RPG+ L'esprit embrouillé Kaya Ethawee

Octobre 2043

L'effervescence était à son comble dans le château avec l'approche du premier match de Quidditch de la saison qui verrait s'affronter les Serdaigle et les Poufsouffle. Et même s'il ne s'agissait pas de sa propre équipe, Eileen était bien décidée à ne pas en perdre une seule seconde. Avant tout, bien évidemment, pour son amour du sport mais aussi, il ne fallait pas se voiler la face, afin d'étudier le jeu de ses futurs adversaires. Elle comptait bien tout disséquer... leurs stratégies, les faiblesses et les forces des joueurs mais aussi les balais sur lesquels ils évoluaient. En bref, tout ce qui pourrait lui être utile pour assurer la victoire de son équipe parce que oui, cette année, elle voulait brandir la coupe ! Elle n'envisageait pas une seule seconde de vivre la débandade de l'année précédente et ça semblait être le mot d'ordre des Crochets d'Argent au vu des entraînements qui s'enchainaient.

En attendant, ce samedi-là, la jeune fille avait choisi de profiter du temps clément pour prendre l'air mais aussi un peu de recul. Sa maman lui avait toujours dit : ce n'était jamais bon de virer à l'obsession et même pendant les cours, elle ne pensait qu'aux formations qu'elle avait vue faire par des équipes professionnelles et à la façon dont elle pourrait appliquer ça à Poudlard. C'était le signe qu'il fallait qu'elle fasse autre chose, de toute urgence. Un tour dans le parc ne lui ferait donc pas de mal et s'il y avait bien un coin qu'elle n'avait jamais vraiment visité, c'était bien la cabane du garde chasse. Elle était certaine qu'il devait y avoir un endroit au calme où elle pourrait prendre son petit déjeuner tranquillement. Elle était donc passé dans la Grande Salle, avait rassemblé de quoi manquer : un petit pain, des minis muffins et même un brownie qui semblait particulièrement savoureux. Fondant à l'intérieur, craquant à l'extérieur. Miam, rien que d'y penser, Eileen en salivait.

C'est donc joyeusement qu'elle se mit en route, son butin dans les bras. Souriant jusqu'aux oreilles, elle mordit à pleines dents dans le brownie, incapable d'attendre une minute de plus. Gourmande, elle l'avait toujours été, ce n'était pas à Poudlard où plein de mets délicats étaient servis que ça allait changer. Mais ce n'est qu'une fois arrivée non loin de la cabane qu'elle se sentit bizarre. Prise d'un léger vertige, elle faillit tomber et se rattrapa de justesse. Et puis, comme elle était venue, la sensation disparue et Eileen se remit en marche, un peu perturbée certes mais il n'y pensa pas plus longtemps que ça. D'autant qu'elle avait autre chose à penser vu qu'elle faisait face à des véracrasses... aussi grande qu'elle ? Comment était-ce possible ? Elle tourna sur elle-même histoire de voir si quelqu'un ne lui faisait pas une blague et vit une silhouette floue qui semblait flotter dans les airs. Il se passait quoi là ?

"Hé, comment tu balaies sans voler ? T'es quoi qui ?" (***)

(***)Traduction : Hé, comment tu fais pour voler sans balai ? T'es qui toi ?

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*Heureusement que Poudlard est en plein milieu de la nature*

Telle fût la première pensée de Kaya lorsqu'elle mit le pied hors du château. Elle inspira une énorme bouffée d'air frais en gonflant ses poumons, puis la relâcha par la bouche, ce qui eu pour effet de former un petit nuage en forme de ballon. Elle rouvrit les yeux, savourant la caresse glaciale du vent sur sa peau. Une mèche de cheveux s'échappa de son écharpe, et elle la remit à sa place en frottant ses mains l'une contre l'autre avant de les fourrer dans ses poches. L'été était bien fini : le temps se rafraichissait et cela se faisait ressentir, plus même qu'en campagne irlandaise. Il ne pleuvait pas aujourd'hui, ce qui était assez exceptionnel étant donné les avalanches des derniers jours, et il faisait même plutôt doux. Mais ce n'était pas ce qui dérangeait le plus la jeune fille de toute manière. C'était le raccourcissement des jours. 

L'année précédente, la petite irlandaise avait eu du mal à s'adapter au château. Pour elle qui n'avait jamais quitté la campagne et dormait régulièrement à la belle étoile, sur le toit de la ferme, cela avait été compliqué de s'adapter. Elle avait d'ailleurs fait quelques crises de panique qui avaient bien effrayé ses partenaires de dortoir. Au début, l'infirmière affirmait que c'était dû à l'adaptation à l'école. Ce n'était pas facile de devenir plus ou moins indépendante à cet âge, lorsqu'on avait toujours vécu avec ses parents. Kaya l'avait crue à l'époque, et pendant longtemps. Grâce à l'aide de ses amis, ses crises s'étaient en effet espacées, disparaissant même en février. 

Jusqu'à aujourd'hui. Alors que le soleil se couchait à des heures de plus en plus précoces, le poids qui s'était relevé et que Kaya pensait disparu s'était abaissé à nouveau et avait progressivement appuyé sur sa poitrine, l'oppressant, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus respirer plus tôt dans la journée. Heureusement, elle n'était pas seule dans la bibliothèque et ses camarades l'avaient tout de suite emmenée voir Miss Lloyd à l'infirmerie. La jeune femme et Kaya avaient tiré la même conclusion : c'était l'obscurité du château qui lui faisait cet effet. La petite irlandaise avait besoin de lumière, d'air frais, de se sentir libre, et il fallait dire qu'il y avait plus clair que Poudlard comme école, d'autant plus que le couvre-feu n'améliorait pas la situation.

La petite fille s'était donc réfugiée dans le Parc, comme à son habitude. Elle marchait sans vraiment savoir où ses pas la menaient, pensant aux hectares de terrains de sa petite campagne adorée qu'elle n'avait pas vue depuis plus d'un an. Ses parents maintenaient qu'ils n'avaient pas pu la faire revenir car ils avaient dû rendre visite au grand-père de Kaya, qui s'était cassé la jambe et ne pouvait donc pas s'occuper de lui et de la maison en l'absence de sa femme, partie en mission humanitaire. La petite irlandaise n'avait pas vraiment compris pourquoi ils n'avaient pas voulu qu'elle vienne en Angleterre et avaient préféré l'envoyer en France. Les excuses s'entremêlaient dans sa tête en un cahot dénué de sens

Lorsqu'elle releva la tête, Kaya réalisa qu'elle était allée bien plus loin qu'elle ne le pensait et avait atteint la cabane du garde-chasse. Elle aperçut une autre fille dont le visage lui semblait familier, et qui s'était sûrement égarée également. Kaya n'avait pas envie de discuter à cet instant, ce qui n'était pas dans ses habitudes, et allait donc revenir sur ses pas, lorsqu'elle remarqua que la démarche de la jeune fille était étrange. Elle s'approcha pour voir si tout allait bien, et reconnut Eileen Eastwood, la capitaine des Crochets d'Argent. Kaya l'avait aperçue plusieurs fois perchée sur son balais, coachant son équipe, alors qu'elle trainait autour du terrain de Quidditch pour observer les joueurs. Lorsqu'elle fût assez proche, Eileen sembla la remarquer, et des mots étranges s'échappèrent de sa bouche :

« Hé, comment tu balaies sans voler ? T'es quoi qui ? »

Kaya fronça les sourcils, pensant avoir mal entendu. Elle sourit à la jeune sportive, secouant la tête pour se concentrer un peu sur autre chose que ses pensées, et lui répondit :

« Désolée, tu pourrais répéter ? »
Dernière modification par Kaya Ethawee le 28 déc. 2018, 23:17, modifié 3 fois.

Rapides comme le vent et féroces comme le lion - les Griffes Ardentes
Élève du Mois de Janvier 2017
Gryffindor Girl Power - A.B.

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La silhouette floue s'était approchée un peu, était plus qu'à quelques mètres à peine, mais sa netteté ne s'était pas améliorée pour autant. Les yeux écarquillés de surprise, la bouche ouverte de stupeur, Eileen regardait l'étrange apparition sans comprendre ce qu'il se passait. Si c'était une plaisanterie, le sorcier à son orgine devait être sacrément puissant. Et l'apparition, c'était un ange ? Ouai mais non, elle n'y croyait pas à ça donc c'était forcément autre chose. Tout comme, au fond d'elle, elle était persuadée que ce n'était pas une blague. La réalité était ailleurs, elle en aurait parié sur sa batte. Et son balai réuni. Un fantôme qui venait juste d'acquérir son statut alors et qui n'arrivait donc pas encore à apparaître correctement ? Ça, ça paraissait plus crédible même si elle n'avait aucune idée du processus qui conduisait à cet était de "non-mort" et ça expliquait peut-être aussi pourquoi il n'avait pas compris ce qu'elle venait de dire alors que c'était pourtant très clair. Il devait être désorienté, ou un truc du genre. Et la jeune fille était désolée pour lui mais elle se savait aussi totalement impuissante pour l'aider. Enfin, elle pouvait toujours essayer, ceci dit. Elle poussa un soupir, esquissa un sourire et fit un pas vers lui... elle plutôt.

"T'es longtemps morte comment ?" (*)

Mais pourquoi elle secouait la tête ? Et pourquoi Eileen avait-elle cette étrange impression qu'elle ratait un point important ? Si seulement elle arrivait à se débarrasser de ce vertige qui la reprenait et qui l'affaiblissait, elle pourrait avoir les idées plus claires et pourrait lui venir en aide plus aisément. Enfin, en attendant, lui faire parler de ses derniers souvenirs lui semblaient une bonne piste. C'est, en tout cas, ce qu'elle avait vu faire dans une série télévisée Moldue. Alors oui, d'accord, ce n'était peut-être pas la meilleure solution qu'il soit vu que ce n'était qu'une fiction mais elle n'avait pas mieux en stock pour l'heure.

"Tu souvenirs derniers ?" (**)

Pour lui montrer qu'elle était là pour lui venir en aide, elle lui tendit alors un mini muffin... avant de réaliser son erreur de proposer de la nourriture à un fantôme. D'un côté, ça serait peut-être perçu comme un manque de tact mais d'un autre, ça lui permettrait de confirmer sa théorie, aussi garda-t-elle son bras tendu vers elle. Et si la fille qui lui faisait face n'avait pas conscience de sa situation, ça aiderait peut-être aussi à éclaircir les choses. En tout cas, de l'aide ne serait pas du luxe et, malheureusement, Eileen ne voyait personne autour d'elle. Elle en avait même oublié le potentiel danger des veracrasses géants à qui elle avait tourné le dos pour faire face à l'apparition. Zut, elle était mal embarquée là !

(*)"T'es morte depuis longtemps ? Comment ?"
(**) "Tu te souviens de quoi en dernier ?"

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Eileen ne répéta pas. Au contraire, elle sembla étonnée de la question de Kaya. Alors que la bouche et les yeux de la jeune capitaine se déformaient en une mimique de surprise, l'irlandaise commença à se demander si elle était somnambule ou quelque chose du genre. Elle avait lu récemment dans un livre l'histoire d'une fille qui avait atterri dans un pensionnat car elle marchait les yeux ouverts dans son sommeil, et que personne ne savait à l'époque que c'était une forme plus ou moins rare de parasomnie. Si c'était le cas pour la verte et argent, il fallait donc être prudent. Une légende urbaine affirmait que réveiller un somnambule était une très mauvaise idée.  Kaya s'approcha donc lentement afin de ne pas effrayer ou sortir malencontreusement Eileen de son sommeil. Mais un détail la chiffonnait : la jeune fille continuait de la fixer comme si elle avait vu un fantôme, comme intriguée par sa présence. Les somnambules étaient-ils conscients de leur entourage ? Pouvait-ils sentir la présence d'autrui, et surtout, exprimer des sentiments à leur égard ? La petite irlandaise n'avait pas le temps de se renseigner, mais selon les souvenirs qu'elle possédait de la fille du livre, celle-ci choquait par son inertie émotionnelle. Ce qui était loin du visage plutôt expressif d'Eileen.

Lorsque de nouveaux mots s'embrouillèrent dans sa bouche, Kaya commença à s'inquiéter. Des images de la jeune capitaine traçant des lignes invisibles dans le ciel, frappant farouchement l'air de sa batte, lui revinrent à l'esprit. C'était une joueuse extrêmement investie dans son jeu, que ce soit pendant les entraînements ou avec les autres membres des Crochets d'Argent. Friande de potins et d'informations, Kaya n'avait pas raté les commentaires mi-admirateurs, mi-inquiets de certains élèves. Eileen ne comptait pas les heures qu'elle investissait dans le Quidditch, en faisant peut-être trop au goût de certains. Cela devait être une lourde responsabilité et beaucoup de pression pour la jeune fille. Comment pouvait-elle tenir ? Avait-elle cédé à l'appel des dopants ? C'était chose courante chez les sportifs Moldus. La performance, c'était tout ce qui comptait dans le sport professionnel. Et si la jeune fille n'avait pas pu gérer le stress ? Kaya avait fait partie de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, elle savait la pression qui pesait sur les épaules des joueurs, et elle ne pouvait qu'imaginer celle reposant sur la tête d'une capitaine. Ne pas vouloir décevoir une maison entière. Il fallait être solide, et si Eileen semblait l'être, les apparences étaient parfois trompeuses. Il fallait qu'elle l'aide. Kaya ne pouvait tout simplement pas la laisser ainsi, au milieu de nul part. Et si elle faisait une réaction allergique au produit ou qu'elle l'avait surdosé ? Ce qui était sûr, c'est qu'Eileen n'était pas dans son état normal et que, peu importe la raison, elle risquait de se mettre en danger. 

« Eileen, je m'appelle Kaya. Est-ce que tu vas bien ? Je suis là pour t'aider. Il commence à faire froid, on devrait rentrer au château, non ? »

La capitaine des Crochets d'Argent réagit de façon inattendue. Elle lui tendit un muffin. Ne sachant trop quoi faire, l'irlandaise l'accepta avec un sourire, avant de le manger en quelques bouchées. Eileen serait sans doute plus incline à la suivre si elle montrait un visage amical, et puis, Kaya ne refusait jamais un gâteau au chocolat. 

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Zut, le "fantôme" venait de manger le muffin qu'elle lui avait tendu… ce qui voulait dire que ce n’en était pas un et que toute son hypothèse tombait à l’eau mais alors qui était-elle et pourquoi était-elle entourée d’une aura floue comme si un brouillard épais les entourait toutes les deux. C’était d’autant plus étrange que, par moment, l’image semblait sauter. Enfin, "sauter", c’était surtout qu’Eileen ne voyait pas comment décrire le phénomène étrange qu’elle avait sous les yeux. Si ce n’était que c’était carrément flippant et que ça lui donnait la nausée comme sur un bateau en pleine mer démontée quand il est difficile de fixer son attention sur l’horizon. Le pire, c’est qu’elle sentait bien que la jeune fille lui avait donné une explication mais, allez savoir pourquoi, la Serpentard avait conscience de connaître tous les mots qu’elle avait employés mais elle n’en comprenait pas le sens. C’était du charabia tout ça. Était-ce elle alors qui avait un problème ? Comme si son cerveau avait stoppé net tout effort de compréhension ? Paniquée, la verte et argent afficha un air effrayé alors que sa respiration se faisait plus heurtée, saccadée. Elle avait de plus en plus de mal à trouver de l’air, elle avait l’impression de suffoquer comme lorsqu’elle était enfermée dans un espace clos.

"Pomagitemnie" (*)

Oui c'était ça, elle avait besoin d'aide. Si seulement elle réussissait à se faire comprendre et à communiquer avec le "fantôme", peut-être qu'elle pourrait obtenir son aide. Mais un bruit énorme craqua derrière elle et elle se retourna en sursautant, effrayée par ce qu'elle voyait. Les Scrouts à pétard avaient profité de la diversion pour réduire l'écart et se trouvaient maintenant à quelques mètres à peine. Ils étaient géants et clairement menaçants. Ou affamés mais ça ne faisait pas une grande différence pour le moment. Ou n'était-ce que des troncs d'arbre coupés ? C'était en tout cas ce que lui laissaient croire les flashs qu'elle avait par moment. Elle perdait la tête, c'est ça ou on lui avait jeté un sortilège ? Mais pourquoi ? Elle recula, incapable de clarifier ses pensées, et finit par heurter le "fantôme", tombant sur les fesses au passage. Si elle s'en sortait, c'en était fini de sa fierté mais bon, c'était bien le cadet de ses soucis pour l'heure.

"Chtoproiskhodit ?" (**)

Au moins, l'avantage d'être le derrière par terre, c'est que ça tournait un peu moins. Pas suffisamment pour qu'Eileen puisse fixer son attention sur un truc en particulier mais, au stade où elle en était, la jeune Serpentard se satisfaisait de ce qu'elle avait. Et, miracle, les Scrouts - ou ce que c'était réellement - ne bougeaient plus. Un répit qui tombait à point nommé en tout cas !

"J'comprends rien." finit-elle par lâcher, la voix tremblotante, sans même prendre conscience que, pour une fois, ce qu'elle venait de dire aurait du sens pour le "fantôme".

(*) Aide-moi
(**) Il se passe quoi ?

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Si l'estomac de Kaya avait apprécié le muffin chocolaté d'Eileen, celle-ci semblait moins ravie de voir son gâteau englouti d'une telle façon. Gênée, Kaya tenta de faire comprendre à la capitaine des Crochets d'Argent que son attention n'avait pas été d'être malpolie, et qu'elle avait mal interprété son geste. Elle avait cru qu'elle souhaitait partager son butin, mais peut-être qu'elle venait de dévorer le repas de la pauvre Eileen. Sans savoir si cette dernière comprendrait ses paroles, elle s'agita, faisant de grands gestes afin d'illustrer ses pensées, et manqua de s'étouffer au passage. Crachant au mieux le bout de muffin qui s'était coincé dans sa gorge, la petite irlandaise ne manqua pas de lire l'effarement dans les traits de la jeune capitaine. Comme si elle réalisait ses actes incongrues, qu'elle était prisonnière d'une situation qui lui échappait. Kaya commençait à douter que l'état de la jeune fille était dû à une réaction allergique au chocolat. Peut-être avait-elle fait une mauvaise chute au Quidditch ? Ou qu'elle s'était pris un violent coup de cognard sur le crâne ?

Lorsque Eileen commença à tourner sur elle-même, affolée par une menace fantôme qui semblait s'approcher lentement mais sûrement, l'idée horrifiante de la démence se dessina dans l'esprit de Kaya. Privée de tout repère, la capitaine manqua de chuter et s'écroula dans les bras de la petite irlandaise. Un léger élancement circula dans son genou, mais elle y prêta à peine attention, bien trop préoccupée par l'état d'Eileen. Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Elle prit alors la décision de l'amener à l'infirmerie. Miss Lloyd saurait bien mieux la manière de gérer la situation que l'élève ignorante de première année qu'elle était.

La capitaine des Crochets d'Argent n'était pas bien lourde, mais Kaya n'était pas très musclée non plus, et elle eut du mal à relever la jeune fille. Elle lança un regard aux alentours, mais les deux jeunes filles étaient seules, et il n'y avait personne pour l'aider ou la conseiller. C'était sa responsabilité. Heureusement, Eileen semblait capable de marcher, bien qu'elle continuait à déblatérer des paroles insensées et qui n'avaient de sens qu'à ses propres yeux. Une pensée glaçante traversa alors l'esprit de Kaya. Et si elle était dans un rêve qu'elle ne pouvait contrôler ? Ou pire, dans une réalité qui n'était pas la sienne ? Et si c'était elle qui devenait folle ?


« J'comprends rien. », finit pas prononcer dans un anglais parfait Eileen, rassurant Kaya de son état mental par la même occasion.

Surprise, la petite irlandaise manqua de chuter sur un rocher et saisit le poignet de la capitaine pour garder l'équilibre. Une idée germa alors dans son esprit. Elle attrapa la main d'Eileen et émit une pression brève en la serrant.


« Tu es capable de parler ? Tu me comprends ? Si oui, sers ma main »

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Plus que l'incompréhension, c'était la frustration qui s'emparait petit à petit d'Eileen. Elle avait l'impression d'être coincée dans une dimension alternative d'où personne ne la comprenait. Elle avait bien des flashs par moment qui lui montrait la scène sous un tout nouveau jour mais elle n'arrivait pas à faire la part des choses. Où était la réalité et que se passait-il le reste du temps ?  Cette question à elle seule lui en aurait presque arraché des larmes surtout qu'elle se demandait comme se sortir de là. Est-ce ce que ressentait les oiseaux avant de sortir de leur coquille pour la première fois afin de déployer leurs ailes ? Cette sensation de ne pas avoir ce qui les attendait ni même s'ils devaient sortir ou rester à l'abri. Non, c'était bien trop poétique pour décrire ce qu'elle vivait. Et il était impératif qu'elle se calme et se concentre sur les points positifs : les Scrouts à pétard n'avançaient plus, ils n'étaient même plus visibles et le fantôme semblait vouloir l'aider. La rousse inspira donc profondément, fermant les yeux un moment. Et quand elle sentit une pression sur sa main, elle sursauta avant de serrer ses doigts à son tour, sans vraiment comprendre pourquoi.

Mais attendez... le fantôme était capable de la toucher ? Oh ce que c'était désagréable d'y comprendre que dalle à ce point-là. Et pourtant, une petite lueur de lucidité commençait doucement à percer dans le cerveau de la jeune fille. Suffisamment en tout cas pour se dire qu'elle devait être la victime d'une magie quelconque. Maléfice, potion ? Difficile à dire mais elle sentait que là était la solution.

"Confusion." finit-elle par dire, comme une évidence qui la frappait soudainement.

Mais si c'était bien ça, comment avait-elle pu ingurgiter une telle potion ? Elle n'avait rien mangé de particulier ce matin-là... si ce n'est les cookies au chocolat, posés dans un coin de la table, loin de tout le monde. Eh zut, c'était forcément ça. Elle aurait dû se méfier mais sa gourmandise avait été la plus forte. Elle les avait bien trouvé un peu trop collant mais ils étaient bons et n'avait pas plus réfléchi que ça.

"Gdiémi?" (*)

Cette fois-ci, Eileen marqua un arrêt en entendant ses mots. Il lui semblait qu'elle arrivait un peu mieux à se concentrer et ainsi à réaliser que c'était elle le problème. Si seulement elle pouvait se souvenir de ce qu'on lui avait dit de faire quand ça arrivait. Se focaliser sur un truc, par exemple... comme le pétale qui était sur la robe du fantôme. Et se laisser guider par lui parce qu'il n'y avait pas grand chose de plus à faire. La Serpentard se devait de faire confiance et elle sentait que le fantôme - qui portait les couleurs des rouges et or, non ? - était sympathique et là pour l'aider.

(*) Où est-on ?

Mots soulignés pour la cabane de cristal.