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5 avr. 2018, 02:32
 RPG +  48h sans Chocolat (PV)
Peut-être que je parlais trop. Parfois, je me confiais trop facilement - ou je parlais de mon passé avec aise et sourire. Mais au fond, ce passé me rongeait toujours - il me dévorait, lorsque les souvenirs étaient trop vivaces. Lorsque j'avais l'impression de ne jamais être parti. Ou que tout se rejouait indéfiniment. Ou que je revoyais les images, aussi claires que si elles étaient présentes.
Avant, je pouvais parler de ce passé sans qu'il ne me ronge. Peut-être que hier, j'aurais pu aussi. Mais avec du recul, je prenais compte de l'acte qui avait été commis - de la gravité de cet acte, de l'horreur, la tristesse qu'il pouvait représenter. Et, en plus de ça, l'infirmerie y ressemblait beaucoup trop - à ce souvenir.
Alors ça me brisait.

J'avais observé mon assiette un instant, jouant avec ma nourriture - perdu dans mes pensées. J'étais heureux d'être avec Rey, il était gentil. Vraiment gentil - peut-être pourrais-je continuer de parler avec lui, et peut-être deviendrais-je son ami. Un ami proche, ou un meilleur ami. Je n'avais jamais eu de meilleur ami - et pourtant, j'étais social, extraverti. J'allais vers les autres avec le sourire, je leur parlais, je tentais de me lier d'amitié avec eux. Peut-être que c'était mon apparence de « Famille Addams » qui les avaient toujours dérangés. Ou ma propre histoire - qui sait. Il est vrai qu'on regarde toujours d'un œil étrange les enfants qui appellent leur parents par leur noms de famille, comme s'ils étaient des étrangers. Et pourtant, les Parks étaient important à mes yeux - ils étaient ma famille, ils étaient cette main qui m'avait sortie des ténèbres.
Je les aimais.

Les mots de mon camarade me sortirent de mes pensées - et je regardais ma pauvre assiette que je triturais avec ma fourchette. Un mince sourire se dessina sur mon visage - un sourire exprimant mon passé, tandis que mon regard se perdait dans le vide de la salle. Lentement, je piquais un morceau de nourriture - et le mangeait, l'air pensif, réfléchissant à ma réponse. Je mâchais lentement, histoire de penser à ce que je dirais à Rey. Mais étrangement, je lui faisais confiance. Plus qu'aux autres. Ce n'est pas comme quand je raconte mon passé avec un sourire, déclarant que tout va bien.
Non, car Rey a vu à travers mon premier sourire - et il verra sûrement à travers les autres. Il a l'air de pouvoir me comprendre, ou du moins, il a l'air de pouvoir écouter.
Étrangement, je me sens à l'aise de me confier à lui.

Je me tourne alors vers mon camarade - un sourire nostalgique sur le visage. Je laisse planer un silence pendant quelque secondes, avant de faire un tour de salle du regard.
Et je pousse un soupir - soupir qui sonne comme une délivrance, comme pour livrer mon passé - soupir qui donne accès à mes mots.

« Quand j'avais quatre ans, mes premiers signes de magie se sont déclarés... Du moins, c'est le peu dont je me souviens de cet âge, et c'est probablement la seule explication logique. »

Je fais une pause, perdu dans le vide. Puis, je reprends.

« J'étais un né-moldu, alors mes parents n'avaient aucune idée de ce qu'était la magie. Bien évidemment, ils ont vite fait le lien, et ça les a terrifiés... »

Une nouvelle pause - je penche la tête sur le côté, réfléchissant. Même terrifié, est-ce un acte que l'on peut vraiment faire ? Ne chercherait-on pas à comprendre, plutôt que de se débarrasser du problème ? Peut-être que mes parents étaient différents. Enfin, peut-être que mes procréateurs étaient différents.
Ou alors, je cherchais des excuses pour justifier que ce qu'ils avaient fait était mal - alors que c'était probablement légitime.
Je secoues la tête légèrement, avant de reprendre:

« Ils ont rapidement pensé que j'étais possédé, que j'étais un monstre, quelque chose comme ça... Donc ils ont voulu se débarrasser de moi, pour leur propre sécurité. »

Je laissais un nouveau silence planer, avant de prononcer les mots qui tombèrent comme une sentence - les mots qui résumeraient le tout.

