Enthalpie
Ouvrir un autre lieu d’affrontement, changer de terrain pour mieux perdre l’adversaire. Multiplier les menaces, sans jamais laisser l’autre déceler le véritable plan. La magie, la cuisine, même la littérature ne sont que des fausses pistes. Et il les multiplie pour ne pas se retrouver sur le seul véritable terrain. Circéia est un peu décontenancée. L’ambivalence de ses pulsions, elle ne la maîtrise pas. Certes rien n’est urgent. Mais quand même. Un petit signe, une réponse. Après tout, si elle ne s’était pas retournée, il aurait envoyé sa tirade, elle y répondrait tout naturellement. Mais il est possible qu’elle ait espéré autre chose. A tout le moins, elle est un peu surprise par son extrémisme, serait-il à ce point masculin ? La magie du quotidien n’est pas moins noble. L’utiliser pour faire ses lacets, c’est déjà un geste complexe. Et quand il s’agit d’enchaîner six lacets, pour trois enfants, le matin, avec tout le reste à gérer dans la même foulée, c’est bien pratique. Certaines réalités sont là pour nous rappeler que rien n’est jamais commun. Les lacets... ne pas avoir à se pencher, parce qu’on ne le peut plus, c’est un luxe. Evidemment, savoir prendre le pas sur un esprit tiers, pouvoir même se déplacer sans réelle contrainte, avec un portoloin ou autre, c’est bien plus impressionnant. Mais entretenir une maison aidée d'une batterie de simples sorts constitue une magie respectable. Et encore, il faut bien admettre qu’elle n’a vraiment entamé cette prise de conscience qu’avec sa « maladie ». A Poudlard, ils étaient choyés. Et sa première année d’étudiante, elle l’a passée dans ce logement utilisée surtout comme une annexe de la bibliothèque, un lieu ou elle travaillait, mangeait frugalement… et dormait. Le minimum de temps perdu, juste vivre dans un lieu sain. Il est aussi possible qu’il la provoque, pour avoir une meilleure idée de la question ; Circéia est-elle une sang pur invétérée, qui s’encanaille avec les moldus par exotisme passager, condamné à disparaître avec les années ? Oui, la magie porte bien son nom. Mais certaines actions magiques, emplies de la poésie que nous y mettons, sont tout simplement fabuleuses. Point n’est besoin d’être spectaculaire ou totalement unique. Il faut l’avouer, elle est en partie d’accord avec lui, on peut très bien se passer de magie pour bien des choses. Et elle va devoir s’y faire. En même temps, délaisser le quotidien revient à le mépriser. Vivre dans un inconfort typique des logements d’étudiants semblables à l’antre de Diogène n'est pas son rêve. Tout juste commence-t-elle à s’initier à la complexité du monde, et cela commence par l’acceptation de l'autre pour ce qu’il est.
- A la bonne heure !
Elle se dit aussi qu’il tient peut-être ce discours pour la réconforter dans son statut temporaire. De sang pur à sans magie.
- Nous pouvons commencer par des œufs…
Circéia lui fait face à nouveau. Et comme elle va pour ouvrir ses placards magiquement, elle doit retenir ce geste, l’habitude sera difficile à prendre.
- Ooops, cracmol Circéia… je sais que nous pouvons mettre… des oignons, des lardons…
La litanie ne l’intéresse que moyennement. Il lui faut un vrai contre feu mais elle est sans idée.
- Parfois je me demande s’il ne serait pas préférable de vivre loin de toute cette agitation. Moldus contre sorciers, Gobelins contre sorciers… nous sommes souvent enclins à nous croire supérieurs. Je suis d’accord sur un point, que faisons-nous de nos pouvoirs ?
Le constat de la vie en marge du monde vécue à Wick lui revient en pleine face. Et, si, finalement, ses parents avaient détenu la vérité ? Quand bien même la magie noire les a perdus, ils faisaient des recherches. Peut-être pour inventer une nouvelle forme de magie ? Ou juste découvrir un sort… une plante… un remède.
- J’aime bien Edimbourg mais je n’apprécie pas les villes. On n’y est jamais pleinement libre.
Circéia fouille dans les placards adjacents à la petite cuisinière. Mais en fait, elle cherche en elle les raisons de vivre. Pourquoi le Droit ? On ne l’enseigne pas à Poudlard ! Pourquoi cette soif de liberté totale ? Et pourquoi Hjúki ? Ils sont dans un îlot, parmi des milliers d’autres. Des vies en parallèle, connectées par moments. Tout est une suite d’instants entre de longues périodes de solitude. Trappeurs dans l’hiver sibérien, avec le silence et le froid comme uniques compagnons.
- La lune, ce doit être un endroit paisible…
La rêverie, à dix-neuf ans, s’apparente souvent encore à sonder les mystères intérieurs. On ne sait pas comment agir alors on se replie en soi.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
- A la bonne heure !
Elle se dit aussi qu’il tient peut-être ce discours pour la réconforter dans son statut temporaire. De sang pur à sans magie.
- Nous pouvons commencer par des œufs…
Circéia lui fait face à nouveau. Et comme elle va pour ouvrir ses placards magiquement, elle doit retenir ce geste, l’habitude sera difficile à prendre.
- Ooops, cracmol Circéia… je sais que nous pouvons mettre… des oignons, des lardons…
La litanie ne l’intéresse que moyennement. Il lui faut un vrai contre feu mais elle est sans idée.
- Parfois je me demande s’il ne serait pas préférable de vivre loin de toute cette agitation. Moldus contre sorciers, Gobelins contre sorciers… nous sommes souvent enclins à nous croire supérieurs. Je suis d’accord sur un point, que faisons-nous de nos pouvoirs ?
Le constat de la vie en marge du monde vécue à Wick lui revient en pleine face. Et, si, finalement, ses parents avaient détenu la vérité ? Quand bien même la magie noire les a perdus, ils faisaient des recherches. Peut-être pour inventer une nouvelle forme de magie ? Ou juste découvrir un sort… une plante… un remède.
- J’aime bien Edimbourg mais je n’apprécie pas les villes. On n’y est jamais pleinement libre.
Circéia fouille dans les placards adjacents à la petite cuisinière. Mais en fait, elle cherche en elle les raisons de vivre. Pourquoi le Droit ? On ne l’enseigne pas à Poudlard ! Pourquoi cette soif de liberté totale ? Et pourquoi Hjúki ? Ils sont dans un îlot, parmi des milliers d’autres. Des vies en parallèle, connectées par moments. Tout est une suite d’instants entre de longues périodes de solitude. Trappeurs dans l’hiver sibérien, avec le silence et le froid comme uniques compagnons.
- La lune, ce doit être un endroit paisible…
La rêverie, à dix-neuf ans, s’apparente souvent encore à sonder les mystères intérieurs. On ne sait pas comment agir alors on se replie en soi.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Était-il vraiment avisé de subir la sombre dureté sans la moindre conversion, la transmission pure et sans traduction des clapotis et éclaboussures d’Encre qui sont véhiculés dans l’échange des Nuits que l’adolescent avait initié ? Quelque chose, il ne saurait dire quoi, s’est levé mais a fini par retomber. En somme une réponse élaborée et prononcée n’était pas nécessaire pour comprendre qu’une partie d’elle jouait d’autres notes que les siennes. Évidemment, ce ne serait pas la première à manier autrement sa magie, Hjúki n’avait vu que ça dans ses traversées de château. La question était plutôt : était-il le premier à lui exposer une telle perspective ? Six mois d’abstinence ne représentaient certainement pas le même degré d’abandon d’un côté et de l’autre. Pour lui, la magie se méditait aussi, il n’était pas question seulement de ses manifestations. Certaines possibilités ont besoin d’être préparées par un terreau fertile en lequel des graines virtuelles sont posées, laissant à l’imaginaire de supposer les Fleurs que l’on voudrait faire croître. La baguette ne s’agite pas au hasard, le chaudron ne s’emplit à la volée. Il ne nie pas la sérendipité, mais il faut assurément reconnaître qu’elle ne fait pas tout. Son enchanteresse n’a vraisemblablement pas souhaité lui partager ses vues outre que par ses projections en Noirceurs, mais l’adolescent s’en contente. Il est naturel qu’elle ne soit pas lui, même s’il aurait sans doute aimé la savoir un peu plus. Il comprend bien qu’elle doit combattre des impulsions ancrées en elle, qu’elle doit mettre en marche de nouveaux processus alors qu’il voit ses gestes se corriger en route, adopter le sage chemin. En hôte poli, et surtout obsédé d’architecture culinaire, il propose quelque aide.
« Des oignons ? Je trouve leur structure incroyable, en fines couches clairement superposées, aux épaisseurs évoluant légèrement, selon un accroissement régulier. Comme les cernes des arbres qui l’élargissent pour marquer le passage de chaque année ! Sans le tenir entre vos mains, en laissant à un couteau magique de faire le travail, vous ne sauriez ressentir pleinement sa belle construction végétale… »
Gustativement, il les préférait confits ou au moins bien cuits pour atteindre une texture fondante car le croquant cru le rebutait ; sauf à la manipulation de l’épluchure et de la découpe où se montrait la satisfaction de pouvoir le peler proprement, comme si sa couche supérieure était spécialement conçue pour cette facilité ; quand d’autres aliments du royaume des plantes exigeaient un travail bien plus fastidieux. Il ne s’attarde pas plus sur la question, ayant décelé la convergence qui séparait les deux jeunes adultes sur ce point, Circéia ne semblait pas porter un intérêt constructiviste et presque de minutie observationnelle en les éléments qu’elle pouvait toucher au quotidien. Hjúki se saisit alors de la convergence, de l’accord. *Qu’en faisons-nous ?* Si vaste interrogation, et elle le savait. Savait-elle aussi qu’elle l’invitait à la noyer sous ses réflexions éparses ? En quête aussi de réponses, de celles de l’enchanteresse, l’adolescent se confie le premier, sans se soucier de trop filtrer ses pensées.
