Carcan Émotif
[ 2 FÉVRIER 2042 ]
Charlie, 12 ans.
1ère Année
Charlie, 12 ans.
1ère Année

Charlie ouvrit faiblement les yeux. Un bruit aqueux venait d'éveiller sa conscience. L'eau coulait bruyamment en cette fin de soirée. La gryffone détacha son visage de la maigre cloison, elle s'était endormie dans la cabine la plus éloignée de la porte d'entrée des toilettes ; juste après les cours. Cette pièce réservée aux filles du premier étage était très peu fréquentée pour une raison obscure, c'était un refuge parfait pour Charlie. Une sorte de deuxième maison ; il était évidemment question de cette cabine du fond des toilettes, où elle passait son temps à rattraper son retard de sommeil. Ce petit espace cloisonné et exigu où trônait simplement une cuvette en tant que roi suprême accueillant les valets humains était l'endroit préféré de la Rouge et Or. Étroit, sombre même en plein jour, calme et surtout fermé. La porte de cet antre était toujours verrouillée par la gryffone. Risquer d'être découverte en train de dormir assise sur une cuvette n'était pas un projet très excitant.
Au début, le simple fait de s'assoupir lui était impossible. La position était trop inconfortable et le froid trop pénétrant. Pourtant, elle s'était habituée. Notamment depuis le soir du 28 décembre 2041, le jour où elle avait compris qu'elle devait fuir. Fuir Aelle, fuir Yuzu. Charlie essayait de tout faire en décalé avec la foule poudlardienne, ainsi elle mangeait après l'heure, dormait bien avant, étudiait dans des salles vides du château — notamment une bien précise au deuxième étage — et regardait ses pieds lors de ses déplacements. Grâce à tous ces subterfuges, elle n'avait pas revu Aelle, que ce soit de près ou de loin. Parfois ses pensées digressaient vers le cas inverse : Aelle l'avait-elle revue de loin ? Si c'était le cas, elle ne s'était jamais approchée, la Rouge et Or était au moins sûre de ce fait. Pour Yuzu, c'était plus compliqué. C'était une gryffone, ce qui induisait directement le même point de rencontre dans les dortoirs. De plus, son lit était proche de celui de Charlie. Juste en face. Sa technique était donc de détourner le regard dès qu'elle la voyait. Étrangement, elle non plus n'était pas revenue vers la Rouge et Or. Elle non plus…
Aujourd'hui, Charlie ne jurait que par sa faiblesse. « Pourquoi ? » voilà ce que répétait inlassablement son esprit. Charlie ne s'interrogeait pas pourquoi elle sentait que la fuite était nécessaire, mais plutôt pourquoi elle s'était attachée à des êtres aussi froids envers elle. La gryffone était sûre que le château pullulait de personnes qui pouvaient facilement être incroyablement gentilles avec elle, des personnes qui comprendraient ses élans d'affection, qui supporteraient ses coups de colère, qui calmeraient ses ardeurs décalées. Elle était sûre que de telles personnes existaient, elle se persuadait qu'il n'y avait pas seulement son père qui pouvait être comme cela. Oui, ces personnes existaient, pourtant Charlie ne s'attachait pas à eux ; elle n'y arrivait simplement pas. Finalement, la vraie question qu'elle se posait était : « Pourquoi est-ce que j'attire le mal ? ». La manipulation était chose aisée pour elle, mais elle était efficace seulement sur les personnes qui la laissaient indifférente, les personnes qui ne dégageaient rien, qui étaient loin de toucher le cœur de la Rouge et Or. Toutes ses connaissances étaient inutiles envers les êtres qui comptaient. Aelle n'était pas là. Yuzu n'était plus là. Ce que Charlie ne voyait pas, c'était que dans les deux cas, elle y était pour beaucoup.
Elle détacha ses fesses ankylosées et se leva. S'étirant de tout son long en plaquant ses mains contre les parois, elle attendit que la personne qui utilisait le lavabo daigne arrêter son boucan. Après quelques secondes, Charlie ouvrit la porte et sortit de sa cabine. La fille — ou le garçon rebelle — qui était là venait de partir, laissant la pièce à nouveau vide. La lumière du jour commençait à décroitre, allongeant les ombres d'une manière presque surréaliste. La gryffone s'avança vers un miroir, vérifia que ses cheveux étaient bien attachés en queue de cheval — ils étaient toujours attachés, à part une exception : le soir du 1er novembre — puis observa son reflet sans rien penser ni rien dire.
Le froid glacial de l'hiver était bien plus supportable avec la cape qu'elle portait. Une cape que Charlie portait en toute circonstance, elle dormait même avec lorsque celle-ci n'était pas mouillée par la neige. S'emmitoufler dedans en fermant les yeux était devenu un tic. Ce lourd tissu constituait la forteresse de la gryffone, elle se sentait forte et impénétrable malgré sa fatigue constante. Elle ne laissait personne toucher ce vêtement et avait en permanence les mains fourrées dans les poches du tissu. Depuis qu'elle avait découvert ce petit morceau de papier au fond de sa poche — signé d'une écriture caractéristique — cette cape était devenue une extension de son propre corps. La chérissant tellement que celle-ci lui suffisait pour supporter sa fuite. Pour se supporter elle-même. Tout cela pour fuir sa propre personne. Quel cercle rouillé.
Réajustant sa capuche, Charlie retourna dans sa cabine. L'engourdissement du réveil était encore présent, c'est pour cette raison qu'elle s'endormit en très peu de temps, le haut du corps posé contre la paroi gauche, le bas du corps assis sur le bord de la cuvette et le tout emmitouflé dans sa précieuse cape. Elle n'avait pas pensé à fermer la porte de son Antre, le sommeil avait fait son travail plus vite que prévu.
