de devoir hocher la tête devant une personne qui visiblement en a jamais rien eu à faire de moi. Tu as été arrêté il y'a quelques semaines pour un tas de motifs... Inquiétants. T'interroger a été difficile, mais heureusement pour le Royaume-Uni, j'avais des idées. Georges s'assoit sur la table sur laquelle sont disposés plein d'objets.

Le sourire en coin typique d'un narcissique à son visage, il poursuit. Dès que j'ai accédé au poste de conseiller, j'ai proposé d'essayer les objets qu'on a réquisitionné dans ton laboratoire, grâce à notre grand ami en commun Gueulefort, sur toi ! Me lance t-il, l'air enthousiaste. Mais j'ai du mal à comprendre, mon laboratoire ? Gueulefort ?
Qu'est-ce que tout ça a à voir avec notre amour ? Puis, Gueulefort me dit quelque chose, c'est un nom de gobelin il me semble ? Je connais quasi aucun gobelins, et ce laboratoire... C'est la première fois que j'en entends parler.

Et alors là, mais quel KIFF ! Mimant un italien avec ses doigts, comme s'il venait de goûter à quelque chose de succulent. Ton matériel est génial, illégal, mais génial ! Poursuit-il. Les gants parasites, c'est ce que je préfère, il faut en avoir l'idée. Il me dit, en tenant une paire de gants dans sa main, et je ne peux pas m'empêcher d'arborer un regard encore plus confus qu'auparavant. Tout ça fait de moins en moins de sens. Je préférais quand j'étais énervé. Bah oui, tu comprends pas, t'es sous confusion. Et quand on en aura fini, on hésite entre Azkaban, la suppression de la mémoire, et la peine capitale. Faut dire... Commence t-il en jouant avec les gants, avant de relever les yeux vers moi. T'as commis tellement de crimes. Conclue t-il.

Tout ça me paraît faux, et fou. Ça me paraît impossible, irréel, je refuse. Je n'y crois pas, je peux pas y croire. Je ne suis pas comme ça, qu'importe ce qu'il dit ce n'est pas moi.
Ça ne peut pas être moi, c'est impossible. Je ne suis pas comme ça. Je ne l'est jamais été, je ne le serais jamais. Mais bon ! Les juges décident haha. Me lance t-il enfin, tout sourire.

Il fait signe au gars dans le coin, et ils sortent ensemble. Me laissant seul, seul avec ma confusion, seul avec ces objets sur la table. Des gants parasites... Ce serait à moi, tout ça ?
Mes yeux plongent dans le vide du heaume rouge sur la table, il semble me fixer, je me demande à quoi il sert...
Mais très vite, la colère, la confusion, tout s'échappe. Il ne reste plus que la peine, le chagrin, et la trahison. La confusion ne peut plus me distraire de ma fatigue, la colère ne peut plus m'en sauver, et Redose Omniak, tombe à nouveau.

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Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

1 juil. 2026, 01:05
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PARTIE 3 : Perdre la bataille (Partie 3)






Je sens tout le poids de mon corps, et je comprends que je dors plus. Petit à petit la mémoire me revient, tout est encore embrumé dans mon esprit, mais je sais où je suis, et je sais qui je suis.
Ça doit être la cinquième fois que je me réveille, j'ai pu compter jusque là, mais Dieu sait combien de fois je me suis réveillé et endormi avant.

Mes paupières sont extrêmement lourdes, elles se soulèvent difficilement, cette scène, je l'ai vécu au moins cinq fois. Cinq fois où je sens mon corps, où je me réveille, où j'ai conscience de la situation, et où la fatigue me rattrape. Mais cette fois, je me sens la force nouvelle de résister. Je m'écroulerais pas, chaque fois que je tombe de fatigue, je deviens un peu plus confus, un peu plus vulnérable. Je fais de mon mieux pour mettre ma force au profit de la défense de mon esprit, mais la défense n'a jamais été ma spécialité. Je me suis entraîné pour le piège, qui sait si ça a payé...

Non. Ça n'a pas payé. Ils ont accès à mes outils, à mes artefacts. Ils ont dû mettre la main sur mon heaume, et ont pu utilisé des outils qui permettent de m'avoir facilement. J'aurais jamais cru qu'on puisse se servir de mes propres créations contre moi, je ressens... Une profonde impuissance, mais au-delà, c'est de la trahison, que je ressens. Mon esprit a probablement été violé, et j'en ai aucun souvenir, ils se sont amusés avec. Ils pourraient avoir supprimé n'importe quel souvenir important que je ne m'en souviendrais pas, ils pourraient avoir ajouté n'importe quelle bêtise, modifier n'importe quel détail, et ils l'ont déjà fait. Les gants parasites ont permit à Georges de s'installer dans mon esprit, de prendre la place de quelqu'un, quelqu'un dont je ne me souviens simplement pas... Et pourtant, c'est à côté de cette personne que j'aurais dû me réveiller.

Normalement, les effets ne durent pas si longtemps, mais ça ne vaut que si on ménage l'esprit de l'hôte. D'après le discours de Georges, on m'a administré une sacrée dose de drogue. Si bien que ç'en est impressionnant... Il ne sait pas que j'ai l'habitude, j'ai goûté un paquet de poisons ces dernières années. Je suis plus résistant qu'un sorcier lambda. Malgré tout, j'ai beau savoir que je suis résistant, il m'a empoisonné. J'ai beau savoir qu'il a remplacé une personne qui m'est cher, il n'empêche que je me sens trahi. J'ai l'impression d'avoir été trompé, que notre histoire repose sur des mensonges, alors même que notre histoire n'est qu'une illusion. Et s'il s'est amusé avec mes outils, s'il a poussé mon esprit à bout, s'il m'a administré une si grosse dose de drogue, alors je... Je ne retrouverais peut-être jamais mon état normal... J'aurais peut-être définitivement perdu ce qui m'est le plus précieux... Cette seule pensée me crispe, apparemment je suis là depuis plusieurs semaines, mais chaque fois que je me réveille il se pourrait qu'il se soit écoulé des mois, voire des années. Tout est possible, il se peut que tout ça n'est jamais été qu'une illusion, ou un rêve, que je sois dans un coma en 2050. Il se peut que ce soit une farce, il se peut que ce soit un piège, tout est possible, je ne peux plus faire confiance à rien ici. Mes sens me tromperaient, mon esprit tomberait dans le panneau, tout est possible, il n'existe aucun moyen de s'assurer de la vérité... Pas même la dame du puit serait fiable dans de telles circonstances.

Je sens ma respiration qui va s'accélérer, mais je me calme. Si je prends trop d'air, trop vite, je risque de m'épuiser et de retourner dormir. Je ne peux pas.

