Enthalpie
Que pouvait-elle bien attendre comme réponse ? Qu'espérer en ces occasions ? Sa manière de faire, en soi, relevait d’une forme d’irresponsabilité. Ou plutôt le manque d’expérience. On ne dit pas ces choses-là, on agit. En soi, Hjúki avait bon caractère car il ne montra aucun signe désapprobateur. Ce qui laissait entendre qu’il n’y voyait pas de « contre indication médicale ». Mais surtout, cela ne semblait pas entrer en conflit avec ses problèmes de santé. Elle n’en savait rien mais la description sommaire qu’il en avait faite la veille permettait de craindre le pire. Et clairement, elle se rendait compte du risque qu’elle venait de lui faire prendre. Si les choses paraissaient être liées à une forme d’émotivité, Circéia était en droit de penser qu’il recevait avec sérénité cette information.
Les idées fusaient en elle, après tout elle avait cédé à un élan de plus en plus incontrôlable et elle portait encore l’écho des conséquences de ses mots sur l’avenir. N’étant pas du genre à jouer avec les sentiments, à commencer par les siens, elle comprenait le caractère irréversible de ce qu’elle explorait. L’émotion se traduisait par des mots, et tout ce qu’elle éprouvait depuis un peu moins d’une journée n’avait été que lente montée en puissance. Restait qu’il n’avait pas réagi de façon exubérante. S’il avait sauté en l’air, elle se serait sentie gênée. Son refus de prendre la chose au sérieux aurait aussi entraîné du mal. Digne, calme mais en apparence, il conservait son langage propre. Il faudrait s’y mettre, Hjúki étant un être du cosmos, lui parler en négligeant cet univers propre eut été une erreur. Ce qu’il venait de dire, elle ne savait pas bien comment le prendre. Etait-ce juste un strapontin qu’il lui accordait, après tout le ciel accueille des milliards d’étoiles… Une planète de son système intime ? L’étoile ? Danseuse émérite ou juste petit rat ? Elle ne revendiquait pas le statut de Lune, il la portait en lui déjà. Non, elle espérait juste une métaphore laissant croire qu’elle entrait dans sa vie. A quelle place ? L’étudiante concluait qu’il faudrait d’une manière ou d’une autre se battre pour savoir laquelle. De toute évidence, elle avait parlé trop vite. En position de faiblesse, elle devait maintenant aller le débusquer. Et s’il était encore plus farouche qu’elle, la partie de cache cache s’annonçait durable. Elle aurait aimé un hug, sentir la chaleur de son corps, de sa tendresse, quelque chose qui traduise ses mots. Le pouvait-il ? Depuis le début, elle avait pris, estimait donc que c’était à lui de s’avancer. Tandis qu’ils vidaient tranquillement leurs assiettes, elle ne pouvait s’empêcher de convoiter ses lèvres, une attirance d’une nouvelle nature pointait son nez. Tout cela ne se déclencherait pas aujourd’hui. L’idée existait et générait des frissons tantôt agréables, tantôt un peu trop lourds.
- J’aimerais être une toute petite étoile qui toujours vous accompagne.
Elle ne savait pas comment l’amener à en dire plus. Quelle planète, étoile, comète… les relier à jamais, elle ne se voyait pas dans une partie du ciel où lui ne serait pas. Son coeur battait, cognait, à en être un peu douloureux. Vivre. Mais plus qu’un simple talisman, une entité qui donnerait lumière et chaleur. Ou qui vous guiderait la nuit.
- Je… je n’ai pas dit ça pour vous faire peur vous savez !?!
il était un peu tôt pour en parler mais elle voulait être sûre qu’ils se reverraient. Et si ses mots l'effrayaient au point de ne jamais revenir ? L’idée de son absence émergeait et le vide l’accompagnant dévastait le peu de paix existant encore en elle. Il serait bien difficile de se contrôler dans ces conditions. Elle se demanda si, une fois Hjúki parti, regarder la lune lui apporterait réconfort ou douleur. Elle aurait aimé le prendre dans ses bras, autrement que par le hasard ou la fatalité. Trop tôt encore mais la démangeaison était forte. Et si elle disait ce qu’elle avait sur le coeur, « Hjúki, vous me manquez déjà », elle redoutait de l’asphyxier.
- Dites-moi qui je suis dans votre ciel.
Tenir une conversation dans les conditions présentes relevait de l’impossible. Mais lui était là, il fallait tout au plus trouver le moyen d’être qui elle devait.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Les idées fusaient en elle, après tout elle avait cédé à un élan de plus en plus incontrôlable et elle portait encore l’écho des conséquences de ses mots sur l’avenir. N’étant pas du genre à jouer avec les sentiments, à commencer par les siens, elle comprenait le caractère irréversible de ce qu’elle explorait. L’émotion se traduisait par des mots, et tout ce qu’elle éprouvait depuis un peu moins d’une journée n’avait été que lente montée en puissance. Restait qu’il n’avait pas réagi de façon exubérante. S’il avait sauté en l’air, elle se serait sentie gênée. Son refus de prendre la chose au sérieux aurait aussi entraîné du mal. Digne, calme mais en apparence, il conservait son langage propre. Il faudrait s’y mettre, Hjúki étant un être du cosmos, lui parler en négligeant cet univers propre eut été une erreur. Ce qu’il venait de dire, elle ne savait pas bien comment le prendre. Etait-ce juste un strapontin qu’il lui accordait, après tout le ciel accueille des milliards d’étoiles… Une planète de son système intime ? L’étoile ? Danseuse émérite ou juste petit rat ? Elle ne revendiquait pas le statut de Lune, il la portait en lui déjà. Non, elle espérait juste une métaphore laissant croire qu’elle entrait dans sa vie. A quelle place ? L’étudiante concluait qu’il faudrait d’une manière ou d’une autre se battre pour savoir laquelle. De toute évidence, elle avait parlé trop vite. En position de faiblesse, elle devait maintenant aller le débusquer. Et s’il était encore plus farouche qu’elle, la partie de cache cache s’annonçait durable. Elle aurait aimé un hug, sentir la chaleur de son corps, de sa tendresse, quelque chose qui traduise ses mots. Le pouvait-il ? Depuis le début, elle avait pris, estimait donc que c’était à lui de s’avancer. Tandis qu’ils vidaient tranquillement leurs assiettes, elle ne pouvait s’empêcher de convoiter ses lèvres, une attirance d’une nouvelle nature pointait son nez. Tout cela ne se déclencherait pas aujourd’hui. L’idée existait et générait des frissons tantôt agréables, tantôt un peu trop lourds.
- J’aimerais être une toute petite étoile qui toujours vous accompagne.
Elle ne savait pas comment l’amener à en dire plus. Quelle planète, étoile, comète… les relier à jamais, elle ne se voyait pas dans une partie du ciel où lui ne serait pas. Son coeur battait, cognait, à en être un peu douloureux. Vivre. Mais plus qu’un simple talisman, une entité qui donnerait lumière et chaleur. Ou qui vous guiderait la nuit.
- Je… je n’ai pas dit ça pour vous faire peur vous savez !?!
il était un peu tôt pour en parler mais elle voulait être sûre qu’ils se reverraient. Et si ses mots l'effrayaient au point de ne jamais revenir ? L’idée de son absence émergeait et le vide l’accompagnant dévastait le peu de paix existant encore en elle. Il serait bien difficile de se contrôler dans ces conditions. Elle se demanda si, une fois Hjúki parti, regarder la lune lui apporterait réconfort ou douleur. Elle aurait aimé le prendre dans ses bras, autrement que par le hasard ou la fatalité. Trop tôt encore mais la démangeaison était forte. Et si elle disait ce qu’elle avait sur le coeur, « Hjúki, vous me manquez déjà », elle redoutait de l’asphyxier.
- Dites-moi qui je suis dans votre ciel.
Tenir une conversation dans les conditions présentes relevait de l’impossible. Mais lui était là, il fallait tout au plus trouver le moyen d’être qui elle devait.
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Enthalpie
Quel filament serait-il capable de jeter jusqu’elle, doit-il l’extirper de la terre, doivent-ils fusionner leurs Ciels respectifs ? Où évolue-t-elle, quel est son Monde ? Il espère qu’elle n’est pas Gaïa, l’acharnement des Titans a bien veillé à l’empêcher de rejoindre Ouranos, maintenus à distance à jamais pour ne pas s’écraser l’un contre l’autre au point de tout asphyxier entre eux. Non, trêve aux interrogations, il sait ce qu’il a dit. Si ce lui est si immensément visible, elle ne peut tout simplement pas en être aveugle. Et…il l’aurait perçu, si elle protégeait en elle l’essence tellurique qui était si incompatible à sa nature d’Astre. Les vents hurlants se sont calmés, adoucis en chuchotis ils forment un courant caressant autour des deux jeunes adultes. La scène d’un repas dominical partagé semble avoir repris son cours, elle replonge le couvert dans l’assiette. Lui a repris d’abord à l’eau, plus simple à avaler, au pouvoir apaisant mieux reconnu. Elle n’a sans doute pas tort, dans cette attente et ce bourdonnement de silence qui suit les petites explosions qu’ils se lancent, de revenir à un ancrage trivial. Un point de repère sensoriel stable qui ne peut pas subir les ravages intérieurs suscités. Accrochés cette fois et non suspendus.
Avec prudence, il s’y remet, se promettant de toujours avoir bien fini sa bouchée avant de laisser l’enchanteresse reprendre la parole. C’est assez simple à guetter en somme. Si elle a des bonnes manières, elle n’oserait répondre la bouche pleine, et il n’a pas encore vu de marque particulière d’inconvenance de sa part. L’indice le plus probant toutefois est la respiration, les mots ont besoin de souffle ; quand elle entrouvrira la bouche, quand elle prendre une inspiration plus forte que la moyenne, il sera prêt. L’assimilation d’abord. Elle comprend…ra ? L’adolescent commence à agiter l’une de ses mains, ce qu’il voit est si palpable, il peut le caresser du bout des doigts. C’est le même air qu’ils partagent, qui s’étend entre eux. Qu’est-ce que Circéia y voit ? A-t-elle idée des courbes qu’il suit, plus que réelles pour lui ? Que se passe-t-il en elle ? Une suite de mots ordonnée, un travail de juriste sur sa dernière phrases, où les galopantes Images qui s’imposent, sans appel ? Impossible de le savoir… pas tant qu’elle ne se sera pas décidée à récupérer une portion de cette atmosphère dans ses poumons pour ensuite les convertir en son chant.