Reducio
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« Bienvenue chez Toi »
Carcan Émotif
Une journée comme les autres depuis l'arrivée de cette fameuse lettre. Bien pire qu'une simple beuglante retransmettant la voix d'une tierce personne, l'encre étalée sur le bout de papier de riz démontrait bien plus qu'une simple punition vocal, un concentré de signifiant bien triste qui plongeait Yuzu dans les abimes d'un océan de solitude. Ne sachant pour qu'elle raison, cette fois ci la japonaise décida de s'isoler dans l'enceinte du château. Il lui fallait une pièce avec une atmosphère comparable à ses émotions, vide, froide et peut être mème un peu sombre. Par chance une pièce répondait à tout les critères. La jeune rouge et or ou plutôt verte, argenté et noir par son anticonformisme de plus en plus prononcer et son refus de plus en plus flagrant de l'uniforme de sa maison, qui semblait d’ailleurs ne pas interpeller les professeurs ou même les préfets qui vis a vis de la fillette n’avaient à ce jour prononcés aucune remarque sur celui ci. Yuzu poussa silencieusement la porte des toilette des filles qui était comme attendu vide. La Japonaise se dirigea vers les lavabos et sortie sa lettre dans un silence de mort, coupé par le ruissellement de l'eau dans les canalisation, avant d'y rejeter un œil rapide dans le but de la relire pour au moins la centième fois si ce n'est plus depuis sa réception. Une fois fini sa lecture elle la laissa tomber sur le sol, tout en s'appuyant les bras tendu sur le lavabo et en se regardant dans le miroir. Elle ne savait que faire, cette sensation de vide qui résonnait dans le cœur de la japonaise la rendait inanimée. La colère et la tristesse, des émotions pourtant bien connue de la fillette, semblaient cette fois ci trop monstrueuse pour qu'elle ait la force de tout fracasser dans les toilette. Elle se contenta de rester là, fixant bêtement la glace et le reflet d'elle même, s'infligeant des scenarii de vengeance par centaine sur l'auteur encore inconnue de l'événement. Seule les très léger courants d'air froid faisait danser les quelques mèches de la japonaise ainsi que son haori. Aucun autre mouvements n'émanaient de la petite fille. Ne sachant que faire d'autre elle se contenta de rester dans un état végétatif tout en continuant de fixer le miroir. Aucune larmes de coulaient sur sa joue, elle semblait avoir atteint un stade de contrôle de ses émotions presque parfait vue de l’extérieur. Après un certain temps impossible à prédire, peut être quelque seconde voir des heures, à fixer ce reflet elle fini par se retourner regard vers le bas et taper avec un coup de pied terrible dans la lettre en question tout en continuant sa lente course vers une des fenêtres à l’opposé des toilettes afin de jeter un œil à l’extérieur. La pluie semblait commencer et le bruit énorme des goutes démesurés s'ajoutait au bruit de l'eau déjà présente. Une pluie beaucoup trop puissante et des gouttes bien trop grosse pour cristalliser par le froid, quelques goute cependant arrivait tant bien que mal à devenir de la glace avant de s'écraser sur la toiture du château. La fillette admirait le spectacle de l'autre coté de la fenêtre la tête posée dans sa paume de sa main droite et le bras gauche en appuis sur le rebord, elle se contentera pour se soir et cette nuit de rester ici sans tenir compte du couvre feu qui devait déjà être plus que passé.
Un simple " Magnifique " à voix basse se fit entendre, ce qui semblait être le dernier mot que Yuzu prononcera en ce 2 février
Un simple " Magnifique " à voix basse se fit entendre, ce qui semblait être le dernier mot que Yuzu prononcera en ce 2 février
Contenue de la lettre écrite en Japonais :
Yuzu & Hanai,
J'ai le terrible regret de vous annoncer que notre père ainsi que notre petit frère on été assassiné dans le soir du premier de l'an. Pour des raisons évidente de sécurité je ne peux vous en dire plus. Je ferrais le déplacement pour le Royaume Unis dès que je le peux. je suis désolé de vous annoncer ça par le biais de cette lettre. Vous aurez peut remarqué que votre mère ne répond plus aux messages, ne vous inquiétez pas je ferait tout pour la retrouver et protéger dès mon arrivé si celle ci est en danger. Notre famille vit un tournant tragique en cette nouvelle année mais restez forte. je vous enverrez une nouvelle lettre d'ici peu. Restez dans le château et ne le quittez pas sauf accompagner sous aucun prétexte (surtout toi Yuzu).
votre frère, Asari
Code couleur : #469277
*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !
Carcan Émotif
L'abattoir, de l'égo.
Le bavoir, des mots.
L'abreuvoir, du père.
Le butoir, d'une mère.
« décidée-Charlie-ma-belle-regarde-ressens-soit !-arrête !-ARRÊTE-ADAM ! »
« Pourquoi ? »
Ce n'est rien qu'une,
Bavure.
Qui se transforme en,
Rature.
L'attirance, inavouée.
La carence, exposée.
L'arrogance, délivrée.
La confiance, brisée.
« je-t'apprécie-Charlie-là-vous-haï-sincèrement-maintenant ?-AVEC-TOI ! »
« Pourquoi ? »
Ce n'est rien qu'une,
Rature.
Qui se transforme en,
Blessure.
L'humidité, des pensées.
Léger pas, de côté.
La mélasse, d'un seul regard.
L'allégresse, de l'étendard.
« prononce-mais-je-partirais-reste-à-ta-place-regretter-je-crois-TU-ME-HAIS ! »
« POURQUOI ?! »
Hurlement,
Bestial.
Explosion,
Vocale.
Monde,
Guttural.
Sang,
Abyssal.
Ce n'est rien qu'une,
Blessure.
Qui se transforme en,
Brûlure.
Fissure. Ciel.
Endure. Elle.
Magnifique.
MAGNIFIQUE !
Le bavoir, des mots.
L'abreuvoir, du père.
Le butoir, d'une mère.
« décidée-Charlie-ma-belle-regarde-ressens-soit !-arrête !-ARRÊTE-ADAM ! »
« Pourquoi ? »
Ce n'est rien qu'une,
Bavure.
