Gay panic ou panique pour rien ?

J’ai l’habitude de me raser. Je sais pas pourquoi je trouve important de le préciser, là, maintenant. Qui s’en fout ?
Peut-être pas Sulien. Mais je pense qu’il s’en fout. Ou pas. Enfin, je veux dire… on va se voir. On en est pas au stade où il me parle de ses préférences pilaires, hein..? Ou alors c’est vraiment un sujet important, pour lui. Et alors, je fais vraiment bien de poser la question. J’ai pas envie de l’écœurer. Je sais même pas pourquoi. Mais je peux l’écœurer. Je peux facilement. J’ai juste à être moi même, et pas le mec qu’il imagine que je suis. Quoi que. Il me connaît d’aussi longtemps que Chris, alors…
Une vilaine inquiétude fait battre mon cœur plus fort.
Sulien me connaît d’aussi longtemps que Chris me connaît.
Il sait que je suis pas un mec doué. Il sait que je suis parfois vraiment débile. Il sait quelle tête j’ai quand je m’énerve. Il sait que je suis un idiot. Un idiot de première. Un petit garçon qui n’a pas grandit et qui compte toujours sur sa sœur pour l’aider.
Pétard, Sulien. Pourquoi tu m’as invité à te revoir alors que tu sais que j’assure pas ?

Mon coeur s’emballe plus fort, plus fort encore, mes yeux plantés sur Chris.
J’ai dit pécho. J’ai dit ça. Je veux pas. Je veux pas. Je réfléchis à des trucs que j’ai pas envisagé, que je veux pas, que je dois pas envisager, mais tu sais, c’est pour ne pas le décevoir ? Je veux être parfait, une fois dans la vie que Sulien et moi on partage, tu vois ? Comprends moi, steuplait, Chris. Dis moi que tu comprends. Me regarde pas comme ça. Souris pas ! Je me sens trop bête dans tes yeux ! Je le suis aussi dans les yeux de Sulien ?

J’inspire lourdement. Ok. On se calme. On s’accroche à ce que Chris dit. D’accord ? Juste à ça. T’as voulu des conseils ? Lil’ te donnera tout. Il te donnera tout les détails dont t’as besoin. Les questions qu’il te pose, c’est pour t’aider.
Est-ce que je me rases quand je veux pécho ? Ouais. Enfin, quand c’est prévu. Donc, on renverse la question : est-ce que je veux me raser pour Sulien ?
Comment j’en suis venu à me demander ça, en fait… C’est lunaire ! Ça va pas dans ma tête, ou quoi ? Nan, c’est juste que ça va trop vite. Mon cerveau prend des raccourcis de zinzin. Sérieux. Vla le raccourci. Sulien me tient la main, Sulien me dit que j’ai des yeux de combattant et je m’imagine déjà me raser pour lui. Si Chris avait été Jude, j’aurais déjà reçu une calotte derrière la tête.

Mes doigts dansent dans mes poches. Je hoche la tête quand Chris me tape le bras. Ouais. Je fais comme je veux. Je…
Il allait dire rencard. Je plisse les yeux en le regardant, lui et son sourire.
Rencard.
C’est un rencard ?
C’est vraiment un rencard ?
Rah, Lil’, me relance pas sur mes questions internes, steuplait ! Depuis le temps, tu sais pas comment ça fonctionne dans ma tête ?

« Mais non je veux pas pécho ! » je dis en m’écartant d’un grand pas. « Je… j’ai dit ça comme ça ! C’était débile ! Pécho ? On en est grave pas là ! Je… c’était débile. Il me rend dingue, tu vois ? »

Je souffle en me penchant en avant, mes grandes mains s’extirpant de mes poches pour retomber sur mes cuisses. Je regarde mes pieds.

« C’est… je pige pas… j’ai… juste envie que ça se passe bien, tu vois ? » je demande en levant la tête vers lui. « Imagine je fais un truc de travers et ça s’arrête brutalement. Un … rendez-vous et pouf. » Mes doigts se déplient pour mimer une explosion. « Plus de Sulien. On a mis des années à nous expliquer et… j’ai pas envie que ça reparte en guerre, tu vois ? C’est… cool quand ça se passe bien. C’est genre… j’sais pas, tu vois. Imagine. » Je me redresse. « T’as genre l’occasion de faire la paix avec Donovan parce qu’il a soudain décidé d’arrêter d’être une grosse tête de … t’as capté. T’as un ennemi qui disparaît. Un mec en moins qui te déteste…. Nan attends, ton débile de frère, c’est pas une bonne idée… Raaaah… prends n’importe qui ! Un mec ! Tiens, on va l’appeler… on va l’appeler… F… Fa… Fal… F… Faribole ! C’est un nom de mec qu’on peut pas blairer, ça. Ben t’as ce mec, Faribole, que tu détestes depuis quinze ans, mais genre grave, tu vois ? Le mec, tu le vois, t’as des envies de le démarrer ! Eh ben là, pouf, du jour au lendemain, c’est finito pipo. Plus de guerre. Ça fait du bien, non ? Tu le vois, t’as plus envie de lui éclater la tête. Tu découvres que Faribole, ben il est vraiment génial, il est sympa et la raaaace de sa grande tante, il est canon. Et j’ai le droit de trouver un homme canon sans que ça veuille dire que je suis gay, ok ? Jude elle me l’a dit. Du coup, Faribole, méga canon, genre… courbure de mâchoire de dingue, le corps élancé, des grandes mains, la jointure entre son épaule et sa gorge tellement bien marquée… et… tatouée… d’un… loup… et tu te demandes si le loup, il continue sur son bras ou si il s’arrête sur son épaule, si il part un peu sur son omoplate et… »

