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11 nov. 2017, 21:00
La Baguette des Deux Frères (OS)
Septembre 2042

C'est un peu anxieuse qu'Isabel Almeida parcourait ce jour là les rues du Chemin de Traverse. Nous étions fin septembre, et la jeune femme avait profité de quelques heures de libres dans son emploi du temps pour se rendre dans les rues marchandes. Elle n'était cependant pas là pour flâner, non. C'était d'un pas rapide et tendu qu'elle se dirigeait vers une enseigne bien particulière dont elle voyait déjà la devanture au loin : la boutique Ollivander.

Poussant la porte, elle attendit que le carillon annonçant son entrée cesse de tinter avant de faire quelques pas dans le magasin. Cela faisait bien vingt ans qu'elle n'avait pas mis les pieds ici. Elle se revoyait accompagnée de ses parents et de sa petite sœur, venant chercher avec la plus grande fierté du monde sa première baguette. A cette évocation, Isabel caressa de l'index les morceaux de bois qui se trouvaient au fond de l'une de ses poches et sentit son cœur se serrer davantage.
Les pas du vendeur firent craquer le parquet de la boutique. La sous-directrice releva la tête et salua l'homme d'un sourire poli tandis qu'il se plaçait derrière son comptoir.

« Professeur Almeida, dit-il en inclinant sa tête, que me vaut l'honneur de votre visite ? »

Isabel se rapprocha du comptoir, et sortit silencieusement les débris de sa baguette qu'elle déposa sur la surface du meuble. Ollivander n'y porta qu'un furtif regard avant de reprendre la parole :

« 19,5 centimètres, bois d'érable et crin de licorne ? »

Un simple hochement de tête de la part de la jeune femme vint affirmer l'énumération.

« Une baguette très intéressante. Pleine de fougue et pourtant si stable entre de bonnes mains. Que s'est-il passé ?

- La... la bataille à Poudlard il y a quelques jours, se contenta de dire Isabel qui savait très bien que les journaux s'étaient occupés de relayer l'information auprès de la population britannique. Vous pouvez y faire quelque chose ? »

Le regard empli d'un espoir qu'elle savait vain mais dont elle ne voulait se départir, le professeur de soins observa Ollivander effectuer son analyse. Il examina les morceaux de bois que même le crin effiloché ne permettait plus de relier. Il ne fallut pas longtemps au fabricant pour donner son verdict.

« Je ne peux rien faire, je suis désolé. Le crin est mort, et le bois a subi trop de dommages. La baguette perdrait de sa puissance et de sa stabilité si je tentais quoi que ce soit, et je ne pense pas que ce soit ce dont vous ayez besoin... »

Isabel soupira. Elle s'était doutée qu'il lui faudrait renoncer à sa baguette, mais cela lui était tout de même pénible. Essayant de ne rien laisser paraître, elle récupéra les débris et les remis à leur place dans sa cape. De son autre main, elle fouilla une autre poche et en sortit la baguette de Mizar qui lui avait servi de substitue en attendant de pouvoir venir chez Ollivander.

« Lors du combat, j'ai récupéré cette baguette, dit-elle en la déposant délicatement sur le comptoir. Je la trouve... étrange, comme si elle était composée de plusieurs bois, vous voyez ? » ajouta Isabel en désignant le centre de la baguette.

Face au silence qui suivit, Isabel releva la tête vers le vendeur, se demandant pourquoi il ne lui répondait pas. Celui-ci, les yeux écarquillés, approcha une main de la baguette mais la laissa en suspend au dessus.

« Puis-je ?

- Heu, oui, bien sûr... »

Un peu perplexe, la jeune femme regarda Ollivander prendre la baguette d'une main fébrile et l'approcher de son visage. Il la tourna entre ses doigts, l'observant sous toutes les coutures, marmonnant quelques « Par Merlin » avant de la reposer avec autant de délicatesse que si la baguette avait été composée de cristal.

« Madame, je ne pensais pas avoir un jour l'occasion de dire cela, mais vous avez en votre possession la Baguette des Deux Frères.

- ... Pardon ? laissa échapper Isabel qui ne comprenait pas bien où il voulait en venir.

- Oh, c'est une très vieille histoire. Cette baguette voyez-vous est l’œuvre la plus célèbre de Mykew Gregorovitch, un fabricant aussi connu et doué que l'était mon père. Il avait fabriqué cette baguette pour le compte d'un grand mage blanc géorgien, qui lui avait demandé quelque chose de très particulier et difficile : construire une baguette à partir de deux autres. Selon la légende, ces baguettes auraient été celles de ses deux frères morts en combattant un mage noir. »

Isabel resta silencieuse, un peu impressionnée et curieuse d'en apprendre davantage.

« Votre impression était donc bonne, il y a bien deux bois différents dans cette baguette. Ici, dit-il en désignant la partie basse de la baguette, il s'agit de bois de cèdre. Un bois de caractère et signe de loyauté. La colère des sorciers en possession d'une baguette en cèdre peut être dévastatrice. Et là, continua Ollivander en faisant glisser son doigt vers la partie supérieure, le bois provient d'un hêtre, signe de sagesse et d'ouverture d'esprit. Cette baguette possède deux volontés propres, ce qui peut jouer des tours vous en conviendrez, mais elles savent aussi se compléter et parfaitement s'adapter entre les mains d'un sorcier... adéquat.

- Et son cœur ? Il y en a deux également ? »

Cette question sembla contrarier Ollivander, et Isabel comprit rapidement pourquoi lorsqu'il lui répondit.

« Je n'en sais rien... Cette baguette n'a jamais révélé à quiconque hormis son créateur quel était son cœur. Mais Gregorovitch est mort, alors le mystère reste entier. Il faudrait la briser pour le savoir, mais cela serait d'une horreur sans nom. Un tel chef d’œuvre … Avez-vous tenté de lancer quelques sorts avec ?

- Oui, j'ai terminé le combat avec, et je l'utilise depuis quelques jours au sein de mon travail en attendant d'en avoir une nouvelle.

- Intéressant... Je crois professeur que vous avez trouvé là votre nouvelle compagne.

- Cette baguette a essayé de me tuer, M. Ollivander.

- Sous les ordres de son ancien propriétaire. Et il n'a visiblement pas réussi. Je serais honoré de récupérer une telle baguette au sein de ma boutique soyez-en certaine, mais je crois réellement que vous devriez la garder. Si elle vous a obéit si vite au sein du combat, c'est qu'elle a dû reconnaître en vous une meilleure maîtresse qu'en votre ennemi. Ce petit bijou est à vous, à n'en point douter. »

Isabel resta immobile et silencieuse. Elle regarda le vendeur, puis dirigea son regard vers la baguette. A la lumière de son histoire, la jeune femme lui trouvait une beauté nouvelle bien que sa méfiance due à Mizar n'était pas encore totalement envolée. Elle comprenait mieux ce qu'elle y voyait et cet entremêlement harmonieux de couleur au centre de la baguette prenait tout son sens. Décidant de faire confiance à Ollivander, elle écouta ses recommandations et reprit l'objet du bout des doigts avant de la saisir plus fermement dans sa main droite, ressentant avec un regard neuf le flux d'énergie qui allait et venait entre la baguette et son bras.

Ne faites pas d'enfants, faites des crêpes.
Magizoologiste en voyage.
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