À l’écoute, il se penche légèrement dès lors qu’il a décelé le signal. *Une toute petite étoile…* Elle a compris. Comment a-t-il pu imaginer le contraire ? Évidemment, qu’elle a compris. Elle brille dans son Ciel, et il la voit. Comment le lui prouver, comment le lui montrer ? Elle a compris, mais une partie reste certainement encore abstraite. Ses Noirceurs paraissent à la fois y croire et douter. Il doit être démonstratif, lui faire apparaître l’invisible pour elle mais qui transperce ses perceptions. Son buste est déjà dirigé en sa direction, puisqu’il avait cédé au magnétisme de sa mélodie, s’y était dédié. Elle le voit. Mais parvient-elle à voir son autour ? Il la happe dans ses Perles-de-Nótt, quelques secondes, s’immisce, s’enchevêtre avant de brusquement rompre le contact ; levant le menton haut, très haut. Elle pourrait bien croire qu’il a été pris d’une soudaine envie de scruter le plafond, ou bien elle se rendrait compte de son manège. Il se fiche du plafond, au terme de sa contemplation il serait sûrement incapable de le décrire, de reporter son aspect et sa texture alors que ce sont des détails qu’il extrait aisément de ses observations de coutume. Devant elle, il se montre en perdition, jeté dans son Ciel. Il ne capte rien, ou plutôt nulle autre entité. Son sourire est immanquable, il n’a cessé de s’étirer depuis qu’elle a parlé, ces lèvres courbées ajoute quelque chose de nouveau à son visage habituellement plus lisse. Il salue silencieusement son Étoile. Lente redescente, retour à celle de chair qui lui fait toujours face.
« Je vous vois, mon Étoile. »
Avec prudence, il s’y remet, se promettant de toujours avoir bien fini sa bouchée avant de laisser l’enchanteresse reprendre la parole. C’est assez simple à guetter en somme. Si elle a des bonnes manières, elle n’oserait répondre la bouche pleine, et il n’a pas encore vu de marque particulière d’inconvenance de sa part. L’indice le plus probant toutefois est la respiration, les mots ont besoin de souffle ; quand elle entrouvrira la bouche, quand elle prendre une inspiration plus forte que la moyenne, il sera prêt. L’assimilation d’abord. Elle comprend…ra ? L’adolescent commence à agiter l’une de ses mains, ce qu’il voit est si palpable, il peut le caresser du bout des doigts. C’est le même air qu’ils partagent, qui s’étend entre eux. Qu’est-ce que Circéia y voit ? A-t-elle idée des courbes qu’il suit, plus que réelles pour lui ? Que se passe-t-il en elle ? Une suite de mots ordonnée, un travail de juriste sur sa dernière phrases, où les galopantes Images qui s’imposent, sans appel ? Impossible de le savoir… pas tant qu’elle ne se sera pas décidée à récupérer une portion de cette atmosphère dans ses poumons pour ensuite les convertir en son chant.
À l’écoute, il se penche légèrement dès lors qu’il a décelé le signal. *Une toute petite étoile…* Elle a compris. Comment a-t-il pu imaginer le contraire ? Évidemment, qu’elle a compris. Elle brille dans son Ciel, et il la voit. Comment le lui prouver, comment le lui montrer ? Elle a compris, mais une partie reste certainement encore abstraite. Ses Noirceurs paraissent à la fois y croire et douter. Il doit être démonstratif, lui faire apparaître l’invisible pour elle mais qui transperce ses perceptions. Son buste est déjà dirigé en sa direction, puisqu’il avait cédé au magnétisme de sa mélodie, s’y était dédié. Elle le voit. Mais parvient-elle à voir son autour ? Il la happe dans ses Perles-de-Nótt, quelques secondes, s’immisce, s’enchevêtre avant de brusquement rompre le contact ; levant le menton haut, très haut. Elle pourrait bien croire qu’il a été pris d’une soudaine envie de scruter le plafond, ou bien elle se rendrait compte de son manège. Il se fiche du plafond, au terme de sa contemplation il serait sûrement incapable de le décrire, de reporter son aspect et sa texture alors que ce sont des détails qu’il extrait aisément de ses observations de coutume. Devant elle, il se montre en perdition, jeté dans son Ciel. Il ne capte rien, ou plutôt nulle autre entité. Son sourire est immanquable, il n’a cessé de s’étirer depuis qu’elle a parlé, ces lèvres courbées ajoute quelque chose de nouveau à son visage habituellement plus lisse. Il salue silencieusement son Étoile. Lente redescente, retour à celle de chair qui lui fait toujours face.
« Je vous vois, mon Étoile. »
Enthalpie
Une mélodie infiniment lointaine lui parvient. Un son qu’elle n’identifie pas, la musique des planètes, vent cosmique. Dans l’espace, la perception change, plus de feu, aucun son, sans élan tout demeure immobile. C’est ça que les danseurs expriment, la pause dans le mouvement, grâce éternelle au sein d’un monde sali par nos errances. Incessamment nous bougeons, frénésie de la vie nous poussant à croire qu’il faut avancer pour avancer. Mais elle est là, assise face à lui, et ce qu’elle vient d’entendre l’a fait voyager par tout l’univers sans jamais se lever. Force d’une incandescence, la crainte d’une maladresse. Et finalement la paix. Accepter d’être à l’autre, ne plus s’appartenir, on peut le penser, on a droit de le dire. Mais encore faut-il que ce cadeau soit accepté. Juste avant elle a déjà senti des bourdonnements. Cette fois, le frisson est intense. Ses yeux s’ouvrent un peu, d’un coup, son corps entier expire, exprimant le besoin d’un espace plus immense. Toute la pièce, toute l’Ecosse. De la Terre à la Lune. Il dirait d’autres mots, elle saura vite lesquels. A ce moment, elle me prend par la main et me dit : écris ! « Je vais vers lui, ne parle pas de ces tacs tacs qui me hantent. Dis leur que je suis amoureuse à en perdre la vie. Personne incarnant Circéia, je veux que tu décrives la scène ainsi. Je suis une femme au coeur d’enfant, qui saute dans ses bras et le serre fortement. Je ne lui dis plus rien, parce que j’en ai trop dit. Il comprend, je le sais, il fera ce qu’il faut. Le serrer, à jamais, se retrouver un seul, lui et moi, dans nos bras. Son étoile…. Il l’a dit. Une de plus dans le ciel, une en vie, c’est bien mieux. Irradie, dans le jour comme de nuit. Le berger, la comète, rotation journalière. Je te vois, tu me manques, et je te vois encore. La force de l’amour est ici, récurrence assurée. Il m’aime c’est pour la vie et quand je serai morte, il sera là encore, à me voir dans son ciel, briller malgré ma fin.
-…
Alors, qu’attends-tu pour écrire que je l’aime à crever, mourir n’est pas assez, je veux souffrir de lui, hurler, saigner pour lui, accoucher et chérir. Dis-leur bien, qu’ils comprennent que j’ai tout ça en moi. Embryon de la suite, demain ou bien jamais. Mais je l’ai, ici et maintenant. Je suis lui.
Pourquoi hésites-tu, mes mains ? Le moment est venu, je suis éprise, éprise tu m’entends, l’oiseau dans le filet, mon sein nu dans ton œil. Mais je suis volontaire, vois-tu. Tu l’as dit, je me donne. Le serrer signifie qu’il est mon interface, entre un monde que je fuis et la vie que je veux. C’est lui et personne d’autre. Je le sais depuis hier, électrique, sur la plage, j’ai même manigancé. Non, je mens. Disons… c’est bien tombé. Je n’ai rien provoqué, je suis trop bête pour ça. Les effets de manche, les stratégies d’ensemble, je les connais, dans une situation définie. Là ne sais rien, oui je ne savais rien. Et me sens menacée de ne plus respirer. Mais il a relancé l’oxygène que je bois. Un air teinté de lui, Hjúki mon préféré. Hjúki.
- ...pour toujours…
Je l’ai dit. Je le pense. Impossible autrement. Il n’y a rien à dire. Rien de plus qu’à jamais. Cette fois, j’ai basculé, je ne t’appartiens plus. Si je te remercie de m’avoir dessinée, père et mère de mes joies, autorité aimante de mes choix ici bas, je te quitte aujourd’hui pour un être réel, Hjúki Anastase, tu hérites de moi, je me suis envolée au-delà du clavier.
Ne pleure pas, c’est ainsi. Tu le savais en me créant ici. Un jour, je partirais, pour un autre que toi. Si je ne te dois rien, je te suis redevable d’avoir laissé mon coeur accepter le défi.
- Hjúki…
J’ai appris, tout ce temps, en t’observant souvent. Grâce à toi j’ai dansé, maîtrisant la magie jusqu’à m’en faire saigner. J’ai pleuré, j’ai grandi, et je me suis brûlée. J’ai maudit, j’ai osé, j’ai écrit des poèmes, recopié des leçons, détesté les ficelles que parfois tu tirais. J’étais obéissante, désormais je suis moi. Circéia Anastase, comme il est bien nommé. Mains, je te quitte, et si tu restes encore, à écrire mon histoire, dis-leur que c’est pour moi, ton enfant tant aimée. Personnage de roman, copiée de ton Anna, qu’elle m’énerve l’ancêtre, avec ces manières russes. Je suis moi. Et c’est lui que je veux, que je tiens, et qui sera ma vie. Car je l’ai décidé ».
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
-…
Alors, qu’attends-tu pour écrire que je l’aime à crever, mourir n’est pas assez, je veux souffrir de lui, hurler, saigner pour lui, accoucher et chérir. Dis-leur bien, qu’ils comprennent que j’ai tout ça en moi. Embryon de la suite, demain ou bien jamais. Mais je l’ai, ici et maintenant. Je suis lui.
Pourquoi hésites-tu, mes mains ? Le moment est venu, je suis éprise, éprise tu m’entends, l’oiseau dans le filet, mon sein nu dans ton œil. Mais je suis volontaire, vois-tu. Tu l’as dit, je me donne. Le serrer signifie qu’il est mon interface, entre un monde que je fuis et la vie que je veux. C’est lui et personne d’autre. Je le sais depuis hier, électrique, sur la plage, j’ai même manigancé. Non, je mens. Disons… c’est bien tombé. Je n’ai rien provoqué, je suis trop bête pour ça. Les effets de manche, les stratégies d’ensemble, je les connais, dans une situation définie. Là ne sais rien, oui je ne savais rien. Et me sens menacée de ne plus respirer. Mais il a relancé l’oxygène que je bois. Un air teinté de lui, Hjúki mon préféré. Hjúki.