Une figure apparaît dans mon champs de vision. GEORGES. Je hurles à plein poumons, comme si la pièce était trop grande pour qu'il m'entende. Mais il m'aurait entendu, même si j'avais chuchoté.
Le voir ainsi, posé tranquillement sur sa chaise, à savourer un verre d'eau après tout ce qu'il m'a fait. J'ai pas pu m'empêcher de hurler, et au diable le calme si ça peut me permettre de l'insulter. Si ça peut me permettre de me défouler un tant soit peu sur cette ordure de première qui me force à l'aimer, je prendrais trop d'air, trop vite, je m'épuiserais et j'irais jusqu'à perdre la boule. Juste pour me défouler sur ce traître, juste pour le crever, je ferais tout. Tout. TOUT.

Il prend une gorgée de son verre d'eau de manière calme, et posée. Il a l'air beaucoup plus froid qu'avant, il est assit, à priori seul, derrière la table, détendu comme on peut l'être quand on traverse un champ. Les jambes croisées, une main sur le dossier, il porte enfin son regard vers moi. Salut Redose. Il me lance, comme si on était ami. Il est bien plus froid que la dernière fois, et pourtant, je me sens plus proche de lui maintenant que quand je croyais qu'on avait vraiment été marié. C'est pas pour autant que je vais oublier ce qu'il m'a fait, sauf si, naturellement, il m'oubliette... Mais je vois mal ce que je pourrais perdre de plus là tout de suite, je préférerais ne pas savoir que j'ai passé des semaines à me faire trifouiller le cerveau, au moins je n'aurais plus à douter de l'existence même de mes enfants, et mon amour ne serait plus vicié, je n'aurais plus peur. Je pense que si je sors d'ici, je m'oublietterais moi-même, peut-être tout de moi, peut-être seulement ces dernières semaines, ou mois, ou années... Je ne saurais trop dire. T'as bien dormi ? Il me demande, l'air le plus calme possible.

Tout le contraire de moi, je voudrais le défoncer, j'arrive pas à croire qu'il me parle comme s'il ne m'avait pas torturé pendant je sais pas combien de temps... Ce culot, cette audace, je le hais. Je te hais. Je lui lance, et je le vois ajuster sa posture, il semble être d'autant plus détendu et ça a le don de m'irriter au plus haut point. Dire qu'il ose... Qu'il ose agir ainsi...

Ça ne répond pas à la question. Il me dit, avant de prendre une gorgée de son verre bientôt fini. J'entrouvre ma bouche, et je ne sais même pas comment réagir, ni quoi dire, ni quoi faire. Je sens les sangles toujours attachée, je me sens toujours faible, mais la rage m'habite et je sens que je ne me rendormirais pas de sitôt. Avant que tu dises quoique ce soit, je suis pas Georges. Et ma mâchoire tombe, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut dire par là. Je l'observe, de haut en bas. Je sens ma colère retomber lentement, non pas que je le crois, mais la confusion prend le pas et j'observe plus que j'assassine du regard, il porte mon heaume. Il est dans un accoutrement très classe, seul, froid... Il n'a de Georges que son visage, lui ne sourit pas. Et je me demande s'il pourrait dire vrai, si c'est une blague ou alors un stratagème. Il porte mon heaume, il a accès à l'ensemble de mon esprit. Et s'il a accès à mon esprit, il sait comment me manipuler, je peux pas le croire. Je me doute de ce que tu penses, que j'essaie de me jouer de toi grâce à... Ça. Me dit-il, pointant le heaume de son doigt. Et là, j'ai plus l'impression de me retrouver face à un membre du culte, qu'à Georges... Et non, je ne fais pas partie du culte, et je ne lis pas dans les esprits. Poursuit-il, pourtant j'ai vraiment l'impression qu'il est dans ma tête. C'est le heaume, ça doit être ça, ça ne peut être que ça. Il essaie de gagner ma confiance, pour mieux me faire mal.

Sauf que ça... Bah c'est moi. Conclue t-il, toujours désignant le heaume, et j'ai peur de comprendre.

Sous-entend t-il, qu'il n'est pas Georges, mais le heaume ? C'est pas possible, le heaume c'est... C'est qu'un objet, qui contient une copie de mon esprit, mais ce n'est qu'un objet. Rien de plus qu'un objet. Quoique le choixpeau a son propre esprit et c'est également un objet, mais quand on le met sur la tête de quelqu'un, ce n'est pas pour autant qu'il le contrôle.
Je suis persuadé que tout ça n'est qu'un jeu, qu'importe tout le sérieux que ce tocard met dans sa présentation. Mais la vraie question, c'est pourquoi mentir ? S'il a accès à tout de moi, il n'a plus besoin de recourir à des manœuvres aussi... Vicieuses et compliquées, sauf pour s'amuser, mais là encore c'est stupide. Il n'a pas l'air de prendre du plaisir, puis s'il est là et que je viens de me réveiller, ça veut dire qu'il attend ici depuis quelques temps déjà, or n'importe qui aurait mieux à faire. Tout ça ne fait pas beaucoup de sens. Je me doute que tu peines à me croire, et rien de ce que je ne dirais ne saurait suffire à te convaincre. Me dit-il, avant de se lever de sa chaise, pour contourner la table, et s'approcher de moi. Lentement.

Quand t'as fabriqué ce heaume, avec Gueulefort, tu pensais qu'il ne s'agirait que d'une sauvegarde de ton esprit au cas où les choses tourneraient mal... Il commence, et je décide de poursuivre. Oui, car c'est le cas. Ce heaume n'est qu'une sauvegarde visant à... Mais je me fige, et je crois comprendre qu'il est possible... Il est possible que nous ayons foiré à un moment. À remplacer un esprit corrompu par un esprit sain ? Me demande t-il avec second degré. Et je laisse s'échapper la suite. Or ce heaume m'était destiné... Mon regard tombe, j'ai du mal à croire que j'ai pu faire autant d'erreurs en si peu de temps. Que j'ai pu foiré la mission, l'enquête, que j'ai pu tout foiré d'une manière aussi magistrale, aussi critique, rien de tout ça n'était prévu. Mais ça... Ça c'est incompréhensible, j'ai créé un deuxième Redose ?

Un esprit en remplace un autre, et voilà que j'apprends ma propre existence alors qu'un sadique m'enfile pour la première fois. Cette phrase me décroche un léger pouffement de rire, que j'étouffe, et en levant les yeux je vois qu'il m'observe, mais il ne semble pas vexé. À vrai dire, il ne semble pas avoir de sentiments, aucun. Il a le même regard que Georges, un regard de sadique, pourtant, rien ne se dégage de lui. Ni animosité, ni sympathie, rien. Ce n'est pas comme si discerner ces traits chez un individu est aisé, mais lui, reste dans un froid et un calme mortuaire.

