L’Andabate et la Stryge
Elle sentit le relâchement de la prise qu'avait le sorcier, mais elle ne réamorça pas de nouveau son mouvement de retrait. Sa propre main avait montré l'hésitation qui animait l'esprit gagné par la brume de la galloise.
« Une pizza… »
Le mot lui-même paraissait ridicule, mais il eut le mérite de faire naitre un léger sourire sur le visage de Morgan, éphémère. Presque irréel après tout ce qu’ils venaient de se jeter au visage. Et pourtant, c’était précisément cette absurdité qui lui donnait l’impression de reprendre, ne serait-ce qu’un instant, pied dans quelque chose de tangible. Quelque chose de simple.
Et, surtout, cela réveillait le kraken capricieux qui avait élu domicile dans son abdomen depuis qu’elle avait retrouvé la sensation de faim.
« Thomas… »
Sa voix s’était faite plus basse cette fois. Plus fatiguée aussi.
« Cela fait des jours... des mois... que j’attends de pouvoir enfin rentrer chez moi… D’être ici. »
Elle avait dû affronter la matriarche pour cela. Négocier. Argumenter. Supporter jusqu’au bout la présence de ce fichu espion de maison que sa grand-mère avait tenu à lui imposer — et qui ne devait sûrement pas se trouver bien loin de la pièce où ils se trouvaient actuellement.
Morgan savait parfaitement que tôt ou tard, l’elfe rapporterait cette visite. Ludwig parti ou non ne changeait rien au problème. Grand-Mère finirait par apprendre que Thomas avait pris le relais. Et tôt ou tard, elle devrait avoir de nouveau cette conversation. À propos de lui. Du même Thomas qui, entre-temps, avait apparemment déclaré à Garwen Rosenwald qu’il comptait épouser son héritière.
La pensée lui serra immédiatement la poitrine.
La galloise tenta aussitôt de l’écarter. Désespérément.
C’était il y a huit mois. Huit mois qui lui semblaient désormais appartenir à une autre existence. À quelqu’un d’autre qu’elle-même.
Non. Elle ne devait pas penser à ça. Pas maintenant. Seulement au présent. Au salon. À Cardiff. À la fatigue qui écrasait encore chacun de ses muscles.
Et il y avait Thomas. Thomas, sa proposition de transplanage, de bain, de vin, de bougies et de pizza, et ce regard qu’elle n’arrivait toujours pas à quitter vraiment. Comme si le lâcher risquait de faire disparaître quelque chose.
Ou quelqu’un.
Cela aurait dû être simple. Ravaler ce qui résistait encore en elle et lui dire qu’il pouvait faire tout cela ici, dans cet endroit qui demeurait le plus familier — le plus réel — après huit mois passés dans un monde qui avait fini par déformer jusqu’à sa propre perception de la sécurité. Qu'elle préfèrerait bien mieux un simple verre de whisky au vin. Qu'elle pourrait se contenter d'une simple bassine d'eau et d'une boite d'allumette. Pourtant, même si une part d’elle avait prié chaque jour dans le Dominion, égoïstement, de retrouver exactement cela — Thomas vivant, devant elle, et son propre toit au-dessus de sa tête — Morgan ne savait plus comment laisser quelqu’un faire ce genre de chose pour elle.
L’avait-elle seulement un jour su ?
« Une pizza… »
Le mot lui-même paraissait ridicule, mais il eut le mérite de faire naitre un léger sourire sur le visage de Morgan, éphémère. Presque irréel après tout ce qu’ils venaient de se jeter au visage. Et pourtant, c’était précisément cette absurdité qui lui donnait l’impression de reprendre, ne serait-ce qu’un instant, pied dans quelque chose de tangible. Quelque chose de simple.
Et, surtout, cela réveillait le kraken capricieux qui avait élu domicile dans son abdomen depuis qu’elle avait retrouvé la sensation de faim.
« Thomas… »
Sa voix s’était faite plus basse cette fois. Plus fatiguée aussi.
« Cela fait des jours... des mois... que j’attends de pouvoir enfin rentrer chez moi… D’être ici. »
Elle avait dû affronter la matriarche pour cela. Négocier. Argumenter. Supporter jusqu’au bout la présence de ce fichu espion de maison que sa grand-mère avait tenu à lui imposer — et qui ne devait sûrement pas se trouver bien loin de la pièce où ils se trouvaient actuellement.