- ...pour toujours…
Je l’ai dit. Je le pense. Impossible autrement. Il n’y a rien à dire. Rien de plus qu’à jamais. Cette fois, j’ai basculé, je ne t’appartiens plus. Si je te remercie de m’avoir dessinée, père et mère de mes joies, autorité aimante de mes choix ici bas, je te quitte aujourd’hui pour un être réel, Hjúki Anastase, tu hérites de moi, je me suis envolée au-delà du clavier.
Ne pleure pas, c’est ainsi. Tu le savais en me créant ici. Un jour, je partirais, pour un autre que toi. Si je ne te dois rien, je te suis redevable d’avoir laissé mon coeur accepter le défi.
- Hjúki…
J’ai appris, tout ce temps, en t’observant souvent. Grâce à toi j’ai dansé, maîtrisant la magie jusqu’à m’en faire saigner. J’ai pleuré, j’ai grandi, et je me suis brûlée. J’ai maudit, j’ai osé, j’ai écrit des poèmes, recopié des leçons, détesté les ficelles que parfois tu tirais. J’étais obéissante, désormais je suis moi. Circéia Anastase, comme il est bien nommé. Mains, je te quitte, et si tu restes encore, à écrire mon histoire, dis-leur que c’est pour moi, ton enfant tant aimée. Personnage de roman, copiée de ton Anna, qu’elle m’énerve l’ancêtre, avec ces manières russes. Je suis moi. Et c’est lui que je veux, que je tiens, et qui sera ma vie. Car je l’ai décidé ».
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Enthalpie
Qui est-elle ? Cette fulgurance ne fait pas sens, n’est pas explicable. Son espace n’a pas coutume d’être ainsi entamé, pas aussi vite. Une journée…ce n’est pas possible. Un Tissage nécessite tellement plus de temps, même sans les sabotages à la Pénélope. Avaient-ils vraiment chacun une réserve si immense de fils compatibles, si longuement inutilisés, remisés dans quelque recoin de soi, qui n’attendait qu’à dessiner à toute vitesse leur toile ? Et plus la masse se consomme, plus ils approchent du noyau, du Cœur. Ils se tirent. Qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils fait, chacun, pour se retrouver avec ces bobines colossales en dormance, pour s’être évités tout le long de leur existence, sans ne jamais cesser de tresser leurs fils dont ils n’avaient pas idée de l’emploi qui en serait fait ? Comme ces rencontres incongrues où deux êtres paraissent s’attacher pour s’être bousculés, ramassant quelque objet représentant de leur nature. Ils ont laissé tomber leurs bobines et elles ont dégouliné, elles se sont emmêlées. Leur nœud, il fallait lui donner de l’ordre. De nulle part des trames, de nulle part le métier à tisser est apparu et a coordonné leurs sources. À présent, ils se tirent, car chaque pas en avant ou en arrière se répercutera, ils vibreront. Est-ce qu’il voudrait vraiment d’une telle dépendance ? *Ne me tirez…* Cette requête mentale n’a pas le temps d’aboutir, comme si ce n’était pas lui qui subissait mais elle, qui était tirée. Elle approche. Le tissu se plisse, se rétracte.
Il ne peut pas comprendre. Alors il apprend ; il l’apprend. Il apprend sa Silhouette, qui émane de la douce lumière que les yeux sont faits pour accueillir ; car elle ne brûle pas. Nuit se fait le réceptacle de celles qui ne feront aucun mal aux pupilles, une sombre surface au potentiel réfléchissant des Éclats insoupçonnés. Ainsi font-elles, ces antiques Puissances qu’Ovide nous a contées ? Ne parviennent-elles pas, dans l’urgence, à exécuter les plus sublimes métamorphoses ? Que deviennent-ils… Ils brillent déjà, déjà attachés en leurs Nyx et Nótt.
Mais il tremble. Il tremble parce que l’effroi vient le visiter. Parce qu’à rebours ou en décalage, il reçoit les implicites, parce que les informations qui lui étaient encore dissimulées commencent à se révéler. Dans son esprit c’est la tourmente, et il se détache. Il veut trembler seul, ne pas avoir à contenir son amplitude. Comme si reculer un peu suffirait, il y a bien peu de chances qu’elle soit préservée, qu’elle demeure insensible aux secousses.
Elle l’aime. Elle ne sait sans doute pas… des vers, par le diable ! Se confierait-il vraiment à celle qui veut de l’amour des vers, qui veut de l’amour des romanciers russes qui ornent ses rayons ? Il ne se confierait pas même à lui-même. Se perdront-ils en un amour de mots ? L’amour poétique, il n’y croit pas ; ils ne se crieront pas leur brûlure mutuelle en de beaux alexandrins croisés à la Racine ; et les vers d’amour antiques ne sont qu’un jeu, du badinage.
Elle l’aime ; mais que veut-elle ? Car il les a vus, ces gens qui disent s’aimer. Autant ceux de papier que ceux qui foulent les couloirs de pierre. Jamais, jamais il ne saura être un compagnon, un partenaire ou peu importe le nom qui convient à l’image de ceux qu’il a observés. Mais quoi ? La peur continue à le broyer. Que font les gens qui s’aiment ? Ce verbe incarne tant de brouillard. Par ce pas au-delà de sa couche protectrice, a-t-elle la moindre idée du territoire où elle s’est engagée ? Que veut-elle, que voudra-t-elle ?
Il voit la course ininterrompue de Sol par la fenêtre, il devra bientôt se mettre en route pour avoir le temps de passer voir une dernière fois Opa avant de rejoindre le château. Aimer Opa, c’est une évidence, il ne s’est presque jamais posé de questions. Il l’alimentait quand il en avait besoin, le conseillait, l’appuyait, l’écoutait avec respect lorsqu’il s’emballait sur des considérations que beaucoup auraient de la peine à suivre. Et parfois, comme récemment, il faiblissait. Et alors, Hjúki ne savait pas qui il détestait. Car il avait enfin compris dans quel état il mettait son aïeul quand c’était lui qui avait été mal, qui avait traversé des crises lors de son enfance. Il comprenait cette part d’impuissance alors qu’il ne nous est pas possible d’être le remède universel à tous ses maux. Son Chêne commençait à s’affaisser et la jeune Pousse qui aurait dû devenir plus résistante, plus ferme grâce au Souffle obtenu et bu de son Beschützer, devait à son tour le soutenir.
Elle l’aimait. Voulait-elle de cet échange mutuel et continu de leurs forces respectives, alors que les vents les feront ployer successivement ou ensemble ? Est-ce la place qu’elle quête en son Monde ? Faire front avec la Puissance que lui-même est ? Et que veut-elle d’autre ? Quels projets a-t-elle ? Si elle s’engage sur le long terme, si ses paroles ne sont des velléités, elle en a sans doute cristallisé. Voudra-t-elle des gamins ? Voudra-t-elle qu’ils se partagent des pans minimaux de la vie quotidienne ? Voudra-t-elle qu’ils s’assoient quelque part, côte à côté ? Quel est son plan ? Voudra-t-elle plus que simplement le tenir entre ses bras ? Ce n’est pas… Non ! cela n’arrivera pas ! Ce n’est pas son corps qu’il aime, il s’en fiche de son physique, il ne le voit, il ne l’a jamais vu. Son Souffle, il le sait, est aussi ailleurs qu’entre ses lèvres. Déchiré, tiraillé ; et surtout terrifié.
« Que voulez-vous, très exactement ? Dites-moi que vous le savez… »
Il ne peut pas comprendre. Alors il apprend ; il l’apprend. Il apprend sa Silhouette, qui émane de la douce lumière que les yeux sont faits pour accueillir ; car elle ne brûle pas. Nuit se fait le réceptacle de celles qui ne feront aucun mal aux pupilles, une sombre surface au potentiel réfléchissant des Éclats insoupçonnés. Ainsi font-elles, ces antiques Puissances qu’Ovide nous a contées ? Ne parviennent-elles pas, dans l’urgence, à exécuter les plus sublimes métamorphoses ? Que deviennent-ils… Ils brillent déjà, déjà attachés en leurs Nyx et Nótt.
Elle est constellée.
Elle le constelle.
Elle le constelle.
Mais il tremble. Il tremble parce que l’effroi vient le visiter. Parce qu’à rebours ou en décalage, il reçoit les implicites, parce que les informations qui lui étaient encore dissimulées commencent à se révéler. Dans son esprit c’est la tourmente, et il se détache. Il veut trembler seul, ne pas avoir à contenir son amplitude. Comme si reculer un peu suffirait, il y a bien peu de chances qu’elle soit préservée, qu’elle demeure insensible aux secousses.
Elle l’aime. Elle ne sait sans doute pas… des vers, par le diable ! Se confierait-il vraiment à celle qui veut de l’amour des vers, qui veut de l’amour des romanciers russes qui ornent ses rayons ? Il ne se confierait pas même à lui-même. Se perdront-ils en un amour de mots ? L’amour poétique, il n’y croit pas ; ils ne se crieront pas leur brûlure mutuelle en de beaux alexandrins croisés à la Racine ; et les vers d’amour antiques ne sont qu’un jeu, du badinage.
Elle l’aime ; mais que veut-elle ? Car il les a vus, ces gens qui disent s’aimer. Autant ceux de papier que ceux qui foulent les couloirs de pierre. Jamais, jamais il ne saura être un compagnon, un partenaire ou peu importe le nom qui convient à l’image de ceux qu’il a observés. Mais quoi ? La peur continue à le broyer. Que font les gens qui s’aiment ? Ce verbe incarne tant de brouillard. Par ce pas au-delà de sa couche protectrice, a-t-elle la moindre idée du territoire où elle s’est engagée ? Que veut-elle, que voudra-t-elle ?