« Ils m'ont abandonné, laissé à un orphelinat. »

Une nouvelle pause - je prends moi-même le temps de digérer mes propres mots, qui résonnent en moi comme un douloureux souvenir. Lointain, effacé - mais toujours douloureux.

« J'y suis resté à peu près un an... Il y avait beaucoup de lits, un peu comme ici - et l'ambiance y était triste, solitaire. C'était des chambres de plusieurs, et il n'y avait pas vraiment de décoration. A quoi bon décorer, si on est censé vite partir, de toutes façons ? »

Je laisse échapper un petit rire nerveux - nerveux, et nostalgique de cette époque. Un rire triste, qui évoque ma peine.
Mais rapidement, je reprends le sourire et me retourne vers mon camarade.

« Enfin... Une adorable famille de sorciers m'a recueilli. Je m'entends vraiment bien avec eux, et je n'ai plus vraiment contact avec mes anciens parents. En fait, en général, je ne porte même pas tant d'importance à ce souvenir. En général, je peux en parler comme du beau temps, comme s'il ne s'agissait de rien d'important... »

Je reporte mon attention sur l'infirmerie.

« Mais j'imagine que la ressemblance m'a frappé, et m'a fait me sentir prisonnier de cette époque à nouveau.  Mais sinon, je le vis bien - j'ai d'excellents parents ! »

Je souris - un grand et large sourire. Je ne sais pas moi-même si je souris parce qu'aujourd'hui, je suis heureux - ou si je souris pour dissimuler les peines d'hier. Mais je souris, c'est déjà ça.
Je ris légèrement, regardant mon camarade.

« Pardon, c'était peut-être un peu long. Je ne veux pas t'embêter avec ce genre d'histoires... Mais je suis quand même content de t'avoir parlé. Ça fait du bien, de se confier sans sourire à côté. »

Et, sur ces mots, je pique énergiquement une nouvelle bouchée de nourriture dans mon assiette - pour m'en délecter tout aussi rapidement, la faim me terrassant .

Maybe if I keep Believing my dreams will come to life
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »#Pouffy family
5e Année RP - Fervent membre de l'A.C.D.C - Chocogrenouilles ♥
29 avr. 2018, 21:48
 RPG +  48h sans Chocolat (PV)
Rey observa son camarade en silence. Il ne voulait pas le brusquer et encore moins le forcer. Cette histoire, son histoire, qu'il masquait par des sourires semblait être profondément douloureuse. Le garçon n’osait pas s'imaginer ce que son préfet avait vécu pour être ainsi torturé. Alors que le rouquin pensait finalement ne pas avoir de réponse, Eliott poussa un long soupir de celui qui baisse finalement les armes. Avec un sourire nostalgique et sans joie, il commença à lui narrer sa vie. Chacune des pauses qu'il laissait entre deux événements permettaient à Rey d’anticiper, d'angoisser et de prendre le temps de digérer les informations qu'il lui délivrait. Le tout nouveau Poufsouffle hésitait entre la colère froide et la compassion, la première étant dirigée vers ces parents indignes, la seconde bien entendu pour Eliott. 

Son rire douloureux lui écorcha les oreilles. Il frémit. La souffrance de son vis-à-vis, il la partageait pleinement. Il sentit un liquide chaud couler sur sa joue gauche mais happé par l’histoire de ce garçon torturé, il n'y fit attention que lorsque la voix d’Eliott s'éteignit. D'un revers de manche, il s’essuya la joue, un peu surpris par sa réaction mais trop accaparé par son camarade pour s’en formaliser plus que ça. Bien que l’histoire se finit relativement bien, Rey savait que les épreuves du passé marqueraient à jamais son camarade. Il suffisait de le voir s’agiter aujourd'hui dans cette infirmerie qui le ramenait dans ses souvenirs douloureux. De quelle façon la rançon du passé se manifesterait et quel prix Eliott aurait encore à payer, ça, personne ne le savait pour le moment. Ni même se le demandait. Les pensées de Rey n’allaient pas jusque là. Trop jeune pour prendre la mesure que de telles souffrances impliquaient, il observa avec une âme d’enfant le banni d'amour qui lui faisait face et qui s'était livré à lui.