Et du coup quoi ? Tu comptes te venger de moi ? Détruire le monde ? Je lui demande, et il détourne le regard. Non pas qu'il semble confus, ou qu'il semble chercher ses mots. Il semble seulement... Ailleurs. Je sais pas. Il me répond, sèchement. J'ai du mal à croire qu'il soit vraiment moi... Mais plus de mal à croire encore qu'il s'agisse de Georges qui m'imite, si ça avait été lui, il aurait craqué. Ou bien il aurait tout fait pour me convaincre, il m'aurait dit "protéger ma famille" ou un truc du genre.
Mais pas lui. Enfin, pas moi. Non, lui. Lui. Lui, ne sait pas. Ou prétend ne pas savoir.

Il détourne à nouveau son regard sur moi. Tu as toujours détesté ton père, moi je ne te déteste pas, et puis tu ne m'as rien fait. Étonnant, me connaissant je m'aurais pourri la vie, je m'aurais détruit. Lui semble plus sage, plus réfléchi, il ne cherche pas à s'en prendre à son créateur dès que l'occasion se présente. Je comptais poursuivre l'oeuvre de Georges, j'ai pas vraiment grand chose d'autre à faire. Me dit-il dans le plus grand des calmes, comme si "l'oeuvre de Georges" ne consistait pas à détruire le monde magique en abolissant le Secret. Je n'arrive même pas à concevoir que moi, puisse penser à un objectif si stupide. C'est probablement l'argument qui joue le plus en la défaveur de ce scénario, je pense qu'il ment. Tu veux m'aider ? Il me demande, et je sais qu'il ment, il n'est pas celui qu'il prétend être, c'est Georges. J'en suis certain. Il essaie de me manipuler, il a dû voir que j'avais des talents particuliers qu'il pourrait utiliser à son avantage. Je ne me laisserais pas faire. Plutôt brûler dans les flammes de l'enfer. Je lui répond sèchement, de la détermination dans mes yeux brillants.

Il s'assoit au sol, en face de moi. Ça j'en doute. Tu es trop égoïste pour préférer la mort, mais soit, je respecte ton choix. Me répond t-il, je m'y attendais pas vraiment. Pas du tout même. Orh j'y comprends rien ! Si c'est bien Georges il aurait dit un truc du genre "Tant pis, j'aurais essayé" avant d'éclater de rire et de me renvoyer au lit. Peut-être joue t-il la comédie. Je vais utiliser ma position de conseiller pour lever une partie des charges contre toi, elles sont lourdes, mais ne repose en réalité sur pas grand chose. J'ai l'impression d'être dans une scène de théâtre, je sais bien qu'il est aisé pour les conseillers de faire de telles choses, mais c'est rarement sans conséquence. J'ai du mal à croire qu'il se permettrait de risquer sa carrière pour ça, je pense qu'il cherche à produire un faux espoir. Tu me seras à nouveau redevable. Me balance t-il, l'audace de ce fou n'a donc aucune limite ? Je te suis pas, et je te serais jamais redevable. Je lui lance, l'air mauvais. Mais il souffle, et tourne la tête, comme face à une absurdité flagrante. Grâce à moi, tu ne seras plus la victime de Georges, tu n'es plus torturé depuis une semaine, j'essaie de faire de toi un homme libre. Énumère t-il, et je peux pas m'empêcher de lui donner raison, et d'espérer que tout ça n'est pas un rêve. Mais rien ne peux me le garantir, rien du tout. C'est beaucoup trop fou pour que ce soit pas un rêve, mais je veux y croire, je veux tellement y croire... Je voudrais juste, que ce soit réel... Que je puisse retrouver ma liberté... Mais alors quoi ? Je serais toujours en proie au doute. Quelle valeur a la liberté, si on passe sa vie à souffrir ? C'est vrai... J'admet doucement. Mes forces m'abandonnent, je ne veux plus souffrir. Je ne veux pas souffrir plus que ça. Je veux souffrir de moins en moins, et si mon dernier espoir est un rêve irréaliste, soit. Mais surtout, Redose, grâce à moi tu n'es plus seul. Il me lance, et ma mâchoire se décroche.

Je ne suis plus seul ? Tu t'es toujours senti très seul, personne pour te suivre, personne pour te comprendre, personne pour partager ce que tu aurais tant voulu partager. Ses mots me touchent en plein cœur, j'accepte volontiers d'y croire. Je ne peux pas le suivre dans son délire de faire tomber le Secret, mais s'il est vraiment qui il prétend être, alors c'est vrai que je ne suis plus seul. Je veux bien continuer à pâtir du doute si je ne suis plus seul. Mais m'autoriserais-je à vivre avec ?

Georges, ou quiconque se cache sous ce heaume, se leva, et sorti de la pièce sans m'adresser un dernier regard, ni un dernier mot. Cette discussion était froide, neutre, morte. Et pourtant, c'est comme un second souffle de vie qui caresse ma corde sensible.

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1 juil. 2026, 16:25
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 3 : Perdre la bataille (Partie 4)






Monsieur Omniak ? M'interpelle une voix calmement, on ne m'avait pas adressé la parole d'une manière aussi douce depuis... Tellement longtemps... Mes yeux s'ouvrent, ma mémoire reste vague, mais je sais que c'est la huitième fois que je me réveille.
Je suis surpris de ne pas me sentir si mal que ça, je me sens même... Plutôt bien ? Mes membres sont engourdis, je suis fatigué, et faible, mais ça va. Je ne ressens plus vraiment de pression sur mes membres, mais la douleur est toujours là. Mes yeux ouverts, je vois deux personnes penchées au-dessus de moi, des infirmières au vu de leur uniforme.

J'arrive à me redresser sur mes coudes, signe que je ne suis plus attaché à une chaise par ces foutus sangles. Vu le moelleux sous mon corps, je suis sur un matelas. C'est à n'y rien comprendre, Georges... Ou quiconque était-ce, a t-il dit vrai ? Est-ce qu'il m'a vraiment fait libéré ? Est-ce qu'il est de mon côté ? Non. Non... C'est probablement un piège, je ne dois pas me laisser berner par le plaisir que c'est d'enfin pouvoir sentir mes doigts, d'enfin pouvoir voir un autre visage que celui d'un tortionnaire. Je ne dois pas me laisser prendre par l'ivresse de l'espoir.
Pourtant... J'ai beau me dire tout ça, savoir que c'est probablement un piège, j'ai tellement envie de simplement me laisser tomber dedans. De laisser tomber le combat, de simplement...
Profiter. Je veux juste profiter de ce moment de répit, plutôt que de m'évertuer à lutter contre au simple motif que c'est probablement un piège. Et puis quoi ? Je peux rien y faire de toute façon, alors autant profiter le temps que ça dure ? Non ? Non ? Non. Je ne peux pas. Je ne peux pas parce que... Si je saute dans ce piège, en sortir sera d'autant plus difficile... Et je ne veux plus abandonner.