« C’est la question qui me hante depuis tout petit. Nous sommes séparés, écartés de la Coupole sous laquelle vivent les êtres sans magie. Et… dans cette partie dite sorcière qui nous réservée, quelle devrait être notre quête ? Continuer à faire fonctionner une société qui s’est déjà effondrée ? Rechercher aux origines pourquoi cette variance humaine serait née ? Que devions-nous apporter à l’humanité par notre nature ? Rechercher au contraire en ce qui n’existe pas encore ? Que manque-t-il ? Quelle béance du Monde pouvons-nous soigner par nos pouvoirs ? Cette magie n’est pas pour moi. Ou plutôt, elle n’est pas dédiée à me servir moi. Nous avons chacun notre destinée. Ce n’est pas celle du feu ministère. Ce n’est pas celle du feu secret magique. Tout cela s’est effrité. Peut-on seulement croire au concept de noble cause ? Dans l’histoire sorcière, je n’ai pas connaissance d’une allégeance commune, d’un consensus quant à l’usage qui devrait être fait de notre magie. Chacun suit sa route, et nous apprenons la somme arbitraire de savoirs et de découvertes en des disciplines magiques qui sont les Fruits de ces chemins semés par l’un, par l’autre. La magie est à la fois moi et pas moi. Aussi tentante soit la Coupole ; par mes émotions, mes élans, mes crises, je n’oublierais jamais ce flux, ces notes parallèles, ces autres cordes qui résonnent, qui jouent en moi. Mais qu’est-ce qui les fera consoner ? Ainsi que vous l’entendez, je réponds par des questions… »
Il reprend sa respiration et déglutit avant de poursuivre. Il ne sait même pas par de quels pouvoirs Circéia est baignée, il n’a même pas pensé à l’impact que son arrêt imposé médicalement pourrait avoir sur ses activités présentes.
« D’ailleurs, quelle magie avez-vous choisie ? Après Poudlard… »
Soupirant, il songe à ses rêves d’échappée qu’il n’a jamais exaucés, dont il n’est pas même certain de vouloir les voir de réaliser un jour.
« Mais quand et où sommes-nous pleinement libres… Sur la Lune, peut-être avez-vous raison. Apaisés, protégés, en notre Planète. Même si je ne ferme pas toujours la porte au Chaos. »
Et un pont bien sûr, par lequel Astres et Planètes se rejoignent.
« Des oignons ? Je trouve leur structure incroyable, en fines couches clairement superposées, aux épaisseurs évoluant légèrement, selon un accroissement régulier. Comme les cernes des arbres qui l’élargissent pour marquer le passage de chaque année ! Sans le tenir entre vos mains, en laissant à un couteau magique de faire le travail, vous ne sauriez ressentir pleinement sa belle construction végétale… »
Gustativement, il les préférait confits ou au moins bien cuits pour atteindre une texture fondante car le croquant cru le rebutait ; sauf à la manipulation de l’épluchure et de la découpe où se montrait la satisfaction de pouvoir le peler proprement, comme si sa couche supérieure était spécialement conçue pour cette facilité ; quand d’autres aliments du royaume des plantes exigeaient un travail bien plus fastidieux. Il ne s’attarde pas plus sur la question, ayant décelé la convergence qui séparait les deux jeunes adultes sur ce point, Circéia ne semblait pas porter un intérêt constructiviste et presque de minutie observationnelle en les éléments qu’elle pouvait toucher au quotidien. Hjúki se saisit alors de la convergence, de l’accord. *Qu’en faisons-nous ?* Si vaste interrogation, et elle le savait. Savait-elle aussi qu’elle l’invitait à la noyer sous ses réflexions éparses ? En quête aussi de réponses, de celles de l’enchanteresse, l’adolescent se confie le premier, sans se soucier de trop filtrer ses pensées.
« C’est la question qui me hante depuis tout petit. Nous sommes séparés, écartés de la Coupole sous laquelle vivent les êtres sans magie. Et… dans cette partie dite sorcière qui nous réservée, quelle devrait être notre quête ? Continuer à faire fonctionner une société qui s’est déjà effondrée ? Rechercher aux origines pourquoi cette variance humaine serait née ? Que devions-nous apporter à l’humanité par notre nature ? Rechercher au contraire en ce qui n’existe pas encore ? Que manque-t-il ? Quelle béance du Monde pouvons-nous soigner par nos pouvoirs ? Cette magie n’est pas pour moi. Ou plutôt, elle n’est pas dédiée à me servir moi. Nous avons chacun notre destinée. Ce n’est pas celle du feu ministère. Ce n’est pas celle du feu secret magique. Tout cela s’est effrité. Peut-on seulement croire au concept de noble cause ? Dans l’histoire sorcière, je n’ai pas connaissance d’une allégeance commune, d’un consensus quant à l’usage qui devrait être fait de notre magie. Chacun suit sa route, et nous apprenons la somme arbitraire de savoirs et de découvertes en des disciplines magiques qui sont les Fruits de ces chemins semés par l’un, par l’autre. La magie est à la fois moi et pas moi. Aussi tentante soit la Coupole ; par mes émotions, mes élans, mes crises, je n’oublierais jamais ce flux, ces notes parallèles, ces autres cordes qui résonnent, qui jouent en moi. Mais qu’est-ce qui les fera consoner ? Ainsi que vous l’entendez, je réponds par des questions… »
Il reprend sa respiration et déglutit avant de poursuivre. Il ne sait même pas par de quels pouvoirs Circéia est baignée, il n’a même pas pensé à l’impact que son arrêt imposé médicalement pourrait avoir sur ses activités présentes.
« D’ailleurs, quelle magie avez-vous choisie ? Après Poudlard… »
Soupirant, il songe à ses rêves d’échappée qu’il n’a jamais exaucés, dont il n’est pas même certain de vouloir les voir de réaliser un jour.
« Mais quand et où sommes-nous pleinement libres… Sur la Lune, peut-être avez-vous raison. Apaisés, protégés, en notre Planète. Même si je ne ferme pas toujours la porte au Chaos. »
Et un pont bien sûr, par lequel Astres et Planètes se rejoignent.
Enthalpie
- Alors faisons comme cela. Je vous laisse aux commandes en cuisine. Vous avez l’air expert. Mes réserves sont à vous. Cela va me laisser le loisir de vous répondre un peu !
Circéia commence par s’occuper de Nikita. Quand un chat sent le réveil sonner dans son ventre, il n’a de cesse de se mêler à vos jambes. Et dans son état, cela pourrait s’avérer dangereux. Ensuite, elle choisit de s’asseoir.
- J’étudie le droit, à l’institut supérieur de droit magique. Ici, à Edimbourg ; en année de spécialisation. Une magie qui ne vous plaira sans doute pas, rien de transcendant. Mais j’aime ça. Il faut des gens pour dire le droit. Vous êtes dans la lune… si j’ose dire, moi je suis terre à terre. Vous savez… c’est un domaine de la magie finalement assez proche du droit moldu. Mais appliquer le droit à des phénomènes magiques permet de pénétrer les arcanes de celle-ci, son… fonctionnement. C’est implacable. Et puis, je dois admettre que pour y réussir, il faut beaucoup etudier. Et pas la seule magie. J’aimerais bien… j’aurais bien aimé travailler le droit magique international mais avec les événements actuels, je crois que l’urgence est ailleurs. Les gens se replient… J’ai parfois du mal à vous suivre, ce que je sais, c’est que toute société a besoin de fondements, de règles. Sinon c’est la loi du plus fort. Vous parlez souvent de chaos. Lui ne me dérange pas, l’anarchie me pose un problème. Un moldu qui apprend son admission à Poudlard est en plein chaos, une femme qui attend son fils aussi, c’est un chaos positif, comme...
Elle semble hésiter, se retient de.
- Il n’existe pas de magie plus noble qu’une autre. Soigner un nourrisson a autant de valeur à mes yeux qu’inventer un nouveau sort de protection. Chaque geste procède d’un tout qui est le cosmos, en évolution permanente. J’ai toujours détesté les élèves qui se croyaient meilleurs parce qu’ils étaient les rois du quidditch. Quand je voulais un tableau de notes avec des O et que des O, ce n’était pas pour impressionner les autres ou les dépasser. Je le faisais pour moi. La culture de la domination n’est pas mienne. Je respecte toute vie, je crois. Pour autant que l’on me rende la pareille. La liberté n’est pas de pouvoir faire tout ce que l’on veut, c’est la possibilité d’avoir le choix, en prenant en compte le monde qui nous entoure. Je ne peux pas revendiquer la liberté de ne pas mourir. Je dois vivre en sachant que tout peut s’arrêter d’un coup…. Quant à savoir s’il faut partager notre savoir magique avec les moldus, faire sauter la coupole… à quoi bon… leur montrer quelque chose qu’ils ne peuvent par nature produire. Nous avons nos talents, ils ont les leurs. Les tensions viennent de l‘incompréhension. Si vous voulez mon avis, le monde était plus simple du temps de notre vie en marge d’eux. Les gens ne sont pas prêts, si tant est qu’ils le soient un jour. Je ne me sens pas supérieure à eux, je les ai côtoyés durant deux stages. Ils sont nos semblables, avec une autre culture, et d’autres principes. Pour le reste, le bien et le mal sont très répandus, si vous saviez comment les mâles, humains comme sorciers, considèrent les femmes… Quand je battais un garçon aux échecs, c’était forcément par la tricherie, la ruse, ou par le maléfice. Jamais par le talent. Il existe une petite différence entre nos deux mondes, mais la misogynie se rencontre malgré tout chez nous. Regardez… moi-même je me déprécie, à vous dire que je suis pas une bonne femme d’intérieur. Je ne sais pas si j’ai choisi le droit magique, j’ai surtout pensé au droit en fait…
Elle se lève alors pour laisser sortir Nikita. La neige fond rapidement, il va accepter d’aller prendre l’air sur les toits, même pour quelques minutes. Cela laisse un peu de temps à l’étudiante pour reprendre le cours de son propos. Elle donne beaucoup d’elle. Trop. Un livre ouvert. Elle lui fait confiance mais tenir de tels propos seraient aux yeux de certains un aller simple pour Azkaban.
