Le pot de colle
Ma recherche de questions à lui poser est bien vite arrêtée quand elle refuse. Encore une fois. Et je commence à me demander si elle sait dire autre chose que non. Si j'essaye de tourner ma phrase au négatif, pour qu'elle dise non et que ça signifie qu'elle est donc d'accord... est-ce que ça marcherait ? Est-ce qu'elle ne m'emmènerait pas en haut de cette falaise pour de bon cette fois ? Ça vaudrait le coup. Juste pour la science. Je m'agite de nouveau sur la chaise, essayant de peser le pour et le contre. Il n'y a pas beaucoup de pour, mais les raisons sont suffisamment bonnes pour compter triple.
Techniquement, si je dis "est-ce que tu veux ne pas jouer au jeu ?" et qu'elle répond par la négative. "Non, je ne veux pas ne pas jouer au jeu." Ça veut dire oui ? Je suis sûre qu'elle trouverait un moyen de retourner ça contre moi. Ou alors... je lui dis que c'est impoli de refuser les activités proposées par son électrocuteur (intercuteur ?), comme ça elle sera obligée d'y jouer avec moi. Non ?
« Ton nom de famille, c'est quoi ? » J'ouvre grand la bouche en la fixant. Est-ce qu'on joue, là, ou c'est juste une question comme ça ? Je suis choquée. Elle est d'accord. Je me retiens de lui faire un câlin qui pourrait mettre fin au jeu directement et j'agrippe le bord de la table, sur le point d'exploser de joie et de paillettes partout. « Sgaeyl, c'est écossais. » T'aimes bien ? Tu as déjà entendu ce nom ? Tu connais un Rhys ou un Alexander Sgaeyl ? Je ferme exagérément les lèvres pour éviter de poser des questions que je regretterais. Pas parce qu'elles sont trop intimes ou bizarres, non. Mais parce qu'il faut bien réfléchir à celles qui me rapporteront le plus d'informations. « C'est quoi ton identité complète ? », demandé-je avec un sourire, ravie de pouvoir enfin la coincer. « Prénom, nom de famille et âge. » C'est bizarre si je lui demande son adresse ? « Oh, pardon ! Ça se fait pas de demander l'âge des madames, tu peux dire ta date de naissance si tu veux. » Je suis sûre qu'elle a vingt-cinq ans.
Techniquement, si je dis "est-ce que tu veux ne pas jouer au jeu ?" et qu'elle répond par la négative. "Non, je ne veux pas ne pas jouer au jeu." Ça veut dire oui ? Je suis sûre qu'elle trouverait un moyen de retourner ça contre moi. Ou alors... je lui dis que c'est impoli de refuser les activités proposées par son électrocuteur (intercuteur ?), comme ça elle sera obligée d'y jouer avec moi. Non ?
« Ton nom de famille, c'est quoi ? » J'ouvre grand la bouche en la fixant. Est-ce qu'on joue, là, ou c'est juste une question comme ça ? Je suis choquée. Elle est d'accord. Je me retiens de lui faire un câlin qui pourrait mettre fin au jeu directement et j'agrippe le bord de la table, sur le point d'exploser de joie et de paillettes partout. « Sgaeyl, c'est écossais. » T'aimes bien ? Tu as déjà entendu ce nom ? Tu connais un Rhys ou un Alexander Sgaeyl ? Je ferme exagérément les lèvres pour éviter de poser des questions que je regretterais. Pas parce qu'elles sont trop intimes ou bizarres, non. Mais parce qu'il faut bien réfléchir à celles qui me rapporteront le plus d'informations. « C'est quoi ton identité complète ? », demandé-je avec un sourire, ravie de pouvoir enfin la coincer. « Prénom, nom de famille et âge. » C'est bizarre si je lui demande son adresse ? « Oh, pardon ! Ça se fait pas de demander l'âge des madames, tu peux dire ta date de naissance si tu veux. » Je suis sûre qu'elle a vingt-cinq ans.
Mousse de l'équipage Ad2OC.
