Arc 1, Chapitre 1 C'est mon fils. SOLO

18 février, Poudlard.

Misery est venu à ma fenêtre ce matin. Dans son bec une lettre, nouée d’un ruban rouge. J’ai tout de suite reconnu le papier, il venait de chez moi ; du Tchad. Mon cœur n’avait fait qu’un bond. Cela faisait déjà plus de quatre ans que je n’avais eu aucunes nouvelles de là bas.
La lettre est maintenant sur mon bureau, je ne l’ai pas ouverte. Je n’ose pas. De qui est-elle, que dit elle, comment Misery l’a eu. Tant de questions auxquelles je ne sait pas répondre. Et dont les réponses me font peur. Je suis assis sur le fauteuil de mon bureau. Je fixe la lettre. À chaque secondes je m’apprête à sauter dessus et à la lire. Mais à chaque fois quelque chose me retient.

Au bout de quelques instants, je me décide enfin. Je prends la lettre entre mes mains, et déchire le papier sauvagement. Je déplie le papier soigneusement plié. La voilà , manuscrite. Je reconnaît tout de suite l’écriture de ma sœur. Comment aurais-je pu oublier ces lettres si petites, ces spirales sur les i, ce petites boucles au bout de chaque mots. Un sentiment de joie m’emplis. Ma petite sœur, ma toute petite sœur. Elle m’a écrit. Elle ne m’a pas oublier. Mais j’ai peur en même temps. Pourquoi maintenant. S’est il passé quelque chose ?
Alors, avec un mélange de sentiments que je ne saurais expliquer, je commence à lire.



«                      Grand frère,

Tu ne peux pas t’imaginer à quel point mes doigts tremblent pendant que j’écris ceci. J’espère que tu ne m’en voudras pas, car cela risque de se répercuter sur l’écriture, comme tu peux le voir.
Tant de choses à te dire, et si peux de mots me viennent. Tu me manque. Terriblement. Et pas seulement à moi. À maman, à tout tes anciens copains, qui ne savent même pas pourquoi tu es parti. À tu sais qui, et puis… à papa aussi, même si il veut nous faire croire le contraire. Je sais que tu penseras sûrement que ce n’est pas vrai, mais moi j’en suis sûr, tu lui manque d’une certaine manière. Il t’aime tu sais. Et toi aussi tu l’aimes.

Ici tout va plutôt bien, maman se porte bien, et Mohamed aussi. Il a tellement grandi, tu ne le reconnaîtrait même pas. Lui non plus d’ailleurs, il t’as tellement peu vu. Ne penses tu pas qu’il serait temps que tu revienne à la maison pour quelques temps ? Quelques mois, semaines, jours… Juste un peu. Juste pour revoir ton visage, réentendre ta voix. Tu peux le faire en cachette si tu ne veux pas revoir papa, dis moi simplement par hibou quand tu viendras, je ne le dirais à personne.

Nous sommes allé au japon l’année dernière, cela t’aurais plu. Ils ont une magie très étonnante là bas. Ils utilisent des baguettes ! Comme toi maintenant ! J’aimerais bien en avoir une pour essayer, mais tu sais bien ce qu’en pense papa.
Dans trois moi j’emménage dans ma propre maison avec Mohamed, papa a enfin dis oui. Cela faisait tellement longtemps que j’attendais ça. J’espère… J’espère retrouver quelqu’un.

Je pense que je pourrais écrire pendant des heures, mais je veux te dire le reste en face à face. Je n’attends pas de toi que tu répondes, en fait j’espère que tu ne le feras pas. Je veux te voir en vrai, face à moi. Alors par pitié, ne répond pas à cette lettre. Viens me voir.

Ta petite sœur qui t’aime fort. 

P-S : Le _ février, une surprise t’attendras à Pré-au-Lard (si j’ai bien compris) vers 15 heures, soit y sans fautes.»

Je replis le papier. Je suis tellement content d’avoir lu ça. De voir que ma famille va bien. Mais d’un coté, je suis tellement triste de ne pas pouvoir les voir. Mais ma sœur me supplie dans cette lettre, de venir la voir. Et maintenant je me sens prêt à y retourner, juste pour elle, et puis pour « qui je sais » comme elle le dit si bien dans sa lettre.
Je regarde Misery, voilà où il était depuis quelques jours. Et moi qui m’inquiétait. Je suis impressionné, il se souvient encore où on habitait avant ici. Comment savait-il que ma sœur avait une lettre à me transmettre ? Cet oiseau m’étonnera toujours.