Malgré un nouveau sourire ambigu, plus de soulagement qu’autre chose, Eliott ne s’était pas caché et le rouquin était plus que flatté qu'il lui confie sans fioritures aucune les douleurs de sa vie.

- Tu ne m’embête pas, lui répondit-il du bout des lèvres. Merci de m’avoir fait confiance.

Eliott se détourna de lui pour planter vigoureusement sa fourchette dans un morceau de viande. Rey, lui, joua à son tour avec, pensivement. Entre deux coups d'œil au préfet, il se demandait bien comment il devait se comporter. Il appréciait beaucoup le garçon. Certes, il était mauvais pour suivre les plans mais il s’était montré attentif, généreux, courageux et il lui faisait confiance. Et c’était réciproque. C'était tout de même grâce à son intervention que le rouquin avait découvert qu'il n'allait pas mourir, qui sait combien de temps encore il serait resté recroquevillé dans son coin ?

Rey se redressa d'un bloc, gonfla la poitrine et se tourna avec conviction vers son camarade. Son regard féroce le transperça et due le surprendre car le préfet s’arrêta de manger pour le regarder avec une drôle d'expression sur le visage. Profitant de son attention, le rouquin tendit le poing fermé devant lui et le présenta à son vis-à-vis.

- Moi, je ne t'abandonnerai pas, tu peux compter sur moi ! S’exclama-t-il un peu trop fort.

Il espérait que le garçon en face de lui ne le laisserait pas bêtement comme ça et scellerait cette nouvelle amitié comme il se doit.
13 mai 2018, 18:10
 RPG +  48h sans Chocolat (PV)
Rey avait longuement écouté mon récit, sans rien dire. Il m'avait écouté sans m'interrompre, comme si le sujet était important, comme si je lui expliquais que j'avais une maladie incurable. D'un côté, c'était un peu le cas - ce passage de ma vie était un sujet important, pas quelque chose que l'on pourrait qualifier comme de la rigolade, et les séquelles qu'il m'avait laissées pouvait s'apparenter à une maladie incurable. Je ne l'avais pas précisé, mais depuis j'avais une peur bleue des abandons - j'étais terrifié à l'idée qu'on ne veuille plus de moi, qu'on veuille me laisser. Et ainsi, je m'accrochais aux gens comme une tique - à l'exception que je me détruisais intérieurement pour qu'ils m'acceptent, et trouvent une raison de me garder. Ainsi, je me faisais volontairement sombrer dans un cercle vicieux, dans le simple but de ne pas me faire abandonner.
Quelle pitoyable maladie - pitoyable, et misérable.

Cependant, m'être confié à Rey me faisait me sentir plus léger - c'était un poids en moins à porter sur mes épaules, c'était un secret partagé. Maintenant, j'avais l'impression d'être soutenu, que je n'étais plus seul à supporter cette charge. Je me sentais soulagé - et je pouvais enfin respirer.
Je regarde alors mon camarade - qui semble encore réfléchir à mes mots. Il me répond après un mince silence que je ne le dérange pas - avant de me remercier pour lui avoir accorder ma confiance. Je souris alors - un sourire sincère, serein. Un sourire à la fois assuré, et redevable.
Car ce n'était pas à Rey de me remercier - c'était à moi de lui être reconnaissant, pour m'avoir longuement écouté.

Alors que je dévore goulûment mon plat, je peux voir du clin de l’œil que Rey à l'air pensif - jouant avec sa nourriture. Je me demande à quoi il pense - si mon histoire l'a perturbé. C'est vrai qu'il est plus jeune que moi, peut-être que j'aurais dû me taire - mais je suis heureux de lui en avoir parlé, tout comme il semble heureux également. J'espère juste qu'il ne sera pas perturbé.

Alors que je dévore mon repas, Rey se redresse subitement et se tourne vers moi - j'en lâche presque ma fourchette. Je le regarde alors, me stoppant dans mon action - le regardant, hébété. Il me présente alors son poing fermé, et me prononce l'une des plus belles phrases qu'on m'ait dites jusqu'ici :

«  Moi, je ne t'abandonnerai pas, tu peux compter sur moi ! »

Il s’exclame fortement - mais son enjouement me fait sourire. Sourire jusqu'aux oreilles, même.
Je tends alors également mon poing et frappe gentiment dans le sien, le regardant dans les yeux.