Qui se transforme en,
Rature.
L'attirance, inavouée.
La carence, exposée.
L'arrogance, délivrée.
La confiance, brisée.
« je-t'apprécie-Charlie-là-vous-haï-sincèrement-maintenant ?-AVEC-TOI ! »
« Pourquoi ? »
Ce n'est rien qu'une,
Rature.
Qui se transforme en,
Blessure.
L'humidité, des pensées.
Léger pas, de côté.
La mélasse, d'un seul regard.
L'allégresse, de l'étendard.
« prononce-mais-je-partirais-reste-à-ta-place-regretter-je-crois-TU-ME-HAIS ! »
« POURQUOI ?! »
Hurlement,
Bestial.
Explosion,
Vocale.
Monde,
Guttural.
Sang,
Abyssal.
Ce n'est rien qu'une,
Blessure.
Qui se transforme en,
Brûlure.
Fissure. Ciel.
Endure. Elle.
Magnifique.
MAGNIFIQUE !
Charlie ouvrit difficilement les yeux. Abattement Accablant. Son corps était engourdi, elle avait tant dormi que l'obscurité avait avalé le peu de lumière qu'il restait. Il faisait nuit, elle n'avait aucune notion de l'heure, mais le simple fait qu'il fasse nuit était le déclencheur de la suite de son programme litanique.
Le son ambiant se faufila dans ses oreilles. Battement Permanent. Une myriade de coups incessants retentissait dans les toilettes. Des impacts pas assez forts pour être le crâne d'une élève contre un mur et pas assez faible pour être la tuyauterie. C'était aqueux. Encore une fois. Aqueux.
La gryffone ressentait une gêne oppressante. Elle était persuadée que ses nuits étaient vierges de tout rêve, de tout cauchemar. Le seul qu'elle avait fait et qui l'avait obsédé s'était manifesté un soir, à l'infirmerie. Des images luisaient quelquefois en pleine journée, des expressions faciales, des mots, des couleurs de ce cauchemar resurgissaient au grand jour — quand elle était seule — et elle se mettait à pleurer. Simplement. Horriblement. Pourtant, ce cauchemar était loin d'être le seul. Il était, certes, le Seul que sa conscience avait retenu, avait projeté et assimilé. Le Seul Survivant. Mais, Charlie traînait un cimetière de Morts. Des cauchemars refoulés instantanément, des images tortueuses effacées au gré de l'ouverture de ses yeux, des mots explosifs s'évaporant à l'orée de sa conscience, telle une barrière invisible, mais bien présente. Personne ne la voyait, certes. Cependant, Tout le Monde en avait Peur. Puisque c'était la mort assurée. Ces cauchemars mourraient en laissant des traces. Une sépulture aussi lourde qu'invisible. Charlie se réveillait toujours avec la sensation d'avoir combattu sans fin, de s'être faite malmenée, martyrisée par des combattants surpuissants. Elle n'avait pas tort. C'était exactement ce que son esprit faisait pendant son sommeil : combattre. Et plus elle dormait, plus elle était fatiguée. Son exténuation était sourde, la fatigue lui permettait au moins de ne plus beaucoup réfléchir. Elle n'avait pas la force de porter la moindre attention à ses pensées. C'était celles-ci, les lances de son esprit, qui venaient à elle. Et Charlie, soumise, n'avait aucune défense. Alors elle s'enveloppait dans sa cape, et pleurait. Jusqu'à s'endormir à nouveau. Les cimetières sont un rappel, le cimetière de Charlie est un appel, incessant, bourdonnant, suintant le Remord.
La gryffone avait le sommeil très léger tout en étant sélectif. Si les sons environnants étaient dus à la litanie : la pluie, le vent, le grincement de la tuyauterie… elle ne se réveillait pas. Par contre, tout autre bruit parasite : voix, pas, chute… lui percutait directement la conscience, déclenchant son processus de réveil instantané plutôt lent à se dérouler entièrement. Charlie observait la porte de sa cabine ouverte, essayant de réfléchir à toutes les possibilités. Quelqu'un avait forcé la porte ou quelqu'un avait lancé un sort ou quelqu'un… Toujours quelqu'un. La simple pensée que ce soit elle qui ait oublié de fermer la porte ne l'effleura même pas. Elle tendait l'oreille. À part les coups de la nature aqueuse, il n'y avait rien d'autre à écouter. Soupirant, la gryffone se leva, s'étira de tout son long en plaquant tendrement les mains sur les parois ; puis, elle sortit de sa cabine. Happée.
Sa tête tourna tellement violemment qu'elle craqua. Un frisson pulsa dans son corps, lui tendant le corps. Yuzu se tenait là. Elle l'avait reconnue rien qu'à ses longs cheveux de jais. Personne n'avait les mêmes cheveux qu'elle dans ce château, ou alors Charlie n'avait pas fait attention aux autres, simplement. Elle resta plantée là, observant Yuzu de tout son saoul. Le fait qu'elle soit de dos facilitait les choses. Son regard parcourut tout son corps, le haori qu'elle portait souvent cachait énormément ses formes. Ainsi, la Rouge et Or eut vite fait le tour de ce qu'elle pouvait atteindre.
Elle sourit, faiblement, certes, mais cela faisait des mois qu'elle n'avait plus souri sincèrement. Son sourire était le signe d'une envie de se replonger dans les yeux bridés de cette Japonaise. Une pensée avait torturé Charlie pendant un moment, elle avait eu peur de se retrouver seule avec elle, un jour. Ce Jour était là. Le Temps est venu. Et la peur avait disparu. Cette peur s'était transformée en une certaine envie de ressentir. Revoir les yeux de cette Japonaise qui l'avait abandonnée.
— Ça fait combien de temps ?
