Un cocktail à deux étages
Serpentard avait beau avoir perdu Alice du temps de sa scolarité, la jeune femme n’avait, elle, rien perdu des qualités qui l’y avaient placée. Oh comme elle était forte à ce petit jeu… Et dire qu’à un moment, Erwan avait pensé jouer à armes égales avec elle. Elle menait la danse d’une main de fer. Ses rougissements n’étaient que de furtives apparitions d’une femme sans masque retenue prisonnière d’une armure forgée par des générations de traditions. L’ancien Poufsouffle était-il si naïf de croire qu’il pourrait libérer cette prisonnière ? Oui, il l’était, mais lui préférait dire optimiste. Il ne savait pas que cette quête était impossible, alors il le ferait. Erwan était comme dans une mare agitée, sans savoir nager, à se débattre pour garder la tête hors de l’eau, sans prendre le temps de réfléchir au fait qu’il avait peut-être pied… Autrement dit, il était en quelque sorte devenu le jouet d’Alice en cette fin de journée. Comment se faisait-il qu’elle soit si forte ? Ses mots revenaient en tête… « Ce trésor, tu ne peux le dissimuler. Tu dois le porter, chaque seconde. Tu affrontes alors le regard de tous. Ceux qui l’admirent avec désintéressement… ainsi que les autres. Ceux qui font fi de son existence pour ne profiter que de ta présence… et les autres. ». Avait-elle dû tant de fois se protéger pour arriver à une telle prestation ? Et pourquoi diable s’évertuait-elle à ne pas voir la véritable nature des intentions d’Erwan ? Pourquoi voulait-elle qu’il soit un… autre ?
Placés à quelques centimètres de la peau d’Erwan, les doigts d’Alice étaient donc bien magiques. Elle, qui savait faire danser les flammes dans sa main, arrivait également à faire monter la température du corps d’Erwan ! C’est pour ça qu’il avait encore plus chaud non ? Le jeune homme était déconcerté. Il avait ignoré ses flatteries et promesses creuses en y répondant que par un sourire sincère et attendri, mais le coup d’après élevait le jeu encore d’un cran. Elle était donc prête à tout pour gagner… Elle n’avait pas hésité longtemps avant de se lancer dans ce coup bas. Feindre ce rapprochement pour faire monter en lui le désir… C’était un coup de maître. Son seul objectif n’était plus qu’une victoire totale et écrasante. Le fait d’avoir gagné ne lui suffisait pas, elle voulait détruire Erwan en plus. Mais peu importe à quel point elle arriverait aujourd’hui à esquinter Erwan, il avait en lui une force qu’elle n’avait pas et qu’elle n’aurait jamais. Elle jouait pour gagner, il jouait pour le jeu. Et s’il jouait encore malgré le manque de sincérité, malgré le ton imposé par Alice, c’est parce qu’il voulait juste continuer de jouer avec elle. Parce qu’au plus profond de lui, tout ce qu’il souhaitait, c’était qu’elle se sente bien à ses côtés. Elle ne comprendrait que trop tard qu’elle ne pouvait pas gagner contre quelqu’un qui ne pouvait pas perdre. Elle faisait danser les flammes entre ses mains, tellement habituée aux mouvements que lui imposait son masque, qu’elle en oubliait l’essentiel. Le feu, ça brûle.
Avec toute l’assurance qui le caractérisait, Erwan finit par rire gaiement. Cela aurait eu plus d’effet s’il en avait été capable immédiatement, mais tant pis. Alice avait eu droit à Erwan rougissant, perplexe quant au comportement qu’il devait adopter, pendant une seconde. C’est ce qu’elle souhaitait après tout. Mais il continuerait à jouer. Elle pensait le piéger dans ses filets, sans jamais penser que le piège pourrait également se refermer sur elle. Quand son rire mourut, Erwan se pencha lui aussi vers Alice. Son corps, tout attiré qu’il était par le magnétisme de la jeune femme, suivit volontiers son intention. La peau de son torse, celle que l’ouverture du bouton avait rendue visible, rentra en contact avec les doigts qu’Alice avait laissés en suspension. Leurs visages, désormais séparés par le mince espace que la décence voulait bien leur concéder, n’avaient jamais été aussi proches. Son regard, déterminé et bienveillant, semblait vouloir sonder l’âme d’Alice. Qu’est-ce qu’il aurait aimé que tout ça soit vrai, que ce soit aussi simple et bienveillant que deux âmes attirées l’une par l’autre qui jouent au jeu du rapprochement… Mais ce n’était pas ça ; la pilule, difficile à avaler, avait fini par passer. Tout ça n’était qu’un jeu et Erwan se sentait l’âme d’un saboteur de partie, le genre de joueur qui soulève le point que le maître du jeu n’avait pas anticipé. Il jouait avec un dé pipé ? Très bien, peut-être que son interprétation le sauverait ! «Et pourtant… » Il tira lui-même un petit peu sur l’ouverture de sa chemise, révélant un peu plus le tatouage qui courait sur son épaule. «Qu’as-tu imaginé d’autre que je pourrais démentir ?». Il attrapa son verre posé sur la table en tentant le moins possible de bouger son corps qu’il opposait à Alice dans ce jeu puéril. Il but une gorgée sans lâcher les yeux de la jeune femme, qu’ils le regardent ou bien qu’ils soient à nouveau en train de courir sur son corps…