Le regard dans le vide, j’imagine très bien la façon dont le tatouage peut se poursuivre.
Et j’aime bien.
J’aime vraiment bien.

963 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Gay panic ou panique pour rien ?
Au moins la question est directe, instantanée, tellement instantanée à vrai dire que Chris ne doute plus du tout ne pas avoir compris. En fait, il avait très bien compris : Lloyd n'en est pas du tout au point de pécho, ce n'est pas du tout le sujet et d'ailleurs, ce n'est absolument pas un rencard, ce n'est rien de tout cela, c'est seulement... Deux hommes qui se sont plu ? Qui ont passé un agréable moment ensemble ? Qui se sont apportés quelque chose ? Oui, voilà, c'est bien, ça ! Il avait seulement besoin de comprendre parce qu'il faut dire que Lloyd le perd, quand même. En affirmant des choses et leur contraire. Mais maintenant, Christopher a compris et ils vont pouvoir passer aux choses sérieuses : Lloyd va certainement lui poser certaines autres des millions de questions qui doivent courir dans son esprit et lui il va y répondre sérieusement, sans rigoler, sans même montrer que ça l'amuse. Tu peux le faire, Chris. Tu peux le...

Finalement, rien ne se passera comme prévu car à l'air de Lloyd et à sa façon de prononcer son « je pige pas... », Christopher comprend qu'il va se faire alpaguer dans un nouveau long et interminable discours, l'un de ces tunnels saupoudrés de panique comme Lloyd en fait si souvent. Mais même si ça le fatigue d'avance car c'est dur de le suivre quand il fait ça, il ne peut pas empêcher son cœur de se serrer quand Lloyd se penche en avant et que sur son visage flotte un air si perdu et fragile. Christopher se promet de bien l'écouter, de s'y mettre à fond, l'aider, le soutenir, le...

Vieux, tant que tu dis les choses ça ne se passera pas mal ! a-t-il envie de le rassurer. Il s'est passé un truc entre vous, là, continuez de parler, de vous expliquer et tout ira bien, il n'y a pas de raison que ça reparte en guerre, comme tu dis ! Mais pour dire ces choses, encore faudrait-il pouvoir avoir le temps de le faire. Chris n'a pas le temps : Lloyd parle. Il essaie de garder ses mots dans un coin de la tête mais déjà il est embarqué par la suite des paroles de son ami. Imaginer. Imaginer, ça il peut faire. Il peut très bien faire, même. Mais... Donovan ? Christopher affiche une grimace vilaine. Non, pas Donovan ! Pas de paix avec les gros boullu, avec les sales types, avec sa famille. Non ! Pourquoi est-ce qu'il lui parle de sa famille, c'est... Ah, peut-être que Lloyd a capté quelle sale tronche il tirait car il décide tout à coup de changer de nom et là, Christopher décroche.

Il se recule jusqu'à pouvoir s'appuyer contre le mur. Là, il observe Lloyd. Son visage dont il connait les expressions par cœur, sa façon de le regarder, de lui parler, son accent irlandais qu'il n'entend même plus, les mèches de ses cheveux qui ont bien poussé, son regard qui se transforme légèrement quand il se sent le devoir de préciser que non non non, il n'est pas gay !. Et finalement, tout ça pour... Quoi, exactement ? C'est le problème avec les tunnels de Lloyd : quand il s'arrête de parler, on se rend compte qu'il aurait très bien pu se taire que ça aurait donné le même résultat.

Christopher ouvre la bouche, prend une inspiration qui gonfle ses poumons et... Se dégonfle subitement. Il ne sait même plus quelle était la question. Y avait-il une question ? C'était quoi, le point de départ de cette conversation, déjà ? Il se frotte les tempes sans retenir la grimace qui lui déchire le visage. Il est chiant quand il fait ça, Lloyd ! Allez, on se concentre.

