Jodie Williams
Nouvelle année, nouvelle amitié

Poudlard. Rien que ce nom me faisait peur. On avait des ambitions pour moi et ma soeur, Shannon. Nos parents voulaient à tout prix qu'on aille à Serpentard. En tant que Sang-Pur, notre famille y allait depuis des générations, et pour eux, des Williams n'allant pas chez les Verts n'étaient plus des Williams. Je savais très bien que Shannon irait chez les Serpentard, mais moi ? Je n'était ni orgueilleuse, ni fière, ni aucun des attributs des Verts et Argents. J'étais extrèmement timide, réservée et discrète, perfectionniste.
Mes parents, ma soeur et moi étions sur le quai de la voie 93/4, avec nos grosses valises en cuir. Nous n'avions pas encore d'animaux, nos parents n'ayant pas daigné dépensé leur argent pour des "sous-espèces". Tant mieux pour moi, qui avait la phobie des animaux à poil. Shannon, par contre, était déçue car elle adorait les bestioles en toute sorte, des chevaux aux moustiques. Berk ! J'étais désespérément accrochée a mes bagages, jetant des coups d'oeil timides autour de moi. Toute cette fumée, ces gens, me donnaient le tournis. Et mes parents, debouts et souriants, fiers d'être des Sang-Purs. Ma soeur aussi souriait de toute ses dents.
La locomotive qui s'était tenue tranquille jusqu'a lors, cracha un jet de vapeur et un bruit retentit, ce qui me fit sursauter. Shannon ricana devant ma réaction, mais ne dit rien, sauf qu'il fallait qu'on parte. Partir... Non ! Je ne voulais pas ! Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine, et je tremblais de tous mes membres. La peur avait prit possession de mon corps, et j'étais frigorifiée, pétrifiée. Seule mon buste se soulevait au rythme de ma respiration saccadée. Il fallait que j'y aille, mais je n'y arrivait pas.
Ma mère s'approcha de ma soeur, l'embrassa et lui caressa les cheveux. Moi, je n'eus pas le même traitement de faveurs : elle m'adressa un sourire glacial, avant de me déposer un baiser du bout des lèvres sur ma joue pâle. Elle s'éloigna vite comme si j'étais maudite. Mon père ne prit même pas le temps de m'embrasser, trop occupé a faire des compliments et à donner des conseils à Shannon. Comme si j'étais maudite. Pour mes parents, je l'étais : quelqu'un de timide et sans ambitions. Fade, sans intérêt. Je ne pourrais jamais apportée de la gloire à ma famille. A cette pensée, ma gorge devint sèche.
Je murmurais :
#Au revoir...
Je n'étais pas capable de d'ajouter quelque chose, et je suivis ma soeur. On rentra dans le train, et ma soeur, goguenarde, me dit de me débrouillée. Et elle me planta là. Je tentais de trouver une solution. M'enfuir ? Rester ? Seule, je me sentais incapable de faire quelque chose d'autre que de stresser. Il fallait que je trouve quelqu'un, et vite. Je me dépêchais d'aller dans un compartiment vide, et je déposais mes valises sur le filet à bagages.
Je me laissais tomber sur l'une des banquette, et fermais les yeux. Je n'avais plus qu'a attendre.