« Merci, Rey. Je compterais sur toi ! »

Je souris - heureux de cette amitié naissante. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme Rey - et je n'allais pas le laisser partir comme ça.
J'avais le sentiment que cette amitié pouvait durer - qu'elle allait durer.

Après avoir terminé notre repas, mon nouvel ami et moi discutions un peu - avant que la fatigue et le sommeil ne nous emporte. Le lendemain se passa normalement - aucun plan foireux, et j'avais même oublié la ressemblance de cette salle avec une partie de mon passé.
Rey et moi avions passé la journée à nous occuper - que ça soit à discuter, à faire de nouvelles parties d'échecs version sorciers, à tuer le temps.
Ainsi, la deuxième journée passa - alors que nous développions tous les deux une amitié particulière et unique.

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5e Année RP - Fervent membre de l'A.C.D.C - Chocogrenouilles ♥
8 juil. 2018, 20:41
 RPG +  48h sans Chocolat (PV)
C’est avec soulagement que Rey sentit le petit coup sec sur son poing fermé, signe que son vis à vis ne lui avait pas mis un vent monumentale. Il répondit à son adhésion par un grand sourire. Cette journée avait très mal commencée, c’était certain, mais la présence d’Eliott et sa personnalité l’avait rendu bien plus plaisante. Ils finirent leur repas en bavardant joyeusement puis vint l’heure de dormir. Eliott s’endormit rapidement mais malgré le sommeil, Rey eut plus du mal. Milles et une pensées tournèrent dans sa tête. L’histoire du préfet lui semblait tellement triste mais il gardait constamment le sourire. Certes, c'était surtout pour cacher ses véritables sentiments, mais d'un autre côté, il se forçait à être heureux. D’autres garderaient un air morose placardé sur leur visage à longueur de journée. Mais pas lui. Le rouquin lui trouvait beaucoup de courage. À sa place, il ne s'imaginait pas faire bonne figure. Si un de ses parents l'abandonnait, si il se retrouvait sans leur amour et sans leur soutien, il se sentirait sûrement complètement anéanti. En colère aussi probablement. 

Cette nuit, Rey fit de mauvais rêves qui heureusement s’évanouirent au réveil. Leur deuxième journée de quarantaine se passa plus sereinement mais sans chocolat. Le garçon avait déjà écopé d'une retenue dès le premier jour de cours, il n’allait pas aggraver son cas. Mais ils ne s’ennuyèrent pas pour autant, ils avaient tant à se raconter. Lorsque l'infirmière les libéra enfin, les deux garçons avaient commencé à nouer une amitié sincère. Et Rey espéra qu’elle continuerait après cet événement. L'infirmerie, si froide et ascétique, paraissait bien moins hostile. Elle avait même acquis un petit zeste de joie. Si Rey la quitta avec soulagement, il ne la voyait plus aussi horrifiante qu'à son arrivée. Il soupçonnait qu'il en était de même pour le préfet. Ils avaient passé deux premiers jours qu'ils n'oublieraient pas de sitôt.

La semaine leur avait été allegée pour qu'ils puissent se reposer, les deux Poufsouffles s'étaient donc souvent retrouvés seuls dans la salle commune. Les craintes que les cours dans des années différentes ne les séparent s’évanouirent en même temps que leur amitié s'affirmait. Après tout, quand ils n'allaient pas en cours, ils visitaient le château, faisaient leur devoirs que leurs camarades leur ramenaient dans le parc ou enchaînaient les parties d'échec version sorcier. Rey adorait ce jeu et Eliott devenait meilleur chaque jour. Il devient de plus en plus évident pour tout le monde que ces deux là deviendraient inséparables.

Entre temps, sa famille ayant été mise au courant de sa maladie lui envoyèrent par courrier le pire des cadeaux. Un chat démoniaque. Et en plus de l'amitié, Eliott mis son statut de préfet en action afin de sortir le rouquin de l'embarras à chaque fois que son chat venait à sacager la salle commune. Un vrai duo de choc.

RP terminé