L'air sur le visage de l'une des infirmières paraît soulagé. Au fond de la pièce, adossé contre la porte, Georges, toujours le heaume rouge sur la tête. Me regardant d'un air froid, tenant une posture passive, comme s'il n'était là qu'en simple spectateur. Monsieur Omniak, vous m'entendez ? Me demande t-elle. Comme si elle s'en souciait vraiment... Peut-être que faire mine de ne pas entendre me permettrait de gagner du temps pour mesurer la situation, et j'aurais peut-être une longueur d'avance... Mais il est probable que je reste ici, et si Georges ou... Ce heaume, cherche vraiment à me faire sortir... Alors je devrais probablement dire la vérité. Je doute que plusieurs heures de réflexion en plus me permettre d'avancer à quoique ce soit, une tentative d'évasion serait trop risqué, surtout sans baguette, surtout dans mon état. En conclusion, il est préférable que je ne fasse pas la sourde oreille. Oui... Je vous entends. Je réponds, le regard méfiant parcourant discrètement la pièce, à la recherche de tout les éléments qui pourraient trahir les intentions de cette personne dans le fond, ou qui pourraient révéler ce qu'il se passe.

L'une des infirmières recule, l'autre en fait de même, elle s'éloigne un peu pour revenir avec un plateau. De la nourriture, et de l'eau. Même si je voulais étudier cette pièce, mes yeux restent fixés sur ce plateau. Je n'arrive pas à m'en défaire, j'ai la gorge sèche, mais je ne veux pas manger, et je ne veux pas boire. Vous vous sentez bien ? Me demande l'infirmière qui ne tient pas le plateau. Elle me tient la main, et me guide vers une position assise, je sens le matelas se relever pour libérer mes coudes. Je me laisse faire, ce plateau est plus important que la position dans laquelle on me met. Oui... Je réponds à nouveau. Je me sens bien... Je prétends, alors même que ma voix se perd et que j'arbore une expression au mieux dubitative, au pire paniquée.
L'infirmière qui a amené le plateau l'a laissé lévité dans les airs, et se met à verser l'eau de la carafe dans le verre avec soin et attention. Quelque chose ne va pas. Je ne peux pas prendre le risque d'ingérer plus de poison, je peux pas. Je sens mes yeux s'écarquiller en fixant le mouvement de l'eau qui tombe dans le verre. Je sens mon cœur battre de toutes ses forces. J'ai soif, tellement soif, mais je peux pas. Je veux prendre ce verre, j'ai la gorge si sèche, je veux boire. Je dois boire. Mais je peux pas... Je peux pas prendre le risque... Je peux pas prendre un tel risque... Le poison pourrait être invisible, je m'imagine me saisir de ce verre et le boire d'une traite. Peut-être bien que je serais empoisonné, mais au moins j'aurais plus soif.
La scène se joue des dizaines de fois dans ma tête. Je m'imagine boire, et boire encore, et encore. Je veux cette eau. Je la désire plus que tout au monde là tout de suite. J'ai tellement peur, je peux pas la prendre. J'ai soif, et j'ai peur de boire. J'ai peur de m'en saisir sans réfléchir. Je ne PEUX PAS.

Mon instinct hurle dans ma tête, et ça me pique le cerveau, je ne dois pas boire. Ma main gauche vient rapidement se saisir d'une extrémité du plateau, et je mets toute ma force pour l'envoyer contre le mur. L'infirmière qui était de ce côté, et qui remplissait la carafe, l'a laissé tombé en même temps qu'elle laissait s'échapper un cri suraigüe témoignant de sa surprise. Je vois dans ma vision périphérique les deux infirmières reculer de quelques pas, pour s'éloigner de moi. Et je perds l'équilibre, faible comme je suis, ce n'est pas étonnant. Pourtant, mes yeux ne quittent pas ce plateau. Je sais pas pourquoi j'ai fais ça... Mais ça devait être fait, non ? Je ne pouvais pas risquer, d'ingérer plus de poison...

Mes yeux sont rivés sur ce foutu plateau, et l'eau qui coule au sol. Je vois le plateau, les éclats de verre, et cette nourriture voler. Mon regard les suit, pour atterrir sur l'infirmière silencieuse, qui range sa baguette avant de se saisir du plateau et de sortir de la pièce. Georges, la personne qui se tenait contre la porte s'est décalé, et l'a même ouverte avant de s'avancer vers moi, et de s'adosser contre un mur. Ses chaussures dans l'eau. C'est lui qui a essayé de me piéger, et je l'insulterais volontiers si toute cette... Angoisse. Ne m'avait pas figé sur place, ne laissant de l'énergie qu'à mes poumons de battre si intensément. Ce n'était pas nécessaire tu sais. Il me dit, comme si j'allais le croire, comme si je pouvais le croire. Lui, ou n'importe qui. Mais je comprends. J'avais pourtant prévenu les infirmières que tu réagirais ainsi, mais elles ont insisté. Poursuit-il, les paupières closes, il hausse les épaules comme si ma réaction relevait d'une évidence.

La deuxième infirmière, et seule présente maintenant, toussa dans sa main, et mon regard se reporta vers elle. Monsieur Omniak... Vous avez subis plusieurs traumatismes... Me dit-elle, et mon regard se durcit. Elle dit ça comme si j'étais responsable. Alors que le responsable, ou plutôt l'un d'eux, et dans cette pièce. Juste à côté.
Je n'ai pas "subi" plusieurs traumatismes, j'ai été victime d'une... Oh...

Je viens de réaliser que toutes les personnes victimes de torture se disent probablement la même chose, et que moi-même, il y'a quelques semaines, j'étais totalement pour employer ce genre de méthodes...
Mon regard s'adoucit, j'ai beau prétendre être innocent, ce n'est pas moi qui en décide. J'imagine que ce que j'ai subi n'est qu'un juste retour des choses... M'enfin. La justice n'est pas karmique et fort heureusement, il n'empêche que je n'aurais jamais dû être accusé de tout ce dont j'ai été accusé. Je reconnais que... J'ai commis plusieurs délits, mais rien qui ne soit de nature à me traiter de traître à mon pays, et de terroriste. Rien qui ne justifie la torture, et d'ailleurs, s'ils avaient accès à mes outils ils auraient pu me soutirer toutes les informations en seulement quelques jours. Or je suis assez bien placé pour savoir que ça fait loin de "quelques jours". J'ai l'impression d'avoir perdu une vingtaine de kilos, ma mémoire est floue, mais je sais que je me suis réveillé plus de fois dont je me souviens. Rien ne justifiait ce dont j'ai été victime. Je ne suis pas comme ces criminels qui menacent le secret magique à la moindre occasion.

L'infirmière semble chercher ses mots, elle détourne le regard, elle ne veut clairement pas me regarder dans les yeux. Redose. M'interpelle la voix de Georges d'un ton sec. Le temps est le meilleur remède pour ce dont tu as été victime. Il poursuit, et je me retourne vers lui, il semble être le seul ici à être prêt à éclaircir ma lanterne. Tu risques ceci dit de garder des séquelles permanentes. Mon corps se détend une seconde avant de se crisper. Quoi ? Je demande, même si j'ai bien entendu. J'aimerais qu'il répète, et que ce qu'il dise soit... Autre chose. Redose, certains de tes souvenirs ont été trafiqués, bougés, voire enlevés. L'équipe médicale a fait ce qu'elle a pu, mais ce ne sont pas des dieux. Il me dit, et ça ne le touche absolument pas... Je comprends. Ce n'est pas vraiment son problème. Si je comprends bien... Je pourrais être à l'ouest. Je n'ose pas demander plus de détails, ça pourrait me rassurer, ou me plonger, qu'importe. Ça changera rien de toute façon, le mal est fait.

