Le heaume rouge
PARTIE 5 : La Ruche
Il fait nuit, il fait froid, pourtant tout les adultes vivant à la Ruche, ce hameau familial, sont réunis dehors. Le vent d'Écosse secoue les cheveux des silhouettes à peine visibles dans le noir.
Le feu de camp et les lanternes flottantes ne suffisent pas à éclairer le cercle dans cette nuit sans lune, mais qu'importe. Il s'agit de la Ruche, une famille, chacun ici est lié à son prochain par des liens d'amour avant des liens de sang. Des moldus et des sorciers, tous s'assoient sur les bûches en demi-cercle autour du feu, ne laissant plus qu'une femme debout, une femme leur faisant face.
Après une semaine de réflexion intensive, finalement, Élisabeth convie toute la Ruche autour d'un feu afin de leur parler de la situation. De leur parler de son plan, et du rôle qu'ils y joueront. Mais aussi, afin de leur parler de leur ennemi, et de leur demander leur aide.
Même si tous sont liés par des liens d'amour, tout le monde n'irait pas risquer sa vie. Tout le monde n'est pas prêt à le faire. Il n'y a presque plus d'enfants ici, mais chacun des hommes et chacune des femmes présents ici a une vie. Chacun a des relations qui vont au-delà de sa famille, qu'il s'agisse de collègues, ou d'amis, ou même d'animaux de compagnie, chacun a des rêves et des objectifs qu'ils ne pourront peut-être pas accomplir s'ils suivent Élisabeth dans l'entreprise qu'elle a préparé. Mais au-delà de tout ce qu'ils ont dans leur vie, tout les habitants de la Ruche ont le choix. Ils ont la liberté et le droit de ne pas être jugé, c'est probablement ce qu'il y'a de plus précieux ici.
Les bras croisés, Élisabeth se dresse de toute sa taille pour entamer son discours. Ce moment solennel est le fruit d'un long travail de réflexion et de recherche, ainsi que d'un plus court travail d'écriture pour convier tout le monde à ce feu. Bonsoir... Commence t-elle, la boule au ventre. La semaine dernière, mes enfants sont partis pour... Tuer Rouge. Poursuit-elle, une succincte vague de murmures se fait entendre avant d'être étouffée.
Élisabeth prend une grande inspiration. Je compte libérer Redose d'Azkaban, puis on ira trouver Rouge pour l'anéantir. Dit-elle, un silence en suivit, puis des murmures, puis des discussions, et pendant quelques minutes, les adultes autour du feu se comportaient comme des enfants, à parler pendant qu'Élisabeth attendait le silence.
Finalement, Maria Omniak, la veuve d'Andreï Omniak, l'oncle de Redose, leva la main et parla. Pourquoi maintenant ? Demande t-elle, à juste titre. Cinq ans à ne rien faire et voilà que soudainement, en une semaine, non seulement Élisabeth se met en tête de délivrer Redose de la prison la mieux gardée du pays, mais en plus de s'en prendre à Rouge, la raison pour laquelle Redose est dans la prison la mieux gardée du pays. Un artefact qui pouvait rivaliser avec trois sorciers puissants au sommet de leur forme alors même qu'il était bien plus faible qu'aujourd'hui.
Elizabeth Omniak, le neveu de Maria, préféra répondre à la place d'Élisabeth. C'est à cause de la tentative d'assassinat, moi je me demande surtout pourquoi ne pas directement récupérer tes enfants ? Ce serait plus facile que de tenter... De tenter l'impossible. Demande t-il sur un ton confus et en tendant la main comme s'il attendait qu'on lui serve la réponse. Élisabeth y avait justement réfléchi, à cette réponse.
La Ruche a beau être sa famille, personne n'a la science infuse. Une tentative d'assassinat ? Demande avec effroi Maria. La semaine dernière Rouge a envoyé un assassin tuer Élisabeth, celui-ci comptait même détruire cet endroit... C'est pour ça que j'ai passé la semaine à renforcer les protections. Répond Charlie, son neveu et l'autre frère de Redose. Il avait en effet passer la semaine entière à renforcer les protections, à en ajouter, et faire en sortes de comprendre comment l'assassin a pu réussir à passer sans être repérer. Les poches sous ses yeux, invisibles dans un tel noir, témoigne de son implication dans la protection du lieu.
Élisabeth se tourna vers le frère aîné de Redose pour lui répondre. Eden est plus têtue que son père, impossible de la raisonner. Elle est aussi plus forte, je te rappelle. Dit-elle en appuyant bien la chose. Même si par miracle on arrivait à l'arrêter et à la ramener par la force, aucun mur ne pourrait l'empêcher d'atteindre son objectif. Conclue la potionniste.
Elle laissa traîner son regard, avant de retourner au monde qui l'entoure. Écoutez... Je peux pas vous demander de m'aider à vaincre ce monstre de Rouge... Mais vous avez tous un cerveau, des compétences, chacun de vous peut se rendre utile pour m'aider à libérer Redose. Dit-elle avant de reprendre son souffle. Je vous demande pas d'aller jusqu'à me suivre, même un conseil, ou un avis me conviendrait, n'importe quoi qui pourrait m'aider... Semble t-elle supplier du plus profond de son être. On n'arrive à rien seul, si ce n'est à échouer.
Charlie se leva, lui qui pourtant est si discret. Moi je te crois, Éli. Dit-il, mais il n'y a pas de rapport entre le fait de la croire et le fait de l'aider, provoquant la confusion chez l'auditoire. Je te crois et je crois en l'innocence de Redose, et je crois en la dangerosité de Rouge, et je crois en toi. Poursuit-il, Elizabeth, son grand frère, se leva avec moins de passion. Si Redose est bien innocent, alors il a rien à faire là-bas... Je te fais confiance, je te suis, Éli. Déclare Elizabeth en posant sa main sur l'épaule de son petit frère. Puis Rem, la femme d'Elizabeth. Puis celle de Charlie, Bean, Maria, Jeremy, Anastasia, et tout les habitants de la Ruche déclaraient l'un après l'autre qu'ils suivraient Élisabeth.
Elle avait vraiment l'impression d'être entourée et aimée, tout cet amour, toute cette attention, toute cette confiance... Elle ne peut pas les décevoir. Elle ne peut pas abandonner ses enfants. Elle ne peut plus rester passive quand son mari vit un enfer. C'est ensemble qu'ils trouveront un plan, et c'est ensemble qu'ils le mèneront à bien. Moldu, sorcier, né-moldu ou sang-mêlé, toutes ces histoires sont du vent face aux liens qui unissent les individus d'une même famille. Et c'est l'amour qui unit les individus de la Ruche.
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PARTIE 6 : Le plan
C'est l'amour qui unit les résidents de la Ruche, elle ne se définit pas par le lieu où la Ruche est installée, ni par la puissance de ses membres, ni même par leur passé, leur personnalité, ce n'est pas un serment qui les lie, mais un lien d'amour sincère. Tout le monde ne serait pas prêt à abandonner tout ce qu'il connait et a toujours connu pour sa famille, et encore moins pour un seul membre. Pourtant, il n'y a pas un membre de cette famille qui a tourné le dos à Redose, pas un membre a préféré sa vie au Royaume-Uni à une cavale. Tous ont fait leur choix, ils partiront ensemble, où ? Ce n'est pas sûr. Quand ? Bientôt.
Les revoilà tous réunis autour d'un feu, seulement une semaine plus tard. Si le temps ne pressait pas, Élisabeth aurait préféré attendre au moins deux mois avant d'espérer mettre son plan à exécution. Seulement... Ses enfants sont dans la nature, et chaque seconde les rapproche de Rouge. Et chaque pas en direction de ce dernier, semble les rapprocher d'une mort certaine.
Redose pour sa part croupit dans sa piteuse prison, il a attendu cinq ans, attendre un jour de plus ne devrait pas être un drame. Mais un jour, c'est bien plus que suffisant à Azkaban. Il suffit d'une journée pour que tout bascule. Et c'est en une journée que tout basculera pour lui.
Élisabeth prévoit de faire libérer Redose en une journée, elle ne s'éternisera pas à peaufiner son plan de l'extérieur, ni à chercher le parfait moment à l'intérieur.
À nouveau seule et debout devant ce feu, cette fois elle ne tremble pas. Ma famille... Dans deux jours, mardi douze... Laissa t-elle planer un instant. Dans deux jours, moi, Bean, et Elizabeth, nous introduiront dans Azkaban afin de libérer Redose. Grâce à mon stock de polynectar vierge, nous prendrons l'apparence et la place de deux des gardiens qui iront à la forteresse mardi pour y amener des prisonniers. Déclara t-elle, une main se leva. Comment allez-vous vous y prendre avec les gardiens ? Demande Wolfgang, le fils d'Alexandra et neveu d'Élisabeth.
