Pétillant comme un bon champagne E.M

Alice apprécia la chaleur du rire d’Erwan dans un sourire. Sa plaisanterie ne l’avait point offusquer. Tant mieux. La sorcière aurait été bien mécontente de devoir passer la soirée à faire attention à son humour parfois trop… sombre. Tante Élise lui avait dit à mainte reprise que tout les sujets ne sont pas à aborder pour plaisanter. Mais Tante Élise ne comprenait rien à l’humour.
Ainsi donc, pour pénétrer dans le Pitiponk, il fallait être accompagné d’un sorcier le connaissant déjà. Quelle drôle d’idée. Qui fut le premier client ? Comment les nouveaux étudiants asociaux pouvaient trouver ce pub ? De toute manière, quel étudiant asocial voudrait se perdre dans un bar ?
Alice apprécia la vue d’Erwan et la poursuite de son joli jeu d’acteur qui lui allait parfaitement au teint. Elle souriait de le voir ainsi. Elle se sentait chanceuse, très chanceuse, d’avoir un garçon aussi solaire dans son entourage. Et, ce soir, rien que pour elle.
D’autant plus si il fallait en plus s’improviser musicien pour espérer entrer dans le Pitiponk. Pourquoi diable était-ce si ardu ? Le propriétaire de ce pub n’avait-il point songé à tout les malheureux qui n’avaient pas le moindre sens du rythme ? Car de ceux là, le monde sorcier en regorgeait ! Alice en avait rencontré pléthore, parfois même des musiciens. Enfin, le terme musicien était peut-être un peu présomptueux. Disons qu’ils avaient sans doute un jour tenu un instrument entre leur main, gratter une corde ou flatter une touche, et se prenaient dés lors pour Wagner ou Chopin.
Comme c’était curieux. Le simple fait de savoir qu’Erwan avait le sens du rythme le mettait sur un piédestal dont il ne devait pas même avoir conscience.

Cinq minutes à présent les séparaient du fameux Pitiponk. Alice était impatiente. Impatiente de découvrir ce lieu magique dont elle n’avait apprit l’existence que plus tôt. Impatiente de voir Erwan se tourner vers elle avec fierté après avoir accompli ce rituel surprenant pour leur ouvrir les portes de son antre. Impatiente de s’asseoir avec lui, et de profiter de sa compagnie, ponctuée de ses rires, de ses sourires, de ses manières, de sa voix, de ses anecdotes, de sa douceur, de son humour, de son regard. De tout Erwan, finalement.

Elle suivit Erwan lorsqu’il tourna à l’angle d’une rue. Son coeur battait un peu plus fort. Où était l’arche de bois et la porte bleu océan que son imagination avait fabriquées ? Où était le grand arbre sous lequel Erwan et Alice s’abriterait pour déguster un délicieux cocktail ? Tout cela se trouvait-il à la sortie de cette ruelle exiguë ?
Erwan s’arrêta.
Alice comprit qu’il n’y aurait pas d’arche magique.
Rien qu’une porte.
Alice papillonna des yeux, levant un regard dubitatif vers Erwan.

La porte n’était même pas bleu océan.

• FIN •



Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050