« Alors déjà, commence-t-il, Faribole n'est pas un prénom qui existe. Mais je suis d'accord, si ça existait ce serait le nom d'un mec qu'on déteste. Et ensuite... Arrête de baver sur mon sol, c'est pas toi qui nettoie. »

Christopher se met à ricaner bêtement. Non mais regardez-le baver, aussi ! L'omoplate de Sulien, son loup qui disparait sous ses vêtements, la jointure de ses épaules et vas-y qu'il s'en donne à cœur joie pour mater dans son esprit ! Mais Chris ravale bien rapidement son ricanement pour continuer avant que Lloyd ne se braque.

« Putain, tu m'as perdu là, gémit-il en se frottant les yeux, on disait quoi déjà ? Je sais même plus où il est le problème, rah ! Faribole, Faribole..., » réfléchit-il à voix haute.

Faribole qui est canon et qu'on mate sans honte, sur lequel on bave, sauf que c'était un ancien ennemi et c'est bien quand la guerre se termine. Ah ! Oui !

« Oooook, fait Christopher en tirant sur ses yeux pour se reconcentrer. T'as peur que ça reparte en guerre. C'est normal, vieux, vous avez passé quoi, vingt ans à vous taper dessus ? Mais là vous êtes adultes et ça a l'air de super bien se passer entre vous, tu le trouves canon, il te trouve canon, vous vous caressez la mâchoire... »

On ne se moque pas on a dit... Christopher inspire rapidement par le nez. On se recentre.

« Donc ça va bien se passer. L'important, c'est de vous dire les choses. De communiquer, en fait, tout simplement. Si jamais tu vois que ça part en cacahuète, continue juste de parler au lieu de vouloir le frapper et ça se passera très bien. »

En réalité, c'est assez aléatoire comme situation. Sur un coup de nerfs, qui dit qu'ils n'en reviendront pas aux mains, tous les deux ? Christopher ne sait pas comment ça pourrait évoluer. Après, selon les dires de Lloyd, si ça devait en arriver aux mains, ce ne serait peut-être pas forcément le même style de mains que pendant leur guerre...

Ah, et il allait oublier ! Christopher lève subitement l'index, dans une vaine tentative de paraître menaçant.

« Et imagine plus jamais que Donovan essaie de faire la paix avec moi, s'il te plait, ça me fout des frissons dans le dos. »

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Gay panic ou panique pour rien ?
Peut-être que l’encre dégouline jusqu’à son poignet, qu’elle serpente autour de son bras. Comme mon kelpy, en fait. De l’épaule, jusqu’au-dessus de ma main. Peut-être qu’un jour, on pourrait comparer nos bêtes féroces. C’est un bel hasard, hein ? T’en dis quoi ? Lui, le loup. Moi, le kelpy. Le prédateur terrestre et le prédateur marin. Deux créatures meurtrières qui se sont déchirées pendant vingt ans et qui se…

Mes yeux papillonnent soudain. Eh allez, super. Je me suis encore perdu dans ma tête. C’est de plus en plus fréquent, ces derniers temps.
Je ramène mes yeux sur Chris. Faribole c’est pas un prénom qui existe. Ah bon ? On est sûr de cette info ? Je suis persuadé que des parents ont déjà appelé leur gosse comme ça. Des parents hyper malintentionnés. C’est comme appeler son gosse… Grodemir, t’as capté ?
Quand il parle de bave sur le sol, mes yeux se plissent. Je jette un regard à mes pieds. J’ai pas bavé. En plus, nettoyer le sol ? Frère, tu me feras pas croire que toi, petit anglais précieux, tu récures le sol du Pitiponk. Mais dans le doute, je détourne le regard et fais genre de me frotter le bas du visage. Non, j’ai pas bavé. Lui, il se plaint, il gémit, il couine. Je l’ai perdu. Comme je perds Papa, souvent, trop poli et gentil pour me couper en pleine parole. Jude, elle hésite jamais. Je parle trop ? Bam, action. Et en général, ça me fait sursauter, ça me coupe, et je perds ce que je veux dire, donc ça m’énerve, on s’énerve, elle me dit que j’ai qu’à lui faire parvenir ce que j’ai à dire par hibou, ça m’énerve, donc elle s’énerve, et…
Focus, Lloyd. Focus.

On écoute. On écoute. Il a raison. Ma peur est justifiée de fou. Il suffit d’un rien pour que ça reparte. Mais j’ai pas envie. J’ai vraiment pas envie. Là, ce serait comme détester quelqu’un que j’apprécie… et on sait toi et moi que c’est pas un sentiment agréable. L’amour — au sens général, hein, t’as capté — ne devrait jamais se transformer en haine. C’est douloureux. Ce n’est pas naturel. Je ne souhaite à personne de voir son cœur changer de cette façon là.