Placés à quelques centimètres de la peau d’Erwan, les doigts d’Alice étaient donc bien magiques. Elle, qui savait faire danser les flammes dans sa main, arrivait également à faire monter la température du corps d’Erwan ! C’est pour ça qu’il avait encore plus chaud non ? Le jeune homme était déconcerté. Il avait ignoré ses flatteries et promesses creuses en y répondant que par un sourire sincère et attendri, mais le coup d’après élevait le jeu encore d’un cran. Elle était donc prête à tout pour gagner… Elle n’avait pas hésité longtemps avant de se lancer dans ce coup bas. Feindre ce rapprochement pour faire monter en lui le désir… C’était un coup de maître. Son seul objectif n’était plus qu’une victoire totale et écrasante. Le fait d’avoir gagné ne lui suffisait pas, elle voulait détruire Erwan en plus. Mais peu importe à quel point elle arriverait aujourd’hui à esquinter Erwan, il avait en lui une force qu’elle n’avait pas et qu’elle n’aurait jamais. Elle jouait pour gagner, il jouait pour le jeu. Et s’il jouait encore malgré le manque de sincérité, malgré le ton imposé par Alice, c’est parce qu’il voulait juste continuer de jouer avec elle. Parce qu’au plus profond de lui, tout ce qu’il souhaitait, c’était qu’elle se sente bien à ses côtés. Elle ne comprendrait que trop tard qu’elle ne pouvait pas gagner contre quelqu’un qui ne pouvait pas perdre. Elle faisait danser les flammes entre ses mains, tellement habituée aux mouvements que lui imposait son masque, qu’elle en oubliait l’essentiel. Le feu, ça brûle.
Avec toute l’assurance qui le caractérisait, Erwan finit par rire gaiement. Cela aurait eu plus d’effet s’il en avait été capable immédiatement, mais tant pis. Alice avait eu droit à Erwan rougissant, perplexe quant au comportement qu’il devait adopter, pendant une seconde. C’est ce qu’elle souhaitait après tout. Mais il continuerait à jouer. Elle pensait le piéger dans ses filets, sans jamais penser que le piège pourrait également se refermer sur elle. Quand son rire mourut, Erwan se pencha lui aussi vers Alice. Son corps, tout attiré qu’il était par le magnétisme de la jeune femme, suivit volontiers son intention. La peau de son torse, celle que l’ouverture du bouton avait rendue visible, rentra en contact avec les doigts qu’Alice avait laissés en suspension. Leurs visages, désormais séparés par le mince espace que la décence voulait bien leur concéder, n’avaient jamais été aussi proches. Son regard, déterminé et bienveillant, semblait vouloir sonder l’âme d’Alice. Qu’est-ce qu’il aurait aimé que tout ça soit vrai, que ce soit aussi simple et bienveillant que deux âmes attirées l’une par l’autre qui jouent au jeu du rapprochement… Mais ce n’était pas ça ; la pilule, difficile à avaler, avait fini par passer. Tout ça n’était qu’un jeu et Erwan se sentait l’âme d’un saboteur de partie, le genre de joueur qui soulève le point que le maître du jeu n’avait pas anticipé. Il jouait avec un dé pipé ? Très bien, peut-être que son interprétation le sauverait ! «Et pourtant… » Il tira lui-même un petit peu sur l’ouverture de sa chemise, révélant un peu plus le tatouage qui courait sur son épaule. «Qu’as-tu imaginé d’autre que je pourrais démentir ?». Il attrapa son verre posé sur la table en tentant le moins possible de bouger son corps qu’il opposait à Alice dans ce jeu puéril. Il but une gorgée sans lâcher les yeux de la jeune femme, qu’ils le regardent ou bien qu’ils soient à nouveau en train de courir sur son corps…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Un cocktail à deux étages
Le jeu était dangereux, et Alice savait qu’elle ne l’assumerait pas une fois qu’elle serait seule avec ses pensés.
Ce n’était pas elle. Quand bien même Alice était fière d’avoir gagner contre son propre corps, cette jeune femme n’était pas elle.
