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18 févr. 2019, 23:09
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Un peu forcé de reprendre le fil des discours entre les autres élèves et leur directrice, Elian s'était figé quand cette dernière s'était interrompue pour faire cesser les bavardages : à qui s'adressait-elle, pourquoi regardait-elle dans leur direction, devait-il réellement rapporter ses paroles au reste de la classe ? Personne n'y comprendrait grand chose et Elian trouva ce fait très dommage... La meilleure technique à adopter était de baisser la tête en espérant que les filles de derrière - qui, après tout, papotaient aussi - soient persuadées que l'invective leur était destinée, même s'il y avait de bonnes raisons pour qu'elle l'eut été pour lui également. S'il aurait pu siffloter pendant son méfait, il l'aurait fait, mais c'est que l'expression agacée de la professeure n'encourageait finalement pas à rapporter à voix haute leurs discussions.

Soudain très intéressé par la démonomanie, Elian nota quatre mots sur son parchemin : "Les démons sont méchants", puis releva la tête lorsque le professeur Loewy menaça un élève avec sa baguette magique, lui demandant si un sortilège pouvant le réduire au silence lui serait utile. Elian laissa échapper un petit :
« Pitié, accepte. » avec un sourire inquiétant qui laissait entrevoir son envie de voir Kristen Loewy utiliser sa baguette pour lancer un sort comme celui-là, mais le Serpentard se garda de répondre et le cours reprit une nouvelle fois.

Très peu étonné de constater qu'il connaissait beaucoup moins les sorcières citées par la directrice que certains de ses camarades, apparemment très bien renseignés sur le sujet, Elian se contenta d'apprendre des éléments biographiques avec admiration pour la plupart des curriculum vitae évoqués (des enfants mangés, des ennemis immolés par le feu, un histoire d'amant qui tourne mal, il y avait de quoi interpeller). Tandis qu'un Serdaigle à l'air érudit prenait la parole, le cerveau d'Elian manqua une nouvelle fois de se connecter avec la réalité du moment. Il attrapa le bout de sa plume, le nettoya avec sa manche, et le plaça dans sa bouche pour la faire tenir en équilibre sans les mains. Ses yeux convergèrent pour l'observer, le faisant loucher d'un air très intelligent.

Cinquième année en RP

look alive, sunshine
。 *
 ・*。・

19 févr. 2019, 00:12
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Le "stupidité des moldus" de la directrice l'avait fait tiquer. Si elle avait été plus affirmée, elle n'aurait pas hésité à intervenir. Lily et ses parents n'étaient pas stupides. Mais la Poufsouffle, timide et relativement apeurée, n'osa pas contredire Kristen Loewy.
Stupidité ? Des deux côtés... ?
Nota-t-elle tout de même dans sa marge.

Les autres posaient des questions compliquées, répondaient à des questions compliquées par des mots compliqués... Tout était un peu confus dans la tête de Lucy. Elle notait, comme à son habitude, tout ce qu'elle pouvait, même si elle ne comprenait pas, pour faire des recherches ensuite, mais certains mots comme "démonomanie" lui créaient des noeuds dans l'esprit. 


- Pfff... laissa-t-elle s'échapper.

Pendant ce temps, le cours continuait, et la rouquine se perdait dans les discussions quasi philosophiques entre Aelle, Thalia et la directrice. Elle n'y comprenait plus rien. Heureusement, le cours reprit une tournure abordable quand l'enseignante posa la question des noms inscrits au tableau. La jeune fille les regarda une deuxième fois, mais peu d'entre eux lui disaient quelque chose. Elle connaissait rapidement Baba Yaga, légende folklorique, Circé et Médée, figures mythologiques abordées rapidement à l'école... Elle avait oublié certaines de leurs cruautés, et elle se rendait soudainement compte à quel point les légendes donnaient une sale réputation aux femmes. Et une question lui vint, et elle savait qu'elle ne pourrait pas trouver la réponse seule. Elle se décida donc à lever la main, bien qu'elle se fût promis quelques minutes auparavant de ne pas participer.

- Lucy Wood, imita-t-elle ses camarades qui avaient pris la parole. Tous ces noms ont une consonance... Euh non, connotation négative. Et toutes celles que je connais viennent de légendes ou de trucs considérés comme ça par les Moldus. Mais du coup, est-ce que ça veut dire que l'histoire et les légendes sont écrites que par les hommes ?  Et donc pourquoi vous dites que les hommes et la magie ça ne serait pas intéressant, si les femmes et la magie, ça l'est ? C'est pas très juste... 

Elle ne savait pas si ce qu'elle disait était très juste, le stress n'aidait pas à verbaliser et ordonner comme il faut ses idées. Pour ses dernières questions, une association d'idées s'était opérée, et elle avait posé la question qui lui brûlait les lèvres depuis que ces mots avaient franchi les lèvres de la directrice.

Luehssyie Woudde Pecker ~ Jerry -4e année RP~#PouffyFamily
Quasi absente jusqu'au 14 septembre

23 févr. 2019, 16:33
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Je vais dégringoler le monde pour atterrir en seconde année.
J’essaie d’énumérer rapidement, dans mon crâne, les élèves de seconde année que je connais. Je n’y parviens pas ; je ne connais personne. Je n’arrive même pas à situer une tête ou deux. Cela ne me servirait de toute façon à rien : en seconde année, je serais toute seule. Comme maintenant.
Sauf que je serais Celle-qui-a-redoublé et que tout le monde le saura.
Sauf que j’aurai échoué et ça, jamais je ne l’oublierai.

La peur est un monstre familier. Il a fait son nid quelque part dans mes tripes et depuis que je suis revenue au château il ne me lâche pas. Aujourd’hui, on alimente le feu qui l’anime : Loewy est l’étincelle de mon monstre, elle le fait vivre. Je la déteste. *Je…*. Par Merlin, je hais cette adulte de tout mon coeur de me rendre ainsi, si faible, si pitoyable. Je la hais de me faire être ce que je ne suis pas, de me perdre dans mes propres émotions.
Je n’aurai jamais cru dire cela de Loewy ; pas de cette femme dont la discussion et la connaissance m’ont ému. Pas de cette adulte avec laquelle, pour la première fois, j’ai échangé sans jugement.
A vrai dire, je n’aurai jamais cru être touchée par un Adulte au point de le haïr. Zak’ ne compte pas, je l’aime lui, c’est mon frère. Mais Loewy, je n’ai ni à l’aimer, ni à la détester ; c’est ma directrice, je ne devrais rien ressentir pour elle.