Je fronce les sourcils en ouvrant la bouche, indigné ! Frère ! T’arrêtes avec ça, oui ? C’est si débile tout ce que je lui ai raconté ? C’était un beau moment ! Rah il est chiant ! Je le retiens. Quand il me racontera un truc, j’ai juré, je lui fais sa fête.
Mais ce qu’il me dit, ça écrase toute la moquerie qui pulse toujours chez lui. Communiquer, tout simplement. C’est simple pour toi, Chris. C’est simple. Moi ? J’ai pas ta facilité pour parler avec les gens. Je les saoule. J’ai rien d’intelligent qui sort de ma bouche. C’est même pas que je les ennuie : je les saoule, Chris. Tu sais, toi. Tu m’expérimentes depuis qu’on est gosse.

Je regarde son doigt se lever. Et sa petite tête de chaton pas content.
Je souffle un rire par le nez.

« Ouais… désolé, vieux. Ton frère mérite pas la paix. »

Mes genoux plient pour que je me retrouve accroupi. Mes bras entourent mes jambes, mes fesses effleurent le sol. Je pose mon menton sur mon genou. Mes yeux se ferment un moment. Mes dents jouent avec ma lèvre, mordillent à gauche, puis à droite.

« Et… tu crois… que je dois lui prendre un cadeau ? » je demande en relevant juste les yeux sur lui. « T’sais… genre… j’sais pas… ? Mais pas des fleurs. J’ai capté. Pas de fleurs. »

614 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Gay panic ou panique pour rien ?
Lloyd n'a jamais trouvé Christopher menaçant, ce qui explique ce vilain rire qu'il expulse par le nez. Mais Chris n'était pas sérieux dans sa menace, alors sa seule réaction et de sourire en réponse et de secouer la tête en grognant : Donovan ne mérite effectivement aucune paix ni rien de ce genre, il ne mérite rien de bon. Mais Christopher n'a pas envie de penser à son frère pour le moment et tant mieux car Lloyd est de toute manière une distraction bienvenue : il s'accroupit soudainement comme s'il portait toute la tristesse du monde. Non, pas la tristesse : toute la panique. Toute l'inquiétude ? Oui, toute l'inquiétude, s'il paniquait il serait reparti dans un long tunnel. Là, il se contente de s'interroger, de focaliser sur des détails. Mais au moins, il s'est calmé, il a peut-être entendu ce que Christopher lui a dit. Avec Lloyd, souvent, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il rebondisse sur tout ce qu'on dit : il faut juste accepter qu'il passe d'un sujet à l'autre avec plus ou moins de logique.

Lorsque Lloyd lève les yeux vers lui, Chris lui offre un léger sourire, le genre qui ne creuse d'une seule de ses joues. Il a envie de faire les choses bien, son pote. De faire bonne impression. C'est un peu triste, car Christopher préfèrerait qu'il soit juste sûr de lui, mais ça ne s'apprend pas en quelques heures. Et puis si lui était dans la même situation, il serait peut-être aussi inquiet que lui.

« Après..., commence Christopher en haussant les épaules, j'ai dit pas de fleurs parce que je pense pas qu'il faut abuser mais si tu veux des fleurs... »

Pas très malin de revenir sur ce que tu lui as dit, mon vieux, songe-t-il : c'est la meilleure façon de perdre Lloyd. Il n'a pas envie de le perdre. Pas encore. Chris se passe la main dans la nuque, il hésite sur la suite, sur ce qu'il devrait conseiller ou non. Mais finalement, la réponse s'écrit d'elle-même, elle est logique, mais peut-être pas pour tout le monde, pas pour Lloyd qui est dramatiquement inquiet.

En un pas, Christopher avale la distance qui les séparait encore. Il s'accroupit juste devant Lloyd, dans la même position que lui. Ses bras sont appuyés sur ses genoux et pendent dans le vide. Face à lui, le visage de Lloyd qu'il connait par cœur.

« Tu ne dois rien faire, dit-il alors avec un bref sourire. Y'a pas de règle, hein. Si tu as quelque chose en tête, ramène-lui un cadeau : ça fait toujours plaisir un cadeau. Mais te creuse pas la tête pour trouver un truc juste parce que tu crois qu'il faut apporter un truc. Puisque vous avez envie de vous revoir... C'est toi qu'il veut voir, il s'en fichera que t'amènes ou non un cadeau. Enfin après je dis ça, je le connais pas ce mec mais ça me semble logi- ...Owh ! »

Soudainement déstabilisé par la position, Christopher bat des bras pour se rattraper. Il accroche l'épaule de Lloyd et se penche en avant, appuyé de tout son poids sur lui pour ne pas tomber à la renverse.

« Un peu plus et je me cassais la gueule ! s'amuse-t-il, hilare. Elle craint, cette position ! »

Et elle fait mal aux genoux. Et aux cuisses, aussi. Et aux chevilles. Il n'arrive pas à garder les pieds à plat sur le sol, contrairement à Lloyd. Pourquoi a-t-il voulu l'imiter, déjà ?