— deuxième année • #222666 • discord : poowtato —
« dishonor on your cow. »
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Le pot de colle
Elle s'agrippe à la table comme si elle avait peur que celle-ci disparaisse subitement, qu'elle s'envole en tournoyant en m'emmenant avec elle. Tandis qu'elle parle, rentrant dans son propre jeu sans prendre ombrage de ce que je lui ai dit juste avant, j'observe ses petites mains qui s'agrippent si fort au bois. Ses doigts d'enfant surexcitée. Sa journée est-elle illuminée rien que parce que j'ai accepté de lui parler, de jouer à son jeu ? Étais-je ainsi lorsque j'avais son âge, à prendre chaque bonheur simple qui m'était présenté pour en faire le clou de ma journée, de ma semaine, de ma toute petite vie ? Je ne crois pas. Je ne crois pas que j'étais ainsi à onze ans, ou dix ans. Je ne crois pas. Je ne sais pas pourquoi ça me laisse une impression étrange, un peu poisseuse, désagréable. À l'image de tout le reste.
« Sgaeyl, » murmuré-je très doucement après avoir remercié du bout des lèvres la personne qui a fait voleter jusqu'à moi une tasse de thé brûlant.
Sgaeyl, Sgaeyl... Je tourne le nom à la consonance particulière dans mon esprit, je fais défiler le peu de visages de Poudlard dont je me souviens, j'essaie d'associer le nom à une tête, de voir si ça m'inspire quelque chose, même un tout petit peu. En vain.
« Je ne connais pas ton frère, » conclus-je donc en lui lançant un regard par-dessus ma tasse.
Nonchalamment, je croise les jambes et appuie mon coude sur le dossier de la chaise, légèrement de biais pour être à l'aise, mais tout en gardant la gamine (Sgaeyl, répété-je intérieurement, contente de pouvoir enfin l'appeler d'une façon qui me convient) dans ma ligne de mire. Mon visage n'exprime pas la moindre chose quand elle parle de « madame » et qu'elle évoque la possibilité que je puisse ne pas aimer donner mon âge. Et pourquoi ? Que je lui donne ma date de naissance ou mon âge, cela ne revient-il pas au même ? Et pourquoi devrais-je rougir de mon âge ? La seule chose qui me déplaît dans sa demande, c'est de devoir lui donner mon identité complète. Mais enfin, c'est le jeu, et puis ce n'est pas comme si c'était un secret d'état.
« J'ai dix-neuf ans, réponds-je d'une voix calme et basse, tout en touillant mon thé à l'aide de ma baguette magique. Et je m'appelle Aelle Bristyle. Mais je te préviens... » Sans lever la tête, mais en immobilisant le tournoiement de ma baguette magique, je tourne les yeux vers elle pour qu'elle comprenne bien à mon regard froid que si elle ne respecte pas ma consigne, je lui arracherai la tête. « Je ne te donne pas l'autorisation de m'appeler par mon prénom. Alors pour toi, c'est Bristyle et rien d'autre, compris ? »
Et je continue de touiller, trouvant un étrange apaisement dans le rythme régulier de la cuillère qui frappe contre la porcelaine. Toc. Toc. Toc. Toc. Et le roulement sourd quand elle frotte contre la tasse qui fait trembler la petite assiette sur laquelle le tout est posé. Me concentrer sur ce bruit me permet de rester dans l'instant présent, de ne pas me disperser ni trop me poser de questions. Je suis là, l'instant présent est tout ce qui compte, ce moment n'est ni douloureux, ni triste. Autant en profiter et faire qu'il dure. En attendant, il me faut trouver une autre question à lui poser, ce qui s'avère plus compliqué que ce que je croyais, tout simplement parce qu'il n'y a pas grand chose que j'ai envie de savoir de cette gamine qui ne m'intéresse pas beaucoup. Que peut-elle avoir d'intéressant à me dire ? Rien, je pense. Que faire ? La questionner sur sa famille ? Je coule un regard en direction des femmes qui ne se mettent toujours pas en quête de la gosse dont elles ont la charge. Non, trop intime, trop de risque que Sgaeyl, ensuite, me pose une question à laquelle je n'aurais pas envie de répondre. Autant rester en surface, tout en essayant de sonder l'esprit qui se cache derrière ces deux yeux trop lumineux.
