Mascarade
Ce ne sont pas les danseurs qui empêchent ma longue descente dans le néant qui me consume. C'est sa voix à lui. Mon cœur manque un battement lorsque je me tourne vers lui, persuadée que j'ai mal entendu ce qui vient de m'être proposé. Je tombe dans son regard, je me fracasse contre les ailes de son papillon qui me cachent une bonne partie de ses traits.
Pendant un instant, je retiens mon souffle. Parce que j'ai très bien saisi ce qu'il vient de me proposer, mais plus que la danse c'est sa façon de formuler sa proposition qui me fige : que les mouvements prennent le pas sur les mots. Lorsque j'ai dansé avec Nerrah, les mots se sont tus. Tous les mots. Mais personne ne saurait remplacer le cavalier qu'a été le Serpentard le temps d'une danse, je le sais aussi clairement que je sais que je suis tentée d'accepter celle qui m'est désormais proposée, pour la simple et bonne raison qu'agir empêchera toujours les pensées de prendre toute la place. C'est ce que j'ai toujours fait. J'ai toujours agi quand ça n'allait pas, je travaillais durant des heures puis je m'écroulais de fatigue, je m'épuisais à répéter les mêmes gestes pour les sortilèges, encore et encore et encore. Le répit dans le travail. L'apaisement dans l'action. Agir pour ne pas penser. Le mouvement pour faire barrière aux émotions.
Le sait-il ? me demandé-je dans un frisson de terreur. A-t-il compris ce qui est en train de m'envahir, cela peut-il se voir sur mon visage, s'entendre dans ma voix ? Je me repasse mes précédentes paroles. Non, c'est impossible que cela ce soit vu. Impossible, il parle seulement de nos mots, de notre discussion. Le mouvement, maintenant que nous avons parlé. Il a entendu les nouvelles notes, a compris que notre discussion se déroulait bien et il profite de l'occasion pour inviter celle qui lui parle à danser. Voilà tout. Rien de plus.
Les secondes s'écoulent et je garde toujours le silence. Les battements de mon cœur résonnent dans mes oreilles. J'observe et analyse sous toutes les coutures l'homme-papillon, perturbée par tant d'envies contraires, de paroles à dire, de gestes à effectuer que j'ai l'impression d'être un chaudron prêt à exploser. Quand je prends la parole, je ne suis même pas sûre de ce que je vais dire, pourtant je parle quand même parce que le néant veille et que j'ai appris à le fuir de toutes les façons possibles.
« Vous serez étonné de voir c'que j'suis capable de faire même dans cet état-là, » affirmé-je d'une voix rauque sans guère de nuance.
Cependant, quand je me lève je sens mes jambes à l'équilibre peu sûr qui me font des menaces. Je garde le contrôle et, désormais debout avec la tête qui tourne, je m'immobilise de nouveau, les yeux penchés vers l'homme dont je ne connais rien.
J'imagine la main de cet inconnu, ses longs doigts clairs qui touchent ma peau. Je les imagine dans mon dos, sa chaleur proche de la mienne, et quelque chose se met à hurler dans ma tête. Comme une alarme silencieuse. Et insolemment, je décide de ne pas l'écouter. Désespérément, je décide de ne pas l'écouter. J'ai besoin de tout, sauf de mes pensées. Cet homme m'offre ce tout.
« Et bien, » articulé-je d'une voix pâteuse, mais pleine d'un défi incontrôlé. Et ce surnom également m'échappe comme mes pensées alcoolisées le font : « Dansons, homme-papillon. »
Mais je ne lui tends pas la main comme Aliosus Nerrah m'a tendu la sienne, car à cet instant, même si je suis persuadée que j'accepterai tout ce qui se présente à moi pour éloigner mes pensées noires, j'ai encore peur de détester le moment où nos corps entrerons en contact.
Pendant un instant, je retiens mon souffle. Parce que j'ai très bien saisi ce qu'il vient de me proposer, mais plus que la danse c'est sa façon de formuler sa proposition qui me fige : que les mouvements prennent le pas sur les mots. Lorsque j'ai dansé avec Nerrah, les mots se sont tus. Tous les mots. Mais personne ne saurait remplacer le cavalier qu'a été le Serpentard le temps d'une danse, je le sais aussi clairement que je sais que je suis tentée d'accepter celle qui m'est désormais proposée, pour la simple et bonne raison qu'agir empêchera toujours les pensées de prendre toute la place. C'est ce que j'ai toujours fait. J'ai toujours agi quand ça n'allait pas, je travaillais durant des heures puis je m'écroulais de fatigue, je m'épuisais à répéter les mêmes gestes pour les sortilèges, encore et encore et encore. Le répit dans le travail. L'apaisement dans l'action. Agir pour ne pas penser. Le mouvement pour faire barrière aux émotions.