Morgan savait parfaitement que tôt ou tard, l’elfe rapporterait cette visite. Ludwig parti ou non ne changeait rien au problème. Grand-Mère finirait par apprendre que Thomas avait pris le relais. Et tôt ou tard, elle devrait avoir de nouveau cette conversation. À propos de lui. Du même Thomas qui, entre-temps, avait apparemment déclaré à Garwen Rosenwald qu’il comptait épouser son héritière.
La pensée lui serra immédiatement la poitrine.
La galloise tenta aussitôt de l’écarter. Désespérément.
C’était il y a huit mois. Huit mois qui lui semblaient désormais appartenir à une autre existence. À quelqu’un d’autre qu’elle-même.
Non. Elle ne devait pas penser à ça. Pas maintenant. Seulement au présent. Au salon. À Cardiff. À la fatigue qui écrasait encore chacun de ses muscles.
Et il y avait Thomas. Thomas, sa proposition de transplanage, de bain, de vin, de bougies et de pizza, et ce regard qu’elle n’arrivait toujours pas à quitter vraiment. Comme si le lâcher risquait de faire disparaître quelque chose.
Ou quelqu’un.
Cela aurait dû être simple. Ravaler ce qui résistait encore en elle et lui dire qu’il pouvait faire tout cela ici, dans cet endroit qui demeurait le plus familier — le plus réel — après huit mois passés dans un monde qui avait fini par déformer jusqu’à sa propre perception de la sécurité. Qu'elle préfèrerait bien mieux un simple verre de whisky au vin. Qu'elle pourrait se contenter d'une simple bassine d'eau et d'une boite d'allumette. Pourtant, même si une part d’elle avait prié chaque jour dans le Dominion, égoïstement, de retrouver exactement cela — Thomas vivant, devant elle, et son propre toit au-dessus de sa tête — Morgan ne savait plus comment laisser quelqu’un faire ce genre de chose pour elle.
L’avait-elle seulement un jour su ?
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
La gorge de Thomas se serra.
Son sourire ne vacilla pas un seul instant.
Le cœur, lui, se compressa dans sa poitrine.
Morgan ne le laisserait pas prendre soin d’elle.
Il comprenait, bien sûr. Quel odieux personnage il serait si il ne prenait pas en considération les désirs de sa dulcinée.
La réalisation n’en demeurait pas moins douloureuse. Encore une fois, Thomas se sentait désarmé. Il n’aimait pas cela. Il n’arrivait pas à y prendre goût.
« Je comprends », dit-il dans un souffle.
Ce n’était pas un mensonge.
Il comprenait qu’un lieu familier puisse être tout ce que Morgan avait espéré. Il désirait seulement pouvoir appartenir à ce paysage.
« Morgan… »
Thomas ferma les yeux un instant, ses lèvres entrouvertes pour prononcer des mots qu’il ne trouvait pas encore.
Ou bien qu’il ne voulait pas s’entendre dire.
« Si tu veux que je m’en aille, je partirai sans poser de question. Je ne veux pas être un poids supplémentaire sur tes épaules. Tout ce que je souhaite, c’est… »
Être avec toi. Ne plus passer une seconde sans te savoir heureuse. Demeurer l’homme sur lequel tu pourras t’appuyer sans réfléchir. Sentir ton cœur battre dans ta poitrine. Sentir le parfum de tes boucles noires. T’entendre prononcer mon nom avec colère, avec joie, avec tristesse, avec lassitude, avec amour. Te voir sourire. Veiller sur ton sommeil. Te promettre mon appui éternel.
T’offrir tout ce que tu mérites.
Ses paupières restaient closes, assaillies par un poids qu’il avait préféré ignorer jusqu’à présent.
J’ai peur que tu disparaisses à nouveau si je quitte cette maison. J’ai peur de devoir repartir en chasse sans jamais te trouver.
J’ai peur.
Instinctivement, ses doigts s’étaient resserrés autour des siens. Lorsqu’il s’en rendit compte, Thomas rouvrit les yeux.
Il leva leurs mains jusqu’à ses lèvres pour déposer un baiser contre les doigts de sa Morgan. Un long baiser qu’il regretterait peut-être, mais qu’importait. Si elle voulait le mettre à la porte, au moins partirait-il avec le souvenir de sa peau contre ses lèvres.
« Je ne veux pas être un poids », répéta t-il.
Son sourire ne vacilla pas un seul instant.
Le cœur, lui, se compressa dans sa poitrine.
Morgan ne le laisserait pas prendre soin d’elle.
Il comprenait, bien sûr. Quel odieux personnage il serait si il ne prenait pas en considération les désirs de sa dulcinée.
La réalisation n’en demeurait pas moins douloureuse. Encore une fois, Thomas se sentait désarmé. Il n’aimait pas cela. Il n’arrivait pas à y prendre goût.