« Le sortilège que tu préfères, et pourquoi ? »
« Sgaeyl, » murmuré-je très doucement après avoir remercié du bout des lèvres la personne qui a fait voleter jusqu'à moi une tasse de thé brûlant.
Sgaeyl, Sgaeyl... Je tourne le nom à la consonance particulière dans mon esprit, je fais défiler le peu de visages de Poudlard dont je me souviens, j'essaie d'associer le nom à une tête, de voir si ça m'inspire quelque chose, même un tout petit peu. En vain.
« Je ne connais pas ton frère, » conclus-je donc en lui lançant un regard par-dessus ma tasse.
Nonchalamment, je croise les jambes et appuie mon coude sur le dossier de la chaise, légèrement de biais pour être à l'aise, mais tout en gardant la gamine (Sgaeyl, répété-je intérieurement, contente de pouvoir enfin l'appeler d'une façon qui me convient) dans ma ligne de mire. Mon visage n'exprime pas la moindre chose quand elle parle de « madame » et qu'elle évoque la possibilité que je puisse ne pas aimer donner mon âge. Et pourquoi ? Que je lui donne ma date de naissance ou mon âge, cela ne revient-il pas au même ? Et pourquoi devrais-je rougir de mon âge ? La seule chose qui me déplaît dans sa demande, c'est de devoir lui donner mon identité complète. Mais enfin, c'est le jeu, et puis ce n'est pas comme si c'était un secret d'état.
« J'ai dix-neuf ans, réponds-je d'une voix calme et basse, tout en touillant mon thé à l'aide de ma baguette magique. Et je m'appelle Aelle Bristyle. Mais je te préviens... » Sans lever la tête, mais en immobilisant le tournoiement de ma baguette magique, je tourne les yeux vers elle pour qu'elle comprenne bien à mon regard froid que si elle ne respecte pas ma consigne, je lui arracherai la tête. « Je ne te donne pas l'autorisation de m'appeler par mon prénom. Alors pour toi, c'est Bristyle et rien d'autre, compris ? »
Et je continue de touiller, trouvant un étrange apaisement dans le rythme régulier de la cuillère qui frappe contre la porcelaine. Toc. Toc. Toc. Toc. Et le roulement sourd quand elle frotte contre la tasse qui fait trembler la petite assiette sur laquelle le tout est posé. Me concentrer sur ce bruit me permet de rester dans l'instant présent, de ne pas me disperser ni trop me poser de questions. Je suis là, l'instant présent est tout ce qui compte, ce moment n'est ni douloureux, ni triste. Autant en profiter et faire qu'il dure. En attendant, il me faut trouver une autre question à lui poser, ce qui s'avère plus compliqué que ce que je croyais, tout simplement parce qu'il n'y a pas grand chose que j'ai envie de savoir de cette gamine qui ne m'intéresse pas beaucoup. Que peut-elle avoir d'intéressant à me dire ? Rien, je pense. Que faire ? La questionner sur sa famille ? Je coule un regard en direction des femmes qui ne se mettent toujours pas en quête de la gosse dont elles ont la charge. Non, trop intime, trop de risque que Sgaeyl, ensuite, me pose une question à laquelle je n'aurais pas envie de répondre. Autant rester en surface, tout en essayant de sonder l'esprit qui se cache derrière ces deux yeux trop lumineux.