Élisabeth le pointe du doigt et hoche la tête, elle comptait y venir. L'identité des gardiens d'Azkaban est un secret. Il n'est pas possible pour le grand public de les connaître, autrement ils seraient visés. Seule une poignée de sorciers connaissent leur identité. Les plus hauts-placés au gouvernement, et ceux qui ont quelques chose à faire avec eux. J'ai obtenu l'identité de deux gardiens pour pouvoir les contacter, demain je leur demanderais de m'emmener avec eux pour que je teste un nouveau poison sur un prisonnier. Élisabeth se mit à marcher les mains dans le dos autour du feu. Son plan est très clair dans sa tête, mais peut-être seulement dans la sienne ? Suite à l'entrevue on va les suivre jusqu'à les coincer, on va les neutraliser, les séquestrer, et se servir de leur identité pour accéder librement et sans suspicion à Azkaban. Conclut Élisabeth, Charlie, une boîte de conserve dans la main, en train de manger, se permet d'ajouter des détails. On a pas le choix, il n'y a aucun autre moyen d'accès à Azkaban que la porte d'entrée. Sinon Eden se dirigerait vers Redose, pas vers Rouge. Déclare t-il alors qu'il continue de manger.
Alexandra, la sœur aînée de la fratrie et mère de Wolfgang, est adossée à un arbre les bras croisés, et se permet une remarque. C'est moi et mes jumeaux qui nous chargerons de veiller sur les corps des gardiens neutralisés, on leur administrera une potion d'amnésie et de goutte du mort-vivant. Déclare t-elle à son tour, ses jumeaux, assit près d'elle ont l'air assez confus et agités à la lueur du feu. Visiblement, ils n'étaient pas au courant qu'ils se chargeraient d'une mission aussi importante, et pourtant ils l'auraient fait, même sans savoir pourquoi ou comment. Wolfgang et Jean ont grandis avec leurs cousins, ils sont comme leur propre fratrie, et pourtant ces mêmes cousins sont partis seuls affronter un monstre. Les jeunes adultes se sentent abandonnés, pour autant, rien ne les empêchera d'aller affronter Rouge. Même si Redose n'est pas récupéré, ou s'il n'est pas en état, ils feront tout pour rejoindre Eden, Adonis et Athéna, et les épauler dans ce combat.
Élisabeth s'arrête et reprend la parole. Il y'a cinq énormes bateaux, des galions je crois... Explique Élisabeth. Ce sont les seuls engins capables de naviguer de la côte à Azkaban, et d'Azkaban à la côte, à condition de choisir le bon chemin. Poursuit-elle. Mais seulement un est utilisé en temps normal. Lors de l'émeute de 2016, ils sont tout les cinq partis chargés d'aurors pour mater l'émeute. Poursuit-elle, se mordant la lèvre inférieure. Si ça tourne mal... Commence t-elle. Si ça tourne mal, il faudra empêcher les bateaux de nous rejoindre à Azkaban. Poursuit-elle avant de se reprendre. Esmeralda, Charlie, Alice et Septime se chargeront de surveiller les bateaux, au moindre mouvement louche... Faites ce que vous avez à faire... Conclut-elle finalement.
L'atmosphère devient lourde, et le silence est très loin d'aider. Mais il faut bien un instant de silence avant de se jeter dans la tempête. À la Ruche, chacun à son rôle, mais contrairement à une vraie ruche, les membres ne sont pas définis par ce rôle. Chacun doit accomplir sa tâche, et chacun sait que tout les membres donneraient leur maximum pour ne pas décevoir les autres, la confiance et l'amour qui unit les membres de cette famille sont absolus.
Dernière modification par Redose Omniak le 21 août 2026, 14:14, modifié 1 fois.
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PARTIE 7 : Derniers préparatifs
Le lendemain de la réunion à la Ruche, le lundi 25, Élisabeth retrouvait les trois gardes dans un des bureaux du consilium pour soumettre sa demande d'expérimentation d'un poison sur un des détenus d'Azkaban. Qu'importe bien leur réponse, l'important c'est de pouvoir les localiser et suivre leurs traces afin de mettre la main sur eux. Seulement... Un imprévu s'est glissé lors de leur entrevue. Élisabeth avait prévu qu'ils viennent à deux, et non pas à trois. Ce ne serait pas bien grave si la mission ne consistait pas à les remplacer, seulement c'est le cas. La mission consiste à remplacer tout les gardes présents au rendez-vous pour ne pas paraître suspect. Élisabeth pourrait prendre l'apparence du dernier garde, mais le plan changerait alors radicalement et les gardes ne trouveraient probablement pas d'excuses pour s'entretenir avec détenu.
Le plan d'origine était déjà suffisamment risqué, Élisabeth étant connue comme étant l'épouse de Redose. Il se peut qu'elle invente une histoire uniquement pour le voir, elle ne peut qu'espérer que ce soit le pire scénario que les autres gardes puissent s'imaginer.
Une fois que leur entrevue fut terminée, les gardes s'étaient dirigés vers une taverne à Pré-au-Lard, d'évidence ils n'avaient pas prévus de rentrer chez eux pour la nuit, si tant est qu'ils aient un chez eux. Ils passaient après tout la majeure partie de leur temps dans une forteresse, à jouer aux cartes, manger, dormir, lire, et accessoirement de temps en temps, surveiller les détenus. Ce n'est pas une vie facile, ni une vie propice au développement d'une famille. Une rumeur raconterait même qu'il a été donner comme choix à des condamnés d'être gardien à Azkaban, ou détenu dans la même forteresse. Ce n'est qu'une rumeur, mais c'est dire la sécularité des individus gardant l'endroit. Un endroit sombre dépourvu d'âme, où les gens y coulent des jours horribles. Un endroit totalement coupé du monde, qui n'a même pas de véritable volière car aucun oiseau ne pourrait atteindre l'endroit en un seul morceau, et encore moins revenir de la forteresse. Les seules créatures l'habitant sont des détenus, des gardiens, des détraqueurs et dieu sait quelles autres créatures odieuses, ainsi que des vers et des rats.
L'endroit est tellement isolé que le seul moyen de communication est un mortier lançant des projectiles colorés selon le message à faire passer. Il est probable que les gardiens de la forteresse n'aient d'autre endroit où être, car personne de véritablement sain consentirait à passer autant de temps à Azkaban. Même Élisabeth en tremble de peur, et compte bien passer aussi peu de temps que possible dans cet endroit. Un aller, un retour, ni plus ni moins.
Élisabeth, Bean, et Elizabeth partageaient une boisson non-alcoolisée au bar, à faire mine de partager un moment convivial, à parler de choses et d'autres, quand en réalité chacun d'entre eux balance un coup d'œil rivé sur les trois gardiens toutes les trois secondes. Alexandra, Wolfgang et Jean faisaient les guets à l'extérieur. Des trois, Wolfgang est probablement celui qui a le plus peur. Ce plan était solide, avec des lignes fondamentales bien dessinées, seulement, en raison de la courte durée d'élaboration, il y avait des zones d'ombre qu'ils avaient choisis de ne pas éclaircir pour se concentrer sur des pans plus importants de l'opération. Par exemple, le système qu'utilisent les gardes à Azkaban leur est largement inconnu, Élisabeth a pu obtenir le plus d'informations possibles lors de son entrevue, mais ce n'est pas suffisant, et elle n'a pas eu le temps de les communiquer aux autres. Alexandra balançait de temps en temps un coup d'œil à travers la fenêtre, il commençait à faire froid dehors et elle n'espérait pas vraiment attendre ici deux heures de plus.
Elle remarquait que ces renégats buvaient et buvaient sans s'arrêter, comme s'ils n'allaient pas travailler le lendemain. Remarque, c'est sans doute parce qu'ils retournent travailler le lendemain qu'ils boivent autant. N'importe qui trouverait n'importe quoi pour échapper à Azkaban, il est difficile à croire que qui que ce soit de sain y aille de son plein gré, c'est aussi pour ça que les tentatives d'intrusion sont si rares.
L'aînée de Redose, Alexandra, prit une décision pour peut-être soulager son fils, et tout ceux qui doutent, et sont anxieux. Ceci dit, la décision qu'elle a prit ce soir-là eu assez peu étonnamment l'effet inverse.
Alexandra détacha ses cheveux et lança un sortilège à ses vêtements, elle désirait être... Plus séduisante, plus attirante, plus accessible. Elle détacha ses cheveux et mit un coup de rouge à lèvres. Le charme avait toujours été un don particulièrement appréciée par elle, par elle et ceux qui l'entourent. Le courage en revanche, ce n'est pas quelque chose qu'elle apprécie particulièrement. La mère entra dans la taverne sans adresser un regard aux gardiens, elle s'était assise à une table où elle serait bien visible des gardiens, elle tourna succinctement la tête vers l'un d'eux et lui adressa l'ombre d'un regard. Pourtant, ça avait suffit à le faire s'asseoir à sa table, et les deux autres gardiens suivirent. Puis voilà qu'ils parlaient, et parlaient encore, personne n'entendait le contenu de la discussion, mais au diable la discrétion Elizabeth, Bean, Jean, Elizabeth et Wolfgang avaient leur regard braqués sur elle, absolument confus. Personne n'appréciait plus vraiment ce cliché de la femme fatale, mais il fallait admettre que ça avait le don de marcher à merveille sur ce genre d'individus si facilement influençables. Alexandra n'avait cure du potentiel aspect dégradant, du moment qu'elle arrivait à ses fins, ce qu'elle a toujours su faire avec brio. Obtenir ce qu'elle voulait sans rien n'avoir à donner en retour est probablement l'une de ses spécialités.