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Gay panic ou panique pour rien ?
… donc je ramène des fleurs ou je ramène pas de fleurs ?! J’vais serrer. Qu’est-ce qu’on ramène à un ancien ennemi qui nous fait nous sentir bien ? J’en ai aucune idée. Des fleurs, ça a le mérite d’être universel comme cadeau, t’as capté ? On offre quoi à un prof ? A un mec qui a l’air de porter pas mal de choses sur ses épaules ? Un squishy ? Eh, un squishy, c’est bien un squishy ! J’en ai plein, moi. J’avais commencé une collection il y a genre deux ans. Je pourrai lui offrir mon préféré ! Nan ? C’est naze ? Il va penser que je suis un gros gamin. Je suis un gros gamin, mais il a pas forcément besoin de le savoir tout de suite, si ? Ok, il doit déjà le savoir.
Des fleurs ou un squishy ?

Chris descend à ma hauteur. Je le regarde avec attention. Frère, avec tes genoux cagneux, je sens que tu vas te faire mal.
Tu sais, Lil’. J’ai pas envie de le décevoir. Je veux être à la hauteur de ce qu’il a vu dans mes yeux. C’est normal, non ? Je suis tellement habitué à décevoir. Pour une fois, j’aimerais que ça change. Je crois que c’est humain comme désir, non ?
Je souris. Chris dit de jolies choses. C’est moi qu’il veut voir. C’est moi que Sulien veut voir. Moi. Moi. Le mec qui fait trop de bruit, qui casse tout, qui tient pas en place. Moi, le moi, le vrai, qui ne l’a pas fait fuir quand il a vu mes mains.
Ça fait bizarre de ne pas être de trop pour quelqu’un. J’aime bien.

Lil’ s’agite soudain et je comprend qu’il va se casser la tronche. Mon corps agit avant et mes bras se tendent pour le récupérer, mes mains entourent ses côtes. L’équilibre, c’est le secret du bon combattant, tu savais ? Il te permet de pas chanceler quand tu te prends un sale coup, et à toujours garder de bons appuis dans les mêlés.
Par contre, va falloir qu’il y aille mollo sur le poids qu’il met dans mon épaule parce que je suis à deux doigts de me casser la tronche.
Je lâche une main pour m’appuyer en arrière, un sourire aux lèvres.

« C’est une super position pour les fessiers », je dis en jouant du piano sur ses côtes. « A quoi tu crois que je dois ce derrière d’enfer, hein ? Les squats, mon pote. »

Il est près. Il est tellement prés. Je contemple ce visage qui est devenu mon paysage du quotidien. Tu sais, j’arrive pas à me rappeler de ce que ça faisait de ne pas t’avoir dans ma vie. Je pense que ça vaut pas le coup de se souvenir. Ça me donne l’impression que t’as toujours été.

« Je t’aime, Lil’. Je t’aime vraiment. On se quittera jamais, hein ? Jamais jamais. »

493 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Gay panic ou panique pour rien ?
Seul le poids que qu'il peser sur Lloyd et ses mains sur ses cotes l'empêchent de se rétamer. Christopher glousse, amusé, et tapote l'épaule de son ami pour le remercier d'avoir eu de si bons réflexes. Il n'aurait pas aimé tomber ici. C'est propre, hein, ce n'est pas ça, mais c'est un sol... Un sol public, sur lequel marchent toutes les chaussures de ses collègues. Son pantalon ne touchera jamais une telle zone, jamais.

Lloyd se vante de ses fessiers. Mais avant que Chris n'ait pu avoir le temps ou ne serait-ce que l'idée de se pencher pour les lui claquer, ses fesses, ce qui aurait été dangereux pour son équilibre, Lloyd se met à pianoter sur ses cotes. Les chatouilles le font instantanément se tordre dans tous les sens. Les cotes, c'est non !

« Mais arrête ! » rugit-il en se débattant.

Lloyd ne l'écoute pas : il rebondit sur ses genoux pour montrer comment muscler ses fessiers, ce dont Christopher se fiche éperdument. Oui, il a de belles fesses mais lui-même n'a pas à rougir des siennes, donc il se fiche complètement de cette séance de sport improvisée, tant que Lloyd arrête de le chatouiller. Il est tout près de lui, si près de son visage, que Chris oublie de lui mettre une tape sur les mains pour le forcer à reculer. Mais il a arrêté de jouer du piano sur ses cotes alors c'est bon, tout va bien. La proximité ne le dérange pas, au contraire. Même s'il a mal aux cuisses, Christopher arrête de s'agiter. Sa poigne sur l'épaule de Lloyd se fait moins forte : il retrouve ses appuis sur ses propres jambes. Un drôle de sourire lui étire les lèvres. Lloyd le regarde comme si...