Dès le début de sa phrase, Charlie détourna le regard. Elle voulait jouer, elle voulait s'amuser à mijoter son désir de Voir. Elle voulait attendre le point où elle craquerait, où son esprit lui imposerait de se jeter dans les yeux de Yuzu. Pour l'instant, son envie était là, mais elle était encore faible. La voix qui s'était extirpée de la gryffone était gutturale, raillée. Provoquant un effet très usé, ou très neuf. C'était une voix qui était très peu utilisée, cela s'entendait distinctement.
Charlie attendait la réponse de sa camarade, ainsi, elle s'occupa rapidement en se dirigeant vers le lavabo qui lui faisait face. Elle ouvrit l'eau au maximum, forma un bol avec ses mains. Un bol qui se remplissait de cette eau puissante, déchainée. Enfin, elle plongea sa tête dans l'Aqueux. L'eau était glacée. Retirant précipitamment son visage, elle eut l'impression de manquer d'air. Elle prit une profonde inspiration saccadée et finit par se rincer la bouche ; un détail qu'elle ne faisait habituellement pas. Yuzu était là, seule, ce n'était jamais arrivé, alors se rincer la bouché était — pour Charlie — le minimum qu'elle pouvait lui accorder.
« Bienvenue chez Toi »
Carcan Émotif
Toujours devant la fenêtre Yuzu se contenter d'exister, attendant quelque chose. Un réveil ou quelque chose qui lui murmurerait surement "non ce n'était qu'un cauchemar". Elle se retrouvait seule face à cette pluie battante, ce torrent de vie qui longe les tuiles avant de s'abattre sur le sol, modifiant la composition de celui-ci. Pourquoi ce spectacle fascinait autant la japonaise ? Pourquoi elle était capable de rester pendant des heures durant, éveillée, devant une fenêtre, dans un endroit froid et sombre, tout en occultant le reste de son environnement ? Pourtant un son ou plutôt une voix la fit aussitôt sortir de cet état catatonique. Une voix féminine que Yuzu connaissait bien. Une voix qu'elle redoutait. Son sang se glaça aussitôt, le froid présent dans la pièce lui traversa la peau, allant stimuler tous ses récepteurs somesthésiques et ses nocicepteurs. Que répondre ? La japonaise cherchait ses mots. Pourtant, devant une simple phrase comme celle ci, son cortex devrait se charger d'y répondre de façon empirique. Cependant toutes les connexions étaient chaotique, la personne qui avait prononcé ces mots n'était elle, pas simple. Et c'était la seule personne dans ce château capable de lire ou de comprendre le bout de parchemin abandonné plus tôt dans la pièce. Son cœur se serra, ainsi que sa gorge. Yuzu déglutie discrètement tout en amenant sa main droite côté cœur avant de prendre une profonde inspiration. Elle se ré-appuya sur le bord de la fenêtre avant de ramener sa main dans une posture naturelle. Tant de gestes anodin qui pouvait en l'espace d'un instant la trahir. De l'eau coula. Ce n'était pas cette danse moléculaire à l’extérieur du château, mais cela venait de la pièce. Que répondre ? Depuis combien de temps était elle la ? Comment l'asiatique n'avait pas entendu sa camarade rouge et or entrer dans la pièce ? A moins que ? Elle tourna la tête vers les cabines de toilette. Une porte était ouverte. Yuzu comprit que c'était la, que sa camarade venait s'isoler, que c'était parce qu'elle était ici, que la Japonaise ne la croisait que très rarement dans la salle commune de Gryffondor. Désorientée, Perdu. Le timbre de sa camarade n'était pas hostile ou Yuzu ne le ressentait pas comme cela. Ce combat intérieur pris fin au moment où ses lèvres s'entrouvrirent pour apporter un simple.
"Je ne sais pas"
d'une voix tremblante. La confiance n'était pas présente, la fierté non plus. Le regard toujours porté sur une ligne d'horizon brumeuse et affreusement proche, Yuzu se contentera de lâcher prise et d'accepter de ne rien contrôler pour cette fois.
"Je ne sais pas"
d'une voix tremblante. La confiance n'était pas présente, la fierté non plus. Le regard toujours porté sur une ligne d'horizon brumeuse et affreusement proche, Yuzu se contentera de lâcher prise et d'accepter de ne rien contrôler pour cette fois.
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*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !
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*Aaah…*. Je grimaçais. Cette eau glacée me tordait la gueule, m’attaquait l’intérieur des dents comme une traitre. *Trop froid !*. Je l’avais acceptée en moi, elle coulait, prenait de la place, se lovait dans ma bouche ; pour finalement, m’attaquer. De l'intérieur, mes dents implosaient. Après un pic de douleur brûlant, mes dents se calmèrent petit à petit. Cette eau était anormalement froide, c’était trop ! Dans cet instant de douleur, j’avais oublié tout ce qui m’entourait, tout s’oublie avec la douleur. Dès qu’elle était là, je ne faisais pas exprès de supprimer le reste. Tout mourait et seule la douleur pulsait avec force ; dévorant toute l’attention pour elle seule. Pourtant, la douleur était en train de passer, j’avais craché cette eau assassine et mes muscules se détendaient. Le tout laissant place, petit à petit, à la Vraie Douleur ; celle qui ne se calme jamais.
Yuzu. Miroir. Tant d’attente que je ne savais même plus si je l’avais attendue un jour. Je sentais sa présence à ma gauche, son aura qui emplissait l’air de petites perles étranges ; c’était comme des milliers de petites billes, bien plus lourdes que ce qu’elles laissaient croire. Une apparence si anodine, si insignifiante, mais au moindre geste un peu brusque, n’importe qui pouvait se faire écraser par ces billes. Elles étaient trop nombreuses pour se défendre contre une attaque de masse. Le regard plongé dans l’écoulement de l’eau que je venais de cracher, je me rappelais avoir vu plusieurs fois la Japonaise attaquer les Gryffons de ces billes si lourdes, elle pouvait les concentrer en une seule phrase, ou même en un seul mot, ce qui suffisait à écraser une fierté un peu trop apparente. Il y avait une seule exception, une seule personne envers laquelle ces attaques n’avaient jamais été déclenchées. Moi. Et j’en étais fière.