- … parce que je trouve le monde injuste et que même si je sais que je me fais des idées, je peux essayer de contribuer à le rendre meilleur à ma manière. Je suis ici, et maintenant. La grande Histoire n’a pas de réelle raison d’être dans ma vie. Hjúki, mon père était un mage noir, suis-je donc condamnée à le devenir moi aussi ? Est-ce la magie qui l’a fait ainsi ou ses propres choix ? Né moldu, qui aurait-il été ? De quel monstre de leur histoire serais-je la fille aînée ? Je porte cette honte en moi, peut-être doit-on y trouver la raison primordiale de mon goût pour le droit ? Oui, les professeurs à Poudlard nous enseignent la magie. Mais des pans entiers de nos âmes sont laissées en jachère. On laisse les plus sournois mener le monde dans les couloirs et dans le parc. On apprend l’erreur par la seule punition. Aucune place n’est laissée à la grâce. Seule la nature prévaut, la nature magique, la nature humaine…
L’imprévisible volcan entre en éruption. Si ce doit être lui, autant qu’il sache tout au plus vite.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Circéia commence par s’occuper de Nikita. Quand un chat sent le réveil sonner dans son ventre, il n’a de cesse de se mêler à vos jambes. Et dans son état, cela pourrait s’avérer dangereux. Ensuite, elle choisit de s’asseoir.
- J’étudie le droit, à l’institut supérieur de droit magique. Ici, à Edimbourg ; en année de spécialisation. Une magie qui ne vous plaira sans doute pas, rien de transcendant. Mais j’aime ça. Il faut des gens pour dire le droit. Vous êtes dans la lune… si j’ose dire, moi je suis terre à terre. Vous savez… c’est un domaine de la magie finalement assez proche du droit moldu. Mais appliquer le droit à des phénomènes magiques permet de pénétrer les arcanes de celle-ci, son… fonctionnement. C’est implacable. Et puis, je dois admettre que pour y réussir, il faut beaucoup etudier. Et pas la seule magie. J’aimerais bien… j’aurais bien aimé travailler le droit magique international mais avec les événements actuels, je crois que l’urgence est ailleurs. Les gens se replient… J’ai parfois du mal à vous suivre, ce que je sais, c’est que toute société a besoin de fondements, de règles. Sinon c’est la loi du plus fort. Vous parlez souvent de chaos. Lui ne me dérange pas, l’anarchie me pose un problème. Un moldu qui apprend son admission à Poudlard est en plein chaos, une femme qui attend son fils aussi, c’est un chaos positif, comme...
Elle semble hésiter, se retient de.
- Il n’existe pas de magie plus noble qu’une autre. Soigner un nourrisson a autant de valeur à mes yeux qu’inventer un nouveau sort de protection. Chaque geste procède d’un tout qui est le cosmos, en évolution permanente. J’ai toujours détesté les élèves qui se croyaient meilleurs parce qu’ils étaient les rois du quidditch. Quand je voulais un tableau de notes avec des O et que des O, ce n’était pas pour impressionner les autres ou les dépasser. Je le faisais pour moi. La culture de la domination n’est pas mienne. Je respecte toute vie, je crois. Pour autant que l’on me rende la pareille. La liberté n’est pas de pouvoir faire tout ce que l’on veut, c’est la possibilité d’avoir le choix, en prenant en compte le monde qui nous entoure. Je ne peux pas revendiquer la liberté de ne pas mourir. Je dois vivre en sachant que tout peut s’arrêter d’un coup…. Quant à savoir s’il faut partager notre savoir magique avec les moldus, faire sauter la coupole… à quoi bon… leur montrer quelque chose qu’ils ne peuvent par nature produire. Nous avons nos talents, ils ont les leurs. Les tensions viennent de l‘incompréhension. Si vous voulez mon avis, le monde était plus simple du temps de notre vie en marge d’eux. Les gens ne sont pas prêts, si tant est qu’ils le soient un jour. Je ne me sens pas supérieure à eux, je les ai côtoyés durant deux stages. Ils sont nos semblables, avec une autre culture, et d’autres principes. Pour le reste, le bien et le mal sont très répandus, si vous saviez comment les mâles, humains comme sorciers, considèrent les femmes… Quand je battais un garçon aux échecs, c’était forcément par la tricherie, la ruse, ou par le maléfice. Jamais par le talent. Il existe une petite différence entre nos deux mondes, mais la misogynie se rencontre malgré tout chez nous. Regardez… moi-même je me déprécie, à vous dire que je suis pas une bonne femme d’intérieur. Je ne sais pas si j’ai choisi le droit magique, j’ai surtout pensé au droit en fait…
Elle se lève alors pour laisser sortir Nikita. La neige fond rapidement, il va accepter d’aller prendre l’air sur les toits, même pour quelques minutes. Cela laisse un peu de temps à l’étudiante pour reprendre le cours de son propos. Elle donne beaucoup d’elle. Trop. Un livre ouvert. Elle lui fait confiance mais tenir de tels propos seraient aux yeux de certains un aller simple pour Azkaban.
- … parce que je trouve le monde injuste et que même si je sais que je me fais des idées, je peux essayer de contribuer à le rendre meilleur à ma manière. Je suis ici, et maintenant. La grande Histoire n’a pas de réelle raison d’être dans ma vie. Hjúki, mon père était un mage noir, suis-je donc condamnée à le devenir moi aussi ? Est-ce la magie qui l’a fait ainsi ou ses propres choix ? Né moldu, qui aurait-il été ? De quel monstre de leur histoire serais-je la fille aînée ? Je porte cette honte en moi, peut-être doit-on y trouver la raison primordiale de mon goût pour le droit ? Oui, les professeurs à Poudlard nous enseignent la magie. Mais des pans entiers de nos âmes sont laissées en jachère. On laisse les plus sournois mener le monde dans les couloirs et dans le parc. On apprend l’erreur par la seule punition. Aucune place n’est laissée à la grâce. Seule la nature prévaut, la nature magique, la nature humaine…
L’imprévisible volcan entre en éruption. Si ce doit être lui, autant qu’il sache tout au plus vite.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Ses mains se lancent dans une minutieuse chorégraphie. Expert, loin de là. Il est en réalité extrêmement lent car a besoin d’accomplir chaque geste pleinement, parfaitement, sans accroc, en prenant le temps de sentir le progressif effilochement. Cela avait de quoi lui desservir lors des élaborations de potions car alors que tous ses camarades étaient bien avancés dans leur processus de préparation, Hjúki brandissait seulement sa figue épluchée avec la satisfaction de ne lui avoir fait subir aucune écorchure, d’avoir produit des chutes égales, sans dommages. C’est pourquoi lors des sessions à deux, son binôme ayant eu vent de ses manières se dépêchait de se saisir de la partie pratique pour éviter de souffrir des conséquents retards qui guettaient avec cet étrange adolescent qui prenait plus de plaisir à inciser soigneusement chaque ingrédient, à faire de la géométrie et des symétries alors que, selon l’adage de certains, ‘dans le chaudron c’est tout mélangé’. Cette rigueur aurait sans doute payé, si les cours de potions avaient eu une durée double à triple. Efficacité, dans le sens de sauter par-dessus les détails, ne correspondait à son esprit. Il lui était même arrivé de se présenter avec un mètre souple pour mesurer ses herbes et décider du parfait multiple par lequel les diviser. En somme, Circéia avait intérêt à faire preuve d’infiniment plus de patience que tous les élèves qui avaient eu la malchance de tomber sur ce maudit partenaire de confection de potions.
Ce travail ne l’empêchait pas d’être à l’écoute, tout au contraire, il chassait les pensées parasites, permettait le focus. Une étudiante en droit… il paraît que ce genre de fonction avait beaucoup de prestige dans le monde moldu, mais que cela demeurait un pan d’études terriblement délicat. Peut-on jeter des ressortissants de quelques années de formation au cœur des réalités les plus poignantes pour en juger ? Hjúki absorbe ces paroles, tout concentré. Elle abord toute une section, tout un rapport à la magie qu'il n’a absolument pas, mais parvient à l’intéresser. Ils avaient en somme cette aspiration commune de compréhension de leurs courants magiques, les clefs qui leurs avaient été confiées étaient seulement de facture différente. Pour le regard à l’international, elle a évidemment raison. La pluralité de la magie implique-t-elle de la considérer sous un nouveau prisme en fonction des racines distinctes dont il est question ? Elle paraît en tout cas idéaliste, à moins que les ballotements trop nombreux connus par l’adolescent n’aient éveillé en lui un excès de cynisme face à certaines situations. Sans pouvoir les arrêter, des flashs lui reviennent, rien de très net, il paraît que l’effacement d’une partie de cette période était normal. Il revoit, il revit à distance ces heurts. Heureusement, cela n’avait pas duré très longtemps, il avait été tiré de là. Enfant, il aurait sans doute explosé en y repensant, à présent il en est devenu détaché – au moins pour la façade – ce qui lui permet un rire sans joie.
« N’est-ce pas déjà la loi du plus fort, et ce depuis le jardin d’enfants ? »
Si votre petit est trop faible pour survivre, vous n’avez qu’à le déposer ailleurs, lui trouver un autre terrain. Nous ne chassons pas les dominants. Si les structures scolaires initient les plus jeunes à ces dynamiques, peut-on vraiment espérer des adultes ne tenant pas pour acquis ces mêmes dus ? Il avait peine à croire, à se confier à un organe institutionnel supposé protecteur. À l’entendre, elle y croyait. Au moins suffisamment pour s’y dédier, pour tracer sa voie et son futur vers cette justice qu’elle pensait pouvoir appliquer.
« La misogynie est peut-être une notion anachronique difficile à calquer sur les mentalités antiques, mais quand je songe à nos représentants des temps anciens, il y avait bien plus de magiciennes telles Médée, Circé ou Pasiphaé que de magiciens. Certains hommes furent devins, mais Apollon déchaîna ses caprices…mâles, ainsi que vous le dites, sur Cassandre, sur la sibylle de Cumes. Par Hécate, la magie serait féminine. Pourtant, par Odin la magie des runes serait masculine, ainsi que l’art divinatoire d’ailleurs. Les Parques, les Nornes sont les fileuses du destin. Peut-on vraiment considérer la maîtrise magique, ses égides, sous le prisme du genre quand les cultures magiques même diffèrent sur la question ? Vous avez bien raison de vous intéresser au fonctionnement de la magie à l’international. »
Quelle place laisser à l’espoir ? À la fois elle en porte plus que lui pour certaines choses, à la fois il en est le porteur pour d’autres en lesquelles il décèle son presque fatalisme. Ils pourraient se compléter si le sombre de l’un est le lumineux de l’autre, si le lumineux de l’un est le sombre de l’autre. Il achève d’une voix douce.