Est-ce qu’elle commençait à ressentir les remords dont ils avaient parlés plus tôt ? Peut-être. Peut-être pas. C’était là une chose difficile à définir pour le moment.
Mais la voilà les doigts tendus au dessus de la clavicule nue d’Erwan, menaçant de se comporter comme une vilaine fille. Elle n’irait pas jusqu’au bout, bien sûr ! Elle avait déjà remporté la victoire sur son corps, lui avait prouvé qu’elle en restait maîtresse. Il était donc inutile de toucher Erwan. L’idée ne lui avait pas effleurer l’esprit. Jamais. Peut-être… Non. Non, pas un seul instant. Les doigts d’une jeune fille de bonne éducation n’avaient pas leur place sur la peau nue d’un torse à demi dévoilé. Elle était autour d’une jolie tasse de porcelaine ouvragée d’or. Circée, leur place n’était pas non plus ici, à enchaîner les cocktails comme une pauvresse de basse extraction ! Cela, oui, Alice en avait toute conscience mais…
Les regrets seraient pour plus tard. Enfin, ceux là, tout du moins.
Le rire d’Erwan arracha un sourire à Alice et envoya paître ses précédentes inquiétudes. Qu’il était beau, ce rire. Qu’il était pur. Il était chaud et réconfortant comme les baisers de Père-Soleil en Hiver.
Alice ne regretterait pas d’avoir agit ainsi, car elle avait reçu ce beau présent. Il réchaufferait son coeur des jours plus tard, elle le savait.
Il était temps de récupérer sa position de bonne fille, d’arracher ses doigts à la chaleur corporel d’Erwan, et …
Il s’était avancé.
Il s’était avancé pour entrer en contact avec les doigts d’Alice.
Ils happèrent la chaleur de sa peau par la pulpe, et grimpèrent aussitôt le long de ce bras devenu rigide comme un bâton pour venir se nicher dans ses joues.
Un battement de cil trop long, et Alice réalisa que leurs visages étaient à présent proches, très proches, trop proches.
Et ce corps, ce corps qu’elle avait réussi à dompter décida de récupérer ses rênes. Son coeur se mit à battre plus fort, bien plus fort. Ses lèvres s’entrouvrient, peut-être par surprise, ou peut-être pour récupérer le souffle qu’Erwan venait de lui voler.
Voilà ce qui arrive quand on joue avec le feu, Alice : on se brûle.
Ce n’était absolument pas ce qu’elle avait prévu. Il n’aurait pas dû avancer ! Alice aurait dû récupérer ses précieux doigts, les utiliser pour récupérer son cocktail tout en observant du coin de l’oeil un Erwan déconfit par l’audace de cette jeune fille qui n’aurait jamais dû faire cela. C’est ce qui aurait dû se passer !
Pauvrette sans cervelle ! Erwan jouait à ce jeu depuis bien plus longtemps qu’elle ! Preuve en était, il avait un enfant ! Oh, non, ne pas songer au fils d’Erwan, pas maintenant. Surtout pas maintenant !
Récupérer ses doigts, maintenant.
Impossible. Alice était figée dans cette position. Cette insupportable, cette honteuse, cette exécrable position.
Trop tard. Il écarta sa chemise pour dévoiler un peu plus de ce tatouage qu’Alice ne pouvait pas observer puisque ses yeux étaient braqués dans ceux d’Erwan.
Ce n’était pas bien. Tout cela, ce n’était pas bien.
Et lui ? Lui, il semblait en possession de tout ses moyens, bien sûr. Ce jeu, il le maîtrisait. Il connaissait toutes les règles et en écrivait d’autre à mesure que la partie avançait.
C’était de la triche.
Bouger. Maintenant. Il fallait bouger. S’écarter. Faire comme si de rien n’était. Balayer toute ce… moment d’un rire léger, d’un haussement d’épaule, d’une réplique piquante mais pas trop. Et boire, surtout. Alice était en nage.
Quel tricheur !
C’est par un rire qu’Alice commença sa retraite. Mais il n’eut rien de léger. Rien du tout. Il était gêné. Son corps avait-il décidé de se mettre au service d’Erwan ? Cela expliquerait son refus de s’écarter.
« … Rien d’autre, je crois… »
Elle déglutit, comme si elle pouvait ravaler les mots d’idiote qu’elle avait osé articuler. Mais quelle imbécile !
Relativiser. Ce n’était qu’un morceau de peau, sous ses doigts. Elle n’avait rien profaner, ni sali. Elle n’avait fait que tendre sa main, et Erwan…
Erwan avait fait exactement ce qu’il devait faire pour prouver à Alice qu’elle perdrait la partie.
Ce n’était pas elle. Quand bien même Alice était fière d’avoir gagner contre son propre corps, cette jeune femme n’était pas elle.
Est-ce qu’elle commençait à ressentir les remords dont ils avaient parlés plus tôt ? Peut-être. Peut-être pas. C’était là une chose difficile à définir pour le moment.
Mais la voilà les doigts tendus au dessus de la clavicule nue d’Erwan, menaçant de se comporter comme une vilaine fille. Elle n’irait pas jusqu’au bout, bien sûr ! Elle avait déjà remporté la victoire sur son corps, lui avait prouvé qu’elle en restait maîtresse. Il était donc inutile de toucher Erwan. L’idée ne lui avait pas effleurer l’esprit. Jamais. Peut-être… Non. Non, pas un seul instant. Les doigts d’une jeune fille de bonne éducation n’avaient pas leur place sur la peau nue d’un torse à demi dévoilé. Elle était autour d’une jolie tasse de porcelaine ouvragée d’or. Circée, leur place n’était pas non plus ici, à enchaîner les cocktails comme une pauvresse de basse extraction ! Cela, oui, Alice en avait toute conscience mais…
Les regrets seraient pour plus tard. Enfin, ceux là, tout du moins.
Le rire d’Erwan arracha un sourire à Alice et envoya paître ses précédentes inquiétudes. Qu’il était beau, ce rire. Qu’il était pur. Il était chaud et réconfortant comme les baisers de Père-Soleil en Hiver.
Alice ne regretterait pas d’avoir agit ainsi, car elle avait reçu ce beau présent. Il réchaufferait son coeur des jours plus tard, elle le savait.
Il était temps de récupérer sa position de bonne fille, d’arracher ses doigts à la chaleur corporel d’Erwan, et …
Il s’était avancé.
Il s’était avancé pour entrer en contact avec les doigts d’Alice.
Ils happèrent la chaleur de sa peau par la pulpe, et grimpèrent aussitôt le long de ce bras devenu rigide comme un bâton pour venir se nicher dans ses joues.
Un battement de cil trop long, et Alice réalisa que leurs visages étaient à présent proches, très proches, trop proches.
Et ce corps, ce corps qu’elle avait réussi à dompter décida de récupérer ses rênes. Son coeur se mit à battre plus fort, bien plus fort. Ses lèvres s’entrouvrient, peut-être par surprise, ou peut-être pour récupérer le souffle qu’Erwan venait de lui voler.
Voilà ce qui arrive quand on joue avec le feu, Alice : on se brûle.
Ce n’était absolument pas ce qu’elle avait prévu. Il n’aurait pas dû avancer ! Alice aurait dû récupérer ses précieux doigts, les utiliser pour récupérer son cocktail tout en observant du coin de l’oeil un Erwan déconfit par l’audace de cette jeune fille qui n’aurait jamais dû faire cela. C’est ce qui aurait dû se passer !
Pauvrette sans cervelle ! Erwan jouait à ce jeu depuis bien plus longtemps qu’elle ! Preuve en était, il avait un enfant ! Oh, non, ne pas songer au fils d’Erwan, pas maintenant. Surtout pas maintenant !
Récupérer ses doigts, maintenant.
Impossible. Alice était figée dans cette position. Cette insupportable, cette honteuse, cette exécrable position.
Trop tard. Il écarta sa chemise pour dévoiler un peu plus de ce tatouage qu’Alice ne pouvait pas observer puisque ses yeux étaient braqués dans ceux d’Erwan.
Ce n’était pas bien. Tout cela, ce n’était pas bien.
Et lui ? Lui, il semblait en possession de tout ses moyens, bien sûr. Ce jeu, il le maîtrisait. Il connaissait toutes les règles et en écrivait d’autre à mesure que la partie avançait.
C’était de la triche.
Bouger. Maintenant. Il fallait bouger. S’écarter. Faire comme si de rien n’était. Balayer toute ce… moment d’un rire léger, d’un haussement d’épaule, d’une réplique piquante mais pas trop. Et boire, surtout. Alice était en nage.
Quel tricheur !
C’est par un rire qu’Alice commença sa retraite. Mais il n’eut rien de léger. Rien du tout. Il était gêné. Son corps avait-il décidé de se mettre au service d’Erwan ? Cela expliquerait son refus de s’écarter.
« … Rien d’autre, je crois… »
Elle déglutit, comme si elle pouvait ravaler les mots d’idiote qu’elle avait osé articuler. Mais quelle imbécile !
Relativiser. Ce n’était qu’un morceau de peau, sous ses doigts. Elle n’avait rien profaner, ni sali. Elle n’avait fait que tendre sa main, et Erwan…
Erwan avait fait exactement ce qu’il devait faire pour prouver à Alice qu’elle perdrait la partie.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050