« Je comprends », dit-il dans un souffle.
Ce n’était pas un mensonge.
Il comprenait qu’un lieu familier puisse être tout ce que Morgan avait espéré. Il désirait seulement pouvoir appartenir à ce paysage.
« Morgan… »
Thomas ferma les yeux un instant, ses lèvres entrouvertes pour prononcer des mots qu’il ne trouvait pas encore.
Ou bien qu’il ne voulait pas s’entendre dire.
« Si tu veux que je m’en aille, je partirai sans poser de question. Je ne veux pas être un poids supplémentaire sur tes épaules. Tout ce que je souhaite, c’est… »
Être avec toi. Ne plus passer une seconde sans te savoir heureuse. Demeurer l’homme sur lequel tu pourras t’appuyer sans réfléchir. Sentir ton cœur battre dans ta poitrine. Sentir le parfum de tes boucles noires. T’entendre prononcer mon nom avec colère, avec joie, avec tristesse, avec lassitude, avec amour. Te voir sourire. Veiller sur ton sommeil. Te promettre mon appui éternel.
T’offrir tout ce que tu mérites.
Ses paupières restaient closes, assaillies par un poids qu’il avait préféré ignorer jusqu’à présent.
J’ai peur que tu disparaisses à nouveau si je quitte cette maison. J’ai peur de devoir repartir en chasse sans jamais te trouver.
J’ai peur.
Instinctivement, ses doigts s’étaient resserrés autour des siens. Lorsqu’il s’en rendit compte, Thomas rouvrit les yeux.
Il leva leurs mains jusqu’à ses lèvres pour déposer un baiser contre les doigts de sa Morgan. Un long baiser qu’il regretterait peut-être, mais qu’importait. Si elle voulait le mettre à la porte, au moins partirait-il avec le souvenir de sa peau contre ses lèvres.
« Je ne veux pas être un poids », répéta t-il.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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L’Andabate et la Stryge
Elle sentit le baiser contre ses doigts comme le début d’un autre incendie. Le geste aurait dû lui donner envie de fuir de nouveau. Reprendre sa main, comme elle l’avait tenté juste avant. Remettre de la distance entre eux avant que tout cela ne recommence à lui échapper complètement… Comme si ce n’était pas déjà le cas, murmurait l’acerbité de ses pensées.
Mais Morgan ne bougea pas. Elle absorbait ses mots, son geste. Et son regard demeurait accroché au visage de Thomas avec une intensité presque douloureuse.
Fut un temps, fut une cabane miteuse des terres galloises, elle aurait été capable de l’envoyer sur les roses, de faire semblant de ne pas voir, de faire semblant de s’en ficher.
Maintenant, elle était simplement... fatiguée.
Pourquoi c’est si difficile… pensait-elle, frustrée. Pourquoi est-ce que c’était si difficile, de simplement lui demander de rester ?
Ses doigts frémirent légèrement contre les siens avant de se resserrer malgré elle. Un geste infime. Traître. Son visage, lui, tenta de retrouver quelque chose de plus dur, de plus contrôlé — cette expression défiance qu’elle portait comme une seconde peau depuis des années. Mais même cela sonnait faux désormais.
« Si tu restes...
Ce sera à tes risques et périls, Sangblanc. »
Sa voix était basse. Éraillée par la fatigue autant que par tout ce qu’elle retenait encore.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens.
« Tu es sûr d’être prêt pour ça ? »
S’il te plaît…
Reste.
Mais Morgan ne bougea pas. Elle absorbait ses mots, son geste. Et son regard demeurait accroché au visage de Thomas avec une intensité presque douloureuse.
Fut un temps, fut une cabane miteuse des terres galloises, elle aurait été capable de l’envoyer sur les roses, de faire semblant de ne pas voir, de faire semblant de s’en ficher.
Maintenant, elle était simplement... fatiguée.
Pourquoi c’est si difficile… pensait-elle, frustrée. Pourquoi est-ce que c’était si difficile, de simplement lui demander de rester ?
Ses doigts frémirent légèrement contre les siens avant de se resserrer malgré elle. Un geste infime. Traître. Son visage, lui, tenta de retrouver quelque chose de plus dur, de plus contrôlé — cette expression défiance qu’elle portait comme une seconde peau depuis des années. Mais même cela sonnait faux désormais.
« Si tu restes...
Ce sera à tes risques et périls, Sangblanc. »
Sa voix était basse. Éraillée par la fatigue autant que par tout ce qu’elle retenait encore.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens.