Je n’ose plus bouger ; ni ma tête, ni ma main qui froisse mon parchemin. Ma gorge me fait mal et je dois me concentrer pour ne pas me laisser aller à pleurer. Je me concentre autant que je le peux.
Par Merlin, je suis idiote. *Abrutie !*. Ce que je peux être pitoyable.
J’essaie de ne pas trop m’en vouloir, de rejeter la faute sur Loewy, mais même cela je n’y parviens pas. C’est moi qui ne suis pas à la hauteur, moi qui ne saisis pas une chose qui devrait m’être accessible, moi qui suis incapable de mettre mes émotions de côté pour Apprendre.
Et à côté de cela, il y a les Autres ; ces élèves qui pensent que je ne sens pas leurs regards sur moi. Ils sont trop lourds pour que je les ignore, bien trop lourds. Alors je n’ose pas bouger, de peur de tomber dans l’un d’eux, de peur de les laisser me faire du mal.

Le silence s’étire. J’ai l’impression de ne jamais pouvoir m’en extirper. Je suis à deux doigts de me lever pour me barrer d’ici, abandonnant ma fierté et mes affaires dans cet horrible cauchemar, quand une voix me fout une claque que me force à rester le cul collé à ma chaise :

« C’est débile. »

Cette voix n’a rien de spécial. Elle n’a rien de différent des autres. Elle n’est même pas moins douloureuse que celle de Loewy. Mais cette voix, je la connais.
Le son me transperce les oreilles.
En un éclair, le visage se dessine sous mes yeux écarquillés sur mon parchemin.
C’est comme si elle se tenait devant moi, comme si je la regardais. L’image est si claire que j’ai l’impression de l’avoir connu toute ma vie. Les longues mèches sombres, ce visage trop sensible, ces yeux ternes ; leur force. La peau blafarde, le corps menu.
Et la voix qui s’est inscrite dans mon âme.
Mon coeur s’arrache de ma poitrine. Mais il ne s’explose pas sur le sol ; il s’envole et fait jaillir dans mon ventre une chaleur qui m’arrache à ma honte.

Je lève la tête si vite que ma nuque hurle. Je tombe directement sur elle.
Comment peut-elle être là ? Je n’ai pas pensé une seule seconde à la possibilité qu’elle participe également à ce cours. Mais elle est là. Son petit visage lointain, coincé près de deux Autres insignifiantes, est tourné vers Loewy. Elle a la force de la regarder.
Mes lèvres s’entrouvrent.
Mon esprit se fait la malle.

Je la regarde, sans réellement me rendre compte que mon coeur s’est emballé et que les Autres ont disparu.
A cet instant, Gil’Sayan est la seule chose que je vois, et je crois que je pourrais me damner pour continuer à ne voir que cela. Elle est ce qui m’est le plus connu dans cette salle, ce qui m’est le plus proche ; je ne peux désormais plus compter Loewy dans cette catégorie. Mais elle… Je Sais et c’est si rassurant que tout le reste disparaît.

Puis elle cesse de parler et je m’agite. La boule dans ma gorge s’est transformée en quelque chose de plus piquant, de moins envahissant. Mes larmes se sont retranchées dans mon crâne qu’elles ont anesthésié. Je cligne des yeux, je reviens peu à peu dans mon corps trop chaud. Mes yeux, eux, ne quittent pas Gil’Sayan. Non, ils ne la quittent pas parce qu’à présent qu’elle s’est tu, je commence à me demander pourquoi elle a parlé. Ses mots ne se sont pas inscrit dans ma tête, je n’ai rien compris à ce qu’elle a dit, tout comme les mots de Loewy reste abscons. Tout comme ce que je ressens dans mon corps est brouillon ; un mélange de tant de chose que je n’arrive même pas à comprendre le plus petit des sentiments qui me tord les entrailles. Je ne parviens à me détacher de Thalia qu’au moment où une Autre prend la parole.

Le monde est une mélasse qui ne me permet pas de le comprendre. Je nage à côté de lui sans chercher à le rejoindre. J’abandonne tout effort au moment où j’aperçois, encore, des têtes me regarder du coin de l’oeil.
Je me retranche dans mon corps et sur mon parchemin, mais désormais je ne peux plus ignorer que j’existe, pas tant que les Autres me matent. Alors discrètement, je regarde Thalia. Mais elle ne me regarde pas ; a-t-elle seulement saisi que j’étais là également ? Pour ce qu’elle en a à faire, je n’ai aucun intérêt à connaître la réponse.
En la regardant, c’est comme si j’avais une force en plus face à Loewy. Comme si l’Adulte ne pouvait plus rien me faire. Pourtant je suis ici et Gil’Sayan est à l’autre bout de la rangée ; je suis seule sur ma chaise, seule dans mon crâne, seule dans mon corps. Mais Gil’Sayan et sa voix, tout là-bas dans la salle, sous mon regard brûlant, me fait grandir.

*Pitoyable*.
La pensée me fout en l’air et la honte m’explose au visage. Je me cache derrière rien du tout, les mèches de mes cheveux peinant à me soustraire aux yeux de chacal de l’Adulte. Que Gil’Sayan soit là ne change rien à ma situation, cela ne changera rien à mon destin : finir en seconde année, comme une idiote qui ne connait rien, alors que j’en sais plus que tous les Autres.
L’émotion commence à m’étouffer. Et les Autres parlent comme si le monde pouvait encore fonctionner après cela. J’aimerai leur hurler qu’ils sont tous cons à agir ainsi. Que rien n’ira mieux, que rien ne pourra jamais aller mieux, mais je n’ose rien faire. Alors, comme une enfant pitoyable, je reste assise sur ma chaise à lutter contre les larmes, tandis que les voix des Autres nourrissent ma torpeur retrouvée.

Quand Loewy prend la parole, je me recroqueville. La honte me couvre et m’étouffe dans ses bras. Les mots se mélangent et le monde est flou. Je ne comprends plus rien et j’en saisis moins encore.
Mes poumons, quelque part dans mon corps, sont si étriqués que ma respiration en est altérée.
Ma peau, celle qui cache toute ma peur, ma honte et mon bonheur de Thalia, est si chaude qu’elle en devient luisante.
Et mes yeux, ceux-là même qui s’efforcent de survivre à la tempête que sont les Autres et Loewy, cherchent tant à regarder vers Thalia qu’ils en deviennent rouges de ma peur que je ne cherche même plus à retenir.

J’ai abandonné ma plume quelque part. Au milieu de toute cette mélasse, la seule chose que je sens c’est mes doigts qui n’ont rien à quoi se raccrocher. Même ma baguette est loin de moi. Il n’y a rien d’autre que la table pour m’empêcher de trembler.
Je sais que le monde avance autour de moi. J’entends la voix des Autres, je les vois bouger, j’ai même frémis quand du coin de l’oeil j’ai aperçu la baguette de Loewy ; je suis pourtant incapable de me retrouver dans tout cela. Je suis enfoncée dans la brume de mon esprit avec d’une part l’image vacillante de Thalia que je ne cesse de mater à l’autre bout de la rangée et d’autre part ma respiration qui s’affole bien trop pour ne pas m’inquiéter.