Très vite, les gardiens s'emballaient, et Alexandra avait déjà bu deux verres et feignait l'ivresse à merveille. Dans une autre vie elle aurait été actrice, sans doute n'ailleurs n'est-ce pas trop tard. Même s'il était impossible à tout les membres de la Ruche présents d'entendre le contenu de la discussion, les gestes amènent à penser qu'ils invitent Alexandra à monter avec eux, ce qu'elle fit. Wolfgang et sa sœur restèrent dehors, pendant qu'Élisabeth, Bean, et Elizabeth montaient pour suivre Alexandra. S'ils feignaient la fatigue et la paresse au rez-de-chaussée, voilà qu'ils accéléraient dans les escaliers. Alexandra était tout sauf en sécurité seule avec ses trois hommes, en particulier lorsqu'elle paraît aussi ivre.
Les trois sorcières débarquèrent dans la chambre des gardiens et n'avait la vue que sur Alexandra qui se repoudrait littéralement le nez devant son miroir, assise sur un tabouret, tandis que trois corps gisaient au sol parfaitement alignés. Vous en avez mit du temps. Déclare t-elle sans trop leur prêter attention, alors même qu'ils n'ont pas mit plus d'une minute à la rejoindre. Il s'est passé quoi ? Demande Elizabeth, son grand-frère, à la fois confus et fasciné.
Alexandra ferma son miroir et se tourna sur son tabouret pour faire face aux sorciers. Oh tu sais, les hommes. Tu leur demande de s'allonger au sol et de fermer les yeux et ils posent pas de question. Rien de plus facile que de les endormir après ça. Déclare t-elle avec un sourire au coin des lèvres.
Il se trouve qu'Alexandra avait eu pour objectif d'avoir plus d'informations sur la prison.
Normalement les gardiens devraient être des tombes, mais avec un peu de charme ou une bourse bien remplie, rien de plus simple que d'en apprendre plus. Elle profita de ce moment pour partager toutes les informations nouvelles et précieuses qu'elle avait pu recueillir, et déjà les zones d'ombres étaient un peu plus claires. Il convenait tout de même de trouver une dernière personne pour jouer le troisième garde, et c'est Wolfgang qui fut désigné. Il a, comme Eden, étudié à la Grande École de l'Art du Duel et se révèle être un atout de taille. Il n'est clairement pas aussi doué qu'Eden qui n'a jamais perdu un combat, mais son intelligence peut s'avérer précieuse.
Ainsi, Élisabeth récupéra de quoi faire suffisamment de polynectar pour tenir une bonne semaine sans compter les nuits. Ce n'est pas qu'elle comptait passer une seconde de trop dans cette prison, c'est seulement qu'on est jamais trop prudents. Et pour une opération aussi terrifiante que celle-ci, où le plan a été fait trop vite, avec des zones d'ombres et des aléas à chaque coin de la carte, les moments où l'on peut se permettre d'être prudents sont rares, trop rares pour ne pas en profiter.
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PARTIE 8 : Dans la gueule du loup
Élisabeth avait tout, le plan, les préparatifs, les informations, et une famille derrière elle pour la soutenir. Le clan Omniak au grand complet, réuni pour ce jour afin de couvrir les arrières de l'instigatrice de tout ce chaos. Armée de polynectar d'une qualité exceptionnelle et d'une volonté capable de scinder vents et marées, la potionniste se tient fièrement sur le pont du galion qui ne tarderait pas à faire voile. La mer et les vents sont déjà sévères alors qu'ils ne sont qu'à quai, il serait probablement difficile pour elle de rester sur le pont quand l'appareil se mettra en marche, et d'un autre côté sa détermination est à l'instant si forte, qu'elle pourrait rester agrippée à la rambarde même si une armée de sirènes chantaient ses louanges. Ainsi est prête Élisabeth Omniak, la future exilée.
Avant de partir, elle avait mit ses affaires en ordre. Non pas qu'elle ait été originale ou créative d'agir ainsi, toute la Ruche a fait de même, car la Ruche ce ne sont pas des bâtiments mis côte à côte, c'est avant tout une famille. Chacun a eu le choix de partir ou de rester, et il faut croire que l'esprit d'aventure coule dans les veines de chacun des membres du hameau. Ils sont prêts, et bien vite, Elizabeth, sous la forme d'un certain Elton Smith, vint la ramener dans le bureau du capitaine, là où les rares visiteurs s'installent lors de leurs voyages, afin de ne pas offrir aux détenus un dernier contact humain.
Elizabeth, Wolfgang, et Bean, chacun dans la peau d'un gardien, attendaient avec les détenus dans la cale, tandis que le capitaine faisait sonner la cloche signant le départ du galion. Il n'y a plus de retour en arrière, un vieil homme musclé et barbu s'en était assuré en déployant les voiles à l'aide de sa baguette. Élisabeth pendant ce temps devrait patienter seule, dans la cabine du capitaine, pendant environ trois heures à priori. Elle pourrait utiliser ce temps pour se reposer et calmer son anxiété, seulement, elle préféra réfléchir au plan qu'elle utilise. Même si le plan était chaque jour un peu plus clair, il demeurait trop sombre pour pouvoir se rendre à la forteresse l'esprit tranquille. Si personne ne s'y rend de son plein gré c'est pour une bonne raison, cet endroit est l'enfer du Royaume-Uni, et Élisabeth n'est pas folle. Elle est sage, forte, célèbre et courageuse, et c'est toutes ces qualités qu'elle a jouer dans ce pari risqué. Mais ce n'est pas la seule, et c'est bien là son plus grand soulagement : D'éminents personnages tel qu'Elizabeth, ancien professeur de Dragonologie à la Faculté de soins aux créatures magiques, Bean, une sorcière redoutable employant des sortilèges créatifs et redoutables, Wolfgang, un jeune sorcier plein de promesses et dont le cerveau pourrait bien rivaliser celui de Redose ou d'Eden avec le temps. Sans oublier Alexandra et Jean, deux sorcières perspicaces et débrouillardes pouvant créer des illusions presque parfaites, ou Esmeralda et Charlie, des sorciers spécialisés dans les sortilèges de protection. Citer tout les membres de la Ruche est long, mais le faire apporte un réconfort et un regain d'énergie impressionnant à Élisabeth. En se souvenant de tout ces noms, elle se souvient qu'elle n'est pas seule, et qu'elle ne le sera jamais plus.
Élisabeth profita de ses trois heures dans la cabine pour réfléchir, réfléchir et réfléchir encore jusqu'à être soulagée un tant soit peu du poids de l'inconnu qui pèse sur ses épaules et sur son avenir. La jeune femme fut invitée par le directeur en personne à prendre le thé en attendant la nuit où elle pourrait choisir une cellule et faire ses expériences. Le directeur taquina avec suspicion Élisabeth tout le temps qu'elles ont passées ensemble, il semblerait qu'elle se méfie d'elle, quoi de plus normal pour la directrice d'Azkaban après tout, de se méfier de la femme de Redose Omniak, un criminel détenu ici qui a miraculeusement survécu malgré son piteux état quotidien.
Vint enfin le moment choisir son détenu, et la directrice insista pour accompagner Élisabeth, déjà accompagnée de Bean et de Wolfgang, Elizabeth étant resté avec les autres gardiens pour ne pas éveiller les soupçons, et car deux gardiens et la directrice suffisent à escorter un visiteur. Enfin bon, vous voyez ce que je veux dire n'est-ce pas ? Le consilium attend des choses de moi et je peux rien leur répondre à part "duuuh" Rebecca Stronghold semblait s'être lancée dans une sorte de monologue avec Élisabeth. Elle parlait et parlait et parlait sans s'arrêter, sans respirer, elle débitait et Éli commençait presque à croire que sa couverture était grillée. Que Rebecca avait vu à travers eux et qu'elle essayait de les faire craquer. D'autant qu'elle ne contrôlait pas le volume de sa voix, même pas un peu. Je veux dire, la prison est parfaite comme elle est il y'a rien à améliorer, ça doit être pareil pour vous, non ? Aucun besoin d'expérimenter un nouveau poison alors que tant existent déjà. Élisabeth acquiesça par réflexe, avant de se rendre compte de ce que ça pourrait vouloir signifier. J'ai raison, n'est-ce pas, donc vous n'avez aucune raison d'être ici, je me trompe ? Conclut-elle sur un ton bien moins amical et sympathique, bien plus froid et calculateur, elle cherche à faire répondre quelque chose en particulier à Élisabeth.
Le regard de Rebecca était planté dans celui d'Élisabeth alors qu'ils arrivaient au huitième étage, le supposé étage où Redose est enfermé. N'est-ce pas... Répète Rebecca, un regard si intense porté sur Élisabeth de son seul œil visible qu'elle aurait l'impression d'être observée par le soleil lui-même. Élisabeth s'arrêta brutalement et se tourna entièrement vers Rebecca. Je suis là pour voir mon mari, Redose Omniak. Lance froidement Élisabeth à Rebecca. La directrice resta bouche bée un instant, et Élisabeth continua à marcher, guettant à chaque cellule une trace de son mari avant que finalement Wolfgang ne s'arrête, signe qu'il a repéré Redose. Bean ouvrit la porte d'un coup de baguette, mais Rebecca la claqua immédiatement d'un coup de la sienne. Je comprends, vraiment. Vous avez des privilèges et vous voulez en profiter, mais- Elle fut coupée par un sortilège de stupefixion de la part de Bean. Sans discuter cet acte, Wolfgang ouvrit la porte, et finalement Élisabeth pouvait le retrouver.