« Tu es sûr d’être prêt pour ça ? »
S’il te plaît…
Reste.
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InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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L’Andabate et la Stryge
Ne pas être un poids.
Thomas ne parvenait pas à imaginer ce que cela pourrait faire de devenir un fardeau. Sauf lorsqu’il plongeait dans les yeux clairs de sa Morgan. Ah, ça ! À l’intérieur, Thomas se souvenait s’être senti plus d’une fois comme un caillou dans sa bottine. Quelque chose dont elle aurait aimé se débarrasser sans peine. Elle aurait réussi si l’endurance du Sangblanc avait commencé à décliner.
Il n’en fut rien.
Jamais.
Car le cœur du Sangblanc demeurait la seule chose qu’il ne pouvait contraindre.
Même lorsque Morgan lui avait dit d’abandonner, Thomas jamais ne parvint à taire ses sentiments.
Ses yeux baissés sur Morgan, ses lèvres contre sa peau, Thomas sentit que Morgan ne le repousserait pas, cette fois. Sa bouche ne disait pas ”reste”, mais l’impulsion de ses doigts contre les siens lui révélait toutes les vérités qu’il avait attendu comme un mort-de-faim.
Thomas sourit. Un bref étirement de ses lèvres, sans moquerie, sans joie. Comme un merci qu’on ose à peine formuler non pas par fierté, mais par respect pour un combattant qui, enfin, accepte la trêve.
Le sorcier garda le silence quelques longues secondes nécessaires à l’appréciation de cette scène qu’il voulait conserver dans sa mémoire pour la chérir lorsque les démons seraient trop nombreux dans ses sommeils tremblants. Un jour, Thomas avait demandé à son père ce qui l’avait aidé à tenir pendant ces dix-neuf mois et vingt deux jours d’enfermement à Azkaban. Il s’était attendu à de l’entraînement physique (Dorian Sangblanc continuait à prendre grand soin de son corps malgré ses cinquante années de vie), quelques exercices de méditation pour garder l’esprit loin de ses quatre murs crasseux.
La réponse avait comporté ces deux choses, mais pas seulement.
Dorian Sangblanc avait conservé sa santé mentale en pensant nuit et jour à son épouse à leurs trois enfants.
Ce fut à cet instant précis que Thomas se savait condamné par ses sentiments pour Morgan
Lui aussi ne songeait qu’à elle. Lorsque la violence de ses choix l’étranglait durant la nuit, le visage de Morgan lui apparaissait. Le parfum de ses cheveux. Le velours de sa peau. Sans elle, Merlin, que serait-il devenu ?
Oui.
C’était bien cela.
Un chevalier décharné qui ne devait sa mouvance qu’à l’habitude.
« Tes tempêtes sont mes ciels d’Été », répondit-il d’une voix joueuse. Il déposa un nouveau baiser contre ses doigts.
Une promesse d’allégeance à une reine recrachée par les Enfers.
Thomas ne parvenait pas à imaginer ce que cela pourrait faire de devenir un fardeau. Sauf lorsqu’il plongeait dans les yeux clairs de sa Morgan. Ah, ça ! À l’intérieur, Thomas se souvenait s’être senti plus d’une fois comme un caillou dans sa bottine. Quelque chose dont elle aurait aimé se débarrasser sans peine. Elle aurait réussi si l’endurance du Sangblanc avait commencé à décliner.
Il n’en fut rien.
Jamais.
Car le cœur du Sangblanc demeurait la seule chose qu’il ne pouvait contraindre.
Même lorsque Morgan lui avait dit d’abandonner, Thomas jamais ne parvint à taire ses sentiments.
Ses yeux baissés sur Morgan, ses lèvres contre sa peau, Thomas sentit que Morgan ne le repousserait pas, cette fois. Sa bouche ne disait pas ”reste”, mais l’impulsion de ses doigts contre les siens lui révélait toutes les vérités qu’il avait attendu comme un mort-de-faim.
Thomas sourit. Un bref étirement de ses lèvres, sans moquerie, sans joie. Comme un merci qu’on ose à peine formuler non pas par fierté, mais par respect pour un combattant qui, enfin, accepte la trêve.
Le sorcier garda le silence quelques longues secondes nécessaires à l’appréciation de cette scène qu’il voulait conserver dans sa mémoire pour la chérir lorsque les démons seraient trop nombreux dans ses sommeils tremblants. Un jour, Thomas avait demandé à son père ce qui l’avait aidé à tenir pendant ces dix-neuf mois et vingt deux jours d’enfermement à Azkaban. Il s’était attendu à de l’entraînement physique (Dorian Sangblanc continuait à prendre grand soin de son corps malgré ses cinquante années de vie), quelques exercices de méditation pour garder l’esprit loin de ses quatre murs crasseux.