Il voit la course ininterrompue de Sol par la fenêtre, il devra bientôt se mettre en route pour avoir le temps de passer voir une dernière fois Opa avant de rejoindre le château. Aimer Opa, c’est une évidence, il ne s’est presque jamais posé de questions. Il l’alimentait quand il en avait besoin, le conseillait, l’appuyait, l’écoutait avec respect lorsqu’il s’emballait sur des considérations que beaucoup auraient de la peine à suivre. Et parfois, comme récemment, il faiblissait. Et alors, Hjúki ne savait pas qui il détestait. Car il avait enfin compris dans quel état il mettait son aïeul quand c’était lui qui avait été mal, qui avait traversé des crises lors de son enfance. Il comprenait cette part d’impuissance alors qu’il ne nous est pas possible d’être le remède universel à tous ses maux. Son Chêne commençait à s’affaisser et la jeune Pousse qui aurait dû devenir plus résistante, plus ferme grâce au Souffle obtenu et bu de son Beschützer, devait à son tour le soutenir.
Elle l’aimait. Voulait-elle de cet échange mutuel et continu de leurs forces respectives, alors que les vents les feront ployer successivement ou ensemble ? Est-ce la place qu’elle quête en son Monde ? Faire front avec la Puissance que lui-même est ? Et que veut-elle d’autre ? Quels projets a-t-elle ? Si elle s’engage sur le long terme, si ses paroles ne sont des velléités, elle en a sans doute cristallisé. Voudra-t-elle des gamins ? Voudra-t-elle qu’ils se partagent des pans minimaux de la vie quotidienne ? Voudra-t-elle qu’ils s’assoient quelque part, côte à côté ? Quel est son plan ? Voudra-t-elle plus que simplement le tenir entre ses bras ? Ce n’est pas… Non ! cela n’arrivera pas ! Ce n’est pas son corps qu’il aime, il s’en fiche de son physique, il ne le voit, il ne l’a jamais vu. Son Souffle, il le sait, est aussi ailleurs qu’entre ses lèvres. Déchiré, tiraillé ; et surtout terrifié.
« Que voulez-vous, très exactement ? Dites-moi que vous le savez… »
Enthalpie
C’est une méchante question qu’il te pose ton homme… Allons, ma fille, je te comprends, tu as besoin de cette liberté que l’on nomme l’âge adulte. Tu l’as bien méritée et je te donne ce droit. La vie, cependant, est cruelle. Et dès ton premier cri, elle t’oblige à l’examen de toi, ta conscience, ce que tu veux vraiment. Oui je sais, je le vois, tu as en toi les réponses aux questions qu’il te pose. Car une seule est trop simple, tout est exactement. Et tu sens le danger. Tu le sais mais le dire… Je ne vais pas jouer avec ton coeur fragile. Tu es mon enfant, je te connais trop, je te protège encore et te protégerai comme Opa, comme ma mère, comme l’adulte que je suis, et qui, donnant sa vie, a signé le contrat de t’aider à la mort. Il serait si facile de te planter ici, en plein dilemme, te laisser ton ménage, ta poussière et les premiers éclats de ce trop plein en toi. Mais je ne suis pas çà, je vais t’aider, comme tu me le demandes.
Circéia, tu n’as pas les moyens de répondre, le plus grand coeur du monde ne supplante l’expérience. Sait-on exactement le sens de nos désirs ? Ce que tu veux tu l’as puisque tu as un autre, en toi et hors de toi. Vous semblez vous aimer, comme au début l’on s’aime. De puissance, de violence, douceur et maladresse. Mais ensuite, que veux-tu ? Il est un peu trop tôt pour parler de naissance, d’une vie toute entière, avec ses précipices, ses montagnes, ses gelées et ses doutes. Circéia...il faut prendre le temps avant de lui répondre, je te connais un peu, tu dirais tout trop vite. Et lui ne peut l’entendre. C’est un homme, ils ne sont jamais prêts quand un enfant paraît. Il faut laisser le temps à l’idée de germer. Pour le moment, il a peur, l’infini le rejette, vertige bien naturel. Te rends-tu compte de ce que tu lui offres ? Vous n’avez pas le même rythme du coeur. Je te connais ma fille, impulsive, émotive, contrôlée en surface. Ce que tu vis, tu l’as compris mais il faut lui donner le temps. On ne change pas la course des planètes. Attendre l’alignement est ta seule solution. Mais cela, je ne peux le comprendre pour toi, il te faut la patience, celle des anges et des femmes. Et tu as d’eux en toi. Assez pour tolérer de ne pas recevoir tout ce que tu espères. Il va falloir attendre qu’il comprenne à son tour ce qui perce sa terre, sa lune, ou ce qu’il veut. Les garçons n’aiment pas trop jongler avec les mots, ils se savent inférieurs et ont raison de fuir. Ne quitte pas ton sillon, pas d’ellipse, encore moins rhétorique. Circéia, sois celle que tu connais, honnête et réservée, dans son coin, demoiselle qu’on ne regarde pas. Il est de ces garçons qui n’aiment pas l’apparat, la douceur et le style, peut-être mais pas la brusquerie. Tu l’as beaucoup secoué, ménage un peu la barque sinon elle va couler.
Circéia, je t’aime et t’enveloppe de toute mon affection. Mais ne va pas trop vite, ne sois pas besogneuse. Tu n’es pas en état de faire de longs discours, ne dis que l’essentiel et choisis bien tes mots.
- La lune sera tendresse.
Elle ne peut davantage. Quand leur union, établie par un temps plus long qu’un petit jour, sera bien installée, alors elle saura dire en des centaines de mots la vie dont elle espère recevoir le bonheur. Le créer, l’entretenir, le soigner, le guérir. Mais elle n’a pas en elle les moyens en l’état. Ni lui ni elle ne peuvent répondre à de telles ingérences. Une chose est le sentir, une autre est de le dire.
- Elle prendra soin de moi. Et je prendrai soin d’elle... jusqu’à la fin des jours.
Elle comprend qu’on ne peut dire des choses si complexes quand on n’a pas les mots. Eprouver est aisé, exprimer beaucoup moins. Et la maîtrise du verbe manque d’efficacité. La justice est raide mais elle est explicite, la magie a ses lois et elles sont implacables. Les sens des êtres humains, en revanche, sont mouvants, nébuleux, merveilleux mais sans prise.
Tu vois, même si je le voulais, je ne pourrais t’aider. Sa question est impure par excès de lui-même, être épris de l’inverse de ce qu’il donne de lui. Impur issu du pur, paradoxe. Charybde et Scylla. Tu as bien répondu, non pour gagner du temps mais pour le renvoyer à l’impossible ciel dans lequel il navigue. En lui soufflant ces mots, tu as fait de ton mieux. Prenez garde, il se pourrait qu’il ne soit pas content. Lui aussi doit apprendre à accepter le peu. Car on a rarement tout ce que l’on voulait. Mais tu as évité le piège inévitable, « je te veux ». Car l'on se donne, on ne prend pas. Tu es ma fierté.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Circéia, tu n’as pas les moyens de répondre, le plus grand coeur du monde ne supplante l’expérience. Sait-on exactement le sens de nos désirs ? Ce que tu veux tu l’as puisque tu as un autre, en toi et hors de toi. Vous semblez vous aimer, comme au début l’on s’aime. De puissance, de violence, douceur et maladresse. Mais ensuite, que veux-tu ? Il est un peu trop tôt pour parler de naissance, d’une vie toute entière, avec ses précipices, ses montagnes, ses gelées et ses doutes. Circéia...il faut prendre le temps avant de lui répondre, je te connais un peu, tu dirais tout trop vite. Et lui ne peut l’entendre. C’est un homme, ils ne sont jamais prêts quand un enfant paraît. Il faut laisser le temps à l’idée de germer. Pour le moment, il a peur, l’infini le rejette, vertige bien naturel. Te rends-tu compte de ce que tu lui offres ? Vous n’avez pas le même rythme du coeur. Je te connais ma fille, impulsive, émotive, contrôlée en surface. Ce que tu vis, tu l’as compris mais il faut lui donner le temps. On ne change pas la course des planètes. Attendre l’alignement est ta seule solution. Mais cela, je ne peux le comprendre pour toi, il te faut la patience, celle des anges et des femmes. Et tu as d’eux en toi. Assez pour tolérer de ne pas recevoir tout ce que tu espères. Il va falloir attendre qu’il comprenne à son tour ce qui perce sa terre, sa lune, ou ce qu’il veut. Les garçons n’aiment pas trop jongler avec les mots, ils se savent inférieurs et ont raison de fuir. Ne quitte pas ton sillon, pas d’ellipse, encore moins rhétorique. Circéia, sois celle que tu connais, honnête et réservée, dans son coin, demoiselle qu’on ne regarde pas. Il est de ces garçons qui n’aiment pas l’apparat, la douceur et le style, peut-être mais pas la brusquerie. Tu l’as beaucoup secoué, ménage un peu la barque sinon elle va couler.
Circéia, je t’aime et t’enveloppe de toute mon affection. Mais ne va pas trop vite, ne sois pas besogneuse. Tu n’es pas en état de faire de longs discours, ne dis que l’essentiel et choisis bien tes mots.
- La lune sera tendresse.
Elle ne peut davantage. Quand leur union, établie par un temps plus long qu’un petit jour, sera bien installée, alors elle saura dire en des centaines de mots la vie dont elle espère recevoir le bonheur. Le créer, l’entretenir, le soigner, le guérir. Mais elle n’a pas en elle les moyens en l’état. Ni lui ni elle ne peuvent répondre à de telles ingérences. Une chose est le sentir, une autre est de le dire.
- Elle prendra soin de moi. Et je prendrai soin d’elle... jusqu’à la fin des jours.
Elle comprend qu’on ne peut dire des choses si complexes quand on n’a pas les mots. Eprouver est aisé, exprimer beaucoup moins. Et la maîtrise du verbe manque d’efficacité. La justice est raide mais elle est explicite, la magie a ses lois et elles sont implacables. Les sens des êtres humains, en revanche, sont mouvants, nébuleux, merveilleux mais sans prise.
Tu vois, même si je le voulais, je ne pourrais t’aider. Sa question est impure par excès de lui-même, être épris de l’inverse de ce qu’il donne de lui. Impur issu du pur, paradoxe. Charybde et Scylla. Tu as bien répondu, non pour gagner du temps mais pour le renvoyer à l’impossible ciel dans lequel il navigue. En lui soufflant ces mots, tu as fait de ton mieux. Prenez garde, il se pourrait qu’il ne soit pas content. Lui aussi doit apprendre à accepter le peu. Car on a rarement tout ce que l’on voulait. Mais tu as évité le piège inévitable, « je te veux ». Car l'on se donne, on ne prend pas. Tu es ma fierté.