Le sait-il ? me demandé-je dans un frisson de terreur. A-t-il compris ce qui est en train de m'envahir, cela peut-il se voir sur mon visage, s'entendre dans ma voix ? Je me repasse mes précédentes paroles. Non, c'est impossible que cela ce soit vu. Impossible, il parle seulement de nos mots, de notre discussion. Le mouvement, maintenant que nous avons parlé. Il a entendu les nouvelles notes, a compris que notre discussion se déroulait bien et il profite de l'occasion pour inviter celle qui lui parle à danser. Voilà tout. Rien de plus.
Les secondes s'écoulent et je garde toujours le silence. Les battements de mon cœur résonnent dans mes oreilles. J'observe et analyse sous toutes les coutures l'homme-papillon, perturbée par tant d'envies contraires, de paroles à dire, de gestes à effectuer que j'ai l'impression d'être un chaudron prêt à exploser. Quand je prends la parole, je ne suis même pas sûre de ce que je vais dire, pourtant je parle quand même parce que le néant veille et que j'ai appris à le fuir de toutes les façons possibles.
« Vous serez étonné de voir c'que j'suis capable de faire même dans cet état-là, » affirmé-je d'une voix rauque sans guère de nuance.
Cependant, quand je me lève je sens mes jambes à l'équilibre peu sûr qui me font des menaces. Je garde le contrôle et, désormais debout avec la tête qui tourne, je m'immobilise de nouveau, les yeux penchés vers l'homme dont je ne connais rien.
J'imagine la main de cet inconnu, ses longs doigts clairs qui touchent ma peau. Je les imagine dans mon dos, sa chaleur proche de la mienne, et quelque chose se met à hurler dans ma tête. Comme une alarme silencieuse. Et insolemment, je décide de ne pas l'écouter. Désespérément, je décide de ne pas l'écouter. J'ai besoin de tout, sauf de mes pensées. Cet homme m'offre ce tout.
« Et bien, » articulé-je d'une voix pâteuse, mais pleine d'un défi incontrôlé. Et ce surnom également m'échappe comme mes pensées alcoolisées le font : « Dansons, homme-papillon. »
Mais je ne lui tends pas la main comme Aliosus Nerrah m'a tendu la sienne, car à cet instant, même si je suis persuadée que j'accepterai tout ce qui se présente à moi pour éloigner mes pensées noires, j'ai encore peur de détester le moment où nos corps entrerons en contact.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 3 mars 2025, 17:16, modifié 1 fois.
Mascarade
Une torsion le saisit à la poitrine. Son cœur n’allait pas sagement rester indifférent et il sent la charge de ses tambourinements. La situation échappe à son contrôle, et il reste suspendu à la réaction de la louve. Peut-être qu’elle le rembarrera et que tout s’effacera. *poum-p’*, ses palpitations s’acharnent. Il se retient de poser la main sur son torse, comme si une pression allait réfréner son emballement. Ce n’est pas qu’il est sous le charme de la sorcière, loin de là. Aussi formelle et codifiée soit la danse, il s’y développe une proximité inévitable, une forme d’intime redoutée. Un Pas de deux peut être le terrain de jeu pour la séduction, la duperie, la confrontation, la complicité, la mise en distance par l’étiquette, la légèreté, la liberté enfin en se laissant aller. Hjúki doit trouver la justesse de ton pour ne pas basculer là il ne souhaite être entraîné. Se refuser à danser en cette soirée, c’était la facilité, croyait-il. Le verdict tombe, elle accepte son invitation et prend même les devants en se levant. Les vertiges de l’alcool entravent sans doute un peu son équilibre, mais le jeune mage ne parierait sur sa propre stabilité. Abandonnant son verre, il se redresse à son tour. Fermant les yeux quelques secondes, il respire avec le plus de lenteur possible, intimant au martèlement de s’assourdir. Surtout, il n’a pas le droit de trembler. Ce serait inconvenant, indigne. Il ne peut pas non plus être trop entreprenant, s’imposer sans délicatesse. *La justesse*, pense-t-il encore. Assuré que ses gestes ne seront parasités d’aucune vibration, il fait face à la louve, sans retenir son souffle. Il accepte toutes les nuances du parfum qui l’assaillira, même teinté de vapeurs alcoolisées. La valse n’est pas un terrain inconnu, il ne compte pas celles que Phœbe faisait résonner au piano, persuadée que c’était la quintessence de l’alliance de la musique et de la danse. Hjúki ne pense plus du tout à elle quand une main vient se poser à la taille tandis que l’autre vient saisir celle de la louve. Sans dureté ou fermeté trop marquée, mais sans hésitation non plus. Pas de tâtonnements, il doit savoir ce qu’il fait sans être intrusif par une pression exagérée. Attentif à la musique, il ne peut pas s’empêcher d’attendre le début d’une mesure avant de se lancer.