Lorsque je regarde l'infirmière, je vois de la peine, peut-être même de la pitié, dans ses yeux.
Elle aussi, doit se sentir impuissante, je comprends ce sentiment. Enfin, tu as été démis de tes fonctions, mais j'ai réussi à lever la plupart des charges qui pesaient contre toi. Sois heureux de n'écoper que de quelques sanctions administratives. Ma bouche s'entrouvre, et je regarde ce sale chien me demander, non, m'imposer de me sentir heureux ?
La réalité m'échappe, j'ai perdu la notion du temps, mon esprit a été le jouet de sadiques idiots, j'ai perdu le travail pour lequel j'ai temps œuvré, le mouvement de libération des sorciers a réussi à faire intégrer au moins un de leurs partisans au conseil, mon futur est incertain, tout est une question, je ne sais plus ce qui est réel, ce qui ne l'est pas, je ne peux pas dire si c'est un piège, un jeu, ou rien de particulier, je suis totalement perdu, mon laboratoire a été saisi, j'ai perdu, je suis perdu, je comprends littéralement rien, je sais même pas si la personne qui me parle est un con sadique ou un CASQUE. Et... Il m'ordonne de me sentir heureux ? Quelques rires s'échappent de ma gorge. Après avoir participé à quelques examens, le corps médical décidera de te garder ou de te libérer. Me coupe t-il, et je sens un large sourire s'afficher sur mon visage. Mais lui, rien. Lui s'en fiche royalement. Lui n'est absolument pas toucher. Lui tourne les talons et se contente de partir, me laissant seul avec l'infirmière. Je ne peux même pas m'expliquer, je ne peux pas l'insulter, le poursuivre.

Je suis totalement impuissant.

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Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

1 juil. 2026, 23:06
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 3 : Perdre la bataille (Partie 5)






On m'a permis de partir après quelques jours en examen. Je me sens si mal que je croirais n'être plus que la douleur que je ressens. J'allais mieux quand j'étais dans les vapes je crois, ces trois derniers jours ont été un enfer. Je me rétablis, ma conscience va mieux, et à mesure que je vais mieux, je ressens de mieux en mieux la douleur. Ne me laissant plus qu'avec ça, de la douleur. Et des questions. Et quand je me dis qu'il est plus que probable que ce ne soit que le premier jour du reste de ma vie, je me dis que j'aurais préféré mourir. Je ne sais plus vraiment pour quoi... Pour qui, vivre. Je n'ai jamais vécu pour moi... Depuis longtemps, je ne vis que pour Georges et les enfants, enfin... C'est ce que je crois. Et je ne peux pas croire en moi. Georges et les enfants... Je ne sais même pas s'ils existent, je ne sais pas qui fait réellement partie de mon passé, et qui est une invention. Je doute que je me serais entouré d'une personne comme Georges, avec un tel niveau de sadisme, et pourtant ça me brise le cœur de savoir qu'il m'a fait du mal... Mais ce ne serait pas étonnant, je suis un psychopathe après tout. Et à en croire mes actes, ma vie était suffisamment précieuse pour que je la protège, et je crois que ma famille et ma nation aussi, étaient suffisamment précieux pour que je les protège. Pour que je m'évertue à les protéger, mais Georges, lui n'a pas besoin de protection. C'est moi qui aurait eu besoin d'être protégé de lui, alors je doute qu'il s'agisse vraiment de la personne avec qui je passais mes nuits, et, au vu de son comportement, même si c'était avec lui que je passais mes nuits... Je ne peux plus. Je ne veux plus. Ça m'est juste insupportable, penser que lui et moi... On aurait pu être ensemble ?

Et me voilà qui régurgite, puis qui vomit, alors même que je ne suis en dehors de l'hôpital que depuis dix minutes. Je peux plus rester sur ce banc, le paysage est beau, mais l'odeur et la vue du vomis n'est pas agréable.

Le fait que lui et moi aurions pu former un couple, et qu'il m'ait malgré tout torturé, je veux pas le concevoir. C'est abominable, odieux, ignoble au plus haut point et sous tout les angles de vue. En un mot, inenvisageable. Je me dis qu'il y'a peut-être quelqu'un qui attend à la maison, et que cette personne n'est pas Georges. Que cette personne... J'ai voulu son bien, et qu'elle n'est plus là. Peut-être même qu'elle m'attend, et qu'elle s'inquiète.
Malgré tout, je peux pas me résoudre à lever mon cul de ce banc. Les seuls pas que j'ai accepté de faire, sont les pas qui m'ont menés de l'hôpital au premier banc, et du premier banc à celui-ci. J'ai besoin de réfléchir, et j'ai besoin de calme.
Georges s'est amusé avec mon esprit, et avec mes outils. Il est probable qu'il ait pris la place de mon conjoint dans mes souvenirs, et dans mon esprit. Normalement, les gants parasites permettent une telle chose, mais c'est temporaire. Ceci dit, ça ne vaut uniquement pour une utilisation avec parcimonie. S'il a remplacé un tas de monde sans raison, il est possible que certains de ces remplacements soient définitifs. Ce parasitisme c'est un peu comme si on modifiait certaines cellules, le corps les combat, mais s'il y'en a trop, le corps peut rien y faire.
Il peut seulement s'adapter.
Connaissant Georges, et d'après ce qu'il m'a dit, et ce que j'ai vu, c'est à dire pas grand chose, il me paraît tout à fait probable qu'il ai abusé. Je peux m'attendre à avoir perdu le souvenir de mon conjoint, de mes enfants, de ma fratrie, de mes amis.

Merde.

En définitive, je ne peux me fier à rien ni personne. Je pourrais croire sauter dans les bras de ma sœur, quand il n'aurait s'agit que d'une agent gouvernementale, ou d'une inconnue. Je ne sais même pas si ce foutu monde est réel, si ces pigeons qui se chamaillent pour un morceau de pain sont réels, si cette vieille dame avec son chapeau de 1990 est réelle, si ces enfants sont réels, je ne sais pas si Georges est réel, si... Je suis réel.