Quoi qu’il en soit, la date indiquée en bas de la lettre, c’est aujourd’hui, et l’heure, c’est dans à peine 30 minutes. Encore heureux que la lettre soit arrivée aujourd’hui, sinon j’aurais loupé cette fameuse surprise. Je prends mon manteau, et me précipite hors de mon bureau.
Pendant 20 minutes, je marche, pour arriver au portail de l’école, où Hagrid me fait passer, avec un grand sourire. Il commence à se faire vieux le pauvre, même si cela ne fait qu’à peine deux mois que je le connais, j’ai l’impression de l’avoir vu vieillir à vu d’œil.
Une fois dehors, je transplane directement à Pré-au-Lard, puisqu’il était impossible de le faire depuis le château.

Pré-au-Lard

J’y suis, il fait plutôt froid. Je remonte mon manteau pour couvrir mon cou et ma bouche. Puis je me met en quête de cette fameuse surprise. À priori, il n’y a aucune surprise à l’horizon, rien de visible du moins, parmi cette foule de consommateurs sorciers qui sont venus faire leurs emplettes.
Alors je me met à marcher lentement, tout en restant attentif. Je regarde de tous les côtés, commençant à me demander si ma sœur ne m’a pas fait une blague. Non, ce n’est pas du tout son genre, et puis elle n’avait rien à y gagner. Je continue donc, entendant au loin le sifflet d’un train, qui arrivait probablement à la gare de Pré-au-Lard.

Après 10 minutes de recherche intensive, je décide de rentrer au château. Et alors que je m’apprête à tourner les talons, je vois cette fameuse surprise, qui commence à se détacher dans la foule. Une personne se tient debout devant moi, à quelques mètres. Une personne que je connaît très bien, avec elle, une valise, et un enfant, tout aussi blond. Cette silhouette, j’aurais pu la reconnaître parmi milles autres. Ce visage, je l’ai appris par cœur, cette surprise, c’est la plus belle qu’on aurait jamais pu me faire.

-Mon amour... »

Arc 1, Chapitre 1 C'est mon fils. SOLO
Chapitre 1.2

Je ne peux le croire. Il est là devant moi. Il est vraiment là. Nos regards se croisent, nos yeux s’illuminent, nos âmes se rejoignent.
Je marche vite, cours un petit peu pour tuer cette distance qui nous sépare . Puis… je suis dans ses bras. Je sens ses mains dans mon dos, sa joue contre la mienne, son souffle dans mon cou et dans mon cœur. Je ferme les yeux, puis me détache et l’embrasse. Je pose ma main sur sa joue et lui fait un grand sourire.

-« Asmar… Tu m’as tellement manqué. Cela fait plusieurs années que nous ne sommes pas vu… Et maintenant ça y est, tu est là. Là ! Devant moi, je ne peux pas y croire.

Asmar rigole discrètement tandis que je sens des larmes de joie se former dans mes yeux. Avant de me répondre, Asmar tends le bras vers le petit garçon qui était avec lui tout à l’heure, celui ci qui semble intimidé se précipite vers Asmar et cache son visage dans le manteau du blond. Trop heureux pour m’en soucier, je ne fait pas attention à cet enfant pour l’instant. Asmar me répond alors.

-Et pourtant je suis là Daelly, comme tu le vois. Je suis venu te rejoindre, et cette fois, nous ne nous séparerons pas. N’est ce pas beau gosse ?

Il me regarde plein de malice. Il fait référence à mon départ. Je sais qu’il ne m’en veut pas, alors je rigole doucement, mais regarde au sol, un peu honteux tout de même. Je relève ma tête, mon sourire ne me quitte pas. Je le regarde attentivement, il a changé. Il est un peu plus pâle, même si ses origines américaines ont toujours fait de lui un petit blanc blond. Des cernes se sont dessinées sous ses yeux et des fines rides sont apparues sur certaines parties de son visage.
Il porte des vêtements étonnement distingués pour la situation économique dans laquelle il se trouve. Je me demande comment il a pu payer tout ça.
Mais c’est sont regard qui m’apparaît le plus étrange, il y a quelque chose dedans qui se cache, qui a honte, qui ne veut pas sortir. Je décide de me concentrer sur autre chose. J’ai tellement de choses à savoir.

-Comment est tu parvenu jusque ici ? Et puis-je savoir, Môssieur, pourquoi ma sœur était au courant alors que j’ai été tenu dans le silence ?

Je prends alors un faux air indigné, comme si je lui en voulait.

-Et bien comme tu t’en doute Daelly, j’ai d’abord pris le balai pour aller jusqu’à Londres, avec le petit derrière, comme il ne prend pas beaucoup de place. Puis, nous avons pris le train pour arriver ici. J’ai tous planifié avec ta sœur, elle m’a beaucoup aidé tu sais. Je ne serais pas là sans elle. Elle m’a aussi prêté de l’argent, j’ai pu acheter des vêtements correct pour moi et pour Sahel et arriver jusqu’ici. Mais je n’ai presque plus d’argent et je ne sais pas où loger. Tu crois qu’il reste de la place à Poudlard.