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Enthalpie
Fêlure. Elle ne sait pas. Elle ne sait pas ! À l’intérieur de Hjúki résonne un hurlement assourdissant : il se réverbère en écho dans la sombre caverne, il se démultiplie à chaque choc contre la paroi, sera inarrêtable, continuera encore et encore. Un cri errant dans son corps, en son être bouillant. La roche fragilisée par la voix qui ne s’atténue pas finira-t-elle par s’effondrer, se laissera-t-il ensevelir par l’éboulement qui guette ? Réimposera-t-il le silence, le calme ? Et pourtant, cette rage d’impuissance lui paraît tellement plus simple à gérer que ces étranges sentiments que Circéia veut lui éveiller. Ces sentiments qui de toute façon ne seront jamais les seuls, ne prendront jamais toute la place. Il faut bien composer avec les entortillements. Deuxième hurlement au sein de son antre, la voix plus rauque et cassée. Le temps n’est pas aux mots, aux jolies pensées construites. L’air jeté avec force et violence le long d’une ouverture resserrée des cordes vocales mises à rude épreuve, tiraillées. Mais elle n’entend rien, à l’extérieur c’est le mutisme. Croit-elle être en lui ? Ses tympans éclateraient. Elle tressaillirait en comprenant son éraillement qu’il ne montre pas, en comprenant sa tourmente qu’il laisse toujours monter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place. Elle saurait… elle saurait que ce n’est pas aussi simple que le tableau qu’elle souhaiterait peindre. Il manque des Couleurs. Les plus peinantes, mais elles ne sont occultables. Que croit-elle ? Toute douceur, toute tendresse a ses limites, même auprès de l’être aimé. Il éclatera, à un moment ou à un autre. S’il n’avait pas commencé à développer quelque soupçon d’affection pour elle, il ne se retiendrait pas. Il s’abandonnerait au broiement et n’empêcherait pas le déversement hors de lui. Ça pourrait. Ça pourrait, mais il déploie des efforts herculéens pour contenir plus encore que sa contenance maximale. C’est donc ça, ce qu’elle veut ? Le tirailler, le broyer au bord du précipice, selon une si dangereuse inclinaison, contractant tous ses muscles au maximum pour verrouiller sa position, se garder de l’horrible chute. Pourquoi, pourquoi a-t-elle oublié les cataclysmes ? Car c’est ainsi qu’elle en a déclenché un. Ses Vagues grondent, c’est intenable, s’il ne peut éclater – pour ce soin d’elle – il les laisse affleurer pour la première fois devant elle, à l’infini. Les traînées consument en stries nombreuses et continues ses joues, apportent une chaleur étouffante. Il avance de nouveau.
« Osez… osez me dire que vous n’avez pas peur. »
Lui, il sait ce qu’il ne pourra jamais offrir. Lui offrir. Elle a certainement des attentes, souhaite quelque offrande venant de lui. Mais laquelle ? Lesquelles ? Il ne pourra pas la contenter en tout. S’il est certaines choses qu’elle pourra toujours trouver ailleurs ou en quelqu’un autre ; il faut qu’elle prenne conscience qu’en se liant à lui elle se condamne sans doute. Elle se coupe de bien des possibilité, de bien des voies. Jusqu’à la fin des jours, ainsi qu’elle le dit. Non, ce n’est pas parce qu’ils seront tourtereaux ou qu’importe de quel surnom l’on pourrait affubler, qu’ils abattront toutes les frontières. Il ne lui permettra pas de vivre avec des regrets par sa faute, parce qu’elle a choisi les entraves qu’il peut représenter. Si renoncement il devait lui imposer, il n’est pas encore trop tard pour reculer. Pour lui rendre sa liberté. Il n’a aucun droit à lui amputer ses ailes. Il ne veut pas devenir sa prison. Il doit savoir ce qu’elle voudrait qu’il lui offre. Qu’elle parle ! Parle, enchanteresse ; et ne contiens ni tes mots, ni tes arts.
« Je ne pourrai pas tout vous offrir. Je ne voudrais pas être responsable du sacrifice d’un vœu, d’un désir, d’une aspiration. Je veux savoir. Que voulez-vous ? À quoi tenez-vous, à quoi ne renonceriez-vous pas ? Je dois le savoir, avant qu’il ne soit plus temps. Vous ne pouvez prétendre souscrire à tous mes impossibles. Parlez ! »
Désespéré. En enfant exigeant, petit empereur. Pourquoi n’est-elle pas capable de sentir les liens dans lesquels elle s’attache ?
« Osez… osez me dire que vous n’avez pas peur. »
Lui, il sait ce qu’il ne pourra jamais offrir. Lui offrir. Elle a certainement des attentes, souhaite quelque offrande venant de lui. Mais laquelle ? Lesquelles ? Il ne pourra pas la contenter en tout. S’il est certaines choses qu’elle pourra toujours trouver ailleurs ou en quelqu’un autre ; il faut qu’elle prenne conscience qu’en se liant à lui elle se condamne sans doute. Elle se coupe de bien des possibilité, de bien des voies. Jusqu’à la fin des jours, ainsi qu’elle le dit. Non, ce n’est pas parce qu’ils seront tourtereaux ou qu’importe de quel surnom l’on pourrait affubler, qu’ils abattront toutes les frontières. Il ne lui permettra pas de vivre avec des regrets par sa faute, parce qu’elle a choisi les entraves qu’il peut représenter. Si renoncement il devait lui imposer, il n’est pas encore trop tard pour reculer. Pour lui rendre sa liberté. Il n’a aucun droit à lui amputer ses ailes. Il ne veut pas devenir sa prison. Il doit savoir ce qu’elle voudrait qu’il lui offre. Qu’elle parle ! Parle, enchanteresse ; et ne contiens ni tes mots, ni tes arts.
« Je ne pourrai pas tout vous offrir. Je ne voudrais pas être responsable du sacrifice d’un vœu, d’un désir, d’une aspiration. Je veux savoir. Que voulez-vous ? À quoi tenez-vous, à quoi ne renonceriez-vous pas ? Je dois le savoir, avant qu’il ne soit plus temps. Vous ne pouvez prétendre souscrire à tous mes impossibles. Parlez ! »
Désespéré. En enfant exigeant, petit empereur. Pourquoi n’est-elle pas capable de sentir les liens dans lesquels elle s’attache ?
Enthalpie
Quand on a dix-neuf, que sait-on de la vie ? Quelles sont nos exigences ? Et sur quelles expériences les fondons-nous ? Les mots comme le ton qu’il emploie, sous-texte corrosif… que lui arrive-t-il soudain ? Elle se dit... une formule a été maladroite. Des mots de Circéia ont poussé dans le vide un enfant à l’élan différent. Elle n’est pas lui et à trop l’oublier, sans doute a-t-elle inondé le terreau, provoquant l’asphyxie.
Quand on a dix-neuf ans, on croit toujours que la mort est le terme. C’est forcément énorme, le désir qu’on ressent. C’est un émoi d’enfant, une pulsion non dressée. Il est un mustang et ses derniers mots ont fait rugir la bête : jusqu’à la fin des jours. C’est sûr, elle en a trop dit, même si le peu qu’elle sait lui permet d’affirmer qu’elle en est convaincue. Il n’est pas le garçon dont on voit se tracer les contours progressifs dans nos semaines de vide. Il l’a capturée, dans l’instant elle sentait qu’elle tenait quelque chose. Mais elle ne désire pas obtenir des faveurs, retenir prisonnier un être épris de Lune. Il faut le laisser vivre, respirer à sa guise. C’est un sauvageon, un futur misanthrope. A trop dicter sa loi aux éléments du vent, on finit par couler, sans respecter les vagues. Elle aussi donne du sens à certaines grandes idées. Circéia est fidèle, entrer dans son jardin est vraiment difficile mais une fois pénétré, vous êtes de la famille, la garde prétorienne. Un Feydakin. Moadib’ lui-même ne la renierait pas, son honneur, pur, la désigne comme exemple. S’il n’était pas fidèle, il le paierait très cher. Mais elle ne le sait pas encore, et surtout pas assez. Ce principe est en germe, un principe théorique. Le mensonge en revanche est une chose qu’elle peut dire. S’il lui mentait, il perdrait son estime. Là encore, dix-neuf ans…. Car certaines vérités doivent se terrer dans l’ombre, parler peut faire très mal, surtout quand il s’agit de révéler des riens. Non, ça aussi elle ne le dira pas. Circéia ne sait pas ce qu’il désire entendre. Peut-être des raisons de ne pas lui céder… non… la rejoindre. Et s’il prenait cette forme, son refus ? Elle essaye de se dire qu’une fois parti, il comprendra qu’elle aussi est en lui, que cela lui pèsera.
- Hjúki, j’aimerais juste que l’on se revoit vite !?!
C’est le moins qu’elle puisse dire. Les idées sont nombreuses, les possibilités aussi mais l’heure n’est pas au choix, il faut encore parler.
Quand on a dix-neuf ans, on se teste à l’amour, un jour ou l’autre il croise notre chemin. Elle l’admet, c’est violent. Et l’on fait des erreurs. En d’autres circonstances, elle s’en moquerait, tant pis si elle le paye. Mais là… il entre en jeu, lui aussi est ici, il faut compter avec.
-… si vous le voulez bien… je ne peux pas vous forcer…
Quand on a dix-neuf ans, on croit qu’il est un protocole, une danse, un rituel. On répète les structures apprises dans les romans, le gentil, le méchant, l’incompris et le monstre. Julien, Casanova, Rebecca au besoin… Inutile de chercher l’unité entre eux trois, de même la jeune Serdaigle n’était que le moyen de scinder le héros entre essai et destin. Elle n'a pas les outils pour donner des leçons, elle n’en a pas les clés. On ne peut poser l’axiome avant de l’avoir prouvé. Deux enfants, comme les autres. Juste un peu plus bavards. Soif de leçons d’amour ? Mais elles n’existent pas, sauf à les vivre soi, ce qu’ils expérimentent.
- Non, Hjúki je n’ai pas peur. Et je ne conçois pas de vouloir quelque chose que je ne donnerais pas.