Elle s'attendait à retrouver un homme aux portes de la mort, ou un Redose surexcité de la voir, ou quoique ce soit entre les deux. Au lieu de quoi elle faisait face à l'homme au regard le plus noir et pourtant le plus vide qu'elle n'ait jamais vu. C'était bien son mari, la même carrure, le même visage uniquement discernable grâce à la lanterne à la lumière intense. Mais en même temps, ce n'était pas lui, pas vraiment, ou pas entièrement, probablement un morceau de lui, peut-être le pire. Il se tenait là, debout face à elle, adossé contre le mur opposé à la porte. Les bras croisés, un pied sur le mur, comme s'il s'attendait à cette visite. Tu m'as manqué, princesse. Dit-il dans un murmure à peine audible.
Dernière modification par Redose Omniak le 20 août 2026, 22:58, modifié 1 fois.
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PARTIE 9 : Déception
Redose se tenait là, juste devant elle, il était à la fois debout et conscient. C'était sa voix, son visage, et son cœur qui battait là, dans sa poitrine. Élisabeth aurait voulu le prendre dans ses bras, et c'est ce qu'elle fit. Elle fit quelques pas rapides vers son mari et colla son corps contre le sien, portant sa tête au creux de son épaule. Elle l'avait trouvé, enfin, même si son corps était plus froid qu'avant, et la sensation qu'il donnait plus sombre qu'avant, c'était lui.
La jeune femme se retira quelques secondes de l'étreinte pour le contempler, ou plutôt pour l'examiner. Il faut qu'on parte. Lance t-elle dans un murmure. Non. Répondit l'homme sans hésitation. Cette réponse semblait tellement grotesque qu'Élisabeth ne l'avait même pas appréhender, elle prenait le poignet de Redose et s'en allait, mais celui-ci restait solide sur ses appuis et dégagea sa main, presque avec brutalité.
Élisabeth n'était plus vraiment sûre de reconnaître l'homme qu'elle avait épousé. Quoi ? Demande t-elle, les battements de son cœur se faisant plus intenses. J'ai dis non. Répète le détenu, pourtant il lui serait si simple d'accepter et de s'en aller. N'importe qui dans cette prison aurait probablement accepter immédiatement, sans poser de questions. Ici le moindre espoir est étouffé aussi sec, pourtant l'espoir c'est bien la seule corde qui peut maintenir un homme debout. Redose retourna s'adosser à son mur les bras croisés. Toute la Ruche... Non. Tu viens, t'as pas le choix. Lance Élisabeth à l'attention de son mari. Celui-ci relève à peine la tête. Emmenez-moi par la force et je reviendrais. Déclare t-il, presque fièrement. Avec une arrogance à peine dissimulée. L'homme semblait encore plus entêté qu'avant, et les questions se faisaient lourdes dans la tête des briseurs de chaînes.
Cette prison est considéré comme un enfer, personne ne voudrait y aller de son plein gré, une personne qui s'en échapperait essaierait toute sa vie de s'éloigner le plus possible de cet endroit maudit. Mais Redose semble être le seul bourricot d'âne bâté suffisamment stupide, arrogante, et têtue de cette prison. C'est aussi le seul qui a le luxe de pouvoir la quitter en passant par la grande porte, sans fournir aucun effort. Wolfgang de son côté se doutait que son oncle avait à faire ici, mais quoi ? L'énigme demeure complète et totale. Il n'y a rien à faire ici, Wolfgang et Bean avaient passés la journée parmi les gardes, ils savent que cette prison n'est rien de plus qu'un tombeau colossal où on vient y couler ses derniers jours dans la peur et le désespoir le plus total. Personne ne voudrait rester ici, personne n'a rien à faire ici, et pourtant Redose agit comme s'il échappait à cette règle.
La seule hypothèse qui venait à l'esprit du jeune homme. On l'a perdu... Il a sombré dans la folie. Redose se décolla du mur et s'approchait lentement du jeune homme alors que celui-ci exposait sa théorie. Le seul moyen qu'il a eu de survivre c'est de réduire le monde entier à cette prison. Poursuit-il, l'air paniqué. Il croit qu'il n'y a plus que ça sur terre, c'est comme le syndrome de Stok- Commence t-il avant d'être coupé par le poing de son oncle décoché dans son ventre.
Le garçon s'écroule et tombe sur ses genoux, se tenant le ventre comme si l'homme qui venait de le frapper ne venait pas de passer cinq ans apeuré, désespéré, mal nourri, mal logé, et fatigué. Bean bondit sur son neveu pour le plaquer contre un mur, l'avant-bras sur le cou. Un poing armé. Tu joues à quoi ? Lui demande t-elle, même elle qui tournait tout à la dérision n'arrivait pas à garder son calme. Redose leva les mains en signe de paix, et Bean le lâcha.
La respiration de cette dernière se faisait difficile, la colère réprimée lui brouillait l'esprit. Redose avait frappé Wolfgang, il avait refusé de partir alors que toute la Ruche était prête à sacrifier leur foyer pour lui. Lui fait preuve du plus grand manque de respect en refusant.
Élisabeth pour sa part n'a pas réprimer sa colère, et décocha un coup à la mâchoire du détenu, mais celui-ci ne flancha pas, il se contenta de regarder du coin de l'œil sa femme alors qu'un poing est toujours logé dans sa joue. Élisabeth recula à son tour, à côté de Bean, voilà que sa respiration à elle aussi devenait difficile. Cet homme n'avait rien à voir avec l'homme qu'elle avait retrouvé après des semaines de torture, pourtant, cet endroit était bien plus terrible et si elle n'en savait pas tout, elle s'en doutait au moins. La jeune femme refusait que tout leurs efforts aient été vains. Redose... Je t'en prie... Commence t-elle.
Elle n'avait plus vraiment son mari en tête, tant pis si c'était une cause perdue, mais ses enfants eux sont toujours dans la nature, et la Ruche a mobilisé toute son énergie à le faire libérer. Il est vivant, il est conscient, donc il est utile. Repartir les mains vides serait un plus grand échec encore que repartir avec ce Redose à l'ouest. Il faut qu'on par- Commence t-elle, mais elle fut couper par un mot sèchement délivré. Non. Lâche t-il comme un coup de canon au moral de Bean, d'Élisabeth, et de Wolfgang.
Élisabeth connaissait une vague de confusion et de déception si intense, que sa mâchoire tomba simplement, Bean pour sa part peinait à rester debout, dire que tout ces efforts ont été gâchés par l'entêtement du plus borné de tout les Omniak, de tout les détenus de cet enfer, peut-être même de tout les sorciers vivants et morts. Le ciel serait maudit d'avoir mit au monde un enfant si terrible. Élisabeth voulu questionner ce choix, mais Redose ne lui en laissa pas le temps. J'ai promis aux autres que j'allais les libérer. Commence Redose, la tête de Bean et de Wolfgang se relevait pour voir la détermination dans son aura.
L'homme s'asseyait là où il y'a encore quelques minutes il était adossé. Éli, tu retourneras à quai, toi et qui tu veux prenez les cinq bateaux et ramenez-les ici. On va prendre la forteresse, puis aller au Canada. Si ses expressions faciales et corporelles semblait refléter un esprit sain, ses mots n'avaient absolument aucun sens et sonnaient fous dans les oreilles des délivreurs. Aller au Canada ? Prendre les bateaux ? Prendre Azkaban ? Tout ça ne fait aucun sens, Redose semble délirer. Élisabeth sombrait un peu plus à chaque mot prononcé par le détenu, d'évidence, il est resté trop longtemps ici. Ensuite on ira trouver Eden, Adonis, et Athéna. Poursuit-il, et ces mots faisaient l'effet d'un coup de marteau sur l'enclume, il n'y avait aucun moyen pour lui de savoir que ses enfants s'en étaient allés. Peut-être n'était-ce qu'une coïncidence, mais qu'il dise ça... Maintenant... Alors que c'est justement l'élément déclencheur de cette évasion... On les rattrapera avant qu'ils n'atteignent Rouge. Et d'une phrase ça ne faisait plus aucun doute, ce n'était pas une coïncidence, l'homme savait. Comment il le savait, pourquoi un plan si complexe, que se passe t-il dans son esprit, qui est-il. Tant de questions qui devaient rester sans réponse pour l'instant. Tant de frustration. Ensuite on affrontera Rouge. J'ai promis une terre où vivre à mes camarades en plus de la liberté. Élisabeth avait également fini par s'effondrer sous le poids des mots de cet homme qui semblait mêler la folie au sacré. Le prix à payer sera la victoire. Conclue-t-il sur un ton froid et certain.