La réponse avait comporté ces deux choses, mais pas seulement.
Dorian Sangblanc avait conservé sa santé mentale en pensant nuit et jour à son épouse à leurs trois enfants.
Ce fut à cet instant précis que Thomas se savait condamné par ses sentiments pour Morgan
Lui aussi ne songeait qu’à elle. Lorsque la violence de ses choix l’étranglait durant la nuit, le visage de Morgan lui apparaissait. Le parfum de ses cheveux. Le velours de sa peau. Sans elle, Merlin, que serait-il devenu ?
Oui.
C’était bien cela.
Un chevalier décharné qui ne devait sa mouvance qu’à l’habitude.
« Tes tempêtes sont mes ciels d’Été », répondit-il d’une voix joueuse. Il déposa un nouveau baiser contre ses doigts.
Une promesse d’allégeance à une reine recrachée par les Enfers.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
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L’Andabate et la Stryge
Les secondes lui paraissaient bien plus longues désormais.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens. Et ce fut précisément ça qui la trahit. Parce qu’à force de le regarder, de voir cette lumière obstinée dans le regard du Sangblanc malgré tout ce qu’elle lui avait fait traverser, malgré les mois, malgré les silences, malgré ses propres violences… quelque chose en elle céda enfin.
Ce ne fut pas spectaculaire.
Sa respiration se troubla légèrement. Ses épaules perdirent un peu de leur tension. Puis, très doucement, comme si le geste lui coûtait davantage que n’importe quelle bataille menée ces derniers mois, Morgan se rapprocha jusqu’à venir poser son front contre lui une brève seconde.
Elle ferma les yeux. Et ce fut étrange, presque irréel : l’impression que c’était la première fois depuis son retour qu’elle se permettait vraiment de ne plus tenir debout à l’intérieur d’elle-même.
Et le monde ne s’effondra pas.
C’était peut-être ça, le plus déstabilisant.
Merlin… qu’elle était fatiguée.
Fatiguée d’avoir peur.
Fatiguée de retenir chaque chose comme si le monde allait immédiatement la lui arracher.
Fatiguée à cause de ce putain de Dominion.
Alors lentement, presque avec hésitation, elle finit par incliner la tête jusqu’à poser son oreille contre l’épaule du chevalier insensé, son visage glissant près de la naissance de son cou. La proximité lui arracha un frisson discret. Le parfum de Thomas lui revint comme une mémoire ancienne, quelque chose qu’elle aurait cru avoir inventé dans les heures les plus sombres du Dominion. Et pourtant non. C’était là. Toujours là.
« Toi et tes mots… » murmura-t-elle finalement.
Vous m’aviez manqué.
Douloureusement.
Terriblement.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens. Et ce fut précisément ça qui la trahit. Parce qu’à force de le regarder, de voir cette lumière obstinée dans le regard du Sangblanc malgré tout ce qu’elle lui avait fait traverser, malgré les mois, malgré les silences, malgré ses propres violences… quelque chose en elle céda enfin.
Ce ne fut pas spectaculaire.
Sa respiration se troubla légèrement. Ses épaules perdirent un peu de leur tension. Puis, très doucement, comme si le geste lui coûtait davantage que n’importe quelle bataille menée ces derniers mois, Morgan se rapprocha jusqu’à venir poser son front contre lui une brève seconde.
Elle ferma les yeux. Et ce fut étrange, presque irréel : l’impression que c’était la première fois depuis son retour qu’elle se permettait vraiment de ne plus tenir debout à l’intérieur d’elle-même.
Et le monde ne s’effondra pas.
C’était peut-être ça, le plus déstabilisant.
Merlin… qu’elle était fatiguée.
Fatiguée d’avoir peur.
Fatiguée de retenir chaque chose comme si le monde allait immédiatement la lui arracher.
Fatiguée à cause de ce putain de Dominion.
Alors lentement, presque avec hésitation, elle finit par incliner la tête jusqu’à poser son oreille contre l’épaule du chevalier insensé, son visage glissant près de la naissance de son cou. La proximité lui arracha un frisson discret. Le parfum de Thomas lui revint comme une mémoire ancienne, quelque chose qu’elle aurait cru avoir inventé dans les heures les plus sombres du Dominion. Et pourtant non. C’était là. Toujours là.
« Toi et tes mots… » murmura-t-elle finalement.
Vous m’aviez manqué.
Douloureusement.
Terriblement.
Fin.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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