Dans son coeur, la peur n’existe pas, pas sous cette forme-là. Il faut saisir l’instant. En ayant cédé vite à ses élans intimes, elle se trouve acculée, sans solution valable. Juste le reposer, dans un endroit tranquille, que ses pieds touchent la terre, qu’il n’ait plus peur du vide. Des baisers de surface ne sont jamais assez. Elle aurait dû insister davantage, pour que l’étape soit claire, avant que quelques mots ne tombent le rideau qui d’évidence pesait trop lourd entre eux. Elle est sûre d’elle et n’a aucune idée de la façon d‘aimer, de répondre, de rester là, à ses côtés, paisiblement. Lui veut des mots, elle préfère le silence. Le voilà, le premier affrontement.
- Nous sommes des êtres libres Hjúki. Il n’y a que cela qui compte.
Circéia Alekhina n’a pas été élevée dans le désir du tout, la domination n’est pas son monde. Elle perçoit les angoisses du garçon qu’elle accueille. Le professeur qui l’a éconduite a eu aussi des mots dont l’élan un peu sec avait touché son coeur. Mais d’une autre manière. Ce choc-là, elle y est désormais habituée. Du moins le connaît-elle. La stupéfaction n’est pas de mise, tout au plus a-t-elle le sentiment qu’il la teste, sans doute inconsciemment. Elle ne compte pas s’énerver. Et n’y pense pas du tout. Mieux connaître Hjúki l’aiderait, c’est certain. Ainsi privée de références, elle ne peut que répondre avec le coeur qu’elle a. Un coeur plein d’Anastase, un coeur jeune et aimant. Un coeur un peu trop vert. Un coeur à partager.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Quand on a dix-neuf ans, on croit toujours que la mort est le terme. C’est forcément énorme, le désir qu’on ressent. C’est un émoi d’enfant, une pulsion non dressée. Il est un mustang et ses derniers mots ont fait rugir la bête : jusqu’à la fin des jours. C’est sûr, elle en a trop dit, même si le peu qu’elle sait lui permet d’affirmer qu’elle en est convaincue. Il n’est pas le garçon dont on voit se tracer les contours progressifs dans nos semaines de vide. Il l’a capturée, dans l’instant elle sentait qu’elle tenait quelque chose. Mais elle ne désire pas obtenir des faveurs, retenir prisonnier un être épris de Lune. Il faut le laisser vivre, respirer à sa guise. C’est un sauvageon, un futur misanthrope. A trop dicter sa loi aux éléments du vent, on finit par couler, sans respecter les vagues. Elle aussi donne du sens à certaines grandes idées. Circéia est fidèle, entrer dans son jardin est vraiment difficile mais une fois pénétré, vous êtes de la famille, la garde prétorienne. Un Feydakin. Moadib’ lui-même ne la renierait pas, son honneur, pur, la désigne comme exemple. S’il n’était pas fidèle, il le paierait très cher. Mais elle ne le sait pas encore, et surtout pas assez. Ce principe est en germe, un principe théorique. Le mensonge en revanche est une chose qu’elle peut dire. S’il lui mentait, il perdrait son estime. Là encore, dix-neuf ans…. Car certaines vérités doivent se terrer dans l’ombre, parler peut faire très mal, surtout quand il s’agit de révéler des riens. Non, ça aussi elle ne le dira pas. Circéia ne sait pas ce qu’il désire entendre. Peut-être des raisons de ne pas lui céder… non… la rejoindre. Et s’il prenait cette forme, son refus ? Elle essaye de se dire qu’une fois parti, il comprendra qu’elle aussi est en lui, que cela lui pèsera.
- Hjúki, j’aimerais juste que l’on se revoit vite !?!
C’est le moins qu’elle puisse dire. Les idées sont nombreuses, les possibilités aussi mais l’heure n’est pas au choix, il faut encore parler.
Quand on a dix-neuf ans, on se teste à l’amour, un jour ou l’autre il croise notre chemin. Elle l’admet, c’est violent. Et l’on fait des erreurs. En d’autres circonstances, elle s’en moquerait, tant pis si elle le paye. Mais là… il entre en jeu, lui aussi est ici, il faut compter avec.
-… si vous le voulez bien… je ne peux pas vous forcer…
Quand on a dix-neuf ans, on croit qu’il est un protocole, une danse, un rituel. On répète les structures apprises dans les romans, le gentil, le méchant, l’incompris et le monstre. Julien, Casanova, Rebecca au besoin… Inutile de chercher l’unité entre eux trois, de même la jeune Serdaigle n’était que le moyen de scinder le héros entre essai et destin. Elle n'a pas les outils pour donner des leçons, elle n’en a pas les clés. On ne peut poser l’axiome avant de l’avoir prouvé. Deux enfants, comme les autres. Juste un peu plus bavards. Soif de leçons d’amour ? Mais elles n’existent pas, sauf à les vivre soi, ce qu’ils expérimentent.
- Non, Hjúki je n’ai pas peur. Et je ne conçois pas de vouloir quelque chose que je ne donnerais pas.
Dans son coeur, la peur n’existe pas, pas sous cette forme-là. Il faut saisir l’instant. En ayant cédé vite à ses élans intimes, elle se trouve acculée, sans solution valable. Juste le reposer, dans un endroit tranquille, que ses pieds touchent la terre, qu’il n’ait plus peur du vide. Des baisers de surface ne sont jamais assez. Elle aurait dû insister davantage, pour que l’étape soit claire, avant que quelques mots ne tombent le rideau qui d’évidence pesait trop lourd entre eux. Elle est sûre d’elle et n’a aucune idée de la façon d‘aimer, de répondre, de rester là, à ses côtés, paisiblement. Lui veut des mots, elle préfère le silence. Le voilà, le premier affrontement.
- Nous sommes des êtres libres Hjúki. Il n’y a que cela qui compte.
Circéia Alekhina n’a pas été élevée dans le désir du tout, la domination n’est pas son monde. Elle perçoit les angoisses du garçon qu’elle accueille. Le professeur qui l’a éconduite a eu aussi des mots dont l’élan un peu sec avait touché son coeur. Mais d’une autre manière. Ce choc-là, elle y est désormais habituée. Du moins le connaît-elle. La stupéfaction n’est pas de mise, tout au plus a-t-elle le sentiment qu’il la teste, sans doute inconsciemment. Elle ne compte pas s’énerver. Et n’y pense pas du tout. Mieux connaître Hjúki l’aiderait, c’est certain. Ainsi privée de références, elle ne peut que répondre avec le coeur qu’elle a. Un coeur plein d’Anastase, un coeur jeune et aimant. Un coeur un peu trop vert. Un coeur à partager.
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Enthalpie
Leurs surfaces sont dures, si dures qu’elles pourraient se casser si elles ne renonçaient pas tout de suite à se pousser ; un combat de robustes boucliers de formes bien loin d’être semblables et compatibles. La matière ductile s’adapte, accueille d’autres formes, ploie. D’autres matières renferment une telle force, une solidité à toute épreuve… ou presque. Presque, car soit elles survivent intactes et inchangées, soit elles cassent. Quelque chose les a solidifiés, s’ils persistent dans la voie où ils se sont engagé la brisure est imminente. D’ultimes efforts sont encore consacrés à la lutte avant de réaliser qu’il ne peut plus espérer une issue bénéfique. L’adolescent baisse les bras, il baisse son massif bouclier à regret. Il aurait voulu être plus impactant, il ne l’a pas égratigné. Comment peut-elle demeurer sereine alors que le paquebot a déjà rencontré la glace ? Les croit-elle déjà condamnés depuis longtemps, auquel cas nul besoin de résister ? Ce sont des naufragés ! Il ne veut pas dériver, il ne veut pas se résigner, il veut au moins un gouvernail pour trancher ces eaux.
Se revoir. Tel est donc son vœu. Un vœu si simple. Si elle tombait sur une lampe de génie, si elle rendait service à quelque divinité lui offrant rétribution par des faveurs ; ferait-elle une pareille demande ? Alors qu’elle aurait le pouvoir de changer le Monde, de mouvoir l’humanité, alors qu’à de très rares exceptions tout lui serait possible ; ne voudrait-elle réellement rien de plus que sa présence ? Vite, la précision qui change tout. Le caprice ou la volonté de tenir Chronos en son joug. En fin de compte elle veut bien changer le Monde. Car les courants maritimes se déplacent et se recroisent selon des cycles naturels ; et elle demande aux marées, aux remous de se présenter avant l’heure. Elle demande à Nature de briser ses cycles, elle demande un pouvoir immense, en fin de compte. Elle le sait : en fille d’Hécate elle pourrait menacer et faire plier la Lune, l’arracher à ses cycles paisibles ; en altérer les marées. Et elle fait ce vœu, elle invoque ce pouvoir ancestral. Il résistera, ne se fera pas arracher de sa place immuable. Tout comme l’on ne peut demander que la même Phase de Lune apparaisse chaque soir. Il faut patienter, regarder l’évolution incessante de l’apparition et de la disparition. Il regarde la sœur céleste Sol. À un mois du solstice elle demeurait déjà un peu plus longuement, mais les journées demeuraient relativement courtes. Vite correspondrait bien mieux à son départ qui ne devrait plus tarder.
« Deux Cycles. Sauriez-vous attendre un peu plus de deux Cycles Lunaires ? »
Dans le cadre de la préparation des rencontres de Máni avec son Opa il avait une vue claire du calendrier lunaire, et savait qu’au terme de cette attente le répit pascal surviendrait, il pourrait alors quitter le château en tout droit et toute quiétude. Il pourrait même lui rendre visite le jour de l’Anastase, de la résurrection. Si elle ne sait pas, elle saurait trouver. Cette femme le stupéfie toujours. Si elle n’a peur, cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun danger. Non, selon lui, elle est dans une situation pire encore. Elle est aveugle aux dangers. Quand le chasseur arrive avec ses coups détonants la plupart du gibier fuit. Parfois, sans qu’on ne puisse capter vraiment pourquoi, une créature continue à paître toute tranquille et pas le moins du monde dérangée. Ce n’est pas de la bravoure, ce n’est pas un courage de titane. C’est de la pure inconscience. De la naïveté. Il avait trouvé plus naïve que lui. S’il a mis tant de temps pour s’en rendre compte, c’est que cette idée lui paraissait tellement invraisemblable. Elle n’a pas peur parce qu’elle ne voit pas, c’est la seule explication que l’esprit de Hjúki est capable de composer.
Libres ? Il se déplace jusqu’à se retrouver en un espace suffisamment dégagé pour étendre ses bras en ligne droite, formant un T. Il commence alors à les agiter de haut en bas et de bas en haut, chaque côté se mouvant en décalage.
« Pour que nos ailes puissent se déployer sur leur entière envergure sans nous empiéter, nous aurons besoin d’un vaste espace. Volons, soit. Mais sans jamais nous heurter. »
Jaugeant à son ombre l’avancée temporelle, il réalise qu’il ne peut plus beaucoup rallonger ce moment.
« Je dois bientôt m’envoler vers un autre de mes nids. »
Lentement, il abaisse ses bras, mais différemment car cette fois, il ne cède pas.
Se revoir. Tel est donc son vœu. Un vœu si simple. Si elle tombait sur une lampe de génie, si elle rendait service à quelque divinité lui offrant rétribution par des faveurs ; ferait-elle une pareille demande ? Alors qu’elle aurait le pouvoir de changer le Monde, de mouvoir l’humanité, alors qu’à de très rares exceptions tout lui serait possible ; ne voudrait-elle réellement rien de plus que sa présence ? Vite, la précision qui change tout. Le caprice ou la volonté de tenir Chronos en son joug. En fin de compte elle veut bien changer le Monde. Car les courants maritimes se déplacent et se recroisent selon des cycles naturels ; et elle demande aux marées, aux remous de se présenter avant l’heure. Elle demande à Nature de briser ses cycles, elle demande un pouvoir immense, en fin de compte. Elle le sait : en fille d’Hécate elle pourrait menacer et faire plier la Lune, l’arracher à ses cycles paisibles ; en altérer les marées. Et elle fait ce vœu, elle invoque ce pouvoir ancestral. Il résistera, ne se fera pas arracher de sa place immuable. Tout comme l’on ne peut demander que la même Phase de Lune apparaisse chaque soir. Il faut patienter, regarder l’évolution incessante de l’apparition et de la disparition. Il regarde la sœur céleste Sol. À un mois du solstice elle demeurait déjà un peu plus longuement, mais les journées demeuraient relativement courtes. Vite correspondrait bien mieux à son départ qui ne devrait plus tarder.
« Deux Cycles. Sauriez-vous attendre un peu plus de deux Cycles Lunaires ? »
Dans le cadre de la préparation des rencontres de Máni avec son Opa il avait une vue claire du calendrier lunaire, et savait qu’au terme de cette attente le répit pascal surviendrait, il pourrait alors quitter le château en tout droit et toute quiétude. Il pourrait même lui rendre visite le jour de l’Anastase, de la résurrection. Si elle ne sait pas, elle saurait trouver. Cette femme le stupéfie toujours. Si elle n’a peur, cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun danger. Non, selon lui, elle est dans une situation pire encore. Elle est aveugle aux dangers. Quand le chasseur arrive avec ses coups détonants la plupart du gibier fuit. Parfois, sans qu’on ne puisse capter vraiment pourquoi, une créature continue à paître toute tranquille et pas le moins du monde dérangée. Ce n’est pas de la bravoure, ce n’est pas un courage de titane. C’est de la pure inconscience. De la naïveté. Il avait trouvé plus naïve que lui. S’il a mis tant de temps pour s’en rendre compte, c’est que cette idée lui paraissait tellement invraisemblable. Elle n’a pas peur parce qu’elle ne voit pas, c’est la seule explication que l’esprit de Hjúki est capable de composer.
Libres ? Il se déplace jusqu’à se retrouver en un espace suffisamment dégagé pour étendre ses bras en ligne droite, formant un T. Il commence alors à les agiter de haut en bas et de bas en haut, chaque côté se mouvant en décalage.
« Pour que nos ailes puissent se déployer sur leur entière envergure sans nous empiéter, nous aurons besoin d’un vaste espace. Volons, soit. Mais sans jamais nous heurter. »
Jaugeant à son ombre l’avancée temporelle, il réalise qu’il ne peut plus beaucoup rallonger ce moment.
« Je dois bientôt m’envoler vers un autre de mes nids. »
Lentement, il abaisse ses bras, mais différemment car cette fois, il ne cède pas.
Enthalpie
Partir ? Mais il reste le fruit, le café, les adieux, les promesses…
Il me teste. Encore. Il faut dire qu’il doit sans doute régler quelques problèmes avant de retourner dans la tour des Griffons. Son propos est plausible. Mais je n’y crois qu’un peu. Il a en lui tous les vieux panthéons et ce qu’ils nous apprennent est que l’on ne doit pas se confronter Dieux. Si Ulysse doit rentrer, je ne le retiens pas. C’est lui qui reviendra.
- Vous devez déjà partir ?
Une heure depuis leur fuite ? Les géants des grands soins, et ensuite sa cuisine, nos mots si passionnants, nos questions, nos caresses. Timides je dois l’avouer, elles étaient les premières !?! Une heure, et un peu plus, mais pas beaucoup… la liberté impose discipline et tenue.
- Hjúki…
S’il doit bientôt partir, il faut demeurer digne. Choisir avec sang froid les dernières choses à dire. Je pourrais demander s’il va voir son Opa, quelqu’un d’autre, qui sait ? Que sont ces nids ? La jalousie n’est pas de mise, juste la tristesse d’un vide qui me remplit, à vitesse affolante. Digne. Demeurer belle, enfin autant que peux.
- Hjúki, je suis très heureuse d’avoir marché avec vous dans la neige.
Je ne sais pas bien s’il plaisante, s’il dit vrai. Dans le doute, j’ai choisi qu’il dit vrai. Quelque chose, il doit partir avec quelque chose qui m’appartient, quelque chose auquel je tiens, quelque chose de moi, un morceau important.
- Hjúki, prenez ceci. Quand vous lirez pensez à moi, adorable sorcière. Vous trouverez un texte ainsi intitulé.
C’est un livre d’un poète français, sur la page de gauche on trouve le texte original. Et à droite, le texte, qui varie de l’anglais au russe et au finnois. De longs poèmes, que j’adore même s’ils sont souvent noirs. Trop d’amour dans Eluard et il n’est pas traduit. Là, il pourra, s’il le veut, venir un peu vers moi, se rapprocher. Il aura quelques mots dans son ciel étoilé, le soir, du haut d’une tour dans mon château d’enfance. Il adhère au propos, réclame sa liberté, celle de ne pas briser nos élans respectifs en se mêlant à l’autre inconsidérément. Je suis allée trop vite, c’est ma faute, pauvre fille.
- Au rythme d’un par jour, vous n’aurez pas fini quand on se reverra.
L’idée de son départ, je dois l’admettre, s’instille et ça fait mal. Je peux le cacher, non, je ne pleurerai pas, ou juste à l’intérieur. Il partira avec un beau souvenir, je le veux. Si je dois souffrir, ce sera de l’attente. Je ne vais pas gâcher le peu de temps qui reste.
- Hjúki, c’était mon plus beau samedi soir.
Il a pris ses distances, j’ai peur de le chasser si je m’approche de lui. Précautions, retenue, il faut diplomatie, tendresse, féminité. Aidez-moi mes yeux, soutenez mon émoi, et retenez ma peine. Je dois le voir, m’emplir de lui quand il est temps encore. Mon Hjúki. Je n’y crois pas, il va partir.
- Nous sommes libres, libres vous m’entendez ?
Il a pris ses distances, j’ai peur de m’approcher, de poser le baiser qui le ferait partir, les mots, les mots en place des gestes. Mes maux. Demain, ce soir et juste après. Mais encore un instant le bonheur d’être deux. Il va partir ? Mais que ferai-je ce soir ? Et demain ? Non, ce n’est pas possible. Et pourtant il le faut. Satanée Anna, c’était donc ça, l’impossible vécu. Les gens qui s’aiment sont pris par la douleur. Je dois l’accepter. Et chérir le passage de la lune dans mon ciel. Tout devient si confus. Il n’a pas pris le livre, pas encore.
- Je renonce à ne pas vous attendre.
Je mets mes mains sur mon coeur et je le lui envoie. Avec ma canne, je me tiens droite, presque noble. Nikita au dehors regarde sans comprendre. Il a faim mais attend que le balai finisse. Mon sourire est sans doute un peu mélancolique. Je ne peux pas risquer de le garder pour moi. Hjúki, pars avec, lui, le sourire d’une personne que tu as rendue belle.
Liberté chérie, tu nous obliges mais je t’aime tant.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Il me teste. Encore. Il faut dire qu’il doit sans doute régler quelques problèmes avant de retourner dans la tour des Griffons. Son propos est plausible. Mais je n’y crois qu’un peu. Il a en lui tous les vieux panthéons et ce qu’ils nous apprennent est que l’on ne doit pas se confronter Dieux. Si Ulysse doit rentrer, je ne le retiens pas. C’est lui qui reviendra.
- Vous devez déjà partir ?
Une heure depuis leur fuite ? Les géants des grands soins, et ensuite sa cuisine, nos mots si passionnants, nos questions, nos caresses. Timides je dois l’avouer, elles étaient les premières !?! Une heure, et un peu plus, mais pas beaucoup… la liberté impose discipline et tenue.
- Hjúki…
S’il doit bientôt partir, il faut demeurer digne. Choisir avec sang froid les dernières choses à dire. Je pourrais demander s’il va voir son Opa, quelqu’un d’autre, qui sait ? Que sont ces nids ? La jalousie n’est pas de mise, juste la tristesse d’un vide qui me remplit, à vitesse affolante. Digne. Demeurer belle, enfin autant que peux.
- Hjúki, je suis très heureuse d’avoir marché avec vous dans la neige.
Je ne sais pas bien s’il plaisante, s’il dit vrai. Dans le doute, j’ai choisi qu’il dit vrai. Quelque chose, il doit partir avec quelque chose qui m’appartient, quelque chose auquel je tiens, quelque chose de moi, un morceau important.
- Hjúki, prenez ceci. Quand vous lirez pensez à moi, adorable sorcière. Vous trouverez un texte ainsi intitulé.
C’est un livre d’un poète français, sur la page de gauche on trouve le texte original. Et à droite, le texte, qui varie de l’anglais au russe et au finnois. De longs poèmes, que j’adore même s’ils sont souvent noirs. Trop d’amour dans Eluard et il n’est pas traduit. Là, il pourra, s’il le veut, venir un peu vers moi, se rapprocher. Il aura quelques mots dans son ciel étoilé, le soir, du haut d’une tour dans mon château d’enfance. Il adhère au propos, réclame sa liberté, celle de ne pas briser nos élans respectifs en se mêlant à l’autre inconsidérément. Je suis allée trop vite, c’est ma faute, pauvre fille.
- Au rythme d’un par jour, vous n’aurez pas fini quand on se reverra.
L’idée de son départ, je dois l’admettre, s’instille et ça fait mal. Je peux le cacher, non, je ne pleurerai pas, ou juste à l’intérieur. Il partira avec un beau souvenir, je le veux. Si je dois souffrir, ce sera de l’attente. Je ne vais pas gâcher le peu de temps qui reste.
- Hjúki, c’était mon plus beau samedi soir.
Il a pris ses distances, j’ai peur de le chasser si je m’approche de lui. Précautions, retenue, il faut diplomatie, tendresse, féminité. Aidez-moi mes yeux, soutenez mon émoi, et retenez ma peine. Je dois le voir, m’emplir de lui quand il est temps encore. Mon Hjúki. Je n’y crois pas, il va partir.
- Nous sommes libres, libres vous m’entendez ?
Il a pris ses distances, j’ai peur de m’approcher, de poser le baiser qui le ferait partir, les mots, les mots en place des gestes. Mes maux. Demain, ce soir et juste après. Mais encore un instant le bonheur d’être deux. Il va partir ? Mais que ferai-je ce soir ? Et demain ? Non, ce n’est pas possible. Et pourtant il le faut. Satanée Anna, c’était donc ça, l’impossible vécu. Les gens qui s’aiment sont pris par la douleur. Je dois l’accepter. Et chérir le passage de la lune dans mon ciel. Tout devient si confus. Il n’a pas pris le livre, pas encore.
- Je renonce à ne pas vous attendre.
Je mets mes mains sur mon coeur et je le lui envoie. Avec ma canne, je me tiens droite, presque noble. Nikita au dehors regarde sans comprendre. Il a faim mais attend que le balai finisse. Mon sourire est sans doute un peu mélancolique. Je ne peux pas risquer de le garder pour moi. Hjúki, pars avec, lui, le sourire d’une personne que tu as rendue belle.
Liberté chérie, tu nous obliges mais je t’aime tant.
Diplômée de l’ISDM => naturellement charismatique.
Vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même...
Enthalpie
Les racines de son enchanteresse sont ici et c’est pourquoi elle le demeurera. Circéia est en ces lieux l’arbre se nourrissant au plus profond de la terre ; tandis que Hjúki n’y est qu’un Astre errant ou une Délos. Sans prise ses errances l’ont mené jusqu’à elle, mais elles l’éloigneront ensuite quelques temps avant de lui permettre d’approcher encore. Voguant au gré des courants. Délos à qui il a été offert de s’ancrer enfin après avoir permis la naissance des jumeaux grecs, la jeune génération qui reprit le flambeau d’Hélios et Séléné. Il n’est pas encore temps pour lui de se stabiliser définitivement. Libres. L’adolescent goûte la liberté jusqu’en ses mouvements, il ne veut pas se poser définitivement, il ne le peut pas. D’autres lieux l’appellent, qu’il rejoindra par ses errances. Oui, il doit partir, continuer de naviguer sur sa Délos. Elle demeure humble mais elle a raison. Sans doute représentaient-ils deux belles Silhouettes entourées des flocons à la chute tournoyante.
« J’ai aussi apprécié partager avec vous nos textures de marche. »
D’un geste paraissant spontané, ne nécessitant pas un long délai de réflexion pour choisir le volume, elle lui présente un ouvrage entre ses mains que ses doigts appréhendent mécaniquement avant seulement de baisser la tête pour le décrypter. *Adorable sorcière ?* La confusion se peint sur son visage alors qu’il contemple la couverture, coi. Ce livre serait sa langue, son Monde ? Penser à elle… Ses Perles-de-Nótt font des allées et venues incessantes entre le titre et ladite adorable sorcière.
Un Pont, c’en est un, entre ses mains, de ceux qui le séduisent. Ce n’était pas exactement la même édition qu’Opa lui avait offerte au milieu de sa scolarité mais il était capable de reconnaître qu’il s’agissait de la même œuvre. Les mêmes pages offertes, par des intentions toutefois bien différentes. Le premier voulait guider sa Pousse, l’amener à grandir, lui montrer comment voir la clarté dans l’étouffante pénombre. La seconde voulait simplement qu’il pense à elle. Ainsi prend-elle son statut d’Étoile qui déchire le sombre. Pensif, il caresse du bout des doigts le grain à la surface du recueil. Une façon bien poétique d’envoyer ou d’offrir un bouquet de Fleurs, il l’a tout de même compris. L’imaginait-elle avoir cette révélation au loin, après étude des vers ? À raison d’un par jour… elle veut certainement l’enivrer de ses Parfums, l’entêter. L’ouverture du livre le lui confirme, elle a tant déposé de soi entre ces pages. Il lui suffira d’inspirer, simplement, pour l’invoquer à ses côtés à tout moment. Elle est terriblement ingénieuse, surtout si elle lui a vraiment tendu l’anthologie sans prendre le temps du calcul. Parcourant rapidement quelques mots à la volée, il remarque en quoi cette édition diffère exactement de la sienne, en plus des vers français le texte est traduit en d’autres langues, même celles qu’il ne connaît. Effeuillant encore quelques sections, il identifie l’alphabet cyrillique dont il n’est pas familier, contrairement au grec. Et…un sacré défi qu’elle lui lance là, soupçon confirmé dans la préface.
« Serait-ce du finnois ? Une rare langue qui ne soit pas indo-européenne dans le continent… Nos langages diffèrent-ils donc tant ? »
Calés sur deux systèmes indépendants, ils ne bénéficient pas de la parenté des voisins issus de quelque ancêtre commun. Ils doivent se découvrir en tout. Pour autant, il n’en oublie pas le Pont. Il brandit le livre à plat entre eux, pour tenter de le matérialiser à ses yeux.
« Opa m’en avait offert un, pour mon année centrale au château, le point de bascule. Je n’aurais pas songé à vous offrir le mien, mais à présent que je reçois vos Fleurs… non, ce serait un bien trop étrange miroir. »
Ou bien si ? Spontanément, il aurait plutôt songé à lui confier des vers antiques, mais l’apparition inattendue d’un tel reflet entre eux est si intrigante. Il connaît d’autres Fleurs, il y a tant et tant de façons d’en offrir. Des Fleurs de tulle ou de Terpsichore représenteraient aussi bellement une partie de son univers. Il hésite. Il y repensera quand ce sera lui qui se tiendra, à son tour, devant sa bibliothèque, ou équivalent. Ce hasard est tout de même… Était-ce lui qui disait que Tyché séparait ? Elle rejoint aussi par des voies surprenantes et fascinantes. Il la reçoit ; et le sourire aux lèvres, il pose le recueil contre sa poitrine, d’où il bat.
« J’ai aussi apprécié partager avec vous nos textures de marche. »
D’un geste paraissant spontané, ne nécessitant pas un long délai de réflexion pour choisir le volume, elle lui présente un ouvrage entre ses mains que ses doigts appréhendent mécaniquement avant seulement de baisser la tête pour le décrypter. *Adorable sorcière ?* La confusion se peint sur son visage alors qu’il contemple la couverture, coi. Ce livre serait sa langue, son Monde ? Penser à elle… Ses Perles-de-Nótt font des allées et venues incessantes entre le titre et ladite adorable sorcière.
Un Pont, c’en est un, entre ses mains, de ceux qui le séduisent. Ce n’était pas exactement la même édition qu’Opa lui avait offerte au milieu de sa scolarité mais il était capable de reconnaître qu’il s’agissait de la même œuvre. Les mêmes pages offertes, par des intentions toutefois bien différentes. Le premier voulait guider sa Pousse, l’amener à grandir, lui montrer comment voir la clarté dans l’étouffante pénombre. La seconde voulait simplement qu’il pense à elle. Ainsi prend-elle son statut d’Étoile qui déchire le sombre. Pensif, il caresse du bout des doigts le grain à la surface du recueil. Une façon bien poétique d’envoyer ou d’offrir un bouquet de Fleurs, il l’a tout de même compris. L’imaginait-elle avoir cette révélation au loin, après étude des vers ? À raison d’un par jour… elle veut certainement l’enivrer de ses Parfums, l’entêter. L’ouverture du livre le lui confirme, elle a tant déposé de soi entre ces pages. Il lui suffira d’inspirer, simplement, pour l’invoquer à ses côtés à tout moment. Elle est terriblement ingénieuse, surtout si elle lui a vraiment tendu l’anthologie sans prendre le temps du calcul. Parcourant rapidement quelques mots à la volée, il remarque en quoi cette édition diffère exactement de la sienne, en plus des vers français le texte est traduit en d’autres langues, même celles qu’il ne connaît. Effeuillant encore quelques sections, il identifie l’alphabet cyrillique dont il n’est pas familier, contrairement au grec. Et…un sacré défi qu’elle lui lance là, soupçon confirmé dans la préface.
« Serait-ce du finnois ? Une rare langue qui ne soit pas indo-européenne dans le continent… Nos langages diffèrent-ils donc tant ? »
Calés sur deux systèmes indépendants, ils ne bénéficient pas de la parenté des voisins issus de quelque ancêtre commun. Ils doivent se découvrir en tout. Pour autant, il n’en oublie pas le Pont. Il brandit le livre à plat entre eux, pour tenter de le matérialiser à ses yeux.
« Opa m’en avait offert un, pour mon année centrale au château, le point de bascule. Je n’aurais pas songé à vous offrir le mien, mais à présent que je reçois vos Fleurs… non, ce serait un bien trop étrange miroir. »
Ou bien si ? Spontanément, il aurait plutôt songé à lui confier des vers antiques, mais l’apparition inattendue d’un tel reflet entre eux est si intrigante. Il connaît d’autres Fleurs, il y a tant et tant de façons d’en offrir. Des Fleurs de tulle ou de Terpsichore représenteraient aussi bellement une partie de son univers. Il hésite. Il y repensera quand ce sera lui qui se tiendra, à son tour, devant sa bibliothèque, ou équivalent. Ce hasard est tout de même… Était-ce lui qui disait que Tyché séparait ? Elle rejoint aussi par des voies surprenantes et fascinantes. Il la reçoit ; et le sourire aux lèvres, il pose le recueil contre sa poitrine, d’où il bat.