Et bien oui, comme s'il allait se déclarer. Un bonheur tout neuf grossit dans le cœur de Chris et explose dans son corps, répandant dans ses veines la chaleur de l'amour. C'est la première fois, réalise-t-il en plongeant dans les yeux de son ami. C'est la première fois que Lloyd lui dit qu'il l'aime aussi frontalement, sans larme, sans pleur, sans drame, sans substance et surtout sans ajouter ce platoniquement qui est devenu habituel au fil des ans. C'est un peu étrange, comme moment. À quelques centimètres d'écart, yeux dans les yeux, la douceur sur les traits de Lloyd... Et ce je t'aime qui sonne comme la plus belle chose du monde. C'est rare que Christopher ressente des choses comme ça pour lui. Habituellement, c'est Jude qui lui inspire cette grande douceur, cet amour infini. Chris aime Lloyd aussi, attention, mais avec eux ça s'est toujours écrit différemment, voilà tout. Mais là... Là...

Après un moment d'hésitation, un large sourire apparaît sur les lèvres de Christopher et lui creuse les joues, le genre de sourire qui fait briller fort les yeux. Il ose même lâcher l'épaule de Lloyd pour glisser une main dans sa nuque, puis de sa nuque ses doigts se perdent dans ses cheveux.

« Je t'aime aussi, Dich, » dit-il avec un sourire tranquille.

Platoniquement.
Il y pense mais n'a même pas envie de le dire. C'est pour Lloyd qu'il l'a toujours dit. Pour éviter les grimaces, pour se foutre de sa gueule, pour l'empêcher de rétorquer comme un gros idiot que « j'suis pas gay, hein ! ». Mais là, Chris a l'impression qu'il ne va pas le faire. Il ne va pas le faire, hein ?

« On va pas se quitter, non, réplique-t-il alors, son pouce se perdant vers l'oreille de Lloyd. J'ai besoin de toi. »

Il a tellement besoin de toi, Lloyd, tu ne sais pas toi, à quel point il a besoin de toi. Tu es le bruit dont il a toujours eu besoin. Le bruit qui fait taire le silence de son enfance, le bruit qui efface sa peur de l'avenir, le bruit qui lui fait oublier ses cauchemars et ses souvenirs effrayants, qui lui font oublier que tout aurait pu s'arrêter au fond d'une grotte.

Un sentiment puissant éclate comme une bulle de savon dans le cœur de Christopher. Alors instinctivement, il se penche en avant en tirant Lloyd vers lui pour l'enfermer dans une étreinte puissante. Il tourne juste assez la tête pour déposer un baiser sur sa tempe.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Gay panic ou panique pour rien ?
Je t’aime fort, mon pote.
Ça me frappe fort, ce soir. C’est un truc que je sais au quotidien, mais ce soir, face à toi, je le ressens dans tout mon corps. Je t’aime vraiment. T’es mon frère, Lil’. On a pas la même mère, mais quand je te regarde, je vois le garçon qui dormait avec moi dans ce lit trop petit, dans cette chambre trop petite. Je vois le garçon que mon père appelle “son deuxième fils”. Je vois le garçon que ma mère appelle “son gentil petit Christopher”. Je vois le garçon que ma sœur aime comme sa propre chair. On a partage pas le même sang, mais je suis prêt à te donner tout ce qui coule dans mes veines avec un grand sourire. Oui, je sais, je sais, Lil : tu me demanderas jamais ça, et tu voudrais jamais que je le fasse. Mais moi, je sais pas comment te montrer que je te suis reconnaissant d’être mon frère. J’ai l’impression que ce que je suis au quotidien, ce que je t’apporte, c’est rien, ça compte pas, c’est naze. J’aimerais savoir comment te rendre la pareille. J’aimerais. Si tu savais comme j’aimerais pas être un gros nul qui sait pas comment faire avec les autres.
Je crois qu’avec Sulien, c’est plus simple, parce que c’est quelque chose qui commence, tu vois ? J’ai encore rien brisé. On construit, en fait. Avec toi, j’ai brisé tant et tant de choses. Et j’arrête jamais de tout casser. On reconstruit, petit à petit, mais les fondations portent encore les stigmates des batailles d’avant. Et je sais pas comment colmater les fissures sinon avec des “je t’aime” qui arrivent trop tard.

Le sourire de Chris me fait sourire aussi. Je laisse sa main venir cueillir ma nuque — c’est ultra courageux et audacieux, poto. Il m’aime aussi. Il me le dit avec les mots et avec les gestes. Et j’y crois. J’y crois. J’attends pas ce petit platoniquement qui m’a toujours permis de tenir une distance entre… tout ça. La peur de te faire mal si un jour tes “je t’aime” n’étaient plus ceux d’un frère pour un autre. Un jour, peut-être que je t’expliquerai.

J’inspire en fermant les yeux. Il dit ces mots que mon coeur réclame en tout temps.
On ne va pas se quitter.
J’ai besoin de toi.
Et j’y crois, mon ami. J’y crois comme je crois à tes sourires.