Moi. Oh ouais, moi, elle m’avait réservé une attaque moins frontale, beaucoup plus subtile et bien plus violente. C’était presque une stratégie de combat, presque un uppercut dans la mâchoire. Les Autres n’étaient pas intéressants pour Yuzu, je le sentais tellement dans ses yeux lorsqu’elle était avec moi. Quand on s’asseyait sur mon lit pour essayer de comprendre les cours inintéressants de ce château, le clown qui dansait dans ses yeux était puni, je le voyais, là-dedans, recroquevillé sur lui-même, inutile, misérable. Dans cette pièce qu’était son regard, je voyais que Yuzu ne faisait pas semblant à mes côtés, c’est bien pour ça qu’on s’entendait si bien, et si mal. Elle me laissait l’atteindre, et en échange, je devais accepter son vrai elle. Jusqu’à ce qu’elle me refuse d’accepter plus. Jusqu’à ce qu’elle s’en aille sans me prévenir. Jusqu’à ce qu’elle me fuit. Et je me suis demandé tellement de fois si je lui faisais peur, me laisser entrer dans ses yeux était peut-être insupportable pour elle. Ouais, maintenant que j’y pensais, un jour, elle avait failli me frapper quand j’ai voulu m’introduire dans sa pièce. Elle n’arrivait plus à me fermer la porte, j’étais trop présente ; alors, elle a fui. Comme tous les Autres. C’était un raisonnement simple. Écœurant, mais si simple. Je ne savais plus si j’avais envie de redécouvrir cette pièce, de revoir ce clown blotti. Je voulais tuer ce clown de merde. Lui niquer sa vie encombrante. J’avais essayé, une fois, et la pièce avait disparu dans une fuite que je n’acceptais pas. J’avais peur de tourner mon regard vers Yuzu. Est-ce qu’elle avait réussi à construire une porte blindée pour sa pièce ?
*Oh bon Dieu…* soupirais-je profondément. J’étais tellement fatiguée que je pouvais voir mes pensées ramper à l’agonie, mais la situation ne laissait pas le sommeil me mettre à terre. Être seule avec Yuzu ne m’était jamais arrivée. Je savais que je devais aller au deuxième étage, faire comme si elle n’était pas importante, ne jamais lui dire qu’elle m’avait fait mal en partant comme une voleuse, et finir ma nuit. J’avais tellement besoin de dormir. Je m’étonnais de mes propres conclusions. Je trouvais ça bizarre d’avoir envie de fuir. Je ne fuyais jamais, c’était un travail que je laissais aux Autres. Toujours en fuite, même contre eux-mêmes. Alors, pourquoi est-ce que j’avais tant envie de me casser… Ce n’était même pas une question. La stupeur me bloqua les jambes. Je me rendais compte que je détestais mes pensées.
Je sentis les petites billes invisibles vibrer dans l’air, elles m’apportaient une voix. Douce, féminine. Depuis longtemps sourde, et si récemment dévoilée. D’ailleurs, exactement comme un Voile, cette voix se posa sur ma conscience et un seul souvenir grinça : « reste dans ton égoïsme ». Et cette phrase résonna, résonna ! Si fort ! J’avais l’impression que mon cerveau tremblait ! La secousse dura quelques secondes, avant de mourir lamentablement. Laissant sa place à la Douleur, comme toujours. Je serrais mes mains sur l’extrémité du lavabo tout en laissant le sens du Voile m’emporter. Et je voguais loin, là-bas, sur une terre calcinée. De la poudre noire tremblait sous la force du séisme. La terre tremblait si fort. J’avais même l’impression qu’elle criait, qu’elle frémissait sans fin. Mes dents claquèrent une seule fois, et je m’élançais hors de ma conscience.
Les restes de ma grimace plaquée sur ma tronche, je tournais la tête avec une oppression qui me noyait les poumons. Je ressentais presque les bulles que produisaient mes poches d’oxygènes suffocantes. Tournant, tournant si lentement. Je ressentais l’eau glacée dans mon crâne, elle coulait ! Puis, je m’écrasais dans son regard de jais.
Il n’y avait pas de porte. Il n’y avait pas de clown. Seulement la pièce. Elle était là, elle m’attendait, elle me fixait, elle m’hypnotisait. Je m’avançais vers elle. Cette pièce était si perturbante. Elle avait changé malgré la même couleur noire. J’étais sûre qu’elle avait changé ! Jamais cette pièce n’avait été si accessible, si béante. Elle était blessée. Il y avait tant de choses dans cette pièce si vide. Je sentais la lourdeur de mes pas, et mon regard qui ne pouvait plus quitter ces yeux. J’avançais, longuement, mais j’avançais tellement. *Bordel… Qu’est-ce qui t’arrive Yuzu ?!*. Mes pensées de fuite étaient mortes, elles étaient comme ce clown. Non. Pas comme ce clown, parce que lui, il avait disparu. Bordel. Disparu sans traces. C’était si ouvert… J’étais sûre de pouvoir toucher ces murs cette fois-ci, j’étais sûre d’être acceptée dans cette enceinte si pleinement vide.
Mon pas se bloqua. C’était bizarre. Ce n’était vraiment pas la même pièce ! J’avais tant envie d’y aller, de rentrer à l’intérieur, mais je savais que c’était une mauvaise idée. Je ne voulais pas être trompée, m’écraser dans un foutu piège. Yuzu m’avait déjà fait le coup une fois en me mentant sans même trembler. Elle allait arrêter de me mentir, à partir de maintenant. Mes yeux s’arrachèrent aux siens, puis se baladèrent sur son large haori.