« Le sortilège que tu préfères, et pourquoi ? »
Le pot de colle
Je l'observe répéter mon nom de famille. Si je le lui avais écrit, je ne pense pas qu'elle l'aurait aussi bien prononcé. La plupart des gens font semblant de tousser en le disant pour ne pas montrer qu'ils ne savent pas ce que toutes ces lettres mises ensemble donnent. Peut importe, maintenant elle sait comment je m'appelle et je ne comprends pas pourquoi je suis aussi contente. Tout ce que je sais c'est que je risque d'être franchement déçue si elle utilise son joker et refuse de me donner elle aussi son identité. Je pourrais mettre à exécution mon plan qui consiste à piquer une crise pour la forcer. Mais j'espère qu'elle ne se contentera pas de partir maintenant qu'elle a obtenu l'information qu'elle cherchait.
Mes sourcils se froncent quand elle me dit qu'elle ne connaît pas Rhys. Ou peut-être qu'elle l'a oublié. Et qu'elle m'oubliera aussi quand je quitterai le café avec maman. Cette pensée me rend un petit peu triste. Parce que je ne crois pas que j'arriverai à la sortir de ma tête alors qu'elle est encore un mystère. Un énorme mystère. Mais ma curiosité est contentée pour les cinq prochaines minutes quand elle me donne son âge, son prénom et son nom. C'est joli comme nom et je suis prête à le lui dire quand elle reprendre la parole. Mmh. Je ne bouderai pas parce que c'est évident que je ne l'appellerai pas par son nom de famille, aussi joli soit-il. Aelle c'est encore plus beau. Je marmonne tout de même un « d'accord » pour qu'elle n'insiste pas mais j'ai pas fait de promesse avec le petit doigt. Donc je vais l'appeler par son prénom. Et pas autrement.
J'attends avec impatience la prochaine question et je me mords la lèvre pour ne pas la presser. Elle réfléchit à poser la bonne, tout comme moi. Je bouge les jambes pour concentrer mon attention sur autre chose que son silence qui pourrait signifier que le jeu prend fin maintenant. Quand sa voix résonne de nouveau j'ouvre la bouche, pas sûre de trouver une réponse qui soit bien. « J'aime bien le sortilège Avis, ou Avifors. Parce que les oiseaux c'est trop mignons et j'aimerais bien apprendre à en faire aussi. Même si c'est pour un tout petit moment. » Les oiseaux de Rhys sont les plus jolis, et je ne sais pas s'ils ont tous la même couleur selon la personne qui lance le sort mais j'espère que les miens seront beaux. « À mon tour ! J'ai le droit de poser deux questions comme tu en a posées deux techniquement, Aelle. C'est quoi ta couleur préférée ? » Je plisse les yeux un moment pour en trouver une deuxième. « Et est-ce que tu as des animaux ? » Mes questions sont nulles mais je préfère en poser qui m'aideront à mieux la connaître elle, pas ce que les autres voient d'elle.
Mes sourcils se froncent quand elle me dit qu'elle ne connaît pas Rhys. Ou peut-être qu'elle l'a oublié. Et qu'elle m'oubliera aussi quand je quitterai le café avec maman. Cette pensée me rend un petit peu triste. Parce que je ne crois pas que j'arriverai à la sortir de ma tête alors qu'elle est encore un mystère. Un énorme mystère. Mais ma curiosité est contentée pour les cinq prochaines minutes quand elle me donne son âge, son prénom et son nom. C'est joli comme nom et je suis prête à le lui dire quand elle reprendre la parole. Mmh. Je ne bouderai pas parce que c'est évident que je ne l'appellerai pas par son nom de famille, aussi joli soit-il. Aelle c'est encore plus beau. Je marmonne tout de même un « d'accord » pour qu'elle n'insiste pas mais j'ai pas fait de promesse avec le petit doigt. Donc je vais l'appeler par son prénom. Et pas autrement.