Mon grand corps se déplie pour venir l’enlacer, moi aussi. J’enfouis mon visage dans son cou en souriant si fort que j’en ai mal. Ça fait du bien d’être heureux, tu sais, Chris ? Ça fait du bien de se sentir léger. Je crois que j’ai oublié ce que ça fait de respirer sans suffoquer. Merci de me rappeler que mes poumons peuvent avaler autre chose que du poison.

« J'ai besoin de toi, moi aussi. Alors on reste ensemble pour toujours. Platoniquement. »

489 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Gay panic ou panique pour rien ?
Pas de panique du côté de Lloyd, pas de main qui le repousse brutalement, pas de « mec, arrête de m'embrasser ! ». Rien de tout cela. Seulement un homme qui ouvre ses bras pour le serrer contre lui, seulement un ami qui enfouit le visage dans sa nuque. Christopher sent son sourire contre sa peau. Son cœur se gonfle d'amour, de joie, de bonheur, de toutes ces choses qui font du bien et qui font oublier les moments plus difficiles. Il repose sa tête contre celle de Lloyd et il reste là à le serrer, auréolé de l'odeur de son shampoing qu'il a l'impression de découvrir pour la première fois et de la sensation de sa chaleur à laquelle il n'a jamais vraiment été habitué, pas comme ça en tout cas. Ils ne font habituellement pas de long câlins comme ça, ensemble, sauf quand ils pleurent. Mais alors c'est bref, intense et bref. Là, c'est long, c'est doux, c'est agréable, c'est l'amitié comme Chris l'aime, comme il en a besoin.

Il a tellement en peur, ces dernières semaines. Peur de ne pas pouvoir aider Lloyd, peur de le retrouver dans le même état qu'il y a dix ans, peur que Jude subisse tout ça, qu'elle ait mal elle aussi. Il a tellement eu peur que Lloyd ne puisse pas passer ce gouffre de tristesse, que Miya l'embarque encore tout au fond de l'enfer. Mais elle ne l'a pas fait, Lloyd est fort, maintenant. Il est triste, il souffre, c'est dur, il remet toute sa vie en question, mais il ne sombre pas. Ces derniers temps, il fait des efforts, il fait moins son Lloyd, il ne boit plus, il reste raisonnable, il a des projets. Il ne va pas mieux, enfin... Ça se voit qu'il ne va pas mieux, ça se voit à son regard. Mais au moins, il avance. Un peu.

Sa voix lui parvient étouffée par leur étreinte. Ses lèvres chatouillent la peau de son cou. Son souffle est chaud. Un rire soudain secoue Christopher. Il serre fort une dernière fois le corps musclé de son ami, les doigts enfoncés dans sa peau, avant de l'écarter subitement. Il lui donne un coup dans l'épaule.

« T'es con ! » s'écrit-il avec un sourire hilare.

Il fallait bien qu'il tombe à un moment où un autre ce platoniquement, n'est-ce pas ? Sauf que là, il n'est pas là pour préciser qu'il n'y a rien de plus entre eux. Il est là pour dire : c'est notre truc à nous, ça, un truc qui n'appartient qu'à nous, comme cette étreinte, comme cette amitié unique. Alors Christopher en rit, parce que ça tombait vraiment à pique, qu'il ne s'y attendait pas et qu'il aime l'éclat qu'il voit dans le regard de Lloyd.

Poussant sur ses jambes, il se redresse avec un soupir d'effort. Il lisse son pantalon du plat de la main, juste pour être sûr que tout retombe comme il faut. Il passe les doigts dans ses cheveux courts qui repoussent au-dessus des oreilles, puis il baisse les yeux vers Lloyd.

« Alors, le relance-t-il avec un sourire léger. Besoin d'autres conseils pour ton beau brun ? »

Il se retient de faire des vannes. C'est promis, il se retient très fort. Plus tard, il en abusera, en fonction de la réaction de Lloyd. Si ça se passe bien avec Sulien, si Lloyd ne fait pas de grosse crise existentielle sur « oh mon dieu je kiffe un homme ! », ce genre de choses. Mais pour le moment, Christopher est sage.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Gay panic ou panique pour rien ?
Je souris de toutes mes dents, content de ma connerie, heureux de voir ce qu’elle provoque chez Chris. J’adore quand il a ce genre de sourire-là, tu vois ? Celui qui éclate fort, ce t’es con qui veut dire plus que ce que t’entends. Tu peux pas savoir à quel point j’aime ce moment.

Lil’ se relève et je le regarde faire. Très envie de me payer sa tête, de me foutre de ces genoux de vieux monsieur… mais je fais rien. Je préfère le regarder faire ces choses qu’il fait toujours. Lisser son pantalon pour qu’il retombe comme il le veut, se recoiffer… Lil’ est remonté comme une petite horloge. Je crois que je peux prévoir tout ce qu’il peut faire.