Elle m’avait manqué. Je ne savais pas ce qu’elle faisait là, mais ce sentiment de manque se baladait dans tout mon crâne. À défaut de regarder dans sa pièce, je préférais combler un manque. Je savais ce que j’allais faire, elle le refuserait à n’importe qui. Même à sa sœur qu’elle ne supportait plus. Il n’y avait que moi qui avait le droit de faire ça, et je le savais. J’en étais fière, et j’aimais tellement le faire. Alors, je m’avançais encore, mes yeux dansant sur son haori, mon esprit tendu vers son corps. Arrivant à sa hauteur, je remarquais qu’elle était toujours plus grande que moi, mes bras se levèrent, ils fendirent les deux espaces fermés entre son bras et son corps. Enroulant son buste de mes petits bras, rapprochant ma joue pour la poser délicatement sur sa clavicule, je refermais mon étreinte, et la serrait de tout mon manque.
Je n'arrivais pas à fermer les yeux.
Yuzu. Miroir. Tant d’attente que je ne savais même plus si je l’avais attendue un jour. Je sentais sa présence à ma gauche, son aura qui emplissait l’air de petites perles étranges ; c’était comme des milliers de petites billes, bien plus lourdes que ce qu’elles laissaient croire. Une apparence si anodine, si insignifiante, mais au moindre geste un peu brusque, n’importe qui pouvait se faire écraser par ces billes. Elles étaient trop nombreuses pour se défendre contre une attaque de masse. Le regard plongé dans l’écoulement de l’eau que je venais de cracher, je me rappelais avoir vu plusieurs fois la Japonaise attaquer les Gryffons de ces billes si lourdes, elle pouvait les concentrer en une seule phrase, ou même en un seul mot, ce qui suffisait à écraser une fierté un peu trop apparente. Il y avait une seule exception, une seule personne envers laquelle ces attaques n’avaient jamais été déclenchées. Moi. Et j’en étais fière.
Moi. Oh ouais, moi, elle m’avait réservé une attaque moins frontale, beaucoup plus subtile et bien plus violente. C’était presque une stratégie de combat, presque un uppercut dans la mâchoire. Les Autres n’étaient pas intéressants pour Yuzu, je le sentais tellement dans ses yeux lorsqu’elle était avec moi. Quand on s’asseyait sur mon lit pour essayer de comprendre les cours inintéressants de ce château, le clown qui dansait dans ses yeux était puni, je le voyais, là-dedans, recroquevillé sur lui-même, inutile, misérable. Dans cette pièce qu’était son regard, je voyais que Yuzu ne faisait pas semblant à mes côtés, c’est bien pour ça qu’on s’entendait si bien, et si mal. Elle me laissait l’atteindre, et en échange, je devais accepter son vrai elle. Jusqu’à ce qu’elle me refuse d’accepter plus. Jusqu’à ce qu’elle s’en aille sans me prévenir. Jusqu’à ce qu’elle me fuit. Et je me suis demandé tellement de fois si je lui faisais peur, me laisser entrer dans ses yeux était peut-être insupportable pour elle. Ouais, maintenant que j’y pensais, un jour, elle avait failli me frapper quand j’ai voulu m’introduire dans sa pièce. Elle n’arrivait plus à me fermer la porte, j’étais trop présente ; alors, elle a fui. Comme tous les Autres. C’était un raisonnement simple. Écœurant, mais si simple. Je ne savais plus si j’avais envie de redécouvrir cette pièce, de revoir ce clown blotti. Je voulais tuer ce clown de merde. Lui niquer sa vie encombrante. J’avais essayé, une fois, et la pièce avait disparu dans une fuite que je n’acceptais pas. J’avais peur de tourner mon regard vers Yuzu. Est-ce qu’elle avait réussi à construire une porte blindée pour sa pièce ?
*Oh bon Dieu…* soupirais-je profondément. J’étais tellement fatiguée que je pouvais voir mes pensées ramper à l’agonie, mais la situation ne laissait pas le sommeil me mettre à terre. Être seule avec Yuzu ne m’était jamais arrivée. Je savais que je devais aller au deuxième étage, faire comme si elle n’était pas importante, ne jamais lui dire qu’elle m’avait fait mal en partant comme une voleuse, et finir ma nuit. J’avais tellement besoin de dormir. Je m’étonnais de mes propres conclusions. Je trouvais ça bizarre d’avoir envie de fuir. Je ne fuyais jamais, c’était un travail que je laissais aux Autres. Toujours en fuite, même contre eux-mêmes. Alors, pourquoi est-ce que j’avais tant envie de me casser… Ce n’était même pas une question. La stupeur me bloqua les jambes. Je me rendais compte que je détestais mes pensées.
Je sentis les petites billes invisibles vibrer dans l’air, elles m’apportaient une voix. Douce, féminine. Depuis longtemps sourde, et si récemment dévoilée. D’ailleurs, exactement comme un Voile, cette voix se posa sur ma conscience et un seul souvenir grinça : « reste dans ton égoïsme ». Et cette phrase résonna, résonna ! Si fort ! J’avais l’impression que mon cerveau tremblait ! La secousse dura quelques secondes, avant de mourir lamentablement. Laissant sa place à la Douleur, comme toujours. Je serrais mes mains sur l’extrémité du lavabo tout en laissant le sens du Voile m’emporter. Et je voguais loin, là-bas, sur une terre calcinée. De la poudre noire tremblait sous la force du séisme. La terre tremblait si fort. J’avais même l’impression qu’elle criait, qu’elle frémissait sans fin. Mes dents claquèrent une seule fois, et je m’élançais hors de ma conscience.
Les restes de ma grimace plaquée sur ma tronche, je tournais la tête avec une oppression qui me noyait les poumons. Je ressentais presque les bulles que produisaient mes poches d’oxygènes suffocantes. Tournant, tournant si lentement. Je ressentais l’eau glacée dans mon crâne, elle coulait ! Puis, je m’écrasais dans son regard de jais.