« Je ne sais qui est mon père, je ne crois pas que les chemins que nous suivons soient tant déterminés. Vous avez parlé de choix. Vous enfoncez vos propres empreintes sur le sable. Rendre le Monde meilleur, le changer même. Je vous rejoins et suis sans doute habité d’aspirations analogues. Il est tout de même triste de reconnaître que pour vouloir embellir le Monde, il faut d’abord lui présupposer ses saletés… À quel point entachent-elles cette nature humaine ? »
Entre impasses et passages éventrés, ils s’engagent certainement en un tortueux Dédale.
Ce travail ne l’empêchait pas d’être à l’écoute, tout au contraire, il chassait les pensées parasites, permettait le focus. Une étudiante en droit… il paraît que ce genre de fonction avait beaucoup de prestige dans le monde moldu, mais que cela demeurait un pan d’études terriblement délicat. Peut-on jeter des ressortissants de quelques années de formation au cœur des réalités les plus poignantes pour en juger ? Hjúki absorbe ces paroles, tout concentré. Elle abord toute une section, tout un rapport à la magie qu'il n’a absolument pas, mais parvient à l’intéresser. Ils avaient en somme cette aspiration commune de compréhension de leurs courants magiques, les clefs qui leurs avaient été confiées étaient seulement de facture différente. Pour le regard à l’international, elle a évidemment raison. La pluralité de la magie implique-t-elle de la considérer sous un nouveau prisme en fonction des racines distinctes dont il est question ? Elle paraît en tout cas idéaliste, à moins que les ballotements trop nombreux connus par l’adolescent n’aient éveillé en lui un excès de cynisme face à certaines situations. Sans pouvoir les arrêter, des flashs lui reviennent, rien de très net, il paraît que l’effacement d’une partie de cette période était normal. Il revoit, il revit à distance ces heurts. Heureusement, cela n’avait pas duré très longtemps, il avait été tiré de là. Enfant, il aurait sans doute explosé en y repensant, à présent il en est devenu détaché – au moins pour la façade – ce qui lui permet un rire sans joie.
« N’est-ce pas déjà la loi du plus fort, et ce depuis le jardin d’enfants ? »
Si votre petit est trop faible pour survivre, vous n’avez qu’à le déposer ailleurs, lui trouver un autre terrain. Nous ne chassons pas les dominants. Si les structures scolaires initient les plus jeunes à ces dynamiques, peut-on vraiment espérer des adultes ne tenant pas pour acquis ces mêmes dus ? Il avait peine à croire, à se confier à un organe institutionnel supposé protecteur. À l’entendre, elle y croyait. Au moins suffisamment pour s’y dédier, pour tracer sa voie et son futur vers cette justice qu’elle pensait pouvoir appliquer.
« La misogynie est peut-être une notion anachronique difficile à calquer sur les mentalités antiques, mais quand je songe à nos représentants des temps anciens, il y avait bien plus de magiciennes telles Médée, Circé ou Pasiphaé que de magiciens. Certains hommes furent devins, mais Apollon déchaîna ses caprices…mâles, ainsi que vous le dites, sur Cassandre, sur la sibylle de Cumes. Par Hécate, la magie serait féminine. Pourtant, par Odin la magie des runes serait masculine, ainsi que l’art divinatoire d’ailleurs. Les Parques, les Nornes sont les fileuses du destin. Peut-on vraiment considérer la maîtrise magique, ses égides, sous le prisme du genre quand les cultures magiques même diffèrent sur la question ? Vous avez bien raison de vous intéresser au fonctionnement de la magie à l’international. »
Quelle place laisser à l’espoir ? À la fois elle en porte plus que lui pour certaines choses, à la fois il en est le porteur pour d’autres en lesquelles il décèle son presque fatalisme. Ils pourraient se compléter si le sombre de l’un est le lumineux de l’autre, si le lumineux de l’un est le sombre de l’autre. Il achève d’une voix douce.
« Je ne sais qui est mon père, je ne crois pas que les chemins que nous suivons soient tant déterminés. Vous avez parlé de choix. Vous enfoncez vos propres empreintes sur le sable. Rendre le Monde meilleur, le changer même. Je vous rejoins et suis sans doute habité d’aspirations analogues. Il est tout de même triste de reconnaître que pour vouloir embellir le Monde, il faut d’abord lui présupposer ses saletés… À quel point entachent-elles cette nature humaine ? »
Entre impasses et passages éventrés, ils s’engagent certainement en un tortueux Dédale.
Enthalpie
Il ne l’accable pas. Et s’il esquive une fois encore la chose la plus importante à son coeur, il a au moins ce mérite : écouter sans juger. Mais il avance trop vite pour elle. Bien sûr, Circéia observe sa manière minutieuse de préparer leur repas. Il a même mis la main sur des ingrédients elle avait oublié l’existence. Toutefois, elle n’a pas encore repris pied. Et répondre à ses mots lui est impossible. D’autant qu’à son avis, il se trompe sur l’antique. Les femmes y étaient considérées comme génitrices et rien d'autre ; si certaines se voyaient attribuer un rôle extraordinaire, cela justifiait surtout leur caractère proche de celui d'un homme. Ou diabolique ce qui ne valait pas mieux. Mais honnêtement, elle ne voit pas cela comme le problème majeur. Nos vies sont faites d’une succession de drames, des agressions plus ou moins graves, des morts. Ou des secrets avec lesquels nous devons grandir. Les parents vivent et leur progéniture est condamnée à porter le poids de l’héritage. La vie des uns impacte celle des autres, elle aurait tant aimé vivre une vie normale, des parents sans histoires… D’une certaine manière, c’est pire encore d’avoir un secret aussi peu connu. Il pèse en elle autant que s’il s’était agi de Grindelwald ou Voldemort mais elle a l’effort supplémentaire de devoir le cacher, ou le révéler. Dans les deux cas, c’est au-dessus de ses forces. Avec ses jambes, elle a déjà fort à faire alors être devant lui, devant lui et pas un autre, devant lui et le taire…. c’était trop. Est-il en train de le digérer ? Il a lui aussi à affronter l’inconnu mais il est peut-être un descendant caché d’un grand sorcier du passé !?! L’inconnu peut masquer le bien… Elle…
- Je ne parle pas des traces que je laisse dans le sable, c’est de moi qu’il s’agit. Qui aurai-je été si je n’avais pas eu à vivre cela ? Même s’ils ont fait en sorte de me protéger, je ne les ai presque plus vus après être entrée à Poudlard…
Elle saurait argumenter plus avant. Mais le courage lui manque. Un peu de légèreté, pour oublier. Q’aurait-elle aimé ? Un mot ? Un silence ? Circéia ne trouve pas la paix, elle ne peut exister tant cette magie est à ses antipodes. Un soir, elle a étudié la vie de la famille Croupton, espérant y trouver des réponses. Au bout de la nuit, elle ne pouvait s’empêcher de défendre le père, malgré toutes les horreurs qu’un père ait imposé à son enfant. Il était demeuré droit, un exemple de passion. L’étudiante porte ce passé comme une marque noire qui jamais ne pourrait s’effacer.
Balayer tout cela d’un revers de la main représente l’effort insurmontable. En fait, il vaut mieux ne pas y penser, refouler. C’est donc cela, ouvrir la boîte de Pandore…
- Et encore, ont-ils vraiment eu cette intention ?
Chasser cette pensée de son esprit. Elle lutte, se redresse et trouve un moyen temporaire.
- Quant à embellir… il est plus efficace de commencer par ôter la crasse, purger avant de construire. Mais les pertes d’un corps ne sont pas la saleté, jaunes ou rouges ou ce que vous voulez… certes, c’est la nature. Mais une nature de bonne grâce !
Elle sourit, la machine à rêve repart.
- Hjúki, d’après vous, quel est l’acte non magique qui le soit le plus ? Pour moi, l’apprentissage de la lecture est l’acte le plus puissant qu’il m’ait été donné de vivre. Et quand on pense à ce qu’il permet…
Ils sont au coeur des préoccupations de Hjúki. Habilement, la femme a expulsé d’elle la bile. Mais, et elle le sait, la puanteur revient, comme le jus qu’on extraie de ses jambes meurtries. Une source de malheur, c’est l’image qu’elle a d’elle. Un puits sans fond rempli de noir, une enfant noyée. Et il faudra bien plus qu’une première réaction amicale s’il veut chasser Laïos des pensées de Circé.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
- Je ne parle pas des traces que je laisse dans le sable, c’est de moi qu’il s’agit. Qui aurai-je été si je n’avais pas eu à vivre cela ? Même s’ils ont fait en sorte de me protéger, je ne les ai presque plus vus après être entrée à Poudlard…
Elle saurait argumenter plus avant. Mais le courage lui manque. Un peu de légèreté, pour oublier. Q’aurait-elle aimé ? Un mot ? Un silence ? Circéia ne trouve pas la paix, elle ne peut exister tant cette magie est à ses antipodes. Un soir, elle a étudié la vie de la famille Croupton, espérant y trouver des réponses. Au bout de la nuit, elle ne pouvait s’empêcher de défendre le père, malgré toutes les horreurs qu’un père ait imposé à son enfant. Il était demeuré droit, un exemple de passion. L’étudiante porte ce passé comme une marque noire qui jamais ne pourrait s’effacer.
Balayer tout cela d’un revers de la main représente l’effort insurmontable. En fait, il vaut mieux ne pas y penser, refouler. C’est donc cela, ouvrir la boîte de Pandore…
- Et encore, ont-ils vraiment eu cette intention ?
Chasser cette pensée de son esprit. Elle lutte, se redresse et trouve un moyen temporaire.
- Quant à embellir… il est plus efficace de commencer par ôter la crasse, purger avant de construire. Mais les pertes d’un corps ne sont pas la saleté, jaunes ou rouges ou ce que vous voulez… certes, c’est la nature. Mais une nature de bonne grâce !
Elle sourit, la machine à rêve repart.