J'attends avec impatience la prochaine question et je me mords la lèvre pour ne pas la presser. Elle réfléchit à poser la bonne, tout comme moi. Je bouge les jambes pour concentrer mon attention sur autre chose que son silence qui pourrait signifier que le jeu prend fin maintenant. Quand sa voix résonne de nouveau j'ouvre la bouche, pas sûre de trouver une réponse qui soit bien. « J'aime bien le sortilège Avis, ou Avifors. Parce que les oiseaux c'est trop mignons et j'aimerais bien apprendre à en faire aussi. Même si c'est pour un tout petit moment. » Les oiseaux de Rhys sont les plus jolis, et je ne sais pas s'ils ont tous la même couleur selon la personne qui lance le sort mais j'espère que les miens seront beaux. « À mon tour ! J'ai le droit de poser deux questions comme tu en a posées deux techniquement, Aelle. C'est quoi ta couleur préférée ? » Je plisse les yeux un moment pour en trouver une deuxième. « Et est-ce que tu as des animaux ? » Mes questions sont nulles mais je préfère en poser qui m'aideront à mieux la connaître elle, pas ce que les autres voient d'elle.
Mousse de l'équipage Ad2OC.
— deuxième année • #222666 • discord : poowtato —
« dishonor on your cow. »
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Le pot de colle
Je la regarde fixement lorsqu'elle me donne sa réponse et il est possible que je fronce les sourcils sous le coup de la déception. Alors c'est ça, sa réponse ? Les oiseaux c'est joli, donc elle veut en faire apparaître ? C'est tout ce qu'elle a à me dire ? Sous la morsure de ma déception, cependant, se trouve une minuscule étincelle : Avifors est un sortilège de première année, c'est logique qu'elle le connaisse, qu'elle soit entrée ou non à Poudlard, mais le sortilège Avis, lui, est du niveau de la sixième année. Et pourtant, elle le connait ; soit elle s'est renseignée, soit elle a suffisamment bonne mémoire pour écouter ce que l'on raconte autour d'elle et pour retenir l'important. Ceci, plus que sa minable motivation, m'empêche de la trouver trop décevante. De toute manière, je n'attendais pas grand chose d'une gamine de son âge, même si moi, à son âge, j'étais capable de citer un sortilège d'un niveau élevé que j'aimais et de donner une réponse valable.
Puisque je ne suis pas entièrement et totalement déçue, je me surprends à garder mon regard sur elle, comme pour montrer que je l'écoute. Surtout, je m'étonne d'attendre avec une certaine curiosité sa future question. Je me doute qu'elle ne sera pas très approfondie, cette question, que ce sera un intérêt d'enfant, mais ce n'est pas grave, la discussion est fluide, je veux bien continuer ce petit jeu. Je me fabrique même un sourire narquois lorsqu'elle prétend qu'elle peut poser deux questions, alors même que je n'en ai posé qu'une seule (la première ne comptant absolument pas dans le jeu, il faut être bête pour ne pas s'en rendre compte, ou une très mauvaise Serpentard pour croire que je vais me faire avoir par sa manipulation). Mais ce sourire narquois qui m'éclaire un instant les yeux meurt sur mes lèvres au moment même où mon prénom sort de sa bouche.
Un froid glacial m'envahit. Mon visage s'affaisse, perd son sourire, et se durcir. C'est à peine si j'entends les questions qu'elle me pose. Une poigne de fer s'est emparée de mon cœur et l'écrabouille. Et quelque chose de très désagréable se met à serpenter dans mes pensées. Au regard de ce manque de respect flagrant avec lequel elle vient de me fouetter, sa petite bravade sur mes deux questions paraît désormais insultante. Elle a bien entendu ce que je lui ai demandé, elle l'a conscientisé et pourtant, elle utilise mon prénom. Elle le fait en toute conscience. Elle m'insulte et ne me respecte pas en toute conscience. La glace s'échappe de mon cœur pour se répandre dans mon corps. Je suis une statue figée d'une colère froide.
« Tu ne respectes pas mes règles. »
Ma voix claque dans le silence retombé de notre petite table. Je détourne les yeux, incapable de continuer de regarder son petit visage insultant. Mes lèvres se pincent.