Il n’y avait pas de porte. Il n’y avait pas de clown. Seulement la pièce. Elle était là, elle m’attendait, elle me fixait, elle m’hypnotisait. Je m’avançais vers elle. Cette pièce était si perturbante. Elle avait changé malgré la même couleur noire. J’étais sûre qu’elle avait changé ! Jamais cette pièce n’avait été si accessible, si béante. Elle était blessée. Il y avait tant de choses dans cette pièce si vide. Je sentais la lourdeur de mes pas, et mon regard qui ne pouvait plus quitter ces yeux. J’avançais, longuement, mais j’avançais tellement. *Bordel… Qu’est-ce qui t’arrive Yuzu ?!*. Mes pensées de fuite étaient mortes, elles étaient comme ce clown. Non. Pas comme ce clown, parce que lui, il avait disparu. Bordel. Disparu sans traces. C’était si ouvert… J’étais sûre de pouvoir toucher ces murs cette fois-ci, j’étais sûre d’être acceptée dans cette enceinte si pleinement vide.
Mon pas se bloqua. C’était bizarre. Ce n’était vraiment pas la même pièce ! J’avais tant envie d’y aller, de rentrer à l’intérieur, mais je savais que c’était une mauvaise idée. Je ne voulais pas être trompée, m’écraser dans un foutu piège. Yuzu m’avait déjà fait le coup une fois en me mentant sans même trembler. Elle allait arrêter de me mentir, à partir de maintenant. Mes yeux s’arrachèrent aux siens, puis se baladèrent sur son large haori.
Elle m’avait manqué. Je ne savais pas ce qu’elle faisait là, mais ce sentiment de manque se baladait dans tout mon crâne. À défaut de regarder dans sa pièce, je préférais combler un manque. Je savais ce que j’allais faire, elle le refuserait à n’importe qui. Même à sa sœur qu’elle ne supportait plus. Il n’y avait que moi qui avait le droit de faire ça, et je le savais. J’en étais fière, et j’aimais tellement le faire. Alors, je m’avançais encore, mes yeux dansant sur son haori, mon esprit tendu vers son corps. Arrivant à sa hauteur, je remarquais qu’elle était toujours plus grande que moi, mes bras se levèrent, ils fendirent les deux espaces fermés entre son bras et son corps. Enroulant son buste de mes petits bras, rapprochant ma joue pour la poser délicatement sur sa clavicule, je refermais mon étreinte, et la serrait de tout mon manque.
Je n'arrivais pas à fermer les yeux.
« Bienvenue chez Toi »
Carcan Émotif
La pluie traversait le cœur de la fillette. À l'intérieur, sombre, bruyant, solitaire. Un grand terrain vide. Des arbres brulés, des corps calcinés, un sol ravagé. Un véritable no man's land. Au milieu, une fille, seule, sous ce qui semblait être un dôme protecteur. Personne ne pouvait y entrer, mais elle attendait. Les mortiers tombait à côté d'elle dans un fracas terrible. La terre tremblait, les hommes tombaient. La pluie changeait le sol en boue, un sol glissant ou l'horizon était perdu dans un brouillard de fréon laissant une sensation de dégout. L'odeur des corps, du gaz, des coups de feu, de mortier, des sortilèges... Impossible de bouger pourtant Yuzu attendait. Cette attente que quelque chose la touche enfin pour la libérer de cet enfer. Mais sortir de ce dôme, demandait bien plus que du courage. Cet environnement détruit, regardant les hommes lourdement tomber comme des objets, la japonaise en était pétrifiée. Sa maison, cette maison, était peut-être l'unique endroit où elle voulait rester, seule, recroquevillée. Une silhouette dissipa le brouillard. Yuzu se releva. Elle marchait dans sa direction. Les balles, les sortilèges sifflaient. Les mortiers s'accéléraient. La poitrine de la japonaise ressentait chaque coups comme le recule d'un objet beaucoup trop lourd pour être propulsé, et pourtant... La silhouette marchait toujours, malgré cet enfer perceptible. Elle lui somma de faire demi tour, agitait les bras, criait. Mais tout sons étaient étouffés, tous geste camouflés. Plus l'ombre grandissait et plus les efforts entrepris pour la faire reculer étaient vains. *Non ! tu va mourir !!* criait elle. Pourtant, tout passait à côté. Peut-être même que certains sortilèges l'avaient touchée ? Les débris l'avait fait valser. Pourtant, elle était là devant le dôme. Comme une ombre, seul les contours étaient perceptibles formant l'image mental d'une personne. Yuzu voulait reculer, mais le manque d'espace dans cette bulle l'en empêchait. Les mains de cette ombre écartaient les parois du dôme se créant un espace. Un visage pouvait être perçut, celui de Charlie. Yuzu ferma les yeux. Aussitôt fait, elle fut comme agrippée. Quand elle les ré-ouvrit tout avait changé. L'odeur, la vue, le bruit, tout ce que les sens pouvaient capter, ils avaient chassé ce no man's land pour une autre vérité. Une prairie ? L'air d'un vent frais venant caresser le visage, l'odeur des cerisiers en fleurs qui était par ici et par là, les insectes et les oiseaux qui animaient cette étendue verte avec des mélodies toutes plus relaxante les une que les autres. Yuzu referma ses bras sur le dos de sa camarade. Si Charlie pouvait percevoir ça !Bien sûr qu'elle pouvait ! La japonaise tourna la tête. Sa maison ? Devant la porte, son père et son frère ? Est-ce un rêve ? La mort ? Son cœur en était apaisé, mais emplis de remord.