- Hjúki, d’après vous, quel est l’acte non magique qui le soit le plus ? Pour moi, l’apprentissage de la lecture est l’acte le plus puissant qu’il m’ait été donné de vivre. Et quand on pense à ce qu’il permet…
Ils sont au coeur des préoccupations de Hjúki. Habilement, la femme a expulsé d’elle la bile. Mais, et elle le sait, la puanteur revient, comme le jus qu’on extraie de ses jambes meurtries. Une source de malheur, c’est l’image qu’elle a d’elle. Un puits sans fond rempli de noir, une enfant noyée. Et il faudra bien plus qu’une première réaction amicale s’il veut chasser Laïos des pensées de Circé.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Ils bifurquent, se dédoublent, se démultiplient. Leur conversation ne suit pas un fil d’Ariane clair. À chaque embranchement ils hésitent, tâtonnent en plus d’une direction à la fois, si bien que l’adolescent peine à garder trace nette des pistes éparses qu’ils développent. Son père est important pour Circéia. Ou ses parents, mais il a le souvenir de l’évocation indépendante de l’un et non de la mère, à moins qu’il ait mal écouté. Ne connaissait personnellement ni l’un ni l’autre, il ne faisait pas de grande différence entre un père et une mère. Opa était certes le père de seulement l’une des deux mais la notion demeurait très floue et Hjúki, dans sa relation exclusive avec son aïeul, peinait à se l’imaginer avoir été tel qu’avec lui avec une autre enfant, une génération plus tôt. Il n’avait toujours pas compris l’exacte nature de la relation que la jeune femme avait entretenue avec son père. Lui en voulait-elle d’avoir touché à la magie noire ? Avait-il été au moins un bon parent ? Comment une fillette à peine initiée à la magie aurait-elle décelé la forme de magie à laquelle s’adonnait un adulte ? La baguette ne crache pas du noir lorsque c’est de la magie noire et du blanc lorsque c’est de la magie blanche ; de même pour les volutes émanées hors des chaudrons. Les Couleurs de la magie sont bien plus complexes, elles ne sont pas l’indicateur d’une bonne ou mauvaise énergie. Avait-il blessé, entamé ses enfants ou autrui ? Étaient-ce des menaces ? De quoi avait-elle bien besoin d’être protégée ? Menace intestine ou étrangère à la famille ? Les Spectres du jeune homme lui éveillaient bien moins de questions. Ce n’était certainement pas auprès de son enchanteresse qu’il pourrait découvrir ce qu’étaient des parents qui remplissaient convenablement leur rôle auprès de leur progéniture.
« Vous parlez des traces laissées… sur vous, en vous. À quel point votre père ou vos parents vous ont-ils modelée, vous demandez-vous. Est-ce la magie noire qui vous inquiète ? Vous craignez que les spécialisations, que les inclinations magiques soient héréditaires ? »
Il hésite quelques secondes. L’adolescent n’aime pas parler de la famille. Si l’internat est un milieu déchirant les liens étroits d’affection filiale, il permet de mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Seuls. Sauf peut-être les fratries, mais Hjúki n’en faisait pas partie. Et cette Ivanovna semble s’être dissipée du château sans que Circéia ne se soit attardée en explications. Sans doute a-t-elle aussi des réticences, même pour d’autres motifs, à évoquer les siens. Que l’on vienne d’un milieu merveilleux ou sordide, ne demeure entre les murs de pierre que le jeune élève.
« Je me suis effectivement déjà interrogé sur mon héritage, mes racines. Je perçois surtout mon héritage par mon Opa, le seul que je connaisse, je n’ai rien à protéger de ce qui n’a pas pu m’être transmis. Poudlard arrache chacun à ses racines et cherche à nous enfoncer dans les siennes. Certains ont été pris d’un fort ancrage et résistent à l’enracinement imposé. Certains fuient les leurs et sont heureux d’en trouver de nouvelles. Deux sources, la nôtre intime et personnelle et celle de la seule formation officielle de magie britannique. Pour en arriver au défi de la conciliation. Doser les mélanges qui nous constituent… »
Pensif, c’est ce que toute sa posture transmet de lui, ses Perles-de-Nótt cherchant, quêtant dans le lointain pour essayer de doucement tirer les idées dans le présent.
« Purger avant de construire… ou reconstruire, depuis les fondements. Il est toujours plus simple de gratter là où sont les failles pour provoquer l’effondrement, il est beaucoup plus rare d’être en mesure de présenter ensuite les plans d’une construction viable. »
Sa dernière question a un aspect presque piégeux pour Hjúki qui sent dans la réponse propre de Circéia déjà une forme de détournement.
« La lecture, avec l’écriture… il y a déjà beaucoup d’élaboration, de transformation. Un luxe qui n’est pas accessible à tous et en toutes circonstances. Bien sûr non magique, toute langue parlée ou écrite s’infiltre pour communiquer, disons, entre esprits pensants. Mais ainsi que vous le dites, un apprentissage. Pour moi, l’acte non magique qui soit le plus… Il est communicant aussi, mais présente beaucoup moins de frontières. Les Sens, les miens, n’ont pas besoin de la magie, et tout le monde en jouit, réglés à des degrés d’intensité variable. Ils me permettent de communiquer au Monde, d’une communication qui dépasse la nécessité du mot. »
Il lui sourit à son tour, rêveur, et cet Écho… Cet Écho ne s’embarrasse pas de paroles supplémentaires.
« Vous parlez des traces laissées… sur vous, en vous. À quel point votre père ou vos parents vous ont-ils modelée, vous demandez-vous. Est-ce la magie noire qui vous inquiète ? Vous craignez que les spécialisations, que les inclinations magiques soient héréditaires ? »
Il hésite quelques secondes. L’adolescent n’aime pas parler de la famille. Si l’internat est un milieu déchirant les liens étroits d’affection filiale, il permet de mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Seuls. Sauf peut-être les fratries, mais Hjúki n’en faisait pas partie. Et cette Ivanovna semble s’être dissipée du château sans que Circéia ne se soit attardée en explications. Sans doute a-t-elle aussi des réticences, même pour d’autres motifs, à évoquer les siens. Que l’on vienne d’un milieu merveilleux ou sordide, ne demeure entre les murs de pierre que le jeune élève.
« Je me suis effectivement déjà interrogé sur mon héritage, mes racines. Je perçois surtout mon héritage par mon Opa, le seul que je connaisse, je n’ai rien à protéger de ce qui n’a pas pu m’être transmis. Poudlard arrache chacun à ses racines et cherche à nous enfoncer dans les siennes. Certains ont été pris d’un fort ancrage et résistent à l’enracinement imposé. Certains fuient les leurs et sont heureux d’en trouver de nouvelles. Deux sources, la nôtre intime et personnelle et celle de la seule formation officielle de magie britannique. Pour en arriver au défi de la conciliation. Doser les mélanges qui nous constituent… »
Pensif, c’est ce que toute sa posture transmet de lui, ses Perles-de-Nótt cherchant, quêtant dans le lointain pour essayer de doucement tirer les idées dans le présent.
« Purger avant de construire… ou reconstruire, depuis les fondements. Il est toujours plus simple de gratter là où sont les failles pour provoquer l’effondrement, il est beaucoup plus rare d’être en mesure de présenter ensuite les plans d’une construction viable. »
Sa dernière question a un aspect presque piégeux pour Hjúki qui sent dans la réponse propre de Circéia déjà une forme de détournement.
« La lecture, avec l’écriture… il y a déjà beaucoup d’élaboration, de transformation. Un luxe qui n’est pas accessible à tous et en toutes circonstances. Bien sûr non magique, toute langue parlée ou écrite s’infiltre pour communiquer, disons, entre esprits pensants. Mais ainsi que vous le dites, un apprentissage. Pour moi, l’acte non magique qui soit le plus… Il est communicant aussi, mais présente beaucoup moins de frontières. Les Sens, les miens, n’ont pas besoin de la magie, et tout le monde en jouit, réglés à des degrés d’intensité variable. Ils me permettent de communiquer au Monde, d’une communication qui dépasse la nécessité du mot. »
Il lui sourit à son tour, rêveur, et cet Écho… Cet Écho ne s’embarrasse pas de paroles supplémentaires.
Enthalpie
Il sourit. Un signe de réconfort très important pour elle. Et ses jolies réponses la touchent beaucoup. Les sens… il a raison le bougre.
- J’aimerais tant pouvoir parler sans avoir à le faire. Se comprendre sans le besoin des mots. C’est une belle réponse que la vôtre…
Une forme de séduction agit en elle. Le charme de l’esprit… ce garçon sait tirer de son coeur des choses qu’à l’habitude Circéia garde en elle. Et très profondément. Qu’il est...perspicace. Zeus sans le vice. Alors elle va donner encore, et peut-être même parvenir à se comprendre un peu.
- … Ce n’est pas la noirceur de la magie que je redoute. Vous savez, je l’ai grandement étudiée dans ses effets juridiques. D’un certain point de vue, elle fascine aisément. La puissance, l’esthétique même de certaines magies. C’est bien cela qui la rend dangereuse. Elle vous séduit. Et vous consume. Ma mère, mon père, mon frère… et d’autres encore, je vous l’ai dit déjà, je crois. Une hécatombe. Je ne sais pas tout et d’ailleurs je ne veux pas savoir. Mon père était, par ses actes, un être ignoble. Et qu’il ait aimé sa fille, énormément à ce qu’il disait, ne change rien à l’affaire. Je n’ai pas peur d’une magie que je n’ai jamais vue à l’oeuvre. Ma mauvaise réputation… que voulez-vous que je fasse contre les préjugés ? Non, ce qui me questionne, c’est la part de moi qui pourrait, par ce que les moldus nomment génétique, nous l’appelons l‘essence magique, basculer. Je n’y crois pas un instant. Mais j’ai effectivement une trace…. Je la sens. Une opprobre, le sinistros. C’est un héritage que je ne peux pas refuser. Et je le renie totalement. J’ai honte.... J’aimerais pouvoir me dire que mon caractère tient de lui, que c’est un constat sans effets. Mais quand je m’énerve, que la colère monte en moi, je me vois devenir lui. Alors je me déteste. Poudlard n’a pas enraciné grand-chose en moi, juste le savoir, le développement de mon pouvoir. Mais ce que j’étais existe toujours. D’autant que je n’ai jamais été une petite fille qui suivait le fleuve. Ma vie, c’étaient les échecs et la magie, les livres, les devoirs. Je n’ai rien fait d’autre, et c’est peut-être pour cela que je ne vous ai jamais vu. Parce qu’égoïstement, je traversais les années centrée sur moi…
Le moulin n’est pas prêt de s’arrêter. Circéia le regarde cuisiner mais, honnêtement, elle n’y prête pas attention.
- Non, ce n’est pas de la magie que je sens la menace. Elle est ce que nous en faisons. Mes intentions… sont peut- être mon ennemie la plus dangereuse. Mais j’ai besoin d’accepter ce passé. Vous êtes le premier à qui j’en parle… Vous avez un aeuïl avec qui vous avez pu échanger si je comprends bien. Moi, je n’ai eu personne. Ma mère me mettait de côté, il fallait soigner Alexandre, puis Père…
En revenir à sa dénomination ancienne, empreinte de marque de respect familial signifie beaucoup à ce moment… Elle est au fond d’elle-même.
- ...j’ai beaucoup échangé avec ma Tante, cherchant peut-être des vérités que je souhaitais connaître. Mais je n’ai pas tout compris. Au final, je suis seule… Mais j’ai un cuisinier, c’est déjà çà !?!
Au bord du précipice, la jeune femme ne se rend pas compte de ce qu’elle vient d’avouer En voulant faire de l’humour, Circéia explicite des émotions en pleine éclosion depuis la veille. Il n’est pas sûr que lui le comprendra au sens qui est le sien. C’est une femme russe, écossaise, dure au mal et encore plus en affaire. Il ne faut pas plaisanter avec son coeur. Elle sait juste se protéger, en faisant de l’esprit, un talent presque mondain.
- Comment s’appelle ce que vous préparez ?
Elle se rapproche, comme s’ils faisaient quelque chose ensemble. C’est plus qu’une conversation, elle est dans un territoire de complicité, un territoire tactile, l’appel des sens. Les halos en fusion, sans que cela n’apparaisse. Pas le moindre effort, un soir d’été, ou qui sait l’oeil du cyclone. Les énergies primordiales sont à l’oeuvre pour les prémunir des dangers de la vie. Car ensemble, on est toujours plus forts.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
- J’aimerais tant pouvoir parler sans avoir à le faire. Se comprendre sans le besoin des mots. C’est une belle réponse que la vôtre…
Une forme de séduction agit en elle. Le charme de l’esprit… ce garçon sait tirer de son coeur des choses qu’à l’habitude Circéia garde en elle. Et très profondément. Qu’il est...perspicace. Zeus sans le vice. Alors elle va donner encore, et peut-être même parvenir à se comprendre un peu.
- … Ce n’est pas la noirceur de la magie que je redoute. Vous savez, je l’ai grandement étudiée dans ses effets juridiques. D’un certain point de vue, elle fascine aisément. La puissance, l’esthétique même de certaines magies. C’est bien cela qui la rend dangereuse. Elle vous séduit. Et vous consume. Ma mère, mon père, mon frère… et d’autres encore, je vous l’ai dit déjà, je crois. Une hécatombe. Je ne sais pas tout et d’ailleurs je ne veux pas savoir. Mon père était, par ses actes, un être ignoble. Et qu’il ait aimé sa fille, énormément à ce qu’il disait, ne change rien à l’affaire. Je n’ai pas peur d’une magie que je n’ai jamais vue à l’oeuvre. Ma mauvaise réputation… que voulez-vous que je fasse contre les préjugés ? Non, ce qui me questionne, c’est la part de moi qui pourrait, par ce que les moldus nomment génétique, nous l’appelons l‘essence magique, basculer. Je n’y crois pas un instant. Mais j’ai effectivement une trace…. Je la sens. Une opprobre, le sinistros. C’est un héritage que je ne peux pas refuser. Et je le renie totalement. J’ai honte.... J’aimerais pouvoir me dire que mon caractère tient de lui, que c’est un constat sans effets. Mais quand je m’énerve, que la colère monte en moi, je me vois devenir lui. Alors je me déteste. Poudlard n’a pas enraciné grand-chose en moi, juste le savoir, le développement de mon pouvoir. Mais ce que j’étais existe toujours. D’autant que je n’ai jamais été une petite fille qui suivait le fleuve. Ma vie, c’étaient les échecs et la magie, les livres, les devoirs. Je n’ai rien fait d’autre, et c’est peut-être pour cela que je ne vous ai jamais vu. Parce qu’égoïstement, je traversais les années centrée sur moi…
Le moulin n’est pas prêt de s’arrêter. Circéia le regarde cuisiner mais, honnêtement, elle n’y prête pas attention.
- Non, ce n’est pas de la magie que je sens la menace. Elle est ce que nous en faisons. Mes intentions… sont peut- être mon ennemie la plus dangereuse. Mais j’ai besoin d’accepter ce passé. Vous êtes le premier à qui j’en parle… Vous avez un aeuïl avec qui vous avez pu échanger si je comprends bien. Moi, je n’ai eu personne. Ma mère me mettait de côté, il fallait soigner Alexandre, puis Père…
En revenir à sa dénomination ancienne, empreinte de marque de respect familial signifie beaucoup à ce moment… Elle est au fond d’elle-même.
- ...j’ai beaucoup échangé avec ma Tante, cherchant peut-être des vérités que je souhaitais connaître. Mais je n’ai pas tout compris. Au final, je suis seule… Mais j’ai un cuisinier, c’est déjà çà !?!
Au bord du précipice, la jeune femme ne se rend pas compte de ce qu’elle vient d’avouer En voulant faire de l’humour, Circéia explicite des émotions en pleine éclosion depuis la veille. Il n’est pas sûr que lui le comprendra au sens qui est le sien. C’est une femme russe, écossaise, dure au mal et encore plus en affaire. Il ne faut pas plaisanter avec son coeur. Elle sait juste se protéger, en faisant de l’esprit, un talent presque mondain.
- Comment s’appelle ce que vous préparez ?
Elle se rapproche, comme s’ils faisaient quelque chose ensemble. C’est plus qu’une conversation, elle est dans un territoire de complicité, un territoire tactile, l’appel des sens. Les halos en fusion, sans que cela n’apparaisse. Pas le moindre effort, un soir d’été, ou qui sait l’oeil du cyclone. Les énergies primordiales sont à l’oeuvre pour les prémunir des dangers de la vie. Car ensemble, on est toujours plus forts.
Au secret derrière ton sourire. (Paul Eluard)
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Le Cosmos se trouve indéniablement en elle pour lui offrir sans réserve de pouvoir s’exprimer sans que la langue ne lui échappe. Loin d’en être dérangé, Hjúki aime bien les phrases musicales de son enchanteresse, même s’il a réalisé ces dernières minutes sa capacité à les poursuivre si longuement. Bien plus encore que lui qui impose régulièrement ses silences de pensées ; pensées qui voguent, pas encore tout à fait traduites, ni prononçables, avant de songer à tailler et donner forme au discours. La parole est si peu directe, en comparaison à ses perceptions.
« Une réponse qui vient de… Eh bien, vous l’avez vu, à mes dépends, j’ai mes états en lesquels les mots s’éloignent, alors il faut en revenir au brut d’accès. »
Sa tirade sur le sombre versant de leurs pouvoirs indique bien une réflexion de fond qui n’est pas toute récente mais certainement longuement méditée. Il ne lui est pas si naturel de s’imaginer une Circéia de quelques années de moins, dans le château, s’interrogeant sur les implications d’avoir côtoyé d’un peu trop près une facette de la magie que la plupart de ses camarades ne pouvait prétendre connaître par le vécu.
« Ce n’est pas vous qui goûtez à la noirceur, c’est elle qui vous goûte, et elle est insatiable. J’ai déjà entendu un adage de la sorte, je comprends donc ce que vous entendez par le côté séducteur alors qu’en même temps… ce n’est pas une chute qui se contrôle. Elle finit par embrasser, embraser l’être tout entier. »
Le jeune homme tente de séparer en sections plus simples à appréhender la litanie qui se déverse hors de son enchanteresse, mais le flot est si dense. Il pose tant bien que mal un filtre sur sa concentration pour s’arrêter sur le propos concernant son père. Elle enchaîne tant de motifs musicaux que son esprit doit rapidement distinguer, et celui sur lequel il porte son attention revient selon des récurrences régulières. Il décide subjectivement d’en faire le noyau absorbant les filaments périphériques, obtenant un ensemble que ses antennes mentales commencent à pouvoir manier.
« S’il vous aimait… à quel point peut-on pardonner les erreurs issues de celui ou celle qui pense agir pour le bien de l’enfant, par… amour, peut-être, à son égard ; aussi légitime soit la souffrance, la rancœur de l’enfant blessé ? Je l’ignore moi-même. »
Elle cache aussi une colère, qu’elle réussit à présenter sans réelle colère apparente. À moins que si, un peu ? L’adolescent n’est pas très habile à détecter les émotions, surtout quand chacun a appris à les montrer et à les exprimer selon des systèmes qui peuvent énormément différer.
« Le caractère inné ou acquis… il se peut que l’on s’imprègne de ceux que nous approchons. Cette colère…est-ce vous vous avérez la manifester comme ce père parce que vous l’aviez vu tel, ou était-elle de toute manière destinée à être une part de vous ? Vous me confrontez à de complexes interrogations, des dilemmes sûrement insolubles. Je subis en tout cas des pertes de contrôle de ma magie, lorsque mes émotions me submergent et que je ne parviens plus à les traiter en raison de leur trop forte intensité ou de leur mélange trop riche, trop bigarré. S’il n’y avait pas la magie, n’y aurait-il que le Chaos intérieur et aucun dégât ? En tout cas, j’ai déjà…j’ai déjà débordé, même en présence d’une personne que j’aime. Est-ce vraiment quelque chose dont j’aurais hérité ? Car si vous pensez, ou si vous craignez devenir votre père, ma colère mais surtout mes conflits internes n’ont pas de modèle ou d’origine que je connaisse. Je n’y vois que moi. »
Par habitude ou réflexe il regarde sa peau découverte, comme s’il devait voir remonter à la surface sa magie, menaçante et agitée. Pourtant, il se trouvait en un environnement relativement paisible, il n’y avait pas de raisons qu’il explose soudainement, il nourrit trop vite des inquiétudes sans fondement. Dans le château, en revanche, c’était une toute autre affaire.
« Poudlard prodigue en cela une si mauvaise formation…les intentions pour vous et même encore plus fondamentalement les émotions. Ils nous disent par exemple laquelle nous devrions lever ou invoquer, mais jamais comment. Ces enseignants ne seront jamais en nous, comment pourraient-ils savoir les impulsions qui nous sont possibles, connaître notre nuancier ? »
À sa dernière question il reporte son attention sur le plan de travail orné d’aliments disséqués dans le plus grand soin ; vue qui lui est trop rarement offerte dans les cachots lorsqu’il s’attèle à ses préparations. Un nom ? Il a simplement laissé ses mains danser.