24 févr. 2019, 18:00
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Herminie ne s'attarda pas plus que ça sur l'épisode des bavardages, bien qu'elle fut ennuyée de constater que des discussions avant qu'un cours commence eussent récolté plus de moues hautaines que celles pendant un cours. Oh, ça devait être à cause de la nature des discussion ! Elle eut un sourire en pensant à Alienor, sa camarade qui ne supportait aucune mention à l'amour. La jeune fille le perdit en constatant que Miss Loewy avait carrément pointé sa baguette sur un élève. Ah ! Même au tournoi elle n'avait pas eu cet "honneur", heureusement. Elle eut un frisson involontaire. Personne ne voulait être à portée de sortilèges de la plus puissante sorcière d'Europe.

Il y avait décidément des gens très intelligents et cultivés à Poudlard. Herminie buvait les paroles d'un petit Serdaigle de première année, couvé du regard par Rey Sifferlen, le Capitaine de sa maison. Elle n'avait pas eu la même réaction avec Thalia, ça non... La petite blonde n'aurait su exprimer avec exactitude ce qu'elle avait ressenti face aux multiples tentatives de sa camarade de maison. Elle avait l'impression désagréable que la fille aux cheveux d'un noir d'encre tentait encore et encore de posséder la classe toute entière et l'attention de Miss Loewy, comme un mauvais vent d'hiver qui s'engouffre dans la salle commune et fait lever l'un ou l'autre : "Qui a oublié de refermer la fenêtre !?". Naturel, mais non-voulu, incongru et irrespectueux des vœux de chacun. Les Poufsouffle ne sont pas bons qu'à manger des crêpes c'était certain, mais cet égoïsme apparent était assez rare pour être noté. 

Pour en revenir au garçon, ses paroles rappelaient à Herminie dans quelles circonstances elle avaient entendu parler de Wu Zetian. Impératrice d'Asie, elle avait été présenté sous un jour plus admiratif par une bande dessinée chère à sa tante Diane. Les Cullotés, ou le livre de chevet favori d'Herminie quand elle était petite, tant par les personnages, les histoires, les dessins et les couleurs. Elle se rappelait la dernière phrase du chapitre sur Wu Zetian : des qualités mieux vues chez les Empereurs de sexe masculin ! Elle voyait alors mieux ce que voulait leur montrer Miss Loewy et ce qu'expliquait ses camarades les plus vifs.

Herminie Peers, Cinquième année RP Médiatrice, ma volière est ouverte à tous
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

27 févr. 2019, 16:39
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
*C’est dur*.

Dur.

Le Temps s’allonge et la pensée envahit mon esprit. C’est dur, trop dur. Trop dur de ne pas regarder. Trop dur de ne pas imaginer. Trop dur de ne pas Savoir. Parce que je veux regarder, je veux imaginer, je veux Savoir. Mais je ne dois pas, et c’est dur. La plume noire de jais tombe sur le parchemin, laissant une tâche d’encre s’étirant sur la page de mon carnet et masquant certaines de mes notes. Je ferme les yeux.

*Dur*.

Je me laisse aller dans le noir, je laisse glisser sur moi les paroles virulentes murmurées par mes voisines. Merlin, elles ne comprennent rien. Je veux juste plonger dans le Néant, oublier. Oublier que j’ai parlé, oublier que je suis dans ce cours, et surtout, surtout, oublier qu’Elle est là. La réplique de Loewy parvient jusqu’à mes oreilles contrairement aux murmures, mais je n’arrive pas à m’y accrocher. Je ne comprends pas les mots, je suis ailleurs. Je ne retiens que cette phrase là, celle qui est vraie et qui me dévore : le langage est un obstacle majeur à l’expression des idées... Immédiatement, la phrase se reforme dans ma tête et se métamorphose en une autre ; je ne sais plus laquelle a prononcé Loewy. *Le langage est un obstacle majeur à l’expression des sentiments*. Avec cette pensée, cette pensée qui fait se serrer mon cœur tout mou, reviennent d’autres parties de la réponse. Nous empêche inévitablement de voir plus loin que ce que les mots seuls peuvent exprimer... Par tous les Mages de ce Monde, pourquoi chacune des paroles de Loewy peut-elle être retranscrit à mon état actuel ? Le cœur en vadrouille, les larmes au coin des yeux, l’estomac au fond de la gorge, l’Âme déglinguée. Mais les mots ne peuvent pas l’exprimer, justement ; ils sont une barrière qui empêche de Voir. L’esprit humain est... généralement complexe... Fichu cours ! Son esprit à Elle est trop complexe, le mien aussi, assez pour que je ne comprenne aucun des deux.

*C’EST TROP DUR !*.

Si j’étais ailleurs, je sais ce que je ferais. Si j’étais dans la Salle-aux-Miroirs, cette version si horrible de la Salle-sur-Demande, je briserais les Miroirs un à un pour être toute puissante, les mains déchiquetées et les larmes sur les joues, mais toute puissante. Si j’étais dans un couloir, toute seule, je pleurerais encore et encore et encore et encore et toujours. Si j’étais dans le parc, près du Lac Noir, je me laisserais glisser dans l’eau et je tenterais de m’enfoncer dans les profondeurs. Si j’étais dans un cours normal, je déchirerais mes parchemins morceau par morceau. Si j’étais dans le dortoir, je frapperais mes poings contre le rebord de mon lit, jusqu'à ce que l’écho des coups remplacent la terreur. Si j’étais dans cette foutue salle de bains, celle où Tout est arrivé, je me planterais devant Ce miroir et je hurlerais à m’en briser les tympans, oui, si j’étais Là-Bas, je hurlerais Aelle. Si j’étais ailleurs, oui, je sais ce que je ferais. Mais je suis là. Dans le cours de Loewy, ce cours qui devait être une quête de Connaissance et qui se transforme en Salle de Torture.

Aidez moi.

Non.

*AIDE MOI !*.

Je rouvre brutalement les paupières et je sais profondément ce que j’aimerais faire. Oh oui, j’aimerais me lever soudainement, de bousculer les trois Autres — environ — sur mon passage, et de me rasseoir à l’autre bout de la rangée. Juste à côté d’Elle. Sans la regarder, mais juste à côté d’Elle. Sentir cette proximité tant rêvée et tant haïe. Sauf que je ne peux pas, car il y a Loewy. Je me fiche des Autres, sentir leurs regards peser sur moi ne me dérangerait pas en cet instant, mais je ne peux faire ceci devant cette Femme-Force. Elle... je ne sais pas ce qu’elle ferait, mais je ne peux pas.
Je suis pitoyable de ne pas pouvoir, je ne veux que ça.

Quelques paroles percent le silence épais et oppressant de mon esprit embrumé.

« Monsieur, peut-être qu’un Sortilège de Langue de Plomb vous aiderait à savoir quand celle-ci doit rester au repos dans votre bouche ? » siffle Loewy.

Un sortilège ? Un de ses sortilèges ? Merlin, je ne sais pas ce qu’est un sortilège de Langue de Plomb, bien que j’ai mes idées, mais oui ! *Loewy-s’il-te-plait-oui-utilise-ta-baguette-je-veux-voir-ça !*. Peut-être qu’une manifestation de Magie de Loewy serait suffisante pour me sortir de cette torpeur et de cette terreur. Non, ce ne serait pas suffisant. Mais... je veux la Connaissance ; je veux sa Magie. Je veux dévorer l’image sublime de Loewy en train d’infliger un sortilège.

Pourtant, elle ne le fait pas, et je replonge dans le Noir de mes pensées. Mais les yeux ouverts. Mes mèches ne sont désormais que le seul obstacle entre moi et ce que je veux ; *Aelle*. J’ignore la question de Loewy, je ne parviens pas à la retrouver. Elle s’est évaporée aussi vite qu’elle a atteint mes oreilles, si seulement elle les a atteintes un jour. Mais les Autres causent, murmurent entre eux ou prennent la parole avec certitude de savoir. Imbéciles. Pourtant, c’est moi que je fustige : qu’Aelle soit là ne doit rien changer, mon but dans ce cours est d’obtenir du Savoir et de comprendre un peu plus de choses sur Loewy, rien d’autre. Rien d’autre. Aelle est dérisoire ; AELLE N’EST RIEN ! C’est une Autre au milieu des Autres, rien de plus, rien de moins. Juste une Forme, une Chose, et je m’en détourne avec tant de facilité. Elle n’est rien. Rien de plus qu’un Monstre parmi les Monstres, rien de plus qu’une idiote parmi les idiots, rien de plus que moi. Une pauvre Autre qui a, un jour, failli m’avoir. Non, elle n’a pas failli : elle m’a eu. *Elle m’a encore*. Je tressaille devant ce mensonge. Cette vérité. Cette... pensée sans précédent. Car Aelle ne doit pas être quelque chose ; aucun Autre ne doit être quelque chose. Elle fait partie du décor, une simple forme au cœur du Château.

C’est faux.

Bien sûr, c’est f- *vrai* ; ça le sera toujours. Rien. *TU N’ES RIEN, AELLE, TU COMPRENDS ÇA ?*. Ma tête se baisse encore plus, si cela est possible. Pitoyable. Je suis pitoyable ; je ne dois pas être pitoyable.

Je ne peux plus écouter le cours. Je tente de diriger toutes mes pensées vers Loewy, ses paroles, et les réponses des Autres, mais je n’entends que des bribes tant le Monde tourne autour de moi. Je crois que je suis en train de perdre de vue la Connaissance, *‘faut pas*, mais les murmures des Autres se mêlent et résonnent dans mon crâne comme des hurlements déformés. Sans même m’en rendre compte, je griffonne des signes sur mon carnet :

Pour Toi, toujours

Et puis je rature les écrits avec violence, mais ils sont toujours lisibles derrière l’encre les barrant. Je serre les poings, ma plume tombe de nouveau sur le carnet. Mes lèvres se rencontrent, s’éloignent, se cherchent. Je veux parler ; je veux souffler à Aelle que je l’ai fait pour Elle, que j’ai parlé pour Elle alors que je déteste tant prendre la parole. Mais j’ai peur. Et, nom d’un Sombral *nepasypensernepasypenser*, je veux la regarder.

Et je le fais.

Oui, je défie le Destin en me tournant légèrement, juste assez pour planter, comme cette Nuit là, mon regard dans celui brûlant d’Aelle Bristyle. *Quoi ?*. Le regard brûlant...

Ses joues sont bien trop rouges, mais je n’y prête pas attention. Non, une seule chose envahit mes pensées :

*BORDEL, ELLE ME REGARDE !*.

Puis soudain j’aperçois une forme juste à côté d’Elle, et je me tends. La terreur est là, toujours, mais la colère la rejoint soudain. Je fixe Aelle droit dans les yeux, tentant de contenir mon espoir et mon essoufflement — épuisée de la voir, épuisée qu’Elle soit là —, mais je le vois, lui, juste à côté d’Elle.




Arthus Gil’Sayan
11 ans



Être calme est un art. Je me rends soudain compte que j’ai beaucoup de mal à le maitriser. Mon cœur affolé bat trop vite dans ma poitrine, mon regard virevolte d’un corps à un autre. Pour ne pas la regarder. Pour ne pas les regarder. Pourtant, il n’y a qu’elles qui existent ; les seules que mon regard ne frôle pas. J’aimerais baisser les yeux sur mon parchemin et les notes qui s’y inscrivent, mais j’en suis incapable. Derrière moi reste ce regard, et ce regard est douloureux. Il ne me fixe pas, le regard, non, il fixe l’autre. Le regard de Thalia est trop tendre, et savoir qu’il n’est pas pour moi est horriblement décevant. Oui, je suis déçu. Triste, aussi. Mais ce regard, je ne le comprends pas. Je ne l’ai jamais vu, et il est bien trop sublime pour que ma sœur l’adresse à cette fille. Cette inconnue. Pas si inconnue, pourtant. Après tout, tout le monde connait son nom.


Arthus
Une dizaine de minutes plus tôt


« Mademoiselle Bristyle, par exemple ? » déclare Loewy avec, me semble-t-il, le ton de celle qui fait une réflexion particulièrement pénible pour celui à qui elle est destinée. Cette impression m’occupe l’esprit environ un dixième de seconde ; le temps exact pour que je comprenne trois choses :

*Elle regarde vers moi ?*. Première pensée m’envahissant de peur. Elle regarde vers moi, oui. Un peu plus à côté, malgré tout. Je tente de suivre son regard, terrifié par le fait qu’il soit destiné à une chose à proximité de moi. Et je tombe sur une silhouette.

*Bristyle ?*. Bristyle, c’est Aelle Bristyle ? Ou quelqu’un de sa famille ? Non, non, impossible. Je me souviens de ce qu’à dit Eddy : Bristyle a un frère plus grand, et Loewy a dit Mademoiselle. Bristyle est là, une place entre nous, seulement. Je frissonne, comprends que celle que les premières années nomment souvent la “Traitre de Poudlard”, sans pour autant savoir vraiment ce qu’elle a fait, est là. Juste à côté de moi. Et puis soudain, la dernière pensée se forme.

*Aelle Bristyle au nom interdit ?*. Ferme là, Arthus ! Si je t’entends encore une fois, une seule, prononcer l’nom d’Ae... ce nom, t’iras rejoindre Maman. Les paroles virulentes de Thalia me remontent en mémoire. L’nom d’Ae... ce nom. Peur d’un nom ? Ma sœur, incapable de prononcer un simple mot ? T’iras rejoindre Maman. Cette peur est incompréhensible. Cette phrase est incompréhensible. Merlin, je suis terrifié à la simple évocation de ces mots. J’irais rejoindre Maman ? J’ai peur de ma sœur ; je la déteste, toujours, mais jamais elle n’avait dit ça. Jamais elle n’avait menacé de me tuer... et surtout pas en disant que j’allais rejoindre Maman. Était-ce elle qui l’avait tué ? THALIA, C’EST TA FAUTE SI MAMAN EST MORTE ? Non, bien sûr que non, elle ne l’a pas tué. Mais elle ne l’a pas sauvé. Et ces mots... j’ai toujours beaucoup trop peur pour un Rouge et Or.

Je suis assis à côté de Bristyle. Bristyle, dont Thalia a peur. Bristyle, que Thalia défend. Bristyle, qui est un mystère. Bristyle, qui pourraiêttre une vengeance. Ou pas. *J’fais quoi ?*. Et bien, pour le moment, rien. Mais j’écoute, soudainement, la voix faible de ma sœur s’élever dans la salle, braver sa peur des autres, sans pour autant être sûre d’elle. Elle tâtonne. Et moi, assis bien droit sur ma chaise, j’arrête immédiatement d’écrire et je sais que je ne reprendrais pas ma plume de sitôt. Tous les gens, ils peuvent bien penser ce qu’ils veulent, moi je connais ma sœur. Et jamais, au grand jamais, elle ne prend la parole ainsi. Alors ça ne peut vouloir dire qu’une chose : *elle le fait pour Bristyle*.



Arthus


Sans même m’en rendre compte, je me lève imperceptiblement, sans me redresser, en me contentant de me soulever de la chaise. Pour me décaler légèrement et retomber sur celle d’à côté. Celle juste à côté de Bristyle. Personne, sauf quelqu’un me regardant attentivement, ne peut m’avoir remarqué. Et, lentement, les regards se sont déjà détournés de Bristyle ; désormais ma voisine de place. Je serre les poings, m’empêche d’observer ma sœur et cette fille se rendre un regard étrange. Non, je reprends ma plume, attrape mon parchemin, et écrit à la va-vite mes mots dans un coin :

Elle aime pas parler. Elle le fait pour toi. Pourquoi elle le fait pour toi ?

Je jette un coup d’œil vers Bristyle, puis de nouveau vers ma feuille. Mon nom est inscrit soigneusement en haut à gauche : un Arthus Gil’Sayan, Gryffondor, Année 1 joliment tracé. Bristyle pourra savoir qui je suis, si elle est un minimum intelligente. Je n’ai pas l’intention de me présenter. Je me tourne vers elle, brutalement, et pousse le parchemin dans sa direction en soufflant un : « Bristyle. » léger. Peu importe que la Directrice terrifiante ait tenté de stopper les bavardages, j’attire juste son attention. Et, en cet instant, seules Thalia et Bristyle m’intéressent.

Oui, être calme est un art. Je ne le maîtrise pas, et ce n’est finalement pas important. L’important, c’est d’arriver à faire ce que je veux. Et qu’est-ce que je veux ? Je n’en suis pas certain. Utiliser Bristyle pour me venger de Thalia, peut-être. Ou alors tenter de comprendre ma sœur. Je préfère la première idée ; la seconde me répugne.

Mais peu importe, je guette la réaction de Bristyle. Puis celle de Thalia. Un sourire fièrement posé sur mes lèvres, je parais calme alors que je bouille d’impatience : pourquoi ma sœur est-elle si bizarre avec cette fille ?





Arthus écrit des choses, les montre à Aelle. Moi, dans mon coin, j’ai peur. Peur d’Arthus, peur d’Aelle, peur de moi. Mais mes yeux, cette fois, ne me lâchent pas. Ils restent plantés en direction d’Aelle, pour la voir. Parce que plus rien d’autre n’a d’importance, plus rien d’autre n’a jamais eu d’importance, je tente d’écouter le cours empli de Connaissance mais je ne peux pas ; Elle est là.

« don’t fall in love with her, she said,
don’t fall in love »

5 mars 2019, 19:00
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Quand je prenais des bains, à la Maison, je m’amusais à mettre ma tête sous l’eau. Les yeux grands ouverts, je regardais le plafond se tordre sous le clapoti de la surface ; les poutres dansaient. Mon corps luttait pour revenir à la surface, mais je luttais plus encore pour l’en empêcher. Les pieds ancrés sur les parois de la vieille baignoire, une main accrochée au rebord, rien ne pouvait me faire crever la surface. Rien, ni mon nez que je bouchais si fort qu’il me faisait mal, ni même mes poumons qui se recroquevillaient, manquant d’air. Non, moi, je voulais rester ainsi ; le crâne rempli du bruit de l’eau. Elle remplissait mes oreilles du boucan des océans ; c’est ainsi que je les imaginais, ces grands Monstres d’eau.
Je ne bougeais pas parce que dans le silence de l’eau il y avait un bruit si puissant qu’il me rendait dépendante de lui.

Aujourd’hui, je ne suis pas dans le bain de la Maison. Pourtant, mes oreilles bourdonnent et se bouchent, mes poumons se recroquevillent. La seule chose qui change, c’est mon souffle : là, je respire. Il résonne si fort à mes oreilles, ce souffle. C’est comme s’il était le seul à exister. Bravement, je lâche Gil’Sayan du regard pour balayer la pièce. Loewy me semble si loin, désormais. Debout, loin devant moi. Et les Autres sont flous.

J’essaie de me dire que ce n’est que moi, que c’est mon choix, que c’est mon pouvoir de me soustraire à ce monde-d’Autres. Mais au fond, je sais que je ne décide de rien. Je sais que si j’avais le choix, je prendrais une inspiration énorme pour atténuer la douleur de mes poumons et que je me crèverais les oreilles pour entendre les bruits. Que je soufflerais sur ma peau pour avoir moins chaud ; que j’endormirais mon souffle pour qu’il ne soit plus erratique.
Mais la seule chose dont je suis capable, c’est de soulever mes yeux à bout de bras pour les diriger vers la fille au bout de l’allée. Je me sens pitoyable jusqu’au plus profond de mon regard ; celui qui hurle ma peur et ma honte. *Bouge*. Une voix me chuchote que je dois me lever, aller voir Loewy pour lui dire tout ce qu’elle veut entendre, la supplier de me laisser en troisième année. La supplier de me laisser là où je suis. Mais je suis incapable de faire quoique ce soit d’autre.

A l’autre bout de l’allée, sa longue chevelure brune est une barrière. Elle ne me laisse apercevoir qu’un bout de sa peau pâle. Mais je n’ai pas besoin d’autre chose. Cette barrière est parfaite, car elle la cache à moi, un peu. Alors je n’ai pas besoin de me cacher, moi ; je la regarde avec mes yeux grands ouverts, comme si je voulais avaler sa présence. En fait, je ne veux rien du tout. Je sais juste que lorsque je la regarde, je m’en fais moins pour mon souffle et pour mon coeur qui bat. Quand elle s’agite frénétiquement sur la surface de sa table, je frémis à peine.
Non, je ne frémis pas. Perdue.
Puis elle lève la tête et me regarde, attirée.
Mon coeur sursaute ; si peu.
Ma bouche s’ouvre, mes yeux fouillent ce visage qui s’offre à moi. Je me promène sur son front pâle, je frôle le vide au bout de son petit nez, je tremble en avisant la douceur de ses lèvres inconsistantes. Je respire doucement quand je tombe dans ses yeux, si sombres qu’ils en deviennent noirs avec l’éloignement.

Quand je prenais un bain, à la Maison, je restais le plus longtemps possible sous l’eau. J’en oubliais jusqu’à mon corps. Le silence bruyant de l’eau me plongeait dans une torpeur inouïe. Et si mes yeux me brûlaient, je ne m’en offusquais pas : je supportais la douleur car elle me faisait voir de belles choses. Comme la lumière vacillante qui voguait au gré des vaguelettes ; le monde prenait une autre consistance.
Mais alors, toujours lorsque mon coeur se gonflait de joie à la beauté que je créais, mon corps se rappelait à moi : mes poumons ne se contentaient pas de se tordre, ils hurlaient de douleur. Mes orteils se crispaient contre la paroi de la baignoire et mes membres résistaient de moins en moins à l’attrait de la surface.
Il me fallait respirer.
Je résistais jusqu’à ce que des points noirs obscurcissent ma vision, puis je me redressais. Je crevais la surface en ouvrait grand la bouche pour avaler goulument de l’air. Le bruit explosait à mes oreilles, mon coeur vacillait. La lumière devenait si forte que je fermais les yeux, mes épaules se soulevant et se soulevant pour me rendre mon air.
J’étais revenu dans le monde.

Je suis si perdue dans ma contemplation de Thalia que la voix peine à se faire entendre. Pourquoi l’écouterais-je ? Hein ? pourquoi, alors que je suis si bien ici, sans penser, sans entendre, sans comprendre. Mais la voix parvient à me trouver, car elle est toute proche.

« Bristyle. »

Je n’ai même pas le choix ; mon corps agit seul.
Je sursaute, ma nuque craque quand je me tourne brusquement sur ma droite. Un torrent d’air m’explose les poumons quand je le vois. J’écarquille les yeux pour bien le regarder, ignorant l’écart que fait mon corps, la surprise qui me tend les membres.
J’ai crevé la surface ; le monde tournille autour de moi, les bruits reprennent forme. Ma conscience également ; soudainement, j’ai conscience de ma chaise, de la table sous mes bras, des Autres autour de moi.
Et il est là, lui. Un garçon. *Qu’est-c’qu’il fout là ?*. Depuis quand ? Pourquoi ? Comment ? Juste à côté de moi. Si je le voulais, je pourrais tendre la main pour toucher la sienne. Je pourrais me pencher pour lui foutre un coup de tête. Je pourrais traverser cet espace insignifiant pour l’attraper par le col et le secouer violemment : qu’est-ce que tu fous là ?! pourrais-je lui dire pour lui faire payer d’être le responsable de la surprise que me cloue sur place.

Mais je ne fais rien de tout cela car plusieurs choses me sautent au yeux :
Le bout de ses doigts posé sur son parchemin ; celui-là même qu’il pousse vers moi.
Les mots jetés sur la feuille. *Pour moi*. Il faudrait que je sois idiote pour ne pas l’avoir compris.
Le regard perçant qu’il me jette. Un regard noir. Un regard noir qui trône sur le sourire qui déchire sa gueule.

*C’est…*
Les secondes passent. Je ne me détourne pas. Je ne lis pas ses mots. Je le regarde ; l’enfant a l’air terrible. Ses yeux noirs brûlent de détermination, mais ce n’est pas ce qui m’alpague. Non. Cette gueule ne me revient pas, mais ses traits chantent pour moi. Figés dans une grimace décidée, ils me disent qu’ils devraient me rappeler quelque chose, qu’ils devraient me faire peur.
Mais je m’en fous, moi, de ce gamin.
Je me fous de ce qu’il me rappelle.
Alors je me redresse un peu et je prends conscience que je suis calme. Je remarque que mon souffle est serein et que mes poumons ne sont plus douloureux. Je remarque que Lui et sa gueule étrange ont fait partir ma panique. Au fond de moi, tout au fond, gonfle ce qui pourrait être de la reconnaissance. Mais elle ne s’inscrit pas sur mon visage, non. Elle reste au fond de moi et ce qui se dessine sur mes traits c’est l’affliction que je ressens toujours pour les Autres. Ma bouche se tord vers le bas, mes sourcils se froncent légèrement et ma main, celle qui se crispait sur mon parchemin, s’éloigne de celle de l’Autre. Je me redresse un peu pour paraître plus forte. A cet instant, mes prochains mouvements sont si logiques que je ne peux même pas m’empêcher de les effectuer.

Je jette un rapide coup d’oeil vers Loewy et je me tasse sur ma chaise. Puis je lance un regard noir à l’Autre et ramène près de moi son foutu parchemin. Mon coeur s’emballe quand je me penche pour lire les mots griffonnés et dégueulasses *’aurait pu mieux écrire, c’t’iodiot*.
Elle aime pas parler, lis-je. Mon nez se fronce. *J’comprend ri*. Elle le fait pour toi. Je m’arrête, regarde le garçon, puis continue ma lecture : Pourquoi elle le fait pour toi ?

Je me redresse carrément cette fois-ci. Mes sourcils sont si froncés que mes yeux se plissent. J’arrache le parchemin de la table et le rapproche de mes yeux pour lire encore.
Vas te faire voir avec ta merde ! allais-je hurler à l’Autre et à ses mots débiles. Pendant un instant, j’ai peur que Loewy remarque son petit jeu — et me remarque en même temps —, mais un détail sur le parchemin m’arrache instantanément à ces futiles pensées. Là-haut, dans le coin à gauche, je lis sans trop y croire l’identité de ce garçon.
*Gryffondor* pensé-je doucement pour m’empêcher de hurler.
Mais c’est impossible de ne pas réagir. C’est impossible de ne pas sentir mon coeur s’affoler et mon souffle se bloquer en lisant Gil’Sayan. Impossible de ne pas me plonger dans le regard noir et de ne pas voir sur les traits de ce garçon le reflet voilé d’un visage que je vois trop souvent. Ces traits, ce sont les siens.  Ça me saute à la gueule. *Thalia*. Ça me saute si fort à la gueule que je n’ai même pas la force d’avoir une pensée concrète sur le prénom de ce garçon que je trouve horrible. Ça m’arrache si violemment le coeur que je n’ai même pas le temps de m’en empêcher : je me tourne vers Gil’Sayan et remarque son regard sur moi. Sur nous. Je la regarde, les yeux écarquillés et la gueule déchirée par mon incompréhension. Puis je regarde le Frère, le Copieur.
Un sourire vague se dessine sur mes lèvres. Il ne parle ni de ma peur intérieure, ni de la connerie de ce monde. Il ne dit rien sur ma curiosité déchirante et sur mon envie d’arracher à ce garçon tout ce qu’il sait de Thalia. Il ne hurle certainement pas mon envie de fuir, mon envie de m’éloigner de lui pour m’éloigner d’elle. Il ne dit rien, ce sourire fade, rien.

Je lis, encore. Elle aime pas parler. Il parle de sa soeur, c’est certain. Il la connaît ; il la connaît si bien, c’est évident. Il l’aime si fort, c’est indéniable. Je le regarde du coin de l’oeil ; s’inquiète-t-il ?
Elle le fait pour toi. C’est de moi qu’il parle. Il me déteste lui aussi. Gil’Sayan lui a-t-elle parlé de moi ?
Pourquoi elle le fait pour toi ? Hein, pourquoi ? Pourquoi le ferait-elle pour moi ? Mon sourire s’agrandit ; cette fois-ci, il parle de mon ahurissement. Ce garçon est naïf ; il espère trop de sa soeur. Non, de moi. Elle ne fait rien pour moi, j’en suis persuadée. Persuadée. Pourtant, l’espoir même que ce ne soit pas vrai me fige et me coupe le souffle.
Non, elle a parlé car elle connaissait la réponse ; contrairement à moi.
Oui, elle connaissait la réponse.

Je laisse tomber le parchemin sur la table ; les secondes coulent sans que je ne réagisse. Mon coeur tremble au fond de moi, mais je n’ai pas si mal. A vrai dire, c’est le garçon qui devrait être déçu, pas moi. Moi j’étais déjà au courant qu’aucun geste ne pouvait signifier plus que ce qu’il semblait dire au départ. Moi, je n’ai pas cru que Thalia voulait parler pour moi.
Je tourne la tête pour regarder le Frère. Je meurs dans son regard ; je tombe tout au fond et ce que j’y vois parviens à me faire un peu mal : il a peur que je fasse du mal à sa famille. Il a peur, n’est-ce pas ?

Je fronce de nouveau les sourcils pour effacer mon trouble.  Je fouille ma table jusqu’à trouver ma plume. Je trempe le bout dans l’encre et me positionne presque tendrement sur le parchemin de l’Autre. Puis j’attends.
Je dois répondre, mais pourquoi ? Pour qu’il sache que je ne veux pas faire de mal ? Pour qu’il sache qu’elle n’a pas parlé pour moi ? Pour qu’il me dise ce qu’il sait sur sa soeur ? Pour qu’il me dise qu’il ne me déteste pas ? Pour qu’il me dise qu’il me comprend, qu’il sait que j’ai si peur, par Merlin, si peur de perdre ce que je n’ai pas ?
Je grogne pour faire disparaître mes pensées, pour faire se taire mon coeur tordu. Pendant un instant, un si court instant, je hais Thalia, je la hais plus fort encore que Loewy. Je la hais d’être Là et de me faire mal, encore. La voir tous les jours est déjà suffisant pour me faire perdre les pédales, pour me rendre complètement folle, complètement débile. Puis le sentiment s'évanouit et j’écris, prenant soin de mon écriture, comme pour montrer à l’Autre que je ne suis pas bouffée de l’intérieur par toutes mes pensées.
Pas pour moi.
Tu t’inquiètes ?
Je regarde mes mots. Ma main les cache à l’Autre. J’hésite, je fais tourner la plume entre mes doigts, je mordille ma lèvre. Finalement, je fais lentement glisser le parchemin vers le garçon. Mon coeur est tétanisé ; puisque je n’ose plus regarder Gil’Sayan, j’ose couler un regard flambant vers son frère.

14 mars 2019, 18:24
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Je tiens à préciser que les actes et ou/propose de Léo ne sont pas ce que je pense réellement :) 


J'étai perdu dans mes pensées.

Ce cours était intéressant, mais pas trop. Je ne savais pas si j'allais revenir au prochain. Je ne savais pas si j'y étai obligé.

Je soupirais.

Je griffonnai quelques notes sur mon parchemin. Les stylos billes Moldus me manquaient ! Je ne pouvais pas mâchonner cette plume que j'avais du apprivoiser pour réussir à écrire avec.

Tout se passa alors très vite, et je ne put presque pas apercevoir la directrice qui pointée à présent sa baguette sur un jeune Serpentard.

Abadakor.

Et le cours reprit. 

J'étais très surpris, et je restais quelques minutes sans réponses à sa question avant de reprendre mes esprits. 

Que devais-je dire ? Je vis alors les noms inscrits au tableau. MMmh. 

Je me levais alors.


<<-Euuumh.... Léo Solem. >>

Je voulut me taper le front à cause de mon idiotie, je m'étais déjà présenté !.

<<-Je... euh.... Baba Yaga. C'est... une sorcière russe. Pas étonnant les russes, ils sont mal réputés, hommes ou femmes ! D'ailleurs j'ai la carte de Baba Yaga en Chocogs, c'est comme ça que je la co...>>


**On s'en fout en fait tais toi Léo.**


Ouuuups.
Je me retint de lancer un "Vodka Vodka !". Pourquoi avais-je une dent contre les Russe ? Amanda et Viktor. Chapitre 20 de ma vie paumée, au archives "Solem".

<<-Et Circée... elle transformait des hommes en cochons. >>

Ma langue me titillait alors.

<<-C'est stupide ce cours. >>

Je devins rouge écarlate. Qu'avais-je dit ???

<<-Je... euh... j'veux dire que... euh... bah les femmes si elles font des trucs atroces genre transformer des hommes en cochons ou kidnapper des enfants en buvant d'la vodka... >>

Je pri mon souffle et regardai mes autres camarades.

<<-Ou même tué son frère pour épouser un gars qu'on va tuer ensuite baaaaah.... >>

J'haussais les épaules.

<<-Faut pas se plaindre aussi. >>

Responsable des Nouveaux Arrivants de Serdaigle. -Léo S(Z)olem
Le Mentorat du Tonnerre avec les deux Canards chez les Aigles... Daffy et Donald Duck, toujours présent pour les gaffes !

2 mai 2019, 21:30
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Dans toutes les propositions énoncées par mes camarades, je trouve qu’il y en a des très intéressantes, et d’autres que je comprends moins. Dans le doute, j’écris - ou plutôt, essaie d’écrire - tout.

Lorsque Miss Loewy reprend la parole, je n’en mène pas large : le thème est extrêmement vaste, et je ne connais pas la moitié des noms que la Directrice évoque. Le regard perdu, j’observe les autres élèves autour de moi, puis reprends ma plume pour tenter de prendre des notes. Ce n’est pas une chose aisée, car le rythme du cours est soutenu et ma vitesse d’écriture bien trop faible pour parvenir à tout inscrire.

Au bout d’un moment et après plusieurs phrases de ratées à la suite, j’abandonne purement et simplement pour laisser mon regard dériver vers le fléreur. C’est à peine si j’écoute les réponses des autres élèves, et je n’ai plus qu’à espérer que les devoirs ne tombent pas sur cette partie.

Une baguette pointée à quelques chaises de moi me fait revenir à la réalité. Ouh, je vais peut-être suivre un peu plus, en fait… La fille rousse près de moi s’excuse, et j’admire son geste. À sa place, je serais sûrement restée assise, la tête baissée, à essayer de me fondre dans ma chaise.

Reportant mon attention sur le cours, j’étudie les noms inscrits au tableau. Je ne crois en reconnaître aucun, et écoute les interventions de mes camarades, qui semblent s’y connaître bien mieux que moi. Une fois les noms notés sur mon parchemin, j’écris à côté de chacun d’eux quelques mots tirés des réponses des autres. Ces gens n’avaient vraiment pas l’air commodes…

Une main posée sous mon menton pour soutenir ma tête, je continue d’écouter de manière plutôt distraite.

4ème année RP - 15 ans - #783F04
Préfète inRP depuis mai 2047 - MERLIN (Perly) - club de courses de balais - Hel's Angels
"Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin !" #PouffyFamily

20 mai 2019, 01:24
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Cela faisait déjà quelques minutes que tu regardais la directrice de Poudlard l'œil un peu vague. D'habitude tu étais motivée et volontaire en cours, mais là… Elle t'avait perdue.

La plupart des mots employée par la directrice étaient beaucoup trop complexe pour que tu en comprennes la signification, et même lorsqu'elle essayait d'expliquer les choses, tu comprenais sans vraiment comprendre.

Ton parchemin était noirci désormais. Oui, noirci de mots comme complexion, constitution, démonomanie… Tu avais également noté la phrase précédemment cité par le professeur : "Le diable induit volontiers le sexe féminin, lequel est inconstant à raison de sa complexion, de légère croyance, malicieux, impatient et mélancolique pour ne pouvoir commander à ses affections : et principalement les vieilles débiles, stupides et d’esprit chancelant."

Il y avait aussi la réponse de la plupart des élèves qui te fit te sentir mal à l'aise. Tu ne comprenais pas comment il pouvait avoir de telles connaissances en étant dans la même année que toi. Tu avais pu, bien entendu, entendre parler des quelques noms cités précédemment par la directrice, mais de là à sortir une biographie de ses derniers ?

Ta main se crispait douloureusement autour de ta plume et les joues légèrement rouges, tu lançais un regard en direction de tes camarades dans l'espoir de trouver une quelconque forme d'aide au travers de leur présence.

Lorsque Lucy prit à son tour la parole, tu lui lanças presque un regard d'admiration avant de vite te rendre compte que tu n'avais pas vraiment compris ce qu'elle venait de dire.

Ce mouvement de tête te fit croiser le regard d'Herminie, mais également d'Eileen juste derrière toi. Cette dernière affichait une mine assez tendue, comme ci elle réfléchissait à plein régime.

Tu regagnas ta position ordinaire avant de te tourner vers Maddie qui semblait elle aussi légèrement pensive…

Sans crier gare, tu écrivis sur un bout de ton parchemin :
"Je crois que je n'ai pas tout compris… Et toi ?"

Avant de donner un coup de coude à ta camarade de classe. C'était toujours mieux que les bavardages et ça perturbé moins le cours avec des chuchotements surtout.

"Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin !" #PouffyFamily
5eme Année RP - 5ème Année Devoirs

16 juin 2019, 00:35
Cours n°3 - Les femmes et la magie dans le monde
Dessinant distraitement un ange en train de cueillir du trèfle et du lierre, Irisia soupira doucement. Les commentaires et les chuchotis des élèves allaient bon train mais le cours n’avançait pas vraiment… Qu’est-ce qu’ils avaient tous à parler aussi ?! Ils ne pouvaient pas respecter Miss Loewy qui était en train de leur enseigner des connaissances utiles ! Ils pouvaient pas la laisser en placer une pour qu’elle puisse répondre à toutes leurs interrogations ! Et ces bavardages en fond sonore… Mais qu’est-ce que c’était agaçant !

Fronçant son nez de contrariété, Irisia souffla doucement avant de rajouter un grelot dans les cheveux de son ange avant de se tourner vers Brett, toujours assis à ses côtés.

« Brett... »

Soufflant d’une voix douce en lui souriant gentiment, la rousse le fixait avec un regard étincelant.

« Ça va ? Tu comprends tout ? T’es pas trop perdu ? Tu arrives à suivre le cours ? »

En même temps, elle avait finit par se perdre un peu dans ce cours… Baissant les yeux sur son parchemin en soupirant une nouvelle fois, Irisia rajouta un orage et un lion bien menaçant autour de l’ange. Il n’y avait pas de stupides raisons pour que ce machin soit souriant et joyeux contrairement à elle qui commençait sévèrement à relâcher son attention.

« Dis, tu en connais toi de ces femmes importantes ? J’ai seulement reconnu que quelques noms moi... »

Continuant de chuchoter discrètement à son voisin, la rousse veillait à ne pas le regarder pour ne pas se faire repérer par qui que ce soit.


@Brett Carter

En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j’atteins.
2046-2047 : Quatrième année rp