Mon visage vient s'enterrer dans la paume de mes mains. Il n'existe aucune issue fiable à cette situation, aucune réponse à ces questions. Il n'y a absolument aucun moyen pour moi de m'en sortir, il n'existe aucune solution, aucune porte de sortie, rien de rien. J'ai peut-être été disculpé de la plupart des chefs d'accusations, mais j'ai été condamné. Condamné au doute.
Un doute intense et continue, pourrais-je vraiment vivre avec ? Et jusqu'à quand. Que ferais-je si j'atteignais un âge avancé, et qu'au moment de mourir, je me réveille avec la tête de Georges en train d'éclater de rire. Est-ce même possible ? Bien sûr. Tout est possible avec la magie. Tout est possible dans ce monde, tout est possible quand un taré a assez de pouvoir pour assouvir ses passions les plus dégelasses.

Il pourrait y avoir une dizaines de niveaux à cette réalité que je ne m'en rendrais pas compte.
Pire. Chaque fois que je me réveillerais, ce sera pire. Et pire encore. Dans le premier niveau, je rêvais, et Georges était mon époux. Dans le deuxième niveau, il prétend être le heaume qu'il porte sur la tête. À mon prochain réveil, il se pourrait bien qu'il devienne une femme. Au réveil suivant tout le monde pourrait avoir son visage. Puis au réveil suivant ce serait moi Georges. Puis ensuite je serais le heaume. Puis je serais une femme. Puis tout le monde aurait mon visage. Puis... Puis..

Mes doigts se crispent sur mon front, et je sens des larmes se mêler à la sueur qui perle sur ma peau à mesure que mon cerveau tremble. Très vite, mes doigts agressent mes cheveux.
Je... Je deviens fou. Je l'étais déjà avant, mais là... Là je peux plus être sûr, j'ai perdu la certitude, je vis dans un espace entre le doute, l'espoir, et le désespoir. Je semble vivre un rêve éveillé, où chaque détail est plus cohérent que le précédent. Où il n'existe aucun moyen d'être certain de bien être réveillé. Je ne sais même pas depuis quand c'est comme ça, je ne sais pas si ça a commencé il y'a quelques semaines quand ils ont commencé à... Me torturer. Ou il y'a quelques mois, quand je suis retourné de mes vacances au bureau. Ou encore il y'a plusieurs années, après avoir oublietter mes parents. Peut-être même que ça a commencé à Poudlard, quand j'ai été viré. Ou plus tôt encore, peut-être que je ne suis toujours qu'un enfant, ou un enfant dans le coma. Peut-être... Peut-être est-ce moi, Mihai ?

Je laisse échapper un cri qui me déchire les poumons. Les pigeons s'envolent, la grand-mère se retourne, les enfants fuient. J'ai les mains sur les yeux, ça ne m'empêche pas de voir la vérité. J'ai... J'ai perdu. Je ne sais plus qui je suis, ce que je suis. Je ne suis plus sûr de rien, pas même d'avoir perdu, ou d'avoir tort. Je vis un cauchemar éveillé, sans savoir si je vis, si c'est un cauchemar, et si je suis éveillé. Il se pourrait même que je ne sois qu'un souvenir, après tout, qu'est-ce que j'en sais... Rien. Je n'en sais rien. Je ne peux rien en savoir. Je ne peux rien savoir.

J'ai deux solutions : Mourir, ou me faire oublietter. Vivre dans l'ignorance, ou chercher la certitude au seul endroit où je pourrais éventuellement le trouver. Mourir. Mourir c'est le seul moyen qui existe pour s'assurer d'en finir. Si je me réveille, il me suffira de mourir à nouveau.
Encore, et encore.

Non.

Non je ne peux pas... Je ne peux pas risquer ça.
J'ai beau ne pas être sûr de les connaître, je sais qu'il y'a des gens qui tiennent à moi. Puis-je vraiment leur infliger ma mort, ou leur oubli ? Je... Je ne sais pas... Je n'ai pas l'empathie nécessaire pour prendre une telle décision... Mais j'ai l'amour. C'est tout ce que j'ai d'ailleurs. Si l'amour que je ressens pour Georges est le même amour que je ressens pour la personne qu'il a remplacé, alors je peux pas me permettre de l'abandonner. Si je l'aime, il y'a une raison. Et si j'ai vraiment des enfants, est-ce que je veux qu'ils grandissent sans leur père ?
J'ai grandis avec un père horrible, peut-être est-ce mieux que je ne sois plus là, plutôt que je sois là et... Horrible ?

J'ai le sentiment d'avoir déjà eu cette conversation. Quand j'étais plus jeune, je crois que j'avais choisi d'être un bon père. Je les abandonnerais, je les traumatiserais en choisissant l'une des deux solutions.

En définitive, l'amour me pousse à rester dans une impasse impossible. La mort est irréversible et traumatisante. L'oubli est profondément blessant. Qui comprendrait ?
Personne. Comme d'habitude je suis seul, quoiqu'en dise Georges, ou quiconque contrôle vraiment son corps, si tant est qu'il existe, si tant est que moi, j'existe.

Après une trentaine de minutes à tourner la question dans tout les sens, je ne vois pas plus d'échappatoire qu'il y'a trente minutes. Je ne peux pas rester là toute l'après-midi, je ne peux rien faire de plus. Je dois partir.
Le seul endroit où je dois être, c'est chez moi. Si tant est qu'il s'agisse vraiment de chez moi et pas d'un lieu mit en place pour me surveiller. Si tant est, que j'existe vraiment...

C'est avec la plus grande difficulté au monde que je me lève du banc, pour traîner ma carcasse jusqu'au magic'port le plus proche.

Arrivé, je suis surpris que l'adresse que j'ai donné, soit la bonne. Je m'attendais à ce que Georges ait remplacé "la ruche noire" par "la fausse danse" ou quelque chose dans le genre.
Ce lieu me semble familier, mais n'importe quel lieu pourrait me sembler familier dans mon état. N'importe quel lieu pourrait remplacer mon chez moi, même un terrier de lapin.

Soudain, une femme se jette à mes bras. Redose ! Elle s'écrit, me serrant fort dans ses bras, comme si je risquait de m'envoler. Puis soudain elle me repousse, je discerne dans son regard plein de soulagement. Maman ? Je l'interpelle, confus au possible. J'arrive pas à croire qu'elle soit là, je l'avais pourtant oublietté, qu'est-ce qu'elle fait ici. C'est... C'est quoi ce bordel ? On est pourtant dans un lieu sorcier ? Oui, le balai nettoie seul. Mes mains s'approchent pour la serrer dans mes bras, mais elle me repousse. L'air à la fois horrifié et dégoûté, tout le soulagement dans ses yeux a disparu, et elle me jette un regard froid et confus. Mais de nous deux, je dois être le plus confus. Tu disparais pendant un mois et plutôt que de t'expliquer, tu m'appelles "maman" ? Elle me demande, après s'être totalement détaché de moi, et avoir reculé de quelques pas. Je comprends absolument pas sa réaction, elle n'a même rien à faire ici. Rentre chez toi... Tu fais peine à voir. On en reparlera plus tard. Elle m'indique, avec un dédain évident. En tournant la tête, je remarque qu'on est pas seul. On est dans une boutique, bien sûr, c'est la ruche. C'est la boutique de mon frère, c'est peut-être pour ça que ma mère y est, avec un tablier. Et ces six têtes tournées vers moi doivent être des clients.