« Habituellement, mes partenaires de potion essaient de me coller à la partie compte-rendu et de m’éloigner du chaudron pour que je n’aie pas à juger leurs… approximations. Ils me laissent fantasmer sur un protocole d’exécution irréprochable à l’écrit. J’avoue avoir donc peu touché à la partie cuisson et transformation des ingrédients bruts. Si vous excelliez vraiment en tout, ce n’est pas si différent de l’élaboration d’une mixture magique, vous devriez pouvoir mettre aussi la main à la pâte. »
Ce duo suscitera assurément de belles Volutes à la surface de leur commun mélange.
« Une réponse qui vient de… Eh bien, vous l’avez vu, à mes dépends, j’ai mes états en lesquels les mots s’éloignent, alors il faut en revenir au brut d’accès. »
Sa tirade sur le sombre versant de leurs pouvoirs indique bien une réflexion de fond qui n’est pas toute récente mais certainement longuement méditée. Il ne lui est pas si naturel de s’imaginer une Circéia de quelques années de moins, dans le château, s’interrogeant sur les implications d’avoir côtoyé d’un peu trop près une facette de la magie que la plupart de ses camarades ne pouvait prétendre connaître par le vécu.
« Ce n’est pas vous qui goûtez à la noirceur, c’est elle qui vous goûte, et elle est insatiable. J’ai déjà entendu un adage de la sorte, je comprends donc ce que vous entendez par le côté séducteur alors qu’en même temps… ce n’est pas une chute qui se contrôle. Elle finit par embrasser, embraser l’être tout entier. »
Le jeune homme tente de séparer en sections plus simples à appréhender la litanie qui se déverse hors de son enchanteresse, mais le flot est si dense. Il pose tant bien que mal un filtre sur sa concentration pour s’arrêter sur le propos concernant son père. Elle enchaîne tant de motifs musicaux que son esprit doit rapidement distinguer, et celui sur lequel il porte son attention revient selon des récurrences régulières. Il décide subjectivement d’en faire le noyau absorbant les filaments périphériques, obtenant un ensemble que ses antennes mentales commencent à pouvoir manier.
« S’il vous aimait… à quel point peut-on pardonner les erreurs issues de celui ou celle qui pense agir pour le bien de l’enfant, par… amour, peut-être, à son égard ; aussi légitime soit la souffrance, la rancœur de l’enfant blessé ? Je l’ignore moi-même. »
Elle cache aussi une colère, qu’elle réussit à présenter sans réelle colère apparente. À moins que si, un peu ? L’adolescent n’est pas très habile à détecter les émotions, surtout quand chacun a appris à les montrer et à les exprimer selon des systèmes qui peuvent énormément différer.
« Le caractère inné ou acquis… il se peut que l’on s’imprègne de ceux que nous approchons. Cette colère…est-ce vous vous avérez la manifester comme ce père parce que vous l’aviez vu tel, ou était-elle de toute manière destinée à être une part de vous ? Vous me confrontez à de complexes interrogations, des dilemmes sûrement insolubles. Je subis en tout cas des pertes de contrôle de ma magie, lorsque mes émotions me submergent et que je ne parviens plus à les traiter en raison de leur trop forte intensité ou de leur mélange trop riche, trop bigarré. S’il n’y avait pas la magie, n’y aurait-il que le Chaos intérieur et aucun dégât ? En tout cas, j’ai déjà…j’ai déjà débordé, même en présence d’une personne que j’aime. Est-ce vraiment quelque chose dont j’aurais hérité ? Car si vous pensez, ou si vous craignez devenir votre père, ma colère mais surtout mes conflits internes n’ont pas de modèle ou d’origine que je connaisse. Je n’y vois que moi. »
Par habitude ou réflexe il regarde sa peau découverte, comme s’il devait voir remonter à la surface sa magie, menaçante et agitée. Pourtant, il se trouvait en un environnement relativement paisible, il n’y avait pas de raisons qu’il explose soudainement, il nourrit trop vite des inquiétudes sans fondement. Dans le château, en revanche, c’était une toute autre affaire.
« Poudlard prodigue en cela une si mauvaise formation…les intentions pour vous et même encore plus fondamentalement les émotions. Ils nous disent par exemple laquelle nous devrions lever ou invoquer, mais jamais comment. Ces enseignants ne seront jamais en nous, comment pourraient-ils savoir les impulsions qui nous sont possibles, connaître notre nuancier ? »
À sa dernière question il reporte son attention sur le plan de travail orné d’aliments disséqués dans le plus grand soin ; vue qui lui est trop rarement offerte dans les cachots lorsqu’il s’attèle à ses préparations. Un nom ? Il a simplement laissé ses mains danser.
« Habituellement, mes partenaires de potion essaient de me coller à la partie compte-rendu et de m’éloigner du chaudron pour que je n’aie pas à juger leurs… approximations. Ils me laissent fantasmer sur un protocole d’exécution irréprochable à l’écrit. J’avoue avoir donc peu touché à la partie cuisson et transformation des ingrédients bruts. Si vous excelliez vraiment en tout, ce n’est pas si différent de l’élaboration d’une mixture magique, vous devriez pouvoir mettre aussi la main à la pâte. »
Ce duo suscitera assurément de belles Volutes à la surface de leur commun mélange.
Enthalpie
- … j’étais douée en potions parce que je suivais les recettes à la lettre. Mais dès qu’il fallait travailler les proportions, c’était une catastrophe. Je suis nulle en calcul mental…La règle de trois est un cauchemar pour moi. Eplucher, je peux faire, couper, écraser, réduire, émietter… mais calculer… Non… vraiment pas…
Elle parle sans rougir. De quoi aurait-elle honte ? Mais l’idée qu’il la croit parfaite la dérange. Surtout qu’elle ne lui ait pas donné cette impression. Ça la renverrait à tout ce qu’elle haïssait d’elle dans les yeux d'autrui à Poudlard... Elle se tait.
Circéia a toujours préféré écouter. S’entendre dire des âneries ne lui a jamais procuré beaucoup de plaisir. En fait, elle lui donne peut-être l’impression d’une personne très douée avec les mots, les prononcés. Sa formation y est sans doute pour quelque chose, après tout, elle a appris à tenir un discours construit depuis son entrée à l’ISDM. Mais parler de soi ne lui est pas facile. Elle a dit des choses retenues en elle depuis des années. Le temps a permis aux idées d’être élaborées, précisément formulées. Il suffisait de se laisser aller. Il ne faudrait pas croire que cela est artificiel, une pièce de théâtre bien pensée. Et le soulagement a vite pris la poudre d’escampette. Le souci de l’autre occupe d’un coup toute la place. Que ferait-elle s’il avait un malaise ? Avant même de penser aux conséquences, au sens médical, elle veut parer au plus pressé. Les femmes savent agir en ces circonstances, hiérarchiser les priorités.
- Hjúki, que faut-il faire en cas de… débordement de votre magie ? Je veux dire… si jamais cela intervenait maintenant, comment devrais-je m’y prendre ?
- Elle lui met la main sur l’avant bras et poursuit.
- Je veux une réponse claire Hjúki, celle des médicomages ou autres soignants, il n’est pas question que vous échappiez à mon interrogatoire…
Circiéa n’est pas du genre à poser un ultimatum. D’ailleurs, ce n’en est pas un. Elle a parlé tendrement, de plus en plus. Il doit comprendre que c’est une question nécessaire. Son dernier mot paraît maladroit. Une affaire de ton, mal choisi ? Elle est inquiète de bien faire. Un autre signe de ce qui grandit en elle. Le plus souvent, les garçons ont horreur qu’on les infantilise. Elle n’est pas de cette engeance de femmes. A ceci près qu’en matière de santé, il faut agir correctement. Le plus amusant dans l’affaire est que cette conscience est totalement nouvelle de sa part. La veille encore, elle a agi inconsidérément. Entre temps, une inflexion a eu lieu, Circéia doit prendre soin de son environnement immédiat. Et s’il faut en passer par une relative métamorphose, elle s'y pliera.
Les propos du garçon sur Poudlard, sa vie, ses camarades, elle les entend parfaitement. Mais ils passent au laminoir des urgences du coeur. Comme son dernier regard manigancé a reçu l’indifférence, elle ne lui ressert pas ce registre « nottien ». Cela va être à lui de trouver ce que ses yeux noirs expriment. De toute manière, elle le sait, l’homme verra ce qu’il veut bien, et dans tous les cas elle continuera à le regarder cuisiner. Elle a seulement besoin de lui témoigner quelque chose, montrer. Mais sans rien montrer. A lui de comprendre et là est toute la différence. Car si elle sait quoi penser de sa famille, de sa vie passée, ou du moins si elle croit savoir… pour ce qui est d’elle, son terrain intime est une forêt vierge. Il y a pénétré, au coeur. Circéia est perdue et son calme, son apparente sagesse permettent de ne pas excessivement le révéler. C’est compliqué car la foudre parle, l’avez-vous intégré ? Et la terre a pris feu. Seulement… cet embrasement systémique prend des formes surprenantes, totalement déstabilisantes. Et elle n’a pas d’adulte référent ayant pu l’aider à construire un système de valeurs sur le sujet. C’est bien une forêt vierge, dense. Comme lui aussi semble en mal de référence, ils sont deux naufragés, sur une île perdue. Leur intelligence et leur… non, vous avez compris. Que va-t-il répondre à la seule question qui compte ?
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Elle parle sans rougir. De quoi aurait-elle honte ? Mais l’idée qu’il la croit parfaite la dérange. Surtout qu’elle ne lui ait pas donné cette impression. Ça la renverrait à tout ce qu’elle haïssait d’elle dans les yeux d'autrui à Poudlard... Elle se tait.
Circéia a toujours préféré écouter. S’entendre dire des âneries ne lui a jamais procuré beaucoup de plaisir. En fait, elle lui donne peut-être l’impression d’une personne très douée avec les mots, les prononcés. Sa formation y est sans doute pour quelque chose, après tout, elle a appris à tenir un discours construit depuis son entrée à l’ISDM. Mais parler de soi ne lui est pas facile. Elle a dit des choses retenues en elle depuis des années. Le temps a permis aux idées d’être élaborées, précisément formulées. Il suffisait de se laisser aller. Il ne faudrait pas croire que cela est artificiel, une pièce de théâtre bien pensée. Et le soulagement a vite pris la poudre d’escampette. Le souci de l’autre occupe d’un coup toute la place. Que ferait-elle s’il avait un malaise ? Avant même de penser aux conséquences, au sens médical, elle veut parer au plus pressé. Les femmes savent agir en ces circonstances, hiérarchiser les priorités.