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Le heaume rouge
PARTIE 10 : Retour au bercail
Les trois personnes qui étaient censés délivrer Redose avaient l'impression d'être ceux qui étaient réellement détenus. Lui était calme, posé, et donner des ordres comme si ce plan était le sien depuis le début. L'homme semblait convainquant et sûr de lui, pourtant ce qu'il racontait était tout bonnement inconcevable. Certes les bateaux ne sont pas vraiment surveillés ni protégés puisque personne au monde ne voudrait aller à Azkaban, mais tout ce qui suit est fou. Se rendre au Canada n'a littéralement aucun intérêt et il est très peu probable que les jeunes adultes s'y trouvent, et s'ils s'y trouvent alors comment Redose pourrait le savoir, comment pouvait-il même savoir dans un premier temps qu'ils étaient partis à la poursuite du heaume.
Après s'être évertué pendant des jours et des heures à éclaircir les zones d'ombre du plan, Redose en créait et désirait en créer d'autant plus. Il paraissait être un joueur d'échec qui déplace ses pions comme bon lui semble, mais les membres de la Ruche ne sont pas des pions.
Élisabeth décida d'ouvrir le dialogue. Tu en demandes trop... On ne pourra jamais faire tout ça... Essaie t-elle de le convaincre, ou de se convaincre. C'est pour ça que t'es venu ? Pour abandonner ? Redose agissait avec un comportement irritant, il n'est pas le chef, il n'est que l'idiot qui a fini en prison pour des crimes qu'il n'est pas censé avoir commis. Écoute- Commence Élisabeth avant d'être coupée. C'est toi qui va m'écouter. Déclare Redose. Ça fait quoi, deux semaines que vous préparez votre plan. L'homme se redressa et appuya son regard et son ton. Ça fait cinq ans que je prépare le mien, moi et les neuf-cents autre détenus. Poursuit-il. C'est la dernière ligne droite, tant pis pour la discrétion, il suffit de ramener les bateaux ici et ils n'auront aucun moyen de nous rattraper. Conclut Redose. Élisabeth était un peu plus convaincue, mais demeure dubitative, quand Wolfgang n'y croit pas du tout et Bean accepterait ce pari risqué. Et ensuite quoi ? Ils pourront plus à accéder à Azkaban, mais nous on sera coincé sur la forteresse, au cas où tu l'aurais oublié les bateaux ne peuvent emprunter qu'un seul chemin. Si on ramène les bateaux, ce sera un aller sans retour, ou un retour suicidaire. L'épouse raisonnée essayait de débattre avec ce qui était vraisemblablement une pierre. Aucun mot n'atteignait Redose, il se contentait d'appuyer son regard sur elle. Il y'a des choses que tu ne sais pas... Je peux pas te demander de me faire confiance... Commence l'homme avant de porter à sa femme un regard plus tendre. Fais-toi confiance. Lui demande t-il finalement.
Élisabeth se contenta de hocher la tête et sorti de la cellule, n'adressant pas un dernier regard à Redose, resté à l'intérieur. Bean ferma la cellule d'un coup de baguette, et si la marche à suivre semblait évidente pour Redose, elle ne l'était en aucun cas pour ceux qui avaient assistés à la scène.
Bean se tourna vers Élisabeth comme un enfant vers sa mère. On fait quoi maintenant ? Demande Bean à voix basse, pour que personne d'autre n'entende, pas même Redose. Élisabeth lança un dernier regard à la porte de la cellule de Redose, puis à Rebecca Stronghold, la directrice de la prison endormie à ses pieds. Bean, fais-lui croire que j'ai testé un poison sur n'importe quel détenu et que ça a foiré, puis toi, Wolfgang, lance lui un imperio et raccompagne la à ses quartiers. Wolfgang semblait réticent, mais le ton employé par Élisabeth ne laissait pas vraiment de place au doute, elle était confiante et sûre d'elle, la marche à suivre semblait claire dans sa tête. Si ce n'était pas le cas, ça en avait au moins l'air.
La potionniste repris le bateau, accompagné de deux autres gardes, des gardes qu'elle ne connaissait pas. Elle avait laissé à Wolfgang, Elizabeth et Bean suffisamment de polynectar pour rester sous leur forme une bonne semaine, mais elle ne comptait pas s'attarder au pays bien longtemps.
Si Redose est aussi sûr de lui, alors elle suivrait son plan. C'est ce qu'on son intention lui dicte, cependant, elle ne compte pas suivre ce plan à l'aveugle. Si elle le suit, ce sera selon ses règles, ses conditions, et ses précautions. Se mettre tout un pays à dos ce n'est pas rien, et on ne peut se permettre une telle folie sans prendre un minimum de précaution. Redose voulait faire embarquer plus de neuf-cents personnes, et jusqu'au Canada. c'est un trajet qui pourrait prendre deux semaines. Il est hors de question de ne pas se préparer un minimum, même si ça prendrait quelques jours. Après avoir expliquer la situation aux membres de la Ruche présent au quai, Élisabeth s'en alla seule mener ses propres affaires, demanda des services à droite à gauche : À Esmeralda de trouver des vêtements et du tissu lourd tenant chaud, à Charlie de trouver du matériel en tout genre, à Alexandra de trouver de la nourriture qui se conserve, et beaucoup d'autres services encore. Les informations se répandaient à travers la Ruche comme une traînée de poudre, et Élisabeth de son côté semblait demeurer introuvable
Seulement, la mission qu'elle s'était confiée était simplement la plus périlleuse, et elle était la seule à pouvoir l'accomplir. Il s'agirait de s'emparer de toutes les baguettes confisquées aux détenus d'Azkaban et conservés dans un des départements du consilium. Ainsi, s'il se trouve que les autorités du Royaume-Uni, du Canada, ou quiconque encore cherche à s'en prendre à eux, il n'y aurait pas que la Ruche qui sera apte à se battre. Ils seraient une armée. Celle d'Azkaban.
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Le heaume rouge
PARTIE 11 : Intrusion au Consilium
Alors que les membres de la Ruche étaient occupés ailleurs à récupérer de l'argent, des vêtements, de la nourriture, et tout ce qui serait nécessaire pour ce long périple en mer qui les attend et pour leur installation sur une terre qui leur est encore inconnue, Élisabeth pour sa part était occupée ailleurs. Malgré les événements mouvementés ayant pris place durant la nuit, elle ne pouvait pas se permettre de perdre du temps pour encaisser les choses, ni pour dormir, manger, ou n'importe quoi qui n'ai rien à voir avec le plan. Elle pourrait faire tout ça plus tard, quand tout sera fini. Pour l'instant, elle doit mener sa mission à bien, même si c'est loin de la ravir.
Libérer Redose est une chose, elle connait son innocence. Elle aurait également pu libérer Bellamy bien qu'un seul évadé est une chose, deux c'est plus compliqué pour le plan prévu à l'origine. Mais libérer tout Azkaban, plus de neuf-cents personnes dont elle n'est convaincue de l'innocence que de l'un d'entre eux. Ces gens sont peut-être bien les plus grandes crapules du Royaume-Uni, ayant commis des monstruosités sans nom, ayant vécu seuls dans la peur et le désespoir pendant si longtemps, que s'ils n'étaient pas des monstres avant d'entrer à Azkaban, qu'ils le sont peut-être maintenant.
Et l'éventualité que Redose soit dans ce cas n'échappe pas au maître des potions du Royaume-Uni, c'est une éventualité envisagée très sérieusement. C'est pour cette raison probablement que Redose ne lui a pas demandé de lui faire confiance à lui, mais de se faire confiance à elle.
Chose qu'il lui répétait depuis longtemps, au moins depuis l'adolescence. Et peut-être bien qu'il la manipule, mais chaque fois qu'il lui a dit de se faire confiance et qu'elle l'a fait, elle a réalisé des prouesses. Son intuition s'est aiguisé avec l'âge, et elle regretterait de pas saisir cette chance. Peut-être bien qu'elle court à sa perte, mais Élisabeth a toujours apprécié le feu des projecteurs, c'est une maigre consolation pour ce qu'elle s'apprête à faire, mais si elle se fait connaître comme la briseuse de chaîne, celle qui a fait libérer plus de neuf-cents personnes d'Azkaban, le fléau du Royaume-Uni, elle n'en manquera plus jamais une pour s'en vanter.
La jeune femme entrait comme elle le faisait régulièrement au Consilium, mais au lieu de se rendre au département des potions où elle a quelque chose à y faire, elle se rendait au département des objets magiques confisqués. Il s'agit de l'un des plus gros départements du Consilium, peut-être même le plus gros, il occupe une très large partie des souterrains. C'est dans ce département que sont entreposés tout les objets magiques confisqués à l'occasion de condamnation, de saisines, de remises volontaires et un tas d'autres raisons pour laquelle des objets sont retirés de la garde de leur propriétaire d'origine. Soit car l'objet est interdit comme pour un artefact de magie noir, soit car le propriétaire n'a plus le droit de le posséder comme pour la baguette d'un détenu, dans certains rares cas, un objet est spécifiquement interdit pour une personne spécifique.
Dans cet immense département, il devrait y avoir une section spéciale consacrées aux détenus d'Azkaban dans la section plus grande des baguettes confisquées. Élisabeth n'avait mit les pieds dans ce département que pour étudier des potions, poisons, et ingrédients confisqués à leur propriétaire afin de voir si il pouvait en être tirer quelque chose. Si sa mémoire est bonne, rien ne permettait de se repérer à l'intérieur du département, et l'endroit était peu gardé puisque l'accès était déjà suffisamment restreint, notamment par les aurors du Consilium et par les dispositifs nécessitant un certain statut pour permettre le passage. Par chance, Élisabeth bénéficiait de ce statut, avec un peu plus de temps elle se serait mieux préparée, mais elle devrait jouer avec les cartes qu'elle a.
Après une dizaine de minutes à se perdre de part et d'autre de ce labyrinthe avec sa grosse valise, un homme l'arrêta finalement. Mademoiselle Omniak. Dit-il d'une voix maigre abîmée par le tabac.Que faites-vous ici ? Lui demande t-il, les mains sur la ceinture comme pour se donner un air cool et compétent.
Je cherche la section de confiscation des baguettes spécifique à Azkaban. Lui avoue t-elle, en croisant les doigts pour qu'il la guide sans poser de questions. Seulement, une expression confuse apparu sur le visage de l'auror. Mais vous n'avez pas le dr- Commence t-il, s'arrêtant instinctivement car Élisabeth venait de sortir sa baguette. Il avait la main sur le pommeau quand elle avait déjà la sienne pointée sur lui, pour finalement lui lancer l'imperium sans que l'homme n'ait vraiment eu le temps de réagir.
Élisabeth rangea sa baguette immédiatement. Amène moi là où les baguettes des détenus d'Azkaban sont entreposés. Exige t-elle, ce à quoi l'homme hoche la tête sur un sourire benêt alors qu'il ouvre la marche sur une silhouette un peu courbé, particulièrement molle. Contrastant significativement avec son allure lorsqu'il était conscient.
La potionniste se contentait de le suivre alors que l'auror la guidait, ce département était décidemment et véritablement labyrinthique, y marcher commençait à la fatiguer, et en même temps il y'avait tellement de sections fascinantes ici. Il y'avait des sections de sections, rien ne semblait faire de sens dans l'organisation de cet endroit et on aurait pas pu en espérer plus du plus gros département du Consilium. Cinq minutes plus tard, la jeune femme se trouvait dans la section qu'elle cherchait, il n'y avait pas que des baguettes, il y'avait aussi des catalyseurs étrangers bien qu'ils étaient rares. Il y'avait également des bijoux, des artefacts, et même une masse de fer d'au moins deux mètres, elle se demandait si ça entrerait dans la cheminée.
Élisabeth posa sa valise au sol, et l'ouvrit. Des flammes vertes émeraudes en jaillissaient, et la femme y plongea sa tête. Jean, t'es là ? Demanda t-elle, après quelques secondes sans réponse Jean apparu enfin dans son champ de vision, elle se mettait à quatre pattes au dessus de sa valise. Élisabeth n'avait pas trouvé de meilleur moyen pour récupérer les catalyseurs que de les faire passer à travers une valise cheminette et que quelqu'un de l'autre côté, avec l'autre valise cheminette, récupère tout ça et les fasse entrer dans des sacs sans fond. Ainsi, Élisabeth n'aurait pas à quitter la section avec quoique ce soit que sa valise. Cette méthode permet également de détourner les restrictions anti-transplanages. Lorsque des perquisitions ont été menées chez Redose, les aurors n'ont pas pris tout ses artefacts. Ils n'ont pas prit les objets à l'apparence commune, ou dont la magie était renfermée à l'intérieur de l'objet plutôt qu'à l'extérieur. J'suis là tata ! Répondit Jean au rendez-vous.
Élisabeth se lécha la lèvre inférieure, elle n'aimait pas être vulnérable. Bien, je vais t'envoyer une montagne d'objets, ne reste pas proche de la valise, contente toi de les diriger dans les sacs. Ordonne t-elle avant de voir Jean s'éloigner.
Élisabeth retira aussitôt sa tête de la valise, l'auror était toujours là, sous imperium, et ils étaient seuls. Fais en sortes que personne ne s'approche. Ordonna le maître des potions, l'auror hocha la tête sur ce sourire toujours aussi benêt avant de s'éloigner.
Normalement, tout devrait bien se passer. Jean est précise et rapide, les sacs appartiennent à Bean et sont fait pour préserver les objets qui y sont mit grâce à un système complexe qu'elle n'a pas prit la peine d'expliquer en détail. Élisabeth sorti sa baguette, ferma les yeux pour se concentrer, et prit une grande inspiration. D'un geste de la main, elle sortait tout les casiers transparents de leur rangement, et au-dessus d'elle, ils flottaient. Des casiers les plus gros aux plus petits, baguette, bijoux, outils, armes, tous étaient dans des casiers nommés et tous flottaient jusqu'à former une sorte de ligne serpentine à mesure que la sorcière bougeait sa baguette pour leur donner la forme d'un corps de serpent d'un diamètre pouvant passer à travers la valise. Ce n'était clairement pas un exercice facile, non. Cette manœuvre était particulièrement fatigante, difficile, et presque douloureuse. Il est plus difficile de déplacer un gros objet qu'un petit, il est plus difficile de déplacer une dizaine de petits objets qu'un gros.
Et là elle s'apprêtait à déplacer des centaines d'objets.
Élisabeth leur avait donné la forme d'un corps de serpent pour qu'il soit plus simple pour Jean de les manipuler à son tour, elle n'aurait qu'à visualiser le serpent entrer dans le sac.
En définitive, la potionniste devrait faire la majeure partie du travail, car c'est l'aînée, car c'est son plan, et car c'est sa volonté. Elle abaissa ses mains tremblantes avec difficultés sur la valise pour envoyer une première salve d'objet. Après une minute, Jean confirma que c'était bon, et elle répéta l'opération autant de fois que nécessaire.
Au bout d'une vingtaine de minutes, elle en avait enfin fini, exténuée d'avoir maintenu l'impérium et d'avoir réalisé cette opération, elle devait maintenant disparaître d'ici.
Son regard se porta à droite de l'allée, puis à gauche, et il semblait maintenant évident que ce ne serait pas si facile finalement. L'auror n'était plus sous impérium, et il était accompagné d'au moins une dizaine d'aurors d'un côté, et une quinzaine de l'autre. Peut-être bien que faire léviter autant d'objets n'est pas une très bonne idée. Mais elle s'y attendait, seulement elle ne s'attendait pas vraiment à réussir avant de se faire arrêter. Elle pensait qu'elle n'arriverait pas à la moitié, elle a définitivement eu beaucoup de chance... Mais maintenant, elle est totalement épuisée, probablement incapable de lancer un dernier sort. Rends-toi t'es cernée ! Serait-ce la fin ?
L'auror victime de l'imperium n'avait pas vraiment de manières avant, mais là c'est pire. Il avait l'audace de l'appeler "mademoiselle" au lieu de "madame" et voilà que maintenant il est rouge et la tutoie. Sans doute a-t-il honte ? Qu'importe au final, ce n'est pas vraiment le sujet.
Les aurors avançaient lentement vers Élisabeth, baguettes vers elle, s'ils n'ont pas encore lancé de sort c'est probablement car ça semble tellement impossible venant d'elle d'avoir commis une telle infraction... Il n'y a aucune raison pour une personne aussi célèbre de tout abandonner et pour quoi ?
Les aurors avaient peur de faire un faux pas, et de l'arrêter alors qu'elle est innocente, ou de subir ses représailles, ou de la blesser alors qu'elle est manipulée. Tant qu'elle n'a pas sa baguette en main, elle est inoffensive, donc inutile de l'attaquer. Heureusement pour elle, elle avait rangé sa baguette, et instinctivement elle sauta dans la valise à pieds joints et les bras le long du corps. La jeune femme disparaissait dans les flammes émeraudes de la valise sous les cris et les sortilèges au dessus d'elle. Une fois de l'autre côté elle ordonna à Jean qui était resté là, assise à côté des sacs. DÉTRUIT ! Lance t-elle à bout de souffle.
Jean n'attendu pas un deuxième ordre avant de lancer deux sorts, un pour éteindre la magie contenue dans la valise, et l'autre pour détruire la valise comme l'a ordonné sa tante. La jeune femme vint immédiatement porté secours à sa tante qui était à terre, à observer les sacs, et porta sa main à son épaule pour l'aider à se relever. Seulement cinq sacs ? Demande t-elle à Jean. Bean a vraiment des artefacts efficaces. Déclare t-elle avec le sourire.
La potionniste se trouvait à la ruche, les aurors ne tarderaient pas à venir. Normalement toutes les affaires importantes avaient déjà été déplacées, Élisabeth ne retourna chez elle que pour prendre une potion revigorante. Elle ne devrait plus forcer sur la magie. Maintenant, les aurors savent deux choses. Élisabeth s'est rendu coupable d'une infraction majeure, et elle a volé toutes les baguettes confisquées aux détenus d'Azkaban, ainsi que tout les catalyseurs et autres armes et outils. Cela ne pouvait signifier qu'une chose pour les aurors : Élisabeth prévoit de se rendre à Azkaban et de libérer tout le monde. Ou d'au moins semer la zizanie, qu'importe, son voyage de la nuit dernière n'est pas anodin, et qu'importe qu'elle soit manipulée, le fait est là, et la sécurité sera intensifiée au quai où les galions sont ancrés. Du moins, elle sera intensifiée quand l'ordre sera donné. La Ruche ferait mieux d'être plus rapide que les autorités sorcières britanniques.
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PARTIE 12 : Fuir pour toujours
Élisabeth et Jean s'était mise en marche pour rejoindre le quai menant à Azkaban, le réseau de cheminette n'est plus aussi sûr et les magic'ports sont à éviter. Il ne restait aux jeunes femmes qu'à faire des sauts de transplanage. Jean est précise, mais elle n'est pas pour autant endurante, et Élisabeth doit éviter d'utiliser la magie. En définitive, le péril est loin d'être derrière elles.
Malgré le défi et la dangerosité que ça représentait de se rendre au quai, les femmes réussirent, malheureusement ce ne fut pas sans peine. Arrivé au quai, il apparaît deux choses : Jean a perdu une jambe et un œil, et un combat a lieu au niveau du quai, à seulement une trentaine de mètres d'elles.
La priorité est donnée à la jambe de Jean, Élisabeth la cherchait autour d'eux, elle savait gérer une désartibulation même si c'était loin d'être le moment, il fallait absolument qu'elle se dépêche de rattacher la jambe et l'œil et de se rendre aux bateaux. Reste allongée. Lui ordonne Élisabeth, alors que Jean de toute façon ne pourrait se mettre debout même si elle le voulait, puisqu'il lui manque une jambe.
La potionniste finit par tomber sur l'œil, et la jambe n'était pas très loin derrière, elle avait déjà eu l'occasion de gérer ce genre de problèmes plusieurs fois avec Adonis, et quelques rares fois avec Wolfgang. Il suffisait d'opérer des soins rapides pour ne garder aucune séquelle, et Élisabeth avait étudié à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques.
Le plus gros problème pendant qu'elle administré les soins qu'elle pouvait sans son équipement et avec une magie diminuée, c'était de rester concentrée sur les soins alors qu'il y'avait une bataille opposant ce qui semblait être des aurors d'un côté, et des membres de la Ruche dont Alexandra et Septime de l'autre. Il est peu probable qu'Élisabeth soit responsable de cette rixe, en particulier parce qu'Alexandra, Septime, et d'autres membres de la Ruche difficilement identifiable ne se trouvent pas à quai, mais sur les bateaux. Progressivement, ils sont rejoints par d'autres membres de la Ruche à bord des bateaux, ils transplanent depuis le quai après avoir lancés quelques sorts en direction des aurors. Élisabeth et Jean ne pourraient pas les rejoindre. Pas avec quatre sacs, une sorcière à terre, et une autre au bord de l'écroulement.
Alors qu'aux yeux de la mère les choses semblaient se compliquer voire se compromettre pour elle et son plan, elle sentit une main lui agripper le col, puis elle transplana. Elle se trouvait désormais sur le bateau, c'était forcément un membre de la Ruche qui avait fait ça, et en tournant la tête elle découvrait Esmeralda qui ne lui accordait même pas un regard, et qui se contentait d'aller aidé à l'arrière du bateau à repousser les aurors. Très vite, Jean arrive dans les bras d'Alice qui marche dans l'air pour rejoindre le bateau, sage décision pense Élisabeth, à quatre pattes sur l'un des bateaux. Elle pu jeter un coup d'œil au sac juste avant qu'ils ne soient choppés et apportés sur un autre bateau par Octave.
Les bateaux se remplissaient à vue d'œil des membres de la Ruche qui, d'évidence, dominait en nombre les aurors. Un cri retentit, et les voiles d'un bateau se déployèrent. Puis celle d'un autre, et encore un, puis finalement le dernier. Les cinq bateaux étaient en marche. La magie permettait aux membres de la Ruche de diriger les bateaux, il n'y avait pas besoin de cinq capitaines, seulement d'un, Octave, le fils d'Alexandra et frère de Septime. Les membres de la Ruche avaient finalement réussis à quitter le quai, à priori ils étaient au complet, certains étaient blessés, mais seulement de maux mineurs. Rien qui ne soit un problème pour les quelques médecins que comptait la Ruche.
Élisabeth regardait la terre disparaître à l'horizon. Elle, elle et la Ruche, venaient de quitter leur foyer, d'abandonner ce pays, et pour quoi ? Une personne, quatre personnes si la chance leur sourit, et une guerre contre un casque. La situation était plus que ridicule, mais le clan semble avancer comme un seul homme. Redose, les enfants, et Élisabeth auraient sans doute eux-mêmes tout abandonner pour une telle cause. Mais ça fait tout de même étrange, de partir ainsi, et de se dire que l'on est pas bienvenue sur cette terre... Si la Ruche est née, à l'origine, c'est justement pour des gens qui n'étaient pas bienvenues. Des enfants sans parents ni école, des nomades sans passé que tout le monde trouve étrange, des moldus rejetés par leur monde et des sorciers insultés par le leur... Dire qu'ils ont déjà été les bienvenus sur cette terre serait une insulte à leur histoire, à chacun d'entre eux.
Alice, le dernier enfant d'Alexandra, aidait Élisabeth à se tenir sur le bateau, mais les vents devenaient trop violents à mesure qu'ils avançaient, la mer était infernale, et il n'était plus question de rester sur le pont si on a rien à y faire. Elle amena Élisabeth dans la cabine du capitaine avec les moldus présents sur ce bateau et retourna voir son frère Octave, qui dirigeait le bateau avec force. Élisabeth... Interpelle Maria, la tante moldue de Redose qui s'était assise sur le canapé avec son chat. Où irons-nous ensuite ? Lui demande t-elle comme si c'était toujours Éli aux commandes, et non pas la mer. On verra... Lui répond l'ancienne maître des potions du Royaume-Uni, sur un ton qui veut tout et rien dire. Elle a fait sa part des choses, elle et la Ruche, c'était à Redose de faire la part des siennes.
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CHAPITRE 8 : La captivité du lion
PARTIE 1 : Le projet Étoile
Dans la nuit, Redose avait reçu la visite de Wolfgang, de Bean, et d'Élisabeth. Surtout d'Élisabeth. Sa venue annonçait le lancement du projet Étoile, le nom qui avait été donné à l'évasion d'Azkaban. Un projet dont la réalisation reposait uniquement sur Élisabeth, sa bonne volonté, et un paquet de chance. Veritas avait permis à Redose d'apprendre l'un des avenirs possibles, l'avenir dans lequel Élisabeth le libère de sa cage après cinq ans de captivité. La déesse avait également permis à Redose d'apprendre l'avenir dans lequel Rouge réunit des troupes et des forces pour accomplir Dieu sait quel dessein.
En sortant de sa cellule, le garçon fut immédiatement pris sous le bras de Bellamy. Dis, j'ai entendu des voix cette nuit... Chuchote Bellamy à Redose alors que tout les deux se dirigent vers la grande salle pour prendre leur petit-déjeuner. C'est aujourd'hui. Répond Redose sans adresser une quelconque attention à son père. Celui-ci semblait fou de joie, mais refreinait son sourire pour ne pas paraître suspect. Il était surexcité et tellement anxieux à la fois, et devoir faire comme si de rien était est tout simplement une torture.
Bellamy se rapprocha de Redose. Je préviens les grands ? Lui demande t-il, ce à quoi Redose ne répond que par un hochement de tête avant que Bellamy se sépare finalement de lui pour accélérer son rythme de marche. Les grands correspondaient aux grands chefs de chaque groupe, en cinq ans ils avaient réussis à rallier tout les détenus et à les diviser en quatre groupes. Bergelmir le cyclope, Bellamy le roux, Debora la hargneuse et enfin Élisabeth l'inconnue ont chacun la charge d'un des quatre groupes comportant de 230 personnes pour le plus petit à 248 pour le plus grand.
Tout ça s'était fait discrètement, mais ça n'aurait pas tant été un problème si les gardiens avaient su que les détenus se mettent à faire équipe. Il n'y a pas de règles obligeant les détenus à se comporter d'une manière ou d'une autre, ils peuvent s'entretuer ou coopérer afin de rendre la vie moins insupportable. Les gardiens ont bien fait comprendre que leur seul objectif c'est que chaque détenu soit dans sa cellule durant la nuit, et reste dans sa prison jusqu'à ce que son cadavre soit rapatrié. Qu'importe ce qu'ils font le reste du temps. Du moins, c'est la théorie. En pratique il est plus avantageux pour les gardes que les détenus s'entretuent, le spectacle est plus amusant et ça réduit le risque d'émeute.
Pendant que les grands étaient occupés à réunir les habitants de la prison sous leur commandement, Redose subissait ce que Debora avait promis qu'il subirait. Pendant cinq ans il a été torturé de diverses manières. Brisé et réparé dans le seul et unique but d'apprendre, apprendre et faire face à Rouge le moment venu. Au fil des années, il était devenu au moins aussi froid que Rouge. Ses émotions n'étaient plus que des trésors enfouis bien profondément dans une toute petite boîte cachée au fond de sa tête. Il n'avait plus en tête que ses objectifs et ses plans. Tout ce qui faisait de lui la personne qu'il était avait été refoulé au plus profond de lui pour ne plus laisser qu'une machine se contentant d'avancer, avancer, et jamais rien plus faire qu'avancer.