Je décide de simplement m'en aller. Pas la peine d'insister, elle n'est pas bien heureuse de me voir.
Après avoir marché quelques temps, je me retrouve enfin chez moi. Et j'ai vraiment l'impression d'être chez moi, même si... Ça pourrait être un leurre, un piège, une illusion, une scène, ou n'importe quoi en vérité. Mais ça pourrait être n'importe quoi que ça ne m'empêchera pas de m'écrouler dans ce canapé. Et de... De... M'offrir un sommeil réparateur... Bien... Bien... Mérité...

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2 juil. 2026, 13:34
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 4 : Perdre la face (Partie 1)






Un bruit de fracas me réveille en sursaut. Les yeux ouverts, la pièce est allumée, il doit faire noir dehors. Mon regard s'arrête à une fenêtre, il fait noir dehors. Je me tourne vers l'endroit où je crois avoir entendu le bruit, c'est flou puisque je dormais, mais ça m'a réveillé. Je vois quelqu'un, une femme, se tenir dans l'encadrure de la porte. C'est de là que vient le vent. Elle se tient, immobile, les cheveux au vent. Elle me regarde, comme si ce n'était pas chez moi, et si ce n'était pas chez moi ? Je peux pas en être sûr, mais à voir le regard qu'elle me porte, j'ai vraiment l'impression que je devrais pas me trouver ici.

Elle est brune, ses cheveux ondulent au vent, les pointes sont plus claires. Ses yeux sont noisettes, ils dégagent un soulagement et une rage telle que mes poils se hérissent sur ma peau.
Son regard évoque une nuée de papillons enflammés, une douceur d'une sévérité sans nom. Son visage est ébahi, mon esprit me pousse à avoir peur d'elle, mais mon âme me dit que je peux lui faire confiance, elle m'évoque quelque chose de positif, pour cette raison je ne peux pas me fier à elle. Ni à ce qu'elle renvoie. Je ne peux pas avoir confiance en moi.
Elle est fine et athlétique, comme un assassin le serait. Elle fait un pas vers moi, et je me saisis de ma baguette.

Je la vois s'avancer et je pointes ma baguette, j'essaie de lancer le sortilège de pétrification, mais je suis interrompu violemment.

Un bruit de fracas, pas comme celui qui m'a réveillé, non. C'est mon nez, elle vient de me briser le nez. C'est un coup d'une sacrée force, ou elle est forte, ou elle m'en veut particulièrement. J'ai pas eu le temps de lancer le sort, et ma baguette s'est échappé de ma main. J'essaie de me rattraper comme je peux, mais je tombe à la renverse derrière le canapé sur lequel je m'étais assoupi.
Ma tête tape brutalement contre le sol, ce qui m'assomme un peu, mais ça ne suffit pas pour m'étourdir. Je plaque une main au sol pour tenter de me relever, mais à peine mes genoux sont fléchis que je sens un poids me foncer dessus, et agripper mon col. En un battement de cil, me revoilà au sol. La femme au dessus de moi, ses mains agrippant mon col avec vigueur, je doute que je puisse me relever. C'est ainsi que tout va finir, alors ?

Je décide de fermer les yeux. Je préfère être dans le noir, et avoir l'impression de dormir, ou d'être sur le point de me réveiller, ou... Simplement, de ne pas vivre ce que je suis en train de vivre. Je sens mon cœur tomber dans ma poitrine, je ne fais plus qu'attendre le moment fatal.
Au moins, je n'aurais pas à me soucier du futur. Et ma mort, n'est pas vraiment de ma faute, si ?

Après quelques secondes à garder les yeux fermés, je me rends compte que je suis toujours en vie. La personne qui se tient sur moi n'a pas bougé, elle respire fortement, comme si elle avait fait un gros effort. Mais vu son allure, je doute que me coller un pain et me plaquer au sol aient été d'une grande difficulté. Je m'autorise à entrouvrir les yeux avec appréhension et je vois ses larmes couler le long de ses joues. Sale con. Elle me dit, avec tellement de peine, que sa voix me déchire le cœur. Comme si elle comptait pour moi, et que je l'avais immensément déçu.

Soudainement, sa bouche vient se plaquer contre la mienne, me rendant plus que confus. Il se pourrait qu'elle se joue de moi, ou qu'elle soit l'outil de Georges... Ou peut-être, la personne que Georges a remplacé... Rien ne me permet de confirmer, d'affirmer, ni même d'infirmer quoique ce soit. Par réflexe, mes yeux se détournent d'elle. Je suis désolé... Je dis doucement, gêné. Ta gueule. Poursuit-elle immédiatement, et mon regard retourne à son visage, puis à ses yeux.

Elle semble tellement... Affectée, c'est une tempête d'émotions bien trop complexes, bien trop violente pour moi. Je n'arrive pas à déchiffrer ce que veut dire ce regarde, je n'arrive même pas à déchiffrer mes propres émotions qui, pour une raison qui m'échappe, s'acharnent au mon sein. Je les sens, mais je ne peux pas les saisir. La présence de cette personne déclenche chez moi une réaction que je ne comprends pas, qui me fait du mal, comme elle me fait du bien. Et je sens les larmes coulés de mes yeux sans que je puisse comprendre pourquoi.
Et la femme se jette sur moi, enroulant ses bras autour de ma tête dans ce que je suppose être une étreinte chaleureuse. Instinctivement, mes mains viennent chercher le creux de son dos, et nous restons ainsi une dizaine de minutes, à la suite desquelles je la suspecte de s'être endormi. Mais non.

Elle fini par me lâcher, et se redresser, puis se relever. Du haut de ce que je suggère être un mètre soixante, elle me jette un regard plus détendu, avec une expression neutre au visage. Tu vas tout me dire Omniak. Me lance t-elle, et je ne suis pas sûr de comprendre ce que ça signifie vraiment, si elle veut tout savoir à propos de mes supposées manigances car elle travaille pour le gouvernement, ou si elle veut tout savoir de ce que j'ai subi ce dernier mois car elle s'inquiète pour moi. Même si j'ai le sentiment de pouvoir lui faire confiance, rien ne dit que ce sentiment est justifié, ni même légitime. Il pourrait très bien m'avoir été implanté contre mon gré pendant que je me faisais torturé... Mais demain. Là t'as besoin d'une sacrée douche. Elle me tourne le dos, je pourrais en profiter pour la neutraliser et l'interroger. Mais en même temps, me tourner le dos... Ça montre qu'elle me fait confiance. Et cette nuit tu dors sur le canapé. Me lance t-elle avec un tel dédain et mépris, que je penche de plus en plus pour la théorie de l'agent du gouvernement.