- Hjúki, que faut-il faire en cas de… débordement de votre magie ? Je veux dire… si jamais cela intervenait maintenant, comment devrais-je m’y prendre ?
- Elle lui met la main sur l’avant bras et poursuit.
- Je veux une réponse claire Hjúki, celle des médicomages ou autres soignants, il n’est pas question que vous échappiez à mon interrogatoire…
Circiéa n’est pas du genre à poser un ultimatum. D’ailleurs, ce n’en est pas un. Elle a parlé tendrement, de plus en plus. Il doit comprendre que c’est une question nécessaire. Son dernier mot paraît maladroit. Une affaire de ton, mal choisi ? Elle est inquiète de bien faire. Un autre signe de ce qui grandit en elle. Le plus souvent, les garçons ont horreur qu’on les infantilise. Elle n’est pas de cette engeance de femmes. A ceci près qu’en matière de santé, il faut agir correctement. Le plus amusant dans l’affaire est que cette conscience est totalement nouvelle de sa part. La veille encore, elle a agi inconsidérément. Entre temps, une inflexion a eu lieu, Circéia doit prendre soin de son environnement immédiat. Et s’il faut en passer par une relative métamorphose, elle s'y pliera.
Les propos du garçon sur Poudlard, sa vie, ses camarades, elle les entend parfaitement. Mais ils passent au laminoir des urgences du coeur. Comme son dernier regard manigancé a reçu l’indifférence, elle ne lui ressert pas ce registre « nottien ». Cela va être à lui de trouver ce que ses yeux noirs expriment. De toute manière, elle le sait, l’homme verra ce qu’il veut bien, et dans tous les cas elle continuera à le regarder cuisiner. Elle a seulement besoin de lui témoigner quelque chose, montrer. Mais sans rien montrer. A lui de comprendre et là est toute la différence. Car si elle sait quoi penser de sa famille, de sa vie passée, ou du moins si elle croit savoir… pour ce qui est d’elle, son terrain intime est une forêt vierge. Il y a pénétré, au coeur. Circéia est perdue et son calme, son apparente sagesse permettent de ne pas excessivement le révéler. C’est compliqué car la foudre parle, l’avez-vous intégré ? Et la terre a pris feu. Seulement… cet embrasement systémique prend des formes surprenantes, totalement déstabilisantes. Et elle n’a pas d’adulte référent ayant pu l’aider à construire un système de valeurs sur le sujet. C’est bien une forêt vierge, dense. Comme lui aussi semble en mal de référence, ils sont deux naufragés, sur une île perdue. Leur intelligence et leur… non, vous avez compris. Que va-t-il répondre à la seule question qui compte ?
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Désappointement. Elle ne possède pas la fibre de l’équilibre des mélanges. Au moins n’a-t-elle pas à craindre de se faire une force destructrice par la sombre magie d’une potion létale élaborée à l’instinct. Les Volutes… Il aime tellement admirer sa magie se métamorphoser en Volutes, plutôt qu’en cette explosion incontrôlée, poisseuse, débordante ; plutôt qu’en jets hors du bois. Sa magie dégueulante le dérange, il la préfère brumeuse, aux teints doux, dansant languissante à la surface d’un liquide à peine frémissant, en boucles insaisissables. Par la précision du geste, par une chorégraphie de justesse autour du chaudron, par les dosages, il appose son énergie singulière et elle s’échappe attisée par le feu. La précipitation des cours à Poudlard qui se veulent tayloristes, fordistes en la matière ne lui permettent pas toujours de s’émerveiller de cette seule manifestation durant laquelle, pendant un moment, il oublie son asynchronie interne. Puisque l’usage de la baguette est beaucoup moins primordial en la matière, son Opa l’avait déjà laissé préparer des potions à la maison, à son rythme. Quelle plus belle Image pouvait-elle s’offrir à sa vue que la conversion en magnifiques Volutes de Couleurs de sa nature crépitante, apaisée, voletant à l’air libre ? Circéia ne l’aide pas tellement en cette affaire. Accompagnant la suite d’un froncement de sourcils il actionne une source de chaleur, par laquelle les textures avanceront par entropie vers le stade attendu.
Les aliments mijotant lui permettent de les délaisser temporairement, laissant à la résonance dans sa tête de faire répéter la question cruciale posée par son enchanteresse. Il a envie de hurler. Mais il a aussi envie de se rouler en boule, de tout lâcher dans le recroquevillement. Il a envie de lui offrir la réponse rassurante et claire qu’elle attend sans doute. Mais il a aussi envie de l’envoyer bouler. Il a envie de le prendre avec flegme. Mais il a aussi envie d’éclater. Il voudrait pouvoir être honnête, lui balancer une affreuse vérité à la gueule, la crainte toujours enfouie en lui lorsqu’il côtoie une personne qu’il aime. Il voudrait que cette conscience ne soit pas nécessaire. Comment devrait-elle s’y prendre ? Il n’en a aucune fichue idée. Même Opa ne le sait pas ! Cette fois, ce ne sont plus les vrilles qui le saisissent, c’est lui qui vrille.
« Savez-vous ce que vous demandez ? C’est… »
Il hoquète, son calme s’est définitivement envolé. Il voulait hurler. Il expulse avec hargne l’air entre ses cordes vocales, l’intensité oscille.
« AaaAaaAh ! »
Que pourrait le discours, quel pouvoir aurait-il en cette situation ? Une statue, son corps s’est statufié, tout à la concentration de verrouiller et de tendre au maximum tous les muscles dont il a conscience, jusqu’au tremblement.
« Si je débordais, je vous noierais. Impitoyablement. Cette magie pourrait même vous ôter l’air de vos poumons, elle pourrait vous faire suffoquer, vous pourriez étouffer. Et maintenant, surtout maintenant, alors que vous n’auriez pas même la vôtre pour me combattre… Vous ne pourriez pas me repousser, confronter votre puissance à la mienne, me mettre hors d’état de nuire. Ma magie peut intoxiquer l’air, ce même air qu’autant moi que n’importe quelle personne en ma présence lors du débordement respire. Je deviens le poison qui se répand dans l’eau. Inarrêtable, quelles sont les frontières possibles au sein d’un élément, dans son immensité ? Comment empêche-t-on le gaz nocif et volatile de voler dans l’air ? »
Son articulation est mesurée, dure, les syllabes sont des couperets. En réalité, il pourrait fondre en larmes à tout moment.
« Vous me demandez… vous voudriez que je m’imagine vous faire du mal ? Alors que c’est la partie en moi que je déteste tant. Quand c’est moi, moi seul, qui devrait avoir mal… ce sont les autres qui ont mal. Ma magie taillade à l’aveugle quand je suis en déchirement. Que devriez-vous faire ? Vous ne pourriez rien. Me rappeler votre présence ? Et alors, je réaliserai que j’ai encore fait mal, et mon Cœur sera encore plus meurtri. »
Il s’approche tout près, tient son visage entre ses mains, et avance le sien au plus proche, lui rappelle par-là à quel point ils dépendent du même air.
« Mes débordements ont le pouvoir de faire du mal à qui j’aime. Je ne veux pas vous faire du mal. Je ne veux pas…blesser une personne que j’aime. Vous. »
Les aliments mijotant lui permettent de les délaisser temporairement, laissant à la résonance dans sa tête de faire répéter la question cruciale posée par son enchanteresse. Il a envie de hurler. Mais il a aussi envie de se rouler en boule, de tout lâcher dans le recroquevillement. Il a envie de lui offrir la réponse rassurante et claire qu’elle attend sans doute. Mais il a aussi envie de l’envoyer bouler. Il a envie de le prendre avec flegme. Mais il a aussi envie d’éclater. Il voudrait pouvoir être honnête, lui balancer une affreuse vérité à la gueule, la crainte toujours enfouie en lui lorsqu’il côtoie une personne qu’il aime. Il voudrait que cette conscience ne soit pas nécessaire. Comment devrait-elle s’y prendre ? Il n’en a aucune fichue idée. Même Opa ne le sait pas ! Cette fois, ce ne sont plus les vrilles qui le saisissent, c’est lui qui vrille.
« Savez-vous ce que vous demandez ? C’est… »
Il hoquète, son calme s’est définitivement envolé. Il voulait hurler. Il expulse avec hargne l’air entre ses cordes vocales, l’intensité oscille.
« AaaAaaAh ! »
Que pourrait le discours, quel pouvoir aurait-il en cette situation ? Une statue, son corps s’est statufié, tout à la concentration de verrouiller et de tendre au maximum tous les muscles dont il a conscience, jusqu’au tremblement.
« Si je débordais, je vous noierais. Impitoyablement. Cette magie pourrait même vous ôter l’air de vos poumons, elle pourrait vous faire suffoquer, vous pourriez étouffer. Et maintenant, surtout maintenant, alors que vous n’auriez pas même la vôtre pour me combattre… Vous ne pourriez pas me repousser, confronter votre puissance à la mienne, me mettre hors d’état de nuire. Ma magie peut intoxiquer l’air, ce même air qu’autant moi que n’importe quelle personne en ma présence lors du débordement respire. Je deviens le poison qui se répand dans l’eau. Inarrêtable, quelles sont les frontières possibles au sein d’un élément, dans son immensité ? Comment empêche-t-on le gaz nocif et volatile de voler dans l’air ? »
Son articulation est mesurée, dure, les syllabes sont des couperets. En réalité, il pourrait fondre en larmes à tout moment.
« Vous me demandez… vous voudriez que je m’imagine vous faire du mal ? Alors que c’est la partie en moi que je déteste tant. Quand c’est moi, moi seul, qui devrait avoir mal… ce sont les autres qui ont mal. Ma magie taillade à l’aveugle quand je suis en déchirement. Que devriez-vous faire ? Vous ne pourriez rien. Me rappeler votre présence ? Et alors, je réaliserai que j’ai encore fait mal, et mon Cœur sera encore plus meurtri. »
Il s’approche tout près, tient son visage entre ses mains, et avance le sien au plus proche, lui rappelle par-là à quel point ils dépendent du même air.
« Mes débordements ont le pouvoir de faire du mal à qui j’aime. Je ne veux pas vous faire du mal. Je ne veux pas…blesser une personne que j’aime. Vous. »
Éclatement