Être témoin de ce changement était particulièrement difficile pour Bellamy, et même pour Debora, alors que tout deux avaient été responsables dudit changement. Mais ils savaient, ils savaient tous, que c'était pour le meilleur.
Lorsque Redose avait atteint la grande salle, un enfant se présenta à lui. C'est vrai, c'est aujourd'hui ? Lui demande l'enfant alors que Redose continue d'avancer sans lui prêter la moindre attention. L'homme n'eût d'autre égard pour que de hocher la tête. L'enfant n'était pas aussi bon que Bellamy pour dissimuler ses sentiments, mais il fit de son mieux pour rester de marbre. Lui qui n'avait jamais connu que ces murs pourraient peut-être aujourd'hui finalement voir la mer. La mer qu'il sent dans sa cellule, mais qu'il ne peut pas voir car il est trop petit pour atteindre la fenêtre. Cet endroit est cruel, et personne ne mérite de vivre ici. Cet enfant, cet enfant et les autres, rappellent à Redose d'où il vient, et qui il est, mais ça ne suffit pas à lui arracher son air froid.
L'homme se contente de manger son morceau de pain en se demandant quelle serait la meilleure marche à suivre pour prendre la forteresse. À priori, les détenus avaient au moins deux alliés parmi les gardiens, Bean et Wolfgang, et Redose connait leur identité. Il voit du coin de son œil sa tante et son neveu le regarder de temps en temps, lui, spécifiquement. Un autre gardien le regardait de temps à autre avec le même regard, soit il était suspicieux, soit il s'agissait d'un troisième membre de la Ruche.
Redose avait passé suffisamment de temps ici pour connaître un minimum les gardiens, et il était plus que probable que cet homme n'en était pas un. Mais en attendant d'en être certain, il valait mieux considérer qu'ils n'avaient que deux alliés parmi les gardiens.
Si les détenus provoquaient une émeute en utilisant la violence, ils seraient sévèrement réprimandés. Ils ont l'avantage numérique, et tout le monde leur tomberait dessus, mais le problème c'est les détraqueurs et la position avantageuse des gardiens. Ils sont en hauteur et inatteignable, les détenus n'ont que le corps-à-corps pour eux... Il leur suffit de permettre aux détraqueurs d'entrer pour en finir, ou de balancer un sort de zone, une pluie de sorts, il leur suffirait même de ne rien faire ou de couper l'accès à la cuisine pour que les détenus ne perdent.
En définitive, ce n'est pas la violence pure et dure qui leur permettra de s'évader. Redose avait déjà un plan en tête pour s'évader, seulement il n'avait pas prévu qu'il aurait des alliés parmi les gardiens. Son plan d'origine était trop risqué et il ne l'aurait pas choisi s'il avait eu n'importe quel autre choix. Mais avec des gardiens de son côté... L'homme pourrait bien faire en sorte de prendre la prison sans perdre personne.
5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha
Le heaume rouge
PARTIE 2 : Les épaules et la pression
Alors qu'une rumeur se propageait très visiblement dans la prison, Bellamy se rendait comme si de rien était à la table de Redose. Bon alors, c'est quoi le plan au final ? Demande le père à son fils. Tu me demandes ça après avoir dit à tout le monde que c'était le jour J. Réplique Redose d'un ton accusateur. Bellamy étalait son bras sur l'épaule du plus jeune. Comprends-moi, c'est un peu comme ma famille, on a tellement attendu ça ! Le père essayait de se justifier, seulement, ça ne semblait pas au goût de Redose. Celui-ci mâchait son pain, sans avoir l'air le plus ravi du monde. Ça empeste l'espoir. Lâche Redose d'un ton sombre.
Bellamy perd ses couleurs, il était tellement excité par la nouvelle qu'il en avait oublié qu'il fallait à tout prix éviter les bonnes émotions dans ce lieu au risque d'être pris pour cible par les détraqueurs. Même si on prétend qu'il est rare que les détraqueurs entrent dans la prison en plein jour, les faits montrent que ce n'est pas si rare que ça. Et répandre le désespoir et la peur parmi les détenus en un jour si important pourrait bien compromettre les choses de manière irréversible.Ouai... Mais t'as un plan, pas vrai ? Demande Bellamy presque dans une supplique, Redose Omniak est censé toujours avoir un plan.
S'il n'en a pas, c'est qu'il ne peut pas y en avoir. Bellamy, Debora et Bergelmir peuvent penser à des ruses, mais ils n'ont pas l'état de machine de Redose, ni son intelligence, son expérience ou sa perception. Des plans c'est pas ce qui manque... Répond Redose, ce qui crée une étincelle d'espoir chez Bellamy. Le problème c'est les sacrifices qu'on est prêt à faire. Poursuit-il, éteignant l'étincelle dans l'œuf. J'aurais pu partir cette nuit, sacrifiant tout le monde. On pourrait aussi neutraliser tout les gardes et perdre une bonne partie d'entre nous. Tout comme on pourrait attendre Élisabeth et là... Le résultat est incertain, mais il est probable que ça tourne mal et très vite. Conclut l'homme, continuant de mâcher son pain. Bellamy demeurait à côté, attendant que son fils ne poursuive, ne dise quoique ce soit de plus, n'importe quoi, un "mais" ou un "cependant", il aurait même accepter un "au pire". Mais rien. Redose gardait le silence et continuait de réfléchir comme si le temps ne pressait pas.
Les détraqueurs pouvaient arriver d'une minute à l'autre et il ne pourrait rien y faire. Les chances de réussites de son plan seraient simplement drastiquement réduites. Pourtant Redose continuait inlassablement à mâcher dans son morceau de pain, avaler, croquer, et recommencer. Comme s'il avait tout le temps du monde pour prendre sa décision. Une décision qui pourrait aussi bien sauver tout le monde que tous les condamner, et alors même que toute la pression était censée reposer sur ses épaules, c'est les "grands" qui l'endossent.
Redose est devenue une machine, ses émotions sont rangées dans une petite boîte au plus profond de son esprit. Le stress, la pression, la douleur, la peur, mais aussi l'espoir, la hâte, la détermination ou la joie, toutes ces émotions ne sont plus là. C'est une arme à double tranchant, car même ses plus proches alliées ne savent plus s'ils peuvent vraiment lui faire confiance, à lui que rien n'atteint plus.
Redose finit finalement de manger son morceau de pain. Et toi, le roux, tu ferais quoi ? Demande Redose à son père après s'être tourné vers lui. Sans trop hésiter, Bellamy tapa son biceps. On leur rentre dans le lard au moment où ils s'y attendent pas. Répond t-il fièrement. Ce n'est pas tant que Bellamy est stupide ou téméraire, c'est simplement qu'il ne percevait pas d'autre moyen de parvenir à prendre la prison. La confiance avec laquelle il affirme ce plan n'est pas un signe de hardiesse, mais le signe qu'il n'a pas trouvé d'autres plans, et que par conséquent celui-ci paraisse être le meilleur, car il paraît également être le seul.
Ça ne marcherait pas, mais ça tout le monde le sait, même les gardes. Bel. Interpelle le garçon. Qui, quoi, où, quand, comment, et pourquoi ? Lui demande t-il. Mais sans contexte, Bellamy ne peut trouver d'autre réponse qu'un regard confus et un léger sourire au coin des lèvres, comme si Redose lui faisait une blague.
Pourtant, la machine était très sérieuse. Quoi, où, et quand sont les questions à se poser en priorité, qui et comment sont les questions qui suivent et elles se complètent. Pourquoi est la seule question dont on a la réponse, ou dont on croit avoir la réponse. Redose cherche à prendre la prison, mais pourquoi ? Pourquoi. Pourquoi tout ça ? Est-ce pour la liberté, est-ce pour avoir une armée contre Rouge, est-ce pour jouer son rôle, pourquoi. Pourquoi ? Répète Redose. Je sais pas... Admet doucement Bellamy, les yeux traînant au sol. Pour lui peut-être ? Propose t-il alors qu'il pointe du doigt un enfant.
Se rappeler pourquoi on accomplit quelque chose est le premier pas pour l'accomplir. Élisabeth l'avait compris, et toute sa vie elle avait été motivée par son statut de femme, son statut de "sans-statut", par la discrimination dont elle a été victime, par ceux qui ne croyaient pas en elle, et ceux qui croyaient en elle.
Pourquoi est la question la plus importante de toute, on croit qu'on a la réponse, mais une fois posée elle ne devient plus si évidente. Elle prend le pas sur toutes les autres questions et devient primordiale, essentielle, inévitable. Quand on sait pourquoi, qu'importe quand, où, comment et qui. Car quand on sait pourquoi on doit faire quelque chose, rien ne peut nous empêcher de le faire. J'ai un plan. Déclare Redose sans pour autant réellement en avoir un. Bellamy intensifie son regard en direction du garçon. Vraiment ? Dis-moi tout. Supplie presque Bellamy, mais il ne trouve pas de réponse dans l'expression de Redose. Il ne trouve que l'écho de ses propres suppliques.
Je crois... Que j'ai une carte en main. Révèle t-il à son ami.
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