« Quitte ma table. »
Je tourne la tête vers les fenêtres derrière lesquelles le monde continue de tourner. Le froid qui s'est répandu dans mon corps est la porte ouverte aux mauvaises pensées. L'irrespect d'Adeline Sgaeyl me rappelle qu'il y a peu de gens qui me correspondent réellement, dans ce monde. Et que l'une d'elle est brutalement sortie de ma vie après m'avoir abandonné. Ce brusque rappel me brûle profondément.
Puisque je ne suis pas entièrement et totalement déçue, je me surprends à garder mon regard sur elle, comme pour montrer que je l'écoute. Surtout, je m'étonne d'attendre avec une certaine curiosité sa future question. Je me doute qu'elle ne sera pas très approfondie, cette question, que ce sera un intérêt d'enfant, mais ce n'est pas grave, la discussion est fluide, je veux bien continuer ce petit jeu. Je me fabrique même un sourire narquois lorsqu'elle prétend qu'elle peut poser deux questions, alors même que je n'en ai posé qu'une seule (la première ne comptant absolument pas dans le jeu, il faut être bête pour ne pas s'en rendre compte, ou une très mauvaise Serpentard pour croire que je vais me faire avoir par sa manipulation). Mais ce sourire narquois qui m'éclaire un instant les yeux meurt sur mes lèvres au moment même où mon prénom sort de sa bouche.
Un froid glacial m'envahit. Mon visage s'affaisse, perd son sourire, et se durcir. C'est à peine si j'entends les questions qu'elle me pose. Une poigne de fer s'est emparée de mon cœur et l'écrabouille. Et quelque chose de très désagréable se met à serpenter dans mes pensées. Au regard de ce manque de respect flagrant avec lequel elle vient de me fouetter, sa petite bravade sur mes deux questions paraît désormais insultante. Elle a bien entendu ce que je lui ai demandé, elle l'a conscientisé et pourtant, elle utilise mon prénom. Elle le fait en toute conscience. Elle m'insulte et ne me respecte pas en toute conscience. La glace s'échappe de mon cœur pour se répandre dans mon corps. Je suis une statue figée d'une colère froide.
« Tu ne respectes pas mes règles. »
Ma voix claque dans le silence retombé de notre petite table. Je détourne les yeux, incapable de continuer de regarder son petit visage insultant. Mes lèvres se pincent.
« Quitte ma table. »
Je tourne la tête vers les fenêtres derrière lesquelles le monde continue de tourner. Le froid qui s'est répandu dans mon corps est la porte ouverte aux mauvaises pensées. L'irrespect d'Adeline Sgaeyl me rappelle qu'il y a peu de gens qui me correspondent réellement, dans ce monde. Et que l'une d'elle est brutalement sortie de ma vie après m'avoir abandonné. Ce brusque rappel me brûle profondément.
Le pot de colle
Je commence déjà à mes dire qu'elle va me répondre une couleur foncée. Elle a l'air d'être le genre de personne qui ne porte que du noir, ou presque. Je me mets à détailler sa tenue quand elle reprend la parole. Mes yeux se lèvent d'un coup vers son visage, mais je ne comprends pas. Ses règles... ? Est-ce qu'on a défini des règles pour les questi-...
Oh.
Zut. Elle me dit de partir mais je m'agrippe à la table, comme si elle était à deux doigts de se lever pour me traîner par les pieds vers Maman pour tout lui raconter et lui dire de me récupérer. Pas question que je parte. « Non ! Mais j’ai même pas dit ton prénom ! Enfin… pas vraiment ! » Il faut que je trouve une meilleure solution. Pas sûr qu'elle me laisse rester si je me mets à pleurer, sauf si elle est comme mamie, qui déteste les sentiments, et qui me laisse faire ce que je veux à condition qu'elle ne m'entende pas crier de désespoir. « En plus je trouve qu'il te va bien ton prénom ! Ael-... En plus tu trouves pas qu'il ressemble au mien ? Tu sais que je retiens jamais les prénoms d'habitude, ça veut dire que le tien est vraiment spécial. » Aelle et Adeline, ça ferait un chouette groupe. « D'accord. Je suis désolée, promis je ne recommence plus. C'est juste que j'arrive pas à retenir plusieurs choses en même temps et... » Je m'agite sur ma chaise et ma main attrape inconsciemment la serviette sous mon assiette que je me mets à triturer.
Elle disait ça pour rigoler, n'est-ce pas ? Elle n'a pas le droit de me demander de partir, je suis toute seule sans elle. Et les autres gens dans le café n'ont pas l'air aussi intéressant. Je n'ai pas envie d'entendre des gens parler des derniers potins du quartier ni d'autres choses nulles qui ne servent à rien. Avec un poing refermé sur le bout de tissu froissé, et l'autre main qui tient fermement ma chaise, j'essaye de la regarder droit dans les yeux sans détourner le regard. « Je partirai pas. » C'est décidé. Je trouverai un moyen de m'engluer à cette chaise ou à elle, même. Mais elle ne peut pas me laisser. « Comme j'ai fait quelque chose que tu voulais pas, t'as le droit de poser une question et je pourrai pas utiliser mon joker, ça te va ? Ou trois. » Deux secondes passent avant que je ne secoue vivement la tête. « Je sais ! Je promets de te rendre un service, n'importe lequel. » À part faire du mal à un animal ou rester pendant des heures à écouter des gens parler dans le vide. Le reste, je peux faire.
Oh.
Zut. Elle me dit de partir mais je m'agrippe à la table, comme si elle était à deux doigts de se lever pour me traîner par les pieds vers Maman pour tout lui raconter et lui dire de me récupérer. Pas question que je parte. « Non ! Mais j’ai même pas dit ton prénom ! Enfin… pas vraiment ! » Il faut que je trouve une meilleure solution. Pas sûr qu'elle me laisse rester si je me mets à pleurer, sauf si elle est comme mamie, qui déteste les sentiments, et qui me laisse faire ce que je veux à condition qu'elle ne m'entende pas crier de désespoir. « En plus je trouve qu'il te va bien ton prénom ! Ael-... En plus tu trouves pas qu'il ressemble au mien ? Tu sais que je retiens jamais les prénoms d'habitude, ça veut dire que le tien est vraiment spécial. » Aelle et Adeline, ça ferait un chouette groupe. « D'accord. Je suis désolée, promis je ne recommence plus. C'est juste que j'arrive pas à retenir plusieurs choses en même temps et... » Je m'agite sur ma chaise et ma main attrape inconsciemment la serviette sous mon assiette que je me mets à triturer.
Elle disait ça pour rigoler, n'est-ce pas ? Elle n'a pas le droit de me demander de partir, je suis toute seule sans elle. Et les autres gens dans le café n'ont pas l'air aussi intéressant. Je n'ai pas envie d'entendre des gens parler des derniers potins du quartier ni d'autres choses nulles qui ne servent à rien. Avec un poing refermé sur le bout de tissu froissé, et l'autre main qui tient fermement ma chaise, j'essaye de la regarder droit dans les yeux sans détourner le regard. « Je partirai pas. » C'est décidé. Je trouverai un moyen de m'engluer à cette chaise ou à elle, même. Mais elle ne peut pas me laisser. « Comme j'ai fait quelque chose que tu voulais pas, t'as le droit de poser une question et je pourrai pas utiliser mon joker, ça te va ? Ou trois. » Deux secondes passent avant que je ne secoue vivement la tête. « Je sais ! Je promets de te rendre un service, n'importe lequel. » À part faire du mal à un animal ou rester pendant des heures à écouter des gens parler dans le vide. Le reste, je peux faire.
Mousse de l'équipage Ad2OC.
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« dishonor on your cow. »
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Le pot de colle
Elle nie. Je m'enfonce dans ma colère. Mon visage se durcit, mes mâchoires se crispent, mon regard s'obscurcit. J'ai déjà tourné les yeux vers la vitrine qui donne sur l'extérieur. Je poursuis dans ma colère en croisant les bras sur ma poitrine et en fronçant les sourcils. Lorsqu'elle fait mine de le prononcer une nouvelle fois, je prends la décision claire de ne plus jamais dire le moindre mot tant qu'elle n'aura pas quitté la table. Alors je ne bouge pas, statue de marbre au visage taillé dans un matériau aux angles tranchants, je ne lui accorde plus le moindre regard, je ne montre plus que je l'écoute. Et quand elle dit qu'elle ne partira pas, parce que je savais qu'elle allait le faire, je me contente en réponse de serrer les mâchoires plus fort. À ce petit jeu-là, je sais que je suis plus forte qu'elle. Je me tairais jusqu'à ce qu'elle explose de frustration et se mette à pleurer, puis je me lèverai, paierai mes consommations et quittera la boutique. Je transplanerai en l'abandonnant derrière moi et j'irai passer mes nerfs sur des sortilèges violents tout là-haut sur mon Plateau. Bientôt, Adeline Sgaeyl ne sera plus qu'un très mauvais souvenir.
À l'orée de ma vision je la vois attraper une serviette que ses petits doigts entreprennent d'abîmer. Elle s'excuse, mais ses paroles sont creuses. Comment faire confiance à une gamine qui n'écoute rien de ce que je dis depuis le début ? Elle n'est pas digne de confiance, aucun de ses mots n'a la moindre signification, aucun n'est sincère, ce n'est que du vent. Et après nié, après avoir s'être excusée, puis s'être trouvée des excuses, voilà qu'elle se met à marchander. Elle est tellement prévisible que je lève les yeux au ciel.
Mes yeux glissent sur le côté, vers elle. Je ne lui jette qu'un regard, bref, dans lequel déborde tout mon mépris et toute ma colère. Quand je reprends la parole, c'est d'une voix très basse, comme si elle n'avait pas mérité le droit que j'élève la voix. Et mon regard repart vers la vitrine, car elle n'a pas mérité que je la regarde.
« C'est présomptueux de ta part de croire que tu pourrais m'être utile de quelque façon que ce soit. »
Mes mots glissent sans la moindre nuance, des paroles sans ton prononcés d'une voix si basse qu'elle pourra se demander si elle les a rêvées. Je ne desserre ni mes bras, ni mes mâchoires. Et je persiste à regarder vers la vitrine pour m'empêcher de me pencher sur la table pour lui foutre une claque. Juste avant de disparaître dans un craquement magique. Je me sens vraiment froissée qu'une sale gamine comme elle ait réussi à me manquer de respect de la sorte et que cela me mette si en colère.
À l'orée de ma vision je la vois attraper une serviette que ses petits doigts entreprennent d'abîmer. Elle s'excuse, mais ses paroles sont creuses. Comment faire confiance à une gamine qui n'écoute rien de ce que je dis depuis le début ? Elle n'est pas digne de confiance, aucun de ses mots n'a la moindre signification, aucun n'est sincère, ce n'est que du vent. Et après nié, après avoir s'être excusée, puis s'être trouvée des excuses, voilà qu'elle se met à marchander. Elle est tellement prévisible que je lève les yeux au ciel.
Mes yeux glissent sur le côté, vers elle. Je ne lui jette qu'un regard, bref, dans lequel déborde tout mon mépris et toute ma colère. Quand je reprends la parole, c'est d'une voix très basse, comme si elle n'avait pas mérité le droit que j'élève la voix. Et mon regard repart vers la vitrine, car elle n'a pas mérité que je la regarde.
« C'est présomptueux de ta part de croire que tu pourrais m'être utile de quelque façon que ce soit. »
Mes mots glissent sans la moindre nuance, des paroles sans ton prononcés d'une voix si basse qu'elle pourra se demander si elle les a rêvées. Je ne desserre ni mes bras, ni mes mâchoires. Et je persiste à regarder vers la vitrine pour m'empêcher de me pencher sur la table pour lui foutre une claque. Juste avant de disparaître dans un craquement magique. Je me sens vraiment froissée qu'une sale gamine comme elle ait réussi à me manquer de respect de la sorte et que cela me mette si en colère.