Je me relève à mon tour dans une impulsion dans mes orteils.

« Noirs », je rétorque en faisant rouler mes épaules en arrière. Mes mains dans le bas de mon dos, j’étire toute ma colonne vertébrale. « Il a les cheveux noirs, comme un corbeau. J’ai juré, si je dois un jour lui écrire une chanson, je parlerai de sa cascade d’obsidienne. C’est une pierre noire. C’est quand la lave refroidi trop vite. Ça donne de l’obsidienne. On voit ça dans Minecraft. Mais tu connais pas Minecraft. Tu prends un seau d’eau, et tu jettes sur un bloc de lave. Ça permet de faire des… portails du Nether… et des tables d’enchantement… hmf… » Je lui souris. « Tu sais quoi ? J’crois que je vais y aller comme je suis ! T’as peut-être raison quand tu dis qu’il m’… me veut comme je suis, tu vois ? » Je recule en me tapant le torse pour me montrer. « Il aura du Lloyd ! Du Lloyd avec un beau débardeur et un pantalon qui moule bien le… je mets quel froc ? J’ai que des jean. Je mets lequel ? Et pour la veste, on est d’accord, je mets mon gros cuir ? T’sais, l’épais, là. OH ! Eh, t’sais, pour la soirée d’inté, j’voulais me refaire l’undercut, mais j’crois que je vais genre le refaire pour lundi. Là ils sont trop longs, ça me tend. »

Je réalise que je me suis tourné de biais pour lui demander quel jean me mettrait le plus en valeur.
Et je sais même pas pourquoi je veux me mettre en valeur.

393 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Gay panic ou panique pour rien ?
Un ricanement étouffé échappe à Christopher. C'est à cause de la « cascade d’obsidienne ». Sauf que Lloyd est déjà lancé et comme d'habitude une fois qu'il parle, impossible de l'arrêter. Il enchaine et Chris aurait préféré qu'il continue de baver sur son corbeau, là, car il ne comprend rien à la suite. Il parle d'une mine et du fait de fabriquer des choses. Il parle d'obsidienne et de lave. De seau d'eau. De portail. De... Quoi ? La mine totalement barbouillée par son incompréhension la plus totale, Christopher finit par comprendre que Lloyd parle d'un truc du monde moldu dont il n'a pas la moindre idée, peut-être un livre, car il évoque des tables d'enchantement et que les moldus aiment bien inventer des trucs de sorcier car ils ne savent pas que ça existe réellement. Christopher cligne rapidement des yeux avant de décider qu'il se fiche complètement de ce qu'a voulu Lloyd et de passer à la suite. La suite est bien plus claire.

Du concret, des vêtements, encore des questions, des questions, des questions. Christopher hausse les sourcils lorsque Lloyd affirme que Sulien aura du Lloyd. Il a bien envie de faire une vanne mais elle serait mal passée alors heureusement que l'autre ne le laisse pas en placer une. Christopher soupire et, en attendant que ça passe et que le flux de parole s'amenuise, il observe Lloyd en l'imaginant avec un débardeur noir et un jean. Il choisit mentalement celui qui le mettra le plus en valeur.

Un long et profond soupir s'écoule de Christopher lorsque la soirée d'intégration est évoquée. C'est lui qui a rendu cette soirée aussi fun, c'est lui qui se casse la tête à rendre ça amusant chaque année, qui prépare les stocks des mois en avance, de même pour les décorations et tout le reste. Pourtant cette année, il ne pourra peut-être même pas y participer. Tout ça à cause d'une formation idiote. Qui organise des formations un samedi, en fait ? Il fera tout pour rentrer avant la fin de la soirée, bien sûr, mais les chances sont minces.

Ses yeux remontent des fesses de Lloyd à ses cheveux.

« T'as vraiment envie d'être en bombe, commente-t-il avec un sourire tranquille. Pour la veste, bien sûr que tu mets ton gros cuir. Avec ton débardeur, ça rendra vraiment bien. Et pour ton froc, pour ton froc... »

Puisque Lloyd s'est si gracieusement tourné sur le côté pour lui montrer son derrière, Christopher en profite. Il se penche en arrière et fait mine d'observer les fesses de Lloyd avec une grande attention. S'il y a bien une personne sur Terre qu'il n'a jamais maté, et encore moins à ce niveau-là, c'est Lloyd. Mais il fait semblant que ça lui plait avec un sourire évocateur.

« Ton jean de la dernière fois, là, tu sais. Quand t'avais fait tomber ton burritos dessus. Celui-là, il te fait un cul d'en-fer, mon pote. Le genre qu'on a bien envie de mater. Alors ce sera parfait pour ce rendez-vous. »

Il conclut cette analyse par un sourire amusé et un tantinet moqueur. Une part de lui se demande si les limites de Lloyd ont changé, s'il va l'engueuler quand il fait mine de le draguer pour l'embêter, maintenant.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER