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18 juil. 2018, 18:02
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
En y réfléchissant un peu mieux, et à partir du moment où Solal avait posé des mots sur le problème nommé M. Kernac'h, les choses étaient un peu différente pour Elian, comme mise en perspective, même s'il refusait de s'y pencher de trop près. Il n'allait pas mentir à son ami en lui disant que son père l'appréciait, après tous les doutes que ce dernier avait émis il y a quelques semaines sur sa famille... Mais son attitude avait quelque peu changé la veille, lorsqu'il avait rencontré la mère de Solal. Elian ne connaissait pas les ruses des adultes, les faux-semblants pour garder une bonne image aux yeux de ceux qui nous paraissaient antipathiques, alors il ne pouvait pas vraiment savoir si son père appréciait Solal ou non, même s'il méritait à ses yeux tout l'intérêt du monde. « Au moins il ne t'a pas snobé hier, c'est ce qu'il faisait avant, quand j'avais des amis en primaire. » L'utilisation du passé était important, il ne connaissait plus aucun enfant à Cardiff depuis qu'il était rentré à Poudlard. Peut-être que son père préférait ignorer les Moldus et surtout ceux qu'Elian fréquentait, pour montrer à son fils qu'ils n'avaient pas grand intérêt - c'était assez raté...

Le garçon avait manqué à plusieurs reprises de tomber dans les descentes ou de s'embourber dans des talus épineux, à force de regarder dans les hauteurs des arbres, dans l'espoir de voir des créatures se manifester. Heureusement, Solal avait toujours été là pour le ramener sur le droit chemin ou bien s'assurer qu'il ne tombe pas. Elian était, comme toujours depuis qu'il le connaissait, très impressionné par la débrouillardise du Serdaigle, et davantage encore lorsqu'il lui lista les animaux qu'ils pouvaient croiser par ici.
« Des bambis ? répéta Elian en ricanant, pour une fois qu'il comprenait une référence à un dessin-animé pour enfants. « Trop chou ! » Une fois posés sur l'emplacement que Solal avait trouvé, il fallait encore savoir monter la tente avant que la nuit tombe. Là encore, son ami semblait avoir beaucoup plus d'expérience que lui.

Il s'accroupit et observa en silence Solal manipuler le matériel. Puis, pour s'amuser, il sortit sa baguette magique, observa une nouvelle fois les environs, et souleva très légèrement la toile de haut en bas à l'aide du sortilège de Lévitation qu'ils avaient appris à l'école.
« Non j'ai jamais campé, mais toi on dirait que tu as fait ça toute ta vie, ce sont tes frères qui t'ont appris ? » fit-il à l'adresse de son ami, toujours fasciné. Ce n'était pas sa grande sœur qui lui aurait montré ce genre de choses, les seules sorties qu'ils avaient faites ensemble du temps où elle vivait encore à Cardiff étaient des virées au centre commercial, où elle lui avait seulement appris la patience dans les cabines d'essayage et l'importance de ne pas oublier un sac rempli d'achats récents dans une aire de repos.

« T'as déjà fait un feu de camp ? J'ai lu les étapes dans le dernier numéro du P'tit Sorcier, on pourrait essayer d'en faire un ! » Il jeta un œil au sol, puis en direction des arbres qui entouraient la clairière. « Je vais rassembler des branches d'arbres et des cailloux pendant que tu montes la tente, on a qu'à s'inventer un signal si jamais on a besoin de se retrouver ! Il réfléchit un instant, puis cria comme un loup, ou du moins tenta d'imiter son cri. Elian s'éloigna ensuite dans la forêt, et commença à rassembler ce dont ils auraient besoin, ne voyant pas le temps passer dans cette nature fascinante. Il espérait peut-être croiser un ou deux bambis en restant silencieux, sans savoir que des animaux un peu plus dangereux tels des insectes piquants ou des vipères appréciaient également la tranquillité. Son t-shirt lui servait de panier pour rassembler les plus grosses pierres qu'il pouvait croiser, certaines l'obligeant à gratter le sol pour les déterrer - alors qu'il avait toujours pensé qu'on pouvait en trouver simplement posées sur la terre, et rendant ainsi caduque ses heures passées dans la salle de bain de Solal. Elian se rendit compte qu'il n'était pas aussi tranquille tout seul dans cet environnement, et que la présence de Solal lui serait indispensable s'il voulait explorer un peu plus loin. Son retour sur le camp se fit plus rapide, des branches sous le bras et un t-shirt rempli de cailloux.

En RP : Quatrième année

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And your mind is moving low.
Go ask Alice, I think she'll know. »
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25 juil. 2018, 14:03
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
En y repensant : la première impression que Solal avait eu d'Elian était bien différente de ce qu'il était réellement. Le Poufsouffle était tête en l'air. C'était une certitude. Mais pour autant, il n'était pas aussi idiot et vulnérable qu'il en avait l'air. Aux premiers abords, Solal avait presque senti le besoin de devenir le garde du corps du blond mais il n'en avait finalement pas besoin. Aussi désagréable que cela puisse sonner aux oreilles de Solal : Elian pouvait se débrouiller seul. Il était fort, persévérant, et plus intelligent qu'il n'y paraissait. Avec un peu de volonté, il pouvait tenir tête à son père, et devenir un garçon plus indépendant. Il n'avait pas besoin de Solal pour ça. Il ne fit pas de commentaire suite au compliment d'Elian : Solal se débrouillait très mal et réussit difficilement à monter la tente. Il se contenta d'hocher la tête à sa question, l'air assuré, comme s'il maîtrisait la situation. En réalité, il avait peur qu'elle tombe au moindre coup de vent mais il priait pour que ça n'arrive pas, tout comme il priait pour que les nuages gris à l'horizon y reste et ne se déplace pas vers eux —la pluie ne l'arrêtait pas, mais il savait que la majorité n'aimait pas ça et cherchait systématiquement à s'en éloigner.

« Un feu de camp ? Non jamais, mais on peut essayer ! Une fois papa en a fait, mais il l'a fait avec sa baguette. Nous on a pas le droit. » il fit la grimace à cette remarque ; il ne comprenait pas pourquoi les apprentis sorciers ne pouvaient pas utiliser la magie hors de Poudlard, et pendant quelques secondes il détesta les moldus de les empêcher de vivre comme ils le voulaient, avant de se rappeler qu'ils n'avaient eux-même rien demandé. 
Le Serdaigle éclata de rire lorsque Elian imita le loup et s'empressa de le rejoindre dans ce concert douteux. Quand Elian disparut, Solal s'empressa de finir de monter la tente en jetant des regards inquiets dans la direction qu'avait pris Elian un peu plus tôt : allait-il sortir vivant de cette expédition solitaire ? Il se dépêcha de finir de monter la tente qui n'était pas très grande, juste ce qu'il fallait de place pour deux garçons. Il avait bien demandé à ses parents d'y lancer un sortilège d'Extension, mais ils avaient refusé : ils n'avaient pas besoin de tant de place !

Après avoir terminé le montage de la tente, Solal installa leurs sacs dans celle-ci et attendit impatiemment le retour de son ami, les bras croisés. Il s'impatienta vite et fut à deux doigts d'imiter le loup quand Elian arriva enfin, les bras et le t-shirt chargé.
« Ah, t'es de retour ! J'ai eu peur que tu te perdes ! » s'exclama-t-il, alors qu'il s'empressa d'attraper des branches et des cailloux pour alléger Elian. Il les posa à quelques mètres de la tente, entreprenant ensuite de former un cercle avec les cailloux comme il l'avait vu dans diverses illustrations dans des livres.
« Alors, on fait comme ça, c'est ça ? Puis on met les branches là... Au fait, t'as vu les nuages ? J'ai peur qu'il pleuve, ça tombe mal quand même ! » déclara-t-il en plissant le nez, levant un regard inquiet vers son ami. Il croisait les doigts intérieurement pour qu'il ne décide pas de rentrer à la maison malgré la pluie.
« Oh, au fait, tu sais quoi ? Il y a un Serdaigle qui a déménagé à Chipping Campden aussi, il s'appelle Léo. C'est improbable, tu trouves pas ? C'est tout petit ici. » raconta-t-il tout en déposant les branches, agenouillé par terre. Il se leva ensuite et adressa un regard plein d'attentes à son ami : allait-il réussir à lancer un feu ?

Tapis en Chef, 2ème année RP.

31 juil. 2018, 02:03
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Ses yeux eurent à peine le temps de s'habituer à la lumière du jour qu'il sortit des bosquets pour retrouver le petit campement, à présent riche d'une petite tente érigée en son centre. Elian en fit le tour d'un air intéressé, comme un inspecteur des travaux finis, avant de s'exclamer avec un grand enthousiasme - quelques cailloux tombant lourdement au sol : « C'est super ! Elle est identique à celle de mon magazine ! » Solal l'aida à se débarrasser de tous les matériaux naturels qu'il avait pu ramasser dans les alentours, et ils s'essayèrent à l'exercice du feu de camp, assez compliqué sans l'aide de la magie. « On aurait dû emmener ton père pour qu'il nous allume un feu, il est gentil. » C'était un drôle d'enchaînement, mais l'esprit d'Elian faisait déjà attention à autre chose car selon son compagnon d'aventure, le temps semblait se dégrader. Il observa le ciel et ses nuages noirs d'un air pensif, puis se voulu rassurant : « C'est bien la pluie, moi j'aime bien tant qu'on est abrités quelque part, et puis au moins il y aura tout pleins d'escargots autour de la tente. Comme il vivait dans un appartement, les gastéropodes, qu'il trouvait si drôles, lui rendaient malheureusement très peu souvent visite. « Mais j'aime moins l'orage, il y en a par ici en été ? » Elian ne craignait absolument rien à présent qu'il avait retrouvé Solal et qu'il n'était plus seul à ramasser des pierres ou des branches dans la forêt, mais sa réaction au tonnerre était quelque chose qu'il ne maîtrisait pas encore totalement.

Le Poufsouffle s'assit en tailleur pour prêter main forte à son ami, qui avait fait un agencement très organisé des pierres et des branches. Il avait déjà pu constater son esprit méticuleux, à l'opposé de son propre chaos intellectuel, l'obligeant d'ailleurs souvent à se remettre lui-même en question. Mais quelque part, il se rassurait en se disant qu'au moins ils pouvaient se compléter ensemble, même s'il ne voyait pas vraiment ce qu'il pouvait apporter de plus à Solal, de son côté. De la mousse séchée peut-être ? Oui, il ajouta un petit tas enroulé sur les brindilles pour que le feu prenne plus rapidement. Le fait que le Serdaigle lui parle de son voisin, un Aiglon, lui fit tourner la tête pendant un instant. Si Elian aurait adoré être dans la même Maison que lui à Poudlard, il aurait été tout simplement extatique s'il avait pu habiter tout près de lui, et surtout dans le charmant petit bourg qu'était Chipping Campden.
« Il a des lunettes, non ? Il est gentil ? » Il n'existait pas d'autres critères selon lui pour déterminer s'il appréciait quelqu'un ou non, et pourtant même si la réponse de Solal s'avérerait positive, il savait au fond de lui qu'il lui serait impossible d'éprouver la même sympathie pour ce camarade d'école. Solal et Léo devaient partager davantage de choses, déjà dans leurs façons d'être puisqu'ils avaient été tous deux été répartis à Serdaigle, mais à présent ils avaient également l'occasion de partager un espace de vie ensemble, voire une amitié durable... Leur village était petit, comme l'avait dit Solal. Bien malgré lui, une brindille se brisa entre ses mains, provoquant un petit craquement qui le sortit de sa torpeur.

« Si je me rappelle bien, il nous faudrait des allumeuses ou je ne sais plus trop quoi pour que le feu parte directement. Elian se saisit d'un morceau de bois qui ressemblait à une écorce d'arbre dure et d'un bâton. « Mais nous, on est des aventuriers ! Il commença à crayonner l'écorce avec le bâton, produisant ainsi beaucoup de fumée. « J'ai lu qu'il suffit d'une étincelle pour qu'un brasier se forme ! » Il fallait beaucoup de force pour tenir le rythme et obtenir un résultat, mais Elian ne manquait pas de détermination, et une flamme finit par illuminer leurs yeux concentrés. Après avoir sécurisé le feu en ajoutant davantage de mousse pour l'alimenter, Elian présenta sa main levée pour taper celle de Solal. Il n'y avait pas de doute possible, ils formaient la meilleure équipe à ses yeux, peu importe si c'était à sens unique - et quelque part, le fait que le Serdaigle l'ait invité lui, en lieu et place d'un camarade habitant si près de chez lui, représentait quelque chose d'infiniment concret, une preuve qu'il ne pensait pas devoir attendre de lui. C'était une grande satisfaction de pouvoir créer le feu à partir de si peu, la douce chaleur qu'il dégageait accentua davantage les rougeurs de ses joues.

« Au fait, j'ai même pas vu l'intérieur de la tente ! Elian se tourna vers la toile et entra dans cette dernière en s’élançant comme s'il passait la porte en tonneau qui menait à sa salle commune à Poudlard. En somme, un plongeon très peu gracieux. L'espace était petit à l'intérieur, mais il s'y sentait davantage protégé de cette façon et y installa déjà son duvet - ainsi que son Bicorne en peluche. Une fois à l'intérieur, Elian ne voulut tout simplement plus sortir de ce cocon et se roula de long en large en rigolant de fatigue, indifférent au fait qu'il empiétait sur les affaires de Solal : « Regarde comme c'est grand chez nous, je peux faire trois roulades ! Aïe ! Son visage avait seulement atteint la toile de la tente, il se marra de nouveau, à demi-allongé sur sa place, puis essaya de faire taire la fatigue qui commençait à se montrer dans ses bâillements répétés. Le bruit des quelques gouttes qui cognaient contre la paroi en tissu de la tente finissait de l'envoûter, alors il balança ses chaussures dehors et s'allongea complètement en jetant par moment sa peluche dans les airs pour la rattraper aussitôt. Ses pensées semblaient encore divaguer autre part lorsqu'il posa soudain une question à Solal : « Est-ce que tu aimes quelqu'un dans l'école ? » Souvent dans le dortoir des garçons de Poufsouffle, ce genre de question arrivait comme un pavé dans la mare à l'heure la plus tardive, pour briser les éventuelles défenses et obtenir des confessions surprenantes. A vrai dire, Elian ne savait même pas vraiment de quoi il en relevait lorsqu'il avait utilisé le verbe "aimer", pour lui cela signifiait tout et n'importe quoi. Il aimait les escargots comme il aimait chaque moment qu'il passait avec Solal.

En RP : Quatrième année

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5 août 2018, 18:37
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Solal n'osa pas dire à Elian que son père aurait sûrement mis le feu à la forêt avant de réussir à faire un feu à la main. Ciaran était un père tout à fait adorable et bienveillant, mais il n'était pas des plus adroits, ce qui expliquait sans doute qu'il ne soit pas une étoile montante de l'ingénierie du balai —la pensée fit mal au cœur de Solal, qui, après quelques semaines, avait décidé de pardonner à son père la situation délicate dans laquelle il était actuellement.
L'idée de voir des escargots balaya les pensées désagréables qui menaçaient d'assombrir son esprit. Il adorait ses petites choses ; il ne savait pas si on pouvait les considérés comme des insectes ou des animaux, mais il savait qu'il adorait leur peau luisante, la bave qui retraçait le chemin qu'ils avaient pris, leurs petites antennes rétractables au bout desquelles des petits yeux curieux observaient le monde. Il avait pris pour habitude de collectionner les escargots dans le jardin, lorsqu'il pleuvait, et de faire une famille d'escargots qu'il observait évoluer dans son jardin. Habituellement, ils disparaissaient dans la nuit et il ne les revoyait plus jamais, mais il aimait à penser qu'ils étaient partis s'installer ailleurs après avoir décidés de former une belle et heureuse famille.
« Des escargots ! Super idée Elian, on fera des courses d'escargots et un élevage d'escargots ! L'orage il y en a souvent, moi j'adore quand ça fait BOUUM ! » s'exclama-t-il, tout à fait enthousiasmé par cette idée et par le fait que, encore une fois, son ami et lui étaient sur la même longueur d'onde.

Le Serdaigle ressentit une sorte de chaleur étrange en voyant Elian à côté de lui, l'aider à faire le feu. C'était la première fois qu'il partageait quelque chose avec un ami, hors de famille ou hors de Poudlard. Il se sentit tout à coup intimidé, sans savoir pourquoi et enfonça sa tête dans ses épaules, les yeux rivés vers les mains du Poufsouffle qui s'affairaient avec le feu.
« Des lunettes ? Non, j'crois pas. Oui sinon, il est gentil. » Il n'osa pas rajouter qu'il aurait préféré que ce soit le Poufsouffle qui déménage près de chez lui et il finit par se mettre à son activité préférée : ce qu'il appelait la désherbation. Il arrachait des brindilles d'herbe nerveusement : était-il nerveux à cause des mots qui restaient bloqués dans sa gorge, ou parce qu'il avait peur qu'Elian finisse par se donner un coup. Il s'inquiétait pour rien puisque le Poufsouffle réussit brillamment à faire un feu, ce que Solal n'avait pas imaginé une seule seconde —il n'aurait pas pensé y arriver lui-même et il avait espéré être un peu plus expérimenté qu'Elian, mais il s'avérait que non. Il s'empressa de cogner la paume de sa main contre celle du blondinet, tout en profitant de la chaleur que lui procurait le feu : il faisait incroyablement chaud, près de ce feu.

Il entra dans la tente en essayant d'imiter le plongeon de son camarade mais il devait bien avouer : le Poufsouffle était doué pour les plongeons, aussi ridicules pouvaient-ils être. Il rit à gorge déployée en voyant Elian se rouler dans la tente. S'il avait l'air d'un garçon très calme, presque fragile aux premiers abords, il n'était pas le dernier pour rigoler et il aimait beaucoup ça chez le garçon. Il s'empressa de pousser ses jambes pour l'encourager à se mettre sur son propre duvet afin qu'il puisse installer ses affaires à son tour —Elian avait installé sa peluche : ses yeux brûlaient, allait-il pouvoir dormir ? Le Bicorne était plus effrayant que n'importe quelle créature qui rampait potentiellement dans la forêt la nuit. Tant pis, il dormirait dos au Poufsouffle cette nuit —la pensée de dormir aussi proche de son camarade était un peu étrange mais il ne s'en formalisa pas plus que ça. Il retira ses chaussures à son tour, et attrapa les chaussures d'Elian pour les mettre dans un coin de la tente.
« Elles vont être trempées, sinon. » il murmura avant de sortir de son sac deux barres de céréales et les poser entre leurs duvets. Il s'allongea ensuite à son tour, la joue écrasée sur la tête d'une peluche en forme de poussin rondouillard et les yeux posés sur son ami. Celui-ci posa la question qui était sur toutes les lèvres lors des discussions entre garçons, à Serdaigle. Il fut quelque peu surpris de recevoir cette question de sa part, et s'amusa nerveusement avec le bout du papier de sa barre de céréales. Il n'y avait jamais pensé réellement, il aimait beaucoup Noor et Ivy en tant qu'amies, mais il ne se voyait absolument pas leur donner la main, et encore moins leur faire des bisous. Son regard oscillait entre la barre de céréales et le visage du Poufsouffle alors que la pluie cognait sur le tissu de leur tente.
« J'sais pas trop, j'ai jamais été intéressé par une fille. J'ai pas trop envie de leur faire des bisous et tout. » Il murmura, comme s'il lui annonçait le plus grand des secrets. Il se demanda ensuite quel genre de filles pouvaient plaire à Elian. L'idée de le voir avec une amoureuse était très étrange. « Et toi ? »

Tapis en Chef, 2ème année RP.

6 août 2018, 15:10
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Faire une course ainsi qu'un élevage d'escargots enchantait Elian, son empressement atteignant un tel niveau qu'il devait se contraindre de laisser le projet reposer dans un coin de sa tête, car des idées se bousculaient déjà dans sa tête pour optimiser son gastéropode de compétition. C'était d'autant plus rassurant de savoir qu'au moins l'un d'eux savait garder son sang froid face au tonnerre, car même si le temps avait déjà bien changé et continuait de se dégrader davantage, Elian savait à présent qu'il pourrait au moins compter sur l'assurance de Solal pour surmonter les orages. Il avait d'ailleurs suffit que ce dernier imite une explosion atmosphérique pour que le Poufsouffle ne sursaute, prouvant ainsi une certaine fébrilité déjà installée. Cardiff était aussi le théâtre d'orages pendant l'été, et son père devait veiller à lui lancer Assurdiato et autre Obscuro pour qu'il puisse passer des nuits à peu près correctes, car les éclairs illuminant l'obscurité par à-coups constituaient un autre de ses problèmes. Solal avait beau être brillant à l'école, ces sortilèges étaient bien trop avancés pour des sorciers de premier cycle.

Elian ne savait pas vraiment quelle réponse il s'était imaginé recevoir en demandant à Solal si son nouveau voisin, également étudiant à Serdaigle, était gentil, car à ses yeux les gens n'étaient jamais méchants intentionnellement et, quelque part, il fit un effort considérable pour masquer le fait que cette confirmation l'avait énormément déçu. Après tout, s'il s'était avéré que Solal trouve en Léo un garçon peu fréquentable, cela aurait rassuré le Poufsouffle sur le fait que ces deux Serdaigle ne pourraient jamais construire une amitié aussi solide à ses yeux que celle qu'ils avaient eux-mêmes commencé à cultiver. Ce risque allait donc continuer de subsister, et c'était étrange de se sentir aussi possessif sur l'une des seules choses que l'on ne pouvait pas maîtriser. Elian refusait de devenir comme sa grande sœur qui l'agressait à chacune de ses suspicions d'emprunts de vêtements ou bien, même s'il y pensa bien plus amèrement, d'agir comme son propre père qui contrôlait les moindres faits et gestes de ses proches.

Tandis que son exubérance se calmait par une fatigue naturelle, Solal eut la précaution de protéger leurs chaussures de la pluie. Elian avait remarqué toutes ces petites attentions qui faisaient du Serdaigle un garçon très prévenant, logique et concentré sur certaines choses, et surtout sur son bien-être depuis le début du séjour. C'était agréable de ne pas devoir se soucier de ce genre de précautions, mais il ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement avec le mode de fonctionnement de son père, qui avait adopté un schéma similaire depuis qu'ils ne vivaient que tous les deux. Elian balaya cette idée désagréable, pour une fois qu'ils pouvaient être libres sans adultes derrière leurs dos - même s'ils faisaient tout pour ne pas les décevoir, comme s'ils étaient en période d'essai. Il posa son Bicorne un moment sur son torse pour saisir une barre de céréales que son ami avait sorti, et observer en coin Solal réfléchir.

Ils parlaient si rarement de ce genre de choses, mais pourtant c'était bien ce que les enfants de leur âge faisaient, et sans participer à ces discussions - plus par gêne que par manque d'intérêt - Elian avait entendu bien des choses à Poudlard. Solal lui avait répondu qu'aucune fille n'avait retenu son attention dans ce sens-là, et tout en ignorant pourquoi, il s'était empressé de rebondir :
« Eww des bisous ! fit-il en grimaçant à cette seule pensée et en se recroquevillant un peu. « On est pareil ! Elian avait lancé le sujet, c'était à lui d'assumer ce choix, mais ses joues prirent feu de nouveau. « Je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais raconté que Lucy Wood m'avait giflé parce que j'avais mis trop de temps à lui rendre quelque chose. C'était la première fille avec qui j'avais tenté de communiquer, et je crois que je suis très mauvais à ça. Il fit une pause pour croquer dans sa barre de céréales, plongé dans une réflexion qui n'aboutissait à rien, mis à part des souvenirs un peu vifs et douloureux. Il n'était pas contre les couples, d'autres que ses parents réussissaient à subsister dans son entourage, mais il était vrai qu'il n'avait jamais réfléchi à ce genre de questionnement avant de se retrouver parmi autant d'élèves de son âge à l'école. « Il y a des filles géniales à Poufsouffle, mais en général je m'entends mieux avec les garçons. Il y a d'abord ceux du dortoir, puis les joueurs de Quidditch, les professeurs qu'on a eus je les trouve géniaux aussi ! Eadric... Le doyen ! Et bien sûr il y a toi. » Il roula en boule le papier de sa barre pour marquer un panier dans son sac, posé aux pieds de son sac de couchage. Sa liste était quelque peu longue, lui-même ne savait pas s'il devait tous les compter dans la case "sentiments amoureux" ou si c'était juste de l'admiration mal placée, sentant que la barrière était très fine pour lui.

Le reste de la journée passa très rapidement, tant ils étaient occupés dans leurs parties de cartes, leurs dégustations de sucreries et à réaliser les jeux des magazines qu'Elian avait apportés. Même si Solal n'en avait jamais fait, il se trouva qu'il était particulièrement fort et que le Poufsouffle devait s'y reprendre à plusieurs fois pour maîtriser son ami lorsqu'il lui donnait toutes les réponses avant lui. Ils purent redémarrer le feu à l'aide de braises, et griller des mets pour leur dîner du soir, dans une ambiance tout simplement magique, avec un coucher de soleil qui laissait déjà apparaître certains astres.
Entre les escargots et sa jalousie certaine envers Léo, Elian avait fait le choix d'exprimer la conclusion qu'il avait atteint après leur discussion en début de journée : « Du coup c'est cool parce qu'en fait on n'a pas besoin d'avoir des amoureuses tant qu'on reste ensemble ! »

Ils se changèrent pour enfiler leurs pyjamas et allumèrent une lampe à huile entre eux, avant de s'endormir non sans avoir eu au préalable toutes sortes de débats fatigués, comme sur l'intérêt d'avoir un Epouvantard domestiqué. Une pluie douce recommença à tomber, les berçant dans un sommeil qui s'avéra bien trop peu consommé... « Coâ-coâ. » Elian se redressa d'un seul coup, les cheveux en bataille : « Hein ? De quoi, quoi ? » Il jeta un œil au duvet de Solal, mais il était évident que ce n'était pas lui qui avait parlé. « Coâ. » Le bruit venait de l'extérieur de la tente, et semblait remonter jusqu'à eux avec la rumeur du vent dans les arbres. Bientôt, les coassements semblèrent se multiplier, dilatant davantage les pupilles d'Elian. « Sol' réveille-toi ! Ecoute ! » fit-il en le secouant, puis en lui intimant de faire silence. « Coâ-coâ. » Elian attrapa ses baskets, les enfilant en sortant de la tente, et s'éloigna par à-coups pour trouver l'origine du bruit, essayant de crier en chuchotant à l'adresse du Serdaigle pour lui expliquer une évidence : « Tu m'avais dit qu'il y avait des points d'eau pas très loin ? Je crois qu'il y a aussi des crapauds ! » Il s'éloigna encore plus dans la forêt plongée dans le noir complet, bien décidé à faire connaissance avec les batraciens.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 17 déc. 2018, 17:12, modifié 1 fois.

En RP : Quatrième année

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8 août 2018, 15:38
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Solal s'était tendit instantanément lorsque Elian prononça le nom d'une fille : était-il amoureux ? Il fut rassuré bien rapidement ; ce n'était pas le cas. Le Poufsouffle fit néanmoins une liste un peu trop longue de garçons, était-il amoureux de tout ceux-là ? De deux choses l'une, ou bien il était juste attaché à ces hommes, ou bien il était amoureux de lui ainsi que d'un millier d'autres hommes. Solal ne parut pas capable de se satisfaire de cette réponse mais n'en dit rien, il n'avait pas sa langue dans sa poche quand il s'agissait de dire ce qu'il pensait de façon générale, mais parler de son affection pour quelqu'un était bien différent.

« Oui, t'es mieux que les filles de toute façon ! » S'exclama-t-il avec toute la sincérité du monde. Il ne voyait pas ce qu'il pourrait chercher chez une fille qu'il ne trouvait pas déjà chez le Poufsouffle : il était intéressant, mignon et drôle. Et un peu bizarre. Tête en l'air, aussi. Passionné. Plein de qualités (ou de défauts) que le Serdaigle appréciait énormément. À cette pensée, il sentit son être entier se réchauffer, il n'avait jamais ressenti telle affection pour quelqu'un mais il ne s'en formalisa pas. Il avait compris qu'Elian était, à ses yeux, un garçon formidable et qu'il portait la couronne du Meilleur Ami.
Leurs conversations était à l'image d'Elian, aux yeux de Solal : spéciales, un peu délurées parfois, mais elles étaient toutes des conversations que Solal n'oublierait pas de si tôt. Une chose était sûre, c'est qu'il ne s'était pas ennuyé une seule fois lors de cette première journée de camping et s'était endormi aussitôt qu'ils s'étaient souhaités une bonne nuit.

Il fut réveillé, brisant un rêve où il chevauchait des donut's dans une galaxie de coton. C'était Elian, qui semblait bien énergique. Solal, lui, pas tout à fait. Il était plutôt un gros dormeur, et les matins étaient parfois difficiles. Ses yeux peinaient à s'ouvrir et il lui fallu de longues secondes avant de décoller sa joue de sa peluche. Il finit par se redresser rapidement en entendant un "côa" familier. C'était un crapaud ou une grenouille, Solal en entendait souvent près de chez lui mais il était difficile de les trouver dans la pénombre. Elian ne semblait pourtant pas craindre cette idée puisqu'il détala hors de la tente. Le Serdaigle ne se fit pas prier, attrapa ses chaussures qu'il enfila avant de rejoindre son ami, un sourire amusé aux lèvres bien qu'encore un peu endormi. Il attrapa la main de son camarade dans la sienne, puisqu'ils n'étaient éclairés que par la lune, et le tira avec lui.
« C'est par là ! Côa ! » fit-il pour imiter un crapaud, peut-être qu'entrer en communication avec ces amphibiens l'aiderait à les trouver. Il prit le chemin vers un des petits étangs qui bordaient la forêt, il n'était pas difficile de le retrouver puisqu'il suffisait de retrouver le sentier de randonnée et de le suivre. Le garçon connaissait assez la forêt pour ça, mais c'était un peu plus délicat dans l'obscurité nocturne.
« Tiens toi bien à moi. » il lui intima, ne se départant pas de cette manie qu'il avait pris de toujours veiller au grain. Enfin, ils arrivèrent devant l'étang dans lequel la lune se reflétait. L'image était très jolie, Solal aurait habituellement profité de la vue s'il n'était pas plongé dans son propre objectif : trouver des crapauds pour les montrer à Elian. 
« Fais doucement. » il avait baissé d'un ton et s'accroupit pour tenter d'être plus discret. D'expérience, il savait que les crapauds aimaient sortir de l'eau la nuit, il fallait plutôt chercher sur les bords de l'étang plutôt que de l'eau. Il avait lâché son camarade mais lui attrapa le bras aussitôt qu'il entendit un "côa !" tout proche. « Là, par là ! » murmura-t-il en s'approchant d'une grosse masse noire tapie sur le sol.
« Eh, salut Monsieur le Crapaud ! Oh.. Vous vous ressemblez un peu je trouve, c'est toi version crapaud. Saluuut Elian. » espiègle, le garçon tourna la tête vers son camarade avant de lui tirer la langue. Il se pencha ensuite pour observer le crapaud, qui était tout à fait horrible mais à la fois assez mignon.
« Ce serait cool qu'on en attrape deux et qu'on les garde, tu trouves pas ? » proposa-t-il, bien qu'il n'était pas tout à fait convaincu qu'ils parviennent à les attraper. Pour illustrer ses propos, il tendit ses mains vers le crapaud pour l'attraper. Le crapaud n'était visiblement pas d'accord, puisqu'il bondit, sous un "oh !" surpris et fâché de Solal. Aucun des deux n'avait dit son dernier mot et le Serdaigle s'empressa de se lancer à la poursuite du crapaud.
« Eliaaan, reviens ! »

Tapis en Chef, 2ème année RP.

16 août 2018, 04:56
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Acceptant d'attendre un peu, le temps que Solal puisse remonter le chemin vers lui dans la forêt, Elian attrapa sa main pour progresser avec plus d'assurance parmi les branchages et les racines qui dépassaient du sol un peu humide. La Lune laissait échapper quelques uns de ses rayons comme pour leur indiquer le chemin, créant autour d'eux une ambiance assez ésotérique. Dans la précipitation, aucun d'eux n'avait pensé à apporter la lampe à l'huile, probablement restée allumée sous la tente. Elian ne s'était posé aucune question en s'élançant impulsivement, dès que ses oreilles avaient pu percevoir les premiers coassements des crapauds s'élever dans la nuit. Sur le chemin, ils entendirent également le hululement d'une chouette, sûrement en pleine partie de chasse. Il y avait aussi des chouettes dessinées sur le pyjama d'Elian, mais il se souciait bien moins de leur état, n'hésitant pas à traverser des feuillages humides et salissants pour atteindre le point d'eau et profiter d'un spectacle qu'il n'aurait pas l'occasion d'observer autrement, le Poufsouffle en avait l'intime conviction.

La présence de Solal à ses côtés renforçait ce sentiment qu'ils avaient longtemps gardé pour eux mais que les deux garçons avaient fini par mettre en mots plus tôt dans la journée, chacun à leur façon : la vie ne les séparerait pas si facilement. Ils avaient atteint la conclusion ultime qu'ils devaient profiter du fait qu'ils s'étaient bien trouvés tous les deux, peu importe si les copains préféraient passer leur temps à chercher à nouer des relations avec les filles, ils continueraient de vivre loin des pressions sociales pour le moment. Peut-être que leur égarement passait aussi par cette évasion physique dans la forêt, comme un symbole de leur amitié étrange. Le Serdaigle avait pris les choses en main et choisissait les chemins à emprunter comme un explorateur expert des environs, en parlant un langage crapaud tout aussi approximatif qu'Elian. Ce dernier obéissait à ses ordres au doigt et à l’œil pour ne pas provoquer d'accident comme il avait l'habitude de faire. Bientôt, une étendue d'eau encerclée par la roche glissante et des arbres épais tels que des saules pleureurs se dessina devant eux. Tout ce paysage était éclairé par cette Lune qui les avait accompagné et qui se reflétait à présent dans la noirceur du bassin, en chœur avec les étoiles et la luminosité de centaines de lucioles papillonnant sur la surface. Elles semblaient s'amuser à éviter les grenouilles et les crapauds des environs, peu discrets avec leurs coassements incessants. Une lueur jaune traversa les yeux d'Elian, fendant le bleu de la pénombre. En fouillant dans sa mémoire, il n'arrivait pas à se rappeler de quelque chose d'aussi beau. Tandis qu'il admirait ce spectacle saisissant, son ami lui intima de ne pas faire de gestes brusques.

La bouche d'Elian ne s'était pas refermée depuis le moment où ils avaient découvert l'étang étoilé, et il avait imité Solal en se faisant tout petit près de lui, car un crapaud les observait à quelques pas d'eux, comme s'il cherchait à faire connaissance. Elian le défia du regard lorsque son ami le compara à l'amphibien, mais amusé par cet affront. Solal venait de lui attribuer son prénom lorsqu'Elian décida enfin de se venger en cherchant du regard un crapaud encore plus pustuleux. Il entendit derrière lui sa voix résonner pour lancer une idée qui déplairait forcément aux adultes qui partageaient leur vie, et pré-supposément surtout au père d'Elian.
« Parfait, alors c'est parti pour la chasse au crapaud ! » Le petit sorcier resserra ses bras croisés, il avait beau porter un sweatshirt, le temps estival demeurait plus froid la nuit. Il partit quand même à la recherche de son énième compagnon, on ne les comptait plus à présent. Sa prochaine obsession avait bien évidement un nom tout trouvé. « Solaaal, petit petit... » appela-t-il en sifflotant d'un air taquin.

Sur la rive, le son de l'eau bercée par la brise était particulièrement agréable à entendre et contrastait réellement avec le cri des crapauds. Elian put observer furtivement son reflet fatigué en s'accroupissant sur le rebord de l'étang. Il se trouvait particulièrement moins maladif depuis qu'on l'avait confié à la famille de Solal, ce ne devait pas être un hasard... Sur un rocher juste en face de lui, planté dans l'eau, un bruit rauque qui contrastait parmi tous les autres le sortit de sa torpeur mélancolique. Un crapaud qui n'avait visiblement pas de soucis pour se nourrir le fixait de ses énormes globes oculaires. Il louchait. C'était la première fois qu'Elian voyait un crapaud atteint d'un strabisme aussi puissant.
« Crôw. » répéta seulement celui-ci devant l'air étonné du petit garçon. Puis, d'un bond, il s'éloigna sur le rocher suivant, et le Poufsouffle l'imita pour se trouver à sa précédente place. Il l'attrapa à deux mains, mais le crapaud ne se débattait pas et restait figé dans une expression résolue. « Crôw. »
« Enchanté Solal, comme tu es lourd à porter ! »
lui dit-il en rejoignant la partie de la berge où ils avaient abouti le moment d'avant, s'adossant contre un saule pleureur pour y attendre Solal, et contemplant son homonyme dans ses bras. Allait-il réellement l'adopter définitivement et le rapporter à Cardiff ? Pour lui, la question ne se posait pas : il se battrait pour tout ce qu'il représentait, c'est-à-dire les moments passés avec son meilleur copain. Elian était prêt à jouer à l'avocat pour convaincre son père, quitte à le menacer d'une chose qu'il redoutait particulièrement. C'était un moyen de pression qu'il espérait ne pas avoir à utiliser, mais ce crapaud représentait la seule chose qu'il lui demanderait de toute sa vie, selon lui.

Une brume mouvante s'était formée sur la surface de l'étang, il ne manquait plus qu'un banjo ou un harmonica pour retrouver une ambiance des bayous de la Louisiane. Elian observait les lianes du grand saule pleureur se mouvoir lentement, il recommençait à pleuvoir. Reposé dans ce cocon de verdure, il espérait que Solal avait réussi à rattraper son crapaud et qu'il le rejoindrait rapidement, caressant le dos du sien comme s'il était un chat.

En RP : Quatrième année

« And you've just had some kind of mushroom
And your mind is moving low.
Go ask Alice, I think she'll know. »
look alive, sunshine
。 *
 ・*。・

17 août 2018, 03:00
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Solal n'avait pas pris le temps d'observer le paysage. Il s'engouffrait dans l'obscurité et dans la brume sans se poser de questions, trébuchait quand une pierre ou une branche tentait de lui barrer la route. Il n'entendait plus Elian, derrière lui, et si l'idée l'inquiéta un instant, son attention fut bien vite accaparée par le crapaud récalcitrant. Ce dernier semblait apprécier la course poursuite : il s'éloignait, s'arrêtait et ne repartait que quand le Serdaigle s'approchait de lui. Le caractère de l'amphibien plu aussitôt à Solal, bien qu'il savait que les animaux au caractère fort étaient souvent agaçants, à la longue. Il n'avait jamais eu d'animal de compagnie lui-même, mais il avait vécu avec assez d'enfants en bas âge pour savoir qu'un animal récalcitrant serait sans doute aussi agaçant que Blaze, il y a quelques années. Le garçon aux cheveux corbeaux espéraient, d'une façon ou d'une autre, pouvoir apprivoiser le crapaud et le dresser. Peut-être pourraient-ils gagner quelques mornilles en offrant un spectacle de qualité dans les rues du Chemin de Traverse ?

Le destin lui donna un coup de main. Il trébucha, tomba lourdement sur le sol alors que ses mains se posèrent sur le crapaud dans un hasard incroyable. L'amphibien non plus ne semblait pas avoir vu le coup venir et il se débattit quelques secondes désespérément avant de finalement capituler. Un grand sourire sur les lèvres, le Serdaigle se releva, serrant le crapaud contre son torse comme s'il était la plus belle des créatures. En y regardant de plus près : le crapaud était assez disgracieux. Solal n'avait, de toute façon, jamais vu de joli crapaud. Il aurait pu se sentir coupable de l'avoir appelé Elian plus tôt, si le Poufsouffle n'avait pas appelé son propre crapaud Solal à son tour : à présent, c'était la moindre des choses de continuer à l'appeler Elian.

La panique gagna le brun quand il réalisa, enfin, qu'il ne savait pas où était son ami. Une goutte de pluie s'écrasa brusquement sur sa joue et, le nez plissé, il scruta les environs. C'est un "Crôw" qui attira son attention et il serra son crapaud d'autant plus contre lui.
« Viens Elian, je vais te présenter Elian. » déclara-t-il en avançant de façon un peu hasardeuse. Le crapaud était un peu plus lourd que prévu, un peu plus fort et un peu plus sauvage. S'il restait immobile un moment, il se remettait ensuite parfois à bouger et Solal n'avait plus qu'une question en tête : comment allait-il réussir à garder le crapaud ?

Son visage s'illumina en un énorme sourire lorsqu'il remarqua le Poufsouffle; il l'attendait sagement sous un saule pleureur. Il y avait quelque chose d'incroyablement agréable à l'idée qu'Elian était toujours là, calme, à attendre Solal. Le Serdaigle sentit une nouvelle fois son corps se remplir d'une chaleur étrange, de l'affection peut-être. Il avait rencontré beaucoup d'apprentis sorciers durant sa première année à Poudlard, mais Elian était le seul à lui faire ressentir un tel sentiment de bien-être. À nouveau, il se fit la remarque qu'il n'avait pas besoin de filles, Elian lui apportait déjà tout ce dont il avait besoin. Il pensa même pendant un instant qu'il n'avait pas besoin d'autres amis que le Poufsouffle pour être heureux mais se résigna, il ne fallait pas qu'il oublie l'affection qu'il portait à ses autres amis. Son esprit enregistra néanmoins la pensée ; le blondinet était plus important que les autres et apportait, au Serdaigle, quelque chose de différent.

« Oh, toi aussi t'as ton crapaud ! Solal, hein. » fit-il remarquer en plissant les yeux en une moue presque boudeuse, bien que totalement amusé. Il approcha légèrement son crapaud de celui d'Elian mais il se mit à bouger frénétiquement, comme s'il voulait fuir. À deux doigts de lâcher le crapaud, le Serdaigle se recula et entreprit de serrer plus fermement l'animal dans ses bras.
« Je crois qu'Elian aime pas Solal. » la moue boudeuse se transforma en une moue triste. Solal voyait déjà les deux crapauds s'amuser ensemble dans l'herbe, tandis que le Poufsouffle et le Serdaigle seraient assis un peu plus loin à les observer. Mais ce n'était visiblement pas pour aujourd'hui. Le garçon aux cheveux corbeaux n'avait pas imaginé une seule seconde que leurs crapauds ne pourraient pas s'entendre.
« Allez viens, on va à la tente sinon on va être tout mouillé. » Il jeta un regard au visage du Poufsouffle, comme pour s'assurer que cet Elian là l'aimait lui, au contraire des deux crapauds. La réponse n'était malheureusement pas écrite sur le visage du garçon et Solal tourna le dos à contre cœur pour s'aventurer sous le léger filet de pluie et prendre la direction de la tente. La perspective qu'Elian pouvait ne pas l'aimer le troubla, et si l'attachement qu'il avait pour le Poufsouffle n'était pas réciproque ? Et si Elian se lassait de Solal suite à ce séjour ? Le Serdaigle se mit à traîner des pieds comme une âme en peine, portant le crapaud à bouts de bras.

Tapis en Chef, 2ème année RP.

21 août 2018, 03:28
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
Il faisait toujours aussi obscur mais Elian distingua tout de même parfaitement la silhouette de Solal s'approcher du saule où il s'était installé. D'un air satisfait, le Poufsouffle lui confirma d'un signe de tête que son crapaud s’appellerait bien Solal. C'était amusant de constater qu'il n'avait pas la même énergie que son homonyme, il restait calé contre lui comme s'il avait déjà abandonné tout combat pour regagner sa liberté - ou bien était-il seulement dans un état catatonique, effrayé par ce garçon qui lui accordait soudain beaucoup d'attention. Mais tout comme le Serdaigle, il semblait apprécier la pluie. Le crapaud prénommé Elian, en revanche, leur fit bien comprendre qu'il n'appréciait son compère, se débattant dès lors que Solal les eut approchés comme des Tamagotchi moldus. « Coa. » fit seulement l'animal, comme pour s'excuser du dérangement qu'il provoquait. Le petit sorcier, lui, n'appréciait pas de remarquer de la déception sur le visage de son ami. « Boarf t'inquiète pas, une relation ça se construit petit à petit. » C'était partiellement faux, certaines personnes n'avaient besoin que d'un seul regard ou d'échanger que quelques mots pour comprendre qu'elles allaient passer de longs moments ensemble, comme cela avait été le cas de Solal et lui-même. Il n'était quand même pas découragé pour les crapauds, ils seraient bien forcés de s'entendre un jour - mais se jura de s'assurer de l'absence de cas de cannibalismes chez les batraciens.

Après lui avoir proposé de retourner à la tente, Solal et lui s'engagèrent sur le chemin du retour, bien plus humide qu'à l'aller. Elian se tourna vers le fleuve pour observer les lucioles se disperser en illuminant une dernière fois les gouttes d'eau qui s'écrasaient sur la surface de l'étang noir. Plus ils progressaient en direction du camp, plus l'idée de présenter un crapaud à son père lui semblait absurde. Il lui restait deux jours pour préparer sa défense, avant qu'on revienne le tirer de son rêve éveillé auprès de Solal, car avoir un véritable ami auprès duquel il pouvait se confesser et partager des moments anthologiques, à l'image de celui qu'ils venaient de vivre, n'avait jamais été inscrit dans sa réalité.
« On va bien trouver un moyen de les réconcilier. Tu sais on me fait apprendre la flûte, peut-être qu'un jour je serais capable d'ensorceler les crapauds. Le Joueur de Flûte d'Hamelin pouvait le faire avec les rats ! » Elian savait que c'était très ambitieux, mais il voulait remonter le moral de Solal par tous les moyens, car même si leur idée était très mauvaise, c'était leur idée et ils allaient l'accomplir jusqu'au bout !

Leur tente, elle, n'avait pas bougé d'un pouce, toujours illuminée par la petite lampe à l'huile dont la lueur commençait à faiblir. Heureusement, elle n'avait pas attiré toute la faune de la forêt, seulement des centaines de lucioles, bien plus que devant l'étang, agglutinées autour de la toile.
« Oh c'est trop beau ! » s'étonna Elian en s'immobilisant à quelques mètres de leur campement. « Tu crois qu'elles pensent qu'on a pris leur reine en otage dans la tente ? » La lampe créait un gros point lumineux à travers la toile, comme une luciole bien portante. Il reprit sa marche pour s'approcher, la plupart se dispersèrent à leur passage, leur montrant qu'elles ne nuiraient probablement pas à leur sommeil - ou bien moins que les lubies nocturnes des deux garçons, en tout cas. Il était agréable de retourner sous leur abri après cette petite marche sous la pluie, Elian n'attendit pas pour se remettre dans son sac de couchage non sans grelotter un peu, après avoir cédé son coussin au crapaud qui sembla le remercier en lui tirant la langue. « Bon ça suffit les bêtises maintenant, on va jamais réussir à dormir par ta faute ! » accusa-t-il injustement son ami en rigolant. Elian leur imposa le sommeil en soufflant sur la lampe, mais sa voix fatiguée, entrecoupée d'un bâillement s'éleva de nouveau, dans le noir complet. « Merci de m'avoir suivi, t'es le meilleur. » Ses yeux se fermèrent ensuite automatiquement.


JOUR 3

Des yeux louchant croisèrent les siens, qui s'ouvraient progressivement. Solal le crapaud, toujours immobile, le fixait dans un regard digne de sa peluche Bicorne - un véritable cauchemar vivant pour tout ceux qui devaient en subir la vue. La nuit fut bien trop courte, c'était la conclusion qu'Elian avait pu atteindre en essayant de se lever d'un seul coup. Il ne savait pas si c'était dû au fait qu'il avait arrêté d'un seul coup les potions qu'on lui faisait boire habituellement, mais sa tête tournait à chaque fois qu'il devait réaliser le moindre geste visant à s'extirper de son sac de couchage. Le Poufsouffle finit par s'avouer vaincu en utilisant la méthode de dé-zipper complètement l'un des côtés pour se lever plus facilement.

Des rayons aveuglants traversaient le sommet de leur tente pour la chauffer à une température incroyablement élevée. L'herbe à l'extérieure était encore humide. Elian enfila ses chaussures avant de sortir respirer l'air du matin, c'était incroyable pour lui de se lever et d'atterrir directement au beau milieu d'une nature florissante, le camping était vraiment une activité faite pour lui. Il éternua et sentit une douleur sourde dans tous ses membres, s’asseyant sur une souche de bois devant les braises, les mains croisées autour de ses abdominaux. C'était une sensation étrange que d'être enrhumé, et comme Elian ne l'avait jamais connue, il finit par en tirer une grande fierté. Les yeux rouges, humides et cernés, il chercha Solal du regard. Il était très impatient de lui annoncer l'ultime affront qu'il pourrait faire à son père.
Dernière modification par Elian Kernac'h le 17 déc. 2018, 18:02, modifié 1 fois.

En RP : Quatrième année

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30 août 2018, 10:10
 Chipping Campden  1001 Nuits d'été  PV Solal R. 
S'il y avait quelque chose qu'appréciait Solal tout particulièrement chez le Poufsouffle —la liste était longue mais il aimait se persuadait du contraire—, c'était bien que le garçon semblait très cultivé. Il faisait souvent références à des choses que le Serdaigle ne connaissait même pas; et il notait dans un coin de sa tête les références en espérant pouvoir faire des recherches à ce sujet plus tard. Il oubliait bien trop souvent. En attendant, il se contentait de hocher la tête en souriant pour se donner l'air de savoir de quoi il s'agissait. Un joueur de flûte qui ensorcelait des rats ? Pourquoi pas, après tout. Le Serdaigle voulait bien être le prochain joueur de flûte qui ensorcelle des animaux, des oiseaux plus précisément.

« Il peut ensorceler les oiseaux, avec sa flûte ? » demanda-t-il, peut-être que s'il pouvait ensorceler les oiseaux avec, Solal pourrait tenter de lui voler sa flûte. L'idée s'extirpa vite de ses pensées alors qu'Elian attira son attention sur le nombre de lucioles qui volaient autour de leur tente. Il les imaginait, paniquées, cherchant à sauver leur reine. Il espérait pour elles néanmoins qu'elles savaient que leur reine n'était pas là, ils ne voulaient pas leur infliger plus de stress que nécessaire. Ils s'allongèrent dans la tente, le Serdaigle ressentit à nouveau une sorte de chaleur confortable dans le creux de son estomac, quelque chose qui avait le goût du bonheur. La chaleur s'intensifia lorsque Elian le complimenta, et il ne put offrir à son ami qu'un rire absolument ridicule.
Le crapaud nommé Elian semblait s'être calmé pendant un moment. Solal, serein, ferma les yeux et laissa Morphée l'attirer dans ses bras.
Crôa Un bruit sourd suivi le crôa en question; le crapaud venait de sauter sur le ventre de Solal qui, surpris, ne sut exprimer sa douleur qu'avec un souffle mélangé à un grognement inhumain. Tout allait bien, le crapaud n'avait sans doute pas fait exprès après tout. Il ferma les yeux et se laissa à nouveau glisser dans les bras de Morphée.

Le matin venu, Solal se réveilla avec les sourcils froncés et trois mèches levées sur la tête. Le crapaud Elian n'avait rien à voir avec le Poufsouffle : il était bruyant, avait passé la nuit à jouer au trampoline sur le ventre du Serdaigle. Le garçon s'était alors levé aux aurores, agacé, et avait fini par faire une cage pour le crapaud en plantant des branches dans le sol verticalement et en mettant un tissu par dessus pour ne pas que l'amphibien saute. Il était ensuite parti en randonnée, profitant de sa tranquillité justement méritée.
La pluie de la veille avait fait venir des tas d'escargots. Le Serdaigle se lança alors dans une chasse aux limaces à coquilles, comme Cosmo aimait les appeler. Il avait une idée d'occupation pour ce matin : une course d'escargots ! Tout à fait injustement, Solal sélectionnait déjà les escargots qui avaient l'air les plus rapides pour les garder pour lui. Il ne comptait pas laisser Elian gagner, peu importe à quel point il pouvait aimer le Poufsouffle.

Quand il revint au campement de fortune qui était le leur, les mains remplies d'escargots, il aperçut le Poufsouffle assit près du feu de camp. Il s'approcha de lui, un grand sourire aux lèvres. L'escapade et la vue de son ami l'avaient totalement lavé de sa mauvaise humeur due au crapaud. Le Poufsouffle semblait d'ailleurs un peu malade, les yeux rouges. Si Solal n'était pas aussi excité à l'idée de faire une course aux escargots, il aurait trouvé le temps de demander à Elian s'il allait bien : ce n'était pas le cas.


« Coucou ! Regarde, j'ai des escargots ! Tu veux faire une course avec eux ? » demanda-t-il en tendant à Elian une main remplie d'escargots : les plus lents, à l'exception d'un escargot. Solal n'était pas tout à fait sans cœur. Il s'assit en tailleur à côté d'Elian, et tendit son autre main, sur laquelle étaient accrochés les escargots qui formaient sa propre équipe.
« Tu vois, lui c'est Rapido. Parce que j'espère qu'il est rapide. Lui c'est Zig-Zag, il a des zig-zag sur sa coquille. Là, c'est Long-Cou. Il a un long cou. » Il avança sa main si proche de son propre visage pour bien voir ses escargots qu'il louchait légèrement. Il plaçait, en son équipe, tous ses espoirs. Il ne pouvait pas perdre face à Elian, le visiteur.

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