Une larme coulât le long de sa joue, le surplus d'émotion, le vase qui depuis le début de l'année se remplissait avait finalement débordé, d'un simple contact. La larme quitta la joue de Yuzu pour se perdre quelque part dans l'atmosphère. La lumière changeait de teinte, la pluie s'était arrêtée autour de la fenêtre. Les nuages avaient été chassés par la lune, ses rayons de lumières traversant l'épais brouillard qui pleurait. Les jambes de Yuzu avaient de plus en plus de mal à la soutenir. L'effet de la pression qui redescendait ? Elle finit par tomber à genoux, s'arrachant malgré elle des bras de sa camarade. Le visage tourné vers le sol, les larmes formaient de petits cercles en auréole, comme les premières goûtes de pluie marquant l'asphalte. Le corps tremblait, les respirations se faisaient courte et la douleur refaisait surface. Les poings se serrant lentement dans un mouvement ferme, forçant les ongles à se frayer un chemin dans l'épiderme. Fracassant le sol de ses poings virant au bleu d'un hématome. Pour finalement hurler de toute sa caisse, hurlement de douleur qui résonnait sur les murs. La pression de ses poings se relâchait, le corps de la japonaise tremblait au rythme des spams, la respiration forte et rapide laissant place à une respiration non régulière. Des pleures, encore, comment s'arrêter ? Impossible. Une voix. Celle de Yuzu, cassée par la force d'un hurlement précédent. Une aberration, un étouffement, un sentiment, une confession.
"Charlie ? j'ai peur..."
Le silence. Les pleures. La détresse d'un deuil invisible, intouchable, irreprésentable. L'air froid glaçait les bronches. Un bruit ? La lettre amenée jusqu'à la main droite de la fillette par le courant d'air. Ce passé qui la suivait malgré elle. Le papier frémissait, les pleures s'arrêtaient. Tandis qu'elle posait la main sur cette lettre, les trainées écarlates des coupures étaient laissées sur le papier abîmé. Le sol aussi présentait quelques traces venant des entailles superficielles. Le son du papier se froissant sous l'emprise des muscles se contractant, comme les os d'un corps se cassant, fit grimacer la japonaise. Le peu de larmes restant venait couler sur ce papier, que Yuzu repliait lentement afin de le ranger. La pluie, elle, revenait s'impacter sur les fenêtres. Elle releva un peu la tête, Charlie était toujours là, elle voyait ses chaussures. Sa première pensée ne pouvait pas être refoulée "Je te mérite pas Charlie, pardon..." un choc léger lui contracta le diaphragme. Ses yeux s'étaient grands ouvert. Le doute... L'avait elle prononcée machinalement à voix haute ? Impossible de savoir. Les yeux écarquillés d'avoir laissé échapper quelque chose comme ça... Mais est ce faux pour autant ? Yuzu le pensait surement. Elle qui avait passé son année presque seule. Elle releva une dernière fois la tête regardant cette fois Charlie dans les yeux. Sa vision flou par les larmes passées venaient interférer, impossible de reconnaitre l'expression de sa camarade. Elle était là, à quelques centimètres, indécodable, tout était lisse, les détails apparaissaient comme des tâches d'aquarelle ainsi qu'une douleur additionnelle.
Une larme coulât le long de sa joue, le surplus d'émotion, le vase qui depuis le début de l'année se remplissait avait finalement débordé, d'un simple contact. La larme quitta la joue de Yuzu pour se perdre quelque part dans l'atmosphère. La lumière changeait de teinte, la pluie s'était arrêtée autour de la fenêtre. Les nuages avaient été chassés par la lune, ses rayons de lumières traversant l'épais brouillard qui pleurait. Les jambes de Yuzu avaient de plus en plus de mal à la soutenir. L'effet de la pression qui redescendait ? Elle finit par tomber à genoux, s'arrachant malgré elle des bras de sa camarade. Le visage tourné vers le sol, les larmes formaient de petits cercles en auréole, comme les premières goûtes de pluie marquant l'asphalte. Le corps tremblait, les respirations se faisaient courte et la douleur refaisait surface. Les poings se serrant lentement dans un mouvement ferme, forçant les ongles à se frayer un chemin dans l'épiderme. Fracassant le sol de ses poings virant au bleu d'un hématome. Pour finalement hurler de toute sa caisse, hurlement de douleur qui résonnait sur les murs. La pression de ses poings se relâchait, le corps de la japonaise tremblait au rythme des spams, la respiration forte et rapide laissant place à une respiration non régulière. Des pleures, encore, comment s'arrêter ? Impossible. Une voix. Celle de Yuzu, cassée par la force d'un hurlement précédent. Une aberration, un étouffement, un sentiment, une confession.
"Charlie ? j'ai peur..."
Le silence. Les pleures. La détresse d'un deuil invisible, intouchable, irreprésentable. L'air froid glaçait les bronches. Un bruit ? La lettre amenée jusqu'à la main droite de la fillette par le courant d'air. Ce passé qui la suivait malgré elle. Le papier frémissait, les pleures s'arrêtaient. Tandis qu'elle posait la main sur cette lettre, les trainées écarlates des coupures étaient laissées sur le papier abîmé. Le sol aussi présentait quelques traces venant des entailles superficielles. Le son du papier se froissant sous l'emprise des muscles se contractant, comme les os d'un corps se cassant, fit grimacer la japonaise. Le peu de larmes restant venait couler sur ce papier, que Yuzu repliait lentement afin de le ranger. La pluie, elle, revenait s'impacter sur les fenêtres. Elle releva un peu la tête, Charlie était toujours là, elle voyait ses chaussures. Sa première pensée ne pouvait pas être refoulée "Je te mérite pas Charlie, pardon..." un choc léger lui contracta le diaphragme. Ses yeux s'étaient grands ouvert. Le doute... L'avait elle prononcée machinalement à voix haute ? Impossible de savoir. Les yeux écarquillés d'avoir laissé échapper quelque chose comme ça... Mais est ce faux pour autant ? Yuzu le pensait surement. Elle qui avait passé son année presque seule. Elle releva une dernière fois la tête regardant cette fois Charlie dans les yeux. Sa vision flou par les larmes passées venaient interférer, impossible de reconnaitre l'expression de sa camarade. Elle était là, à quelques centimètres, indécodable, tout était lisse, les détails apparaissaient comme des tâches d'aquarelle ainsi qu'une douleur additionnelle.
Code couleur : #469277
*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !