31 oct. 2023, 20:01
 Inktober   SOLO  Les Fantômes de l'Opéra
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LA SÉRÉNADE DU MAESTRO PICCOLO
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𝄞 ♪♭𝅗𝅥
Deux sorciers encombrés de bagages quittaient à l'aube un vieil appartement. L'un d'eux se retenait à une canne au manche en forme de cygne, l'autre transportait un luth derrière son dos. L'air frais ne le resterait pas longtemps, il fallait profiter de ce moment pour réaliser ce plan qui avait longuement été ficelé la veille. Filochant dans les ruelles les moins fréquentées de Londres, ils gagnaient avec une certaine appréhension la maison des Tripplehorn.

« On arrive bientôt... Est-ce que tu es toujours sûr de ton coup ? »

Le Maestro Piccolo, déjà concentré, ne répondit que d'un regard entendu. Si sa détermination faisait sûrement plaisir à son oncle qui l'avait vu à fleur de peau ces deux dernières semaines, elle n'en restait pas moins inquiétante. Après tout, son neveu venait de délaisser l'appartement de ses rêves après tant de temps passé à le rechercher... La maison familiale, elle haute et étroite, se dessinait devant les sorciers. Elle semblait dormir alors que le soleil arrivait à peine après eux, comme emporté parmi leurs bagages. Tripplehorn posa cage et valises sur le pavé, à ses pieds, et plaça son luth entre ses mains, les yeux rivés vers l'une des plus hautes fenêtres. Son oncle s'écarta après avoir tapoté son épaule, s'installant sur les petites marches du perron, les deux mains sur le cygne.

« Je viens à toi, havre bien-aimé !
Oui, donne-moi le repos : j’ai besoin de réconfort !
Je pleure beaucoup dans ma solitude1 »
, prévint le sorcier avant de commencer à gratter les cordes de son vieil instrument.

Il s'agissait sûrement d'un réveil un peu brutal pour le voisinage, mais quand on habitait à côté des Tripplehorn, on était hélas habitués à un grand vacarme. Heureusement, la plupart des moldus se trouvait en vacances et le sorcier avait choisi une mélodie délicate qui leur serait tout à fait charmante pour eux aussi : enjouée, entraînante, assez inhabituelle de part le son rare du luth pour des oreilles peu averties - mais pas pour des sorciers. Une tête surmontée de bigoudis apparut soudain derrière la fenêtre, semblant chercher le fauteur de troubles. Placido redevint en un instant un petit garçon incertain. Il continuait de gratter les cordes dans sa mélodie renaissante, fixant sa mère qui venait d'ouvrir la fenêtre de ses yeux larmoyants. Sans plus réciter ses paroles, il se mit à chanter de sa voix de tête :

« Je viens à toi, mère bien-aimée !
Pardonne-moi de t'avoir poussé à me mettre dehors !
Fils ayant la paresse en habitude... »

Sa mère paraissait réceptive, lui adressant un sourire qui l'apaisa immédiatement sans qu'il ne s'en rende compte à cause de l'angoisse. Subitement, les favoris de son père apparurent à ses côtés, il affichait une grimace fâchée qui l'avait fait quelque peu sursauter. Placido resta courageux, droit, décidé à mener son plan jusqu'au bout :

« Je viens à toi, père bien-aimé !
Pardonne-moi de t'avoir causé tellement de torts !
Fils subjugué par sa propre quiétude... »

Les Tripplehorn s'échangeaient un regard. Etait-ce bon signe ? Comprenaient-ils ce qu'il essayait de leur dire ? Laissez-moi rentrer à la maison, pitié.

« Vous qui toujours m'avez supporté,
Je vous fais la promesse d'être vif et d'être d'or !
En offrant ma grande sollicitude... »

Ses doigts réchauffés par leurs mouvements frénétiques au travers des nombreuses cordes semblaient confirmer un nouvel entrain pour cette grande sollicitude. Il pouvait bien la leur offrir, après tant d'années à l'avoir supporté... Et leur demandait de le supporter encore. Il acheva son air en ne quittant plus des yeux ses parents, laissant son jugement final entre leurs mains.

« Mon petit chéri, on n'a pas tout compris... commença sa mère avec un grand sourire.
— Mais c'était vraiment très joli », finit son père en applaudissant.

Ils n'avaient pas compris sa demande ? Malheur... L'Oncle Typhus apparut aux côtés de Placido qui avait les joues en feu, comme pour lui apporter un dernier soutien.

« Le petit veut revenir vivre ici, avec vous ! Il est prêt à faire la vaisselle de temps à autre... » traduisit-il.

De nouveau, Placido observait ses parents avec espoir, se retenant à son luth. Ils s'observèrent entre eux de nouveau, comme s'ils arrivaient à communiquer sans parler, puis donnèrent leur verdict :

« S'il veut bien mettre la main à la pâte de temps en temps... Alors il peut rentrer à la maison. »

Victorieux, le sorcier étreignit son vieil oncle comme s'il venait de gagner le procès du siècle. La sorcière à la fenêtre leur fit signe d'entrer. Il n'y avait pas d'autres endroits comme celui-ci... En attendant de voir grandir ses propres souriceaux et de pouvoir placer une fontaine dans son propre salon, Placido avait retrouvé son foyer - perruches incluses. Il avait hâte de s'épancher sur l'épaule de sa mère au sujet de ces semaines passées loin d'elle. A vrai dire, ils avaient de nombreuses choses à se rappeler, ce jour-là, autour d'une tasse de thé.

1 Le Chant de la Terre (II. Le solitaire en automne), Mahler


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Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
Avatar : Kamome Shirahama
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L'IA m'a tuer