« Laissez-vous portez par le rythme, murmure-t-il, mais s’il est trop entraînant, nous pouvons ralentir. »
Il sait se glisser dans le cadre du phrasé musical mais demeure vigilant sur l’état de sa partenaire, s’il la sent tituber ou flottante, il est prêt à prendre quelques libertés, quitte à adopter une cadence plus étirée. Bien qu’ils auraient pu être d’usage, Hjúki ne se risque pas à des portés, qu’il estime réservés aux partenaires aguerris à la confiance éprouvée.
« Laissez-vous portez par le rythme, murmure-t-il, mais s’il est trop entraînant, nous pouvons ralentir. »
Il sait se glisser dans le cadre du phrasé musical mais demeure vigilant sur l’état de sa partenaire, s’il la sent tituber ou flottante, il est prêt à prendre quelques libertés, quitte à adopter une cadence plus étirée. Bien qu’ils auraient pu être d’usage, Hjúki ne se risque pas à des portés, qu’il estime réservés aux partenaires aguerris à la confiance éprouvée.
Mascarade
Et puis, nous voilà sur la piste de danse sans qu'un mot n'ait été échangé. Quand il s'est levé, j'ai essayé de lire dans son regard. Qu'espérais-je y trouver ? Quelque chose qui me motiverait à continuer sur cette voie-là ? Peut-être. De toute façon, je n'ai jamais su lire les regards, alors je n'ai rien trouvé dans ses yeux bleus comme un ciel obscur si ce n'est mon propre reflet. Ce qu'il avait à me dire, ce reflet, n'était pas agréable, mais j'ai remisé ma propre réticence à danser avec un total inconnu sous un couche de détermination et dès que les bras de l'homme-papillon ont commencé à se dresser en une invitation silencieuse à valser, j'ai compris que j'avais pris la bonne décision.
Sa main comme un nuage dans le creux de mon dos, ses doigts entourant les miens et rejetant une discrète chaleur sans que je ne puisse déterminer si elle vient de lui ou de moi. Naturellement, je pose ma propre main sur son épaule. Je sens le tissu de son vêtement sous ma peau, la force naturelle de ses muscles sous mes doigts. Je ravale un rire hilare qui a soudainement envie de m'échapper ; je le ravale si bien que j'en pince les lèvres.
Force est de constater que je suis si préoccupée par cet être humain dont je ne suis plus séparée au niveau du visage que d'une cinquantaine de centimètres et au niveau des mains de rien du tout, que mes pensées ont totalement cessé de m'embrouiller et de me maltraiter. Pourtant, j'arrive à invoquer l'image de Kristen Loewy dont j'imagine la mine moqueuse si elle me savait dans cette position mais, dans cette situation complètement ahurissante pour moi qui fait hurler toutes mes alarmes internes, son image n'est qu'un pâle reflet de ce qu'elle est en temps normal. Et la douleur qui l'accompagne ne peut que perdre de sa force, elle aussi, même si cela ne durera pas.
Cela me grise, cette libération placebo, alors je me prends au jeu de répondre du tac au tac à mon nouveau cavalier.
« Je n'ai pas l'intention de me laisser porter par quoi que ce soit, répliqué-je sur un ton badin, mais je vous autorise à mener cette danse. »
J'entends vaguement la musique. Je me plonge dans le souvenir récent de ma danse avec Nerrah pour me convaincre que ce qui est en train de se passer est tout à fait normal. Mais à vrai dire, ça ne l'est pas, et mon regard n'accepte en aucun cas d'atterrir dans celui de mon compagnon d'une danse.
Le rire qui m'a menacé tout à l'heure s'amuse à faire trembler la commissure de mes lèvres. Envieuse de résister à sa dictature, je choisis la parole ; qu'elle me libère donc de cet éclat qui me tente !
« Vous avez peur que je rende mes petits fours sur vous ? » demandé-je d'une voix insolente.
Sa main comme un nuage dans le creux de mon dos, ses doigts entourant les miens et rejetant une discrète chaleur sans que je ne puisse déterminer si elle vient de lui ou de moi. Naturellement, je pose ma propre main sur son épaule. Je sens le tissu de son vêtement sous ma peau, la force naturelle de ses muscles sous mes doigts. Je ravale un rire hilare qui a soudainement envie de m'échapper ; je le ravale si bien que j'en pince les lèvres.
Force est de constater que je suis si préoccupée par cet être humain dont je ne suis plus séparée au niveau du visage que d'une cinquantaine de centimètres et au niveau des mains de rien du tout, que mes pensées ont totalement cessé de m'embrouiller et de me maltraiter. Pourtant, j'arrive à invoquer l'image de Kristen Loewy dont j'imagine la mine moqueuse si elle me savait dans cette position mais, dans cette situation complètement ahurissante pour moi qui fait hurler toutes mes alarmes internes, son image n'est qu'un pâle reflet de ce qu'elle est en temps normal. Et la douleur qui l'accompagne ne peut que perdre de sa force, elle aussi, même si cela ne durera pas.
