Été 48 Portree Ecosse

Vendredi 31 juillet 2048
Quidditch avec Mary Bain


Samedi 1er août 2048,
Anniversaire de Lukas
Portree, 8 heures 12


Les rayons de soleil un peu tardifs me réveillent et je m'étire aussitôt en jetant un coup de pied dans ma couverture. Je compte les jours qui me séparent de ma rentrée, et non ceux qui me séparaient de la date de mon anniversaire. Depuis l'arrivée de Valerion, l'ambiance est fausse et elle le sera encore plus aujourd'hui. Je fixe le plafond en soupirant. Hier, au moins, j'étais loin d'ici. Je n'ai pas envie de descendre et je n'ai pas envie de jouer la comédie. Si tant est que j'y arrive. On toque à la porte, et je reconnais le tapotement discret mais bien audible de ma mère. Je me redresse et lui envoie un petit oui. Un oui qui l'invite, elle, mais personne d'autre.

- Je laisse la porte ouverte pour que tu sentes l'odeur de ce qui t'attend en bas, dit-elle en souriant et en venant s'asseoir sur mon lit. Je sens que depuis quelques jours, elle fait attention à ses gestes, comme si elle ne se sentait plus légitime de rien, comme s'il lui fallait regagner quelque chose tout doucement. Je prends alors les devants et ouvre grands mes bras pour l'enlacer. Impossible de voir son visage, mais je l'entends sourire quand elle reprend la parole.

- Bon anniversaire, mon grand, lâche-t-elle dans un soulagement alors qu'elle me caresse les cheveux.

- Il est en bas ?, chuchoté-je en parlant de mon père que je n'ai pas envie de voir, même aujourd'hui.

Ma mère soupire, le cœur serré de reprendre conscience de l'état de la situation.

- Bien sûr qu'il est en bas..

- On pourrait aller au manoir, comme Valerion a dit, non ?

J'avais été mis dans la confidence de la proposition et l'idée m'avait alors paru idéale. Un lieu où il ne pourrait pas mettre les pieds et un lieu où je pourrais agir comme bon me semble. Ce qui me plaisait moins, c'est ce qu'elle avait fait croire à mon père.

- C'est pas aussi simple que ça..

Je soupire et me laisse tomber sur mon oreiller, les bras le long de mon corps.

- Allez, descends. Je serai là.



*.*.*.*


- Ca te plait ce livre sur les plantes du Canada ?, demande mon père qui s'affale sur le canapé à mes côtés, en désignant de l'index l'objet entre mes mains : son cadeau.

Je ne peux pas m'empêcher de faire la connexion entre les deux événements. Ma mère parle de faire déménager son fils ailleurs, et il croit que ce nouveau pays résoudra les problèmes. Un nouveau départ pour un nouveau monde sans magie ? Il n'a pas compris qu'il y avait aussi une école magique là-bas ? Mais j'ai promis à ma mère de jouer le jeu le temps qu'elle s'organise.

- Oui, ça va. Je réponds sans grand enthousiasme. Je ne vais non plus élaborer et feindre la joie.

Je jette un regard discret vers la droite et à nouveau, je le vois chercher quelque chose à ajouter. Je ne l'y aide pas et retourne aux pages que je tourne.

- T'aimerais aller au Canada ? Tu sais.. Quand ta mère en a parlé et que -

- Non, je l'interromps sèchement. Je plante cette fois mes yeux dans les siens, le défiant de continuer sur le sujet. Une fois le calme récupéré, je reprends ma lecture et le sens se lever pour quitter le salon.

Fiche PR - 4e année RP