Je devine donc que le gosse s’appelle Sahel. Ça a le mot miracle comme signification. Je me demande qui il est, même si une idée de réponse s’est insinuée en moi. Cette réponse supposée, elle me fait peur, je préfère donc l’oublier.
Asmar vient de me demander, plus ou moins subtilement, si pouvait loger à Poudlard. J’aurais aimé, mais connaissant un minimum Kristen, je pense que ce n’est même pas la peine d’y penser.

-De la place il doit y en avoir, oui, mais je ne pense pas que Loewy, la directrice, te permette d’y loger. Et à mon avis ce n’est même pas la peine d’essayer. Elle est plutôt  têtue quand elle veut .

Asmar me regarde un demi-sourire sur les lèvres.

-Tu n’as pas l’air de beaucoup l’aimé non ?

Je regarde le sol, c’est plus compliqué que ça. Je n’ai pas vraiment envie d’en discuter maintenant.

-Je ne sais pas. J’ai beaucoup d’admiration pour elle, et je suis convaincu que c’est une bonne personne. Mais beaucoup de choses me dérange du peu que je la connaît. Enfin, bref, je suis très surpris que Djamila t’ai éidé de la sorte, elle a du beaucoup changer depuis mon départ.

Asmar me regarde avec un sourire triste. On dirait qu’il a pitié, je déteste ça. Puis il hoche la tête lentement, sans rien ajouter. Un petit silence s’installe naturellement. C’est paradoxal quand on sait que cela va faire 6 ans que je n’ai jamais vu Asmar devant moi. Depuis tout ce temps, on se parlait par hibou, jusqu’en 2041. À partir de ce moment là, il y a eu un trou noir dû aux… problèmes d’Asmar. Je me rend maintenant compte que cela faisait plus d’un an que je ne lui avais pas parlé. Et le voilà devant moi. Je l’ai quitté alors qu’il n’était encore qu’un gamin, et le voilà maintenant presque adulte. Je me sens tout drôle.

Sahel décide enfin de montrer son visage, alors que depuis tout à l’heure il se cachait. Il doit avoir 5 ou 6 ans, et est blond aux yeux bleus. Il semble très craintif, et me regarde avec peur.
Quand je le regarde, mon coeur bas très fort, et moi aussi j’ai peur. Peur de quoi ? De qui ?
Je me baisse afin d’être à la hauteur du gamin, puis lui ébouriffe les cheveux. Pour la première fois, je le vois sourire. Je demande alors :

- Et qui c’est ce petit bonhomme ?

Je regarde alors Sahel dans les yeux. Et je n’ai plus besoin d’Asmar pour avoir la réponse. Je me relève brusquement et me tourne en direction de l’homme que je crois aimer. Lui ne me regarde pas.
Non… Non.
Ce n’est pas possible.
Pas possible, il n’a pas pu…

D’une voix forte je répète alors :

-Qui est-ce ?!

Asmar me regarde alors, il a honte, et demande pardon du regard. Il semble d’un coup très triste.

-C’est mon fils...

Arc 1, Chapitre 1 C'est mon fils. SOLO
Chapitre 1.3:

Il l’a confirmé. Ça y est. C’est son fils. Il est père. Je ne le suis pas. Il m’a trahi.
Je ne sais pas comment réagir. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas si je dois me mettre en colère, si je dois être compréhensif, si je dois rester calme. Je n’en sais rien. Je demande alors :

- Tu aimes les femmes maintenant ? Pourquoi est ce que tu es venu si c’est la cas?

Honteux, il ne me répond pas tout de suite, il cherche ses mots. Sahel, lui ne comprends pas ce qu’il se passe, mais on voit sur son visage, qu’il sait que quelque chose cloche. Que quelque chose ne va pas. Il regarde son père, quémandant du regard un explication, mais Asmar l’ignore.

-Je n’aime pas les femmes non, enfin, je n’en sais rien. Peut-être. Mais ça n’a aucune importance, car c’est toi que j’aime Daelly.

L’entendre dire mon surnom, me paraît presque comme une insulte. J’ai du mal à le supporter. Mais je fais tout pour contenir ma colère, et garder mon calme. Je suis en colère certes, mais triste surtout, et c’est ce sentiment qui transparaît sur mon visage. La peine.
Je montre alors Sahel, du doigt, le considérant presque plus comme un objet que comme un enfant. Je suis aveuglé.

-Ah oui ? Tu m’aimes, vraiment ? Et c’est comme ça que tu me le montre ?

Asmar se raidit, il semble soudain blessé, mais aussi attaqué. Il fixe alors mon bras qui pointe encore Sahel, et d’un mouvement de bras, me le baisse. Criant presque, il s’indigne :

-Ne le... commence t-il énergiquement avant de se calmer, montre le pas comme ça.

Sahel semble très intimidé, et on sent qu’il est sur le point d’éclater en sanglot. Je me sens un peu coupable. Le grand blond se penche vers son fils, et sort un gallion de sa poche, avec un sourire bancal il le donne a Sahel.

-Tiens mon chéri, va acheter quelques bonbons dans la boutiques que l’on a vu tout à l’heure.

Le gamin prend précipitamment la pièce, puis part en courant. J’aimerais faire pareil, mais je suis coincé ici. Asmar se relève. Il regarde part terre, puis je vois, j’entends presque, son poing se serré. D’une voix, pleine de détresse contenue il m’interpelle :

-Ne m’accuse pas comme ça. Je l’ai déjà assez fait moi même. Tu ne peux pas savoir à quel point je m’en suis voulu, et je m’en veux encore…
Quand tu es parti, je n’avais aucun contact avec ta sœur. Personne n’a su me dire, pourquoi, du jour au lendemain tu avais disparu. Je me suis retrouvé seul à nouveau, et sans même savoir pourquoi. Plusieurs mois on passés, sans aucunes nouvelles de toi, et ça me rendait fou, si tu savais. Je sortais de temps en temps voir des anciens amis, et c’est tout… Et puis un jour, lors d’une de ces rares sorties, Sadam m’a présenté une fille, si belle… Même toi tu serais tombé sous son charme.

Je laisse échapper un soupire d’exaspération, mais le laisse continuer sans dire un mot.

-Je n’ai même pas appris à vraiment la connaître. Tout est allé si vite… Et nous l’avons fait. Pitié Ydhael, comprends moi ! J’étais perdu, tu n’étais plus là ! Je ne sais pas ce qui m’a pris.

Il s’arrête. Je ne dis rien. J’écoute, et je veux entendre la suite, alors il reprend :

- Comme tu t’en doute, par malchance, il a fallut qu’elle tombe enceinte. Mais ça… ça je ne l’ai su que quand on m’a donné Sahel. C’est le frère de la fille qui me l’a apporté. Il y a eu un problème pendant l’accouchement, et elle a réussi à dire mon nom avant de mourir.
Je n’ai eu d’autre choix que de m’en occuper. 1 an après ton départ, quand j’ai reçu ton hibou, j’étais tellement heureux d’enfin avoir de tes nouvelles, mais en même temps, j’étais terrorisé. Terrorisé, parce que je devais te dire la nouvelle. Et je n’ai finalement jamais osé.
Maintenant que je suis là, en chair et en os, je ne peux plus me cacher, je ne veux plus me cacher, et je veux être le plus honnête possible. Je ne te trahirai, et ne te mentirai plus. Je te le promet.

Son récit s’achève ainsi. Je n’arrive pas à dire quoi que ce soit, je n’arrive pas à penser quoi que ce soit. Je me sens trahi, mais coupable aussi. C’est arrivé par ma faute en quelque sorte. Mais pour l’instant, je ne peux pas me l’avouer, pour l’instant, je ne suis en colère que contre Asmar. Mon regard sur lui reste plein de rancœur.
Et dire, qu’une trentaines de minutes auparavant, j’étais heureux de le revoir, voilà maintenant que je me met à souhaiter qu’il ne soit jamais venu.
Pourtant, il reste Asmar, celui que j’ai toujours aimé… Je suis tellement confus. Tout tourne dans ma tête, tout ce que j’ai toujours pris pour acquis s’est effondré.

-Asmar, je… Je ne sais pas, je crois que je vais avoir besoin de temps. Allons récupérer Sahel, je vais vous payer une chambre aux  Trois-Balais, puis je vais rentrer au château.

Plein de tristesse, le blond acquiesce lentement, tel un enfant que l’on a puni.
Malgré le fait que j’ai moi aussi mes tords, je n’arrive à en vouloir qu’à Asmar. C’est donc en silence que nous nous dirigeons vers Honeydukes.
Une fois devant la boutique, Sahel ressort, il semble beaucoup plus content qu’avant, il a dans les mains, deux énormes sucettes multicolores. Les couleurs forment une spirale en mouvement perpétuel. qui s’achève au centre du bonbon. Le gamin nous aperçoit et cours vers son père.

-Papa ! Regarde ce que j’ai pris! Ça bouge ! C’est des bonbons qui bougent, c’est trop bien !

Asmar tente un faible sourire qui se transforme plus en grimace. Sahel le remarque et prend une moue étonnée, il me regarde. Je détourne le regard, la situation est difficilement supportable pour moi. L’enfant tire alors sur le manteau de son père et lui demande :

-Il est fâché le monsieur papa ?

Tentant de ne pas éclater en sanglot, Asmar répond difficilement :

-Oui, il est fâché. Très fâché .