Cela me grise, cette libération placebo, alors je me prends au jeu de répondre du tac au tac à mon nouveau cavalier.
« Je n'ai pas l'intention de me laisser porter par quoi que ce soit, répliqué-je sur un ton badin, mais je vous autorise à mener cette danse. »
J'entends vaguement la musique. Je me plonge dans le souvenir récent de ma danse avec Nerrah pour me convaincre que ce qui est en train de se passer est tout à fait normal. Mais à vrai dire, ça ne l'est pas, et mon regard n'accepte en aucun cas d'atterrir dans celui de mon compagnon d'une danse.
Le rire qui m'a menacé tout à l'heure s'amuse à faire trembler la commissure de mes lèvres. Envieuse de résister à sa dictature, je choisis la parole ; qu'elle me libère donc de cet éclat qui me tente !
« Vous avez peur que je rende mes petits fours sur vous ? » demandé-je d'une voix insolente.
Mascarade
Sans ravisement impromptu, elle a accepté sa main et pris position. Il s’agit d’un contact comparable à nul autre, qui empêche Hjúki de penser à quoi que ce soit d’autre, n’ayant de sensations connues ou familières à invoquer. Se faire montrer la base des mouvements, ce n’est pas pareil à les produire in situ, avec une véritable cavalière. N’ayant les clefs pour déchiffrer pour déchiffrer la danse de ses traits, il se fie essentiellement à ce que lui disent ses mains, qui devraient le sentir, si la louve se mettait à chanceler. Le jeune adulte acquiesce quand elle affirme refuser de „se laisser porter“, c’est sûrement l’expression de sa volonté de contrôle, à laquelle il ne va pas faire barrage. Il entend aussi en implicite qu’elle ne souhaiterait pas se livrer à des tournoiements portés vers lesquels peut dériver la valse. Loin de le déstabiliser, la question par laquelle la sorcière le provoque l’amuse, au point de lui arracher un sourire.
« Vous avez le don de briser les tensions. Cela ne me ravirait pas, mais je m’en remettrais. »
Hjúki disait vrai, cette pensée ne l’avait pas même pas effleuré, ce qui lui permet d’y réagir avec légèreté. Se cachait néanmoins derrière sa prudence et son attention une crainte d’une autre nature, et il essaie de se focaliser sur l’enchaînement régulier des pas et les tracés qu’ils dessinent au sol pour ne penser à la seule chose qui lui ferait peur. Peut-être qu’il a quitté Galway parce qu’il ne voulait plus en être le témoin. Vers la fin de son adolescence, Opa n’avait plus été un roc infaillible, Hjúki l’avait déjà vu s’effondrer, comme une marionnette à laquelle on aurait coupé les fils. Un des signes des affres de l’âge. Il n’avait jamais voulu savoir exactement quand était né son grand-père, cela l’aurait mené à calculer combien de temps ils auraient au mieux selon l’espérance de vie d’un sorcier. En l’ignorant, il n’y avait pas de décompte concret dans sa tête. En s’éloignant, il n’avait pas à voir ce déclin. Hjúki ne devrait pas dire ce qui le terrifie, mais il le lâche quand même.
« Je m’inquiète plutôt de l’idée que vous tombiez ou perdiez conscience. Le risque est modéré, n’est-ce pas ? »
« Vous avez le don de briser les tensions. Cela ne me ravirait pas, mais je m’en remettrais. »
Hjúki disait vrai, cette pensée ne l’avait pas même pas effleuré, ce qui lui permet d’y réagir avec légèreté. Se cachait néanmoins derrière sa prudence et son attention une crainte d’une autre nature, et il essaie de se focaliser sur l’enchaînement régulier des pas et les tracés qu’ils dessinent au sol pour ne penser à la seule chose qui lui ferait peur. Peut-être qu’il a quitté Galway parce qu’il ne voulait plus en être le témoin. Vers la fin de son adolescence, Opa n’avait plus été un roc infaillible, Hjúki l’avait déjà vu s’effondrer, comme une marionnette à laquelle on aurait coupé les fils. Un des signes des affres de l’âge. Il n’avait jamais voulu savoir exactement quand était né son grand-père, cela l’aurait mené à calculer combien de temps ils auraient au mieux selon l’espérance de vie d’un sorcier. En l’ignorant, il n’y avait pas de décompte concret dans sa tête. En s’éloignant, il n’avait pas à voir ce déclin. Hjúki ne devrait pas dire ce qui le terrifie, mais il le lâche quand même.
« Je m’inquiète plutôt de l’idée que vous tombiez ou perdiez conscience. Le risque est modéré, n’est-ce pas ? »
Mascarade
Au premier frémissement, mes yeux dévalent son visage. C'est que durant le peu de temps que nous avons passé ensemble, c'est la première fois que je le fois sourire, me semble-t-il. Amusement ou moquerie ? Un sourcil inquisiteur et invisible se lève derrière mon masque. Au son de sa voix, j'imagine qu'il est plus amusé que moqueur. C'est la première fois que l'on me dit que je suis apte à briser les tensions. En fait, je suis plutôt habituée à les provoquer, les affirmer et les aggraver, les tensions, qu'elles soient familiales ou amicales. Je ne peux m'empêcher de songer à Ashley Rockfield qui est particulièrement sensible à ma capacité à créer des tensions, même si je n'irai pas jusqu'à tourner le visage pour la trouver dans la foule, de crainte de malmener un estomac déjà bien affaibli. À nous trémousser ainsi sur la piste de danse, à la vue de tous, nulle doute que mes deux compagnons de la soirée finiront par me remarquer. Ainsi que mes frères. Cela me dérange-t-il ? Je ne crois pas, je me fiche de leurs regards. Ce que je crains en revanche, ce sont leurs remarques. Quel est le premier à qui je devrais dire de fermer sa grande bouche ?
Un pas sur le côté, un second en avant, et on recommence, j'avance, ou je recule, je ne sais pas. Inévitablement, mes doigts se resserrent sur ceux de mes camarades. Quand je le remarque, je grimace mais ne me détache pour autant : je me figure que cela ne rendrait que plus évidente ma gêne et je n'ai pas envie qu'elle le soit. Mais sa peau commence à devenir moite — à moins que ce ne soit la mienne ? Pourquoi les gens aiment ces contacts, pourquoi les attendent-ils ? Je sens sa main dans mon dos et courageusement, j'affronte le bas de son visage, seule partie qui m'est visible. C'est rare pour moi d'avoir une vision aussi proche d'un visage humain. Disons que la seule créature vivante qui m'approche d'aussi près est habituellement Zikomo. Il est du genre plus poilu. Un peu plus bleu sur les bords. Je ne suis pas habituée à la proximité humaine. J'essaie de ne pas penser à Gabryel. Mais puisque j'y pense, je commence à l'imaginer et des souvenirs du passé s'écoulent dans mon esprit comme une rivière gonflée par les crues.
Heureusement, ses paroles me sauvent de mes pensées. Encore. Je devrais peut-être le faire parler davantage. Surtout qu'il est capable de danser et de parler. Nerrah, lui, était assez peu bavard.
« Vous avez peur que je tombe ? »
Et voilà, l'éclat qui menaçait ne se contente plus de menacer, il frappe : je ricane, je glousse, je ris — j’émets un bruit qui ressemble à de l'hilarité et aussitôt j'enchaine :
« C'n'est pas entre vos bras que je tomberai, homme-papillon. Le risque est inexistant. »
Je secoue la tête, encore amusée qu'il ait pu croire qu'Aelle Bristyle allait bêtement perdre connaissance. Perdant quelque peu le fil de la danse, je fais un mauvais pas, puis un second, avant de décider que je me fiche qu'ils soient mauvais. Je remonte ma main qui était tombée le long de son bras.
« Vous pensez vraiment que j'ai dépassé mes propres limites, hein ? » dis-je alors sur un ton qui pourrait paraître amusé — impossible d'y déceler l'agacement de me voir sous-estimée.
Un pas sur le côté, un second en avant, et on recommence, j'avance, ou je recule, je ne sais pas. Inévitablement, mes doigts se resserrent sur ceux de mes camarades. Quand je le remarque, je grimace mais ne me détache pour autant : je me figure que cela ne rendrait que plus évidente ma gêne et je n'ai pas envie qu'elle le soit. Mais sa peau commence à devenir moite — à moins que ce ne soit la mienne ? Pourquoi les gens aiment ces contacts, pourquoi les attendent-ils ? Je sens sa main dans mon dos et courageusement, j'affronte le bas de son visage, seule partie qui m'est visible. C'est rare pour moi d'avoir une vision aussi proche d'un visage humain. Disons que la seule créature vivante qui m'approche d'aussi près est habituellement Zikomo. Il est du genre plus poilu. Un peu plus bleu sur les bords. Je ne suis pas habituée à la proximité humaine. J'essaie de ne pas penser à Gabryel. Mais puisque j'y pense, je commence à l'imaginer et des souvenirs du passé s'écoulent dans mon esprit comme une rivière gonflée par les crues.
Heureusement, ses paroles me sauvent de mes pensées. Encore. Je devrais peut-être le faire parler davantage. Surtout qu'il est capable de danser et de parler. Nerrah, lui, était assez peu bavard.
« Vous avez peur que je tombe ? »
Et voilà, l'éclat qui menaçait ne se contente plus de menacer, il frappe : je ricane, je glousse, je ris — j’émets un bruit qui ressemble à de l'hilarité et aussitôt j'enchaine :
« C'n'est pas entre vos bras que je tomberai, homme-papillon. Le risque est inexistant. »
Je secoue la tête, encore amusée qu'il ait pu croire qu'Aelle Bristyle allait bêtement perdre connaissance. Perdant quelque peu le fil de la danse, je fais un mauvais pas, puis un second, avant de décider que je me fiche qu'ils soient mauvais. Je remonte ma main qui était tombée le long de son bras.
« Vous pensez vraiment que j'ai dépassé mes propres limites, hein ? » dis-je alors sur un ton qui pourrait paraître amusé — impossible d'y déceler l'agacement de me voir sous-estimée.
Mascarade
Sentant un raffermissement dans sa prise, Hjúki l’accepte sans s’alarmer, tant que ce n’est pas un signe avant-coureur inquiétant, cela n’est pas de nature à trop le préoccuper. Mentalement, il œuvre activement à l’éloignement des considérations pesantes, aux questionnements qui finiraient par l’asphyxier. À moins que cela ne trahisse quelque chose de sérieux sur l’état de sa partenaire, il ne veut pas interpréter ni savoir ce que signifierait une variation de ton ou pression. Il ne veut pas qu’elle sente son pouls galoper jusqu’à l’extrémité de ses doigts pour dénoncer un trouble qu’il aurait laissé le gagner. La fraction de seconde destinée à l’effroi quand une main s’échappe est rompue quand il comprend qu’elle s’explique par la franchise d’un rire qui éclate. En d’autres circonstances, il aurait pu en tirer une leçon d’humilité, du style pas de supposition dramatique quand on en sait trop peu. C’est du moins le soulagement, une sensation d’allègement qui s’impose. Au moins n’a-t-elle pas eu le noir sens de l’humour ou le mauvais goût de faire mine de choir à l’instant, et quelque part, il lui en est reconnaissant. Une sorcière malveillante aurait pu saisir l’occasion de se jouer de lui.
« Je n’en savais trop rien, avoue-t-il. Vous me rassurez »
Sans développer, il pense qu’elle la rassure, parce qu’elle ne compte pas tomber, soit, mais elle le rassure surtout parce qu’elle n’a pas fait quelque chose d’une peur confiée sans y réfléchir, ce qui impacte l’estime que Hjúki a de la louve.
« Je n’en savais trop rien, avoue-t-il. Vous me rassurez »
Sans développer, il pense qu’elle la rassure, parce qu’elle ne compte pas tomber, soit, mais elle le rassure surtout parce qu’elle n’a pas fait quelque chose d’une peur confiée sans y réfléchir, ce qui impacte l’estime que Hjúki a de la louve.
Mascarade
Malgré tout avare en paroles, l'homme-papillon se contente de peu de mots. Cela dit, il en prononce suffisamment pour que je puisse répondre, toujours sans trop y penser car j'ai décidé au moment de me lever pour accepter de valser qu'il me fallait cesser de réfléchir.
« Et bien maint'nant vous savez, répliqué-je. Encore une fois je vous l'dis : j'suis capable de voir quand j'les dépasse, mes limites »
Sur ces mots marmonnés, je quitte son visage pour mieux regarder mes pieds. Guère de temps, une poignée de secondes tout au plus, mais j'ai besoin de cela pour retrouver le rythme perdu un peu plus tôt lorsque j'ai ricané. Je vois les pieds de mon partenaire qui suivent un rythme qu'il est le seul à comprendre et, sans réfléchir davantage, je me calque sur sa cadence en m'étonnant de sentir mon corps si léger et flottant alors que mes membres me semblent si gourds. Mes pensées sont semblables : légères, mais encombrées.
Je ne peux m'empêcher de comparer cette valse à celle que j'ai eue avec Nerrah un peu plus tôt et je n'arrive pas à comprendre pourquoi les deux sont si différentes. Pourquoi ce qui m'a envahie avec le Serpentard ne se répète pas maintenant ? Pourtant, les paramètres sont les mêmes : une invitation impromptue à danser, un accord étonnant de ma part, des mains sur mon corps, un regard qui me côtoie, une voix qui ne parle que pour moi. Mais ce grand sentiment qui m'a envahie plus tôt... Je ne le retrouve pas maintenant. Pourquoi ?
« Parlez, » intimé-je alors en plongeant dans les yeux de mon cavalier, mais en m'en détournant tout aussi vite pour surveiller les danseurs qui passent près de nous.
« Et bien maint'nant vous savez, répliqué-je. Encore une fois je vous l'dis : j'suis capable de voir quand j'les dépasse, mes limites »
Sur ces mots marmonnés, je quitte son visage pour mieux regarder mes pieds. Guère de temps, une poignée de secondes tout au plus, mais j'ai besoin de cela pour retrouver le rythme perdu un peu plus tôt lorsque j'ai ricané. Je vois les pieds de mon partenaire qui suivent un rythme qu'il est le seul à comprendre et, sans réfléchir davantage, je me calque sur sa cadence en m'étonnant de sentir mon corps si léger et flottant alors que mes membres me semblent si gourds. Mes pensées sont semblables : légères, mais encombrées.
Je ne peux m'empêcher de comparer cette valse à celle que j'ai eue avec Nerrah un peu plus tôt et je n'arrive pas à comprendre pourquoi les deux sont si différentes. Pourquoi ce qui m'a envahie avec le Serpentard ne se répète pas maintenant ? Pourtant, les paramètres sont les mêmes : une invitation impromptue à danser, un accord étonnant de ma part, des mains sur mon corps, un regard qui me côtoie, une voix qui ne parle que pour moi. Mais ce grand sentiment qui m'a envahie plus tôt... Je ne le retrouve pas maintenant. Pourquoi ?
« Parlez, » intimé-je alors en plongeant dans les yeux de mon cavalier, mais en m'en détournant tout aussi vite pour surveiller les danseurs qui passent près de nous.
Mascarade
À la façon dont elle le dit, il est prêt à la croire et ses craintes de la voir dériver se dissipent un peu. Ses pas se coulant dans la régularité du rythme l’aident également à rester calme et il sent sa partenaire se recaler après l’écart provoqué par son rire. Même s’il ne pense à personne d’autre, il lui est difficile de concentrer toute l’intensité de son regard sur elle, son masque de louve créant aussi une distance salutaire, lui permettant de mieux en apprécier les détails et reliefs. Alors que Hjúki croyait maîtriser autant ses mouvements que ses pulsations, elle l’invite à parler, une demande si libre qu’elle le désoriente. Que veut-elle donc entendre ? L’incompréhensible pression sur sa poitrine revient. Les vagues musicales de la valse ne suffisent à le bercer quand elle a libéré le flot des mots en pensées dans sa tête. Le jeune mage se raccroche à sa langue maternelle. Bien qu’il n’ait jamais connu sa mère, c’est celle que lui a transmise Opa. Qu’est-ce qui lui prend ? se demande-t-il, quand un vers émerge du fond de sa mémoire. Cela fait si longtemps qu’il n’a pas pensé à Faust, à ses chaînes, à sa conviction que savourer un moment était impossible. Son ombre s’impose, et aussi foudroyante soit l’idée de prononcer ces mots, il sait qu’ils s’échapperont. Tant pis si elle ne comprend pas, elle n’a donné aucune précision sur la nature des paroles demandées. Ce sera la musicalité germanique.
„Verweile doch, du bist so schön“
„Verweile doch, du bist so schön“
Reducio
Suspens–toi, tu es si beau – adresse au Temps, issue du Faust de Goethe
Mascarade
Quelques secondes tout au plus s'enfuient, mais j'ai le temps durant leur écoulement de craindre qu'il ne m'accorde pas ce que je désire. Je le vois déjà me dire bêtement : « Parler ? Mais pour dire quoi ? Je dois dire quoi ? » comme le premier des idiots. Ce qui me décevrait si fort que je suis persuadée que je lâcherais ses mains et que je m'en retournerais à mes vieux vices alcoolisés. Mais en un battement de cœur, il éteint mes craintes. Par contre, il ne suffit que d'un battement de cœur également pour ramener à mon souvenir des pensées que je ne désire pas.
J'ai d'abord un moment de flottement quand j'entends les mots. Étonnée, pour commencer, qu'il ait choisi de me parler une langue étrangère. Choquée, ensuite, que cette langue soit l'allemand et que cela ne puisse évoquer en moi qu'Aliosus Nerrah et sa poigne-nuage quand il me faisait valser. Perturbée, enfin, parce que l'homme-papillon a pu choisir de dire n'importe quoi, misant sur le principe qu'il y a de fortes chances pour que je ne comprenne rien, et que je me demande s'il m'a insultée ou s'il m'a dit des choses désagréables sous couvert d'une langue étrangère.
Plongée dans ses yeux, j'en perds le fil de mon silence. Mais finalement, une fois l'étonnement, le choc et la perturbation passés, c'est à mon tour de parler. Je le remercie silencieusement d'avoir si bien choisi le nouveau sujet de la conversation. Alors agissant sur le même principe, moi aussi je mise qu'il ne comprendra pas la langue que je choisis de parler. Mon français est à couper au couteau, je n'ai jamais fait le moindre effort pour apprendre la prononciation. J'aurais pu choisir l'une de ces phrases que j'ai appris à dire lorsque je suivais des cours de langue à l'AESM, j'aurais même pu balbutier quelque chose de compréhensible en lien avec la conversation. Mais à la place, je choisis une phrase que j'ai entendue il y a des années dans la bouche de Gabryel Fleurdelys, les premières paroles d'une chanson dont je ne me souviens pas :
« "Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?" »
Je prononce les mots lentement, laborieusement, les sourcils froncés par une concentration toute studieuse, mais la phrase finit par sortir et il me semble qu'elle est correcte.
Oh Diantre, il y a une telle tension enfermée en lui et Aelle la libère avec une telle simplicité, sans le savoir, que j'ai un peu de peine pour lui. Mais j'adore son choix de parole !
Pour la chanson : Et si tu n'existais pas de Joe Dassin. Petite mention, @Gabryel Fleurdelys : comme quoi, Aelle se souvient de ce que lui dit ton protégé.
J'ai d'abord un moment de flottement quand j'entends les mots. Étonnée, pour commencer, qu'il ait choisi de me parler une langue étrangère. Choquée, ensuite, que cette langue soit l'allemand et que cela ne puisse évoquer en moi qu'Aliosus Nerrah et sa poigne-nuage quand il me faisait valser. Perturbée, enfin, parce que l'homme-papillon a pu choisir de dire n'importe quoi, misant sur le principe qu'il y a de fortes chances pour que je ne comprenne rien, et que je me demande s'il m'a insultée ou s'il m'a dit des choses désagréables sous couvert d'une langue étrangère.
Plongée dans ses yeux, j'en perds le fil de mon silence. Mais finalement, une fois l'étonnement, le choc et la perturbation passés, c'est à mon tour de parler. Je le remercie silencieusement d'avoir si bien choisi le nouveau sujet de la conversation. Alors agissant sur le même principe, moi aussi je mise qu'il ne comprendra pas la langue que je choisis de parler. Mon français est à couper au couteau, je n'ai jamais fait le moindre effort pour apprendre la prononciation. J'aurais pu choisir l'une de ces phrases que j'ai appris à dire lorsque je suivais des cours de langue à l'AESM, j'aurais même pu balbutier quelque chose de compréhensible en lien avec la conversation. Mais à la place, je choisis une phrase que j'ai entendue il y a des années dans la bouche de Gabryel Fleurdelys, les premières paroles d'une chanson dont je ne me souviens pas :
« "Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?" »
Je prononce les mots lentement, laborieusement, les sourcils froncés par une concentration toute studieuse, mais la phrase finit par sortir et il me semble qu'elle est correcte.
Oh Diantre, il y a une telle tension enfermée en lui et Aelle la libère avec une telle simplicité, sans le savoir, que j'ai un peu de peine pour lui. Mais j'adore son choix de parole !
Pour la chanson : Et si tu n'existais pas de Joe Dassin. Petite mention, @Gabryel Fleurdelys : comme quoi, Aelle se souvient de ce que lui dit ton protégé.
Mascarade
Les frétillements grouillants de ses battements, Hjúki ignore comment ils pourraient demeurer inaperçus. Elle ne doit pas comprendre qu’il a prononcées les paroles interdites, celles de la cession, celles d’un héros prêt à se damner pour un moment d’existence qui ne soit pas fade et en lequel il s’est déjà reconnu. Peut-être s’interroge-t-il un potentiel écho, sur la capacité de sa cavalière à apprécier un présent qui rompe l’ennui. Sa réaction ne lui permet pas de soupçonner qu’elle ait pu déchiffrer sa langue, et ses mots s’apparentant au français le désarçonnent. Sa Sœur-de-Cœur le parlant, il sait en reconnaître vaguement le rythme et les sonorités, mais pas leur sens. Ce choix le ramène aux derniers mots de sa première rencontre avec Phœbe. Quelle étrange sensation de déjà-vu. Il avait parlé en allemand, elle avait parlé en français. À l’époque, ils avaient rendu saillant un contraste de culture reflété dans leurs langues respectives. Le versant féminin de la Lune aux origines gréco-romaines, retranscrit dans la langue française, face au versant masculin Mond aux origines germanico-nordiques et affleurant dans le genre du nom allemand. Il en allait de même pour le soleil, féminin dans sa langue mais masculin dans celle de Phœbe. Outre cela, il ne s’était jamais initié à cette syntaxe, si bien les paroles de la louve lui demeuraient scellées. Bien qu’indéchiffrables, elle ne l’éloigne pas de Faust mais au contraire, l’en rapproche dangereusement. „Im Anfang war das Wort“, l’insurgente phrase biblique. La quête du Mot, face à laquelle Faust s’indigne. Le commencement de Hjúki aurait été le Sens, mais c’est le point culminant de la tirade qu’il partage. Cette fois, il concède la traduction.
„… Im Anfang war die That. Au Commencement était l’Acte.“
„… Im Anfang war die That. Au Commencement était l’Acte.“
Reducio
Quelle pouvoir étrange a Aelle sur ses digues.
Toujours Faust, pour contrer l’incipit évangélique Au Commencement était la Parole (λόγος).
Toujours Faust, pour contrer l’incipit évangélique Au Commencement était la Parole (λόγος).