Je la vois partir, et je l'entends quitter cette pièce, elle me laisse vraiment seul ici ?
Épuisé par ce "combat", je reste écroulé au sol, le bras sur mes yeux. Je suis épuisé, et pourtant je viens de me réveiller...

Après quelques minutes, je finis par me lever et me diriger vers la salle de bain. Je me souviens de cette maison, j'ai vraiment l'impression d'être chez moi. J'ai décidé d'obéir à la dame, de toute façon, qu'importe ce que je fais ça ne servira à rien, je ferais mieux de l'écouter. Alors j'ai pris ma douche, et je suis allé me rendormir sur le canapé. Me demandant ce que je pourrais bien lui dire demain, quelle version lui donner, la vérité semble être la version la plus judicieuse. Mais est-ce vraiment judicieux de donner la vérité à n'importe qui.
Entre l'audace et la pertinence, je m'endors sans savoir ce que je ferais demain.

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3 juil. 2026, 17:18
 Fanfiction  Le heaume rouge  En cours 
PARTIE 4 : Perdre la face (Partie 2)

TW Suicide




C'est dans un dernier ronflement que j'ouvre brusquement les yeux, un drap négligemment posé sur moi, dans le canapé du salon. Je me redresse, et essuie les filets de bave coulant des coins de ma bouche. J'ai dormi comme un bébé, je vois un ciel gris à travers la fenêtre, et j'ai aucune idée de l'heure qu'il est. J'irais bien courir, mais j'ai vraiment, vraiment pas la tête à ça. Et franchement, au vu de l'état de mon corps et de mes genoux, je doute que ce soit une idée judicieuse. Je me contente d'aller me débarbouiller le visage et de me laver les mains. On dit que la nuit porte conseil, mais je n'ai toujours aucune idée de ce que je vais bien pouvoir dire à cette femme. Si tant est qu'elle est toujours là, peut-être qu'elle est allée travailler.

En allant vers la cuisine, j'entends des bruits, des voix. Instinctivement, je me cache sous le comptoir et porte la main à mon étui. Elle n'est pas là. Ma baguette n'est pas là. J'étais tellement préoccupé depuis hier, que je n'ai même pas remarqué que je ne l'avais pas. Non. Hier je l'avais, j'ai essayé d'attaquer la femme avant qu'elle ne me frappe, j'ai dû la lâcher à ce moment là.

Je m'en retourne rapidement au salon en faisant le moins de bruit possible, et en évitant d'être à découvert. À quatre pattes, je fouilles sous le canapé, à côté, partout au sol, sous les meubles et la table basse. Je fais trois fois le tour du salon, sans rien. Ma baguette n'est plus là, elle a disparu. Cette mégère a dû me la dérober pendant mon sommeil, réaction logique d'une personne qui s'est faite menacée par un individu suspect qui n'a pas vraiment donné de nouvelles pendant longtemps... Ou d'un assassin. Quoiqu'un assassin se serait contenté de me tuer, alors peut-être est-ce une actrice ! Ou une espionne... Mais elle n'aurait rien à espionner, ils savent probablement tout... Mais peut-être pas, peut-être qu'ils ont besoin de plus, qu'en sais-je après tout ? Rien.
Mais que sais-je tout court ? Rien. Rien du tout. Je suis dans une foutue impasse, comme si ça me suffisait pas de me sentir aussi impuissant, il fallait que je me sentes encore plus vulnérable, c'est épuisant. C'est... C'est tout bonnement insupportable, je suis pris au piège. Peut-être... Peut-être bien que je me suis jeter dedans, après tout, je suis bien du genre à m'attirer ce genre d'ennuis... J'ai jamais été... Normal, ou considéré comme, je sais pas, humain. J'ai toujours été un moins que les autres, ou un moins que rien. Alors au fond, mon sort, on s'en fiche pas mal. Et ces problèmes, je les mérite probablement.

J'abandonne la recherche de ma baguette, et toutes ces conneries de se cacher. S'il y'a des ennemis, et bien je peux rien y faire de toute façon. Me battre ne m'a jamais apporté que des problèmes, j'abandonne. Je ne me battrais plus. Cette nation peut bien crever. Ma famille peut bien disparaître. Je, peux bien disparaître. Et tout ce qui est précieux avec ça, tant pis, je ne serais pas le seul à n'avoir rien fait. J'ai assez donné... Je vais me contenter d'aller vers les voix que j'entendais à l'extérieur de la cuisine, il y'avait aussi une bonne odeur, peut-être bien qu'au final, la meilleure attitude c'est de se mêler de ce qui nous regarde. Et d'ignorer l'éléphant dans la pièce. Vivre avec, ça n'a pas l'air si terrible, si ?

Dans la cuisine, mon regard se porte sur un couteau posé sur une planche à découper. Il a dû servir à couper de la tomate, à l'odeur. Je m'en saisis, et repense à mes deux solutions. Tenter de sortir de se rêve en prennant le risque que ce n'en soit pas un, ou me faire oublietter et vivre dans l'ignorance, en prennant le risque de jouer le jeu de l'ennemi. Je veux juste que ça s'arrête, des larmes coulent sur mon visage. Suis-je vraiment capable de vivre comme ça, de vivre... Humilié ? Dans un doute constant ? De vivre en faisant comme si de rien était ? Et suis-je même capable d'accepter de me faire oublietter par moi, ou n'importe qui ? Suis-je capable de choisir n'importe quelle autre solution que la mort ? J'ai l'impression d'avoir à nouveau quinze ans, et de vouloir mourir pour d'autres raisons que parce que je suis un monstre.

Quoiqu'à bien y réfléchir, si j'en suis là, c'est probablement car je suis un monstre. Les gens normaux n'ont pas ce genre de problèmes, les gens normaux, vivent normalement.

Je retourne le couteau vers moi, afin qu'il me pointe. Je tente de me menacer, et mes mains se mettent à trembler. Ma volonté, mes intentions, rien ne suffit à le pousser. Rien du tout. J'ai une bonne raison, une raison qui devrait suffir à faire fis du blocage. Je fais de mon mieux, mes muscles se contractent, et mon dos vient trouver le plan de travail.
Le sang monte à ma tête, et j'ai un vertige, je fais tout pour que tout finisse, là, maintenant. Mais rien n'y fait. Je m'écroule contre le plan de travail, le couteau à la main, des perles de sueur sur ma peau, mon regard vient chercher le plafond, mais mon bras me cache la vue. J'ai échoué, encore. C'est la deuxième fois, et je me dis que la raison est probablement évidente. Je doute que ce soit car j'en suis incapable, je pense que c'est parce que je veux vivre... Malgré tout ça ? Mon âme est décidemment bien stupide, vivre, envers et contre tout, il n'y a rien de plus idiot.

Je me relève, et repose le couteau à sa place, avant de me diriger vers la porte de la cuisine menant à l'extérieur. L'air fatigué, je pousse la porte et je vois la femme, rire, avec ce qui très vraisemblablement apparaît comme étant, de toute évidence, Georges ?

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha