14 oct. 2016, 10:34
 09/2041  Introduction au nouveau contexte
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VERSION TEXTUELLE
Reducio
Erza courait de toutes ses forces. Elle courait comme si le monde entier en avait après elle. Ses poumons avaient beau lui crier leur mécontentement à coup de brûlures, elle n'était pas prête de s'arrêter, pas maintenant. Le danger la pressait de toutes parts. Elle pouvait clairement l'entendre aux nombreux bruits de pas accélérés qui entouraient sa fuite dans les ruelles sombres et étonnamment désertes, de Johannesburg. Ils en avaient après elle. Elle l'avait su à la seconde où elle s'était emparée du paquet qu'elle tenait à présent serré contre sa poitrine. Ils en avaient après elle et ils ne rechigneraient pas à la torturer s'ils réussissaient à lui mettre la main dessus. Ils lui arracheraient tous ses secrets, y compris celui qui lui avait permis de s'introduire au coeur du Cabinet (l'équivalent, en Afrique du Sud, du Ministère de la Magie.) Une telle chose ne pouvait arriver. Erza était déterminée à leur échapper, coûte que coûte.

Pour cela, Erza devait atteindre le dernier portoloin en partance pour l'Angleterre. D'après les informations qu'elle avait réussies à glaner au Cabinet, celui-ci se trouvait dans les quartiers sud de la ville en contrebas de Metaxas Road. Mais pour l'atteindre, elle ne pouvait compter que sur ses jambes. Le Cabinet avait proscrit le transplanage depuis l'arrivée au pouvoir du P.U.M., le Partie pour l'Unité Magique, grâce à un procédé magique qui envoyait tous les réfractaires directement en prison. Les malheureux espérant échapper au Cabinet par ce biais se retrouvait à transplaner directement dans une cellule dans laquelle ils perdaient tout usage de leurs pouvoirs magiques. C'était l'une des mesures qui, parmi tant d'autres, assurait au Cabinet un contrôle absolu sur les moindres et faits et gestes de la population magique du pays. Erza n'avait aucune envie de finir dans l'une de ces cellules, à la merci du Parti. Elle n'avait donc d'autre choix que de fuir son pays. Plus rien ne l'y retenait désormais. Le Parti la traquerait certainement à l'autre bout du monde, mais elle avait l'espoir de se trouver des alliés en Angleterre. Des alliés qui pourraient la cacher du Parti. De ce qu'elle avait pu entendre avant l'arrivée au pouvoir du P.U.M., les institutions y étaient très différentes d'ici. Même la magie y était différente. Elle n'avait désormais plus qu'un seul espoir : que tout ce qu'elle avait entendu soit vrai.

En dévalant Metaxas Road, Erza tomba sur une vingtaine d'agents de la Brigade de Régulation des Mœurs: la police interne du Parti transformée en brigade magique ayant pratiquement tous les pouvoirs sur la population. Erza comprit des lors pourquoi toutes les rues qu'elle avait empruntées étaient désertes. Le Parti avait dû s'assurer qu'elle arriverait sans encombres précisément là où elle espérait lui échapper. Le plan était somme toute sadique, comme tout ce qui touchait de près ou de loin au Parti. Erza se maudit d'avoir cru un seul instant qu'il lui suffirait de courir jusqu'au portoloin et de s'en emparer la première pour s'enfuir. Les agents de la Brigade de Régulation des Mœurs ne lui laissèrent pas le temps de réfléchir plus longtemps à un moyen de leur échapper. Deux d'entre eux relevèrent leurs manches, révélant des avant-bras musculeux couverts de tatouages runiques mais Erza les devança. Elle posa un genou au sol et frappa le sol de sa main droite, elle aussi couverte de tatouages runiques. En réaction, la terre ondula comme de l'eau autour d'elle au point de déséquilibrer ses ennemis et de les renverser au sol. Profitant de cet avantage, elle dessina par terre un carré avec son index. Immédiatement quatre murs de terre hauts de plusieurs mètres s'élevèrent autour des agents de la Brigade pour les emprisonner.

Erza ne s'attarda pas plus longtemps sur place. Derrière elle, trois silhouettes noires jaillirent en courant d'une haie. Effrayée, Erza courut aussi vite qu'elle le put vers un attroupement de sorciers ordinaires. Tous semblaient attendre l'apparition de quelque chose, valises en main. Ce quelque chose, c'était une vieille botte au cuir rapiécé qui apparut dans un petit pop sonore : la dernière ligne directe pour l'Angleterre. Ces gens devaient être membres de l'ancien Cabinet ou tout du moins de la famille de celles et ceux qui avaient travaillé pour l'ancien Cabinet, car de ce que présageait Erza, aucun membre de l'ancien Cabinet ne pourrait jamais quitter librement le territoire.

Elle ressentit un pincement au coeur lorsqu'elle se fraya un chemin parmi eux. Son regard croisa les leurs, abasourdis ou craintifs. Elle leur demanda pardon en s'imprégnant de chacun de leur visage et se saisit du portoloin en sachant qu'elle les condamnait tous.
Adieu l'Afrique du Sud. Bonjour l'Angleterre.

Introduction - Erza Nyakane